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  • En milieu périlleux, mieux vaut prévenir que guérir

    En milieu périlleux, mieux vaut prévenir que guérir

    Entre son histoire liée aux contrebandiers de la Révolution française et les paysages de la Côte Bleue qu’il offre à voir, le sentier des Douaniers ne manque pas de succès. Dans la calanque du Grand Méjean, à Ensuès-la-Redonne, il slalome de l’ombre au soleil entre les pins, à proximité de l’eau translucide. L’île de Planier découpe l’horizon. « C’est paradisiaque, mais ça peut vite se transformer en environnement hostile pour une victime », prévient le commandant de l’équipe de secours en milieu périlleux et montagne (SMPM), Gilles Agapian.

    La preuve en image : un homme, qui a chuté sur les pierres, est coincé à flanc de falaise. Son bras semble blessé. C’est en tout cas le scénario de la manœuvre des pompiers, qui s’entraînent en conditions réelles. Après avoir déployé une tyrolienne au-dessus de l’accidenté, ils descendent lui procurer les premiers soins avant de l’installer dans une civière qui s’élèvera ensuite dans les airs pour rejoindre un lieu sécurisé.

    Chaque année, cette équipe départementale SMPM, composée de 90 hommes et femmes, réalise 260 opérations de sauvetage. « Dans les Bouches-du-Rhône, on a tous les risques sauf le risque avalanche », souligne Richard Mallié, président du Sdis 13.

    « Souvent, ce qui pèche, c’est le niveau de préparation, explique Gilles Agapian. Il ne faut pas se surestimer, regarder la météo, dire à ses proches où on se trouve et toujours avoir le nécessaire avec soi : de l’eau, un téléphone chargé et un sifflet. »

    À Ensuès-la-Redonne, le maire (DVG) Michel Illac voit souvent partir des personnes « mal équipées, en tongs », ce qui a le don de le mettre en colère. Mais il estime tout de même avoir une responsabilité : « On aménage des sentiers qui attirent du monde, notre rôle d’élu c’est de prévenir. Il faut qu’on soit vigilants dans notre communication. Ce n’est pas que beau, c’est aussi dangereux. »

  • [Tribune] Ne laisser aucun jeune au bord de la route

    [Tribune] Ne laisser aucun jeune au bord de la route

    La mort récente d’un jeune à Avignon, sur fond de narcotrafic, nous percute tous. Elle nous oblige à regarder lucidement une réalité : celle de jeunes happés par des logiques criminelles qui leur promettent reconnaissance, argent rapide et sentiment d’appartenance.

    Mais il faut aussi se poser une question essentielle : quel regard notre société porte-t-elle sur sa jeunesse ?

    Trop souvent, un regard de défiance, parfois même de renoncement.

    Depuis plus de trente ans à la Protection judiciaire de la jeunesse, j’ai accompagné des adolescents et des jeunes majeurs en grande difficulté. J’ai vu des parcours cabossés, des ruptures, des échecs. Mais j’ai surtout vu des potentiels, des intelligences, des capacités à rebondir lorsque quelqu’un croit encore en eux.

    Aucun jeune ne se résume à ses erreurs.

    Oui, la sécurité est une mission régalienne. Oui, la coordination entre police nationale, police municipale, préfet et autorité judiciaire est indispensable pour lutter contre les trafics et restaurer l’autorité de la loi. Mais nous savons aussi que la seule réponse sécuritaire ne suffira pas.

    Si nous voulons assécher durablement le vivier de la délinquance, il faut agir bien plus tôt et bien plus largement.

    Cela passe par la lutte contre le décrochage scolaire, le développement des activités périscolaires, l’accès au sport, à la culture, à l’apprentissage, à l’insertion professionnelle et au logement des jeunes. Cela suppose de construire des perspectives concrètes pour les 16-25 ans et de remettre en mouvement ceux qui ont décroché.

    Ne laisser aucun jeune sur le bord de la route doit devenir une priorité collective.

    Cela implique aussi d’apprendre à mieux travailler ensemble. Trop souvent, les politiques publiques fonctionnent en silos : sécurité, éducation, prévention, insertion. Pourtant, sur le terrain, tout est lié. Nous avons besoin d’une approche globale et transversale mobilisant associations, centres de formation, collectivités, acteurs économiques et services de l’État autour d’un objectif commun : redonner des horizons à notre jeunesse.

    C’est le sens de l’engagement que je porte avec Place publique, un mouvement qui a toujours fait de la jeunesse une priorité politique majeure.

    La jeunesse ne peut plus être une variable d’ajustement budgétaire. Elle doit devenir une priorité majeure de l’élection présidentielle et des politiques publiques à venir.

    Car derrière chaque drame, une question demeure : qu’avons-nous proposé à ces jeunes pour qu’ils aient envie de choisir un autre chemin ?

    Faire le choix de la jeunesse, c’est refuser le fatalisme. C’est tenir ensemble l’exigence et l’accompagnement. C’est croire que notre société a encore quelque chose à transmettre et des perspectives à offrir.

    Il faut à nouveau faire rêver, faire naître des horizons, permettre à chacun de trouver sa place et rouvrir le champ des possibles. Nous n’éviterons pas ces drames sans une véritable ambition collective pour notre jeunesse.

    Croire en la jeunesse, c’est croire en notre avenir.

  • De nombreux nids inquiètent dans les Alpes

    De nombreux nids inquiètent dans les Alpes

    « Rien que chez moi, aux Mées, j’ai recensé 17 nids actifs », alerte Alexandre Voutat, gérant de l’entreprise Alpes Guêpes Frelons, qui s’occupe notamment de détruire les nids de frelons asiatiques dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes. Ces insectes « commencent à se répandre dangereusement » dans les Alpes du Sud, constate-t-il. Son entreprise intervient par exemple pour détruire des nids à Annot, à Savines-le-Lac (Hautes-Alpes), à Sisteron ou encore à Malijai. « Ici, les gens ne sont pas très sensibles parce qu’il n’y a pas eu de gros problèmes, d’accidents, comme dans d’autres régions. C’est dommage », explique-t-il.

    « Je viens, je traite le nid, et je repasse 24, 48 ou 72 heures après pour enlever la coque. Après, c’est détruit dans un centre de déchets », détaille Alexandre Voutat. « Les frelons peuvent se nicher de partout : dans des niches de chien, dans des barbecues qui ne sont pas utilisés, dans des toitures… », explique-t-il. « Pour le moment, je pense que ce n’est pas pris au sérieux comme ça devrait l’être. C’est vraiment un fléau. Il y a un danger. Je vois des frelons partout, cachés dans le sol, dans des endroits très surprenants. J’ai traité des nids de 60 cm de diamètre à hauteur des genoux », alerte-t-il. À l’automne, il avait recensé « une quinzaine de nids visibles », sur l’autoroute entre les Mées et Aix-en-Provence.

    Le Vaucluse en vigilance

    Les pièges à frelons sont en train d’être retirés dans les communes vauclusiennes. Les reines des colonies pondent actuellement et ces dispositifs risquent désormais de piéger d’autres insectes, attirés par le sucre utilisé dans les installations. Pour l’heure, contrairement aux départements du Var, des Bouches-du-Rhône et des Alpes-Maritimes, aucun frelon oriental, reconnaissable à sa couleur rouge brun, n’a été détecté en Vaucluse, d’après le syndicat local des apiculteurs. La vigilance reste de mise.

    Mack Salman

  • La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    L’avenir du service de psychiatrie de l’hôpital George-Sand, dont dépendent neuf communes et environ 180 000 habitants, s’écrit en pointillé. Depuis plusieurs semaines, l’intersyndicale CGT-CFDT-Sud de l’établissement alerte sur une situation déjà périlleuse (manque d’effectifs malgré des prérogatives en hausse, accueil saturé…), bientôt fragilisée par le départ annoncé de trois des quatre médecins du service. Malgré les demandes de recrutement en urgence et plusieurs réunions avec la direction, aucune annonce n’a été faite.

    De quoi susciter inquiétude et indignation, d’autant plus que le gouvernement a décidé de prolonger en 2026 la grande cause nationale 2025 dédiée à la santé mentale.

    Un combat bientôt porté devant la Métropole

    « Cela pourrait laisser penser que ce problème est réellement pris en compte. Or, force est de constater que ce n’est pas le cas », dénonce le groupe municipal d’opposition seynois, Alternative progressiste. Il n’est pas le seul à gauche, les socialistes appelant aussi à « sauver le service psychiatrie ».

    Les doléances ne datent pas d’hier et avaient déjà été exprimées par les syndicats en 2020 au sujet des baisses d’effectifs et de l’absence de remplacement. Six ans plus tard, le danger se précise, à tel point qu’Alternative progressiste interpelle, dans une missive, les députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, afin « que tout soit mis en œuvre pour débloquer la situation et que des médecins psychiatriques soient recrutés en urgence afin de permettre que les patients en grande difficulté mentale continuent à être soignés dans les meilleures conditions ».

    Un combat à la fois matériel et symbolique, car « investir dans la psychiatrie, c’est investir dans la cohésion sociale, la dignité humaine et l’avenir de notre société. Le manque de moyens apporté (…) nous interroge sur la réelle volonté de continuité. Mais aussi sur le devenir de l’hôpital où, petit à petit, les services ferment (maternité, chirurgie, cardiologie, service palliatif…) ». Et si les départs ne sont pas compensés, « il ne restera que 0,5 équivalent temps plein de médecin psychiatre dans le service », soit « sa mort assurée ». Si ces mots n’étaient pas entendus, Stéphane Sacco (GRS), élu Alternative progressiste, les portera lors du prochain conseil métropolitain TPM, dont il est le seul élu de gauche, le 21 mai.

  • Ces 22 kilomètres qui relieraient Nice à Genève

    Ces 22 kilomètres qui relieraient Nice à Genève

    Durant les discussions en mairie de Briançon ce mardi, une demande, défendue de longue date par des élus et usagers, a été renouvelée par Jerôme Rebourg, vice-président de la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut). Il s’agit de la réouverture des 22 kilomètres de voie ferrée, fermés en 1989, entre Digne et Saint-Auban. Sur le papier, ce tronçon aujourd’hui à l’abandon, permettrait de connecter la ligne des Alpes, qui va d’Aix-en-Provence vers l’Etoile de Veynes et de là vers Grenoble, Gap, Valence et même Genève, à la ligne qui va de Digne-les-Bains à Nice. La Fnaut revendique même le soutien de plusieurs municipalités dont la capitale suisse elle-même. Une démarche déjà entamée depuis plusieurs années par les associations locales.

    « Il faut réactiver Digne-Saint-Auban, sans quoi on ne fera pas réellement le désenclavement des Alpes du Sud, martèle Sylvain Liotard, président de Mobilités Alpines. Cela desservirait Nice, Veynes, Grenoble, mais aussi la vallée du Verdon et Avignon TGV. Se concentrer uniquement sur Aix-Briançon est préjudiciable, on perd des trajets et des clients potentiels. » Sur la carte des trains en région Sud, cette ligne vacante au cœur des Alpes-de-Haute-Provence, interroge. Son abandon, décidé en 1989, s’explique dans un contexte général de fermeture des petites lignes considérées comme peu rentables par la SNCF dans les années 1980, qui les remplace à cette période par des services d’autocars. Paradoxalement, la ligne Alpazur connaissait un succès de fréquentation, surtout durant les périodes touristiques. Les journaux de l’époque rapportent même les louanges des passagers saisis par le défilé de paysages offerts de Genève à Nice en une journée de voyage. La fin du tronçon Digne-Saint-Auban dû à son manque de rentabilité a en quelque sorte condamné l’itinéraire dans son ensemble.

    La SNCF botte en touche

    Néanmoins, la chose n’est pas si simple selon les cadres de la SNCF. « Tout ce qui n’est pas entretenu s’use et coûte plus cher quand il faut le remettre à niveau », a tempéré Karim Touati, directeur régional de SNCF réseau en Paca. Avant de citer des solutions éventuelles de « mobilités plus légères avec des trains légers innovants qui pourraient être une réponse, parce qu’ils génèrent des coûts d’infrastructures plus faibles ». Le président directeur de la SNCF , Jean Castex, a lui aussi laissé la porte entrouverte : « Notre objectif, c’est que le réseau actuel tienne, mais on n’est pas fermés. Rouvrir des lignes, c’est arrivé ! Mais avant de parler d’en rouvrir il faut consolidant l’existant. »

  • [Entretien] Jean-Sébastien Gros, président du GDSA 83 : « Le Plan Frelon, ce n’est que de la communication »

    [Entretien] Jean-Sébastien Gros, président du GDSA 83 : « Le Plan Frelon, ce n’est que de la communication »

    La Marseillaise : En quoi le frelon asiatique nuit-il à votre activité ?

    Jean-Sébastien Gros : Je veux d’abord dire que c’est un problème général, pas celui des apiculteurs. C’est comme le Covid : au départ, on nous disait de ne pas nous inquiéter, qu’il allait se réguler seul. Aujourd’hui, ce frelon décime la moitié des insectes du pays. Les apiculteurs sont les seuls à avoir porté l’alerte, alors qu’il se nourrit à 30% d’abeilles domestiques contre 70% de faune sauvage. Un seul individu peut manger 13 kg d’insectes en un an. Il y a des zones où ne peut plus travailler. J’ai installé des ruches dans l’Ain et l’Isère car, dans le sud, ça devient compliqué, mais le problème arrive aussi là-bas. On est capable de reconstituer nos cheptels, on multiplie les ruches. Mais on va en avoir 600 ou 700 pour produire la quantité de miel qu’on faisait avec 400. Pour nous, c’est comme le loup. Sauf que les éleveurs ont des aides, nous non.

    Observez-vous une recrudescence ?

    J.-S.G. : On parle de progression de sa zone géographique d’implantation. Je n’en ai pas plus que les autres années, mais c’est devenu invivable. On a eu un hiver très doux, donc la pression arrive plus tôt. Il y a cinq ans, on n’en avait que sur la côte. J’ai des ruchers à Canjuers, à 1 200m d’altitude, où il est désormais en permanence. Il est également très bien implanté à Gap et Sisteron. Ça commence dans l’Isère et l’Ain. Petit à petit, il va coloniser toute la France. Il est capable de monter à 2 500m d’altitude dans sa région d’origine.

    Les abeilles sont-elles capables
    de se défendre par elles-mêmes
     ?

    J.-S.G. : S’il y a un seul frelon, ça ne fait pas trop de dégâts. Elles peuvent le tuer, mais c’est anecdotique, et dès qu’il y en a plusieurs, ce n’est plus possible. Le problème, ce n’est pas que le frelon mange des abeilles, c’est qu’il empêche les abeilles de rentrer et sortir de la ruche. Ça les confine, elles ne peuvent plus aller chercher à manger, la reine arrête de pondre et la ruche s’effondre.

    Comment luttez-vous ?

    J.-S.G. : Le seul moyen efficace et légal, c’est de déplacer sa ruche ailleurs. Les moyens techniques ne donnent rien de flagrant. Le piégeage ne marche pas. La destruction de nids si, la pression baisse pendant un temps, mais d’autres frelons reprennent le territoire. Les harpes électriques, qu’on teste depuis deux ans, fonctionnent s’il y en a beaucoup. Mais on n’a aucune info sur le déplacement du frelon et on ne sait pas s’il ne va pas revenir quand les harpes ne seront plus là. Le frelon est très malin et s’adapte vite au problème.

    Êtes-vous en relation avec les pouvoirs publics à ce sujet ?

    J.-S.G. : Oui, mais le Plan Frelon [lancé par le ministère de la Transition écologique début 2026, Ndlr.], sur lequel on a travaillé depuis trois ou quatre ans, n’est doté d’aucun moyen. C’est de la com’ [sic]. On plaide pour un fonds de recherche, afin de trouver des solutions. Le problème, c’est que chacun bosse dans son coin. Par exemple, l’Inra [Institut national de la recherche agronomique], qui travaille sur de la détection de nids par drone, refuse d’échanger avec des sociétés liées à la défense avec qui on est en contact et qui ont des solutions plus performantes. Ce qui importe, c’est leur brevet. On a besoin de concertation et de moyens. On fait 25 fois les mêmes choses et rien n’avance.

  • Commémoration des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, l’autre 8 mai

    Commémoration des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, l’autre 8 mai

    « Le 8 mai 1945, la France a manqué à ses devoirs universels et a commis l’inexcusable. » C’est le ton grave qu’Anthony Krehmeier, maire (PS) des 2e et 3e arrondissements de Marseille, a lancé la cérémonie commémorative des massacres du 8 mai 1945, qui se déroulait, ce vendredi après-midi, à côté de la Porte d’Aix.

    Des massacres qui ont lieu à « Sétif, Guelma et Kherrata », comme le rappelle le maire de secteur, lors de manifestations qui font suite à la mort de Bouzid Saâl, jeune militant anticolonialiste qui défilait drapeau algérien à la main, tué par un policier français, le 8 mai. « Trop longtemps, après ces dizaines de milliers de morts, il y a eu le silence des vivants », dénonce Anthony Krehmeier, rappelant qu’une année auparavant, le maire (DVG) Benoît Payan a procédé à la pose d’une plaque commémorative.

    Devoir de mémoire

    « Il est de notre devoir d’entretenir cette mémoire. Cette histoire commune, c’est aussi ce qui lie nos deux rives, Marseille connaît mieux que quiconque la douleur de ceux qui ont subi la colonisation et ses crimes », martèle le maire des 2-3. Outre la pléiade d’élus de la Ville, le député insoumis Manuel Bompard ou le sénateur écologiste Guy Benarroche, de nombreux représentants de la communauté et diaspora algérienne à Marseille étaient présents pour l’occasion, dont le consul adjoint d’Algérie, Ahmed Si-Ahmed. Zoheir Sabri, futur président de l’espace Franco-Algérien, a également pris la parole pour rappeler que le lien entre « Marseille ville des exilés » et les victimes de ce massacre. « Des milliers d’Algériens qui marchaient pacifiquement pour la dignité et l’égalité ont été massacrés par l’armée coloniale. Parmi eux, se trouvaient des familles des mêmes tirailleurs algériens qui avaient versé leurs sangs pour libérer Marseille en août 1944 », lance-t-il.

    En parallèle de cette cérémonie, plusieurs associations et collectifs organisaient un rassemblement revendicatif pour une reconnaissance plus officielle de ces massacres.

  • À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    Un peu après 11h, le son des trompettes et des tambours remonte de l’avenue Pasteur. Le défilé termine sa course devant le Monument aux morts de la place du 8-Mai-1945. « Une date qui marque la victoire de la liberté sur la barbarie, la défaite du nazisme et le retour de l’espérance », rappelle le maire communiste, Gaby Charroux.

    Derrière la « joie légitime » des peuples meurtris après six ans de guerre « demeurait une réalité impossible à effacer : celle d’un continent dévasté et d’un bilan humain d’une ampleur vertigineuse », poursuit l’édile. Entre 1939 et 1945, la Seconde Guerre mondiale a engendré la mort de plus de 60 millions de personnes, dont la moitié de civils et plus de 6 millions de Juifs.

    « Ce qui distingue cette guerre des précédentes, c’est qu’elle fut aussi une guerre idéologique, une guerre pensée, organisée et conduite au nom d’une idéologie raciste, antisémite et profondément inégalitaire », appuie Gaby Charroux, évoquant les camps de la mort, les persécutions et exterminations visant les tsiganes, les opposants politiques, les résistants, les homosexuels et les handicapés.

    Que les jeunes participent

    Le maire s’interroge : « Comment la haine a-t-elle pu devenir un projet politique ? C’est une question essentielle pour comprendre le passé, mais aussi éclairer l’avenir. L’histoire nous enseigne que les grandes catastrophes humaines ne surgissent jamais brutalement. Elles s’installent progressivement à mesure que les discours de haine se banalisent, que les préjugés s’installent, que les discriminations deviennent tolérables et que l’indifférence remplace la vigilance. » À l’heure où l’extrême droite opère une montée dans l’opinion publique, le devoir de mémoire et la transmission sont plus que jamais essentiels.

    Jen-Luc Duthoit s’y emploie. Porte-drapeau depuis 28 ans après avoir fait une carrière militaire, il embarque dès qu’il peut son petit-fils de 12 ans, Nathan, dans les commémorations. « Il faut que les jeunes participent. J’essaie de lui rappeler les valeurs de paix pour préserver notre liberté. »

  • [Entretien] Jeannie Longo : « Un Tour de France ne s’invente pas, il se prépare »

    [Entretien] Jeannie Longo : « Un Tour de France ne s’invente pas, il se prépare »

    La Marseillaise : Que représente cette étape pour vous et que pensez-vous de ce parcours ?

    Jeannie Longo : C’est une étape assez prestigieuse. J’ai grimpé plusieurs fois le Mont Ventoux depuis Bédoin et c’est compliqué. Cela va dépendre des conditions climatiques parce qu’il peut faire très chaud en été ou il peut y avoir un orage. Donc il faut s’adapter. Et le résultat dépendra bien sûr de l’ordre d’arrivée au pied parce que la course va sûrement se faire avant. Ensuite, on monte d’abord tout droit dans la forêt et la chaleur. Et puis il y a le sommet depuis le chalet Reynard. Il y a beaucoup de mistral, donc on peut presque monter en bordure et faire une course en équipe.

    Qui voyez-vous comme favorite ?

    J.L. : Je pense que si Pauline Ferrand-Prévot se prépare aussi bien que l’an passé, elle a des chances de garder son maillot. L’année dernière, dès la première étape, j’ai vu qu’elle était en forme et après, je savais qu’elle avait fait du spécifique montagne. Un Tour de France ne s’invente pas. C’est-à-dire qu’il faut le préparer, il faut reconnaître les étapes les plus difficiles, là où il y a des pavés, là où il y a des cols. Mais c’est vrai qu’une Demi Vollering est aussi extrêmement forte. Aussi la Polonaise Katarzyna Niewiadoma-Phinney, qui est d’ailleurs la belle-fille de ma copine Connie Carpenter [première femme à remporter l’or en cyclisme féminin sur route aux JO de 1984, Ndlr.], car elle est très tonique et grimpe bien les cols. Disons que Pauline est moins juteuse. Et cette année, elle va être marquée tactiquement donc ce sera peut-être plus dur.

    Quels changements majeurs avez-vous constatés dans le cyclisme féminin ?

    J.L. : Des choses pas forcément positives. Aujourd’hui, cela court beaucoup, comment dire… de manière très professionnelle. C’est-à-dire que beaucoup d’équipières font le travail, quoi, et sont un peu sacrifiées. Cela m’ennuie un peu, ces techniques, car ce sont parfois des filles qui pourraient être devant. Ça a bien avancé bien sûr. Les gros groupes et équipes professionnelles masculines ont créé des sections féminines car ça faisait un peu désordre de ne pas en avoir. Donc les gros groupes sont un peu plus féminisés. Par contre, au niveau national et régional, c’est très pauvre, avec de petits moyens.

    Il y a plus de médiatisation qu’a votre époque aussi ?

    J.L. : J’ai été extrêmement médiatisée durant ma carrière. Même à ski avec un bonnet et des lunettes, on me reconnaît. Je pense que je l’ai été aussi car j’arrivais dans un milieu d’hommes et que j’étais une femme des années 80, où la femme était en train de sortir de terre. Nous étions quand même bien perçues. Le public était favorable, vraiment motivé. Mais je pense que les médias ne suivaient pas en général. Par exemple, quand la société du Tour de France a arrêté le Tour féminin en 1989, j’ai essayé de le relancer avec mon mari et l’aide du maire de Paris, Jacques Chirac. Et c’était difficile, on était à part.

    Et comment voyez-vous l’émergence de Paul Seixas ?

    J.L. : Oui, là, ça a été l’euphorie. Enfin, il est extrêmement doué. Mais il faut le préserver. Il a enchaîné les championnats du monde et d’Europe à 18 ans, avec plus de 270 kilomètres, ça me fait un peu peur. Pour le Tour de France, j’ai entendu Pierre Rolland dire qu’il ne fallait pas le lui faire faire. Il a peut-être raison. Après, pourquoi pas ? Je me rappelle, j’avais une équipière, une jeune de 17 ans. On lui a fait faire le Tour de l’Idaho : 15 jours avec de grandes étapes. Mais on ne lui demandait absolument rien. C’était une expérience. Alors que là, on va tout lui demander.

  • L’OM cherche son Havre de paix

    L’OM cherche son Havre de paix

    Mis à part quelques éclats de rire provoqués par Pierre-Emerick Aubameyang, ce vendredi, lors de l’entraînement collectif, les sourires se faisaient rares dans les rangs olympiens. Heurtés et touchés, les Marseillais traversent une fin de saison chaotique, à l’image de l’ensemble de leur exercice. Avec seulement quatre points pris lors des six dernières rencontres, les Phocéens ont décroché au classement de la Ligue 1 et occupent désormais la septième place. À deux journées de la fin, ils ne peuvent plus espérer retrouver la troisième place, directement qualificative pour la UEFA Champions League. « On est dans une situation difficile », reconnaît l’entraîneur de l’OM, Habib Beye.

    Le technicien franco-sénégalais a passé toute la semaine à La Commanderie avec son groupe, dans le cadre d’une mise au vert destinée à préparer « le mieux possible » le dernier déplacement de la saison, dimanche soir, au Havre. « Je fais un métier différent en ce moment », souffle-t-il, préférant toutefois concentrer son discours sur l’adversaire à venir. « Ce sera un match difficile face à une équipe de qualité, qui l’a encore démontré lors de ses dernières sorties », glisse-t-il, conscient que les Ciel et Marine restent sur une série de cinq matches nuls. « Il va falloir répondre à l’intensité qu’ils sont capables de mettre et surtout égaler leur envie. Quand vous recevez une équipe comme l’OM, il faut être immédiatement prêt, parce qu’on sait que l’entame sera très intense. C’est aussi une équipe qui, à mes yeux, dégage beaucoup de qualités techniques dans le jeu », poursuit Habib Beye, avant de saluer le travail de Didier Digard.

    Pour sauver leur saison, les Olympiens devront impérativement s’imposer au Havre. Une mission qui ne semble toutefois pas inquiéter le vestiaire marseillais. « Je ne pense pas qu’il y ait énormément de pression. C’est simplement la réalité de la situation. Il faut vivre les choses à fond, prendre du plaisir et continuer à travailler dur », insiste le milieu de terrain Tochukwu Nnadi.

    Arrivé cet hiver en provenance du SV Zulte Waregem, l’international nigérian de 22 ans, longtemps discret sous le maillot phocéen, bénéficie désormais d’un temps de jeu plus conséquent. « Je me sens bien et je joue, c’est le plus important pour moi. Je suis heureux d’être ici et reconnaissant pour toutes les opportunités que j’ai reçues », poursuit-il, avant d’affirmer son souhait de poursuivre l’aventure avec l’OM la saison prochaine. Les deux dernières rencontres, décisives pour l’avenir du club provençal, pourraient également avoir une influence directe sur le sien.

    REPÈRES

    Retour d’Abdelli et de Rulli dans le groupe

    Le milieu international algérien Himad Abdelli et le gardien international argentin Geronimo Rulli font leur retour dans le groupe olympien, en vue du déplacement au Havre. Le premier était écarté par Habib Beye, tandis que l’autre avait loupé le match à Nantes à cause d’un lumbago.

    Invaincu au Havre depuis 2001

    L’Olympique de Marseille reste sur une série de onze matches sans défaite consécutifs au Havre. Leur dernière défaite remonte au 6 janvier 2001,en 16e de finale de la Coupe de la Ligue. Par ailleurs, c’est au stade Océane quel ’OM a acquis, la saison passée, sa qualification pour la Ligue des Champions 2025-2026(victoire 3-1, le 10 mai2025).

    Habib Beye s’interroge sur la bonne formule

    En signant les pires débuts d’un entraîneur de l’OM depuis plus de quarante ans, Habib Beye cherche encore la formule pour relancer son équipe. Pour le technicien marseillais, le principal enjeu reste toutefois mental.

    « Pour être une équipe vivante, il faut aimer jouer au football et aimer jouer ensemble », souligne l’entraîneur olympien. « Aujourd’hui, la réalité, c’est qu’il n’y a pas de réponse sur le terrain dans les matches que nous disputons. La question est de comprendre pourquoi cette réponse n’existe pas », poursuit-il.

    Persuadé que son groupe traverse avant tout une crise de confiance, Habib Beye insiste sur la nécessité de retrouver de l’énergie et de la cohésion.

    « Cela nous demande beaucoup d’énergie de chercher des solutions aux problèmes que nous rencontrons. Mais, dimanche, nous aurons l’opportunité de mettre tout cela de côté et de montrer un autre visage. Il faudra être très différents de ce que nous avons montré contre Nantes », martèle l’ancien défenseur phocéen.