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  • [Portrait] Guillaume Monsaingeon, avant toute chose de la musique et des images !

    [Portrait] Guillaume Monsaingeon, avant toute chose de la musique et des images !

    La cuisine, des cartes et des mappemondes, des photographies d’amateurs et des vignettes de caissons d’oranges, les arts du quotidien tiennent une grande place dans l’appartement marseillais des Monsaingeon, au dernier étage d’un immeuble de la Plaine. Pendant la Covid, il arrivait qu’au bout d’une corde et d’un panier, Édith et Guillaume transmettent à leur voisin le violoncelliste chercheur en neurosciences Daniele Schön, un agneau confit et une tarte de fruits, des mandarines et du cédrat délicatement choisis.

    Cet ami Schön qui pratique la musique de chambre en sa compagnie, raconte qu’avec des glissando plutôt romantiques, Guillaume adore jouer Haydn et Bach.

    Le Louvre et Rome

    Parmi ses meilleurs ouvrages – un livre-disque Ravel raconté aux enfants, une monographie à propos des Voyages de Vauban chez Parenthèses en 2007, un manuel de philosophie composé avec ses collègues Vladimir Biaggi et Marc Rossini – on placera très haut un recueil d’entretiens achevé en 2023 avec son cousin germain de 15 ans plus âgé, le violoniste Bruno Monsaingeon, réalisateur de films documentaires sur Dietrich FischerDieskau et Glenn Gould Filmer la musique est un tenace désir de clarification, ce sont les dialogues pendant 10 ans d’un conteur fabuleusement mémorieux avec un accoucheur de réponses infiniment précis.

    Ses nuits sont plus brèves que ses jours, cet éternel étudiant ne recherche pas la lumière et la célébrité.

    Prof de philo à Marseille

    Guillaume Monsaingeon affectionne les arborescences inattendues et les pas de côté. Il garde vif souvenir d’un enseignant de son lycée, Jean Gruber qui parlait avec autant de ferveur de son engagement au Sgen, de Racine et de Queneau. Disponible, moqueur et jamais arrogant, normalien en 1978, agrégé de philosophie en 1981, il aurait pu devenir un dirigeant de la Culture conforme à ses débuts. En 1987 Michel Laclotte lui demande de créer et de diriger l’Auditorium du Louvre, établissement prestigieux qu’il quitte subitement puisqu’on lui propose une aubaine que lui et sa femme Édith ne pouvaient pas refuser. Pendant six années qui « comptent double », ses enfants (Clarisse avait deux ans, Lucas et Léonard quatre et six) vont vivre en Italie : Guillaume Monsaingeon dirige le Centre Culturel de Rome.

    Dans sa carrière en dents de scie, un curieux fiasco (après Rome, il fut embauché et vite remercié en Haut Var par la Fondation des Treilles) décida la bonne fortune d’un virage à 180 degrés. Monsaingeon opte pour l’horizontalité, un emploi du temps sans intrigues ni rapports de force accaparants : il devient jusqu’à sa retraite en 2022 au lycée Jean Perrin enseignant de philosophie en classes préparatoires. L’un des animateurs des Philosophes publics, Marc Rosmini aime souligner que ses interventions en compagnie de Vladimir Biaggi et Ronald Bonan lors de sessions de formation furent déterminantes pour l’apparition en Bouches-du-Rhône d’une vague montante d’enseignants inspirés par un goût profond pour la démocratie.

    Ce post-moderne qui connaît admirablement Proust et Perec, Calvino, Pasolini et Fellini fait aussi du classicisme, privilégie la discrétion et les joies de sa famille. Une brisure l’aura alerté, une enfance à Porquerolles bientôt suivie du décès de son père : sa condition de départ fut celle d’un orphelin vivant au milieu d’une nichée de sept frères et sœurs dont il est le benjamin.

    À la fois simple et complexe, Monsaingeon ne cultive pas la nostalgie et les passions tristes. Priment à ses yeux la fraîcheur de l’invention et le travail collectif. Sa conviction c’est que « si l’on veut être personnel, il faut se frotter aux autres… Le risque de devenir grégaire est faible, la probabilité de découvrir des manières de faire, des idées inconnues, est beaucoup plus élevée ». La province n’est plus un désert culturel, des expériences de première importance peuvent surgir quand on propose aux bons endroits des projets convaincants. Guillaume Monsaingeon fut en solo ou bien avec de proches amis le commissaire en région de fortes expositions : entre autres, à Mont-Dauphin, Vauban architecte de la raison, 2007, avec Nicolas Faucherre, à Toulon en 2015, Villisima, Des artistes et des villes, au Mucem en 2019, Le temps de l’île, avec Jean-Marc Besse, au Frac en 2020 Des marches, démarches. À quoi s’ajoutent grâce à la clairvoyance des éditions Parenthèses les anthologies de textes et d’images cartographiques, les merveilleux formats à l’italienne du collectif Stevenson.

  • [Recette] La bouillabaisse pas comme les autres de Christian Qui

    [Recette] La bouillabaisse pas comme les autres de Christian Qui

    Les ingrédients

    Il vous faudra :

    – Des pommes de terre, du paprika fumé, du gros sel

    – Des tranches de pain, de l’huile d’olive, de l’ail, des tomates séchées, du poivre

    – Des oignons, des carottes, du concentré de tomates, une pincée de safran

    – Des poissons frais selon arrivage chez les pêcheurs du Vieux-Port, ici du poulpe et du congre

    – Un jaune d’œuf, du piment doux, des écorces de citrons séchées, de la spiruline, des verts de poireaux, du vinaigre et des piments verts.

    Une recette à adapter en fonction de vos goûts, de vos envies mais aussi des poissons frais qui s’offrent à vous sur l’étal des pêcheurs.

    Commencez la veille par préparer un bouillon avec de l’eau, des carottes, des oignons, de l’ail, du concentré de tomates et tous les restes de poissons que vous aurez. Les têtes, queues, arrêtes etc. Faites bien cuire le tout et laissez refroidir. Une nuit au frais pour laisser infuser puis filtrer et mixez. Le lendemain faites réchauffer et ajoutez à la fin le safran.

    Innovation et saveurs

    Pour le poisson, levez les filets de congre, en l’occurrence et coupez les poulpes en lamelles pour avoir une texture agréable en bouche. Mais vous pouvez utiliser le poisson de votre choix que vous aurez poché dans le bouillon. Faites cuire vos pommes de terre à l’eau, à part puis assaisonnez-les avec du paprika fumé et du gros sel. Coupez-les en quartiers.

    Pour la rouille faites une émulsion, comme une mayonnaise en mixant jaune d’œuf, ail, tomates séchées, piment doux et montez à l’huile d’olive et à l’huile neutre. Pour les croûtons, faites un mélange à base d’huile d’olive, de tomates, d’ail et de poivre, frottez le pain au pinceau et passez au four. Réservez.

    Si vous voulez réaliser une bouillabaisse à l’image de celle de Christian, préparez une poudre avec des piments doux, des tomates séchées, les écorces de citrons, du poivre et mixez le tout. Pour le dressage, déposez trois croûtons, quelques pommes de terre, votre poisson et une lamelle de poulpe. Puis une cuillère à soupe de rouille, saupoudrez avec la poudre et disposez quelques baies roses. Enfin, versez le bouillon et dégustez. Bon appétit.

  • [Sciences] Une boule de bactéries géante découverte à Carry-le-Rouet

    [Sciences] Une boule de bactéries géante découverte à Carry-le-Rouet

    En plongeant dans la baie de Carry-le-Rouet, non loin de Marseille, pour récolter des échantillons de sédiments à quelques mètres de profondeur, les scientifiques de l’Institut de biosciences et biotechnologies d’Aix-Marseille (Biam, Saint-Paul-lès-Durance) voulaient étudier des micro-organismes unicellulaires qui s’orientent grâce au champ magnétique terrestre – dits « magnétotactiques ». Au laboratoire, c’est un micro-organisme jusque-là inconnu qui attire leur attention : une boule de bactéries semblant liées les unes aux autres, vivant et se déplaçant collectivement. Ils viennent de découvrir une nouvelle espèce de procaryote multicellulaire magnétotactique (MMP) qu’ils appelleront Magnetogigantoglobus et décrivent dans The ISME Journal.

    Communication

    Les bactéries sont connues pour être composées d’une seule cellule. Mais certaines vivent en consortium, comme les MMP. « Leur existence est connue depuis les années 1990 », précise Caroline Monteil, chercheuse CEA au Biam et dernière autrice de l’article. Mais seuls deux types étaient connus : les MMP sphériques et ellipsoïdaux, qui font 3 à 6 micromètres et sont composés d’une cinquantaine de cellules, pas plus. Magnetogigantoglobus est trente fois plus volumineux et composé d’environ 130 cellules. Pour les scientifiques, cette grande taille serait liée à sa capacité à dégrader des composés organiques complexes. « Cela implique une grande diversité d’enzymes et du stockage de nutriments, donc il faut de la place, résume Caroline Monteil. Cela pourrait aussi être un moyen de protection contre la prédation. Mais ces hypothèses sont à vérifier. »

    Au-delà de l’intérêt que représente la découverte d’une nouvelle espèce, « cela éclaire d’un jour nouveau la complexité du monde bactérien et apporte un modèle inédit pour comprendre les mécanismes ayant amené à l’émergence de la multicellularité », souligne Caroline Monteil. Car les chemins pour passer de la première cellule apparue il y a quelques milliards d’années aux organismes divers et complexes du vivant actuel sont toujours très mystérieux. « Ce nouveau micro-organisme multicellulaire représente une étape évolutive où les cellules ne semblent pas spécialisées et peuvent a priori fonctionner de la même façon, mais elles sont potentiellement capables de communiquer et de coopérer tout en ne réalisant pas la même tâche en même temps », ajoute la chercheuse qui aimerait éclaircir les mécanismes qui permettent cette communication. « Elles sont 130 cellules et capables de décider en une fraction de seconde d’aller dans la même direction, souligne-t-elle. C’est très intrigant. »

    Et si la réponse était dans le petit espace vide au cœur de la boule de bactéries ? « Il n’est pas forcément vide, insiste-t-elle. Il s’y passe peut-être des choses, comme l’échange de messages moléculaires. » Il reste à les intercepter et à les déchiffrer.

    Repères

    Procaryotes

    Ces micro-organismes sont généralement composés d’une cellule dépourvue de noyau. Ce domaine regroupe les bactéries et les archées. Il s’oppose à celui des eucaryotes dont les cellules ont un noyau (comme les animaux et les plantes).

    Bactéries

    Dans la grande majorité des cas, ces procaryotes sont composés d’une seule cellule. Mais elles peuvent parfois vivre en consortium – comme Magnetogigantoglobus, récemment décrit –ou adopter des comportements multi-cellulaires– c’est-à-dire agir temporairement de manière coordonnée, pour chasser par exemple.

    R. Blakemore

    Ce microbiologiste américain a décrit pour la première fois les bactéries magnétotactiques dans la revue Science en 1975. Observées dans des sédiments marins, elles contiennent des particules magnétiques qui leur permettent de s’orienter grâce au champ magnétique terrestre.

  • [Mars bleu, le colon passé au crible 3/3] Adapter les traitements en fonction du profil de la tumeur

    [Mars bleu, le colon passé au crible 3/3] Adapter les traitements en fonction du profil de la tumeur

    Médecin senior depuis plus de trois ans, Roxane Mari est oncologue spécialisée en oncologie digestive à l’Institut Paoli-Calmettes. Une discipline transversale où le travail se fait en collaboration avec des chirurgiens, des gastro-entérologues ou encore des radiologues. « Ainsi, nous pratiquons beaucoup de traitements en radiologie interventionnelle avec des thérapeutiques faites par les radiologues », souligne la professionnelle. Comme pour la chirurgie (lire édition du 20 et 21 mars) les traitements administrés dépendent du stade de la maladie. Il faut d’abord la définir pour savoir si elle est, ou non métastatique.

    Si ce n’est pas le cas, le traitement en première intention sera la chirurgie, pierre angulaire du traitement. Elle-même précédée ou suivie d’une chimiothérapie. « Avant, pour essayer de faire diminuer le volume de la lésion tumorale et donc de la rendre plus facilement résécable. Après, s’il s’agit d’une tumeur à risque plus élevé de récidive et ainsi diminuer ce risque », précise le docteur Mari.

    Trouver la meilleure option

    « Si une tumeur est localisée au niveau du rectum et non métastatique alors il y aura un traitement néo-adjuvant, c’est-à-dire avant la chirurgie qui est un traitement lourd avec trois mois de chimiothérapie puis de la radiothérapie associée à cette chimiothérapie par voie orale, suivi de la chirurgie et enfin la possibilité en cas de nécessité de refaire 3 mois de chimio par voie intraveineuse cette fois. » Un traitement lourd car ce genre de tumeur est plus agressive et présente un risque plus fort de récidive à l’endroit même où elle a été opérée. « Avec ensuite de gros retentissements fonctionnels et des chirurgies secondaires à haut risque d’être très délabrantes », ajoute-t-elle.

    Quoi qu’il en soit, les traitements proposés sont, le plus possible, personnalisés en fonction du profil de la tumeur mais aussi du patient. « Nous ne ferons pas le même traitement à un patient de 50 ans qu’à un patient de 85 ans, c’est une évidence. Sans compter que nous essayons également de nous adapter autant que faire se peut aux souhaits que peuvent avoir les patients concernant leur traitement », indique Roxane Mari.

    C’est donc à ce moment-là qu’intervient la réunion pluri-disciplinaire afin de trouver la meilleure option. « En effet, c’est très codifié mais rien n’est jamais tout blanc ou tout noir », constate-t-elle. Le tout en essayant là aussi en fonction des traitements de trouver un équilibre. « Seuls 10 à 15% des patients ont des tumeurs qui permettent d’avoir accès à une immunothérapie. Pour la chimiothérapie, nous utilisons un agent qui s’appelle Oxaliplatine et qui peut entraîner une toxicité neurologique. Tout l’enjeu c’est donc de trouver un équilibre pour ne pas que le patient subisse des toxicités au long cours et même après guérison. »

  • Benoît Payan officiellement réélu maire de Marseille avec l’ensemble des voix de la majorité

    Benoît Payan officiellement réélu maire de Marseille avec l’ensemble des voix de la majorité

    C’est sans surprise que ce samedi, lors du conseil d’installation, les nouveaux conseillers municipaux de Marseille ont officiellement élu Benoît Payan (DVG), maire de Marseille. Il a été élu avec 73 voix, soit l’ensemble des suffrages de la liste d’union de gauche, contre 38 bulletins nuls ou blancs. Le conseil a également tranché sur le nombre d’adjoints au maire. Leur élection a eu lieu dans la foulée.

    Sur les 111 votants :

    – 38 bulletins blancs ou nuls

    – 73 suffrages exprimés

    – 73 suffrages pour Benoît Payan

    Les adjoints :

    1ère Adjointe : Michèle RUBIROLA

    2ème Adjoint : Joël CANICAVE

    3ème Adjointe, maire adjointe : Samia GHALI

    4ème Adjoint : Amine KESSACI

    5ème Adjointe : Audrey GARINO

    6ème Adjoint : Arnaud DROUOT

    7ème Adjointe: Pascaline LECORCHE

    8ème Adjoint : Pierre HUGUET

    9ème Adjointe : Hanifa TAGUELMINT

    10ème Adjoint : Eric MERY

    11ème Adjointe : Nassera BENMARNIA

    12ème Adjoint : Hervé MENCHON

    13ème Adjointe : Marie BATOUX

    14ème Adjoint : Julien HAROUNYAN

    15ème Adjointe : Audrey GATIAN

    16ème Adjoint : Pierre Marie GANOZZI

    17ème Adjointe : Perrine PRIGENT

    18ème Adjoint : Anthony GONCALVES

    19ème Adjointe : Josette FURACE

    20ème Adjoint : Karim TOUCHE

    21ème Adjointe : Capucine EDOU

    22ème Adjoint : Gwenael RICHEROLLE

    23ème Adjointe : Chahidati SOILIHI

    24ème Adjoint : Hassan GUENFICI

    25ème Adjointe : Sophie GUERARD

    26ème Adjoint : Yoan LEVY

    27ème Adjointe : Clara JABOULAY

    28ème Adjoint : Ahmed HEDDADI

    29ème Adjointe : Nathalie TESSIER

    30ème Adjoint : Hedi RAMDANE

    31ème Adjointe : Rebecca BERNARDI

    32ème Adjoint : Yannick OHANESSIAN

    33ème Adjointe : Juliette MASSON

    Les résultats :

    109 votants

    2 procurations

    73 suffrages exprimés

    36 bulletins nuls ou blancs

    Majorité absolue : 55

    Nombre de suffrages obtenus : 73

  • Olivier Galzi officiellement élu maire d’Avignon

    Olivier Galzi officiellement élu maire d’Avignon

    À Avignon, Olivier Galzi est officiellement installé maire. L’ex candidat DVD a recueilli 36 voix contre 5 pour Anne-Sophie Rigault (RN). Les dix élus de gauche, « par esprit républicain », n’avaient pas présenté de candidat. On dénombre également 10 bulletins blancs et 2 nuls.

  • Vincent Bouget officiellement élu maire de Nîmes

    Vincent Bouget officiellement élu maire de Nîmes

    Vendredi 27 mars au soir, le Palais des Congrès de Nîmes avait des allures de nuit électorale qui refuse de retomber. Plus de 700 personnes, jauge dépassée, une file encore à l’extérieur : beaucoup voulaient voir la bascule, toucher du regard ce moment républicain où une ville change de cap. Dans la salle, des applaudissements qui montent au rythme de l’appel, des regards qui se croisent, des élus installés, et un public serré comme pour ne rien perdre de l’instant.Les chefs de file de l’opposition ouvrent la séquence, chacun posant sa ligne. Julien Plantier (DVD) ouvre le bal des prises de parole dans le ton de l’opposition « responsable ». « Pas une opposition de tribune mais de terrain, fondée sur le bon sens », promet-il, se posant « force d’équilibre, exigeant sur les résultats ». Et il conclut : « Aujourd’hui nous sommes dans l’opposition, demain nous serons l’alternative. » Franck Proust (LR), dernier premier adjoint de Jean-Paul Fournier, se veut plus institutionnel : « ni obstruction systématique, ni acceptation de principe », au nom d’une démocratie locale « avec sérieux, clarté et responsabilité. » Puis vient Julien Sanchez (RN), et la trêve républicaine se fissure. Le candidat d’extrême-droite revendique le score historique de son camp, puis fustige Proust, Plantier et la fusion : « Tout le monde sait maintenant que Nîmes a la droite la plus bête du monde », lâche-t-il à deux reprises. Il les accuse d’avoir « offert Nîmes aux communistes », et poursuit en leur demandant de quitter la vie politique « pour laisser la place à des gens plus courageux. » L’attaque ad personam se conclut : « N’ayant hélas que peu d’honneur, ils resteront sans doute ici dans leur petit groupe de trois, ce qui est encore trop pour eux. » Hébétement général, puis les rires jaunes et les huées. Il enchaîne en annonçant avoir déposé son recours (mail du Paloma, tracts, illégalités présumées), puis prévient : une opposition « vigilante, procédurière, dénonçant des promesses non chiffrées », et promettant de « ne rien laisser passer. »

    Une écharpe remplie de promesses

    La salle est tendue, mais le dépouillement, lui, ramène tout le monde au réel. Silence épais, puis verdict sans surprise mais lourd de symbole : Vincent Bouget est élu maire avec 42 voix, correspondant à sa majorité. Sanchez en obtient 11, cinq bulletins blancs ou nuls, et une voix se perd même sur le nom de Proust, qui n’était pas candidat. Alors, l’émotion prend la place des chiffres : Amal Couvreur s’avance et remet l’écharpe tricolore au nouveau maire, accolade, applaudissements. Une image de passation, et de promesse.Dans son discours, Vincent Bouget cherche tout de suite la hauteur : « Nîmes, c’est une histoire qui oblige. » Il convoque une ville « d’industrie, populaire, ingénieuse, une ville méditerranéenne faite de diversité et de combats ». Et il fixe sa boussole : « Je ne serai pas le maire d’un clan ou d’un parti. Je serai le maire de toutes les Nîmoises et de tous les Nîmois. » À ceux qui ont voté ailleurs, et aux 40 000 abstentionnistes, il tend la main et prend un engagement public : rester proche, rester à l’écoute, et accepter d’être « rappelé à la promesse » si le pouvoir éloigne.

    Tout de suite, le travail

    Le nouveau maire enchaîne ensuite avec son premier conseil municipal. La majorité installe sa charpente : création de 22 postes d’adjoints (lire la liste ci-dessous), dont cinq chargés spécifiquement des quartiers. Une seule liste est proposée, menée par Amal Couvreur, puis adoptée par les 42 élus de « Nîmes en commun ». Les écharpes se succèdent, les félicitations aussi. Dans les votes procéduraux (indemnités, délibérations de début de mandat), les élus RN s’abstiennent systématiquement, marquant d’emblée une opposition qui refuse de valider, mais ne vote pas contre.

    Quand la séance est levée, la politique reprend son visage le plus simple : des accolades, un buffet, des discussions avec les citoyens restés jusqu’au bout. Un premier conseil municipal ne change pas une ville. Mais celui-ci a acté, devant une foule compacte, une chose rare : une alternance qui se fait en public, sous contrôle populaire, et avec une majorité qui veut prouver, rapidement, qu’elle n’a pas seulement gagné : qu’elle sait désormais gouverner.

    Axel Jolidon

    Les adjoints

    1. Amal Couvreur

    2. Pierre Jaumain

    3. Sibylle Jannekeyn

    4. Bruno Ferrier

    5. Soukaina Benjaafar

    6. Denis Lanoy

    7. Marianne Bernède

    8. François Séguy

    9. Corinne Giacometti

    10. Colin Gril

    11. Sylvette Fayet

    12. Nicolas Nadal

    13. Cécile Jourdan

    14. Pierre-Edouard Détrez

    15. Jo Menut

    16. Laurent Mespoulet

    17. Sabine Oromi

    18. Gilles Guillaud

    19. Maya Amer-Moussa

    20. Emmanuel Bois

    21. Catherine Fénech

    22. Jean-Yves Chabanel

    Les conseillers municipaux de la majorité

    Dimitri Pialat, Sonia Benkirat, Dominique Nuti, Agnès Charaix‑Py, Nicolas Cadène, Christian Bastid, Chloé Ridel, Janie Arnéguy, Jullien Pacioni, Olivier Bénézet, Nadia Goudard, Houria Chaïda, Fanny Daguenet, Laurent Bastide, Christine Pralong, Sylvain Meyre, Pascale Seguin, Julien Roussel, Dominique Andrieu‑Bonnet

  • Dans l’Hérault, la gauche perd des communes et des certitudes

    Dans l’Hérault, la gauche perd des communes et des certitudes

    Cent mille. Selon le politologue Emmanuel Négrier, la gauche a perdu dans l’Hérault l’équivalent de 100 000 habitants. En dépit des affaires (Sète, Agde) ou d’une gestion hasardeuse de la droite (Castelnau-le-Lez, Lunel) ou de l’extrême droite (Béziers), la gauche dans son ensemble a échoué à conquérir de nouvelles villes. Aucune commune majeure qui était dirigée par la droite n’a basculé dans le camp progressiste dans l’Hérault.

    En revanche, quel que soit le parti, la gauche a rendu les clefs de plusieurs mairies. La France insoumise n’a pas seulement échoué partout où elle se présentait seule (Montpellier, Lunel, Lodève…), elle a aussi perdu la seule commune qu’elle dirigeait dans l’Hérault. À Grabels, si René Revol gérait une équipe divers gauche, n’est-ce pas sa proximité avec Jean-Luc Mélenchon qui a été sanctionnée ? À Lodève, c’est le PS qui a failli. Avec une maire
    -Gaëlle Levêque-qui ne se représentait pas et une candidate qui voulait rompre avec une partie du bilan, l’équation était bancale bien que soutenue par la présidente de la Région Carole Delga. Elle s’est avérée complexifiée par le refus d’une entente avec l’ancien député LFI Sébastien Rome. Résultat : la sous-préfecture repasse à droite avec Claude Laateb.

    D’autres villes d’importance jusqu’ici gérées par une majorité divers gauche composite ont basculé. On peut citer Mauguio où l’héritier désigné d’Yvon Bourrel a été balayé dès le 1er tour au profit de Pierre-Martin Chazot (LR) ou Saint-Jean de Védas où le décès soudain du maire François Rio fin décembre a débouché sur 7 candidatures et la victoire de Patrick Hivin, proche d’Édouard Philippe (Horizons). Enfin, comment ne pas évoquer la surprenante défaite de Véronique Négret (union de la gauche) à Villeneuve-lès-Maguelone, en dépit d’une droite divisée.

    Des communes conservées

    La gauche a tout de même conservé plusieurs de ses fiefs notamment les deux plus importants : Montpellier et Frontignan. Dans la capitale régionale, Michaël Delafosse aura sans doute une opposition acharnée avec LFI et les colistiers d’Altrad. Mais, fort de son succès, il aura les mains libres pour suivre son « cap » pour Montpellier et sa Métropole. Malgré l’élection de 13 nouveaux édiles sur 31, M. Delafosse qui sera réélu maire samedi 28 mars (10h) par le conseil municipal devrait aisément conserver la présidence de l’intercommunalité où plusieurs socialistes (Renaud Calvat à Jacou, Eric Penso à Clapiers, Yvon Pellet à Saint-Geniès-des-Mourgues…) ou soutiens (Cyril Meunier à Lattes, Michelle Cassar à Pignan, Florence Brau à Prades-le-Lez…) ont été reconduits. En revanche, avec la réélection d’Hervé Marquès à Sète, le PS va devoir convaincre des maires du bassin de Thau pour faire fructifier la réélection de Michel Arrouy (PS) à Frontignan afin que Loïc Linarès (PS) conserve la présidence de l’Agglo de Sète.

    Très affaiblie dans le Biterrois, la gauche reste bien implantée dans la plaine héraultaise. La réélection dès le 1er tour du socialiste Armand Rivière à Pézenas en est le symbole. Celui-ci pourrait d’ailleurs briguer la présidence de l’Agglo Hérault Méditerranée qui risque de tomber dans les griffes du RN avec la victoire d’A. Lopez-Liguori à Agde. Au-delà, ces municipales auront des conséquences politiques. La gauche pourra-t-elle conserver ses 3 sièges (Hussein Bourgi PS, Henri Cabanel* DVG, et Christian Bilhac PRG) au Palais du Luxembourg aux Sénatoriales de septembre ? Au moins l’un deux pourrait être fragilisé, l’extrême droite pouvant ravir un siège grâce à son emprise sur le Biterrois et le littoral.

    Affaiblie par la droite et le RN, la gauche de Kléber Mesquida sera face à un défi lors les élections départementales de 2028. Surtout si la présidentielle 2027 tournait… à la catastrophe.

    * Qui ne se représente pas.

  • [Entretien] Emmanuel Négrier : « L’essentiel des bascules s’opère de gauche à droite »

    [Entretien] Emmanuel Négrier : « L’essentiel des bascules s’opère de gauche à droite »

    La Marseillaise : La conquête de Nîmes par la gauche peut-elle, à l’avenir, freiner la poussée constante du RN dans le Gard ou est-ce l’arbre qui cache la forêt dans un Département menacé en 2028 ?

    Emmanuel Négrier : Le succès remporté par la gauche à Nîmes s’explique à la fois par des divisions circonstancielles des héritiers de la droite, la forte mobilisation d’entre-deux tours dans les quartiers populaires, où la croissance d’un tour à l’autre est proche de 50%, et une incapacité chronique du RN à incarner une offre politique dans ces quartiers. C’est le paradoxe du RN, parti populiste en panne dans le vote populaire.

    Cependant, cette configuration n’est pas prédictive de ce qu’il se passera pour les prochaines échéances, et notamment pour les élections départementales et régionales. En effet, dans ces scrutins, les quartiers populaires sont jusqu’à présent marqués par une abstention structurelle et leur engagement dans ces prochaines élections est tout sauf assuré. D’autre part, les conquêtes gardoises du RN autour de Beaucaire, Vauvert et Bagnols-sur-Cèze vont très probablement conduire à des dilemmes stratégiques pour la droite, avec à la clef des ralliements possibles, comme on pourra d’ailleurs le voir très vite à l’occasion de l’élection des exécutifs des intercommunalités concernées. La gauche devra batailler sur ces fronts en position de relative faiblesse, en raison d’une influence politique qui décline globalement et des divisions qui, jugulées à Nîmes, se révèlent perdantes dans beaucoup d’autres contextes, dans le Gard comme ailleurs. Ces élections départementales et régionales, situées après l’échéance présidentielle dont nous ne savons pas ce qu’elle va produire, sont donc hautement risquées pour la gauche départementale.

    Au contraire du RN, LFI n’est parvenue à conquérir aucune ville majeure en Occitanie. Est-ce dû à l’épouvantail Mélenchon ou à la stratégie insoumise souvent jugée anti-PS ?

    E.N : LFI pouvait virtuellement compter sur un sortant, à Grabels, et sur une influence considérable lors des précédentes élections présidentielles et législatives dans certains bastions comme Montpellier. Le problème que rencontre LFI est de plusieurs ordres. D’une part, la déconnexion des logiques de vote entre les scrutins nationaux et cette élection singulière qu’est la municipale fait significativement baisser son influence là où il n’est pas implanté. Ensuite, le pari qu’il faisait de remobilisation des quartiers populaires s’est très peu produit (le cas de Nîmes étant exceptionnel) et guère à son profit, comme on l’a vu à Montpellier où il est le plus souvent devancé par le vote en faveur du sortant ou de la liste Mohed Altrad. Quant à Grabels, l’évolution sociologique de la population, associée à une certaine usure du pouvoir municipal, ont été fatales à son maire sortant, René Revol. Derrière ces considérations localisées, il y a une évolution plus générale qui est que le vote LFI s’est sociologiquement transformé. En 2022, c’était celui qui correspondait le mieux à un profil moyen des Français en termes d’âge, de catégorie sociale et professionnelle, d’habitat. En quatre ans, c’est l’électorat du RN qui s’est homogénéisé, en se rapprochant, sur tous ces critères en dehors du niveau de diplôme, du « Français moyen ». Le vote LFI, à l’occasion de ces élections municipales, est devenu « spécifique », ce qui explique ses succès ponctuels (Saint-Denis, Roubaix), mais aussi ses échecs. Évidemment, dans un contexte où la gauche, prise globalement, ne dépasse guère un tiers de l’électorat et qu’elle se divise sur des considérations qui sortent totalement des contextes précis de vote, elle ne peut que s’affaiblir, en particulier son aile gauche.

    En dépit du fiasco agathois,
    la droite héraultaise sort-elle renforcée de ces Municipales même si les couleurs des Républicains sont peu visibles
     ?

    E.N : La droite est en effet renforcée dans ces élections, mais c’est au prix d’une logique d’euphémisation des étiquettes politiques, qui posent d’ailleurs certains problèmes au chercheur que je suis. Globalement, lorsque la droite a perdu une commune, c’est le plus souvent au profit d’une autre liste de droite (Castelnau-le-lez), ou de l’extrême droite dans le cas d’Agde. Et quand un maire d’extrême-droite (Vias) ou anciennement associé à Robert Ménard (Cers) perd, c’est au profit d’un centriste, et non de la gauche. Ailleurs, on peut se poser la question de savoir si un certain électorat de gauche n’a pas fait le choix de la droite sortante plutôt que de la liste de gauche encore en lice au second tour. Ainsi, je fais l’hypothèse qu’il y a un peu de gauche (politique et sociologique, du côté des professions artistiques, par exemple) dans le maintien de la droite au pouvoir à Sète. L’essentiel des bascules s’opère donc de gauche à droite, mais il serait extrêmement hasardeux pour la droite d’en tirer un indicateur de retour en grâce électorale, tant les contextes localisés pèsent plus que l’identité partisane des nouveaux maires. Par ailleurs, comme on l’a observé dans le Gard, même si c’est pour l’Hérault d’une moindre intensité, la droite va être confrontée, face à la pâleur de son identité politique, à la progression du vote RN, encore peu sensible lors de ces élections municipales, et aux enjeux stratégiques qui ne manqueront pas de se poser à elle lors des prochaines échéances.

    La gauche héraultaise a-t-elle perdu plus que certaines villes (Lodève, Grabels, Mauguio, Villeneuve-lès-Maguelone, Saint-Jean de Védas…) dans l’optique des Sénatoriales 2026 et des Départementales 2028 ?

    E.N : La gauche héraultaise a perdu une douzaine de villes, ce qui représente près de 10% de la population héraultaise (100 000 habitants), qui passent de gauche à droite en termes de gouvernance municipale. C’est un recul considérable pour une élection dont on dit d’ordinaire qu’elle favorise les sortants. Cette évolution vers la droite, même pâle et diverse, ne pourra pas ne pas avoir d’influence pour l’élection sénatoriale de septembre prochain. Celle-ci se déroule à la proportionnelle pour désigner les 4 parlementaires et elle est, plus que pour une élection directe, sous l’influence des grands électeurs des mondes ruraux et petites villes, précisément là où la gauche a perdu des positions. L’incertitude est donc assez grande pour ce prochain rendez-vous politique. Quant aux élections départementales, l’Hérault se caractérise par une meilleure résistance à la progression du RN, la gauche y conserve une influence certaine à la fois dans ses bastions urbains et l’arrière-pays, qui peut lui permettre de ne pas perdre le leadership départemental, contrairement à l’Aude, aux Pyrénées-Orientales ou au Gard, trois départements où, ce n’est pas un hasard, tous les députés sont d’extrême droite.

  • Une explosion de tulipes et de couleurs à Jonquières

    Une explosion de tulipes et de couleurs à Jonquières

    C’est devenu l’un des événements incontournables dans le Vaucluse au moment où le printemps pointe le bout de son nez. Petits et grands ont rendez-vous au domaine Martin de Grangeneuve à Jonquières pour profiter de la floraison des champs de tulipes présentes par milliers offrant des couleurs et variétés diverses.

    Un spectacle éphémère qui a débuté pour la saison actuelle le week-end dernier et se poursuit jusqu’au 6 avril.

    Une parcelle destinée à la cueillette

    Elles y sont plantées ici depuis plusieurs années par l’entreprise néerlandaise Triflor France qui a choisi Jonquières et le Vaucluse pour son climat, permettant une floraison et donc une cueillette précoce par rapport aux Pays-Bas.

    « Fêtons les tulipes de Jonquières » est donc une fête unique en son genre, spontanée, gratuite et joyeuse portée par l’association du même nom créée en 2019 qui, au retour du printemps s’attelle a offrir le plus beau des événements aux curieux venus de la région et d’ailleurs, transformant les parcelles cultivées dont les bulbes sont plantés à l’automne en véritable tableau vivant qui semble s’étendre jusqu’aux Dentelles de Montmirail avec le Géant de Provence en toile de fond.

    Tout au long de l’ouverture au public, une parcelle spécifique est mise à disposition des visiteurs pour que chacun puisse cueillir son bouquet. Une vente qui permet de soutenir l’association organisatrice mais aussi de valoriser le travail réalisé sur ces terres dont la culture est professionnelle et destinée à l’export. D’ailleurs, une fois la floraison terminée, les bulbes enfouis sous terre sont récoltés puis triés pour être expédiés vers de nouveaux horizons auprès d’horticulteurs et fleuriste en Europe, notamment aux Pays-Bas où ils pourront de nouveau fleurir.

    Ouvert tous les jours pendant la période de floraison de 10h à 18h30 en accès libre. Parking gratuit à proximité.