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  • Pierre Mignoni démissionne de ses fonctions au RC Toulon

    Pierre Mignoni démissionne de ses fonctions au RC Toulon

    Coup de tonnerre à Toulon. Pierre Mignoni a décidé de mettre fin à sa mission de directeur du rugby, mardi, avec effet immédiat, suite à l’acceptation du club. « Cette décision intervient dans un contexte de résultats sportifs insuffisants depuis le début de la saison », est-il indiqué dans un communiqué. En effet, les rugbymen rouge et noir ont subi quatre défaites après les cinq premières journées de Top 14 seulement, dont une leçon encaissée lors du dernier déplacement à Montpellier, dimanche soir (défaite 28-0), et pointent à la treizième et avant-dernière place au classement.

    « Face à cette situation, Pierre Mignoni a choisi d’assumer pleinement ses responsabilités. Après avoir mobilisé l’ensemble des leviers à sa disposition, il a estimé qu’un changement était désormais nécessaire pour redonner un nouvel élan au groupe professionnel. Par cette décision, il souhaite permettre au collectif de retrouver rapidement le chemin de la performance », ajoute le club varois.

    Franck Azéma, jusqu’ici simplement installé au poste d’entraîneur principal depuis son retour dans la rade cet été, a pris dès lors « la responsabilité du groupe professionnel » et « assurera la direction sportive de l’équipe jusqu’à nouvel ordre ». La formation varoise n’avait plus connu un tel début de saison depuis l’exercice de 2021-2022, moment où un certain Franck Azéma avait été invité à prendre les rênes de l’équipe sportive et remplacer Patrice Collazo.

    « Vous n’êtes pas

    des professionnels »

    Comme l’a révélé L’équipe, le président du RCT, Bernard Lemaître, a tenté de convaincre Pierre Mignoni que son départ « n’était pas la solution ». « La solution n’est pas chez lui, ni dans le staff, elle est chez les joueurs, et c’est à eux de la trouver », pointe le dirigeant toulonnais. Ce dernier s’est adressé, mardi matin, de manière sèche aux joueurs. « Je leur ai dit : “Vous n’êtes pas des professionnels, vous faites joujou. Vous donnez l’impression d’être professionnels, vous vous mentez à vous-mêmes. Vous faites semblant” […] À partir du moment où les joueurs sont à l’origine du départ de Pierre, je leur en veux », révèle-t-il, sans avoir sa langue dans sa poche.

    Avec la démission de Pierre Mignoni, définit par le président Lemaître comme « un pilier du projet RCT », les fondations de la stratégie post-formation, « dont on voyait enfin les effets », se retrouvent fragilisées. Contre Castres, le 19 septembre, une dizaine de joueurs formés au club était présents dans le groupe varois. Soutenu par le successeur de Mourad Boudjellal, l’ancien demi-de-mêlée toulonnais avait pourtant perdu l’adhésion d’une grande partie des supporters.

    Un certain nombre d’entre eux réclamait son départ depuis quelques semaines. « Il faut créer un électrochoc et je ne vois qu’une solution, que Mignoni s’en aille » ou « Mignoni, si tu aimes le club comme tu nous le dis, tu dois partir », pouvait-on notamment lire sur les réseaux sociaux. Au-delà du staff, les fidèles de Mayol déplorent le jeu développé par leurs héros sur le carré vert, surtout lors du dernier match à Montpellier.

    L’arrière Melvyn Jaminet, qui a notamment manqué d’efficacité dans l’occupation et face aux perches, est particulièrement décrié par les supporters. Il n’a plus inscrit la moindre pénalité depuis la deuxième journée de championnat contre La Rochelle.

    « Tous les buteurs du monde ont des périodes creuses. L’important, c’est de la rendre la plus courte possible », souligne Maxime Petitjean, responsable de la stratégie du jeu au pied au RCT, à nos confrères de Var Matin. « Melvyn, c’est ce qui se fait de mieux dans le monde au niveau du jeu au pied et, croyez-moi, il n’a pas perdu tout son génie en l’espace de trois semaines. C’est une période difficile à passer, mais il va retrouver la confiance », poursuit-il, en évoquant la possibilité que Jaminet puisse souffler un peu et voir, ainsi, le poste de buteur être confié à un autre joueur.

  • Mobilisations à Montpellier et à Alès

    Mobilisations à Montpellier et à Alès

    À Ales

    Ce matin l’intersyndicale s’est joint au mouvement lycéen. À la demande de la sous-préfète d’Ales Lucie Roesch, une délégation a été reçue en sous-préfecture à 11h. Pendant ce temps, le millier de personnes présent a convergé vers le lycée Jean-Baptiste Dumas, lieu de rassemblement lycéens à Ales. Les jeunes ont alors multiplié les prises de parole pour saluer le soutien de la CGT, réaffirmer leurs revendications pour une éducation digne, s’opposer aux violences policières et redire leur hostilité aux idées d’extrême droite.

    A Montpellier

    Un énorme cortège descend le Jeu de Paume en entonnant « la jeunesse emmerde le Front national ! »
    Un énorme cortège défile à Montpellier derrière la banderole lycéenne, les jeunes étant rejoints par les étudiants, les salariés, les chômeurs et les retraités. La dénonciation des violences policières est au cœur des slogans entonnés par la jeunesse.

    Arrivés en bas du Jeu de Paume, le cortège montpelliérain entame une Marseillaise.

    «Aux armes, citoyens !» «Étudier est un droit, pas un privilège !» «Jeunesse, études, dignité», sont les mots d’ordre scandés par le cortège montpelliérain.

    «La police fait son travail… Ça crève les yeux !» Les violences policières sont ciblées dans tout le cortège montpelliérain.

    La tête du cortège est arrivé sur la Comédie, le temps de mobiliser les Trois Grâces avant de poursuivre vers la préfecture.

    Environ 10 000 personnes (8 000 selon la police), dans leur immense majorité des jeunes, défilent à Montpellier en soutien au mouvement lycéen.

    «Trop jeune pour être écouté, assez grand pour se faire gazer»…

  • À Béziers, Robert Ménard rêve de chasser les syndicats

    À Béziers, Robert Ménard rêve de chasser les syndicats

    Pas besoin d’avoir sa carte au RN pour ne pas aimer les syndicats. Il suffit d’être d’extrême droite.

    Depuis 2014 qu’il a mis la main sur Béziers, Robert Ménard a maintes fois cherché à se débarrasser des unions locales qu’il estime gênantes, en cela qu’elles défendent les droits des salariés, combattent les idées anti-républicaines et rétrogrades.

    Dès 2016, le maire d’extrême droite lance une première offensive pour déloger les syndicats de la Bourse du travail. « Il a essayé de nous faire payer les charges [environ 82 000 euros, Ndlr] concernant le chauffage, l’électricité, le gaz – et l’entretien au motif que cela coûtait cher et que ce n’était pas à la collectivité de payer », nous rappelait début 2026, Patricia Barbazangue, l’ex-secrétaire de l’union locale CGT.

    Unie, l’intersyndicale fait bloc. Robert Ménard recule mais supprime les 17 000 euros de subvention et fait signer aux syndicats une convention qui retire l’emploi municipal dédié à la conciergerie. Depuis, c’est la secrétaire administrative de la CGT qui s’occupe les lundis, mardis, jeudis et vendredis d’ouvrir la porte aux nombreux visiteurs de la Bourse du travail. « Les salariés viennent nous voir pour être aidés, orientés. On est d’utilité publique, la mairie devrait assumer une partie du service public », argumente Julien Rader. Au lieu de cela, l’actuel secrétaire de l’UL CGT ajoute que le syndicat doit aussi mettre la main à la poche pour le ménage deux fois par semaine.

    Réélu en 2020, Robert Ménard tente de revenir à la charge un an plus tard. Cette fois, s’il veut pousser les syndicats hors des murs, c’est « pour y loger à la place la police municipale montée  », se souvient Julien Rader. Un courrier d’expulsion est même envoyé à l’intersyndicale. Là encore, le front syndical ne cède pas à la panique. « Il cherchait à nous faire peur. On a tenu bon. Le courrier est resté lettre morte », relate le responsable syndical. « Notre solidarité a payé. S’il avait senti quelques failles, il aurait appuyé… »

    Le secrétaire de l’UL CGT en est persuadé : « Ménard ne supporte pas les syndicats. » Raison pour laquelle l’édile a un temps cherché à monter un « syndicat autonome ». « Ça n’a pas du tout pris. » Depuis, le maire d’extrême droite est réputé proche de Force ouvrière (FO), à l’instar de l’hospitalier Marc Valette, à la fois numéro 2 de FO et adjoint aux sports du maire.

    Du 3 au 10 décembre lors des élections professionnelles dans la fonction publique, la CGT s’est d’ailleurs fixée comme objectif de redevenir majoritaire à la mairie. « On a des listes complètes et de nouveaux syndiqués. On a bon espoir de reprendre le leadership à FO, positive Julien Rader. On deviendrait le premier rempart, ce serait un pied de nez énorme. »

  • Le Diagonal devrait rouvrir le 21 octobre

    Le Diagonal devrait rouvrir le 21 octobre

    C’est une date attendue avec impatience par tous les cinéphiles montpelliérains : la réouverture du « Diago  ». Le 5 mai dernier, l’emblématique cinéma indépendant du centre-ville a baissé le rideau le temps de gros travaux de rénovation et de modernisation qui avaient déjà été reportés d’un an en raison de leur coût important : près de 3 millions d’euros – dont environ 500 000 euros d’aides allouées par le CNC, la Ville de Montpellier et la Région-.
    «
     Comme dit l’adage : les travaux on sait quand ça commence, on ne sait pas quand ça finit… », plaisante Martin Bidou, dirigeant de la société de production et distribution Haut et Court, qui gère le Diagonal depuis 2023. « Mais je pense qu’on rouvrira mercredi 21 octobre. On a vraiment besoin de reprendre notre activité pour les vacances de la Toussaint.
    5 mois de fermeture pour un cinéma indépendant, c’est très long. Sans compter qu’il va falloir rembourser nos emprunts maintenant…
    [de l’ordre de 2,2 millions d’euros, Ndlr] ».

    C’est donc un Diago rénové du sol au plafond – sauf la salle 3 : « on n’avait pas assez d’argent » – que vont retrouver les spectateurs. Toute l’électricité, la plomberie et le lot CVC (chauffage, climatisation, ventilation) ont été refaits, ainsi que la toiture, l’isolation des salles, la déco (fauteuils, tentures murales, moquettes, luminaires…).

    Des projections qui vont gagner en qualité

    Malgré une surface contrainte – « on ne peut pas pousser les murs » –, des espaces d’attente avec des banquettes ont été créés devant les salles, où les spectateurs pourront désormais patienter, afin de désengorger le hall d’entrée. Enfin, les projections vont gagner en qualité grâce au passage à la projection laser, à l’installation d’équipements pour un son haute fidélité et au remplacement de certains écrans. La prochaine étape sera le lancement d’une campagne de crowdfunding auprès du public et d’entreprises mécènes pour recréer à l’identique l’ancienne façade style art déco du bâtiment.

    Mais pour l’heure, l’équipe, inchangée, se concentre sur la réouverture, qui devrait être marquée par « 10 jours festifs, du 21 au 31 octobre, avec un point d’orgue le soir d’Halloween où on imagine un événement rigolo ». Côté programmation, « on va rouvrir avec les films qui sortent à cette date-là et rattraper les films importants qu’on n’a pas pu passer cet été, comme la Palme d’or [Fjord, de Cristian Mungiu, Ndlr] ». Les tarifs des séances, quant à eux, augmenteront très raisonnablement : de 9 à 9,50 euros. « Dans les grandes villes, les cinémas privés sont tous à 11,50 ou 12 euros. On a voulu rester accessible », insiste Martin Bidou.

    A.G.

  • [#DisMoiPourquoi] on oublie des choses alors que les ordinateurs n’oublient jamais ?

    [#DisMoiPourquoi] on oublie des choses alors que les ordinateurs n’oublient jamais ?

    Mehdi, 8 ans en CE2 à l’école Jean-Giono de Bollène (84)

    D’abord, parce qu’au contraire d’un ordinateur qui retient bêtement ce qu’on lui dit d’apprendre, le cerveau doit décider tout seul ce qu’il doit retenir. Imagine si on devait retenir tout ce qu’on a vécu du matin au soir, tous les jours. Très vite, notre mémoire serait pleine à craquer on ne pourrait plus rien apprendre. Notre cerveau choisit donc ce qu’il faut apprendre et ce qu’il faut effacer. Et ça, ce n’est pas évident !

    Ça se passe mieux quand on répète plusieurs fois ce qu’on veut apprendre ou alors quand on dort. Là, le cerveau répète ce qu’on doit retenir, ce qui fait que ça s’enregistre mieux. Des fois aussi, la mémoire n’a jamais été vraiment oubliée, c’est juste qu’on n’arrive pas à la retrouver. C’est souvent ce rappel qui marche mal. On ne sait pas complètement pourquoi, mais on sait que les zones du cerveau qui servent à ça marchent mal des fois.

    Pour finir, contrairement aux ordinateurs qui sont faits de circuits électroniques, le cerveau c’est un organe vivant. Alors, les composants qui sont dedans, les neurones, peuvent s’abîmer, se casser, surtout quand on est vieux. Alors, on n’arrive plus à mémoriser ou à se rappeler. »

    Pierre-Pascal Lenck-Santini. Chercheur à l’Inserm

  • Ils restent mobilisés pour la loi contre violences sexuelles

    Ils restent mobilisés pour la loi contre violences sexuelles

    « Nous sommes des millions. Montrons-leur. » La Coalition pour une loi intégrale contre les violences sexuelles, collectif d’organisations féministes et de défense des enfants, appelle depuis cet été à une mobilisation nationale par le nombre. À Marseille, un rassemblement s’est tenu sous l’ombrière du Vieux port, lundi. « Il y a des lignes rouges qu’on surveille », prévient Annick Karsenty, présidente de l’association Femmes Solidaires. Elle s’inquiète notamment de la « sécurité des victimes étrangères » face à la montée « de la droite et de l’extrême droite », desquels elle redoute qu’ils « détricotent certaines mesures ».

    Plus de moyens

    Le mouvement réclame un budget pluriannuel de 3 milliards d’euros jusqu’en 2032. « La loi peut être reprise dans son intégralité, sans les moyens, elle ne sera pas appliquée », craint Alexandra Brochus, présidente de Collectif 13 Droits de Femmes. Elle assure qu’il s’agit du « montant minimal pour permettre la formation de magistrats et d’agents de police spécialisés pour prévenir les violences et protéger les victimes ».

    Les mobilisations se tiennent chaque lundi depuis l’assassinat de la jeune Lyhanna, mais les militantes et militants disent regretter l’essoufflement des rassemblements à Marseille. Des manifestations sont organisées partout en France, comme c’était le cas à Arles ce lundi, et ce jusqu’au vote du texte par l’Assemblée nationale, le 13 octobre.

  • Nîmes et Montpellier, de rivales à partenaires ?

    Nîmes et Montpellier, de rivales à partenaires ?

    Le Vidourle n’a pas bougé, mais la frontière semble moins épaisse. Vendredi 25 septembre, Michaël Delafosse (PS) était à Nîmes à l’invitation de Vincent Bouget (PCF). Après une réunion de travail à l’hôtel de ville, les deux maires ont pris la direction du cadereau d’Uzès, où Nîmes Métropole déploie depuis des décennies sa stratégie contre les inondations. Un déplacement technique, mais aussi politique : depuis l’élection de Bouget, les deux élus multiplient les occasions de s’afficher ensemble.

    Cette fois, c’est Montpellier qui venait regarder le savoir-faire nîmois. Depuis le traumatisme des inondations de 1988, Nîmes a investi massivement dans la prévention. Le dispositif Papi 3 Vistre, prévu jusqu’en 2028, représente plus de 126 millions d’euros, dont environ 100 millions de travaux. Les tunnels des cadereaux d’Uzès et des Limites doivent notamment faire passer leur capacité d’écoulement de 8 à 80m³ par seconde. Une expérience que Delafosse, confronté aux risques liés au Lez, à la Mosson et aux épisodes méditerranéens, est venu observer. Un sujet loin d’être théorique : cinq jours plus tard, le Gard et l’Hérault étaient placés en vigilance rouge pluie-inondation face à un nouvel épisode méditerranéen remarquable.

    Des selfies aux dossiers

    « Les sujets de coopération et les ambitions collectives ne manquent pas ! Les rendez-vous sont pris », a résumé Vincent Bouget à la fin de la visite. Une formule qui dépasse largement les eaux pluviales. En effet depuis mars, les images communes s’accumulent. Au handball d’abord, terrain idéal pour mettre en scène la nouvelle relation. Le 6 juin à la Sud de France Arena, puis le 13 septembre au Parnasse, Delafosse et Bouget ont posé côte à côte à l’occasion des derbys entre le MHB et l’Usam. Avec une règle du jeu affichée par le maire de Montpellier sur les réseaux sociaux : « Notre seul sujet de rivalité est sportif, et seulement 60 minutes, car à la troisième mi-temps, c’est la convivialité qui gagne ! »

    Il faut dire que la donne politique a changé. En mars, Bouget a remporté Nîmes à la tête d’une liste d’union de la gauche, tandis que Delafosse était réélu à Montpellier. Deux des principales villes de l’ex-Languedoc sont désormais dirigées par des majorités de gauche. Mais leur proximité s’exprimait déjà en amont du suffrage. Pendant la campagne nîmoise, l’expérience montpelliéraine sur la gratuité des transports avait déjà servi de référence. Delafosse était venu à Nîmes défendre le dispositif et, en février, Julie Frêche, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole chargée des mobilités, s’affichait aux côtés de Bouget sur ce dossier.

    La rivalité n’a pas totalement disparu pour autant, le transport aérien restant le principal dossier sensible. Delafosse plaide pour une rationalisation des plateformes du littoral et envisage pour Nîmes une spécialisation davantage tournée vers la Sécurité civile, la maintenance ou la logistique. Bouget défend lui aussi ces activités, tout en cherchant à assurer la pérennité de l’aéroport nîmois. Un désaccord de fond, même si les échanges entre les deux collectivités se veulent aujourd’hui plus apaisés.

    À voir Bouget et Delafosse multiplier les signes de rapprochement, Louis Nicollin aurait sans doute trouvé quelques mots fleuris pour commenter cette nouvelle entente cordiale. Mais par-delà les vieilles rivalités, et derrière les selfies de derby, les deux exécutifs ont surtout des dossiers très concrets à partager : mobilités, climat, logement, développement économique ou services publics. Autant de sujets qui dépassent les frontières administratives et sur lesquels chacun veut désormais s’inspirer de l’expérience du voisin, pour une coopération à double sens dont les contours restent à définir. Sur le parquet, chacun garde son maillot ; en dehors, Bouget et Delafosse semblent bien décidés à jouer collectif.

  • Les Espagnols vont retourner aux urnes le 29 novembre

    Les Espagnols vont retourner aux urnes le 29 novembre

    « J’ai décidé de dissoudre les Cortès et de convoquer les élections le 29 novembre », a annoncé le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, lundi matin, au cours d’une allocution en direct à la télévision.

    La décision était attendue depuis vendredi après le rejet par la droite, l’extrême droite et Junts (droite nationaliste catalane) des décrets sur les logements présentés par le gouvernement.

    En à peine quinze jours, la situation a basculé. Depuis l’expulsion de Maricarmen, âgée de 87 ans, de son appartement par des fonds « vautours » tout s’est précipité. D’énormes mobilisations dans tout le pays ont envahi les places et les rues des principales villes, à l’émotion et la colère, a succédé la détermination de lutter pour des conditions de logement digne, pour le logement pour tous, et contre les fonds spéculatifs. Ce week-end rassemblements et manifestations se sont poursuivis dans plus de cinquante villes.

    Le rejet vendredi, de ces deux décrets a fragilisé le gouvernement, qui n’a pu que constater l’impossibilité désormais de terminer la législature dans de bonnes conditions.

    Compte tenu de cette situation nouvelle, Pedro Sanchez s’est donné un week-end de réflexion, au cours duquel il a beaucoup consulté pour aboutir hier matin à l’annonce d’élections anticipées.

    Lors de son intervention télévisée, Pedro Sanchez a notamment déclaré : « Il y a plus de trois ans, les urnes décidaient de parier à nouveau pour une coalition progressiste. Il nous a fallu gérer des urgences inédites dans un contexte international très difficile. Nous avons dû nous battre contre des élites très puissantes, qui elles, ne se présentent pas aux élections, contre la pire opposition qui bloque les politiques qui sont bonnes pour le pays et les boycottent dans les régions autonomes où ils sont dans l’exécutif. » et de poursuivre : « Pour mener en profondeur les réformes en suspens dont nous avons besoin, nous devons nous mobiliser et obtenir que le Parlement nous accorde une majorité bien plus large, progressiste, grâce à laquelle nous pourrons faire plier les élites, conquérir de nouveaux progrès sociaux et continuer à transformer l’Espagne. »

    Du côté de la droite, le Parti populaire, par la voix de Alberto Feijoo, assure que « l’heure est arrivée de reconstruire l’Espagne et choisir entre la corruption et la décence » et pour l’extrême droite le leader de Vox Santiago Abascal remet sur la table le critère de « priorité nationale ». Cet admirateur de Trump salue « une bonne nouvelle, enfin les Espagnols vont parler, mais prévient-il, Sanchez est capable de manipuler le processus électoral ».

    La gauche compte désormais sur la dynamique issue du mouvement social qui amènerait une frange abstentionniste de gauche à aller voter. Tout dépendra maintenant aussi de la capacité à s’engager rapidement dans l’union pour les formations à gauche du PSOE. Il y a cette volonté forte du côté de Sumar (PCE, Izquierda Unida, Mas Madrid, Communs) qui prochainement prendra le nom de Frente Amplio. Pour sa part, Podemos propose aux formations de Sumar, une primaire les 14 et 15 octobre pour désigner un leader de la gauche radicale. Une option que ne semble pas retenir la coalition, qui a déjà avancé le nom de Monica Garcia la ministre de la Santé, membre de « Mas Madrid » comme sa probable représentante. S’engager rapidement dans la campagne est un impératif, tant elle va être courte, intense et particulièrement virulente de la part de la droite et l’extrême droite.

  • L’œuvre de Jacques Tati,« poète de la pellicule », à Aix

    L’œuvre de Jacques Tati,« poète de la pellicule », à Aix

    La tournée épique et burlesque, vitesse grand V, de François le facteur, inspiré par les méthodes de ses homologues américains, dans Jour de fête (1949) ; une partie de tennis ubuesque au cours de laquelle des mouvements dégingandés moquent l’effort des joueurs traditionnels dans Les vacances de Monsieur Hulot (1953) ; le jet d’eau d’une maison bourgeoise qui jaillit de la bouche d’un poisson, uniquement lorsqu’un invité de haut rang social déboule dans la demeure dans Mon oncle (1958)… 44 ans après sa disparition, les scènes imaginées par Jacques Tati qui arrachent un sourire ou une réflexion sur la pseudo-modernité habitent toujours les cinéphiles, illustre un cycle consacré par l’Institut de l’image d’Aix, pendant le mois d’octobre. À voir à l’Ecole supérieure d’art d’Aix jusqu’au 25 du mois.

    Il a été l’un des réalisateurs les plus ingénieux de l’histoire du septième art, un grand professionnel aux personnages avares en paroles, mais diablement éloquents par leurs gestuelles. Et le grand témoin artistique, mais aussi visionnaire, des évolutions de la société française au cours des Trente Glorieuses.

    Métronome comique

    « Héritier du burlesque, inventeur de formes, Tati joue du détail, porte son regard amusé sur le monde. Géométrique, musicale, sa mise en scène, d’une modernité sidérante, est celle d’un métronome, qui lui permet d’enregistrer les soubresauts de l’époque comme l’industrialisation, le design, l’architecture », résume le programme de la Cinémathèque française, qui lui a dédié une rétrospective l’été dernier.

    Double de Jacques Tati à l’écran, qu’il incarne lui-même, Monsieur Hulot vient dévergonder l’écran dans quelques bobines mémorables du cinéaste. Dans Mon oncle par exemple, le voici venu fendre de sa causticité le quotidien aseptisé et plutôt austère de la famille Arpel. Un film à l’issue duquel un certain Boris Vian loua : « Tati est bien plus qu’un Chaplin français. C’est un créateur original, un poète de la pellicule, un artiste aussi simple qu’il est bourré de talent ». Des éloges annonciateurs de son chef-d’œuvre Playtime, « le plus grand film qui ait été jamais tourné sur les temps modernes », qualifia Marguerite Duras.

    Parmi les autres films de Jacques Tati projetés à l’école supérieure d’art d’Aix-en-Provence, la comédie Trafic (1971), dernière apparition de Monsieur Hulot dans sa filmographie, ou encore son ultime long-métrage Parade, sorti trois ans plus tard sur les écrans, avec Tati dans le rôle du Monsieur Loyal d’un cirque cinématographique où son mime fait fureur.

    Horaires détaillés sur www.institut-image.org

  • Casse-tête à venir pour Bruno Genesio et son staff

    Casse-tête à venir pour Bruno Genesio et son staff

    Les maux de tête vont se poursuivre pour Bruno Genesio et son staff. Les séances de réflexion s’annoncent intenses, ne serait-ce que pour aligner onze joueurs compétitifs et tenter de mettre un terme à la série de défaites. Les instances du football mondial ont instauré une trêve de trois semaines afin de limiter le nombre de fenêtres internationales durant l’automne. De nombreux joueurs ont ainsi passé les deux dernières semaines avec leur sélection, y compris pour les Marseillais. Ces derniers sont tombés comme des mouches, de l’Afrique à l’Amérique du Nord en passant par la Scandinavie.

    Le dernier en date : Pierre-Emile Højbjerg. Le Danois est sorti blessé après seulement 10 minutes de jeu, dimanche soir, à Cardiff, lors de la rencontre entre le Pays de Galles et le Danemark. Visiblement, le milieu de terrain était touché musculairement à la cuisse. Le corps n’a pas tenu pour celui qui a joué toutes les minutes de tous les matches depuis le début de la saison. Avec sa sélection, il avait également joué l’intégralité des trois premiers matches face à la Norvège, au Portugal et au pays de Galles. Au moment de retrouver les Gallois, l’ancien joueur de Tottenham a mimé un geste de rotation avec ses doigts pour signifier qu’il lui était impossible de poursuivre.

    Une énième tuile pour l’Olympique de Marseille. Pierre-Emile Højbjerg était indéboulonnable au cœur du jeu marseillais, homme de confiance de Bruno Genesio de par sa connaissance du club et son expérience. Il sera difficilement remplaçable puisque les solutions sont limitées. D’autant plus que Himad Abdelli a lui aussi connu la blessure avec l’Algérie. L’ex-Angevin est apparu en béquilles, attelle sur la cheville gauche, la semaine dernière. Amine Gouiri a également écourté son stage avec les Fennecs, suite à une gêne à la cuisse. Son indisponibilité pourrait être la plus courte parmi les récents blessés.

    À l’inverse, Derek Cornelius semble parti pour une absence beaucoup plus conséquente. Le Canadien a subi un gros choc à l’entraînement avec sa sélection. Transporté à l’hôpital, il souffrirait d’une grave blessure à la hanche et pourrait revenir seulement en 2027. Le défenseur central est rentré dans les Bouches-du-Rhône pour effectuer d’autres examens.

    Des alternatives

    loin d’être évidentes

    Quelles solutions face à ces contrariétés ? Le milieu de terrain est de toute évidence décimé, Tochukwu Nnadi est une option, tout comme Angel Gomes, qui peut occuper plusieurs postes, même s’il a été utilisé plus haut depuis le début de la saison. Le coach marseillais pourrait donc se tourner vers la jeunesse. L’alternative Nouhoum Kamissoko, 21 ans, semble la plus logique. Le milieu défensif a été sur quatre feuilles de match avec les pros, sans entrer une seule fois en jeu. Yanis Sellami vient de prolonger son contrat jusqu’en 2029 et, à 19 ans, peut être un candidat, bien que son niveau de jeu réel soit probablement loin de celui de la Ligue 1 actuellement.

    Le déplacement à Troyes, dimanche (20h45), s’annonce incertain, malgré l’obligation de résultat pesant sur les épaules marseillaises.

    Timothy Weah, capitaine à remplacer à Troyes

    En plus des interrogations liées au milieu de terrain, le côté droit de la défense marseillaise sera à combler lors du voyage à Troyes, ce dimanche, à 20h45. En effet, Timothy Weah a été expulsé après deux cartons jaunes reçus lors du revers face au Paris Saint-Germain (1-2). Suspendu une seule rencontre, l’Américain doit tout de même être remplacé.

    Là aussi, les options manquent. Kelyann Bezahaf a disputé quelques minutes contre le PSG, mais prend le plus souvent place sur le banc depuis le mois d’août. Bruno Genesio pourrait réaliser un changement de bord pour Ulisses Garcia. Le Suisse semble avoir été testé à droite, lui qui occupe le couloir gauche habituellement.

    P.G.