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  • Soutien du centre-gauche à Benoît Payan

    Soutien du centre-gauche à Benoît Payan

    « La liste de droite de Martine Vassal n’a pas le monopole du centre. Son rapprochement avec les valeurs du Rassemblement national est incompatible avec un centre républicain et social, capable de rassembler et de gouverner », déclare-t-il dans un communiqué.

    Fondateur de l’association culturelle Pour que Marseille Vive, Hugo Roche-Poggi, est né à Marseille en 1997. Créée en 2020, son association a accompagné des centaines d’artistes, créateurs et acteurs du renouveau marseillais. Parallèlement, il exerce des responsabilités politiques en tant que fondateur du collectif Le Forum Marseillais, ainsi que représentant du Parti Radical de Gauche et de la Convention de Bernard Cazeneuve.

  • Condamné, Yann Bompard n’est plus maire d’Orange

    Condamné, Yann Bompard n’est plus maire d’Orange

    Yann Bompard n’est plus maire d’Orange. Le tribunal correctionnel de Marseille a reconnu l’élu de la Ligue du Sud coupable de recel de détournement de fonds publics – l’emploi fictif de collaborateur parlementaire du 30 novembre 2021 au 11 février 2023 – et l’a condamné à 18 mois de prison avec sursis, 40.000 euros d’amende, confiscation de 8.000 euros saisis sur son compte bancaire et surtout 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui le destitue de son mandat et lui barre la voie à une candidature aux prochaines municipales. Il était absent au délibéré. Le préfet devra démettre l’élu d’extrême droite à moins qu’il ne démissionne de lui-même. « Il n’a cessé au cours de l’enquête et de l’audience d’affirmer qu’il avait parfaitement exercé ses missions de collaborateur parlementaire, ce qui laisse songeur quant à l’utilisation qu’il sait pouvoir faire des deniers publics » a dit le tribunal.

    La députée de la 4e circonscription du Vaucluse, Marie-France Lorho, passée au Rassemblement national, est condamnée elle aussi à 18 mois de prison avec sursis, 10.000 euros d’amende et à 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, comme auteure principale du délit de détournement de fonds publics et subornation de témoins pour avoir demandé à son autre collaborateur parlementaire de mentir. « Alors qu’elle est une représentante du peuple, et non de ses électeurs, Marie-France Lorho a choisi de se positionner, puis de se maintenir sous la coupe d’un responsable politique local. Elle a choisi de favoriser les intérêts financiers de la famille de ce dernier, et ce partant de préserver son propre avenir politique au détriment du bien public » a énoncé le tribunal. La députée s’est enfuie du tribunal par une porte dérobée.

    Si elle ne faisait pas appel, elle devrait toutefois former un recours devant le Conseil constitutionnel pour pouvoir achever son mandat. Les deux élus condamnés devront solidairement rembourser à l’Assemblée nationale constituée partie civile la somme de 74.776 euros bruts de salaire de collaborateur parlementaire fictif indûment versés à Yann Bompard.

    À lire demain dans La Marseillaise.

  • Les plans de la gauche pour sortir Lunel de la précarité

    Les plans de la gauche pour sortir Lunel de la précarité

    Contrairement aux candidats se réclamant du courant socialiste dispersés sur les listes de la maire candidate Paulette Gougeon, de Stéphane Dalle, l’ex-adjoint de l’édile Pierre Soujol décédé en juin 2025 ou de Stéphane Muscat, ex-directeur de cabinet de l’ancien maire Claude Arnaud (divers droite), écologistes, insoumis et communistes ne se réclament pas de la majorité sortante. « Ça ressemble à l’après De Gaulle. Tous se revendiquent héritiers de Pierre Soujol et se tapent dessus », s’amuse l’écologiste Lise Florès. « À droite, c’est le bal des hypocrites, ils se trahissent les uns les autres », confirme l’Insoumis Bruno Gagne qui se méfie aussi de l’extrême droite qui pourrait être incarnée par Antony Belin ou Julia Plane et Thierry Razigade.

    Pour l’heure les têtes de listes de « Lunel collectif » (Lise Florès) et de « l’Union populaire Lunel, fière et solidaire » (Bruno Gagne) tracent chacun leur route. Mais un rapprochement est à l’étude, au moins dans l’entre deux-tours. « Nos portes sont grandes ouvertes. Les écologistes ne sont pas nos adversaires, faisons chacun le maximum », pose le cégétiste. « Une union est envisageable pour nous, y compris avant le 1er tour », confirme la fonctionnaire cadre territorial.

    D’ici là, chacun avance ses propositions pour redonner un élan à la 5e ville de l’Hérault (26 600 habitants) située au cœur de la vallée du Vidourle, aux portes de la petite Camargue. Une ville forte de ses traditions (bouvine) et riche de son histoire romaine mais aujourd’hui pauvre, abîmée et prise en étau entre Nîmes et Montpellier.

    Le PCF a fait le choix de rejoindre LFI qui « assume son étiquette de gauche et veut transformer les choses », insiste François Got. Le communiste veut profiter de l’immobilier libéré par le projet de nouvelle caserne au mas de Fourques et du déplacement de l’accueil 3e âge vers la clinique pour imaginer de « nouveaux logements et des crèches ». Il souhaite aussi « s’attaquer aux marchands de sommeil » et construire des logements sociaux (1 430 familles en attente). Bruno Gagne ajoute le besoin « d’attributions transparentes, d’encadrement des loyers et de contrôles sur la salubrité des logements en location ».

    Du côté de la liste d’union citoyenne de la gauche et des écologistes, Lise Florès veut privilégier la « densification ». « L’étalement urbain pour faire venir des entreprises, c’est comme la stratégie du ruissellement, ça ne marche pas. » Pour créer de l’emploi, l’écologiste préfère « partir des besoins » et cibler « les métiers en tension » (agriculture, services à la personne, rénovation énergétique…). Comme Bruno Gagne qui vise « les circuits courts, les produits locaux », veut des « cuisines centrales municipales » et « les premiers m3 d’eau gratuits », Lise Florès souhaite créer des « régies publiques » dans des fermes (insertion, bio), pour le service à la personne, pour la culture (école de musique) ou le social.

    Persuadée que « le tout sécuritaire est voué à l’échec », l’écolo prône la prévention via des « médiateurs » de quartiers. Bruno Gagne insiste aussi sur la nécessité de « redonner le pouvoir aux habitants ». L’Insoumis promet des conseils de quartiers dès 16 ans, un budget participatif et des votations citoyennes (RIC) sur les sujets majeurs comme la déviation Sud de la route nationale (RN) 113. « Il y a trop de bouchons, de bruit, de pollution. Nous allons réétudier toutes les options ». Pour « protéger les terres agricoles », Lise Florès est plus catégorique. « La déviation est un faux nez qui ne réglera pas le problème. Il faut des mini-bus inter-quartiers, des pistes cyclables et des espaces piétons. » Une manière de dire que la grande rénovation entreprise au centre-ville de Lunel n’est pas suffisante.

  • Un million de candidats face à la machine Parcoursup

    Un million de candidats face à la machine Parcoursup

    Depuis 2018, Parcoursup est présenté comme un outil au service de l’égalité des chances dans l’accès à l’enseignement supérieur. La plateforme centralise, organise et affecte les vœux des candidats, qui peuvent en formuler jusqu’à dix.

    Près de 14 000 licences sont proposées sur un total d’environ 25 000 formations. Comme l’explique Nagui Bechichi, économiste de l’éducation rattaché à l’Institut des politiques publiques et cofondateur de l’outil en ligne gratuit SupTracker. « Il y a de la place pour tout le monde, mais pas nécessairement au même endroit. » Les chiffres le confirment : en 2025, 18% des lycéens ont dû recourir à la phase complémentaire, faute de places dans les filières en tension.

    Critères de sélection

    Mais comment la machine classe-t-elle un million de candidats ? Chaque formation dispose de sa propre « recette » pour classer les dossiers, aidée par un algorithme. C’est sur la base de ce classement pédagogique que les propositions d’admission sont ensuite envoyées aux candidats. Sur Parcoursup, les établissements s’appuient généralement sur plusieurs critères : les résultats scolaires de première et de terminale, l’avis du lycée, et la fiche Avenir. Remplie lors du conseil de classe du deuxième trimestre, cette dernière indique si les vœux formulés sont en adéquation avec le profil du candidat. Les rubriques « projet de formation motivé » et « activités et centres d’intérêt » permettent également d’évaluer cette adéquation entre les vœux et le projet de l’élève et sont très importantes.

    Une sélection contestée

    Plusieurs élèves pointent un manque de concertation et d’information à ce sujet. « On ne parle pas du tout de ça en cours », rétorque Samia, lycéenne en ST2S à Montpellier. Avant même l’ouverture de la phase d’admission, les règles du jeu sont posées. Les rectorats imposent aux établissements plusieurs critères qui pèsent directement sur l’accès aux formations. Un taux minimal de boursiers, d’abord. Les élèves bénéficiant d’une bourse de lycée plus sélective que celle du supérieur sont favorisés sur Parcoursup. Un taux maximal de non-résidents, ensuite. La proximité géographique est privilégiée. À dossier équivalent, un candidat hors académie part avec un handicap. Résultat : un candidat moins bien classé peut être appelé avant un autre pourtant mieux noté, simplement pour respecter ces taux.

    Les établissements établissent bien un classement pédagogique. Mais l’ordre d’appel final, lui, propose une autre lecture. Une critique portée également par le Scum (Syndicat de combat universitaire de Montpellier). « Pourquoi est-on sélectionné, et sur quelle base ? » Pour le syndicat, cette sélection repose sur des inégalités systémiques, économiques et culturelles, une logique qu’il qualifie de « sociale et raciste ». Selon le Scum, si cette sélection existe, c’est avant tout parce qu’il n’y a pas assez de places et que les universités ne disposent pas des moyens nécessaires pour en créer davantage. Malgré 25 000 formations, les universités, sous-dotées (environ 10 500 euros par étudiant), réduisent parfois leurs places en L1 de 5 à 10% faute de moyens, un contraste avec le discours « place pour tous ».

  • L’OM s’est rassuré face à Lens avant sa « finale » belge

    L’OM s’est rassuré face à Lens avant sa « finale » belge

    Après deux défaites consécutives au Vélodrome face à Nantes et Liverpool, comment l’OM allait-il réagir en accueillant Lens ?

    Pour certains, ce match contre le leader était, déjà, celui de la dernière chance pour rester crédible en Ligue 1. Les Olympiens ont su se ressaisir et faire chuter les Artésiens. Que retenir de cette soirée ?

    Des recrues déjà intégrées

    Quinten Timber et Ethan Nwaneri ont tout juste eu le temps de découvrir leur nouvel environnement, qu’ils ont été propulsés titulaires. Le Néerlandais et l’Anglais ont répondu aux attentes de Roberto De Zerbi. L’Italien a pu tester un nouveau dispositif, plus offensif, et faire souffler Mason Greenwood en vue du match de mercredi à Bruges. « Les recrues très bien acclimatées grâce à Benatia et Longoria », a commenté l’entraîneur marseillais.

    Côtés joueurs, Pierre-Emile Höjbjerg note que « les profils choisis s’intègrent vite. On l’a vu aujourd’hui avec Quinten Timber, pour qui tout a semblé naturel. Ethan Nwaneri a aussi fait un bon match. L’équipe les aide, et ils aident l’équipe ».

    Nayef Aguerd rassure la défense

    Annoncé comme incertain, quelques jours après son retour de la Coupe d’Afrique des nations où il a disputé la finale avec le Maroc, Nayef Aguerd a pu finalement tenir sa place. Sa présence a semblé rassurer ses coéquipiers. D’ailleurs, jusqu’à son remplacement par Benjamin Pavard (74e), l’arrière-garde olympienne n’a pas connu de véritable alerte. En revanche, dans le dernier quart d’heure, elle a montré à nouveau des signes de fébrilité. Ce qui a permis aux Lensois de réduire le score, à l’entame du « money time ».

    Le coup de colère de Roberto De Zerbi

    L’entraîneur olympien était visiblement agacé par les commentaires acides de certains consultants de chaînes sportives. Il l’a fait savoir de manière véhémente en conférence de presse d’après match et face aux caméras de Ligue 1+. « Je suis arrivé ici avec beaucoup de respect, je me suis lié à Marseille, c’est un lieu spécial » a-t-il d’abord expliqué. Avant d’insister sur le fait que « mon seul patron, c’est Frank McCourt, mais ce n’est pas mon maître. Je n’ai le numéro d’aucun journaliste. Quand il y a de la mauvaise foi, je reste à ma place, je ne dis rien, mais je pense que le passeport et la nationalité changent beaucoup de choses ». Précisant que « si j’avais le passeport français ça serait un peu différent. Et moi, je suis italien ! »

    Le nouveau poste de Pierre-Emile Höjbjerg

    Avec l’intégration de Quinten Timber et Ethan Nwaneri, le système de Roberto De Zerbi a quelque peu évolué. Pierre Sage, qui estimait « que nous étions dans la position de l’OM contre Liverpool », a surtout noté cette nouveauté, comme le principal problème que son équipe n’a pas su résoudre. « Il y a des choses à dire sur notre manière de défendre. On a essayé de régler le problème Höjbjerg à la mi-temps. On s’est fait décaler de la même manière sur les deux premiers buts. Je n’ai pas été content de notre réponse sur ça en seconde période ».

    Le Danois s’est vu confier un nouveau rôle. Placé en sentinelle devant la défense, il a été la rampe de lancement des offensives marseillaises, que les Lensois n’ont pas su contrer. « Il a sans doute effectué sa meilleure prestation depuis qu’il est avec nous », a reconnu Roberto De Zerbi.

    Pierre-Emile Höjbjerg, s’est montré tempéré. « Après la défaite à Liverpool, c’était important de relever la tête et de montrer que nous étions capables. Contre le premier du classement, nous avons fait un bon match, un match complet. Tout le monde a réalisé une bonne performance. Mais il ne faut pas la ramener après cette victoire ».

    Le rendez-vous de Bruges sans les recrues

    En battant le leader, l’OM a fait le nécessaire pour dissiper certains doutes. Et préparer au mieux le match de mercredi, en Belgique, où se jouera l’avenir européen des Marseillais. « Nous préparons ce match pour amener l’OM là où il est arrivé peu de fois lors des quinze dernières années », confesse Roberto De Zerbi. Pierre-Emile Höjbjerg donne le ton. « Nous nous sommes bien remis après Liverpool, mais il ne faut pas s’enflammer. Rester focalisés, faire les choses bien pour passer le cap et rester en Ligue des champions ».

    Un match auquel ne prendront pas part Ethan Nwaneri et Quinten Timber car ils ne sont pas dans la liste européenne de l’OM.

    Et que manquera également Benjamin Pavard. Le champion du Monde 2018 purgera une suspension automatique, après avoir accumulé trois cartons jaunes depuis le début de la phase de ligue.

    Le Club Bruges s’est fait peur

    L’adversaire de l’OM, mercredi en Ligue des Champions, jouait également dans le championnat de Belgique, samedi en fin d’après-midi. Face à Zulte-Waregem, le Club de Bruges a joué avec le feu. À la pause, les Flamands étaient menés (1 – 2) sur leur terrain, après notamment un but de l’ancien Olympien Marley Aké en faveur de Zulte. C’est en seconde période que les Brugeois se sont réveillés. Brandon Mechele a égalisé dès la reprise. Avant que Alexandar Stankovic, à l’heure de jeu, et Nicolo Tresoldi, sur son premier ballon après son entrée en jeu, ne donne de l’air à Bruges. Mais un but de Joseph Opoku allait faire trembler les hommes d’Ivan Leko, qui s’imposent finalement sur le score de 4 – 3.

  • Une mosaïque de corps en « Parallèle » à Marseille

    Une mosaïque de corps en « Parallèle » à Marseille

    Dans les équipes du festival Parallèle, les disciplines se croisent et l’héritage se transmet. Sa fondatrice Lou Colombani, directrice jusqu’à l’an passé, vogue vers d’autres cieux et avait préparé la transition avec trois curatrices, Assia Ugobor, Flora Fettah et Lamia Zanna. « Partout, les fascismes néolibéraux gagnent du terrain et s’organisent pour affaiblir les voix et corps dissidents. Face à cette marée brune, que peut la création artistique ? », s’interrogent les programmatrices. Éléments de réponses du 28 janvier au 7 février avec un « récit polyphonique » irrigué par une trentaine de propositions, parmi lesquelles Autothérapie : unbolting colonial statues from our consciousness, à la Friche Belle de Mai. Porté par Mackenzy Bergile, « une forme d’introspection chorégraphique qui se déroule en une série de séances thérapeutiques », et retrace « une géographie de souvenirs et traumatismes », indique le programme. Depuis « le déplacement forcé de 12 millions d’Africains lors de la traite transatlantique des esclaves » jusqu’à « l’Europe contemporaine ».

    « Conversations »

    « Pensé comme une conversation », dixit Anne Kerzerho, sa nouvelle directrice générale, la 16e édition de Parallèle montrera à Klap Maison pour la danse This is la mort, dans lequel Zoé Lakhnati met en scène « le poids de corps capitalistes, body-buildés et victorieux qui se désagrègent comme un grand flop ». Le Théâtre Joliette accueillera quant à lui Mother tongue, solo de Lucia Garcia Pullés dans lequel cette chorégraphe et danseuse argentine « raconte son histoire, pétrie d’expériences personnelles, de récits collectifs et d’engagements féministes ». Soirée de clôture prévue au Ballet national de Marseille avec Bruits marrons, de Calixto Neto, qui infuse « la figure de la musique expérimentale new-yorkaise » Julius Eastman dans « une communauté de corps queer, immigrés et racisés » pour « penser l’émancipation au présent », puis une performance de la DJ aux sons « afro-diasporiques », Cheetah.

  • Jour J pour l’avenir politique du maire d’Orange Yann Bompard

    Jour J pour l’avenir politique du maire d’Orange Yann Bompard

    C’est un délibéré d’une extrême importance que doit rendre, ce lundi matin, le tribunal correctionnel de Marseille. À moins de deux mois du premier tour des municipales (15-22 mars), la décision est en passe de bouleverser le paysage politique à Orange, ville détenue par l’extrême droite et la famille Bompard depuis 1995. Le fils, Yann, maire depuis 2021 du fait de la condamnation de son père devenu inéligible, risque le même sort que son paternel.

    À la mi-décembre, à l’issue de son procès où il est poursuivi pour emploi fictif et détournement de fonds publics lorsqu’il était assistant parlementaire de la députée RN Marie-France Lorho, la procureure a requis 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Autrement dit avec application immédiate de la peine. Le maire (Ligue du sud) risque aussi deux ans de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et la confiscation de 8 000 euros sur son compte joint. Aux yeux de nombreux observateurs, il semble illusoire que Yann Bompard échappe à l’inéligibilité. Si celle-ci venait à être confirmée, cela marquerait un tournant dans l’histoire politique d’Orange.

    Évidemment, si proche des élections, les Orangeois ne devraient pas être convoqués aux urnes pour une élection anticipée et le conseil municipal devrait élire un maire ultra transitoire. Bien malin qui pourrait prédire la relève alors que Jacques Bompard n’a pas achevé son inéligibilité. Dans la majorité, « les rats quittent le navire », n’a pas manqué de railler Yann Bompard lors du dernier conseil municipal. Plusieurs élus, comme son 1er adjoint, ont tôt fait de rejoindre les rangs du RN qui, pour les municipales, a investi Jean-Dominique Artaud, issu aussi des rangs Bompard puis mis au ban.

    La députée RN dans l’incapacité de concourir ?

    Outre Yann Bompard, une autre figure de l’extrême droite orangeoise pourrait aussi être inéligible : Marie-France Lorho, députée RN et discrète conseillère municipale. Jugée en même temps que son ex-collaborateur parlementaire a priori fantoche, Marie-France Lorho risque, pour sa part, 18 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende, et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. En cas d’appel, elle pourrait néanmoins finir son mandat de députée sans toutefois pouvoir être candidate aux municipales ou à d’autres futurs scrutins.

    Le procès, notamment en dévoilant des écoutes téléphoniques, avait démontré la vacuité du travail de Yann Bompard auprès de la députée. Lors de ses réquisitions, la procureure avait pointé « le déni » des accusés sur les faits reprochés et que ne pas les condamner serait « leur laisser une seconde chance d’abuser de leur mandat ». La décision de ce lundi matin devrait donc mettre un coup d’accélérateur à la campagne à Orange, où un collectif citoyen Tous orangeois, et sa tête de liste Antoine Boudet, entendent remettre « de la sérénité » dans le débat public.

  • Une épicerie solidaire ouvre ses portes pour les étudiants à Aix-en-Provence

    Une épicerie solidaire ouvre ses portes pour les étudiants à Aix-en-Provence

    L’espace est habituellement dédié à la réception d’événements. Mais derrière les vitres du Cube, s’étalent sur 130 m2 du lieu de hauts étalages, garnis de produits d’hygiène, d’entretien de maison, d’aliments secs, de conserves, de couverts, de papeterie, d’objets aussi. À l’initiative de l’association Solid’Am, en charge de distributions alimentaires pour les étudiants, l’une des plus importantes épiceries solidaires de France s’apprête à ouvrir sur le Campus Schuman de l’Université d’Aix-Marseille. Ici, les denrées alimentaires sont gratuites, dans la limite de dix produits par étudiant, tandis que les produits d’hygiène sont vendus à au moins 80% en dessous des prix du marché. Les produits, pour la majorité, proviennent de dons solidaires, d’entreprises et de la Banque Alimentaire. « L’idée est vraiment que l’étudiant puisse venir ici, faire ses courses à petit prix voire gratuitement, sans avoir l’impression de faire la queue dans une distribution alimentaire. Cela fait moins ration de survie post Seconde guerre mondiale. C’est moins stigmatisant », conclut Lyes Belhadj, président de l’association. Solid’Am.

    Un « cadre intimiste »

    L’association, historiquement créée au début des années 2000, a connu un véritable « branle-bas de combat » pendant le confinement, rapporte son président, en enchaînant les distributions sur différents campus universitaires du coin. Avant que le dispositif ne se pérennise pour répondre à la précarité étudiante croissante post-Covid. « On est sur un campus ou l’on avait entre 300 et 500 bénéficiaires, poursuit Lyes Blhadj. On organisait les distributions entre midi et 14h. Forcément, les gens pressés repartaient en cours, on ne pouvait pas manger, et surtout, chacun voyait l’autre faire la queue. Contrairement à la distribution, ce lieu permet d’abord de choisir, mais aussi de le faire discrètement. L’épicerie a l’avantage d’être ouverte trois jours par semaine sur des plages horaires d’au moins deux heures, jusqu’à six heures par jour en fonction des besoins. Le tout, proposé dans un cadre intimiste. » Le projet est né après la publication, par l’Université, d’un appel à projet. L’association le remporte en juillet 2025, récupère les clefs en septembre, et ouvrira officiellement ce mercredi 28 janvier. Au-délà d’être un lieu de nécessité, l’endroit est imaginé comme un« tiers lieu étudiant ». Animations, rencontres, devraient être organisées sur place, une fois le projet installé. « On réceptionnera, dans le futur, également deux postes d’ordinateurs pour aider les étudiants dans leurs démarches administratives, leurs recherches de logement… », ajoute Said Azizi, vice-président de l’association. Le mot d’ordre : « Ouvert à tous, précise Lyes Belhadj. Ce n’est pas l’épicerie des étudiants pauvres, c’est l’épicerie des étudiants tout court ». Y compris pour les étudiants hors Université d’Aix-Marseille.

  • À Port-de-Bouc, la CGT réaffirme son combat pour l’industrie et contre le RN

    À Port-de-Bouc, la CGT réaffirme son combat pour l’industrie et contre le RN

    Nouvelle année, nouveaux locaux pour l’Union locale CGT de Port-de-Bouc. Le syndicat s’installe cours Landrivon, dans un « bâtiment rénové », « le fruit d’une volonté partagée entre la municipalité communiste et l’association de la Bourse du travail », salue Romain Delattre.

    De quoi poursuivre sa mission : « Unir les travailleurs pour lutter contre toutes les logiques de guerre, d’exploitation et de domination ». « Agir pour la paix, c’est aussi agir quotidiennement sur nos lieux de travail, comme l’ont fait les dockers de Fos et du Havre en refusant de charger du matériel militaire destiné à l’armée Israélienne, affirme le membre de la commission exécutive de l’UL. En France, si la guerre n’est pas encore militaire, elle est clairement sociale. Les politiques menées ont un objectif clair : faire payer aux travailleurs cette énième crise du capitalisme ».

    Défendre

    le vivre-ensemble

    Les attaques se multiplient, selon la CGT : contre la sécurité sociale, les services publics, l’industrie, l’hôpital public… « Raison de plus pour continuer la lutte que nous menons localement avec la CGT de l’établissement de Martigues pour un accès aux soins dignes », assène Romain Delattre. Pour rappel, le syndicat réclame la création de 90 emplois statutaires à temps plein et le déblocage de 170 000 euros d’investissements.

    Une autre priorité pour cette année : l’arrivée de la ligne très haute tension devant relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos-sur-Mer, qui n’est « plus une option mais une nécessité ». Sans elle, « tout notre secteur est condamné à long terme », affirme le syndicaliste alors que les agriculteurs, les associations écologistes et les élus du pays d’Arles s’y opposent et que l’État a acté le report de sa réalisation en décembre, exigeant de nouvelles précisions au gestionnaire public du réseau, RTE.

    En cette année d’élection, la CGT rappelle que le RN, qui soutient le candidat Pascal Spanu (RPR) à Port-de-Bouc, « a voté contre l’augmentation du smic, contre l’indexation des salaires, contre le gel des loyers, contre tout ce qui est bon pour la classe ouvrière et bénéficie au CAC 40 ». « Nous ne pouvons pas laisser Port-de-Bouc être abandonné aux alliés de la bourgeoisie et de la finance, aux amateurs des dérives autoritaires et des décisions liberticides… affirme Romain Delattre. Dans cette période, il est essentiel de démontrer aux travailleurs qu’ici le vivre-ensemble n’est pas l’exception mais bien la norme ! »

  • 83 ans après les rafles, « le bruit de bottes résonne »

    83 ans après les rafles, « le bruit de bottes résonne »

    « J’ai été libérée des camps, mais j’y suis toujours ». Ces mots sont ceux de Louise Renée Marcos, rescapée d’Auschwitz, rapportés par son fils, Joseph. Ce dernier reçoit ce dimanche pour sa mère – qui a fêté il y a quelques jours ses 100 ans – la médaille de la ville. « Il y a 83 ans qu’elle est sortie de l’horreur des camps et elle porte toujours, gravé sur son bras, son matricule A5503. Ce tatouage qui dit tout, la violence de l’Histoire mais aussi sa force, sa dignité », insiste-t-il sur le parvis de l’Opéra. « Alors oui à l’heure où l’antisémitisme remonte, son message est simple : plus jamais ça », crie Joseph Marcos.

    Marseille a commémoré ce dimanche ses morts. C’est ici qu’il y a 83 ans, les 22, 23 et 24 janvier 1943, dans le cadre de l’opération Sultan ordonnée par Hitler en personne, 20 000 personnes étaient raflées, avec le concours des forces collaborationnistes. « La rafle de l’Opéra nous oblige à regarder l’Histoire en face, sans détour, sans oubli, sans relativisme. Elle nous rappelle que la tragédie ne fut pas seulement le fait de l’occupant nazi mais aussi des complicités locales, de la défaillance d’un État qui, à un moment donné de son histoire, a failli », rappelle Caroline Pozmentier-Sportich présidente de l’Association Fonds Mémoire d’Auschwitz (AFMA).

    À l’heure où les semeurs de haine vomissent leurs discours à heure de grande écoute, « cette histoire nous oblige à regarder lucidement les mécanismes qui hier comme aujourd’hui rendent la haine et la banalisation de la haine toujours possible », martèle le maire DVG de Marseille Benoît Payan. Ainsi, il formule la « promesse » de ne pas oublier « les enfants de Marseille, déportés, parce qu’ils étaient juifs », mais aussi « les Tziganes, les homosexuels, les résistants, les communistes et les gaullistes, les socialistes, les juifs et tous ceux qui ont été persécutés par leur refus de la haine », détaille l’édile.

    Un hommage appuyé est rendu à Louise Renée Marcos, Albert Barbouth et Denise Toros-Marter. « Nous, les derniers survivants de la Shoah, ultimes témoins de la barbarie nazie, qui avons touché le tréfonds et l’horreur et dont les blessures ne cicatrisent à peine », comme résume si bien la rescapée elle-même dans son « testament d’Auschwitz », lu par ses neveux et nièces Marcel Toros et Élisabeth Marter.

    Le collectif du 24 janvier 1943 réclame un geste

    « Aujourd’hui, dans un monde où le bruit de bottes résonne de manière inquiétante, c’est à nous citoyens de cette ville, de cette Nation, du monde (…) d’ouvrir les bras vers chacun et de dire nous aussi nous aimerons notre prochain », plaide Rav Reouven Ohana, grand rabbin de Marseille. En face de lui, les héritiers de cette idéologie funeste sont là. Ils ont délaissé les bottes pour des chaussures de ville mais la haine qui les anime reste la même, leurs appels au rejet de l’autre sont intacts, transcende les époques (lire p.4).

    Antoine Mignemi, dont le père s’est exilé à Marseille pour fuir le fascisme mussolinien en est témoin. Le président du collectif du 24 janvier 1943, se remémore ce jour terrible, ce froid glacial, il avait 5 ans. « À chaque fois ça me monte à la gorge », témoigne-t-il trémolos dans la voix. Ce dimanche matin, Antoine Mignemi a déposé une gerbe au monument de la place du 23 janvier 1943, renommé Fortuné Sportiello et les souvenirs ont rejailli. Il réclame, inlassablement, que la date du 24 janvier 1943 soit également honorée. Car elle marque la rafle du quartier Saint-Jean et la déportation dans des wagons à bestiaux, gare d’Arenc, dans lequel il fut lui-même envoyé vers Fréjus. Un de ces véhicules qui symbolisait l’aller, la plupart du temps sans retour, vers les camps de la mort, pourrait être dédié à la perpétuation de cette mémoire. « On a vécu la même barbarie, on a intérêt à ne pas effacer ce qu’il s’est passé », souffle-t-il.