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  • À Marseille, l’enjeu d’une offre de soins accessible à tous et partout

    À Marseille, l’enjeu d’une offre de soins accessible à tous et partout

    « La santé, même si ce n’est pas une compétence proprement municipale, c’est une priorité de la population. » Michèle Rubirola (EELV), première adjointe au maire de Marseille et déléguée à la santé publique, résume la problématique de la prise en compte des questions sanitaires dans la campagne pour les élections municipales. « L’accès aux soins est géré par l’État, on ne peut pas créer des hôpitaux, des lits… Mais les collectivités municipales peuvent agir sur les déterminants de santé, tout ce qui arrive avant le soin. Là, ça relève de nos compétences, outre le fait de pouvoir favoriser l’accès aux soins », explique-t-elle. D’où la doctrine appliquée lors de son mandat : « Faire de l’aller-vers. » Entendez par-là qu’elle essaie d’agir « en amont des soins ». « Ça commence par quelle alimentation on donne aux petits Marseillais, comment on travaille sur la qualité de l’air à l’intérieur des établissements gérés par la mairie », expose l’ancienne maire. Avec des exemples concrets : « Éviter les perturbateurs endocriniens dans les matières utilisées ou diminuer la présence des voitures
     et donc des émissions – aux abords des écoles avec le dispositif des rues des enfants. »

    Faire de l’aller-vers, c’est aussi « faciliter l’accès aux soins ». Et pour le coup, Michèle Rubirola tente d’allier une approche globale et un travail de proximité. Pour le global, cela passe par un « travail en bonne intelligence » avec l’AP-HM (Assistance publique – Hôpitaux de Marseille), dont elle est présidente du conseil de surveillance. Mais aussi par la création du « premier conseil communal de santé en France ». Une mesure plus que symbolique : « C’est la première instance paramunicipale avec un axe de démocratie sanitaire. C’est un accompagnement permanent de la Ville dans la mise en place de politiques publiques de santé, avec des citoyens, des chercheurs, des professionnels de santé, des associatifs… », développe-t-elle.

    Pour la proximité, elle se targue d’avoir lancé les « Villages Santé », au nombre de 7 éditions. Une initiative, là encore commune avec les institutions en charge de la santé sur le territoire (Agence régionale de santé, CPAM, etc.), et surtout à destination « des publics éloignés des services de santé ». « Souvent, le problème est l’accès à un médecin. Là, on favorise la rencontre puisqu’on amène des professionnels de santé, du service public ou libéraux sur place », explique Michèle Rubirola, prenant pour exemple la tenue de cette initiative à l’Après-M, dans le quartier de Sainte-Marthe.

    Aide au maillage territorial

    Et avec des résultats concrets : « Le centre international de vaccination de Marseille a offert, à toutes les personnes présentes, un bilan complet de l’état vaccinal et une vaccination sur place. » Autres exemples de son envie « d’amener de la prévention » avec les villages santé : « On proposait aussi des dépistages de diabète, des cancers colorectaux, de l’hypertension, de l’aide au sevrage tabagique. » L’adjointe insiste : « On ne fait pas juste du dépistage pour du dépistage, il y avait des professionnels de santé disponibles pour assurer le suivi des personnes. » De quoi faire le lien avec la problématique du maillage territorial de l’offre de soins et la désertification sanitaire de certains quartiers. Là encore, la mairie ne peut pas faire seule mais affiche quelques victoires. « On aide à l’installation d’équipes pluriprofessionnelles de médecins comme à la Bastide Massenet [14e arrondissement, Ndlr], dans un quartier où il n’y en avait pas », conclut Michèle Rubirola.

  • Marseille : trois policiers municipaux suspendus pour corruption passive

    Marseille : trois policiers municipaux suspendus pour corruption passive

    Des interpellations qui interviennent alors que s’est clôturée, ce mercredi, la procédure visant le marché du soleil, avec la convocation de 18 personnes, dont 3 personnes morales, devant le tribunal correctionnel, du 22 au 26 juin, pour « détention, production et vente en bande organisée de marchandises contrefaisante » et « blanchiment aggravé et blanchiment douanier », communique le parquet de Marseille. Début février, une opération avait permis de saisir 206 054 articles contrefaisants, d’une contre-valeur estimée à près de 42 millions d’euros. Depuis le 2 février, le Marché du soleil fait l’objet d’une fermeture administrative. Un autre policier municipal a été entendu sous le régime de l’audition libre, ainsi qu’un fonctionnaire de la préfecture, et tous quatre sont placés sous contrôle judiciaire pour corruption active, passive et trafic d’influence. Selon nos informations, les trois policiers municipaux, âgés d’une quarantaine d’années, renseignaient les commerçants du marché du soleil sur les activités de police en échange de réductions, de vêtements, de baskets contrefaites, des faits dans le viseur des douanes depuis plus d’un an. Sans qu’il n’y ait de contrebande de cigarettes, contrairement aux indications du Figaro. Les trois agents étaient des policiers expérimentés recrutés par la Ville de Marseille entre 2018 et 2019 et issus d’autres polices municipales ou de la gendarmerie. « Dès que nous avons pris connaissance des faits, nous avons pris des mesures conservatoires en attente du jugement », confirme la directrice de la police municipale, Céline Lefléfian. « Il ne faut pas que cela jette l’opprobre sur l’ensemble des agents », ajoute-t-elle, saluant le travail de ses équipes.

  • L’emblématique Stade Mayol s’invite dans le débat à Toulon

    L’emblématique Stade Mayol s’invite dans le débat à Toulon

    C’est un sempiternel sujet, qui refait forcément surface à quelques jours des élections municipales : celui du stade Mayol, « très important pour la ville, au-delà du cadre du sport », affirme Bernard Lemaître, le président du RC Toulon. Une enceinte dont l’impact économique demeure majeur (243 emplois, 21,5 millions de chiffre d’affaires annuel), mais qui semble avoir atteint ses limites : classé 14e et dernier stade de l’élite du rugby français selon une étude du Midi Olympique, Mayol parvient « péniblement à 5 millions (8e total du Top 14) de CA annuel sur les hospitalités, quand nos concurrents font jusqu’à 13 millions », déplore Bernard Lemaître.

    Pas assez pour un club qui ambitionne de redevenir une place forte du rugby français, élément phare de l’identité toulonnaise, et qui se doit donc de jouir d’un stade d’une autre envergure, « pour le rayonnement et l’attractivité économique d’une ville moyenne comme Toulon. Il faut qu’on prenne des décisions rapidement », presse le président du RCT.

    L’objectif premier était de rénover le stade : « On a fait un travail avec des experts pendant plus de 6 mois. On a été rattrapé par l’actualité », explique Martin d’Argenlieu, directeur général adjoint du club. Au cours des 18 derniers mois, Mayol a connu des alertes de sécurité importantes : la pluie, tout d’abord, a conduit au report de deux rencontres et montré les limites de l’infrastructure, totalement inondée en septembre face à La Rochelle. Si bien que la Ligue nationale de rugby a menacé de délocaliser de futurs matches en cas d’alerte orange météo.

    Rénovation plus chère qu’un nouveau stade

    Autre problème majeur : en marge de travaux sur l’éclairage l’an dernier, des fragilités ont été repérées dans la structure de la tribune Lafontan, ensuite fermée en partie pendant plusieurs mois. « Il faut un diagnostic de solidité, on aurait pu avoir un morceau de béton dans la tribune », alerte Martin d’Argenlieu. « S’il faut remettre des étais, on en mettra. On n’a aucune autre alternative que de jouer à Mayol. Il faut tenir le temps d’un nouveau projet. »

    Car l’étroitesse et l’impossibilité de s’étendre sans toucher aux infrastructures à proximité (routes, immeubles, parking, palais Neptune, centre commercial…) complique l’idée d’une rénovation. La norme GEEM (Grands Équipements à Exploitation Multiple), référentiel national de sécurité des stades de plus de 15 000 places, impose des obligations impossibles à tenir (12 m d’espace libre autour du stade, 4 cages d’escalier pour les secours contre zéro aujourd’hui ; infirmerie et PC sécurité de 100 m², aire de stationnement pour les secours impossibles à créer…). Sans parler de l’impossibilité de couvrir les tribunes à cause de la structure existante, car le stade est bâti sur une zone marécageuse, rendant périlleux l’ajout de poids supplémentaire.

    Une rénovation coûterait 400 millions d’euros. Un nouveau stade 200 millions. Un argument dont la direction veut se servir pour convaincre les candidats à la mairie « d’abord méfiants, puis, je pense, progressivement séduits », avance Bernard Lemaître. « Les obstacles du Mayol actuel font réfléchir, tout comme la création d’un outil phare qui n’existe pas » (lire par ailleurs). Pour l’instant, la maire sortante Josée Massi a affirmé son opposition, arguant avoir « investi 8 millions en deux ans pour le stade » et « discuté d’un plan sur 6 ans avec le président. Où trouver le foncier et les 200 millions ? », demande-t-elle. Un avis partagé par Michel Bonnus, pour qui « il n’y a pas débat : on ne déplace pas Mayol ». Même son de cloche pour Isaline Cornil (LFI) : « Un enfant sur deux en 6e ne peut courir plus de 5 minutes. De nombreux équipements sont à rénover ou à créer. 200 millions, c’est trois fois le total annuel des investissements de la ville ! » La candidate RN Laure Lavalette, elle, se montre ouverte à l’idée si nécessaire. À gauche, Magali Brunel veut agir « en concertation et en responsabilité » et « par étapes. D’abord mettre le stade en sécurité, construire un bâtiment hospitalité devant, puis évaluer le modèle économique et les véritables besoins des acteurs ».

  • [Entretien] « Les femmes ne représentent que 20% des maires de France »

    [Entretien] « Les femmes ne représentent que 20% des maires de France »

    La Marseillaise : Pour la première fois lors des élections municipales de mars 2026, la parité obligatoire sur les listes électorales s’applique même aux communes de moins de 1 000 habitants. Qu’est-ce que cela va changer ?

    Geneviève Tapié : Depuis la première loi sur la parité, le nombre de conseillères municipales a bondi. Entre 2001 et 2020, on est ainsi passé de 31,7% de femmes dans les conseils municipaux à 42,4%. Ce chiffre incluait les communes de moins de 1 000 habitants, qui sont désormais soumises à la parité également. Donc à la fin du mois de mars 2026, la part de femmes dans les conseils municipaux devrait atteindre les 48%, bien qu’avec une petite déperdition possible, parce qu’il y a eu quelques autorisations de proposer des listes incomplètes. Cependant, il faut bien comprendre que la part des femmes à la tête des exécutifs, c’est-à-dire le nombre de femmes maires, progresse de son côté bien moins rapidement. Aujourd’hui, elles ne représentent qu’environ 20% des maires de France.

    Quelle est la situation en Occitanie ?

    G. T. : L’examen des 6 317 listes candidates au premier tour des prochaines élections municipales dans les 4 446 communes d’Occitanie révèle que les femmes ne représentent toujours que 20,11% des têtes de liste pour 2026. Par ailleurs, l’Hérault est un peu au-dessus de cette moyenne, avec 23,44% de femmes en tête de liste, et le Gard n’en compte que 18,40%. Pourtant, l’Occitanie est une région avec de nombreuses femmes à des postes de commandement, puisque la présidente de Région est Carole Delga et que quatre départements sont présidés par des femmes (l’Ariège, l’Aude, le Gard et les Pyrénées-Orientales).

    Qu’est-ce qui explique que les femmes soient sous-représentées dans les mandats de maires ?

    G.T. : D’abord, c’est tout simplement parce qu’il n’y a pas assez de contraintes légales pour ces élections. Pourtant, on l’a fait pour les élections départementales, donc c’est possible de changer la loi pour instaurer la parité des maires. La deuxième raison, c’est que plus on monte dans les communes importantes et qui ont des moyens, moins il y a de femmes candidates. Ainsi, nous nous sommes rendu compte que les hommes laissent leur place principalement dans des communes dotées de peu de moyens. Sur le mandat sortant, il y avait 19% de femmes maires et 72% d’entre elles l’étaient dans des communes de moins de 1 000 habitants. Et ce manque de contraintes légales a aussi des conséquences dans les intercommunalités, parce que l’usage veut que ce soient les maires des communes qui y siègent et que ce n’est pas un scrutin au suffrage universel. C’est la raison pour laquelle le pourcentage de femmes dans les intercommunalités est honteux : il est inférieur à 30% ; le nombre de vice-présidentes est inférieur à 15% ; et le nombre de femmes présidentes est à peine au-dessus de 5%. Si elles sont rarement à la présidence des intercommunalités, c’est parce que les communes plus importantes y ont davantage de représentativité, et les femmes sont plus souvent à la tête de petites communes, qui ont donc moins de représentativité.

    Donc selon vous, la solution passe par les évolutions législatives ?

    G. T. : Oui, pour que les choses changent, il faut des lois. Notamment parce que souvent, la société est en avance sur ses élites et ses décideurs. La preuve étant que si vous leur demandez, une majorité des Français est favorable en principe à ce que les femmes soient maires. Mais même avec une opinion publique favorable, il y a toujours des résistances. Ce combat pour faire évoluer la loi se mène à plusieurs échelles, et notamment au niveau européen. Rappelons que la première loi sur l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes de 1972 était la traduction dans le droit national d’une directive européenne. Nous, à l’Observatoire régional de la parité, nous menons donc une action internationale poussée, notamment avec des femmes allemandes, parce que si la Commission européenne prend une directive sur la parité des mandats de maire, les États membres seront obligés de suivre.

    Propos recueillis par Nina Bailly

  • Titres de séjour « étudiant » : plus de 1 000 dossiers en attente

    Titres de séjour « étudiant » : plus de 1 000 dossiers en attente

    Nous tenons des permanences toutes les semaines. Depuis quelque temps, des dizaines d’étudiants nous contactent car ils n’ont toujours pas reçu de confirmation du renouvellement ou de la demande de leur titre de séjour étudiant », explique Mathéo, membre de Réseau université sans frontières (RUSF) 34, qui accompagne des étudiants étrangers dans leurs démarches administratives.

    « Habituellement, dans ces cas-là, on contacte un délégué du défenseur des droits, qui interpelle la préfecture et nous permet, souvent, d’accélérer la situation, ou tout au moins d’avoir une réponse. Cette fois, malgré l’intervention du délégué du défenseur des droits, rien ne bouge », poursuit le militant.

    L’association a donc multiplié les sollicitations de la préfecture, laquelle a fini par répondre qu’« à ce jour plus de mille dossiers sont à traiter », au motif que « le service qui traite des demandes “étudiant” connaît actuellement une surcharge de travail et un sous-effectif croissant », rapporte RUSF. « La dégradation des conditions de travail des agents et la dégradation du service rendu aux usagers sont les deux faces d’un même problème : les coupes budgétaires et les politiques répétées d’austérité dans les services publics », dénonce l’association.

    « Cette situation alimente l’angoisse, l’incertitude et la précarité de nombreux étudiants dont la situation dépend directement de ces démarches administratives », insiste RUSF. Certains peuvent en effet voir leur année invalidée par l’impossibilité d’obtenir une alternance ou un stage faute de titre de séjour. Qui plus est, « sans titre de séjour on ne peut pas travailler à côté de ses études », complète Mathéo, qui pointe également l’impact psychologique de ces dysfonctionnements administratifs : « Il y a des étudiants qui font des crises d’angoisse, ils nous disent qu’ils sont débordés par la situation, que ça les stresse. Beaucoup envisagent d’abandonner leurs études. Ils vivent dans la peur d’un contrôle de police », décrit-il.

    Plus globalement, l’association dénonce les politiques menées au niveau national, jugées discriminantes : la loi « bienvenue en France », qui instaure des frais d’inscription différenciés, les étudiants extra-européens payant 16 fois plus cher (2 850 euros pour une inscription en licence et 3 879 euros pour un master) ; la décision récente du gouvernement de supprimer les APL (aide pour le logement) pour les étudiants non européens ; ou encore l’annonce d’un « travail » engagé pour « renforcer la sélectivité des étudiants étrangers », « ce qui risque une nouvelle fois de dégrader leurs conditions d’accueil et d’études ».

    Outre l’abrogation de ces mesures, RUSF 34 réclame « la mise en place de mesures exceptionnelles pour traiter les dossiers les plus urgents et la garantie qu’aucun étudiant ne soit pénalisé du fait des retards administratifs. » L’association revendique également « le recrutement immédiat de personnel supplémentaire » et appelle les étudiants concernés à se faire connaître*.

    * Par mail sur : rusf34montpellier@gmail.com

  • À Nîmes et Montpellier, la gauche n’oublie pas les jeunes

    À Nîmes et Montpellier, la gauche n’oublie pas les jeunes

    L’action publique en faveur de la jeunesse relève de plus en plus des politiques locales, décisives. Les programmes progressistes des listes en lice aux élections municipales des 15 et 22 mars accordent ainsi une place cardinale aux besoins des jeunes, dès le plus jeune âge. Dans les deux capitales de l’Hérault et du Gard, Montpellier et Nîmes, les listes de gauche, notamment celles conduites par Vincent Bouget à Nîmes et le maire-candidat, Michaël Delafosse, à Montpellier, en font des piliers de leur programme.

    Que les candidats soient tous deux professeurs d’Histoire et de Géographie n’est sans doute pas étranger à leur attention au développement du service public communal en direction des plus jeunes de leurs concitoyens. Mais au-delà, leurs programmes partent du principe que l’avenir des communes passe par leur jeunesse et la façon dont on la considère, la soutient et l’encourage.

    « Favoriser l’autonomie »

    À Montpellier, la liste de Michaël Delafosse annonce poursuivre « le soutien à l’offre de loisirs proposée aux jeunes dans les maisons pour tous » et ce « en ouvrant de nouveaux centres pour les adolescents à Marcel Pagnol et Albert-Dubout ». Le but ? « Renforcer les activités culturelles, sportives et éducatives, favoriser l’autonomie des ados » et, surtout, « proposer des lieux de rencontre, d’expression et d’épanouissement dans les quartiers », précise le programme. Soulignons que sur l’accès aux activités sportives, la carte Montpellier sport permet déjà à tous les habitants, pour 5 euros par an, d’avoir accès à la pratique de 50 disciplines ; un dispositif piloté par l’adjoint aux sports, Hervé Martin (PCF), numéro trois de la liste pour le scrutin des 15 et 22 mars prochains. Le programme propose également d’accompagner les jeunes dans le financement de leur projet, comme l’obtention du Bafa (animation) ou du BNSSA (brevet de surveillance de baignade et sauvetage), en contrepartie de 25 heures d’activité par an au sein d’une association. Autre engagement de la liste de Michaël Delafosse, confortée Montpellier en tant que « ville universitaire internationale » et ce « dans un contexte de durcissement des politiques migratoires et de remise en cause des droits des étrangers dans le monde ».

    « Réseau nîmois de réussite solidaire »

    À Nîmes, la liste conduite par Vincent Bouget a conçu le programme avec les intéressés et les habitants. Pour le collectif Nîmes en commun, « la réussite des jeunes est l’affaire de tous ». L’engagement pris est de réunir « chaque année des centaines de jeunes, un collectif de parents, de responsables d’associations, d’entreprises et de services de la Ville ». Dans son programme, Nîmes en commun précise que « ce réseau nîmois de réussite solidaire suivra personnellement les jeunes de la ville jusqu’à ce que chacun ait trouvé sa voie ». Et d’expliciter cette volonté politique en ces termes : « Ensemble, nous lutterons contre toutes les formes d’autocensure, de discriminations et libérerons les ambitions et potentiels de la jeunesse ».

    Dans l’enquête menée par le collectif pendant un an et demi auprès des Nîmois, 49% font de l’éducation et de la jeunesse la priorité, tous quartiers et générations confondus.

  • [Entretien] Christine Roux veut « faire rentrer le soleil à Bessèges »

    [Entretien] Christine Roux veut « faire rentrer le soleil à Bessèges »

    À Bessèges, au nord du département du Gard, le maire sortant Bernard Portalès ne se représente pas. C’est une liste citoyenne, « Agir popour Bessèges », conduite par l’élue Christine Roux, qui pourrait faire la différence. Elle deviendrait la première femme élue maire de cette commune au riche passé du bassin houiller, à la croisée des chemins. Très attachée à sa commune, elle explique le sens de son engagement.

    La Marseillaise : Quels sont les axes de la campagne de la liste « Agir pour Bessèges » ?

    Christine Roux : L’enjeu majeur est de travailler sur l’attractivité de Bessèges. Moi je suis Bességeoises depuis plusieurs générations. Quand je vois Bessèges actuellement j’ai mal au cœur. Je le dis souvent quand on me dit « mais tu habites à Bessèges, c’est gris », cela me fait mal. Je ne veux plus l’entendre. Bessèges, moi je l’aime. Oui, il y a des rues à restaurer mais à côté de cela, Bessèges s’est construit autour de la Cèze, à flanc de colline, aux portes des Cévennes. On a nos rivières, nos points d’eau, nos randonnées. Nous avons plein d’atouts. Je veux essayer d’embellir Bessèges et, comme je le dis, de faire rentrer le soleil dans Bessèges.

    Concrètement, cela passe par quelles actions ?

    C.R. : Il faut commencer par travailler sur la propreté. Les espaces verts sont mal entretenus, il faut arriver à un peu plus végétaliser la commune et surtout il va falloir que l’on travaille sur des espaces publics à aménager où l’on va pouvoir se rencontrer, partager, quelles que soient les générations. Nous n’avons pas ça à Bessèges, c’est une ville tout en longueur et nous n’avons qu’une place qui est le parking du supermarché.

    Ce réaménagement de la ville est pour vous très important ?

    C.R. : Oui. Je veux créer plusieurs espaces de rencontres vraiment dédiés aux jeunes mais il y aura aussi un deuxième espace, Place de la Révolution, qui sera intergénérationnel pour favoriser la rencontre entre les habitants.

    Ce cap est fixé. Mais il y a des urgences ?

    C.R. : La propreté, l’embellissement c’est facile à mettre en place. Nous avons le personnel, le matériel. Il suffit de le vouloir. Nous voulons travailler sur le logement. Nous allons voir si nous pouvons préempter des maisons qui sont en train de s’écrouler pour faire des espaces aérés. Il y a des immeubles qui méritent d’être rénovés et d’autres qui méritent d’être tombés.

    Pour cela, il faut des opérations de renouvellement urbain ?

    C.R. : La commune n’est pas du tout inscrite dans les opérations de renouvellement urbain parce que cela n’a pas été le choix de la mairie. Mais il n’y a plus qu’à dire que nous sommes d’accord et tout est prêt pour que nous y soyons. J’ai déjà des discussions sur ce dossier avec la communauté de communes Cèze-Cévennes. Cela va nous aider et cela va aider aussi les propriétaires. On ne peut pas faire seul. Moi, je crois vraiment au territoire. Bessèges, c’est bien mais autour de Bessèges, il y a les autres communes. Il faut que nous fassions les choses ensemble, sinon nous allons mourir.

    Les petits villages doivent travailler ensemble. Dans la communauté de communes, nous sommes 23 communes. Chacun doit avancer à son rythme mais le travail en commun est indispensable. Nous devons aller dans le même sens.

    *Deux autres listes sont en lice : « Bessèges autrement » conduite par Gilbert Baptiste et une liste RN dont le candidat Nathan Casano est pourtant inéligible.

    Une grande histoire

    L’histoire de la commune de Bessèges est indissociable de celle du bassin houiller des Cévennes. Aujourd’hui, la commune compte 2 606 habitants mais au moment de l’activité minière, à la fin du XIXe siècle, Bessèges a connu un pic de 11 404 habitants en 1881.

    Bessèges se situe à 30 km environ au nord d’Alès, la capitale des Cévennes et à une heure trente de la capitale du Gard, Nîmes.

    La commune fait partie de la communauté de communes Cèze-Cévennes. Créée en 2010, elle regroupe 23 communes. Elle est présidée par le maire de Saint-Ambroix, Olivier Martin. À travers sa compétence de développement économique la communauté de communes De Cèze Cévennes a notamment aménagé et entretient une Zone d’activités économiques (ZAE) pour offrir des terrains viabilisés aux entreprises, commerçants ou artisans.

  • Le jazz, miroir au rythme des battements du monde à Marseille

    Le jazz, miroir au rythme des battements du monde à Marseille

    Miles Davis réchauffait son hiver 1959 en enregistrant Sketches of Spain. Un voyage dans les musiques traditionnelles espagnoles dont s’enivrent le trompettiste new-yorkais Michael Leonhart et le danseur-chorégraphe Israel Galvan, « l’un des plus éminents représentants du flamenco contemporain », situe Hughes Kieffer, directeur artistique du Marseille jazz des cinq continents, à propos de ce spectacle inaugural du festival, le 1er juillet, à la Vieille Charité.

    Fidèle à l’esprit du génie Miles Davis, symbole de l’ouverture du jazz aux quatre vents mondiaux, le festival montrera, jusqu’au 12 juillet, comment la note bleue infuse de partout. Rien d’anodin, non plus, à ce que la clôture de sa 26e édition soit assurée par le bassiste phénoménal Marcus Miller avec We want Miles !, projet célébrant une partie de son œuvre. Aux côtés, excusez du peu, de musiciens ayant « accompagné son retour dans les années 1980 » comme le guitariste Mike Stern, le saxophoniste Bill Evans et le percussionniste Mino Cinelu. Un événement à déguster au parc Henri-Fabre (8e), nouvelle terre d’élection d’un festival forcé de délaisser son QG historique du parc Longchamp, depuis l’an passé, en raison du début de la restauration du site.

    Émotions en cascade

    Cinq soirées prendront donc leurs quartiers dans cet écrin de verdure situé à Saint-Giniez. Dont une, dédiée aux vocalistes, le 8 juillet. Invitation sera faite à Celia Kameni pour « son projet personnel, moins jazz, mais plus dans un univers pop. Quand elle se met à chanter, elle peut te faire rire comme te faire pleurer. ça te soulève du sol », image avec enthousiasme Hughes Kieffer. Sans oublier le crooner louvoyant aussi bien du côté du RnB que du funk, José James, qui viendra célébrer les 50 ans de l’album diablement érotique de Marvin Gaye, I want you, aux côtés de la chanteuse China Moses. Le batteur et chanteur qui mêle son jazz au hip-hop et à l’électro, Kassa Overall, complète l’affiche.

    Lors des jours suivants, se produiront aussi, en ces mêmes lieux, les groupes britanniques GoGo Penguin et Ezra Collective et la chanteuse engagée Awa Ly. Un tour du monde qui battra ensuite au rythme de la neo soul de la bassiste Adi Oasis, de la pianiste Manon Mullener et du Sun Ra Arkestra, orchestre cosmique fondé dans les années 1950 par le compositeur et pianiste afrofuturiste Sun Ra (1914-93). Le parc Henri-Fabre sera aussi le théâtre de Xenia França, « chanteuse RnB venue de Salvador de Bahia qui met du jazz à différents endroits de la musique brésilienne », décrit Hughes Kieffer, avant d’embrayer sur la trompettiste néerlandaise Maité Hontélé, qui a « appris son instrument à Cuba et a joué avec les grandes stars de l’île, puis est partie en Colombie. Elle a même été nommée artiste de l’année dans ce pays ».

    « Baume » de tigres

    « Nous voulons être le reflet de ce qu’il se passe dans le monde autour du jazz en proposant des artistes très sensibles qu’on n’a pas l’habitude d’entendre, mais que nous garantissons comme des trucs de fou », assure le directeur, qui donnera à entendre, à la Vieille Charité, le trio du trompettiste saoudien Abdullah Miniawy, de la chanteuse franco-brésilienne « indomptée » Gildaa ou l’Orchestre national de jazz, dirigé par la cheffe Sylvaine Hélary. Et ce, à l’occasion d’un hommage à la compositrice Carla Bley (1936-2023). Celle-ci est apparue « à une époque où il y avait très peu de femmes compositrices et cheffes d’orchestre. Une icône qui a connu différentes périodes, d’un jazz tirant vers la musique contemporaine jusqu’à un autre, bien plus accessible, avec beaucoup de mélodies », précise Hughes Kieffer. Alors que « les nationalismes et les racismes » prospèrent hélas, le jazz devient un refuge. « Et un baume », estime-t-il, consacrant aussi ce credo avec deux soirées, au Conservatoire et à la Friche Belle de Mai, qui accueilleront respectivement le duo Jean-Pierre Como-Javier Girotto et le DJ et défricheur de musiques mondiales Gilles Peterson.

  • Niska, Huntrill et ElGrande Toto complètent Marsatac

    Niska, Huntrill et ElGrande Toto complètent Marsatac

    Une quinzaine de nouveaux noms ont été annoncés, mardi, par le festival Marsatac, au premier rang desquels Niska. « Je suis le symbole de ce que le rap est devenu : une musique décomplexée qui touche tout le monde », a maintes fois répété le rappeur, programmé vendredi 12 juin au parc Borély. Récemment encore à l’origine du tube Adriano, il surfe sur l’industrie hexagonale depuis 10 ans et diffuse ses rimes sur des musiques inspirées de l’Afrique comme de la pop occidentale.

    Parmi les autres artistes dévoilés, Huntrill et sa trap nonchalante, tout comme la nouvelle Princess du hip-hop français Juste Shani ou encore ElGrande Toto. Une « figure incontournable du rap marocain » qui « combine des productions fusionnant trap contemporaine et sonorités nord-africaines traditionnelles ». Autant de noms qui complètent une affiche déjà bien garnie par des artistes tels que le phénomène de la pop francophone Theodora, le rappeur Disiz, la chanteuse guyanaise de dancehall Bamby, ou la MC martiniquaise Meryl.

    « Collectifs locaux »

    Parmi les nouveautés annoncées mardi, « un troisième espace scénique dédié aux cultures club » verra le jour pour « mettre en avant des collectifs locaux », résume-t-on du côté de Marsatac, dont la 28e édition s’achèvera, dimanche 14 juin, par « une journée ouverte à tous placée sous le signe de la solidarité et du vivre-ensemble » à travers moments musicaux et autres stands de restauration.

    www.marsatac.com

  • La Région au chevet des lieux de santé

    La Région au chevet des lieux de santé

    « C’est à l’État de le faire, mais c’est nous qui payons », a déploré Renaud Muselier en visite à l’hôpital de Manosque, dont les collectivités financent l’extension, avec une nouvelle unité de soins palliatifs et un institut de formation. Sur les 7,9 millions d’euros du coût total, la Région finance plus d’un million, les communes de l’agglomération 1,9, le Département 500 000 euros et l’ARS 1,25 million. « Je tiens à remercier les maires, parce que c’est le seul endroit en France où on a un tour de table de ce niveau pour aider l’État à payer et soigner nos concitoyens, ça n’arrive jamais », a avancé le président de la Région.

    « Si tout va bien », l’extension devrait ouvrir « en 2029 », a expliqué Gilles Dufour, le directeur de l’hôpital. « On a reçu un avis favorable de la commission régionale d’investissement de l’agence régionale de santé en phase d’éligibilité fin 2025. Le dossier est en cours d’approfondissement. La commission régionale d’investissement doit se réunir le 17 mars pour donner ou non la validité et le top départ du projet », a-t-il précisé. « C’est un projet qui ne pourrait pas voir le jour sans le soutien indispensable et exceptionnel des collectivités territoriales », a-t-il salué.

    Une nouvelle maison de santé

    4,5 millions d’euros seront investis pour l’unité de soins palliatifs, avec 12 lits dont deux supplémentaires, et 3,3 millions pour l’institut de formation paramédicale, a détaillé le directeur de l’hôpital. Le président de la Région, le maire de Manosque, la présidente du Département et le directeur de l’hôpital ont rencontré les soignants et discuté notamment du « déficit chronique sur le fonctionnement de l’hôpital » et de « la mise en place d’une restructuration ».

    Plus tôt dans la journée, Renaud Muselier a visité le centre de soins Paul-Nalin à Forcalquier, où le maire David Gehant porte un nouveau projet de création d’une maison de santé. « Les professionnels de santé sont à l’étroit » dans le bâtiment actuel, a expliqué Dr Marjorie Hubeau. Le centre de soins Paul-Nalin, inauguré en juin 2024, a déjà permis de recruter de nouveaux médecins, indispensables dans ce département qui en manque cruellement. Dans la région, « on commence à manquer de médecins et la pyramide des âges est plus élevée que dans les autres régions, ce qui veut dire que, dans les cinq ans qui viennent, on va avoir une difficulté beaucoup plus importante », a avancé Renaud Muselier. Le président de Région s’est félicité d’être passé de 12 à 51 centres médicaux depuis le début de son mandat, dont 16 supplémentaires dans les Alpes-de-Haute-Provence.

    Le maire de Forcalquier a expliqué être en train de faire l’acquisition d’un terrain à l’entrée de la ville qui devrait permettre de réaliser la nouvelle maison de santé en 18 mois. « Sans l’aide de la Région, on est incapable de mettre en œuvre des projets comme ceux-là », a-t-il souligné. « On est les seuls en France à faire ça, ce n’est pas notre mission de payer à la place de l’État », a martelé Renaud Muselier, alors que la Région avait financé le centre de soins Paul-Nalin à hauteur de 720 000 euros.

    Renaud Muselier a également visité à Forcalquier la maison des entrepreneurs, l’un des rares centres Europe Direct situés en zone rurale, et le complexe sportif Alain-Prieur, dans lesquels la Région a également investi.