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  • [Patrimoine] La citadelle de Sisteron, un témoin de l’histoire

    [Patrimoine] La citadelle de Sisteron, un témoin de l’histoire

    Libération de résistants emprisonnés, bombardements de Sisteron, travail forcé de prisonniers politiques… La citadelle de Sisteron témoigne de nombreuses pages de l’histoire de France, et en particulier celle de la Seconde guerre mondiale. Des résistants y avaient été emprisonnés par des Allemands, qui avaient investi la citadelle pendant la guerre. « Leurs collègues ont usé d’un stratagème à la manière d’un cheval de Troie. Ils se sont déguisés en gendarmes, et ils ont fait comme s’ils amenaient un prisonnier à la citadelle. Les Allemands leur ont ouvert grand les portes. D’autres résistants cachés dans les environs sont alors rentrés et ont délivré leurs amis », raconte Sylvie Normand, guide de pays depuis 23 ans. Quelques jours après, le 15 août 1944, la citadelle était accidentellement bombardée par les Alliés, en majeure partie détruite, au moment du débarquement de Provence. Leur objectif était de bombarder les ponts afin que les Allemands ne puissent pas s’enfuir. En larguant par erreur plusieurs bombes sur la ville et ses habitations, ils ont tué une centaine de civils. « Le bâtiment le plus important de la citadelle qui a été détruit, c’était l’église, qui datait du XVe siècle. Cela a été un massacre. Elle a été reconstruite à l’identique, dans le style gothique, sur le rocher, à partir de 1967, grâce à des dons et à des subventions », explique Sylvie Normand. À l’intérieur, le maître verrier Claude Courageux a réalisé les vitraux, dont l’un représente une vierge enveloppée dans la Durance et le Buëch, les deux rivières qui confluent au pied de la citadelle. Aux pieds de la vierge se trouve une perle, représentant Sisteron, surnommée « la perle de la Provence ». Dans la pierre murale de l’église, on trouve encore des fossiles, comme celui d’un oursin.

    « Les hommes ont toujours choisi ce rocher pour faire un camp fortifié parce qu’on y domine la Durance. On a une vue à 360 degrés, donc c’est fabuleux pour se protéger et voir les ennemis arriver. C’est aussi un lieu de passage intéressant, puisqu’il y avait la Via Domitia, à l’époque romaine, qui venait du nord de l’Italie et qui allait jusqu’en Espagne, qui était en rive droite de Durance. C’était une voie de passage avec des échanges commerciaux entre les Alpes et la Méditerranée », relate la guide.

    Un lieu de détention de prisonniers politiques

    La nouvelle muséographie de la citadelle a été inaugurée cette année, avec de nouveaux panneaux explicatifs et une maquette. « J’ai pour habitude d’utiliser la métaphore anatomique : les remparts, tout ce qui date du XVIe siècle, c’est le squelette de la citadelle, comme si c’était un dragon, une grosse bête. L’épine dorsale, c’est le chemin de ronde, construit sur la crête du rocher, où se trouvent également le donjon et l’église », lance Sylvie Normand. Un escalier souterrain de 258 marches relie la citadelle à la ville. « La citadelle était un lieu de détention au XIXe jusqu’au début du XXe. Les prisonniers, pour certains politiques, ont été contraints de creuser toutes les marches et le tunnel. Il y en a probablement pas mal qui sont morts en creusant », regrette la guide.

    Dans la poudrière de la citadelle, construite par Vauban, une exposition célèbre les 70 ans du festival des Nuits de la citadelle, avec les noms des différents artistes qui y ont participé, derrière un rideau rouge renvoyant au théâtre. « Vauban est passé à Sisteron au XVIIe, la citadelle était déjà construite. Il a estimé qu’il n’y avait pas grand-chose à y refaire, si ce n’est qu’il fallait rehausser les courtines, les petits chemins qui passent sous les remparts. Finalement, il a dit qu’il fallait juste construire une poudrière au nord, parce qu’il y en avait une au sud, et ça n’allait pas du tout en cas d’attaque. Elle n’était pas du tout protégée », explique Sylvie Normand.

    « Ce qui fait toute l’originalité de Sisteron et de la citadelle, c’est la clue. Cette formation géologique exceptionnelle s’appelle un millefeuille géologique. Ça résulte du fait qu’il y a des millions d’années, avant l’apparition de l’Homme, lorsque la mer recouvrait complètement le territoire, vous aviez des strates de sédiments calcaires. Les Pyrénées subissaient la poussée du continent africain, et donc, en sortant, elles ont exercé une poussée en direction de notre région. Les Alpes ont fait de même, et la convergence des deux poussées a fait que, dans cette région, les strates qui se trouvaient à l’horizontale se sont redressées à la verticale », relate la guide.

  • [Parcours] Marseille, capitale oubliée des secrets de la Résistance

    [Parcours] Marseille, capitale oubliée des secrets de la Résistance

    Dès son arrivée en zone libre, Jean Moulin avait entamé l’exploration des milieux clandestins sans succès au début semble-t-il. Ce n’est qu’après l’obtention de son visa américain et son installation à Marseille qu’il consacra tout son temps à une prospection systématique de l’activité clandestine », écrit Daniel Cordier (1920-2020), son secrétaire et biographe.

    1. Modern Hôtel, 5, la Canebière

    Jean Moulin séjourne souvent au Modern Hôtel, au 5, la Canebière, avec son amie, la résistante Antoinette Sachs et déjeune à l’angle, à la brasserie Florida, 15, quai des Belges, note l’historien Robert Mencherini. Marseille grouille de réfugiés, d’exilés en attente de visa que l’américain Varian Fry s’efforce de leur obtenir. De sa propre initiative, Jean Moulin s’efforce d’établir le contact avec les acteurs de ces premiers réseaux émergents.

    2. Le foyer des étudiants, 6, rue du Chevalier Roze

    C’est dans le bureau orné d’une croix du pasteur résistant Jules Belpeer (1910–2001) qui tient le « foyer des étudiants africains et asiatiques », au 6, rue du Chevalier-Roze, 2e, que Jean Moulin rencontre en juillet 1941 Maurice Chevance-Bertin, le bras droit d’Henri Frenay avec qui il organise les premiers noyaux de la résistance dans la région. Leur boîte aux lettres est un marchand de journaux des allées Léon Gambetta.

    3. Le cabinet médical du 67 rue Rome

    La première rencontre de Moulin avec le chef résistant Henri Frenay se fait à la mi-juillet 1941 par l’intermédiaire du pasteur américain Howard Brooks. Elle a lieu au deuxième étage du 67 rue de Rome, au cabinet médical des docteurs Maurice et Marcel Recordier. Elle pose les bases du rapprochement avec le premier Mouvement de Libération Nationale / Combat, créé à l’été 1940 par Frenay avec Berty Albrecht (1893-1943).

    4. La cuisine du 103 rue Kléber

    C’est deux ou trois jours après son parachutage du 2 janvier 1942 que Jean Moulin revoit Henri Frenay, son principal contact en zone sud. Rex circule désormais avec des lunettes fumées et une fausse moustache. La rencontre se fait 103, rue Kléber, 2e, chez Agnès Bidault, la sœur du journaliste résistant Georges Bidault, un des dirigeants du groupe Combat. Dans la cuisine, Rex extrait d’une boîte d’allumette l’ordre de mission microfilmé et signé De Gaulle qui l’investit pour unifier les forces clandestines et qu’Henri Frenay raconte avoir lu avec une loupe. Moulin lui remet 250 000 francs pour aider les mouvements résistants avec des consignes organisationnelles strictes.

    5. 32, rue Saint-Ferréol

    Le 12 janvier 1942, une réunion de travail se tient au 32, rue Saint-Ferréol chez mademoiselle Grisé, une inspectrice du travail qui est une amie de Berty Albrecht. Il y a Jean Moulin, son officier radio Hervé Montjaret, Henri Frenay, Henri Aubry et Maurice Chevance-Bertin.

    6. La villa de Gratte-Semelle

    La famille de Jérôme Monod, professeur au lycée Thiers, habitait une villa au milieu des pins sur les Hauts de Périer qui possède une longue galerie souterraine. L’entrée donnait boulevard Estrangin. Elle avait été mise à leur disposition par leur oncle, Gustave Monod, inspecteur de l’enseignement révoqué par Vichy pour avoir protesté contre les lois antisémites. Selon son épouse, Jean Moulin et plusieurs dirigeants de Combat sont passés dans la villa au printemps 1942 pour une réunion du mouvement.

  • Sur la Barthelasse à Avignon, la maison du Parc en quête d’un repreneur

    Sur la Barthelasse à Avignon, la maison du Parc en quête d’un repreneur

    En juin 2023, s’ouvrait la maison du Parc sur l’île de la Barthelasse. Une bâtisse entièrement réhabilitée pour plus de 500 000 euros, le long des berges du Rhône face au pont d’Avignon, et pensée comme une porte d’entrée sur les îles fluviales avignonnaises avec possibilité de s’y restaurer et de s’informer avec des équipes d’Avignon tourisme. Au printemps et à l’été, des soirées guinguettes étaient également organisées. Mais, dans la foulée des municipales, la nouvelle majorité (DVD) a décidé d’arrêter les frais (notre édition du 15 mai). La raison ? Un coût de fonctionnement jugé trop élevé.

    « Cet endroit n’était qu’une source de dépenses avec zéro recettes, il est illogique qu’il ne rapporte pas d’argent, insiste Corinne Chatriot, première adjointe, jointe ce vendredi. C’est un très bel endroit, la Ville ne peut pas se permettre de n’en payer que l’entretien, il faut un retour économique. » Selon la municipalité, le coût de fonctionnement dépassait les 100 000 euros annuels quand, par exemple, la venue d’un food-truck lors de soirées guinguettes était facturée 115 euros l’emplacement.

    Actuellement, la maison du Parc végète. Les portes sont closes et la seule trace d’activité récente est un panneau vantant les animations estivales qui se sont tenues à proximité. La Ville a mis sur la table une double issue pour ne pas laisser dépérir le lieu : l’une provisoire et immédiate, l’autre plus pérenne et à court terme. « On propose de l’ouvrir à des associations qui ont besoin d’espace pour des animations, activités ou réunions », présente Corinne Chatriot. Le 6 septembre prochain, la maison du Parc sera d’ailleurs le point central du forum des associations, qui se tient sur les allées Roig et au centre de loisirs. Elle servira aussi de point d’appui au marathon d’Avignon le 27 septembre, où sera donnée l’arrivée.

    « Pas un endroit

    où l’on fera la fête »

    Les associations devraient pouvoir investir ce lieu jusqu’à la fin de l’année a minima. Car en parallèle, la municipalité va lancer un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour un nouveau projet de « snacking et petite restauration », pose Corinne Chatriot. « Il y a une vue magnifique, ça se prête à avoir un endroit comme ça », justifie la première adjointe. Si les critères de l’AMI restent à être affinés, nul doute que beaucoup seront vigilants sur le fait de conserver un lieu accessible à tous, avec des tarifs et une configuration qui ne seraient pas réservés qu’à quelques happy few. « Une certitude, ce ne sera pas un endroit où on fait la fête, il y a des voisins, ce serait trop irrespectueux », assure Corinne Chatriot, entrouvrant tout de même la porte à une ouverture « nocturne, sans que ce soit bruyant ».

    Autre aspect, qui pourrait être un frein aux candidatures, la maison du Parc « ne peut être louée que d’avril à octobre en raison du risque inondation », prévient la première adjointe. Approuvé il y a trois ans, le plan de prévention des risques inondations (PPRI) du Rhône à Avignon classe la zone en aléa fort de crue. Un point « à faire évoluer dans le temps », estime toutefois la première adjointe, jugeant la topographie de la maison du Parc moins exposée.

  • [Entretien] « Aureille est replacée dans l’épopée de Jean Moulin »

    [Entretien] « Aureille est replacée dans l’épopée de Jean Moulin »

    La Marseillaise : comment êtes-vous parvenu à resituer le lieu où Jean Moulin avait atterri en janvier 1942 ?

    Benoit Senne : Dans mes recherches sur les parachutages en Provence, de matériel pour la résistance et d’agents depuis l’Angleterre et l’Algérie, je trouvais incroyable qu’on n’ait pas trouvé où Jean Moulin et ses deux compagnons Raymond Fassin et Hervé Monjaret avaient atterri le 2 janvier 1942. On parlait « des marais entre Mouriès et Fontvieille ». L’historien Jean-Marie Guillon avait trouvé un rapport des gendarmes d’Eyguières daté du 28 janvier 1942 qui signalait la découverte la veille à 16h d’un parachute complet et d’un casque cachés dans les roseaux d’un marais du quartier des Filioles à Aureille. Le PV évoque une première découverte : « Ces objets paraissent avoir séjourné assez longtemps dans l’eau. Ayant été trouvés à quelques centaines de mètres seulement du parachute découvert le 5 janvier par des chasseurs de Châteaurenard (…), tout fait présumer qu’ils ont été abandonnés en même temps ». Avec l’ancien maire Marcel Guillaumier, on s’est dit que c’était tout à fait incroyable et qu’il fallait vraiment que l’on reconstitue cette histoire qui replace Aureille dans l’épopée de Jean Moulin.

    Vous avancez comment dans
    ces recherches ?

    B.S. : En 2022, je vais aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône et je consulte tous les rapports de gendarmerie de 1942. Et le 2 septembre 2022, je tombe sur le rapport du 6 janvier 1942 du commissaire de l’aéroport de Marignane qui parle spécifiquement de la découverte le 5 janvier vers 10h « d’un parachute en soie verte soigneusement enroulé qui paraît avoir été abandonné depuis quelques jours ». Ce qui est décisif, c’est la présence dans une poche du parachute d’une feuille sur laquelle est écrit « MAINMAST ». C’est ce bout de papier qui relie directement ce parachute à la mission Rex car les documents préparatoires des Anglais sur le parachutage identifient « MAINMAST » comme le nom de code d’Hervé Monjaret, l’officier radio de Jean Moulin. On a donc suffisamment d’éléments qui prouvent que la mission clandestine en France de Jean Moulin a commencé à Aureille au quartier « Les Filioles ».

    Hervé Monjaret, seul survivant de la mission Rex, avait relaté
    son saut
     ?

    B.S. : Oui, mais il n’évoquait pas précisément l’endroit. Il avait dit qu’il était retourné en bicyclette début février 1942 récupérer la radio qu’il avait enterrée. Il a dû la réparer pour l’utiliser dans le grenier du presbytère de l’abbé Miral à Caderousse et envoyer à Londres seulement le 7 mars les premiers messages de Jean Moulin. J’ai ensuite poursuivi les recherches sur ce qu’étaient devenus les parachutes récupérés dont celui de la valise radio. C’est passionnant.

    À la fin, l’énorme satisfaction, c’est d’avoir inauguré en mai 2024 une stèle devant le cimetière d’Aureille et le 1er janvier 2025 la borne du kilomètre 0 dans le quartier des Filioles. Maintenant la trace de Jean Moulin sur la commune d’Aureille est marquée à jamais.

  • Le Modef célèbre à Laragne- Montéglin ce week-end l’agriculture paysanne et familiale

    Le Modef célèbre à Laragne- Montéglin ce week-end l’agriculture paysanne et familiale

    Ce samedi après-midi, le syndicat organise pour la première fois une fête paysanne dans les Hautes-Alpes. L’évènement est organisé au 60 Île d’Oriane, à Laragne-Montéglin, sur l’exploitation de Lucie Illy, arboricultrice, productrice de pommes bio. Au programme, un marché paysan, une buvette puis à partir de 19h, des repas paysans sont proposés à la vente. Mais la principale animation sera surtout le débat ouvert au public autour de la question : « Face à la disparition de notre agriculture, que mangerons-nous demain ? » Un questionnement au cœur des revendications porté par le Modef, syndicat certes mineur derrière les grandes organisations agricoles françaises, mais qui cherche à faire connaître sa ligne de défense des petits exploitants et du monde paysan.

    Promouvoir une agriculture paysanne

    « Le but c’est d’échanger avec les gens. On se rend compte que la société civile a souvent une vision de l’agriculture qui ne correspond pas à ce que nous, on vit tous les jours, pose Christian Reynaud, président du Modef 05. On veut savoir ce que pensent les gens de l’agriculture et dans quel sens ils veulent l’emmener, s’ils sont plutôt pour une agriculture industrielle avec des aliments à bas coûts ou une agriculture comme celle que l’on défend, c’est-à-dire familiale, à taille humaine. On est ouverts, on peut tout entendre, on est là pour partager. »

    Le Modef, fondé en 1959 et héritier des idées politiques du Conseil National de la Résistance, défend historiquement les petites et moyennes exploitations familiales, face notamment à l’essor des grandes exploitations agro-industrielles dans le paysage rural français, où peu à peu s’effacent les familles paysannes. « On a de plus petits modèles, familiaux, mais comme je dis toujours, ce n’est pas parce qu’on est petits, qu’on a pas de grandes idées, déclare Christian Reynaud. On promeut un modèle à taille humaine parce qu’on considère qu’il est plus adapté à notre territoire. Et on pense que la société civile a aussi de plus en plus envie d’avoir affaire à une agriculture comme celle-là plutôt qu’une agriculture totalement industrielle. »

  • Un dispositif dans les Bouches-du-Rhône pour évacuer les chevaux en cas d’incendie

    Un dispositif dans les Bouches-du-Rhône pour évacuer les chevaux en cas d’incendie

    Les images de ces chevaux au grand galop fuyant les grands incendies dans le Sud Ouest avaient fait le tour des télés de France… Alors que les feux de forêt se multiplient, entraînant régulièrement l’évacuation d’établissements équestres et de centaines d’équidés, le Comité Départemental d’Équitation des Bouches-du-Rhône (CDE 13) et le Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13) ont signé une convention de partenariat pour assurer la mise en sécurité des animaux lors des situations de crise indiquent les Pompiers 13 dans un communiqué.

    Une démarche inédite pour « renforcer la résilience du territoire et qui témoigne d’une mobilisation collective au service de la sécurité des populations et de la protection animale », ajoute le Sdis 13. Concrètement, le dispositif s’appuie sur une équipe fédérale d’évacuation de crise, composée de professionnels volontaires et qualifiés. Ils agissent à la demande du commandant des opérations de secours et vont chercher les animaux avec un équipement adéquat et des infrastructures pour les accueillir.

    Des gens volontaires mais qui gênent les secours

    « Quand il s’agit de sauver les chevaux et les animaux, il y a une grosse communauté », explique Emmanuelle De La Burgade, présidente du Comité départemental d’équitation (CDE 13). Mais si « les gens sont toujours prêts à venir mais gênent les opérations de secours. Le but est vraiment qu’on ait une synergie entre les pompiers et les secours pour que cela puisse s’organiser de façon cohérente », détaille-t-elle.

    Ce plan d’évacuation des équidés prend tout son sens au regard des incendies de cet été. En Gironde, 1 800 chevaux ont été évacués et répartis partout dans le département fin juillet rappelle le Sdis 13. Dans le Var, le Comité régional d’équitation (CRE) du Sud possède un numéro d’urgence joignable dans de telles situations. Les propositions d’aide peuvent être envoyées par SMS à ce numéro, en précisant le nombre de places de transport disponibles ou encore le nombre de chevaux pouvant être accueillis et la commune d’accueil. Des situations qui « ont une nouvelle fois démontré qu’au-delà de la protection des populations, l’évacuation des animaux, et notamment des équidés, doit être anticipée et organisée », estime Richard Maillé, président des Pompiers 13.

    Sur le territoire national, quelque 9 000 établissements équestres sont adhérents à la Fédération française d’équitation (FFE). Dans les Bouches-du-Rhône, 238 en sont membres via le CDE 13. Les porteurs de cette initiative espèrent la voir élargie à la France entière, « avec le soutien du ministère de l’Intérieur, en s’appuyant sur cette première coopération » ajoute Frédéric Bouix, président de la FFE.

  • À Marseille, le tunnel de Mourepiane menacé par la pollution

    À Marseille, le tunnel de Mourepiane menacé par la pollution

    En décidant de maintenir son activité dans les quartiers Nord de Marseille, au chemin de la Madrague-Ville (15e) l’entreprise de peinture aéronautique Satys hérite aussi du lourd passif du site. De l’ancienne activité de Protec Métaux Arenc reste en effet la lourde pollution au chrome VI, la forme la plus dangereuse du chrome, cancérigène. Un dossier suivi depuis longtemps, avec la mise en place d’un plan de gestion en février 2021. Mais si la rénovation du site et la poursuite de l’activité à permis de maintenir 120 emplois industriels, le chantier de dépollution doit désormais être adapté, alors que les objectifs fixés pour dépolluer les eaux souterraines n’ont toujours pas été atteints. Certes, des injections d’acide ascorbique ont été réalisées, à trois reprises en 2022, pour réduire la concentration en chrome VI. Mais tandis que le plan de gestion imposait une concentration de 0,1 mg/L dans les eaux de la fontaine installée dans la résidence voisine, ce sont des concentrations de 30 mg/L qui sont mesurées, « rejetées in fine dans le milieu naturel sans traitement préalable ». Avec des conséquences sur les installations voisines : « Les infiltrations d’eaux polluées dans le tunnel du Soulat en provenance du site sont susceptibles de compromettre sa remise en service à court terme, compte tenu des désordres potentiellement occasionnés sur l’ouvrage et des risques sanitaires éventuellement encourus par le personnel en charge de la maintenance », écrit la préfecture. Or, c’est ce tunnel qui permet de relier le terminal de Mourepiane, où ont été transférées les installations ferroviaires du Cannet. La préfecture demande donc à Satys de mettre à jour d’ici fin avril son plan de gestion, mais surtout de mettre en place avant ce lundi un pompage et un traitement des eaux polluées, « en vue d’épuiser le stock d’eau et de chrome mobilisable ».

  • Des toiles pour prolonger l’été sous le ciel cévenol

    Des toiles pour prolonger l’été sous le ciel cévenol

    Alors que la rentrée se profile doucement, le territoire grand-alésien s’offre un petit rabe de plaisir estival sous les feux des projecteurs, avec un rendez-vous devenu incontournable sur le territoire : le festival Ciné été.

    Initiée il y a 13 ans par Alès Agglomération et organisée par l’association Itinérances en partenariat avec Cineplanet, la manifestation propose des séances en plein air dans différentes communes de l’agglo, prolongées, les deux derniers jours, par la projection de films en avant-première au Cineplanet, le multiplexe art-et-essai d’Alès.

    « Chaque année, les villages qui souhaitent nous recevoir s’inscrivent et on voyage partout dans l’agglomération pour proposer des séances de projection en plein air, gratuites et familiales », explique Julie Plantier, chargée de la communication d’Itinérances, qui organise également, chaque printemps, le festival de cinéma d’Alès. Objectif : offrir une culture vivante et partagée au plus près des habitants, au cœur du milieu rural. « L’idée est d’aller vers des communes qui n’ont pas forcément d’accès aux grandes salles de cinéma. »

    Pour les premières soirées de cette 13e édition, du 24 au 29 août, le festival investira les places publiques de quatre communes du territoire où seront projetés, à 21h, « des films coups de cœur » adaptés à un public familial : Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, de Ken Scott (24 août, Martignargues), Vingt Dieux, de Louise Courvoisier (25 août, Branoux-les-Taillades), Partir un jour, d’Amélie Bonnin (25 août, Lézan) et Sur un fil, de Reda Kateb (26 août, Mons). Chaque projection, gratuite, est enrichie d’animations artistiques, musicales et précédée d’un court-métrage d’animation.

    En marge de cette itinérance territoriale, un préambule exceptionnel sera proposé dès le vendredi 21 août à la Bambouseraie en Cévennes, à Générargues. Dans le cadre du 170e anniversaire du jardin botanique, le public pourra assister à la projection en plein air du film Touchées, réalisé par la Gardoise Alexandra Lamy, en présence de la comédienne et réalisatrice. Ce long-métrage, en partie tourné à Anduze et dans les environs, raconte le parcours de trois femmes qui se reconstruisent à travers un atelier de thérapie par l’escrime après avoir été victimes de violences (séance gratuite, sur réservation).

    Le dernier temps fort se déroulera au Cineplanet d’Alès les 28 et 29 août, avec la projection, en avant-première, de cinq films* remarqués lors du dernier festival de Cannes : Quelques mots d’amour (28 août, 18h), « une comédie dramatique juste, tendre et lumineuse sur la pudeur des sentiments familiaux » ; L’Espèce explosive (28 août, 21h), « un thriller rural halluciné entre polar et burlesque » ; Le Corset (29 août, 14h, à partir de 7 ans), « une chronique rurale bouleversante et épurée » ; Garance (29 août, 18h), « le portrait foudroyant, humain et réparateur d’une jeune actrice trentenaire en prise avec ses démons et la dépendance » ; et La Bola Negra (29 août, 21h), « le choc esthétique et queer de la rentrée », récompensé par le prix de la mise en scène (ex æquo). Les plus jeunes ne seront pas oubliés, avec deux séances familiales programmées le 25 août autour d’un programme de courts-métrages Le Rat scélérat (10h, à partir de 3 ans) et du film d’animation Les Bad Guys (14h, à partir de 6 ans).

    * 7 euros. Moins de 14 ans : 6 euros.

  • Megnan, affaire de premier plan

    Megnan, affaire de premier plan

    Il vient de poser un pied dans le monde pro, il en décolle déjà. Le jeune attaquant de Montpellier Laciné Megnan, 16 ans, avance à la vitesse de la lumière et défriche les sentiers de la précocité. Plus jeune buteur en Ligue 2, plus jeune joueur à débuter à ce niveau : l’avant-centre va vite, ne laisse pas de temps au temps. Et assume devant les micros avec un certain calme et une rare maturité.

    Il éclabousse ce début de saison de Montpellier, candidat à la montée, et propage un espoir au sein d’une équipe rajeunie à l’intersaison. Et offre un bol d’oxygène à un club, confronté à des soucis financiers en cette période de vaches maigres et de droits télés au rabais.

    Deux journées en Ligue 2, deux coups d’éclat. Vendredi 14 août à Nancy, sur les terres ancestrales de Michel Platini, l’entraîneur Zoumana Camara lance Laciné Megnan d’entrée à la pointe de l’attaque. Pour suppléer la recrue malienne Mamadou Camara, blessé à une épaule et indisponible pour plusieurs semaines.

    Dans une rencontre verrouillée, l’avant-centre débloque tout. D’un geste de classe. Un appel judicieux, un service parfait pour son partenaire Yanis Issoufou et une première victoire pour Montpellier.

    Une semaine plus tôt, entré en jeu à cinq minutes de la fin, le solide athlète (1,87m) avait inscrit le but montpelliérain. Avec la rage d’un buteur.

    Ce but, validé quelques jours plus tard par le LFP, et cette passe décisive donnent un peu plus de crédit à cette valeur montante. Et marchande. Depuis deux ou trois semaines, le Paris SG, double champion d’Europe, s’intéresse à cet attaquant. « C’est le meilleur de sa génération, c’est le capitaine de l’équipe de France U16 » assure le président de Montpellier. Qui ne veut pas vendre sa pépite, qui veut pour le moins s’assurer une belle plus-value.

    Paris n’est pas seul sur le coup. Dans la foulée de la signature de son premier contrat professionnel, en février, des clubs anglais, espagnols ou allemands sont aux aguets. Ils observent le phénomène, ils sont prêts à miser sur ce nouveau talent de la formation française. En l’occurrence celle de Montpellier.

    Laciné Megnan est né à Montpellier en 2010. À l’âge de cinq ans, le gamin, originaire des environs de Pézenas, a rejoint le club héraultais. « Il est costaud dans sa tête, il est bien entouré, et il offre le profil d’un attaquant moderne », raconte-t-on du côté de Grammont, le centre d’entraînement.

    Éducateurs, dirigeants et proches : personne n’est surpris par sa trajectoire ascendante.

    Et le parcours en Coupe Gambardella, compétition dédiée aux jeunes de moins de 18 ans et vitrine de la formation, est venu rappeler son savoir-faire. Et celui d’une belle génération.

    Au printemps dernier, l’équipe dirigée par Michel Rodriguez s’est hissée en finale de la Coupe Gambardella. Au bout d’un parcours, où elle a éliminé tour à tour Strasbourg, Nice, Rennes, tenant du titre, avant de chuter en finale au Stade de France devant le Paris SG.

    Par sa générosité, ses qualités d’attaquant, Laciné Megnan a drainé dans son sillage une bande de gamins, dont cinq ont intégré l’équipe de Zoumana Camara. Trois d’entre eux : Noah Vidal-Cartoux, Hichem Abderrebi ou Megnan ont pris part au début de saison. Les défenseurs Mathis Chambon et Tidiane Diallo, pour leur part, ont effectué la préparation et attendent leur heure.

    Megnan peut-il rejoindre Paris SG dès cette saison ? Le club parisien fait le forcing pour s’attacher les services de ce jeune joueur, dès son éclosion, plutôt que d’en payer le prix fort dans six mois ou un an. « Il ne passera pas ses vingt ans chez nous », lâche le président montpelliérain.

    Selon divers médias, spécialisés dans les transferts, le joueur, et son entourage, auraient trouvé un accord avec le Paris SG. L’indemnité du transfert, doublé d’un prêt dans son club formateur, se négocie. Elle permettrait à Montpellier d’équilibrer son budget actuel. Et de préparer la suite dans la sérénité. Laciné Megnan, lui, pourrait voir plus haut.

  • À Montpellier, la CGT réclame un CHU mieux desservi

    À Montpellier, la CGT réclame un CHU mieux desservi

    On a reçu des mails de mécontentement d’agents qui disent que les travaux actuellement réalisés sur la ligne 1 du tramway* transforment le trajet vers le CHU de Montpellier en véritable parcours du combattant », relate Philippe Peretti, secrétaire général adjoint de la CGT du CHU de Montpellier.

    En raison de travaux de rénovation des rails entamés au début du mois et prévus jusqu’au 30 août inclus, la ligne 1 est en effet interrompue entre les arrêts Saint-Eloi et Louis Blanc. Une navette-bus de remplacement est mise en service entre Saint-Éloi et Peyrou, et les stations du centre-ville (gare Saint-Roch, Comédie, Corum et Louis Blanc) ne sont desservies que dans un seul sens, selon les besoins du chantier. « Il faut près de 50 minutes pour rejoindre le CHU depuis la gare Saint-Roch ! La navette mise en place ne répond manifestement pas aux besoins », estime la CGT dans un communiqué. « À tel point que certains agents ont préféré rejoindre leur lieu de travail à pied : environ 45 minutes de marche… », poursuit le syndicat. « Qu’à cela ne tienne, certains se sont dit : on va prendre un Vélomagg. Seulement ils se sont rendu compte qu’ils ne pouvaient pas le garer à proximité du CHU, car il n’y a de station ni à Saint-Eloi, ni à Gui de Chauliac, ni à Lapeyronie, ni à Antonin-Balmès. Il faudrait aller jusqu’à “Occitanie” pour rendre le vélo à la station la plus proche, avant de remonter dans le tramway pour revenir vers le CHU… c’est un truc de fou ! », s’exclame Philippe Peretti, qui rappelle qu’« il y a 9 000 agents qui travaillent dans cet établissement, sans parler des étudiants en médecine et des usagers. Comment expliquer qu’en 2026 aucun des principaux sites hospitaliers du CHU ne dispose d’une station Vélomagg à proximité immédiate ? On est pourtant dans une ville où le maire attache beaucoup d’importance aux mobilités douces », insiste-t-il à l’attention de Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, également président du conseil de surveillance du CHU de Montpellier.

    Le syndicat CGT du CHU en profite pour soulever un autre point noir, selon lui, en matière de desserte de l’établissement : l’absence d’un arrêt de tramway devant « la Colombière » et « Antonin-Balmès II ». « Comment expliquer que ces sites mitoyens accueillant respectivement des patients en psychiatrie et des personnes âgées restent dépourvus d’un arrêt de tramway dédié alors que la ligne 1 passe littéralement devant ? », interroge la CGT. Outre « l’installation rapide de stations Vélomagg à proximité des principaux établissements du CHU », le syndicat réclame donc « une étude technique, transparente et argumentée » sur la faisabilité d’un arrêt desservant « la Colombière » et « Antonin-Balmès II ». « Car derrière une station de tramway, il y a une question très concrète : l’accessibilité à un établissement public de santé, notamment pour les personnes âgées, les patients en psychiatrie et leurs proches. »

    « Il y a 9000 agents au CHU, sans parler des étudiants en médecine et des usagers. »