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  • L’OM doit apprendre à assurer ses fins de match

    L’OM doit apprendre à assurer ses fins de match

    À un mois d’intervalle, l’OM a connu la même déconvenue au Vélodrome.

    Contre Angers et Toulouse, à chaque fois le 29 du mois, les hommes de Roberto De Zerbi ont raté leur première période et cru se refaire la cerise en marquant deux fois en seconde. Pour finalement être rejoints dans le temps additionnel. Résultat des courses, deux nuls (2-2) et quatre points abandonnés dans les dernières secondes de la rencontre.

    Si l’on ajoute les défaites à Rennes et Lyon, concédées à la 90e et la 88e minutes, les Phocéens ont déjà gaspillé six points en championnat. Un capital qui, lors du décompte final, risque de peser lourd. Surtout s’ils ne rectifient pas certaines choses dans leur gestion de match.

    D’Angers à Toulouse, le constat est le même pour Roberto De Zerbi. « Nous avons fait, à chaque fois, une mauvaise première mi-temps. » L’entraîneur est lucide quand il note : « Je ne peux pas expliquer la différence en deuxième par la seule entrée de Robinio Vaz ».

    Il est vrai que l’OM a montré un tout autre visage lorsque le Minot est entré à la place d’un Angel Gomes fantomatique. Ayant retrouvé leur force de percussion, les Marseillais ont alors bousculé les Toulousains et, comme face à Newcastle en Ligue des Champions, marqué deux fois.

    Malheureusement, ils n’ont pas su tenir le résultat jusqu’au bout. Et l’égalisation de Toulouse est toute aussi cocasse que celle d’Angers. Sur une touche à l’islandaise qui a surpris la défense et permis à Santiago Hidalgo d’inscrire son premier but en Ligue 1.

    C’est Lens qui est le grand gagnant de la 14e journée. Sa victoire à Angers (2-1) lui permet de s’installer seul en tête. L’OM recule à la 3e place.

    Comment expliquer que l’OM n’arrive pas à tenir la distance ? « Nous ne sommes pas encore habitués à jouer trois matches en une semaine », soupire Roberto De Zerbi. Il a constaté que chaque fois que son équipe joue en Ligue des Champion en semaine, elle a du mal à enchaîner en championnat, malgré les rotations.

    Pour lui, c’est la preuve que l’OM « n’a pas encore le niveau pour répéter les efforts ». D’ailleurs, dans les matches européens, c’est aussi dans les dernières minutes que son équipe a tendance à flancher, comme lors de ses défaites à Madrid, Lisbonne et contre l’Atalanta.

    La coupe en approche

    D’ici le voyage à Lille vendredi, l’OM sera fixé concernant son dernier match de l’année. Le week-end des 20 et 21 décembre sera consacré aux 32e de finale de la coupe de France, avec l’entrée en lice des clubs de Ligue 1.

    Le tirage au sort des rencontres, auquel participeront Istres, dernier rescapé du District de Provence, ainsi que le club guadeloupéen du Gosier, aura lieu ce lundi, au Parc des Princes, à 19h. La cérémonie sera présidée par Pedro Pauletta, ancien buteur de Bordeaux et du PSG.

    Clément Turpin et sa nouvelle décision contestable

    « Quand on se rappelle du nom de l’arbitre après un match, c’est que quelque chose a cloché. » Cette phrase de Joël Quiniou, ancien arbitre international, sied bien pour qualifier la dernière sortie de Clément Turpin.

    Celui qui a souvent joué de mauvais tours à l’OM a fermé les yeux sur un tacle raté du Monégasque Lamine Camara sur Lucas Chevalier, samedi. S’il a pu terminer la rencontre, le gardien du PSG aurait pu être grièvement blessé, car sa cheville a vrillé sur le coup reçu de son adversaire, qui n’a finalement eu droit qu’à un carton jaune. Ce fait de jeu pose de nouveau la question de l’utilisation de l’assistance vidéo à l’arbitrage, qui n’a pas joué son rôle.

  • [Entretien] Gabriel Zucman : « Ce que je propose, c’est une taxe sans échappatoire »

    [Entretien] Gabriel Zucman : « Ce que je propose, c’est une taxe sans échappatoire »

    La Marseillaise : Quel message délivrez-vous pour cette conférence aixoise ?

    Gabriel Zucman : Je donne une série de conférences à travers la France pour parler de mon livre Les milliardaires ne paient pas d’impôt sur le revenu et nous allons y mettre fin avec deux objectifs. Le premier, c’est de permettre une appropriation citoyenne des savoirs. C’est-à-dire de permettre à tout le monde de s’approprier les connaissances qui ont été établies, ces dernières années, sur le montant réel d’impôts payés par les plus grandes fortunes du pays. C’est une question sur laquelle il y a beaucoup d’opacité, il n’y a pas de statistiques publiques sur ces sujets. Mais, cette opacité, elle a commencé à être dissipée très récemment. Ce sont de nouveaux travaux de recherche qui ont été menés depuis 3-4 ans, dont je rends compte dans le livre. Le deuxième objectif, c’est de permettre à tout le monde de s’armer intellectuellement pour les débats sur l’impôt plancher que je défends, qui ne font que commencer. Certes, il y a eu un vote négatif à l’Assemblée nationale en octobre, mais la proposition va revenir très vite dans le débat : on a des problèmes très lourds de finances publiques, donc on a besoin de recettes fiscales. Donc dès 2026, on va en reparler. Et si ce n’est pas adopté en 2026, ce sera un enjeu majeur de l’élection présidentielle de 2027. Donc, je veux permettre à tous les citoyens de se faire leur propre avis et de connaître les arguments, les contre-arguments et de s’armer pour ce débat.

    Avez-vous le sentiment qu’entre les discours autour de la dette qui justifient l’austérité et votre proposition de taxe, les lignes bougent sur la fiscalité des plus riches ?

    G.Z. : Oui, je pense que le débat en matière fiscale, le débat sur la question de l’imposition des très grandes fortunes, est beaucoup mieux posé aujourd’hui qu’il y a encore six mois ou un an. Il y a beaucoup plus de gens qui comprennent l’anomalie que j’explique dans mon livre : les milliardaires ne paient quasiment pas d’impôts sur le revenu et qu’en conséquence, tout prélèvement obligatoire compris, ils paient deux fois moins que le Français moyen. Ça commence à être beaucoup mieux compris, connu. Ce n’était pas le cas encore il y a un an. Et puis surtout, qu’il y a une solution efficace et juste à ce problème qui consiste à créer un taux minimum, un plancher incompressible d’imposition pour les ménages ultra-riches, qui ont plus de 100 millions d’euros de patrimoine. C’est une idée assez nouvelle. Ce n’est pas du tout le retour de l’ISF (Impôt de solidarité sur la fortune), c’est l’inverse, ça n’a rien à voir. Ça touche beaucoup moins de gens. Il n’y a pas d’échappatoire, il n’y a pas de niche fiscale, etc. Cette proposition-là, elle commence à être connue aussi. Donc, il y a eu des gros progrès, dont je me félicite.

    Quel regard portez-vous sur la version « allégée » de votre taxe que porte actuellement le Parti socialiste ?

    G.Z. : La version light proposée par le PS était très problématique parce qu’elle venait répéter l’erreur principale qui avait miné l’ISF. L’ISF exonérait les mal nommés « biens professionnels ». C’est-à-dire que si vous possédiez plus de 25% du capital d’une entreprise, toutes ses actions étaient exonérées d’ISF. C’est ça qui faisait que les milliardaires ne payaient pas l’ISF. À la veille de son abolition en 2016, le taux effectif d’ISF pour les milliardaires, c’était 0,005%. Il y avait quand même une déroute, un échec dramatique en matière économique, budgétaire, qui s’agira de ne pas reproduire. Moi, dans mon travail de chercheur, j’essaie de tirer les leçons de cet échec pour produire autre chose précisément. Ce que je propose, c’est de créer un dispositif sans échappatoire. Dans la version light du PS, il y avait une exonération pour les gens qui possédaient plus de 50% de leur entreprise. Donc, si vous êtes très très gros, vous étiez exonérés de l’impôt plancher. Alors que le principe que je défends, fondamental, c’est celui de dire que si vous êtes immensément riche, vous devriez payer un minimum incompressible, sans exonération quelconque. Et on peut débattre [de la notion d’immense richesse Ndlr] : est-ce que c’est 100 millions, 200 millions, 50 millions, à la rigueur…

    Vous dites, dans « L’Humanité », que votre taxe est un « minimum syndical ». Est-ce qu’on ne doit pas aller plus loin ?

    G.Z. : C‘est le minimum syndical au sens où 2%, c’est le taux qui permettrait de s’assurer que tout prélèvement obligatoire compris, les milliardaires ne payent pas moins que le Français moyen. Donc, avec un taux de moins de 2%, ça veut dire que les milliardaires continueraient à payer moins d’impôts que le Français moyen. Et ça, c’est une violation de notre principe fondamental d’égalité devant l’impôt, principe constitutionnel en France. C’est comme ça que le taux de 2% a été calculé. Si on veut mettre nos lois fiscales en conformité avec notre principe d’égalité devant l’impôt, pris dans son exception minimaliste, alors on a besoin de ce taux plancher de 2%. Évidemment, il y a de très bonnes raisons de vouloir aller au-delà de 2%, avec des taux plus élevés. Parce que beaucoup de gens aimeraient que les milliardaires payent plus d’impôts en proportion de leurs revenus que le Français moyen. Dans ce cas-là, il faudrait des taux de 3%, 4%, 5%, enfin des taux plus élevés que 2%. Mais 2%, c’est une proposition pensée pour être consensuelle. C’est-à-dire que personne n’accepte, personne ne devrait accepter, que les milliardaires puissent payer moins que le Français moyen. On peut corriger cette anomalie avec 2%.

    Vous faites le lien entre cette extrême richesse et le rapport sénatorial sur les aides publiques aux entreprises qui les estime à 211 milliards d’euros ?

    G.Z. : Il y a plusieurs liens, mais d’une façon générale, en France, on a une fiscalité qui est mitée d’échappatoires, de niches fiscales, d’avantages divers et variés. Ça prend la forme, par exemple pour les milliardaires, qu’on les laisse toucher leurs revenus via des sociétés holding qui font écran à l’impôt et qui leur permettent donc d’échapper à l’impôt sur le revenu. Mais ça prend d’autres formes aussi, et ce maquis d’aides publiques aux entreprises, de crédit d’impôt de recherche, d’exonération, etc. C’est une autre illustration de ce mal fondamental qui ronge le système fiscal français, et du coup aussi le consentement à l’impôt, qui est la multiplication des régimes préférentiels dans lesquels s’engouffrent inévitablement les personnes qui sont les plus fortunées ou les grandes entreprises, bien conseillées par des armées d’avocats fiscalistes. Tout cela alimente l’injustice fiscale, en plus d’avoir un coût budgétaire très élevé.

    à Sciences Po, 25, rue Gaston-de-Saporta
    à Aix-en-Provence. Inscriptions closes,
    le rendez-vous affiche complet

  • Sida, entre prévention et espoir de guérison

    Sida, entre prévention et espoir de guérison

    La lumineuse salle d’attente du centre de dépistage gratuit de la rue Barbe est loin d’être comble, ce vendredi. « C’est toujours comme ça le vendredi, il y a plus de monde en début de semaine », explique un homme de 34 ans qui patiente. « Je viens tous les six mois, pour être sûr. J’utilise des préservatifs, mais on ne sait jamais vraiment ce qu’on risque et puis, quand on consomme de l’alcool ou des drogues, on se relâche… », confie-t-il, avant de filer en consultation. Arthur, 20 ans, est venu sans rendez-vous « pour récupérer mon dossier de vaccination HPV (papillomavirus humain) » et avoue quant à lui utiliser un préservatif « la plupart du temps, plus par peur de mettre une fille enceinte que du Sida ».

    Progrès médicaux et prévention ont permis d’éloigner les années les plus meurtrières du virus, dans les pays les plus développés. Entre 2014 et 2024, le nombre de jeunes de 15-24 ans venus se faire dépister a progressé de 43%. Mais l’incidence du VIH observée durant dix ans ne diminue plus ces deux dernières années, « voire amorce une reprise », alerte Santé public France. La population « des hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes nés en France reste la plus exposée à la contamination », observe le Dr Kahina Kugeler.

    Autre donnée inquiétante, « près de la moitié des personnes nées à l’étranger qui ont découvert leur séropositivité ont été contaminées après leur arrivée en France ». Sur les tables de la salle d’attente, les dépliants informatifs de la campagne de dépistage sont traduits en plusieurs langues, de même que le message invitant à alimenter la boîte a idées pour un meilleur accompagnement. En plus des médecins, des infirmiers, d’une pharmacienne et d’un psychologue, une assistante sociale complète l’équipe du centre pour orienter les plus précaires dans leurs démarches.

    Si « aujourd’hui, on peut vivre avec, il reste qu’on vit toujours mieux sans », rappelle Sylvain Di Giovanni, conseiller départemental délégué à la santé. Surtout, « on s’en est rendu compte, lors du Delta festival, que si les jeunes étaient réceptifs à la prévention, ils l’étaient moins à l’usage du préservatif. Or d’autres maladies font leur retour », ajoute-t-il.

    Ils seraient aussi aujourd’hui plus de 7 000, en France, à avoir recours à la PrEP (prophylaxie pré-exposition), un traitement préventif qui empêche le virus du VIH de se développer et de se fixer dans le corps. Mais ce n’est pas non plus une formule miracle, « parce qu’elle demande un suivi et aussi parce qu’une PrEP ne protège pas d’autres infections », souligne le Dr Audrey Issad.

    Les IST regagnent

    du terrain

    D’après le réseau Sentinelles, plateforme de surveillance épidémiologique, « trois infections sexuellement transmissibles (IST) ont connu des hausses de contamination importantes entre 2020 et 2022 : +16% pour la chlamydia, +91% pour la gonorrhée et +110% pour la syphilis ». La chlamydia est l’une des « plus fréquentes, qui concerne une femme sur dix, indique le Dr Kahina Kugeler. Non traitée, elle peut entraîner une inflammation pelvienne, voire l’infertilité chez les femmes. On recommande un dépistage tous les 4 mois. » Comme le papillomavirus, ses symptômes n’apparaissent pas toujours rapidement. La maladie étant transmissible par contact, le préservatif n’est pas non plus le bouclier parfait. « Le dépistage régulier ne peut être que fortement recommandé, car on ne découvre vraiment quelque chose que quand on le cherche », conseille le Dr Audrey Issad, en accompagnant un jeune homme dans un des trois bureaux médicaux pour un Trod (test rapide d’orientation diagnostique).

    Installé dans le fauteuil du Dr Thierry Savarese, le candidat au test est détendu. Une simple piqûre au bout du doigt permet de récolter quelques gouttes de sang. L’analyse est rapide : le révélateur vire au négatif. « Quand on a un doute, c’est toujours un soulagement », lâche le jeune homme, avant de repartir l’esprit tranquille.

    Le docteur confirme l’importance d’un dépistage « le plus tôt possible, soit un mois après le rapport, car si le test se révèle positif, il faut compter un an et demi à deux ans de délais pour une décontamination ». Les traitements, en injectable tous les deux mois ou par prise quotidienne de cachet, sont aujourd’hui assez performants. Une trithérapie d’urgence est aussi possible dans les 48h après un rapport à risque.

    Quelque peu relâchée ces dernières années et face à la progression des pratiques « chems » (produit chimique), la prévention remet les bouchées doubles à destination des publics jeunes et des plus précaires, en « allant vers eux pour les ramener vers les centres », annonce Sylvain Di Giovanni. Le CeGIDD réalise quelque 200 interventions extérieures, en établissements scolaires ou centres d’hébergement.

    ET AUSSI

    À Marseille, des stands dans la rue

    Ce lundi, à partir de 14h, la Ville de Marseille met en place un stand, sur le cours Belsunce, où des professionnels du Centre de vaccinations internationales (CVI) vont sensibiliser et informer les habitants sur le VIH. L’occasion, pour la municipalité, de rappeler que l’arme la plus efficace contre le Sida est le préservatif. 2 000 seront d’ailleurs distribués dans la journée. Via un partenariat avec les associations, la Ville installe deux stands de sensibilisation et d’information sur le square Stalingrad et devant le Centre LGBTQIA+, rue du Chevalier-Roze, de 10h à 16h.

    Info à l’hôpital de Toulon

    Ce lundi, à l’hôpital Sainte-Musse, sont prévus stands d’information et ateliers de prévention et dépistage, avec l’équipe du CeGIDD 83 et des associations. Mais aussi des échanges avec les équipes de l’hôpital de jour récemment ouvert. Et présentation des dispositifs de prévention et de suivi des personnes vivant avec le VIH.

    EN CHIFFRES

    53 000

    C’est le nombre de consultations qui ont été effectuées dans les neuf CeGIDD (Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic) des Bouches-du-Rhône, en 2024, soit près de 19 000 patients sur l’année.

    96

    En Paca, 96% des personnes vivant avec le VIH sont diagnostiquées, 97% d’entre elles sont traitées par antirétroviraux et 97% ont une charge virale indétectable et ne transmettent plus le virus.

    619

    Le Coress Paca (Comité régional de santé sexuelle) note une diminution du nombre de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et qui ignorent leur séropositivité : 619 en 2024, contre 663 en 2023.

    5 000

    En France, 5 000 personnes ont découvert leur séropositivité en 2024, dont 68% d’hommes, 30% de femmes, 2% de personnes transgenres. Et, parmi eux, 1% sont des usagers de drogue injectable.

  • Un élan à maintenir

    Un élan à maintenir

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 96% des personnes vivant avec le VIH sont diagnostiquées, 97% suivent un traitement et 97% ont une charge virale indétectable. Ces résultats dépassent les objectifs internationaux (95% pour chacun des trois indices) fixés par l’OnuSida pour mettre fin à l’épidémie d’ici 2030. Ils démontrent qu’une politique volontariste, associée à un réseau médical et à des associations engagées, peut changer la donne.

    Mais cette bonne dynamique n’est pas définitive. Elle repose sur un dépistage accessible, des traitements gratuits et un accompagnement humain.

    Autant de leviers
    qui exigent un soutien constant de la puissance publique. Car derrière les statistiques, il y a des vies, des parcours, des combats contre la stigmatisation et l’isolement.

    Investir

    Santé publique France alerte : l’incidence du VIH ne baisse plus depuis deux ans. Le dépistage reste donc crucial, comme le rappellent les CeGIDD, ces centres gratuits qui accueillent chaque jour des publics jeunes et précaires.

    Marseille illustre cette dynamique : ville pionnière en matière de santé communautaire, elle conjugue expertise hospitalière et initiatives locales. L’Institut Paoli-Calmettes a même permis la première guérison du VIH en France, grâce à une greffe exceptionnelle. « Ces cas sont rarissimes, mais ils montrent que
    la recherche avance
     », explique le Pr Raynier Devillier.

    Maintenir cet élan, c’est investir dans la prévention, la recherche et la solidarité. C’est affirmer que la fin du VIH n’est pas une utopie, mais peut être un objectif à portée de main. à condition de ne jamais relâcher l’effort.

  • La famille bouliste salue la mémoire de Patricia Jeanjean

    La famille bouliste salue la mémoire de Patricia Jeanjean

    Elle était un visage connu et reconnu dans le monde des boules.

    Dans les Bouches-du-Rhône, où elle a assuré la présidence du comité départemental durant seize ans, après en avoir été la secrétaire générale sous l’ère Roger Damiani, mais aussi au-delà du cercle des pratiquants de la pétanque, pour son dynamisme et sa joie de vivre. Elle était également une figure du Mondial La Marseillaise à pétanque, où son rond restera à jamais inscrit dans le sable des allées du parc Borély.

    « Elle était un maillon essentiel du développement du Mondial. Une femme au cœur énorme », souligne Pierre Guille, président délégué du Mondial La Marseillaise à pétanque. « C’était une amie fidèle, connue pour son franc-parler et son engagement. Une grande dame de la pétanque », note Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise,

    Une femme de caractère

    L’annonce du décès de Patricia Jeanjean, par son frère Frédéric, a donné lieu à de très nombreuses réactions. Sylvain Souvestre se souvient « de 25 ans de confiance, de projets, de rires et de partage avec une femme au caractère bien trempé. Patricia était de ces personnes que l’on peut croire éternelles. Elle était un pilier, un repère dans le monde de la pétanque », note le maire des 12e et 13e arrondissements de Marseille. Où elle avait son club de cœur, à Saint-Julien.

    Romain Pastor, l’élu des 15-16, retient « sa contribution à la féminisation de la pétanque. Aux côtés de Lucette Coste, présidente de la Ligue, elle en a été une cheville ouvrière ».

    Patricia Jeanjean a également à son actif la création de l’école de pétanque de Marseille. Et elle a permis au Mondial La Marseillaise de prendre une nouvelle dimension, avec la création du Grand prix féminin, dont on a célébré la 24e édition, l’été dernier.

    Chez ceux qui ont travaillé à ses côtés, au Comité des Bouches-du-Rhône, l’émotion est palpable. « Patricia était une femme exceptionnelle », rappelle Fernand Castelli. Celui qui a été son vice-président insiste sur le coup d’accélérateur qu’elle a donné à la structure, dès ses premiers mois de présidence. « C’est elle qui a mis en place la transformation en profondeur de notre structure, en lançant sa modernisation. »

    Il indique également que « Patricia a toujours été à l’écoute des présidents de club, avec lesquels elle avait de très bonnes relations. Elle faisait d’ailleurs l’unanimité ».

    Lorsqu’on lui demande de parler de Patricia Jeanjean, Gérard Poncié joue une métaphore gauloise. « Elle était tombée dans la marmite de la pétanque », évoque le journaliste, aujourd’hui organisateur d’événements boulistes et président de la section Provence de l’Union des journalistes de sport français. « Pour moi qui l’ai toujours côtoyée, aussi bien dans les diverses fonctions, elle était l’incarnation de la pétanque, aux côtés de son époux et de son fils que j’ai vu grandir. » Lui aussi retient « l’énorme travail qu’elle a effectué pour le développement de la pratique féminine de son sport ».

    À son mari, « Mimi », à son fils Sylvain, à son frère Frédéric,
    ainsi qu’à tous ses proches, «
     La Marseillaise » présente ses sincères condoléances.

    La date et le lieu des obsèques
    de Patricia Jeanjean ne sont pas encore connus.

  • Entre céramiques et verres de couleurs dans le quartier du Panier

    Entre céramiques et verres de couleurs dans le quartier du Panier

    Pendant les trois dernières années rien n’a clairement changé. Au croisement de la rue Montbrion, on sort de l’escalier du passage de Lorette, on amorce la pente qui conduit vers la Vieille Charité, les maisons et les ruelles sont identiques. Sans qu’on s’en aperçoive immédiatement, ce fragment du Panier s’est métamorphosé.

    Avant la pizzeria Chez Étienne, à partir de la supérette du 41 rue de Lorette, sur plusieurs détails de façades, le décor s’est transformé, sans violence ni pagnolade. Ce ne sont pas comme sur d’autres murs du quartier des tags et des graffitis. Joyeuse et fine, une généreuse invasion de couleurs prend de l’ampleur.

    Métissages, art modeste

    C’est bariolé, ce ne sont jamais des gamineries ou des tartarinades. On aperçoit en verres des agencements et des transpositions, des semis de couleur vives, des fresques et des mosaïques qui évoquent Sidi Bou Saïd, les viaducs de la Côte Bleue, le Château d’If, la colline Notre-Dame, les immeubles, les rives et les bateaux du Vieux-Port. On aperçoit un aigle qui capture un poisson dans ses serres, les ailes et l’aigrette d’un paon, un perroquet ainsi qu’une cigogne. Plus haut, après les touches blanches et noires d’un piano, une bouteille et une assiette établissent une discrète enseigne de restaurant. C’est festif et sans nostalgie. Avec en sus un minuscule drapeau de la Palestine, ce subtil métissage raconte l’aujourd’hui des deux rives de la Méditerranée.

    L’auteur de ces prouesses, l’artiste autodidacte qui a désiré ces embellissements nobles et sans prétention est né́ en Tunisie en 1960. Il s’appelle Kazai Boubakar ; dans le quartier c’est Bouba. Depuis 2006, il s’occupe 7 jours sur 7 de la supérette de l’angle de Lorette, distribue boissons fraîches et cafés. Il a son élégance, ses affections, ses sourires et sa gravité. Les jeunes du Panier l’encouragent et le respectent. Les anciens disent que c’est lui, « le vrai gardien de l’âme du quartier ». Ses voisins d’en face, les artisans verriers lui prêtent volontiers des outils, le laissent choisir des chutes de leurs vitraux. De la colle, des rebuts en récupération et des thématiques de plein air : cet art écologique, c’est de l’art pour tous.

    Nombreux sont les venants de tous les pays qui le photographient et signent son livre d’or.

    Pour deux pans de l’escalier de Lorette, Bouba projette des vues du Vallon des Auffes et de l’Estaque. Pour ses amies bijoutières et décoratrices d’Art-Divergence qui ouvriront le 5 décembre au 8 rue Guintrand, il imaginera un décor d’oasis.

  • [Cancers masculins, parlons-en 3/3] Géraldine Pignot : « Les patients sont demandeurs de cette technologie ! »

    [Cancers masculins, parlons-en 3/3] Géraldine Pignot : « Les patients sont demandeurs de cette technologie ! »

    Le Dr Géraldine Pignot est diplômée du Desc d’Urologie depuis 2009 et exerce à l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) depuis 2015. Elle est membre du comité de cancérologie de l’Association française d’urologie. Elle est impliquée dans de nombreux projets concernant la qualité des soins et les innovations thérapeutiques. Elle travaille notamment sur les tumeurs de la vessie. Ce jeudi, la docteure Pignot opère un patient de la prostate, une opération relativement classique à l’IPC, à ceci près qu’elle est aidée d’un allié un peu particulier : le robot Da Vinci. Ce gros bras mécanisé high-tech assiste les chirurgiens avec une très grande précision.

    Pendant l’opération, la chirurgienne en explique le fonctionnement : « Le robot dispose d’un module de vision relié à une petite caméra qui se trouve au bout de son bras, dans le corps du patient. Les images sont directement retransmises dans le module. En plus de cette petite caméra, j’utilise une minuscule pince et un petit ciseau, tous deux d’une taille de quelques millimètres. Je contrôle à distance ces outils grâce à des manettes placées sur des axes. Enfin, à mes pieds se trouvent des pédales qui me permettent de chauffer l’instrument pour cautériser et aider à la coagulation. » Pour accompagner la chirurgienne dans ses gestes, une opératrice contrôle et nettoie régulièrement les instruments du robot.

    Une machine ultra-précise

    Ce prolongement du bras du médecin offre de très nombreux avantages, comme le précise Vincent Werner, infirmier anesthésiste : « Avec les anciens robots, il fallait mettre le patient la tête en bas. Ils étaient inclinés pour que les organes penchent vers le haut et remontent. Là on ne fait plus ça, ce qui leur offre une meilleure tolérance respiratoire. » Avec le Da Vinci, les patients sont en position allongée « classique ». Autre innovation : la petitesse de l’unique incision pratiquée pour opérer (environ 4 centimètres) qui assure une meilleure cicatrisation. Enfin, détail qui a son importance : « Lors de cette opération, on préserve le nerf d’érection, le patient pourra garder une sexualité normale, ce qui est grandement facilité par la précision du robot ! », assure la chirurgienne. Il est devenu aujourd’hui très fréquent de se faire opérer, notamment de la prostate, par le robot. Le docteur Pignot prévoit d’ailleurs dans la même journée une autre opération avec son camarade mécanique, et quatre autres ce lundi.

    Et les patients, qu’en disent-ils ? L’équipe médicale est unanime : la confiance s’est installée entre l’homme et la machine. L’urologue n’a pas vu de réticence particulière de la part de ceux venus se faire opérer : « Ils ont confiance et je dirais même plus : ils viennent en étant demandeurs de cette nouvelle technologie ! »

  • « Stop sabotage climat » : déçue par la COP, Alternatiba ne lâche rien

    « Stop sabotage climat » : déçue par la COP, Alternatiba ne lâche rien

    On les avait déjà vus retournés par les agriculteurs en signe de leur colère. Cette fois, certains panneaux d’entrée de ville autour de Montpellier ont été affublés de stickers représentants des flammes avec la mention « Stop sabotage climat ». Une manière, pour les militants d’Alternatiba, de continuer d’alerter la population sur le drame écologique qui se noue. « C’est une façon de susciter la curiosité des automobilistes, faire en sorte que les gens continuent de s’interroger à l’heure du dérèglement climatique », explique la militante Cathy Valat.

    Jugée insignifiante ou raillée par les climatosceptiques, l’initiative aura au moins permis de discuter avec des curieux. « Au début, ils arrivent en disant qu’on casse tout. Et à la fin de la discussion, ils reconnaissent souvent qu’on a raison et voient qu’on ne vandalise rien du tout », témoigne l’activiste pour la planète.

    Le ressenti était le même début novembre lorsque Alternatiba avait utilisé les panneaux JC Decaux de Montpellier pour critiquer la pollution de l’aéronautique. « La Ville de Montpellier a voté l’interdiction des panneaux de publicité numérique. C’est bien mais pourquoi ne pas interdire aussi la publicité autour de l’avion ? ». Cathy Valat regrette qu’« aucun effort ne soit jamais demandé à ce secteur », qui compte pourtant parmi les plus polluants. « Ils électrifient, mettent des ruches sur les toits de l’aéroport et se contentent d’attendre l’avion électrique ou à hydrogène. Ils bénéficient d’une impunité incroyable ».

    La même impunité, dit-elle, dont ont (encore) joui les géants du pétrole, du gaz ou du charbon, épargnés par les mesures contraignantes à la COP30 de Belém (Brésil). « On s’est encore fait rouler dans la farine par les lobbies des énergies fossiles qui avaient tous leur badge d’accréditation alors que les peuples autochtones [des manifestants, Ndlr] ont été virés de la conférence mondiale sur le climat », déplore l’Héraultaise.

    Un texte commun a bien été adopté par les 193 pays représentés à la COP30, boycottée par les États-Unis de Donald Trump. Mais pour les associations environnementales, il n’est que cosmétique. Dix ans après les ambitieux accords de Paris, la nécessité d’agir a été répétée mais guère suivie de mesures contraignantes capables de changer de paradigme. Si des efforts financiers ont été consentis, l’Union européenne a refusé de payer l’addition des USA, manqué une occasion de nouer de nouvelles alliances (Afrique, Amérique du Sud, îles…) et ainsi d’apparaître comme une locomotive à l’échelle mondiale.

  • Quand policiers et ados se retrouvent balle au pied

    Quand policiers et ados se retrouvent balle au pied

    Est-il encore possible d’établir un dialogue entre la police et la population des quartiers sensibles ?

    Les initiatives prises par Romain Vesperini et Djamila Ouaki, deux agents de police intervenant dans les quartiers Nord de Marseille, ont montré que oui. « Nous avons travaillé en amont, avec les centres sociaux et le milieu associatif notamment, afin de voir ce qui était possible », explique Romain Vesperini.

    Avec ses équipes, ils sont allés à la rencontre des 14-16 ans, cibles privilégiées des guetteurs, à la Castellane, la Viste, Félix-Pyat, la Rose ou encore Frais-Vallon. « Nous avons senti une envie dans ces quartiers, une volonté de montrer une autre image du quotidien », témoigne Djamila Ouaki. Le football a été le vecteur naturel, « car il y avait des pratiquants dans la police et chez les jeunes ».

    Les tournois, dont le dernier en amont des Jeux olympiques, ont ainsi permis de former des équipes mixtes. Où adolescents et gardiens de la paix partageaient le même maillot, la même envie d’aller chercher quelque chose en commun.

    L’OM impliqué

    Avec le concours de la Région Sud, du préfet délégué à l’égalité des chances, du préfet de police et de la mairie des 13-14, ces tournois ont apporté un autre éclairage sur la vie dans les cités. Et grâce au concours de l’OM, le plus important a pu se jouer à l’OM Campus.

    « Pour les équipes, il y avait de belles dotations. Outre les tenues sportives complètes, les quatre qui arrivaient dans le dernier carré étaient récompensés, avec des chèques de 150 euros pour pratiquer le sport de leur choix », précise Romain Vesperini.

    Depuis que ces tournois ont eu lieu, les policiers intervenant dans les quartiers ont vu les relations s’apaiser. « Il y a même des gamins qui portent fièrement leur maillot floqué “Police” dans leur cité », témoigne Djamila Ouaki.

    Certains ont profité du chèque licence pour intégrer un club, que ce soit pour pratiquer le football, la boxe ou encore le MMA. « C’est ce qui est primordial, susciter la curiosité et l’envie de faire du sport », commente le policier.

    Le District de Provence a apprécié ces initiatives. D’autres villes, à l’image de Martigues, sont demandeuses. Et, au-delà du football, d’autres sports ont également montré un intérêt. Le rugby devrait prochainement mettre en place ses tournois. « Nous sommes également sollicités pour reprendre à Marseille. Avant, nous faisions les recherches. Maintenant, les associations viennent à nous » se réjouit Romain Vesperini.

  • [On passe à table] Le flan pâtissier traditionnel à la vanille de Madagascar

    [On passe à table] Le flan pâtissier traditionnel à la vanille de Madagascar

    Douceur emblématique de l’établissement, le flan traditionnel à la vanille dans son plus simple appareil est l’une des spécialités de Pascal Guglielmi, ancien cheminot devenu pâtissier par passion et dont il vous partage la recette.

    Réaliser la pâte sablée

    Dans un batteur ou saladier mettez la farine, le sucre, le sel et votre beurre bien froid coupé en petits cubes. Puis au robot ou avec les mains – une activité ludique à faire avec les plus jeunes – réalisez ce que l’on appelle le sablage. Filmez la pâte au contact et faites reposer au frigo quelques heures ou au congélateur si vous voulez aller vite mais pas plus d’une demi-heure. Après le temps de repos, étalez la pâte sur quelques millimètres, et faites un cercle d’environ 26 cm pour qu’il puisse remplir un cercle ou un moule de 18 cm de diamètre. Foncez la pâte sablée pour enlever le surplus et ainsi avoir la quantité suffisante pour tapisser l’entièreté du moule ou cercle, bords compris. Placez au congélateur pendant au moins une heure. L’objectif étant que l’appareil à flan ne dégouline pas de partout quand vous allez le verser sur la pâte.

    Une onctueuse crème pâtissière

    Pendant ce temps, vient le moment de réaliser la crème pâtissière du flan. Dans une casserole versez un litre de lait entier ou demi-écrémé puis ajoutez deux gousses de vanille maximum. Faites chauffer à feu doux et dans un saladier à part, blanchissez les œufs et le sucre. Versez-y ensuite la maïzena qui permet à la crème de bien se tenir. Quand le lait est à ébullition sortez du feu, versez une partie du lait dans le mélange qui se trouve dans le saladier. Puis une fois que tout est homogène, versez ledit mélange dans la casserole sur le feu avec le lait restant, mettez de nouveau à feu doux et mélangez jusqu’à épaississement de la crème. Au sortir du feu, déposez un petit morceau de beurre.

    Sortez la pâte du congélateur et remplissez avec la crème pâtissière à l’aide d’une louche, vous pouvez lisser le tout avec une spatule. Enfournez le tout à 170° pendant une heure.

    Afin que le flan se tienne bien il vous faudra attendre le lendemain pour le déguster sinon avec la chaleur il risquerait de s’écrouler… Alors, on patiente et la dégustation n’en sera que meilleure ! Bon appétit.

    Les ingrédients

    Pour un flan il vous faudra :

    – 250g de farine

    – 125g de beurre froid

    – 260g de sucre en poudre

    – 5 œufs entiers

    – 1 pincée de sel et 2 gousses de vanille

    – 100g de maïzena

    – 1L de lait demi-écrémé ou entier

    Agathe L’hôte