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  • [Entretien] Fabien Cros : « Il manque des infos sur la sécurité de la plateforme »

    [Entretien] Fabien Cros : « Il manque des infos sur la sécurité de la plateforme »

    Totalenergies et Air Liquide se sont associés pour produire sur place l’hydrogène nécessaire à la bioraffinerie de la Mède (voir notre édition du 13/01). Fabien Cros, délégué CGT de la plateforme, aborde les enjeux de cette évolution à la suite de la clôture de l’enquête publique, le 13 janvier.

    La Marseillaise : Comment accueillez-vous la perspective de ces deux nouveaux outils industriels ?

    Fabien Cros : Nous sommes satisfaits de voir l’investissement de 30 millions d’euros qui signifie que l’intérêt du site n’est pas remis en cause. Après tout, nous sommes le seul site européen de Totalenergies où le groupe a maintenu ses investissements dans les secteurs du raffinage et de la chimie. Mais le diable se cache dans les détails. On a été consulté sur l’étude d’impact, nous nous sommes abstenus, car nous avons estimé qu’il manquait des informations. Car la sécurité n’est abordée à aucun moment dans les dossiers d’enquête publique.

    Quelles sont vos inquiétudes ?

    F.C. : Déjà du contexte. Le site de la Mède va devenir une plateforme au sens juridique, c’est-à-dire qu’il n’y a plus qu’une seule entreprise sur place. C’est un statut récent, nouveau dans la loi [décret de 2019, loi inscrite au code de l’environnement en 2023, Ndlr]. Cela signifie des accords économiques et en termes de sécurité. Dans notre cas, c’est Totalenergies la Mède qui s’en occupera. Notre reformer [outil de production d’essence à partir de produit pétrolier, Ndlr] présente des risques connus, mais nous ne connaissons pas la nouvelle unité SMR d’Air Liquide [production d’hydrogène à partir d’hydrocarbures, Ndlr]. Est-ce que nos pompiers seront aussi efficaces sur cette installation ? Le scénario de plus gros danger actuel est pensé autour du bac à gasoil. Est-ce que ce scénario va changer ? Nous n’avons aucune étude pour l’instant, la loi oblige l’employeur à préparer ce scénario un an avant la mise en service des installations [prévue en 2028, Ndlr].

    La cohabitation entre les deux unités vous pose-t-elle un souci ?

    F.C. : Le SMR d’Air liquide sera opéré à distance. Les opérateurs viendraient de Lavéra, où ils en ont déjà un. Mais avec quel cadre horaire ? C’est une donnée cruciale pour nous, on ne sait pas qui vient, quelles mesures de sécurité, ni s’ils passeront par nos installations. Aussi, qui intervient s’il y a un accident sur le SMR ? Priorité à la protection de nos installations, celles d’Air Liquide, les deux ? Quels moyens supplémentaires ? On ne sait pas. En attendant, pour la CGT, il est hors de question qu’une structure qui n’est pas sur la plateforme fasse de l’ingérence. Comme pour la maintenance, sous-traitée sur tout le site. Nous sommes pour la réinternalisation.

    Vous restez donc méfiant…

    F.C. : Il y a une bonne nouvelle : l’arrêt du reformer, plus gros producteur de benzène du site [cancérigène, mutagène et reprotoxique CMR, Ndlr]. L’étude d’impact fait 6 000 pages, les directions nous disent de leur faire confiance car ils maîtrisent. Nous n’avons pas confiance, nous avons porté plainte au pénal pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui contre Total pour l’exposition au benzène.

    Quid du modèle économique ?

    F.C. : Nous sommes plus un démonstrateur industriel qu’une unité de production. Soit on perd un peu d’argent, soit on en gagne beaucoup. On a perdu 300 millions d’euros en 2025, mais on en a gagné 70 en 2024. On est capables de gros résultats, avec seulement 250 salariés c’est énorme, mais cyclique.

  • OM : Neal Maupay attendu à Séville

    OM : Neal Maupay attendu à Séville

    L’OM est en passe de finaliser le départ de Neal Maupay. L’ancien Niçois, arrivé d’Everton en août 2024, doit passer dans la journée sa visite médicale, avant de s’engager avec le FC Séville sous forme de prêt avec option d’achat.

  • Gard : Cendras, la culture du vivre ensemble…

    Gard : Cendras, la culture du vivre ensemble…

    À deux mois des municipales, Cendras semble à mille lieues des luttes politiciennes qui fracturent le pays. Niché au beau milieu d’un territoire composé de forêts à 85%, et situé à 10 minutes à peine de la ville d’Alès, il y règne une tranquillité singulière.

    Du haut de ses 1 600 habitants, ses multiples quartiers et hameaux, affichent aussi un dynamisme étonnant et une fibre sociale assumée. « Pour moi, un maire doit être l’animateur du vivre ensemble. On pourrait vite devenir une cité-dortoir parce qu’on n’est pas loin de la ville. Mais on cultive une vraie vie de village », résume Sylvain André, en poste depuis la démission de son prédécesseur Yannick Louche (en 2017). Ici, le jeune quadra n’a pas encore de concurrent déclaré. Acquise à la gauche depuis plus de 60 ans, la commune fait donc figure d’exception à l’échelle du Gard. Voire même de laboratoire…

    Dans les cuisines de la cantine municipale, située au beau milieu du centre socioculturel Lucie-Aubrac, Myriam s’affaire derrière une énorme marmite d’eau frémissante. « Le centre socioculturel, c’est le bijou de Cendras », confie le maire. Alors quand la structure a failli plier, asphyxiée par la baisse drastique des subventions de l’État, l’élu a mis toute son énergie de militant cégétiste au service de ce cœur battant. En décembre 2024, il a fléché 72 000 euros d’aides directes et presque autant en charges supplétives. « La mairie était un gros partenaire, elle nous a sauvés », explique Farida Ihamouchène, la présidente des lieux. Ici, 14 salariés et 54 bénévoles continuent donc de tisser du lien social à tour de bras, à l’occasion d’ateliers cuisine, de sorties, d’atelier couture, de séance de jardinage partagé, et de papotage à la friperie solidaire qu’ils chapeautent…

    Le long des ruelles proprettes du centre-ville, rénové à hauteur de 580 000 euros au fil du dernier mandat, l’ambiance est familiale. Une atmosphère que la charismatique Karine Tell, la gérante de l’épicerie-boucherie, ne quitterait pour rien au monde. « Cendras, c’est ma vie », souffle la native du cru qui accueille ses clientes comme elle accueillerait des amies dans son salon. Dernièrement, elle n’a pas hésité à interpeller le maire pour protester contre la mise en place d’une navette destinée à conduire les personnes âgées dans les hypermarchés de périphérie. Mais dans le fond, elle comprend la démarche. « Les gens ont moins d’argent. C’est compliqué pour tout le monde », concède la commerçante, qui n’a de cesse de s’inquiéter pour ses mamies, dont les conversations s’éternisent souvent dans les allées du magasin. « Ici on n’est pas là pour faire du cash, on fait un boulot humain », confirme le gérant du bar-tabac à quelques mètres de là.

    40% de logements sociaux

    Cité de mineurs par excellence, Cendras dispose de 40% de logements sociaux et a pris les problèmes de sécurité du quartier des Fonzeaux à bras-le-corps ces dernières années. Régulièrement, la commune accueille aussi des réfugiés ; syriens puis ukrainiens, victimes notamment des guerres. « Ça a pu faire débat, mais dès qu’on a des noms et des visages, cela ne pose plus de problème à qui que ce soit », raconte le maire. Des familles en exil dont les bambins se retrouvent aussi sur les pelouses du club de foot de l’AS Cendras, qui fait jouer ses 175 licenciés sans distinction de niveau de jeu, d’origine ou de classe. « Notre devise, c’est : si tu veux faire du foot, tu viens ! », résume son président Sébastien Fabre, qui bénéficie d’une enveloppe annuelle de 3 100 euros pour faire tourner ses équipes. « Toutes les associations n’ont pas autant… Nous avons décidé de privilégier le foot et le tennis, parce que ce sont les deux clubs qui accueillent les enfants », précise le maire, lui-même entraîneur à ses heures par le passé.

    Oxygénée par la vallée du Galeizon -classée Natura 2000- la commune a fait de la transition écologique une autre de ses priorités. Ici, on mise sur la filière bois, dont les essences locales ornent le pôle de santé créé en 2016. C’est aussi par ce biais que la municipalité chauffe toutes ses structures. « Je me considère comme rouge et vert », résume le maire, qui a aussi activement favorisé l’installation et la diversification de deux agriculteurs sur le secteur. Pour l’heure, pour lui l’avenir semble assez clair. Ici, pas l’ombre d’une droite, ni d’un RN… Ciel dégagé à l’horizon.

  • [Entretien] François Balique : « La Marseillaise dans les Alpes, c’est une excellente nouvelle ! »

    [Entretien] François Balique : « La Marseillaise dans les Alpes, c’est une excellente nouvelle ! »

    La Marseillaise : Comment avez-vous reçu l’annonce de l’arrivée de « La Marseillaise » dans les Alpes
    du sud le 7
     février ?

    François Balique : C’est une excellente nouvelle ! Je trouve très courageux de la part de La Marseillaise, de s’engager de cette manière. C’est un moyen d’information supplémentaire et cela participe de la diversité des opinions. Dans le 04 et dans le 05, il n’y a qu’un journal par département. Plus il y a de presse, mieux c’est pour la démocratie, pour les communes, pour les citoyens.

    C’est-à-dire ?

    F.B. : J’ai vécu par le passé avec trois quotidiens : Le Provençal, Le Méridional et La Marseillaise. Chacun avec sa sensibilité politique distincte. Ça fonctionnait bien, chacun achetait le quotidien dont il se sentait proche. Je me réjouis qu’un journal porteur d’idées différentes soit bientôt présent à nouveau. J’espère qu’il sera proche de la population. On est un département, les Alpes-de-Haute-Provence, de tradition républicaine ancienne. C’est le dernier à avoir résisté au coup d’État de Napoléon III. Quand vous regardez les derniers résultats des élections, il y a de quoi se poser des questions et être inquiet quand on est démocrate et républicain comme je le suis. Les jeunes, notamment, sont sensibles aux solutions simplistes. J’espère que La Marseillaise contribuera à ouvrir les yeux de ces jeunes sur les dangers de l’extrémisme.

    Quelles sont les problématiques auxquelles une commune comme
    la vôtre est confrontée
     ?

    F.B. : Je suis le maire le plus ancien du département, j’ai été élu en 1977. J’ai une donc une vision rétrospective de l’organisation communale. J’ai beaucoup œuvré pour l’intercommunalité, j’ai été vice-président de la communauté du pays de Seyne et depuis 2020 j’ai été confronté à la suppression de cette intercommunalité avec son intégration dans la communauté de Digne dans laquelle les communes rurales comme la mienne n’ont pas voix au chapitre. C’est un réel problème quand vous êtes maire d’une commune de 130 habitants quand vous êtes dans une agglomération de 47 000 habitants, vous comptez pour zéro. Je pense qu’il faut mener le débat pour un rapprochement avec le Département.

    Le Vernet a été tristement sous
    les feux des projecteurs avec la disparition du petit Émile, au-delà de cette actualité tragique qu’est-ce qui devrait selon vous intéresser
    un média de proximité dans votre commune
     ?

    F.B. : Nous donnons la priorité au pastoralisme, aux activités agricoles, à l’environnement et aux forêts. Il y a longtemps que la commune s’est engagée dans une politique de développement du tourisme vert avec la création de 7 emplois permanents et 7-8 emplois saisonniers. Tout ça fonctionne en harmonie, notamment sur le plan du logement permanent et des capacités d’accueil touristique et mériterait d’être mis en lumière.

    Quel regard portez-vous sur les JO qui arrivent ?

    F.B. : Ce que je crains, c’est que beaucoup de moyens soient mis pour un événement de quelques jours. J’espère que cela laissera des équipements pour les stations qui en ont besoin. S’il pouvait en sortir la continuité de l’autoroute entre Sisteron et Grenoble, et une amélioration des lignes de chemin de fer entre Aix-en-Provence et Briançon, ce serait déjà pas mal.

  • Roberto De Zerbi se montre incisif sur le plan médiatique

    Roberto De Zerbi se montre incisif sur le plan médiatique

    Au milieu du calendrier chargé de l’OM entre la Ligue 1, la Coupe de France et la Ligue des Champions, un homme a récemment cristallisé l’attention : Roberto De Zerbi. L’entraîneur italien s’est exprimé à de nombreuses reprises ces derniers jours sur divers sujets hors terrain, musclant quelque peu sa communication, tant à l’égard des journalistes que sur son envie de poursuivre l’aventure marseillaise.

    En effet, l’ancien coach de Brighton figure parmi les techniciens marseillais à avoir pleinement compris l’environnement dans lequel il a mis les pieds. L’an passé, il décrivait Marseille comme « une ville excessive, radicale, tranchée. Elle correspond à mon tempérament et à mon histoire ».

    Un tempérament que l’on peut qualifier d’imprévisible, parfois, de volcanique aussi, comme le stade qui accueille son équipe. Finalement, un personnage à l’image de la cité phocéenne. Pierre-Emile Hojbjerg, mardi dernier, n’a pas hésité à comparer la passion de son entraîneur à celle d’Antonio Conte, autre transalpin actif sur un banc de touche.

    L’OM met les choses

    au clair

    Ces dernières semaines, des rumeurs venues d’outre-Manche reliaient De Zerbi à Manchester United. Rien de concret et une information balayée très rapidement par le principal intéressé, lors de la conférence de presse avant la réception de Liverpool. « Non, il n’y a rien du tout. Je suis à 100% concentré sur l’OM », disait-il simplement. Lors d’une interview de 21 minutes accordée à la BBC, le natif de Brescia a confirmé sa confiance envers le club olympien : « Je suis très heureux à Marseille et je veux garder mon poste jusqu’à je ne sais quand ».

    Jusqu’à maintenant, Roberto De Zerbi ne s’était pas tellement attardé sur les critiques à son égard. Mais, ces sept derniers jours, il s’est donc montré plus virulent, jouant avec la presse et disant clairement le fond de sa pensée. « Personne ne parle de mes choix avant les matches, mais, vous les journalistes, vous ne faites que critiquer après les matches », lançait-il avant la rencontre face à Liverpool, sourire en coin. Concentré sur ses idées et sur le football, le coach italien a également expliqué qu’il n’avait « le numéro d’aucun journaliste. Quand il y a de la mauvaise foi, je reste à ma place, je ne dis rien ».

    Un communiqué de l’OM est venu appuyer les propos de son technicien, dimanche soir, mettant notamment en avant le fait que « l’Olympique de Marseille ne pratique ni boycott ni censure à l’égard des médias. Les décisions prises relèvent exclusivement de choix stratégiques du club, fondés sur l’analyse des contextes, des traitements observés et du respect de l’institution ». Le club fait également comprendre qu’il serait offensif s’il jugeait que des propos seraient diffamatoires à l’attention de l’OM. Une question d’image donc, celle que le duo Longoria-Benatia construit depuis son arrivée dans les Bouches-du-Rhône.

    Par ailleurs, Pierre Sage, toujours dans le juste sur le plan humain, a salué l’attitude des dirigeants marseillais. L’entraîneur du RC Lens a été particulièrement bien accueilli lorsqu’il s’est déplacé au stade Vélodrome, mercredi. En effet, il avait été invité pour observer l’équipe olympienne lors de son match de Ligue des Champions face aux Reds. « Être présent dans le stade permet de voir des choses qu’on peine parfois à percevoir derrière un écran. Je tiens à remercier l’Olympique de Marseille, parce qu’ils nous ont très bien accueillis, ils ont été très classes », a souligné l’ex-entraîneur de l’OL. Ce dernier et Roberto De Zerbi ont également échangé après la rencontre parfaitement maîtrisée par l’OM samedi soir contre Lens (3-1). Les deux hommes ont promis de s’appeler dans la semaine et le Lensois a également salué le comportement de son homologue envers lui.

    Beaucoup d’agitation donc ces derniers jours, alors que les événements s’enchaînent pour l’OM. Mercredi soir, à l’issue du match à Bruges, les Phocéens y verront plus clair quant à leur calendrier printanier. Avant d’enchaîner contre les deux clubs parisiens puis de recevoir Rennes pour un huitième de finale de Coupe de France qui s’annonce électrique.

    Mmadi officiellement prolongé

    L’Olympique de Marseille a annoncé, ce lundi, la prolongation de contrat jusqu’en 2029 de Tadjidine Mmadi. Le jeune marseillais d’origine comorienne a effectué ses débuts professionnels cette saison et a même marqué son premier but, en Coupe de France, à Bourg-en-Bresse.

    Autre nouvelle avec le communiqué de l’OM à propos de l’interdiction de déplacement des supporters au Paris FC. Le club s’indigne de cette mesure et rappelle que les fans du PFC ont pu se rendre au Vélodrome, pour suivre leur équipe, en août dernier.

  • [Entretien] Luc Tardif : « On a resserré l’écart entre le Top 4 et le reste de la Ligue »

    [Entretien] Luc Tardif : « On a resserré l’écart entre le Top 4 et le reste de la Ligue »

    La Marseillaise : Vous êtes cinquièmes du championnat (20 victoires et 15 défaites), après avoir passé les trois quarts de la saison régulière. Êtes-vous satisfait du rendement global de votre équipe jusqu’ici ?

    Luc Tardif : En termes de points, on est déjà bien au-dessus, en avance, par rapport aux années précédentes. L’objectif, c’était vraiment d’être proche du top 4. On l’est encore, même s’il y a un petit écart quand même qui s’est créé ces derniers matches avec Bordeaux. L’idée, c’était, jusqu’à la fin de l’année, d’essayer de pouvoir accrocher le Top 4. Donc, on est encore dans les clous sur ce point-là. C’est positif. Après, en termes de contenu de match, ça a manqué de constance cette année. Il y a des matches contre des équipes du Top 4 où on n’a pas été assez compétitifs. On va dire que c’est cet aspect-là qui me dérange un peu. Même si on a fait, par exemple, de grosses victoires contre Grenoble, je trouve que contre Bordeaux, contre Rouen, contre Angers, on n’a pas eu la compétitivité souhaitée en début d’année. Je dirais que je suis satisfait sur le plan comptable. Mais, je pense qu’on n’est pas encore à notre plein potentiel. Je pense qu’on est capable de faire mieux.

    Votre effectif a récemment été bouleversé avec trois départs de joueurs majeurs (Myllymaa, Lavoie et Thompson) et autant d’arrivées soudaines (Wong, Asten et Valtonen). Comment faites-vous pour gérer deux saisons en une ?

    L.T. : En début de saison, on avait des joueurs avec des qualités offensives. Des qualités vraiment intéressantes, comme Alexandre Lavoie ou Brad Thompson. Mais ça ne fitait pas sur d’autres aspects du jeu. J’ai une certaine exigence sur l’intensité, sur le grid, sur la partie défensive. Ce sont, pour moi, des éléments essentiels pour pouvoir performer et aller chercher des titres. Ça ne fitait pas. Ce n’est pas la question de savoir si ce n’étaient pas de bons joueurs. Bien sûr que c’étaient de bons joueurs et de bons professionnels. Je n’ai rien à leur reprocher, mais ça ne fitait pas avec ce que nous, on voulait faire. L’ajustement de l’équipe a été fait dans ce sens-là. Sur les 4-5 derniers matches, j’adore l’état d’esprit de l’équipe. On aura peut-être moins de talent que les équipes du top 4. Ce qu’on veut, c’est essayer d’avoir plus de grid, plus d’intensité, plus de vitesse. Essayer d’être plus compétitif.

    Le Top 4 est d’ores et déjà qualifié pour les playoffs. Ça devrait être bientôt votre tour…

    L.T. : Je n’ai pas fait des comptes par rapport à ça. Il ne nous faut pas grand-chose pour être qualifié pour les playoffs. De toute façon, notre objectif, c’était ça. Évidemment, on avait en tête de se placer le mieux possible. Pourquoi pas essayer d’accrocher un Top 4 pour avoir l’avantage de la glace. Ce que je trouve positif, c’est qu’on a toujours été dans le groupe pour ce Top 4. On l’est toujours encore, même s’il y a un petit écart qui s’est créé avec Bordeaux. On l’est quand même toujours encore. Ça, c’est une grosse différence par rapport à l’année dernière et l’année d’avant. L’année d’avant, il y avait un gros écart entre le Top 4 et le reste. Là, on l’a resserré. Ça, c’est positif. Je pense que ça vient d’une plus grande constance dans nos résultats, notamment dans les équipes qui se sont placées derrière nous. Comme je disais, la déception pour moi, c’est qu’on n’a pas été assez compétitifs dans les matchs, dans les confrontations directes face à ces équipes du top 4, excepté Grenoble, où la balance est positive. Le reste, la balance est négative. Mais on est encore dans le coup.

  • Danse et cirque entrent en piste dans l’Ouest bucco-rhodanien

    Danse et cirque entrent en piste dans l’Ouest bucco-rhodanien

    « De la danse au cirque, du plateau au chapiteau, les Élancées continuent d’explorer les formes contemporaines du mouvement en mêlant disciplines, regards et sensibilités », résume Nicole Joulia, présidente de la régie culturelle Scènes et ciné, aux manettes de ce festival « des arts et du geste » dont la 28e édition démarre ce mardi 27 janvier, à l’Usine d’Istres, avec le spectacle Moya. Venue d’Afrique du Sud, la compagnie Zip zap circus dresse « le portrait de dix jeunes acrobates » en explorant la culture de ce pays pour illustrer « le rêve de Nelson Mandela d’une nation arc-en-ciel ». Une ambition belle et utopique, à hauteur poétique de la soixantaine de représentations prévues pendant le festival.

    Sept créations seront à l’affiche du festival à l’instar de Wolf, programmée samedi 31 janvier au Théâtre de Fos. Imaginée par la compagnie australienne Circa, elle met aux prises dix circassiens « virtuoses célébrant le corps, l’instinct et la force du collectif dans une chorégraphie tribale, un rituel sensoriel et viscéral, vibrant hommage à l’humain et à sa beauté ». Autant d’artistes internationaux qui ne feront pas oublier la place accordée aux locaux. à Istres, l’Espace 233 accueillera la création du chorégraphe marseillais Michel Kelemenis, L’amoureux de Madame muscle, « invitation joyeuse, entre humour et poésie, à explorer l’anatomie à travers le mouvement ».

    Diverses disciplines mélangées

    Toujours du côté de la danse, on notera, parmi les autres créations, les Cinq versions de Don Juan de Josette Baïz, au Théâtre La Colonne de Miramas. La chorégraphe aixoise livre une fresque qui revisite l’œuvre de Molière avec 15 danseurs « classiques, contemporains, krump et hip-hop ». Ou encore Pacific square, « subtil mélange de hip-hop et roller », à l’Espace Robert-Hossein de Grans.

    Côté cirque, ces mêmes lieux abriteront aussi Immobiles. Un spectacle conçu par la compagnie les Hommes de mains, qui utilisent un tapis roulant comme terrain de jeu aux champs des possibles infinis, deux artistes enchaînant « portés et acrobaties pour se jouer malicieusement de la gravité ».

    L’art de la magie ne sera pas non plus en reste à travers Juste une illusion. Visible à l’Oppidum de Cornillon-Confoux, un format créé et incarné par Julien Becquelin qui, loin de se contenter de ses talents d’illusionniste, les immerge dans un bain musical et humoristique.

    Outre des formes classiques, le festival les Élancées permettra également l’installation d’un « camion-spectacle » venu des Flandres, à Istres et Fos-sur-Mer, dans lequel la compagnie Post uit hessdalen jongle avec de petites balles rythmées par un son lancinant. Deux grands chapiteaux prendront aussi leurs quartiers à Istres et Miramas pour Mad in Finland, où sept circassiens finlandais racontent leur pays en se jouant des préjugés qui lui collent à la peau.

  • Vaucluse : Force ouvrière vise un triplé dans la fonction publique

    Vaucluse : Force ouvrière vise un triplé dans la fonction publique

    Gâteaux des rois, sodas et un peu de champagne pour lancer l’année chez Force ouvrière (FO), à l’occasion des vœux du syndicat vendredi 23 janvier. Et si son secrétaire départemental, Étienne Raoul, a tenu à rappeler l’apolitisme de FO en évoquant les échéances municipales, c’est bien un autre scrutin qui est dans toutes les têtes : celui des élections professionnelles dans les trois versants de la fonction publique.

    « C’est l’enjeu majeur de 2026, celui de notre représentativité ! », lance avec vigueur, au micro, le représentant devant une cinquantaine de secrétaires et militants des différentes sections. Et ce car « il s’agit de conserver notre première place dans la fonction publique », poursuit-il. FO est, en effet, le premier syndicat dans la fonction publique d’État et la fonction publique territoriale, mais reste deuxième dans la fonction publique hospitalière, derrière la CGT. « Il y a huit ans, on était à 850 voix d’écart avec la CGT. Puis, en 2022, on n’était plus qu’à 150 voix. Donc, l’objectif est de passer premier. Et on a bon espoir au vu du travail engagé », confirme Christophe Del Rey, secrétaire général santé FO de Vaucluse.

    Préparation importante

    Une première place primordiale pour le syndicat. « Quand on va voir un directeur d’établissement ou l’ARS en tant que première force syndicale du département, la représentativité, ça a un poids. Si on veut faire quelque chose, on peut plus facilement faire bouger les lignes », poursuit le responsable syndical de la santé.

    Une échéance encore lointaine, du 3 au 10 décembre, mais qui se prépare bien en amont. « On a l’habitude de dire que les élections se préparent tout au long du mandat », glisse Étienne Raoul, qui n’évoque pas de projets ou travaux particuliers à venir, car « il est plus important de rendre compte de ce que l’on a fait plutôt que de faire des promesses que l’on ne peut pas toujours tenir », tout en assurant que des propositions seront formulées. Dans un premier temps, au cours des dix prochains mois, il faudra notamment constituer les listes et établir le cahier des votants.

    De nombreuses sections syndicales ont ainsi été créées dans des établissements où le syndicat n’était auparavant pas présent, comme à l’Ehpad de Bédarrides ou encore aux hôpitaux de Cavaillon et de Carpentras. « C’est beaucoup de travail. En quatre ans, on a fait quatre ou cinq fois le tour du département pour assurer des permanences », conclut Christophe Del Rey.

  • Grève des éducateurs et fermeture prolongée à la Mecs Bois Fleuri

    Grève des éducateurs et fermeture prolongée à la Mecs Bois Fleuri

    « Des plannings qui nous contraignent à des amplitudes horaires intenables et de plus nombreuses permanences le week-end, ce n’est pas tenable ! ». Devant les grilles de la Maison d’enfants à caractère social (Mecs), les personnels éducatifs dénoncent une réorganisation intenable suite à la suspension, en décembre, de l’activité de l’unité pour enfants et du service autonomie pour les majeurs de Bois Fleuri.

    La fermeture temporaire d’un mois avait été motivée par de graves dysfonctionnements : une agression d’un enfant pris en charge par un autre, ainsi qu’une gestion déficitaire de 750 000 euros. Dans un nouvel arrêté daté du 21 janvier, le directeur du service Solidarité du Département a prorogé cette fermeture jusqu’au 22 février. L’autorité tutélaire considère que la réorganisation du service autonomie, « persistante », conduit à « l’absence de mise en œuvre des injonctions du service d’inspection » et que les travaux entrepris dans le service des tout-petits ne sont pas achevés.

    Des décisions hors-sol

    Devant l’établissement, la colère est intense chez les personnels. Shaima, jeune adulte prise en charge, est venue en soutien : « On nous a demandé de quitter les appartements en urgence le 22 décembre. On a été replacés dans d’autres structures, mais mon budget repas est passé de 70 euros mensuels à 45 euros ». Du côté des salariés, on dénonce « des décisions prises d’en haut, déconnectées des besoins réels » et un rythme de travail qui mène à « l’épuisement ». Maxence Lamy, délégué CGT, rappelle que la Mecs en est à son « 5e changement de direction en deux ans, avec aujourd’hui un mandat de gestion ». Il déplore également « un serpent qui se mord la queue avec le CD 13 qui doit financer l’association pour que nos salaires soient payés, alors qu’il a procédé à une baisse des tarifs journaliers de 189 euros à 70 euros ».

    Sur les grilles, des banderoles dénoncent une « maltraitance institutionnelle » qui s’est « généralisée », précise un éducateur de Saralogisol, venu, comme l’UL CGT Timone, la CGT Araimc et Solidaires, soutenir le mouvement. Contactée, la direction n’a pas donné suite.

  • Aix-Marseille : le patronat compte bien peser sur les municipales

    Aix-Marseille : le patronat compte bien peser sur les municipales

    Sur la scène du palais des congrès du parc Chanot, ce lundi soir, le président de la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence ne pouvait s’empêcher de renverser les propos de l’ancien maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. « La politique n’est pas tout, mais la politique est partout », sourit Jean-Luc Chauvin face aux 1 500 personnes venues assister aux vœux du monde économique. En cette année de scrutins municipaux, c’est en effet sous le thème de l’engagement que les 179 organisations patronales du collectif Tous acteurs avaient placé cette soirée.

    « Pour moi l’engagement, c’est le dépassement de soi, de son propre intérêt pour faire bouger les lignes et avancer », lance-t-il à l’issue d’une série de tables rondes célébrant mécénat de compétences et fonds de dotations entre quelques citations de Mandela ou Saint-Ex. Et le président de la CCI d’aller dans le concret : 42 propositions ont été élaborées par ce consortium de réseaux consulaires, syndicaux patronaux ou associations commerçantes, qui seront dévoilées dans une semaine. « Le monde économique a un grand rôle à jouer, pour répartir la richesse il faut d’abord la créer », interpelle Jean-Luc Chauvin. Et d’insister : « Les entrepreneurs ne sauraient être étrangers au débat qui s’ouvre. »

    L’extrême droite absente

    Mais pour peser sur les choix des décideurs qui seront élus dans moins de sept semaines, encore faut-il parler d’une même voix. « La voix des entreprises est plus forte lorsque le monde économique est uni », réclame le président de la chambre consulaire. Alors il ne se hasarde pas au moindre propos polémique, pas même pour dénoncer la menace d’une extrême droite qui désormais s’affiche ostensiblement « pro-business », espérant mordre davantage sur ce qui reste d’une droite républicaine. Assise dans les premiers rangs, la candidate (DVD) Martine Vassal ne manque d’ailleurs pas de répliquer, pointant l’absence du chef de file du RN, Franck Allisio, malgré l’invitation de la CCI. « L’économie locale ne l’intéresse pas », tweete-t-elle dès la fin des discours.

    La politique cependant se décide aussi à un échelon national toujours pris dans les turbulences de la dissolution. « Cela a des incidences, beaucoup de projets sont bloqués, il y a un manque d’investissements », s’inquiète la présidente du directoire de Onet Émilie de Lombarès, administratrice du Club Top 20, qui rassemble les plus grosses entreprises du territoire. « Les effets de l’attentisme sont là », alerte-t-elle. La seule demande exprimée dans la soirée pourtant est celle de plus de dérégulation. « Le monde économique ne demande pas de privilège, mais simplement qu’on ne lui mette pas de freins inutiles », réclame la présidente de l’union des entreprises de proximité des Bouches-du-Rhône, Catherine Vales. Comme pour mettre des mots sur le « CCI blues » improvisé sur scène par le saxophoniste Raphaël Imbert.