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  • Levée de boucliers pour défendre le Planning familial de Carpentras

    Levée de boucliers pour défendre le Planning familial de Carpentras

    « On ne laissera pas tomber le territoire de Carpentras et les personnes vulnérables qui ont besoin que l’on soit auprès d’elles », clame Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial en Vaucluse, trois jours après que la municipalité RN de Carpentras a voté en conseil municipal la suppression des subventions qu’elle accordait à l’association.

    Une aide de 3 000 euros par an qui ne sera donc plus versée. « Le Planning familial n’arrête pas de taper gratuitement sur le Rassemblement national », reprochait ainsi ce vendredi 5 juin le premier magistrat, qui est aussi député (RN), Hervé de Lépinau. Une somme « qui ne représente pas grand-chose dans notre budget de 900 000 euros. C’est plus symbolique », regrette la présidente, qui rétorque qu’elle ne « tape pas gratuitement » sur le parti à la flamme, mais que « c’est parce que nous défendons les droits fondamentaux que sont pour nous l’IVG, l’égalité hommes-femmes, la contraception, l’éducation à la sexualité. Des droits acquis en termes de santé sexuelle qui peuvent être en danger. On a des idées fondamentalement opposées », pose-t-elle.

    Le maire s’est également permis comme commentaire que la structure « n’est pas là pour pourrir davantage le cerveau » des adolescents « pour aggraver cette question de l’identification de leur identité ». Une référence à une affiche du Planning familial, datant de 2022, présentant un couple au sein duquel un homme transgenre attend un enfant. « Cette affiche peut, sortie de son contexte, questionner », concède la responsable associative. Mais elle explique que cette communication avait été réalisée dans le cadre d’une formation destinée à des personnes déjà en transition de genre. « L’information n’est ni triée, ni sélectionnée, ni expliquée, ni contextualisée. On les accompagne plus qu’on ne les bouleverse », conclut Anne-Lise Nadaud.

    « Conséquences sanitaires »

    Plusieurs formations politiques de gauche ont dénoncé cette décision. Le Parti socialiste regrette dans un communiqué que cela « apparaît comme un mauvais signal envoyé aux acteurs associatifs et à tous ceux qui œuvrent au quotidien pour la cohésion sociale et l’émancipation de chacun ». « En réalité, ce n’est pas le Planning familial qui n’aime pas le RN, mais le RN qui n’aime pas le Planning familial. La liberté pour les femmes, leur libre choix, n’est donc pas dans l’ADN du RN et donc de Monsieur de Lépinau. Chacune, chacun devra s’en souvenir », pointe de son côté la section vauclusienne du PCF. Tandis que la Ligue des droits de l’Homme rappelle que « cette décision ne peut être dissociée des positions publiques du député RN Hervé de Lépinau sur l’interruption volontaire de grossesse. Il a notamment qualifié l’avortement de délit et comparé l’IVG à des génocides tels que la Shoah ».

    Dons sur helloasso.com

  • Logement social dans le Var : les partisans de « l’ordre » s’insurgent contre la loi

    Logement social dans le Var : les partisans de « l’ordre » s’insurgent contre la loi

    Depuis la présentation par le préfet la semaine dernière de sa stratégie pour augmenter la production de logements sociaux dans le département, afin de répondre aux besoins de la population, en termes de dignité pour commencer, les réactions d’hostilité ne se sont pas fait attendre. Comme si la droite et l’extrême droite si promptes à réclamer toujours plus de fermeté envers la jeunesse s’acharner à défendre avec presque autant de ferveur les maires hors la loi.

    Pour mémoire, le représentant de l’État annonçait aussi l’audience prochaine des premiers magistrats. L’objectif étant d’évaluer les résultats de l’application de la loi Solidarité et renouvellement Urbain (SRU) pour l’exercice 2023-2025. Ainsi que le volontarisme des élus aux manettes. Avec la ferme intention de réclamer à tous ceux qui continuent de traîner les pieds de s’engager dans une voie vertueuse au risque sinon de perdre la main sur la délivrance des permis de construire. Rien de scandaleux, au contraire. Puisque les récidivistes sont invités une fois encore à mieux faire. Déjà beaucoup trop pour le maire de Carqueiranne qui aussitôt crie à l’injustice.

    « Il m’a parlé comme à un enfant », déclare-t-il en conseil municipal (des propos rapportés par notre confrère Var Matin), faisant même planer la menace de démissionner. Le référent de la Fondation pour le logement Jean-Paul Jambon rappelle pour commencer qu’« en septembre 2020 Arnaud Latil alors fraîchement élu, fut déjà soumis à la question par la commission départementale pour l’exercice 2018-2019 ». Sur un bilan donc dont il n’était alors pas responsable, consent-il. Mais le militant logement de préciser, que lors de ces rencontres avec le préfet le maire n’aurait pas non plus laissé entrevoir d’emblée trop d’intérêt pour le logement social.

    À cela s’ajoute l’absence d’un Plan local d’urbanisme de la commune, insiste-t-il. Et ce malgré les propositions en 2024 de l’ancien préfet du Var Philippe Mahé qui proposait de mettre à sa disposition les services de l’État pour l’aider dans cette démarche.

    Aucun « volontarisme »

    « Contrairement donc à ce qu’il prétend avoir entrepris depuis 2020, le volontarisme ne semble pas avoir été à l’ordre du jour, et l’on peut comprendre l’agacement du préfet Babre chargé de faire appliquer la loi et de recourir aux moyens préconisés par le Ministre du logement dans sa dernière circulaire », juge Jean-Paul Jambon. Le militant logement, en profite d’ailleurs pour s’étonner de l’intervention du président du département Jean-Louis Masson (LR) venu à la rescousse du maire de Carqueiranne qui, selon lui, « défend avec détermination les intérêts de sa commune et de ses habitants ». Vraiment ? L’intérêt général n’est-il pas de répondre aux besoins de ses habitants ?

    Et de rappeler « une tribune conjointe des maires de MTPM en 2022 », du même acabit, fustigeant le préfet de l’époque Evence Richard, que Jean-Louis Masson traitait de « préfet servile », tout ça parce qu’il faisait appliquer la loi.

    Ce qui est un petit peu surprenant venant d’ancien un officier supérieur de la gendarmerie. La députée d’extrême droite Laure Lavalette est également montée au front, non pas pour défendre les intérêts des classes populaires, mais pour pilonner la loi SRU, « une stupidité sans nom, promulguée par la gauche ». Selon elle, les maires n’ont besoin de personne pour construire en respectant l’urbanisme, l’environnement et la demande sociale. Une blague ? Pour ce qui est de Carqueiranne, en 2023 on comptait 5,56% de logement sociaux contre 4,84% en 2002, soit une progression de 0,72% en 20 ans.

    Pendant que les demandes, elles, progressaient de 11,85% avec une tension de 14,4% c’est-à-dire une attribution pour 14 demandes. Sans commentaire.

  • La répression des fraudes passe au peigne fin le Salon Côté sud

    La répression des fraudes passe au peigne fin le Salon Côté sud

    À l’entrée du Salon Côté Sud, ils sont cinq à dégainer une carte professionnelle floquée du drapeau tricolore. Au dernier jour de ce salon d’arts et design, installé au parc Jourdan, les agents de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) s’attellent à contrôler différents stands installés sur cet immense Salon. Ustensiles de cuisines, couverts, produits cosmétiques, parfums d’intérieur, bijoux et vêtements… En résumé, « on fait attention à l’affichage, explique S.I., l’une des agents de répression des fraudes. Mais aussi à la loyauté et la sécurité ». Soit à la véracité des allégations thérapeutiques, environnementales, et autres, vantés autour du produit. Mais aussi à ce qu’il soit sûr pour son consommateur. Au niveau local, la DGCCRF est constituée de trois services : le contrôle de l’alimentaire, des produits industriels, types jouets et produits chimiques, et le contrôle des prestations de service. Des prélèvements, peuvent parfois être effectués sur les textiles, avant d’être envoyés au Service commun des laboratoires (SCL), « partagé par la DGCCRF et le ministère de l’Économie et des Finances », précise l’agent. Premier arrêt pour une partie des fonctionnaires, répartis en groupes, un stand de tissus et vêtements de plage, arrivé de Saint-Malo. « C’est tout Made in France ! », lance fièrement la commerçante, habituée aux contrôles. « C’est ce qui nous intéresse ! ». « On a donc une allégation d’origine et de pur coton. Il y a un certain nombre de choses qu’on va faire vérifier par demande documentaire. Elle aura quinze jours pour nous envoyer tout ça », explique E.B., l’un des agents, tout en manipulant des textiles et analysant l’étiquetage. « Il n’y a que la composition qui est obligatoire. Pour nous, l’origine ne l’est pas. Mais si on la met, il faut être honnête. »

    Une vingtaine de stands contrôlés

    Sur ce premier stand, l’échange reste préventif. « On préfère prévenir que guérir. Guérir passe soit par des procédures administratives, soit par des procédures pénales. Soit des avertissements ou des injonctions, sinon ce sont des procès-verbaux pénaux, pour pratique commerciale trompeuse, infractions diverses relatives au produit… », poursuit ce même agent. « C’est quand même intéressant, il y a un échange pour corriger des choses », lance la commerçante Direction ensuite un stand de créateur. Le site internet de cette boutique indépendante a déjà été contrôlé. « Je pense que vous connaissez nos services », introduit S.I. Sur ce stand, un défaut de labellisation des matériaux est pointé. « Il va falloir indiquer le matériau », soutiennent les agents à cette commerçante, qui explique être seule pour « tout gérer » et indiquer oralement la composition de ses bijoux à ses clients. « J’ai jamais eu aucun souci (…) un moment je suis artisan, je fais tout toute seule, je fais tout ça dans mon atelier… Vraiment, je ne vends pas de la drogue quoi, plaide cette commerçante. C’est un peu tiré par les cheveux. Si je vendais des produits très chers, tout ça, je comprendrais la démarche. Mais là, on voit bien la différence des prix sur la vitrine. » Une première mesure de police administrative lui avait été envoyée, sur un premier contrôle. « Je pense qu’on va lui faire un courrier d’avertissement, pour lui rappeler la réglementation », explique E.B. « En général, les professionnels nous indiquent qu’ils sont de bonne foi on n’en doute pas on adapte [les mesures, Ndlr] », indique I.S. Côté commerçants, la complexité des règles et mesures à connaître et suivre reviennent régulièrement, sur les contrôles. « La réglementation européenne est quasiment présente sur l’ensemble des produits », contextualisent les agents. Sur un autre stand de produits cosmétiques provençaux, une « jeune » boutique, l’inquiétude s’impose comme première réaction face au contrôle. « Vous connaissez la réglementation autour des produits cosmétiques ? » pose I.S. « Je défie un ingénieur de donner toute la réglementation applicable sur le cosmétique », ironise ce commerçant, chez qui quelques modifications seulement sont à faire, notamment sur l’appellation d’ingrédients d’origine naturelle. « Je crois qu’à la répression des fraudes, on applique 10 000 textes », confie l’un des agents. Au total, une vingtaine de stands ont été contrôlés. « Plusieurs contrôles d’allégations sur l’origine des produits doivent encore être approfondis » et « un peu moins d’une dizaine de non-conformités mineures ont été relevées (…) », indique la DGCCRF.

  • Le Mouvement associatif alerte sur les difficultés dans le secteur

    Le Mouvement associatif alerte sur les difficultés dans le secteur

    Porte-voix des associations, le Mouvement associatif Région Sud Paca, qui s’inscrit dans l’Économie sociale et solidaire, a invité lundi ses structures et les représentants des grands réseaux afin de rendre visibles leurs actions, d’élire son conseil d’administration et son nouveau président, Christian Guibert. « Nous avons comme objectif de renforcer la cohésion du mouvement et d’amplifier son écosystème. Cela avec des valeurs de solidarité, de tolérance, d’initiatives et de démocratie participative », souligne-t-il. À ce titre, le Mouvement associatif a mis en place des forums pour valoriser l’emploi associatif et des formations pour les bénévoles.

    Au regard de la situation, les associations se mobilisent également pour dénoncer les difficultés économiques auxquelles elles font face : « On a besoin d’être plus nombreux. On se sent en danger financièrement », déclare Lisa Le Pann, trésorière régionale des Éclaireuses et Éclaireurs de France. C’est dans ce contexte que le partenariat avec la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes), prend sens : « Les ressources sont sous tension, les associations font face à des difficultés croissantes. Nous voulons faire du Mouvement associatif un levier de la politique publique », explique Peggy Froger, responsable jeunesse à la Drajes.

    Lutter contre l’extrême

    Autre menace : la montée de l’extrême droite, en opposition aux valeurs de démocratie participative et humaniste du Mouvement associatif. Yannick Ohanessian, adjoint (PS) au maire et délégué à la vie associative, rappelle : « Face à cette menace, nous devons faire bloc collectivement. Là où certains détruisent, Marseille essaie humblement de protéger et d’investir », soutient-il. Laurent Lhardit, député (PS) de la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône, partage : « La menace pourrait être plus forte si le pouvoir politique venait à considérer que vos actions présenteraient une entrave à une idéologie, qui considère que la culture peut devenir une perversion dès lors qu’elle ne nourrit pas un projet politique identitaire. » Un enjeu d’autant plus important à l’approche de l’élection présidentielle.

  • [Entretien] Laurence Blisson, Syndicat de la magistrature : « Un phénomène systémique entretenu par le manque de moyens »

    [Entretien] Laurence Blisson, Syndicat de la magistrature : « Un phénomène systémique entretenu par le manque de moyens »

    La Marseillaise : Dans l’affaire Lyhanna, le président de la République et le garde des Sceaux excluent tout manque de moyens. Est-ce entendable ?

    Laurence Blisson : Il y a une émotion évidente vis-à-vis de la famille. De manière générale, pour tout magistrat, voir se produire ce type d’acte, ce n’est jamais quelque chose d’anodin. L’idée, ce n’est pas d’empêcher une discussion. Mais entendre le président de la République soutenir qu’il ne peut pas y avoir de question de moyens, c’est sidérant par rapport à l’état médiocre des moyens judiciaires et policiers qui sont dédiés aux questions de protection de l’enfance. C’est méprisant pour tous les enquêteurs, les magistrats qui, au quotidien, passent leur temps à essayer de prioriser pour, justement, éviter ce type de situation. Les signalements répétés sur ce sujet témoignent de l’insuffisance structurelle et endémique des moyens que ce soit dans le champ de la prévention ou des enquêtes. Il y a un problème systémique de traitement des violences sexuelles, le syndicat le dénonce depuis plusieurs années.

    À Marseille, huit procureurs, deux attachés de justice et un assistant de justice sont dans le pôle « mineur famille » du parquet qui traite des affaires dans lesquelles les mineurs sont auteurs ou victimes ainsi que des procédures d’assistance éducative – donc de toute la protection de l’enfance –, des affaires de violences intrafamiliales, qu’elles soient sur le conjoint ou sur les enfants, etc. En 2025, le nombre de procédures traitées sur la seule partie des violences intrafamiliales est de 4 093. Cela équivaut donc à 511 procédures par procureur dans l’année et ce n’est vraiment qu’une infime partie de leurs contentieux. Prétendre qu’il n’y aurait pas de question de moyens c’est scandaleux du point de vue de la responsabilité que le pouvoir politique se donne.

    Gérald Darmanin presse les procureurs généraux de « reprendre l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », environ 70 000, avant le 14 juillet. Est-ce possible ?

    L.B. : C’est difficile de comprendre exactement ce dont il parle. S’agit-il de procédures qui seraient déjà enregistrées dans les tribunaux et pour lesquelles une réponse pénale ne serait pas encore donnée ou de procédures qui sont dans les commissariats ? L’activité pénale va s’arrêter pour faire cet état des lieux ? Et une fois que c’est fait, concrètement, il va se passer quoi ? Les procureurs priorisent quotidiennement ce type de situation, en se demandant quelle enquête doit aller le plus vite. S’il n’y a pas d’enquêteurs supplémentaires dans les brigades des mineurs, qu’est-ce qui va se passer pour ces 70 000 procédures ? Il y a une dimension de communication politique derrière tout ça. Cette enquête elle est en cours. La période de deuil des parents et des proches de cet enfant a à peine commencé. Dans cette précipitation à vouloir chercher le fautif, on oublie que le coupable, c’est la personne qui a tué cet enfant. Il y a une impasse de la pensée. C’est assez désespérant de voir une grande partie de la classe politique s’engouffrer dans cette voie. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut jamais réfléchir à ce qui peut dysfonctionner ou sur comment on peut faire les choses différemment. Mais je crois que là, il y a une ouverture vers toute une série de propositions démagogiques.

    Dans un communiqué, votre syndicat déplore la priorisation des « opérations de communication de type Place nette », au détriment du reste ?

    L.B. : En ce qui concerne le tribunal judiciaire de Marseille, il y a évidemment une focalisation importante sur la question du trafic de stupéfiants. Lorsque Gérald Darmanin dit « ma circulaire de janvier 2025 n’a pas été appliquée », il oublie de dire que dans ce document il y a deux lignes sur la priorisation sur les violences faites aux enfants et deux pages sur la lutte contre le narcotrafic. Le réel que vivent les magistrats et notamment ceux du parquet, c’est un empilement de circulaires qui empilent des priorités sur des priorités. Il y a peut-être un affichage d’un discours politique dans ce contexte-là, mais il n’y a pas de réel souci d’organiser les choses pour véritablement prendre en charge ce type de procédures. Dans la région, il y a énormément d’enquêtes. Les moyens policiers mis dans les brigades de protection de la famille, dans les brigades des mineurs sont insuffisants et, a fortiori, quand on est sur une telle priorisation presque obsessionnelle sur la question du trafic de stupéfiants. Les derniers débats à l’Assemblée nationale ont porté sur le rodéo urbain, sur toutes ces infractions de voie publique qui sont l’obsession politique habituelle. Donc aujourd’hui, chercher à faire porter sur la seule institution judiciaire et policière la responsabilité d’un phénomène systémique entretenu par ce manque de moyens, c’est vraiment malhonnête.

  • Le plan de sécurité des plages lancé sur tout le littoral

    Le plan de sécurité des plages lancé sur tout le littoral

    Alors que la saison balnéaire a débuté le 29 mai à Marseille, Corinne Simon, préfète de police déléguée des Bouches-du-Rhône et Pierre-Marie Ganozzi, adjoint au maire de Marseille en charge de la sécurité et des services de police, ont présenté ce lundi 8 juin les dispositifs de sécurisation des plages. « Ce dispositif, combiné entre police nationale et police municipale, doit permettre à chacun de passer le meilleur été possible », précise Corinne Simon. Effectif jusqu’au 31 août, il vise trois objectifs selon la préfète : « Assurer une présence pour rassurer les usagers, intervenir le plus rapidement en cas de besoin et pouvoir faire des contrôles. » Marseille compte 21 plages, dont 14 zones de baignade intégrées au dispositif de surveillance. Pour cet été, 104 nageurs-sauveteurs seront mobilisés sur le littoral et des équipes de CRS viendront renforcer les effectifs à partir de la mi-juillet, selon la préfecture. Sur le terrain, le plan prévoit également le déploiement de plus de 100 policiers municipaux dans les quartiers littoraux et sur les plages, afin d’assurer la sécurité des usagers.

    Un maillage de prévention renforcé

    Ville et préfecture veulent aussi miser sur la prévention. « Des médiateurs sociaux seront déployés pour faire de la prévention concernant notamment les plongeons, le protoxyde d’azote et autres pratiques addictives », explique Pierre-Marie Ganozzi. Des équipes de médiation seront donc présentes au quotidien sur les plages. « On va vers les gens, les acteurs locaux et les commerçants. On fait de la sensibilisation et de la prévention sur le vol par exemple, détaille Jérôme Borgeot, médiateur social et membre de l’association Pops, chargée de la médiation de jour. Le but, c’est de créer du lien pour que la population se sente le plus en sécurité possible », appuie-t-il. Le dispositif Safer Plage, déployé depuis deux ans, sera également reconduit pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. L’application « permet de faire des signalements que vous soyez victime ou témoin d’une agression », précise l’adjoint au maire.
    « Lorsqu’il y a un signalement, on envoie l’équipage le plus proche selon la zone géographique, explique Céline Lefléfian, directrice de la police municipale de Marseille. Les équipes de vététistes et de motards peuvent se déplacer assez vite pour intervenir », précise-t-elle.

    Comme les années précédentes, la plage des Catalans bénéficie cet été d’horaires d’ouverture élargis avec un accès au public de 7h à 23h, sur toute la semaine.

  • Les logisticiens de Decathlon prennent le relais de la grève

    Les logisticiens de Decathlon prennent le relais de la grève

    « La direction de Decathlon ne veut rien nous donner alors que tous les chiffres sont au vert. » Abdallah Draoui, délégué syndical CFDT de l’entrepôt des Aiguilles à Ensuès-la-Redonne, résume l’amertume des salariés en ce jour de grève de lundi. Après un premier round côté commercial samedi (notre édition du 8/06), les logisticiens de l’enseigne sportive prennent le relais de l’appel intersyndical à la mobilisation, notamment à la grève et au débrayage.

    Le piquet de ce lundi matin rassemble une trentaine de grévistes, avant que les syndicalistes n’aient fait le tour de l’entrepôt. Les poids lourds sont arrêtés au portail, pendant une quinzaine de minutes. Une action symbolique pour une cause bien réelle : celle des salaires. « La direction a refusé de répercuter l’augmentation du Smic », selon Abdallah Draoui, ce qui était pourtant auparavant de mise proportionnellement sur la grille des salaires. « Déjà qu’on n’a rien eu aux négociations annuelles obligatoires [NAO, Ndlr], en plus on nous prive de la hausse du Smic et on n’a même pas un euro de ticket restau », abonde Laurent Curti, délégué syndical CGT du site.

    Une exception est à noter : « On a eu un jour de congé payé et un dispositif mobilité verte, mais on n’a pas de voiture électrique et on ne covoiture pas », pointe le syndicaliste, railleur. Son confrère de la CFDT rapporte qu’en face « la direction est en avance de 80 millions d’euros sur sa trajectoire et que bientôt les actionnaires vont se virer encore 900 millions d’euros ». Laurent Curti rappelle les autres chiffres : 1,4 milliard d’euros, 412 millions ou encore 605 millions sur les dernières années.

    « On n’y arrive pas »

    Le pouvoir d’achat face à l’inflation n’est pas la seule bataille. « Le Smic a été la goutte d’eau, mais les conditions de travail sont également déplorables », tance Angélique Geraci, de la CFTC du site des Aiguilles. La syndicaliste parle « de plus en plus de charge de travail pour des objectifs qui sont inatteignables. On ouvre déjà 24 heures sur 24 pour livrer 70 magasins et on n’y arrive pas quand on nous demande de traiter une commande de l’un d’eux en 24 heures » au lieu de 48. Les primes, liées au chiffre d’affaires, en pâtissent : « On n’y arrive juste pas, et les primes trimestrielles ont le même calcul. »

    Mais cette marche forcée est censée être justifiée par l’assistance de la technologie. « Ils ont investi 20 millions d’euros dans la mécanisation », remarque Abdallah Draoui. « Mais ce n’est pas encore au point pour marcher comme ils l’espéraient », complète Laurent Curti. Un matériel qui nécessite une astreinte de techniciens de maintenance du prestataire.

    Mais la logique du « travailler plus pour gagner plus » rapportée par Abdallah Draoui trouve ses limites. « Seule la suractivité paye à 150% du salaire. Mais la direction planifie à l’avance et on n’a plus que quelques heures ici et là », pointe Laurent Curti, quand Frédéric Pellier de FO rappelle qu’« il n’y a pas de majoration le dimanche ».

    Contactée, la direction de Decathlon assure du « maintien d’un dialogue social régulier, constructif et continu. L’entreprise reste à l’écoute de l’ensemble de ses collaborateurs au quotidien. »

    En face, 80 revendications restent non satisfaites.

  • Mal embarqué, le transport fluvial cherche son pilote

    Mal embarqué, le transport fluvial cherche son pilote

    C’est un cri d’alerte que lance l’ex-président des Aéroports de Paris. « L’inaction aurait un coût considérable : celui d’un corridor qui se délite, d’opportunités industrielles perdues, et d’un risque réel de déclassement face aux ports concurrents », écrit Augustin de Romanet dans ses conclusions. Celui-ci a rendu ce jeudi 4 juin son rapport consacré au développement de l’axe Méditerranée – Rhône – Saône, un corridor logistique crucial qui concentre plus d’un tiers du produit intérieur brut français, débouché du Grand Port maritime de Marseille-Fos. Un rapport de plus, cinq ans après les promesses élyséennes.

    Dans les jardins du Pharo le 2 septembre 2021, le président de la République Emmanuel Macron promettait en effet de transformer le Grand Port maritime « en un grand port fluvio-maritime allant de Marseille à Lyon ». « Le lien entre le port et l’hinterland européen fera l’objet d’aménagements nouveaux et d’investissements exceptionnels », assurait-il. Mais en dix ans, quatre rapports ont été rendus pendant que le gouvernement prenait des décisions contradictoires : créé en 2017, le poste de délégué interministériel chargé de développer l’axe a été supprimé trois ans plus tard. « La plupart des acteurs ont exprimé une grande lassitude et une perte de confiance dans la capacité des pouvoirs publics à porter un projet d’intérêt général », alerte ce cinquième rapport.

    -40% de trafic sur le Rhône

    Car pendant ce temps, le trafic fluvial prend l’eau sur le Rhône. Alors même que seules 5% des marchandises sont transportées sur le fleuve, leur volume a dégringolé de 40% depuis 2015. « Cette situation est d’autant plus regrettable que le fret fluvial présente des performances énergétiques et environnementales nettement supérieures au fret routier », avec trois à cinq fois moins de CO2 émis, déplore le rapport. Et d’alerter sur une situation qui risque de se dégrader face aux « stratégies offensives » des ports de Barcelone et Gênes, et l’ouverture à l’horizon 2035 de la ligne Lyon-Turin qui favorisera le port italien. Cela d’autant plus que la métropole lyonnaise reste un goulet d’étranglement logistique, et que l’État recule sans cesse sur la réalisation d’un contournement ferroviaire chiffré à 1,3 milliard d’euros. « C’est typiquement à cause d’une gouvernance insuffisamment forte de l’axe MeRS que ce projet si essentiel n’a pas encore été, selon nous, décidé par le gouvernement », estime l’ex-président des Aéroports de Paris.

    Alors le rapport préconise la mise en place d’un directoire rassemblant les préfets des trois régions, les présidents des conseils régionaux Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, le directeur de la Compagnie nationale du Rhône et le président du conseil de surveillance du Grand Port maritime, en recréant le poste supprimé sans raison de délégué interministériel.

    Investissement crucial

    Il appelle aussi à harmoniser la facturation des opérations portuaires et maintenir les aides actuelles, pour que le transport fluvial marqué par de faibles marges et une flotte vieillissante ne soit plus grevé par un surcoût de 50 euros par conteneur par rapport au transport routier. Sur la table également, la création d’un groupement d’intérêt public pour identifier les sites stratégiques en bord de fleuve, susceptibles d’accueillir des projets industriels. Et surtout, il réclame le lancement dès cette année du grand chantier du contournement ferroviaire de Lyon. « Ce rapport n‘aura servi que s’il ouvre la voie à l’action. Il est désormais temps d’agir », conclut Augustin de Romanet.

  • Ils réclament justice pour toutes les Lyhanna

    Ils réclament justice pour toutes les Lyhanna

    Marseille

    Lundi soir, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de Justice pour rendre hommage à Lyhanna et dénoncer ce que beaucoup perçoivent comme une « impunité » face aux violences « à répétition ». Banderoles et panneaux : plusieurs structures telles que le Collectif enfantiste, Femmes solidaires ou Sud Éducation manifestent à l’unisson. Sur la place, les cris de « Justice pour Lyhanna ! » ont rythmé le rassemblement.

    « J’ai peur pour mes enfants », confie Rosanna pour qui ces actes ne sont « ni une erreur, ni un manque de moyens, c’est juste un manque de considération de la part des politiques actuels ». Élodie Boussarie, enseignante à Marseille et militante au syndicat Sud Éducation, partage, elle aussi, ce sentiment d’écœurement : « Je suis présente pour témoigner de ma colère envers le gouvernement qui détruit les services publics et qui aujourd’hui a l’air de s’offusquer qu’il y ait des dysfonctionnements au sein de l’Éducation nationale et de la Justice. » Cette enseignante souhaite que les financements de ces services soient optimisés afin de former tous les professionnels à ces sujets. Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille et déléguée à l’Éducation, rappelle que « nous sommes là pour Lyhanna, mais aussi pour toutes les Lyhanna. Car le sujet des violences sexistes et sexuelles est fondamental ». C’est pourquoi, « la Justice devrait se saisir rapidement des faits et instaurer une relation avec les autres corps de métiers, afin qu’une liste noire existe et que les personnes suspectées ne soient pas réembauchées dans d’autres établissements, au contact des enfants », avance l’adjointe au maire. « Ce n’est pas l’histoire d’un homme mais bien celle d’une société qui peine à écouter ses enfants », rappelle la représentante de Sud éducation lors de sa prise de parole.

    Aix-en-Provence

    Colère dans la foule. « Il aura fallu quoi, qu’une petite meure, dans des conditions que j’imagine atroces, pour qu’on réalise que ce gars-là était dangereux. Il faut que nos enfants meurent ? » s’indigne Laura. Cette mère de deux enfants, belle-mère de deux autres, vient faire entendre sa colère, comme les centaines d’autres personnes rassemblées sur le parvis du palais de Justice. L’appel a été lancé par l’association Mouv’Enfants. Ils sont pères, mères, sœurs, grands-parents. « Je suis contente de voir qu’il y a des hommes ce soir. J’avais peur que le combat ne soit que féminin. Ça manquait cruellement. » Pendant près d’une heure, la foule compacte s’est rassemblée pour rendre hommage à Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé à Fleurance, dans le Gers. Son assassin présumé, est désormais visé par neuf affaires. De quoi cristalliser l’indignation de la foule. « C’est à se demander pourquoi il faut autant de cas de plaintes. Pourquoi la justice ne met rien en action ? Ce n’est pas possible de ne pas protéger les enfants, qui sont l’avenir. On veut briser l’avenir ? » demande Julien. Pour Amandine, c’est une première manifestation, motivée par le « on n’en peut plus. Ma fille a 11 ans. Je n’ai pas besoin d’en dire plus ». À côté d’elle, Nelly regrette que la mobilisation ne soit pas plus forte. « Notre société n’a pas conscience de l’enjeu de protéger nos enfants. » La mobilisation, silencieuse, jusqu’à une minute de silence, a rapidement laissé place à l’indignation générale. « Darmanin, dehors ! », se lance la foule. Et entonne, en huant : « Victime, on te croit. Violeur, on te voit ! »

    Martigues

    « Pour celles qui prennent la plus lourde des peines, pour les victimes de ton système, je t’accuse et j’assume. » Les paroles de Suzanne entonnées par la chorale du collectif féministe l’Émeute rieuse prend tout son sens à Martigues ce lundi soir, où un féminicide a eu lieu quelques jours plus tôt.

    Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal. Plusieurs pancartes ont été réalisées pour l’occasion. Des politiques, comme « Lyhanna ne serait pas morte si la protection de l’enfance avait de vrais moyens », « protégez les enfants et les femmes, écoutez, subventionnez, formez, abritez… » ou plus confus, comme « l’inaction judiciaire tue », ou encore « justice complice ».

    « Ces horribles féminicides de Lyhanna nous ramènent toujours à la réalité de cette société patriarcale qui excuse les violences sexistes et sexuelles et ne protège pas ses enfants » recentre le conseiller départemental (PCF) Gérard Frau, arrivé en avance. « Je ne supporte pas que Macron et Darmanin disent que ce n’est pas une question de moyens. Mais forcément qu’il y a des erreurs quand les services publics sont pressurisés ! » tance l’élu, assurant que « la solution est de faire voter la loi-cadre portée par les associations féministes, réclamant 2,6 milliards d’euros pour des tribunaux dédiés et la formation des agents au contact ».

    Le maire (PCF) Gaby Charroux, venu avec son équipe municipale, demande cette « loi qui protège ». Mais aussi de « démarrer l’éducation des petits garçons dès la maternelle, le plus tôt possible, pour arrêter cette domination de l’homme sur la femme ».

    Avignon

    Un peu plus de 200 personnes étaient mobilisées ce lundi 8 juin devant le tribunal d’Avignon pour rendre hommage à Lyhanna.

    À l’ombre des remparts de la cité des Papes, les pancartes avec des messages de « ras-le-bol » ou « un enfant n’est jamais consentant » se mêlaient à d’autres plus provocatrices telles que « la justice est du côté des violeurs » ou « moins de Darmanin, plus de moyens ». C’est avec émotion que Sara et Darla, responsables du Collectif Enfantiste de Vaucluse, ont pris la parole conjointement pour dénoncer les « défaillances de la société » tout en pointant du doigt l’enceinte du tribunal. « L’enfant devrait représenter l’avenir. Nous refusons que l’émotion et l’action s’arrêtent là. Chaque enfant mérite protection et que son intégrité soit reconnue », poursuivent-elles. Ce, juste après que Muriel Trichet, du collectif féministe Nous Toutes 84, a tenu à préciser que les organisations présentes « sont contre la peine de mort » et que « les appels à tuer les gens ne seront pas acceptés ».

    Dans la foulée de ces prises de parole, les participants se sont empressés de traverser la route afin de se rassembler devant les portes du tribunal dans la fumée de quelques fumigènes. « Comment accepter un tel bide, un tel abandon. Il n’y a aucun mot pour décrire un tel deuil » pointe les responsables associatives. « Il faut vraiment que le gouvernement prenne compte l’ampleur de ce qu’il faut faire. Plus de 100 000 cas de violences sexuelles par an. Il faut qu’il s’en empare comme cela a été fait avec le terrorisme » pointe Julien Gélas, venu manifester avec ses enfants.

    Toulon

    « Lyhanna, où que tu sois on t’aime ! Tu n’es pas morte pour rien ! » Le cri du cœur de cette maman, saisie d’un admirable courage pour témoigner des violences subies par sa fille et qui attendent encore une réponse pénale trop longue à venir, embue les yeux des quelque 500 Toulonnais et Toulonnaises venus dire leur colère devant le tribunal judiciaire lundi soir. Ce sont aussi eux qui ont donné la force, dans un élan de solidarité trop rare en cette période de désunion, à celles et ceux qui ont, comme elle, dans un mégaphone, osé se libérer d’un fardeau si lourd à porter. « Car comme l’a dit le maire de Fleurance, ce n’est pas la goutte d’eau qui fait déborder le vase, mais celle qui le renverse ! », clame Marie Giudicelli, du collectif féministe toulonnais la Raje.

    Chacun avait une bonne raison d’être là. Sur le t-shirt de Maéva, il est écrit « 1 enfant sur 5 ». Comme l’effroyable proportion de victimes d’inceste, un crime qu’elle a elle-même subi. « Je me mobilise pour mes enfants comme pour les autres. » Flore, elle, n’est pas une habituée des rassemblements populaires. « Mais la vie se charge de savoir nous abandonner. Ma conscience m’a portée jusqu’ici », affirme-t-elle.

    Les couleurs politiques, elles, n’existaient plus. Pendant 1h30, le consensus les a effacées. Celui qui appelle à « exiger une justice qui a les moyens de faire son travail et une loi qui nous protège », s’époumone Marie Guidicelli. Car « ce que les responsables politiques appellent dysfonctionnement, c’est un système de domination patriarcale ! » Un système qui a laissé périr une victime de trop.

    Digne-les-Bains

    Près de 200 personnes se sont rassemblées lundi soir devant le tribunal de Digne pour exprimer leur soutien à la famille de Lyhanna et demander que le gouvernement prenne ses responsabilités et promulgue une loi intégrale sur les violences.

    La présidente de l’association des élues des Alpes-de-Haute-Provence s’est interrogée sur « comment détecter et venir au secours de ce système qui s’essouffle par manque de moyens financiers ». « Les dossiers sont mis dans des armoires, classés sans suite pendant que des enfants meurent et sont violés », a déploré Audrey, professeure.

    « Nous n’acceptons plus que les noms de ces enfants deviennent de simples faits divers et que l’on oublie jusqu’au prénom suivant. Nous refusons le cycle de larmes, de déclarations et d’inaction », a lancé Philippe Bekalarek, militant venu de Château-Arnoux-Saint-Auban. « Combien d’enfants ont souffert pendant que les adultes détournaient le regard ? », s’est-il interrogé, exigeant « des peines réellement exécutées » et « un suivi strict des délinquants sexuels ». « L’État doit agir avant le drame et pas après les obsèques », a-t-il conclu.

    Plusieurs élus de Digne et de Sisteron étaient présents. Interrogé par une manifestante à ce sujet, le maire de Digne a répondu que la ville avait conventionné avec l’association les Papillons pour prévenir les violences sur les enfants.

  • Guet-apens mortel visant un gay : 22 ans de prison

    Guet-apens mortel visant un gay : 22 ans de prison

    À l’image de la semaine de procès, c’est dans une atmosphère sereine et digne que la cour d’assises de Vaucluse a rendu sa décision, ce lundi, à l’issue d’un délibéré de 8 heures. Principaux accusés d’une double affaire mêlant six prévenus, Intissar A. et Aymène L., ont été reconnus coupables de meurtre, vol avec arme et extorsion à l’encontre de Mickaël R. Ce dernier avait été tué dans son appartement de Sorgues le 5 mars 2023, piégé par les deux hommes qu’il pensait accueillir pour un plan sexuel. Tous deux ont écopé d’une peine similaire de 22 ans de prison, avec interdiction définitive de territoire pour Intissar A., Tunisien de 25 ans.

    Fait majeur, la cour a retenu la circonstance aggravante du meurtre en raison de l’orientation sexuelle de la victime. Le caractère homophobe avait été initialement écarté par le parquet. « C’est énorme », s’est réjouie Pascale, la maman de la victime, à l’issue du procès, elle qui avait témoigné jeudi à la barre en soulignant que son fils serait toujours en vie s’il n’était pas homosexuel. « C’est une satisfaction et un soulagement pour la famille qui n’était pas dans un esprit de vengeance », complète son avocat Hugues de Chivré. Trois associations de défense des droits homosexuels (Stop homophobie, Famille LGBT et Mousse) s’étaient également portées partie civile.

    Après avoir exposé les peines, la présidente de la cour a versé dans la pédagogie. « Il n’est pas question de juger si vous avez des idées homophobes mais de dire que les victimes l’ont été en raison de leur orientation sexuelle », souligne Laurène Dorlhac. Les victimes, contactées par le site de rencontre Coco étaient des proies faciles pour les prévenus qui débarquaient dans l’intention de dépouiller leurs victimes. « Ils n’avaient pas de haine contre les homosexuels », commente Charlène Neveu-Sanchez, avocate d’Intissar A., parlant d’une « décision équilibrée » et ne songe pas à faire appel. Son client était le seul mêlé dans la seconde affaire similaire, où cette fois Cyril C., un autre gay piégé, a été violenté et volé, quelques jours plus tard à Avignon. Complice ce jour-là, Malek E., écope de 10 ans de réclusion criminelle.

    Coupables, deux accusées n’iront pas en prison

    Jugé pour complicité, car ayant servi de chauffeur, Jordan V., a été, lui, acquitté, comme l’avait réclamé l’avocat général vendredi. Et ce au motif qu’il ignorait ce qu’il se tramait réellement dans l’appartement de Cyril C. Suivant les réquisitions, la cour a aussi été plutôt clémente envers les deux prévenues féminines. Ex-compagnes respectivement de Intissar A. et Aymène L. au moment des faits, Laurine C. et Marie-Sarah M. échappent à la prison. Elles sont bien reconnues coupables de complicité de vol avec arme et condamnées à 5 ans de prison dont 4 et 3 ans de sursis probatoire sans mandat de dépôt. Laurine C., seule à n’avoir jamais été incarcérée, est la plus insérée socialement et n’avait aucun antécédent judiciaire. Pour Marie-Sarah, en revanche, « saisissez la chance qui vous est donnée car au premier faux pas vous perdez tout », prévient la présidente. Et notamment la garde de son 4e enfant, le seul non placé à ce stade.

    Juste avant que les jurés ne délibèrent, les six accusés avaient pris la parole une dernière fois. Tous fidèles à leur ligne de conduite, entre contritions plus ou moins sincères, et « condoléances à la maman de Micka », dira Jordan V., seul acquitté mais incarcéré pour d’autres affaires. Intissar A. avait marmonné, en tremblant, un texte : « J’ai plus de haine contre moi que vous en avez contre moi », lançait-il. « Je suis surtout rempli d’amour pour mon fils », répondait en aparté Pascale, digne et sans haine.