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  • À Martigues, Gaby Charroux prêt à relever « tous les défis »

    À Martigues, Gaby Charroux prêt à relever « tous les défis »

    Au moment de monter sur la scène d’une salle du Grès comble ce jeudi soir, Gaby Charroux ne peut dissimuler son émotion. Après trois mois et demi de campagne, le maire sortant (PCF) de Martigues bouscule le programme de son meeting de fin de campagne pour remercier tous les militants qui ont collé ses affiches, frappé aux portes, distribué les tracts dans les boîtes aux lettres. « Sans vous, il n’y a pas de combat, remercie-t-il en les faisant monter à ses côtés. Que d’efforts pendant ces semaines et ces mois de campagne, que d’inquiétudes et de tourments, mais que de plaisir et de bonheur chaque soir ! » Saluant le mouvement collectif qui s’est déployé au fil de cette campagne. « Nous sommes Martigues, nous sommes l’histoire, nous sommes l’avenir, nous sommes la couleur de Martigues, soyez-en fiers ! » lance-t-il.

    « Un bouclier fait

    de services publics »

    Cette fin de campagne pourtant est bousculée par les répercussions des tensions internationales, de la guerre d’Israël et des États-Unis contre l’Iran qui nourrit la crise sociale. « Les inquiétudes montent, partout les équilibres sont fragiles, les certitudes se fissurent, s’inquiète Gaby Charroux. Mais quand tout semble vaciller, souvent les repères se trouvent là où la République tient encore debout, dans les villes qui protègent, défendent la solidarité, assurent le service public quotidien. » Certes, les municipalités doivent faire face aux coupes budgétaires successives imposées par les différents gouvernements macronistes. Une réalité qui touche aussi la commune martégale. « On nous demande toujours de faire plus avec toujours moins, et pourtant nous continuons d’agir, assure l’édile communiste. Martigues tient. Mieux, nous sommes un exemple regardé par tous parce que nous avons construit un bouclier fait de services publics, de solidarité, de proximité. » Il célèbre ainsi ces dépenses engagées pour chaque habitant, le double de la moyenne nationale, célèbre les agents qui portent ces services publics. « Ce bouclier, nous devons le renforcer, le transmettre », défend-il. En énumérant toutes les réalisations de la municipalité, de la deuxième piscine au cinéma la Cascade, jusqu’aux centres sociaux et l’aménagement de la plage de Ferrières. « Et nous avons des projets pour la transition écologique, la décarbonation de notre industrie, l’emploi local, le logement accessible aux Martégaux, pour une ville propre, tranquille et attractive », assure le maire sortant, promettant de se battre pour récupérer les compétences métropolitaines de l’eau et de la collecte. « Un service public géré au plus près des habitants, c’est toujours plus efficace et moins cher », résume-t-il.

    Face au RN

    S‘il ne veut pas s’attarder sur ses concurrents, il ne manque pas de décocher ses traits sur le candidat de l’extrême droite, Emmanuel Fouquart. « Sa première décision a été de démissionner pour rester au conseil régional où il perçoit une indemnité », ironise-t-il. Sans défendre pour autant la commune. « Que fait-il quand la Région décide de supprimer les subventions pour nos centres sociaux ? Rien ! » interpelle Gaby Charroux.

    « Les défis devant nous sont immenses, cela demande du courage », rappelle le maire. Un courage dont il témoigne, présent face aux délogés de Notre-Dame-des-Marins, face aux incendies successifs qui ont menacé la ville. « Le courage, c’est une inquiétude permanente et parfois un doute aussi », partage-t-il. Avant d’expliquer pourquoi il reste candidat à sa réélection : « Si je me présente, c’est que je pense qu’à certains moments de l’histoire il faut être rendez-vous. » Il restera 48 heures pour les militants pour convaincre. « La tête haute, le poing levé, nous avançons unis rassemblés », chantent-ils tous sur scène. Comme une promesse d’avenir.

    Le soutien de poids de la société civile

    Avant le discours du maire sortant, de nombreuses personnalités de la société civile sont venues expliquer pourquoi ils lui apportaient leur soutien. De l’athlète Clémence Calvin qui rappelait que la municipalité avait été présente quand les sponsors se montraient rétifs après son accouchement. Des habitants de Notre-Dame-des-Marins, témoignant de son action. « Quand nous avons passé la nuit au gymnase, à 4h du matin le maire est venu nous voir, témoigne Céline. Ce geste, je ne l’oublierai jamais. » Le réalisateur Jean-Michel Vecchiet témoigne, lui, d’une municipalité gérée par le RN, à Beaucaire. « La ville aujourd’hui est sinistrée », souffle celui qui a été menacé par l’extrême droite. « Nous avons besoin d’élus qui respectent leurs engagements et tiennent bon face à la tempête », salue aussi l’ex-secrétaire général de la CGT 13, Olivier Mateu.

    Y.S.

  • L’Union pour Arles veut remettre les habitants au cœur des décisions

    L’Union pour Arles veut remettre les habitants au cœur des décisions

    Trop plein dans la salle. Les chaises passent de main en main pour se poser là où il reste de la place. Ce jeudi 12 mars, la liste d’union de la gauche (hors LFI et les Écologistes) de Nicolas Koukas (PCF) est rassembleuse pour son dernier meeting avant le premier tour.

    Le processus citoyen de l’Appel d’Arles, qui a mené à l’Union pour Arles, a su fédérer. L’une de ses instigatrices qui figure sur la liste, Lucile Venet-Leduc, rappelle : « On avait pour but de rassembler toutes les gauches d’Arles comme le Nouveau front populaire lors des législatives de 2024. » Après avoir récolté plus de 500 signatures, le collectif s’est réuni régulièrement « pour travailler sur différents thèmes sous forme d’ateliers ». Le projet politique qui en émane a convaincu neuf partis politiques, qui soutiennent une liste composée de 80% de femmes et d’hommes issus de la société civile.

    Cette méthode a aussi remporté l’adhésion de déçus de Patrick de Carolis (Horizons), à l’instar de Sophie Aspord, son ancienne adjointe déléguée à l’urbanisme, qui explique avoir « choisi l’union plutôt que les arrangements (…) la loyauté plutôt que les trahisons », à travers la candidature de Nicolas Koukas.

    Concertation

    et contribution

    Car « l’autocratie » du maire sortant a laissé des stigmates. Richard Vidal, ancien ingénieur dans l’industrie chimique et pharmaceutique qui deviendra premier adjoint en cas de victoire de l’Union pour Arles, dit s’être « engagé parce que je vois ma ville se dégrader d’année en année : un urbanisme sans direction, chaotique, une voirie déplorable, des caniveaux qui débordent lors d’événements pluvieux, une propreté qui laisse à désirer et surtout ni concertation ni proximité avec la municipalité alors que ce lien est indispensable au bon fonctionnement d’une Ville ».

    Son colistier, Mehdi Herouali, abonde : « De nombreux Arlésiens ont l’impression de ne plus être écoutés et associés aux décisions qui concernent leur quotidien. (…) Une commune ne peut avancer que si ceux qui la représentent restent proches des habitants. » C’est la méthode que promet d’adopter l’équipe de l’Union pour Arles. « Je refuse cette démocratie froide, distante, technocratique », affirme Nicolas Koukas. Concrètement, le candidat souhaite créer une direction municipale dédiée à la démocratie contributive, mettre en place des budgets participatifs dans chaque quartier et chaque village, organiser des conseils municipaux délocalisés, mettre en place le référendum d’initiative citoyenne ou encore créer un observatoire citoyen pour évaluer les engagements municipaux.

    À vingt ans, Maissa Ayad, la benjamine de la liste, assure qu’une frange de la population se sent particulièrement « délaissée » : « Les jeunes. » « On leur a promis des choses qui n’ont jamais vu le jour, poursuit-elle. La jeunesse mérite qu’on lui mette à disposition tous les moyens pour réussir. » Parmi les mesures proposées : la mise en place de Maisons des jeunesses, ouvertes en soirée pour l’étude, la création artistique, les débats et l’accompagnement de projets ; le développement de nouvelles filières supérieures, de formations Bafa gratuites ou encore l’instauration d’une aide au permis de conduire selon les critères sociaux.

    « Une équipe soudée »

    La proximité que porte l’Union pour Arles passe aussi par l’existence de services publics « partout, avec des mairies annexes utiles ». La liste veut renforcer les moyens alloués aux centres sociaux « qui ont beaucoup souffert », mais aussi accroître de la présence humaine « avec des médiateurs et des maisons communes » pour assurer la tranquillité du quotidien.

    Pour assurer la pérennité de ce projet municipal et « avoir une équipe fidèle, soudée, rassemblée », les colistiers ont signé une charte d’engagement. Nicolas Koukas l’annonce : « Cette liste du premier tour, qui s’est construite après tant d’échanges, sera la même que celle du second tour. Parce que lorsqu’on entraîne une équipe on ne la change pas. »

  • À Marseille, Didier Jau appelle à continuer le travail engagé

    À Marseille, Didier Jau appelle à continuer le travail engagé

    Est-ce que vous êtes Jauuuuuu ? » Ambiance au théâtre des Chartreux (4e) plein à craquer ce jeudi 12 mars. Avec pour commencer un avertissement. « Les choix que nous allons faire sont essentiels » alerte Anne Vial, adjointe d’arrondissements sortante, déléguée au sport, la santé et à l’égalité des droits. Elle insiste : « L’extrême droite raciste, antisémite, xénophobe, anti-féministe est à nos portes, les ingénieurs du chaos sont à la manœuvre et notre liste porte la résistance. »

    Elle aussi sortante, adjointe au maire de Marseille en charge de la valorisation du patrimoine, Perrine Prigent (PM) enchaîne. « Six ans c’est court et c’est long, ça marche quand la gauche est unie, le deuxième mandat c’est aller plus vite, plus loin », pose-t-elle, estimant que « les 4-5 c’est le reflet de ce que peut être Marseille ».

    Sur scène défilent les colistiers issus de collectif ou encartés au sein de Génération.s, du PCF ou du PS, pour une présentation du programme quartier par quartier avec des zooms de Beausoleil aux Chutes Lavie et son fameux portail de la discorde, en passant par Chave et Baille, sans oublier un détour par le programme pour la jeunesse et l’éducation, parce que « l’avenir ce sont nos enfants », un peu de santé publique au passage, beaucoup de réaménagement de places, d’espaces publics, de modes de mobilités apaisés entre vélos, voitures et trottinettes… De quoi préparer le terrain à « Didier », galvanisé. « Dimanche l’objectif est clair, il s’agit de relever le défi de défendre la Marseille qu’on aime, de diversité, de solidarité, d’entraide, antiraciste, antifasciste », insiste le maire EELV sortant.

    « On ne vous vend pas

    du rêve »

    Plus important pour lui encore, il faut « préserver nos libertés individuelles » quand elles sont mises à mal. Ce qui se passe dans l’Amérique de Trump ne tardera pas à « arriver chez nous » prévient le candidat. Et de remettre sur la table, les valeurs du Printemps marseillais. « On ne vous vend pas du rêve, le chantier a commencé il y a 6 ans, c’est toute une démarche que nous défendons, la reconstruction du lien démocratique qui nous lie à toute la population, c’est fini les réseaux ! », assure-t-il. Il martèle : « Nous avons dit ce que nous allions faire et on a fait ce qu’on a dit. » Parce qu’il reste trois jours jusqu’à dimanche, « y a-t-il encore une place au doute ? », interroge le candidat du Printemps marseillais, insistant lourdement sur l’utilité d’un seul bulletin de « presque » toute la gauche unie. Il assène : « Nous sommes au pied du mur. »

  • Aux Mées, Raymond Philippe et Gérard Paul votent Frédéric Puech

    Aux Mées, Raymond Philippe et Gérard Paul votent Frédéric Puech

    en bref

    Il a également reçu l’appui de Raymond Philippe, maire des Mées de 1971 à 2012, qui fut également conseiller général. Dans une déclaration, Frédéric Puech ,qui fait face à une seule autre liste, rappelle l’enjeu de ce dimanche :« Il n’y aura qu’un seul tour, votre participation est donc essentielle dès le 15 mars. Ce rendez-vous démocratique s’inscrit dans la continuité d’un bilan au service des habitants, avec une équipe renouvelée, où l’expérience des plus anciens vient enrichir l’engagement des nouveaux, et d’un projet tourné vers l’intérêt général. »

  • Le Gard, un scrutin scruté au national

    Le Gard, un scrutin scruté au national

    C’est un grand mouvement de bascule que pourrait opérer le Gard avec ces élections municipales des 15 et 22 mars. D’abord parce que la capitale du département pourrait revenir à gauche. C’est en tout cas la tendance confirmée par tous les sondages. La personnalité de Vincent Bouget (PCF), sa démarche d’écoute de la population et les nombreux soutiens de poids reçus lui ont permis d’engranger une réelle dynamique. « L’élection à Nîmes est scrutée au niveau national », annonçait la députée européenne socialiste Chloé Ridel il y a quelques semaines. Effectivement, le basculement de Nîmes serait un petit séisme. D’abord parce que la ville, gérée depuis plus de vingt ans par Jean-Paul Fournier, est la dernière cité de plus de 150 000 habitants dirigée par Les Républicains en France. Ensuite, parce que Vincent Bouget pourrait à l’inverse permettre au PCF de conquérir à nouveau une ville de cette ampleur. il pourrait aussi l’emporter au Havre, ville de 166 000 habitants où le député Jean-Paul Lecoq est donné au coude à coude avec Édouard Philippe, le maire sortant.

    Rivenq impopulaire à Alès

    À Alès, la donne semble plus difficile pour la gauche. D’abord parce que la droite municipale reste unie après que Max Roustan a laissé le fauteuil de maire à Christophe Rivenq il y a un peu plus d’un an. La gauche avance aussi divisée avec une liste PCF-LFI et une liste PS-Écologistes, qui ne permet pas d’avoir la même dynamique qu’à Nîmes. Mais l’impopularité de Christophe Rivenq et l’envie de renouvellement rendent le suffrage incertain, là où Max Roustan a été réélu dès le premier tour lors des quatre derniers scrutins…

    Sauf union des droites, une victoire de l’extrême droite dans les deux principales villes du département semble impossible (à Alès, le candidat est quasiment invisible). En réalité, en dehors du bastion Beaucaire et des villes ciblées par les députés (lire page 12), l’extrême droite, qui avait pourtant raflé les six circonscriptions lors des dernières législatives en juin 2024, peine à confirmer son ancrage local. Le parti lepéniste illustre ainsi ses difficultés à monter des listes et à s’appuyer sur des candidats « crédibles ». Face à ce constat, le RN a gangréné de nombreuses listes de droite sans mentionner d’étiquette politique pour entretenir le flou. Une union des droites devenue en somme de moins en moins tabou à l’échelon local, qui prolifère tant en Camargue gardoise que dans le Gard rhodanien.

    Outre les grandes villes, les Cévennes, qui avaient comme le reste du département voté majoritairement à l’extrême droite aux dernières législatives, font tout de même de la résistance pour ces élections municipales. Ainsi, le Parti communiste est seul en lice à La Grand-Combe, Cendras, Domessargues, Le Martinet et conservera donc plusieurs communes. Emmanuel Grieu (Debout!) et l’ancien député Michel Sala (L’Après) resteront aussi aux commandes de leurs petites communes rurales cévenoles. À Anduze, au Vigan, à Barjac ou encore à Saint-Martin-de-Valgalgues, les maires sortants de gauche ont de la concurrence mais ils s’appuient sur un solide bilan avant le scrutin. Partout des listes citoyennes, sans bannière politique mais prônant des valeurs progressistes, ont aussi été montées et se mobilisent contre l’extrême droite.

    À la veille du premier tour, ce dimanche 15 mars, les élections municipales dans le Gard, symbole de la tripartition de la vie politique française, n’ont ainsi jamais été aussi incertaines.

  • [Théâtre] Un nouveau biopic pour raconter Simone Veil

    [Théâtre] Un nouveau biopic pour raconter Simone Veil

    Avec Il y a en elle comme un secret – Biopic de Simone Veil, dont la première se tient samedi 7 mars à Aix-en-Provence, la compagnie aixoise la Tête dans les nuages propose bien plus qu’un portrait chronologique. Le spectacle invite à un pas de côté : raconter Simone Veil à travers le regard de son amie, la cinéaste et écrivaine Marceline Loridan-Ivens. L’objectif ? « Pouvoir découvrir des aspects de la vie de Simone Veil de manière originale, à partir de l’histoire de deux femmes très différentes mais qui ont un parcours de vie les ayant rendues très intimes », explique Magali Zucco, metteur en scène et comédienne dans la pièce.

    La nuit du 30 juin 2017 sert de point de départ. Ce soir-là, Marceline reçoit un appel. Jean Veil lui demande d’écrire le discours d’adieu de sa mère, qui vient de les quitter. Alors, au fil des mots, les souvenirs affluent : leur rencontre lors de leur déportation à Auschwitz à quinze et seize ans, l’amitié forgée dans l’indicible puis dans l’impossible retour, les chemins de vie qui ont continué à se croiser. Ce choix narratif donne au spectacle une vibration particulière : la mémoire n’est pas figée, elle émerge de plusieurs voix, se reconstruit et se transmet. De cette façon, « la pièce laisse entrevoir une Simone Veil très humaine », continue Magali Zucco.

    Une vie de luttes

    En filigrane, les combats de Simone Veil apparaissent avec d’autant plus de force. La loi sur l’avortement bien sûr, mais aussi sa bataille pour la parité et l’égalité salariale au travail, l’amélioration des conditions de détention ou encore la protection des malades du Sida. Pour Magali Zucco, le spectacle vise à « faire passer par le texte, par les corps, par l’image et par le son l’expérience d’une femme qui a fait de la dignité humaine le fer de lance de ses luttes ». À partir d’un long travail documentaire, les quatre comédiennes jouent avec les formes et les styles – théâtre, danse, chant, musique, vidéo et ombres chinoises – pour construire la pièce. Un hommage délicat et politique, qui interroge ce qu’il faut continuer à défendre et ce qu’il reste à gagner aujourd’hui.

    Samedi 7 mars, 20h. Repère Jeunesse d’Aix. 8€/12€

  • Extrême droite : la liste de bric et de broc de Bessèges

    Extrême droite : la liste de bric et de broc de Bessèges

    La liste d’Hervé Fiselle à Bessèges ressemble à un jeu des sept familles. Si les patronymes diffèrent, plusieurs membres d’une même famille sont en effet bien représentés dans la liste d’extrême droite qui a été déposée dans les tous derniers instants du délai légal. C’est notamment le cas de la famille de Nathan Casano. L’assistant parlementaire du député de la 5e circonscription du Gard est inéligible puisqu’il n’a pas présenté ses comptes de campagne après les élections législatives de 2022. À la manœuvre pour monter cette liste, il a ainsi réussi à convaincre son père (3e de la liste), sa mère (12e), son oncle (17e) et sa grand-mère (18e) de s’engager.

    Autre famille bien représentée : celle d’Amandine Juras. Cette amie d’enfance de Nathan Casano qui était sa suppléante en 2022 se présente à la quatrième place aux côtés de son frère (11e) et de son père (23e). À ces deux familles s’ajoute la tête de liste Hervé Fiselle et sa femme (8e) avec qui il partage une passion commune pour Eric Zemmour et Sarah Knafo, ainsi que Florence Boutet (6e) et son mari Laurent (11e). Quatre familles représentent donc près de la moitié de la liste…

    Si les candidatures d’une même famille ne sont pas illégales, seulement deux personnes d’une même famille peuvent appartenir au conseil municipal. « Le nombre d’ascendants et descendants en ligne directe père, mère, grand-père, grand-mère, fils, fille, petit-fils, petite-fille, frères et sœurs qui peuvent être simultanément membres du même conseil municipal est limité à deux dans les communes de plus de 500 habitants », précise ainsi la préfecture du Gard.

    « Je suis au courant », affirme Hervé Fiselle. « Ce n’est pas un problème parce qu’ils n’ont pas tous le même avis. Ça prouve aussi que la famille est unie. Pour des personnes qui cherchent la petite bête, ça peut manquer un peu de transparence mais là on parle de la forme et pas du fond », ajoute l’entrepreneur qui dit avoir « un grand projet national » pour mettre Bessèges en lumière.

    Pour compléter la liste, Alexandre Allegret-Pilot est venu faire le nombre (5e). Un choix justifié par le « scandale » de inéligibilité de son assistant parlementaire. L’équipe compte aussi dans ses rangs Yves Gaillac, historique du Front national à Bessèges qui a milité « toute sa vie pour le parti d’extrême droite », comme l’écrit France 24 dans un reportage réalisé dans l’entre-deux-tours des Présidentielles 2012 sur les électeurs frontistes qui disent « non » à Sarkozy.

    Autre signe que la constitution de la liste avec 23 noms a été douloureuse, Nathan Casano est allé convaincre Francette Moulin, 77 ans, de rejoindre l’équipe. Lorsque la liste a officiellement été diffusée, sa famille issue de « plusieurs générations de communistes » s’est insurgée. « Elle m’a dit que Nathan Casano est allé la voir et lui a dit qu’il lui manquait une personne sur la liste. Francette, c’est une personne qui ne réfléchit pas beaucoup et qui ne pose pas beaucoup de questions. Elle a dit oui comme elle aurait dit autre chose. Quand je lui ai dit dans quoi elle s’embarquait, elle m’a dit : « maintenant c’est trop tard je ne peux plus rien faire ». Je lui ai dit que ses parents, son grand-père, les tantes, tous doivent se retourner dans leur tombe », témoigne une cousine. Depuis, Francette Moulin a connu de graves problèmes personnels et ne fera ni campagne, ni ne pourra siéger au conseil municipal.

    Nathan Casano, futur maire ?

    Pour Nathan Casano, le rêve d’occuper le fauteuil du maire de Bessèges n’est pas nouveau. Après sa candidature aux législatives de 2022, il a passé beaucoup de temps sur le terrain. Depuis trois ans, il gère par exemple l’association Pass’Temps qui intervient dans l’Ephad Maison de secours, ou il prend part chaque année au Corso Fleuri, véritable tradition dans la commune de 2 900 âmes. Depuis qu’il est assistant parlementaire, il fait aussi régulièrement participer le député Alexandre Allegret-Pilot à toutes sortes de festivités.

    Malgré son inéligibilité prononcée en 2023, Casano a tout de même annoncé sa candidature à l’élection municipale dans une vidéo postée sur ses réseaux sociaux début janvier. Il a bien tenté de contester cette inéligibilité auprès du Conseil constitutionnel mais celui-ci a refusé sa requête. C’est pourtant lui, aux côtés d’Hervé Fiselle qui a déposé la liste en préfecture fin février. Il affirme même qu’il pourrait devenir maire : « C’est Hervé Fiselle qui mènera la liste jusqu’au second tour. À l’issue de celui-ci, je serai éligible et serai donc votre maire », écrit-il. Même si son inéligibilité s’arrête effectivement le 17 mars, soit donc dans l’entre-deux-tours des élections municipales, la règle est claire : « Les conditions d’éligibilité s’apprécient par rapport à la date du premier tour de scrutin ». Nathan Casano ne pourra donc pas devenir maire. En tout cas pas le 22 mars au soir du second tour.

    Peu importe, Nathan Casano s’affiche partout, sur les réseaux sociaux, les tracts, anime les réunions publiques et figure même sur l’affiche officielle de campagne aux côtés d’Hervé Fiselle et Alexandre Allegret-Pilot. Si là encore la manœuvre n’est pas illégale, de nombreux habitants se sont interrogés sur l’ambiguïté de la démarche. Pas un problème pour Hervé Fiselle : « Nathan aurait du être éligible. Le Conseil constitutionnel a eu une façon de compter qui n’est pas logique. Il est inéligible mais il n’a pas piqué dans la caisse, il n’a pas volé. Si Nathan avait été à gauche, le problème ne se serait pas posé ».

    Une omniprésence qui interroge et qui s’accompagne d’une petite musique à Bessèges : une fois élue, Hervé Fiselle pourrait démissionner avec tout son conseil municipal pour provoquer de nouvelles élections. Nathan Casano serait alors en mesure de se présenter. Hervé Fiselle dément ce scénario : « Les choses ont été mal présentées. Ce n’est pas inscrit dans ce sens. Je n’ai pas pour habitude de me battre pour lâcher l’affaire après. Les choses ont évolué depuis (le message où Nathan Casano dit qu’il sera maire au soir du second tour, Ndlr). Je suis pour la transparence. Les choses se décident à 23 et elles se décident parce qu’il y a une question qui est posée. Pour l’instant la question ne se pose pas. Mon seul souci c’est de redresser la ville. Tout le temps que je pourrais le faire, j’assumerai le mandat ».

    Trois autres listes sont en course à Bessèges, celle de l’adjointe à l’éducation Christine Roux, celle de l’adjoint à l’économie et au commerce Gilbert Baptiste et celle de la responsable associative Sophie Lalanne.

  • Des propositions pour faire face au manque de logement social en Occitanie

    Des propositions pour faire face au manque de logement social en Occitanie

    À l’aune des élections municipales, rares sont les candidats faisant du logement social une priorité de leurs programmes. Pourtant, force est de constater que la crise perdure. C’est en tout cas le constat posé par la Fondation pour le logement d’Occitanie, qui vient de publier son éclairage annuel. Réalisé avec le master Urbanisme et aménagement de l’Université Paul-Valéry, celui-ci dresse un sombre tableau. « La situation du logement social est dramatique. En Occitanie, 217 915 demandes ont été enregistrées en 2025, un chiffre en hausse de 6% », soupire Sylvie Chamvoux, directrice de la Fondation pour le logement d’Occitanie. Le Gard et l’Hérault ne sont pas épargnés. Alors que 65 469 Héraultais en ont fait la demande en 2025, seuls 6 212 logements ont été attribués. Côté gardois, on dénombre 25 282 demandes pour 3 769 attributions.

    Pire, il semblerait que ces attributions soient déconnectées des réels besoins des demandeurs. « Sur les 6 212 attributions héraultaises, plus de 4 000 personnes vivent avec des ressources sous le plafond du PLAI [logement très social, Ndlr]. Or, le nombre de logements PLAI attribués est de 550. Ces ménages sont donc relogés dans des logements plus chers, moins accessibles, ce qui les met en difficulté », poursuit Sylvie Chamvoux. Une situation due en grande partie au non-respect de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) par les édiles qui imposent un quota de logements sociaux. « Nous avons essayé de comprendre pourquoi ces élus ne respectaient pas la loi. Certains ne veulent pas, d’autres mettent en avant le respect de la loi ZAN [Zéro artificialisation nette, Ndlr]. Mais cet argument n’est pas entendable », observe la directrice régionale.

    Des mécanismes existent

    La Fondation -épaulée par les étudiants- a donc engagé une réflexion avec trois communes héraultaises (Saint-André-de-Sangonis, Poussan et Castries) afin de montrer qu’il est possible de produire du logement social tout en restant sobre foncièrement. « Dans l’Hérault, il y a beaucoup de patrimoine à l’abandon, comme les caves coopératives. Leur réhabilitation permettrait de produire du logement social, tout comme celle des centres anciens. On pourrait également réquisitionner les logements vacants ou encore construire dans les dents creuses », énumère Sylvie Chamvoux. Des mécanismes possibles, donc, mais qui nécessitent une forte volonté politique de la part d’édiles.

    Sauf que le gouvernement ne semble pas l’entendre de cette oreille. En effet, un décret publié fin janvier revoit à la baisse le taux obligatoire de logements sociaux dans la loi SRU pour la période 2026-2028. Ainsi, pour 87 agglomérations et 144 intercommunalités, le quota de logements sociaux sera de 20%. Un détricotage qui offre la possibilité à nombre de communes de rentrer dans les clous de la loi SRU, tout en produisant moins de logements sociaux, à l’instar de Toulouse (22,59% du parc social).

    Pourtant, les bénéfices sont réels. Au-delà de faire preuve de solidarité avec les plus démunis -mais ce qui n’est pas porteur électoralement parlant pour une majorité de maires- la Fondation met en avant une « relation gagnant-gagnant ». « En réhabilitant avec du logement social et libre, on réinstalle des gens qui vivent bien, on remet de la mixité sociale. »

    L’Hérault, mauvais élève de la loi SRU

    Si le nombre de communes respectant la loi SRU pour la période 2023-2025 ne sera connu qu’à la fin de l’année, l’Hérault faisait office de mauvais élève parmi les premiers chiffres récupérés par la Fondation. Ainsi, sur les 47 communes concernées par la loi SRU dans l’Hérault, seule Montpellier arrivait à 25% en janvier 2024. Pire, d’autres régressent comme Saint-Georges-d’Orques, qui passe de 12,5% en 2023 à 10,7% en 2024.

  • La santé, une priorité à Saint-Martin-de-Valgalgues

    La santé, une priorité à Saint-Martin-de-Valgalgues

    Les allers et retours ne faiblissent pas devant la façade rouge criarde de la maison de santé Ambroise-Croizat. Sur le bassin alésien, les soignants et notamment les médecins se font rares. Alors, les habitants des communes voisines sont nombreux à se déplacer à la maison de santé de Saint-Martin-de-Valgalgues. Celle-ci a été inaugurée en 2023 en présence de Pierre Caillaud-Croizat, le petit-fils du ministre communiste et père de la Sécurité sociale.

    Cet aboutissement a été le fruit d’un important travail et fait suite à un référendum organisé sur la commune en 2018 où les Saint-Martinois ont plébiscité à 96% cet investissement. Malgré une ouverture retardée par la pandémie de la Covid, ce centre a permis de garder la présence des trois médecins qui avaient des velléités de partir et d’attirer de nombreux autres soignants. Ainsi aujourd’hui, la maison de santé compte des infirmières, des kinésithérapeutes, ostéopathes, psychologues, orthophonistes, podologues, sages-femmes, naturopathes et d’autres soignants qui travaillent aussi en lien avec le centre comme les pharmaciens ou un chirurgien-dentiste.

    « Nous avons un logiciel commun entre les soignants et nous faisons des réunions entre nous pour parler des situations complexes », explique Marielle Auvergne, psychanalyste qui est également la coordinatrice de la maison de santé et ne serait pas venue travailler à Saint-Martin-de-Valgalgues sans la création de cette maison de santé. « J’aime beaucoup travailler avec les autres professionnels de santé. C’est dommage d’être enfermé tout seul dans un cabinet. C’est bien d’avoir aussi l’avis des autres. Je pense que les médecins ont aussi des peurs et ça peut rassurer de travailler en groupe au lieu d’être isolé. »

    Si la structure cherche toujours désespérément un dermatologue, des renforts de médecins pourraient arriver rapidement. Les trois docteurs saint-martinois étant formateurs et salariés du groupe de santé Filieris – garantissant la présence d’un médecin en permanence – la structure devrait accueillir un docteur junior en octobre et pourrait participer à l’accueil de médecins cubains si le projet aboutit.

    Trois listes en concurrence

    « Beaucoup de retraités viennent s’installer ici pour trouver du soleil ou trouver du vivre-ensemble mais ils cherchent forcément un médecin. Le fait d’avoir réalisé cette maison de santé et d’être en capacité d’accueillir de nouveaux médecins, c’est vraiment un atout. Parce que des gens me disent que s’ils n’ont pas de docteur, ils vont devoir repartir d’où ils viennent », explique Claude Cerpedes.

    Face à l’édile communiste s’est hissée son ancienne première adjointe. Officiellement pour une opposition sur le budget et officieusement pour des désaccords personnels, Lucile Pialat a quitté la majorité et s’est lancée dans la course aux municipales. Soutenue par trois anciens membres de la majorité, elle avance aujourd’hui sur une corde raide en tentant de critiquer un bilan auquel elle a participé. À la tête de la liste « Ambitions et perspectives pour Saint-Martin », elle critique des travaux réalisés avec « précipitation » ou la propreté dans certains quartiers « laissés à l’abandon ».

    Déjà opposant durant ce mandat, Mickaël Thery assume une ligne dure à droite où il est surtout question de sécurité avec le « renforcement de la police municipale » et l’embauche de deux agents supplémentaires. Il est également très critique à l’égard des soutiens financiers à des causes internationales comme l’Ukraine, la Palestine, la paix ou le secours en mer.

    Des critiques vite balayées par l’édile qui préfère s’appuyer sur son bilan : « Les habitants voient que notre gestion est faite de compétence et de bienveillance. Sur 3 500 inscrits, il y a près de 1 000 nouveaux inscrits depuis six ans. Je crois que les gens connaissent le maire et qu’ils sont contents de la manière dont la ville est gérée », conclut Claude Cerpedes.

  • L’OM a deux matches pour reconquérir les cœurs

    L’OM a deux matches pour reconquérir les cœurs

    Samedi dernier, la victoire ramenée de Toulouse a stoppé la chute sportive. L’OM a profité du nul de Lyon face au Paris FC pour remonter sur le podium de la Ligue 1, grâce à une meilleure différence de buts. Néanmoins, si elle s’est améliorée, la situation reste précaire. « Cette victoire n’enlève en rien du début 2026 calamiteux », clame Thierry.

    Au Stadium, samedi dernier, la délégation des supporters marseillais a fait la grève des encouragements. Qu’en sera-t-il vendredi, pour le retour de l’OM au Vélodrome à l’occasion de la réception d’Auxerre ? « Les joueurs ne méritent pas d’être encouragés. Ils auront droit à l’accueil qu’ils méritent. Je sais que la plupart des abonnés seront au stade, car l’amour du maillot est plus fort. Mais je pense que le meilleur moyen de faire comprendre la déception, ce sera le silence. » Gilbert a d’ailleurs tranché. « Mes places, je vais les donner à mes petits-neveux. Moi, je serai devant la télé vendredi », continue celui qui ne compte plus les décennies à suivre les matches.

    Nouveau départ ?

    « Auxerre, cela doit être le coup d’envoi d’un nouveau départ ! » Thierry n’arrive pas à se défaire de sa carapace de supporter viscéral. « C’est vrai qu’il y a eu les déceptions, la rouste face au PSG, l’élimination en Coupe qui est peut-être la défaite de trop. Mais il reste encore la troisième place à aller chercher », insiste-t-il.

    Alain est plus radical : « C’est vrai que le nom OM reste vendeur. Mais les vrais supporters ont fini par se lasser. Moi le premier. » Quant à savoir comment le peuple du Vélodrome doit se manifester vendredi, lui reste sur sa position. « Je le répète depuis plusieurs semaines. Il faut un stade vide ! Les banderoles, les chants hostiles ne mènent à rien. »

    Contre Strasbourg, les deux virages s’étaient signalés de la sorte, boycottant le premier quart d’heure. « Ce qu’il faudrait, c’est passer tout le match dehors. à chanter comme si nous étions à l’intérieur, faire la fête. Montrer que l’on est là, sans y être. »

    Florence, quant à elle, a une autre vision. Celle d’une personne qui s’apprête à traverser toute la France pour assister à OM-Lille : « Chaque fois que je peux venir au Vélodrome, c’est une bouffée d’oxygène. » La Boulonnaise voit le verre à moitié plein. « Je me dis qu’il reste encore une fin de saison qui peut tout changer, remarque-t-elle. Même si je comprends la déception d’une nouvelle saison sans trophée. » Elle note que « chaque fois que je viens, il y a la victoire ! » La dernière fois, c’était pour la Ligue des Champions, contre Newcastle.

    Une saison perdue

    Toutefois, Florence reconnaît « comprendre la lassitude de ceux qui attendent en vain quelque chose ». De son côté, Gilbert rumine depuis qu’il a assisté aux deux humiliations de Liverpool et du PSG. « Pour moi, cette saison est perdue depuis début janvier. Elle va se terminer dans l’indifférence totale. »

    « Le mal est profond, car mes amis Dodger’s, grâce à qui je pourrai venir assister au match de Lille, envisagent de ne pas reprendre leur abonnement la saison prochaine, alors que certains n’ont rien raté depuis plus de trente ans », souligne Florence.

    Une chose est sûre. L’OM n’a plus le droit à l’erreur s’il veut regagner les cœurs. Mais battre Auxerre ne suffira pas. « Il faut faire le plein sur les deux réceptions consécutives », clame Thierry. Mais il avertit que « les victoires ne suffiront pas. Il y faudra la manière. Faire le travail avant la trêve et enchaîner à Monaco. Pour terminer le championnat à fond jusqu’au bout ! ».

    Ligue 1 : l’appel des sept

    Frank Mc Court fait partie des sept patrons de clubs de Ligue 1 demandant une réforme du football professionnel français.

    Le propriétaire de l’OM s’est joint à ceux de Lyon, Rennes, Lens, Metz, Le Havre et du Paris FC pour interpeller l’Assemblée nationale afin qu’elle inscrive à son calendrier la proposition de loi sur la réforme du football français, en sommeil depuis son vote au Sénat, en juin 2025. Elle prévoit le remplacement de la LFP par une société de clubs, sur le modèle de plusieurs grands championnats européens et évoque les droits TV à renégocier.