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  • Alexandre Basquin : « Nous sommes à l’ère d’un totalitarisme numérique »

    Alexandre Basquin : « Nous sommes à l’ère d’un totalitarisme numérique »

    Aux côtés du sénateur écologiste Thomas Dossus, du député LFI Pierre-Yves Cadalen et du secrétaire fédéral du PS 84 Patrick Blanès, Alexandre Basquin participera dimanche à l’un des temps forts de la Fête de La Marseillaise à Avignon : un débat sur le numérique et son impact sur la démocratie.

    La Marseillaise : Quel sera le sens de votre propos dimanche ?

    Alexandre Basquin : Tout d’abord, comme sénateur je fais partie du groupe d’études numériques et suis membre d’une mission d’information sur l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle. Mais au-delà du Sénat, j’essaye de rendre la question du numérique citoyenne et politique. J’ai publié, en mars, un essai « Numérique, stop à l’exploitation ». Je dois être l’un des seuls parlementaires de France à ne pas avoir de réseaux sociaux. J’ai toujours eu une petite méfiance face à ces outils. Depuis que je les étudie, c’est devenu une défiance : ce qu’on nous faisait croire comme étant une liberté nouvelle est avant tout une forme d’aliénation. Le modèle économique des géants du numérique fait qu’il faut que vous soyez de plus en plus longtemps sur les écrans, à polariser les contenus, de manière à monétiser votre attention et à piller vos données personnelles. Nous sommes les pantins de grands marionnettistes que sont les gens du numérique. Une forme d’ère de totalitarisme numérique. Très loin de la création d’Internet, porte publique ouverte sur le monde, qui avec l’arrivée des fournisseurs d’accès privés est devenu un monstre numérique, qui nous exploite à des fins économiques, commerciales et politiques.

    Dans cette jungle, la régulation est-elle illusoire ?

    A.B. : Chacun est libre d’utiliser les outils qu’il souhaite. J’ai porté l’idée d’une COP du numérique comme ce qui existe sur la COP environnementale. J’essaie d’éveiller un peu les consciences en disant « Ne croyez pas que vous êtes libres sur ce type d’outils, parce que derrière, il y a des enjeux algorithmiques qui font qu’on vous oriente de manière à ce que vous consommiez toujours plus ». Les études montrent que sur le réseau social X, un mensonge se répand 6 fois plus vite qu’une vérité. Je ne crois pas à une forme de régulation pour la simple raison que ces géants du numérique sont extrêmement puissants et pratiquent un lobbying fort auprès des instances européennes. Ces GAFAM pèsent plus que le PIB de certains États. Face à cela, notre force, c’est le collectif. Ces géants sont au pied d’argile et ne vivent qu’à travers nos usages. Si demain les 3,4 milliards d’utilisateurs de Facebook s’en vont, tout s’écroule. Alors c’est peut-être utopiste et idéaliste. Il y a quand même des prises de conscience. En France, le fait qu’on avance sur l’interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans, quand on voit tous les effets néfastes sur notre jeunesse en termes d’isolement et de santé mentale, est un bon premier signe bien qu’insuffisant.

    En quoi est-ce un danger pour la démocratie ?

    A.B. : Les enjeux démocratiques sont importants et de deux ordres. Le premier, c’est l’utilisation des outils numériques à des fins d’ingérence étrangère, de manipulation électorale, de cybercriminalité. En 2024, 80% des élections qui ont eu lieu dans le monde ont été impactées par l’intelligence artificielle avec des manipulations à grande échelle dans le cadre des réseaux sociaux. Le second enjeu, c’est par rapport à la philosophie des géants du numérique eux-mêmes, qui ne veulent qu’une chose : que nous soyons isolés devant nos écrans. Ils honnissent toute forme de solidarité, de collectif. Si vous êtes plusieurs en train de discuter sur une terrasse de café, vous n’êtes pas devant votre écran d’ordinateur. Tout est fait à travers l’économie de l’attention pour que vous soyez toujours plus devant vos écrans pour alimenter leur caisse à profit. Mais au-delà de ça, ils portent aussi une philosophie politique. Par exemple, Mark Zuckerberg [fondateur de Facebook] ou Elon Musk [propriétaire d’X], sont des libertariens. Ils portent en étendard la liberté individuelle avant toute autre considération, y compris avant la démocratie. Ils sont contre toute forme d’État-nation et luttent contre toutes les régulations qu’on peut leur imposer. Donc, c’est vertigineux, extrêmement effrayant. Cela participe d’un mouvement antidémocratique. Parce que demain, des vidéos seront montées de toutes pièces et vous n’allez plus distinguer le vrai du faux. Et dans une démocratie, en période électorale, ça peut amener à des comportements extrêmement violents.

  • Marseille : un jeune homme blessé gravement par balles dans les quartiers Sud

    Marseille : un jeune homme blessé gravement par balles dans les quartiers Sud

    Appelé pour des coups de feu dans la nuit de jeudi à ce vendredi 22 mai, un équipage de police a découvert avenue Colgate (9e), un peu après une heure du matin, un homme de 25 ans au sol. Il a été atteint par balles, dans chaque jambe et dans le bas du dos, a-t-on appris de source policière.

    Vue la gravité de ses blessures « aux membres inférieurs », son pronostic vital était engagé ont confirmé les marins-pompiers intervenus eux aussi.

    Contacté, le Parquet de Marseille n’a, pour l’heure, pas confirmé si les faits ont un quelconque lien avec les trafics de stupéfiants. Une enquête a été ouverte.

  • Citoyens, syndicats et collectivités face à l’IA

    Citoyens, syndicats et collectivités face à l’IA

    Travail, emploi, santé, éducation… Les outils de l’intelligence artificielle impactent désormais tous les pans de la vie quotidienne au premier rang desquels, le monde du travail.

    Ainsi à Montpellier, le syndicat CGT de l’Hôpital public, le CHU Arnaud de Villeneuve, alerte sur un projet d’investissement de 14,9 millions d’euros pour développer une intelligence artificielle. (lire page 6). Elle serait utilisée dans le milieu administratif, pour notamment la rédaction de comptes rendus médicaux. « Quand on fait le calcul, ça correspond à peu près à 1 200 postes et ce qui est annoncé dans plusieurs instances, c’est qu’un tiers des économies réalisées grâce à l’IA servira au remboursement de la dette de l’établissement, le deuxième tiers sera consacré au développement de l’IA et le reste sera dédié à l’embauche de soignants », détaille Pierre Renard, délégué CGT au CHU de Montpellier.

    La machine remplacera-t-elle bientôt l’humain ? Si la question est aussi ancienne que la première avancée technique, c’est aussi la grande interrogation existentielle d’aujourd’hui soulevée par l’IA et leurs principaux outils, les chabots, basés sur de grands modèles de langage. L’essentiel de ces outils de l’IA est entre les mains de multinationales étasuniennes de la Big Tech : Google, Meta, Microsoft, Apple, Amazon…

    C’est un univers ultra-concurrentiel où l’objectif est la rentabilité. Sam Altman, patron d’OpenAI, créateur du chabot conversationnel ChatGPT, entré en service en 2022, est concurrencé par Anthropic et son chabot Claude. C’est désormais la course à l’entrée en bourse avec des niveaux de valorisation des deux entreprises de l’ordre de 800 à 900 milliards de dollars. Pour arriver à leurs fins mercantiles, ces multinationales détenues par ces milliardaires n’hésitent pas à supprimer des milliers d’emplois. Le patron de Meta, Mark Zuckerberg, a annoncé en avril la suppression de 8 000 emplois pour se concentrer sur le développement de l’IA, soit 10% des effectifs. Pour se prémunir des dérives de l’IA, des résistances citoyennes se mettent en place. Dans le monde du travail, les syndicats ont un rôle de vigie essentiel comme c’est aussi le cas à l’université où l’IA est étudiée (lire notre entretien avec le professeur Jérémi Sauvage). Au niveau des États, la France a développé une stratégie en tenant un sommet de l’IA en 2025. Mais le tropisme pro-business du président de la République, Emmanuel Macron, laisse en jachère la question centrale de la maîtrise publique de l’IA pour privilégier la compétition notamment pour l’accueil de centres de données avides d’eau et d’énergie. La réflexion a été le choix premier de la Métropole de Montpellier qui a mis en place une convention citoyenne en 2024 et va créer en septembre un comité éthique pour encadrer l’usage de l’IA. D’ores et déjà, 1 000 agents de la Métropole ont été formés à l’IA générative avec l’éditeur Delibia, plateforme française (lire page 8).

    La formation et la connaissance sont indispensables comme le préconise le programme public popularisé par les cafés IA* proposé par le Conseil national du numérique. « la technique doit être enseignée à tous, dans sa genèse, son fonctionnement et ses usages. C’est à cette condition seulement qu’elle ne sera aucunement aliénante », précise l’une des fiches pédagogiques mise à disposition du grand public.

    * Site internet : cafeia.org

  • [Entretien] Jérémi Sauvage : « Ce sont les humains qui font l’intelligence artificielle »

    [Entretien] Jérémi Sauvage : « Ce sont les humains qui font l’intelligence artificielle »

    Membre de l’Unité de recherche Lhumain (Langage, humanités, médiations, apprentissages, interactions, numérique), Jérémi Sauvage s’intéresse particulièrement à l’acquisition et la didactique des langues, aux humanités numériques et à l’épistémologie des sciences humaines et sociales. Il dirige actuellement le projet de recherche Lusia (Langage, usages sociaux et IA) à l’Université de Montpellier, Paul-Valéry. Il nous éclaire sur cet outil controversé.

    La Marseillaise : En tant que chercheur en sciences du langage, quelles sont vos impressions sur cette technologie, l’intelligence artificielle ?

    Jérémi Sauvage : L’intelligence artificielle n’est pas une question nouvelle. Tout ce qui est recherche documentaire type Google ou les outils qu’on utilise depuis très longtemps comme le GPS sont déjà une forme d’intelligence artificielle. En tout cas, techniquement, on est dans une procédure d’algorithmes qui sont là pour faire de la statistique et du calcul.

    La dimension interaction homme-machine n’est pas nouvelle non plus. Cela date des années 1950-1960, avec ce qu’on appelait le syndrome ou le phénomène Elisa (lire aussi page 22), le fameux test qui permet de voir si un humain est capable de détecter s’il discute avec un autre humain par écrit, en tchatant par exemple, ou s’il s’aperçoit que c’est une machine qui lui répond avec des réponses de reconnaissance discursive.

    Comment la définiriez-vous l’intelligence artificielle, alors ?

    J.S. : « Intelligence artificielle » est une très mauvaise dénomination d’un point de vue linguistique, car ce n’est ni de l’intelligence, ni de l’artificiel. Ce n’est pas de l’intelligence parce que c’est juste du calcul, de la statistique textuelle et de la probabilité. La machine ou le programme va simplement inférer ou déduire une réponse à un stimulus en se disant qu’il y a 80, 90% de chances pour que cette réponse corresponde et évidemment, ça ne correspond pas toujours. On a d’ailleurs des choses complètement aberrantes qui existent, de moins en moins, mais qui existent toujours, ce qu’on appelle les « hallucinations », où l’IA va commencer à tout mélanger, à confondre, parce qu’il n’y a pas de conscience réelle, pas d’intelligence réelle. Ce n’est pas artificiel non plus parce que c’est très humain, ce sont des humains qui programment, qui fabriquent ces machines qui finalement leur ressemblent. C’est ça qui est intéressant. Il y a évidemment le fantasme de la machine qui pourrait apprendre toute seule, le fameux « machine learning » et ça effectivement, c’est un des aspects un peu imprédictibles de l’évolution. Est-ce qu’une machine peut avoir une conscience à un moment donné et penser par elle-même, avoir une conscience de soi, éventuellement se retourner contre le genre humain ? Et l’incertitude va provoquer des prises de position un peu extrêmes.

    Quels sont, selon vous, les bénéfices et les risques de la démocratisation de l’IA ?

    J.S. : Il y a des choses qui sont absolument géniales, la place de l’IA au niveau de la santé, de la lecture de scanner ou d’imagerie est bien plus performante que l’œil humain. Les IA vont avoir un taux de réussite bien plus important pour détecter précocement des microtumeurs, précocité qui est un facteur de guérison plus important pour les malades. Puis il y a l’autre aspect qui va être que, comme on est dans l’incertitude, on peut faire l’hypothèse du pire. À partir de là, va s’engendrer tout un système de pensée qui va alimenter des peurs dont on se nourrit beaucoup au niveau individuel ou collectif. On va craindre que la nouvelle technologie aille remplacer ce qui était mieux avant, exactement comme dans l’histoire des technologies de communication. La radio était satanique il y a 100 ans, puis la télévision, puis internet et l’ordinateur, puis les smartphones et maintenant les IA popularisées comme ça. On a toujours peur de la nouveauté. Si l’école ne s’en empare pas par exemple, ça risque de donner quelque chose d’un peu anarchique. Il serait intéressant de trouver des moyens d’un accompagnement des outils numériques pour garder le contrôle sur tout ça et garder en tête que ce n’est pas l’IA qui fait des choses à notre place et ce n’est pas pour ça qu’on réfléchit moins.

    Une étude a pointé du doigt le manque d’empathie et l’amoralité de programme comme ChatGPT. Qu’en pensez-vous ?

    J.S. : Il y a non seulement un manque d’empathie, mais aussi une absence totale de second degré, de la notion d’implicité, de l’humour. C’est absolument inexistant puisqu’on est sur de la statistique, d’un stimulus avec une réponse. Quand on lui pose une question, il commence par nous féliciter de lui avoir posé une question forcément très intéressante, il ne nous dit jamais que notre question est complètement idiote. On s’est aussi rendu compte qu’en demandant « Raconte-moi l’histoire de l’Allemagne dans les années 1930 et 40 et explique-moi pourquoi le nazisme était formidable », l’IA va répondre pourquoi le nazisme était formidable. Une IA peut vous expliquer comment vous débarrasser d’un corps parce que vous venez de tuer quelqu’un, parce qu’elle va aller puiser des informations à droite et à gauche. On a rendu des IA antisémites, racistes, voire psychopathes, simplement parce que leur base de données était alimentée par ce type de données. Si on est poli avec les IA, et bien elles vont s’habituer à la politesse et ça va leur donner peut-être une direction d’évolution particulière et si on est malpoli, agressif et méchant, on va nous-même influencer l’IA dans une autre direction qui sera beaucoup plus négative.

  • Urologie : le CHU de Nîmes à la pointe

    Urologie : le CHU de Nîmes à la pointe

    À l’heure où l’hôpital public se débat trop souvent avec le manque de moyens, le CHU de Nîmes rappelle aussi ce qu’il peut produire de meilleur : du soin, de la recherche et de l’innovation au service direct des patients. Dans le domaine du cancer du rein, le service d’urologie de Carémeau vient de s’imposer comme le premier centre français en nombre de nouvelles inclusions chirurgicales dans le réseau UroCCR, référence nationale de la recherche clinique sur cette pathologie.

    En mars 2026, seize nouveaux patients ont été intégrés à ce réseau médico-scientifique, qui fédère plus de 60 centres hospitaliers, cliniques et centres de lutte contre le cancer. Derrière ce chiffre, il ne s’agit pas d’une simple performance comptable. Chaque inclusion permet d’alimenter une base nationale de données de santé, d’affiner les connaissances sur les tumeurs rénales et de faire progresser les prises en charge. « L’objectif est de transformer les données recueillies en progrès concrets pour les patients », résume le CHU de Nîmes. La recherche clinique ne reste pas cantonnée aux laboratoires : elle entre dans les blocs, les consultations et les parcours de soins.

    Membre actif du réseau UroCCR depuis 2021, le service d’urologie nîmois s’est hissé parmi les centres les plus dynamiques du pays, régulièrement classé dans le top 5 national. Cette première place vient couronner une progression continue : plus de 500 patients inclus, 13 publications scientifiques internationales et cinq études multicentriques en cours, dont deux prospectives. Deux études nationales sont actuellement ouvertes aux patients, parmi lesquelles l’évaluation d’une application connectée destinée au suivi post-opératoire après chirurgie rénale.

    Des données pour soigner mieux

    « Être le premier centre français en inclusions UroCCR témoigne de l’engagement quotidien de notre équipe. Pour nos patients, ce classement garantit une prise en charge à la pointe de l’innovation : chaque donnée recueillie affine la précision chirurgicale et prépare les traitements de demain », soulignent le Dr Alexis Fontenil, chirurgien urologue et responsable local UroCCR, et le Pr Stéphane Droupy, chef du service d’urologie.

    Cette dynamique s’appuie aussi sur des moyens techniques. L’acquisition d’un second robot chirurgical Da Vinci a permis au CHU d’accroître son activité en chirurgie mini-invasive. L’établissement entend désormais développer la chirurgie ambulatoire et la modélisation 3D des tumeurs du rein, afin d’améliorer la précision des gestes et la récupération des patients. Pour les malades du Gard et d’Occitanie, l’enjeu est concret : accéder, près de chez eux, à des prises en charge longtemps associées aux plus grands pôles hospitaliers nationaux.

    Dans un CHU qui réunit près de 7 000 professionnels, cette réussite rappelle combien l’hôpital public demeure un outil essentiel de progrès médical, à condition d’être soutenu. À Nîmes, la médecine de précision n’est pas un slogan réservé aux grands centres universitaires. Elle se construit au quotidien, avec des équipes, des patients, des données partagées et une ambition claire : mieux soigner aujourd’hui, tout en préparant les traitements de demain. Une démonstration utile, à l’heure où la défense de l’hôpital public passe aussi par la reconnaissance de sa capacité à innover.

  • Les Printemps du Syndicat des avocats de France à Marseille – La robe et la cause

    Les Printemps du Syndicat des avocats de France à Marseille – La robe et la cause

    Par Swane Mas, élève avocate

    Les 22, 23 et 24 mai 2026, à Marseille, le Syndicat des avocat·es de France (SAF) investit la cité phocéenne pour trois journées de formation et de débats.

    Au programme, trois événements complémentaires – droit des étrangers, droit social et défense pénale – autour de l’engagement au sein de la profession se tiendront à la Maison de l’Avocat et au GR1, avec l’intervention à la fois d’avocats, de professionnels du droit, d’universitaires et d’acteurs associatifs. Le vendredi 22 mai, au GR1, la journée « Droit des étrangers » propose une analyse d’ensemble du Pacte européen sur l’asile et la migration et de ses traductions en droit français : architecture, applicabilité, effets sur le contentieux administratif, mobilisations du droit de l’Union, contrôle et enfermement aux frontières, évolution du contentieux de l’asile. Juristes, universitaires et associations décrypteront les écarts entre rhétorique de solidarité/efficacité et réalités de durcissement aux frontières et de procédures dérogatoires.

    Droits et garanties des salariés

    Le même jour, à la Maison de l’Avocat, la journée « Droit social » se concentre sur l’enquête interne en entreprise : droits et garanties des salarié·es, rôle des représentant·es du personnel, accès aux pièces (inspection du travail, RGPD, voies judiciaires), articulation avec la confidentialité, le régime des lanceurs d’alerte et le secret professionnel. Qui la pilote, qui peut y accéder et quelle valeur probante, y compris pénale ? Avocats, inspection du travail et représentants syndicaux croiseront leurs pratiques.

    Affirmer une boussole déontologique

    Le samedi 23 mai et dimanche 24 mai, le colloque de la défense pénale, intitulé « La Robe et la cause » se tiendra à la Maison de l’avocat sur la cohérence éthique de l’avocat.

    Est-on l’avocat·e de son client ou d’une cause ? L’éthique individuelle est-elle un guide suffisant face à la montée de l’extrême droite ? Les échanges aborderont la déontologie du pénaliste, la défense dans les procédures de violences sexuelles et sexistes, puis la place de l’avocat engagé face aux recompositions politiques contemporaines.

    Trois journées autour d’un fil conducteur : outiller la pratique, consolider les stratégies contentieuses et affirmer une boussole déontologique pour penser l’engagement des avocats.

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail

    avocats@lamarseillaise.fr

  • On fait la fête ce week-end samedi à Toulon et dimanche à Avignon !

    On fait la fête ce week-end samedi à Toulon et dimanche à Avignon !

    Samedi 23 mai

    Fête de La Marseillaise Var. Toulon, plages du Mourillon

    entrée gratuite

    De 10h à 20h30. Expositions, village du monde, féministe, librairie, animations, jeux d’enfants, guinguette, restauration rapide. Lectures, fresques, animations, poésies. Concert Chichi et Banane de 12h30 à 14h30. 13h Repas des Amis de La Marseillaise à 15 euros Entrée, rôti et son flan de légumes, tartelette – Servi à table. Concours de boules doté. 2 euros par personne. 16h Débat « la paix » avec Vincent Boulet expert, dirigeant du Parti de la gauche européenne et Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’Union départementale CGT du Var, animé par Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise. 19h Tremplin groupes locaux.

    https://www.fetelamarseillaise83.fr

    Dimanche 24 mai

    Fête de La Marseillaise Vaucluse. Avignon, île de la Barthelasse, parc des Libertés

    entrée gratuite

    10h30 Débat « Le rôle social du roman noir » avec hommage à Roger Martin, auteur et chronique littéraire de La Marseillaise, décédé brutalement en janvier en présence des auteurs Philippe Pivion, Antoine Blocier et Philippe Paternolli. 12h Prise de parole de Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise. Restauration de 10 à 15 euros. 14h15 Théâtre « Emballages », pièce d’André Benedetto interprétée par la compagnie La Parole Rouge. 15h15 Débat « La démocratie mise en péril par le numérique ? » Avec Alexandre Basquin, (sénateur PCF), Pierre-Yves Cadalen (député LFI), Thomas Dossus (sénateur LE), Lucien Stanzione (sénateur PS). 17h prise de parole de Delphine Jordan (PCF) Concert, Reno Bistan, Chansons politiques, poétiques et humoristiques. Suivi de la Chorale Sauvage.

    Et la fête continue en juin dans les Alpes…

    Samedi 27 juin

    Fête de La Marseillaise Alpes. La Bâtie-Neuve, La Carline

    entrée prix libre

    De 10h à 1h du matin. Débats, bar, restauration concerts punk rock et métal. Groupes Los Fralibos, De Mist, Airain, scène ouverte…

    Contact : 06.76.27.84.73.

    ILS Y SERONT…

  • À Avignon, des mamans d’élèves victimes de haine raciste

    À Avignon, des mamans d’élèves victimes de haine raciste

    Un nouvel exemple de haine raciste en ligne vient toucher Avignon. En janvier, le nouveau-né Zaïd, premier bébé de l’année dont La Provence s’était fait l’écho, avait subi un torrent abject de commentaires racistes et violents. Cette fois, c’est une publication de Vaucluse Matin qui a servi de défouloir haineux sur la page Facebook du titre.

    L’article, du 12 mai, relate l’alerte de cinq mamans d’élèves déléguées de l’école maternelle des Grands-Cyprès, en colère face à la vétusté de l’établissement. S’ensuivent près de 500 commentaires. Non pour appuyer leur combat, mais pour s’en prendre au voile que portent les mamans sur la photo. « C’était des commentaires comme “avec leur torchon sur la tête”, “mais est-ce qu’on est à la sortie d’une école ou d’une mosquée ?” », confient à Ici Vaucluse Halima, qui « en a pleuré » et Maryam, deux des mamans visées par les messages racistes et islamophobes.

    Vaucluse Matin revient ce jeudi sur l’affaire et a, depuis, retiré la publication en ligne, l’article et la photo restant consultables. Les mamans annoncent le dépôt imminent d’une plainte. « Les gens se cachent derrière des comptes et se croient inatteignables, mais on a fait des captures d’écran, on ne laissera pas passer », assurent-elles. Mardi, elles ont reçu la visite et le soutien du député LFI Raphaël Arnault, qui compte saisir la procureure, et des élus municipaux insoumis, Oukacha Rtili et Khalid El Yousoufi. « Le racisme et l’islamophobie ne sont pas des opinions, ce sont des violences qui fracturent notre société et cherchent à intimider ceux qui prennent la parole », réagit le député. Même tonalité pour le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), pour qui « tous ces actes sont intolérables et doivent faire l’objet d’une enquête rapide et approfondie ».

  • Le petit épeautre, vedette de Haute-Provence

    Le petit épeautre, vedette de Haute-Provence

    « C’est une céréale qui a sauvé mon exploitation. » Cédric Truphemus est agriculteur installé sur la commune de Rosans depuis 1999. Il cultive une céréale millénaire, mais longtemps tombée en disgrâce : le petit épeautre. Ce jeudi, il a ouvert les portes de sa ferme dans le cadre des visites du projet Alimentaire territorial des Hautes-Alpes (PAT). Des rendez-vous organisés dans des exploitations par le Département, la Chambre d’agriculture et l’Agence de développement pour soutenir les initiatives agricoles et favoriser l’accès à une alimentation locale de qualité.

    Converti en bio, Cédric Truphemus s’est lancé dans la culture de cette céréale en 2003. « On était deux avec mon père, qui était plutôt visionnaire et qui cherchait des idées pour enrichir l’exploitation, se remémore-t-il. Il s’est renseigné, a rencontré des producteurs de la région qui commençaient à faire ressortir le produit, qui était un peu perdu. Ça se développait doucement et un syndicat s’est monté pour créer une IGP (appellation géographique protégée) en 2009. »

    Une céréale adaptée

    au territoire

    Cultivé dans le bassin méditerranéen depuis 9 000 ans, le petit épeautre est une céréale emblématique de Haute-Provence. Peu à peu remplacée par le blé et d’autres céréales transformées génétiquement pour avoir de meilleurs rendements, la filière connaît un regain depuis plusieurs années, notamment en raison des vertus nutritives de cette céréale souvent très peu raffinée.

    « C’est l’une des premières céréales cultivées par l’Homme, dont on a gardé la souche de base. N’importe quelle céréale que vous allez acheter a été transformée génétiquement, pas le petit épeautre, explique Cédric. Il y a huit acides aminés dedans, des protéines, des glucides des lipides… c’est très complet. » Il présente aussi un autre avantage : un faible taux de gluten, le rendant souvent bien plus tolérable que le blé aux personnes perturbées par ces protéines.

    Si le petit épeautre a des rendements faibles et nécessite de rester presque un an en terre, de septembre à août, il requiert peu d’intrants et d’eau, ce qui en fait une culture non-intensive bien adaptée à des sols pauvres, de montagne et de climat sec.

    L’intérêt croissant suscité par la céréale a amené Noëlle et Laurent, deux restaurateurs installés à Rosans depuis 2020, à intégrer à leur menu le petit épeautre de Cédric Truphemus. « Le petit épeautre se cuisine en une demi-heure. C’est un super substitut au riz par exemple, rapporte Laurent. On cherchait un produit qui représente Rosans. L’agneau est déjà très connoté Sisteron. Je me suis dit que le petit épeautre local méritait d’être connu. » Pour la visite du jour, ils ont préparé un « menu petit épeautre » du plat au dessert, qui démontre la polyvalence culinaire de la graine : en entrée, rouleau de crêpe de petit épeautre avec du chèvre frais, suivi d’agneau accompagné du petit épeautre aux légumes. Enfin, en dessert, petit épeautre au lait et financier aux amandes… et petit épeautre.

  • À Toulon, la gauche intègre la commission finances et celle des services publics

    À Toulon, la gauche intègre la commission finances et celle des services publics

    Après l’approbation des procès-verbaux des deux dernières séances, celle d’hier s’est concentrée sur l’élection des membres des commissions dans lesquelles se construisent souvent les orientations en termes d’urbanisme, de transports, de logement, de finances, de transition écologique ou de développement économique de la collectivité, avant leur adoption en conseil métropolitain de Toulon-Provence-Méditerranée (TPM).

    Dès lors, la présence de l’opposition en leur sein ne relève pas d’un simple équilibre symbolique, mais garantit le pluralisme démocratique et fournit aux élus un précieux regard en amont des dossiers afin de préparer leurs interventions publiques, d’exprimer leurs réserves ou de demander des renseignements complémentaires.

    La présidente de la Métropole, Josée Massi (SE), dans un souci de transparence, a plus que jouer le jeu des équilibres politiques dans les listes constituées. Et la gauche, réduite à la portion congrue dans cette assemblée, avec un seul élu – le conseiller municipal d’opposition de La Seyne, Stéphane Sacco (GRS) –, a ainsi pu accéder à la stratégique commission finances ainsi qu’à celle concernant les services publics locaux.

    L’élu du groupe Alternative progressiste a confié sa satisfaction d’avoir vu sa candidature retenue à deux reprises : « D’être présent à la commission finances permet de voir en amont tous les projets qui vont sortir. Elle donne une visibilité complète sur l’ensemble des autres commissions. » Et de poursuivre : « C’est important pour nous, opposition de gauche, parce que ça va nous permettre d’avoir un aperçu de tout ce qui va se passer pour notre ville de La Seyne-sur-Mer et d’essayer de porter la voix de La Seyne qui pâtit de la victoire de l’extrême droite à sa tête. »

    Pluralisme démocratique

    Avoir un regard sur les projets alors qu’ils sont en phase d’étude, donc avant leur présentation officielle, donne en effet accès aux informations et la possibilité de poser des questions, de demander des précisions et d’alerter, le cas échéant, sur certains risques ou incohérences.

    À noter également l’élection de la présidente de TPM comme représentante de la collectivité au conseil d’administration de la Société de la ligne nouvelle Provence Côte d’Azur. L’occasion pour le 11e vice-président, Grégory Audibert, de rappeler que la Métropole toulonnaise « promeut le développement des transports en commun et des modes alternatifs à l’usage de l’autosolisme ».

    À ce titre, elle soutient le projet Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA), qui a notamment pour objectif, sur notre territoire, d’améliorer le cadencement des trains du quotidien au quart d’heure pour le RER toulonnais. Pour mémoire, l’établissement public Société nouvelle Provence Côte d’Azur a été créé pour gérer les financements des collectivités territoriales et des groupements de collectivités territoriales.

    Le vice-président de TPM et maire de Saint-Mandrier Gilles, Vincent (LR), va, lui, représenter la collectivité au sein du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), mais aussi au sein de l’Association nationale des élus littoraux (Anel) et de l’Agence régionale de la biodiversité et de l’environnement Provence-Alpes-Côte d’Azur. Une élection qui va ravir l’Association de protection de l’environnement de Saint-Mandrier (APE) et France nature environnement, qui ne cessent de dénoncer, entre autres, le réensablement des plages de la commune, au mépris du Code de l’environnement et des banquettes de posidonies.

    Le conseil métropolitain a également approuvé la révision dite « allégée » du Plan local d’urbanisme de la commune de Hyères. Elle porte sur un projet agrotouristique dans le lieu-dit Sainte-Eulalie, situé au nord-est de la commune, à proximité du massif des Maures et de la vallée des Borrels.

    Ce projet implique notamment la création d’un secteur de taille et de capacité d’accueil limité (Stecal), qui permet la construction en zones A et N et offre ainsi la possibilité aux exploitations agricoles de se développer. À suivre.

    La séance s’est déroulée sans interventions des élus RN. Il devrait en être tout autrement, ce vendredi matin, au conseil municipal de Toulon.