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  • L’État lance une mission sur l’avenir de la Métropole Aix-Marseille-Provence

    L’État lance une mission sur l’avenir de la Métropole Aix-Marseille-Provence

    Une mission « indépendante », « d’analyse et de propositions sur la situation et le devenir de la Métropole Aix-Marseille-Provence » alors qu’elle « traverse une période difficile et inédite depuis sa création en 2016 », a été lancée par le gouvernement ce 29 juillet. Confiée à Dominique Busserau, ancien ministre, et à Jean-François Debat, président du Comité des finances locales, elle entend « proposer des évolutions » pour « renforcer l’efficacité de l’action publique ». Et débutera ses travaux fin septembre, histoire de « respecter la séquence budgétaire actuellement engagée » par la collectivité.

    Pour ce faire, ils se pencheront sur l’organisation institutionnelle, la « gouvernance », les compétences, les relations avec les communes qui la composent, les mécanismes financiers, la lisibilité et l’efficacité de l’action publique.

    Un « cri d’alarme »

    Si le président d’Aix-Marseille-Provence estime que cette mission est « une première étape pour trouver des solutions concrètes et durables » rappelant que ce territoire de deux millions d’habitants, est « quatre fois plus étendu que le Grand Paris et riche d’une diversité géographique unique en France », Nicolas Isnard (LR) persiste à demander des moyens pour « assumer nos responsabilités, renforcer l’attractivité et le dynamisme économique de notre métropole et améliorer la vie quotidienne de leurs habitants ». Un « cri d’alarme de l’ensemble des métropoles que le gouvernement doit entendre » martèle-t-il quand leurs missions sont « de plus en plus importantes, en matière de transports et d’aménagement du territoire notamment » et que « les différentes lois de finances n’ont cessé d’assécher [les] finances ».

  • [Entretien] Vincent Laforge, médecin urgentiste : « J’ai voulu un témoignage concret, au ras du bitume »

    [Entretien] Vincent Laforge, médecin urgentiste : « J’ai voulu un témoignage concret, au ras du bitume »

    Expert en balistique lésionnelle, l’urgentiste a dû raccrocher pour raisons de santé, mais à grand renfort d’anecdotes, son livre nous plonge dans un quotidien hors-norme.

    La Marseillaise : Fusillades, accidents, tentatives de suicide, naissances d’urgence… Vous nous livrez une série d’histoires au plus près du réel. Pourquoi avoir choisi ce ton ?

    Vincent Laforge : [Il sourit] Parce que ça m’a été demandé par le responsable de la collection, Jacques Dallest*, pour accrocher le lecteur, mais de toute façon, je l’aurais fait quand même. C’est la vérité, c’est comme ça que ça se passe. J’ai voulu être concret, au ras du bitume.

    Ce sont aussi des histoires
    de camaraderie, teintées d’humour, dans une ville de Marseille qui vous touche…

    V.L. : Il y a un rôle très important des équipes, aussi parce que si, en partant d’une intervention, on se met tous à pleurer dans les bras des uns et des autres, on ne va pas tenir. On se fait confiance, on a noué des liens d’amitié durables, pour la vie. C’est une façon de se protéger. Il y a des interventions particulièrement dramatiques, tristes. Je vous renvoie à celle où il y a une défenestrée de 16 ans. La pauvre gamine… [Il est ému] On a fait ce qu’on a pu, mais on n’a rien pu. J’étais légitimement en colère. Quand je passe rue Paradis j’y pense encore. Quant à Marseille, c’est une espèce de sentiment d’affection et de répulsion en même temps. Elle a ce côté sympa, la mer, et puis, les quartiers Nord, au mois de décembre, à 2h du matin. Il y a une fois, j’ai eu cinq morts dans la matinée, c’est difficile.

    Vous témoignez aussi d’un métier qui a largement évolué, dont vous avez apprécié le côté artisanal. êtes-vous nostalgique d’une époque ?

    V.L. : J’ai été obligé d’arrêter en raison d’un quadruple pontage. Cela a été dur quand mon médecin chef m’a dit que je n’avais plus droit au stress, plus de nuit, plus rien. Je parle beaucoup de certains médecins de Gonesse, dont j’ai été l’élève. Je ne voudrais pas porter un regard trop sévère sur mes jeunes collègues. Ils font ce pour quoi ils ont été formés. Ils sont beaucoup plus forts que moi, ont tous passé à un concours très difficile que je n’ai pas passé. Mais, avant, on faisait avec ce qu’on avait, avec notre expérience et le matériel qui était ce qu’il était. Mais l’interrogatoire du patient, c’est 75% de l’examen clinique. Et puis dans l’artisanat, il y a aussi l’amour du travail bien fait. À chaque fois, je me demandais « qu’est-ce que je pourrais faire de plus ? ».

    Vous restez réserviste chez les pompiers de Paris. Médecin urgentiste, c’est pour la vie ?

    V.L. : J’ai exercé dans un hôpital, c’est un monde impitoyable, c’est la médecine de terrain qui m’intéresse. Il y a un côté « prima donna » aussi. Il faut être honnête. Quand on arrive sur l’intervention, tous les feux des projecteurs sont sur vous. Mais en même temps, vous êtes obligé d’être dans l’action et d’être efficace aussi. C’est particulièrement vrai pour des interventions multivictimes. On a vraiment été formés pour ça, comme pour la prise d’otage à la tour Méditerranée. On apprend à ne pas arriver sous le feu. J’en suis au point où, aujourd’hui, quand je vais dans un magasin, je me dis la sortie est là, l’entrée ici, j’organiserais mon poste médical avancé comme ça…

    Ce livre est-il aussi un message aux nouvelles générations de médecins ?

    V.L. : Je n’ai pas voulu faire un livre de médecine où j’explique aux jeunes ce qu’il faut faire, ils trouveront par eux-mêmes. Je trouve que c’est odieux, les vieux cons qui veulent pontifier. Non, j’ai écrit pour ma petite-fille, qui a 2 ans. C’est à elle qu’est dédié le livre. C’est un legs, une forme de témoignage. Car cette transmission, je ne l’ai pas eue. J’ai beaucoup regretté que mon père, en particulier, ne raconte pas sa campagne de Normandie, tout comme mes grands-pères, qui ont tous deux participé à la Première Guerre mondiale. Je suis allé aux archives, à Vincennes, j’ai découvert mon grand-père, que je n’avais pas connu, était médecin. J’ai découvert des choses extraordinaires.

    Pensez-vous écrire une suite ?

    V.L. : Je ne sais pas, pourquoi pas. J’ai encore plein d’histoires. Quand je me promène dans Marseille, je me souviens : là une explosion de gaz, devant l’Hôtel-Dieu un arrêt [cardiaque], un accouchement difficile rue de la République… C’est mon premier ouvrage grand public, mais j’en ai écrit deux plus techniques. L’un intitulé La chair et le plomb sur les plaies par arme à feu depuis Ambroise Paré, un autre sur la balistique lésionnelle. Je donne des cours à la fac sur ce sujet en particulier à Marseille, Lyon, Montpellier…

    * ex-procureur de la République
    à Marseille

    « Du sang sur les mains, Récits »,
    de Vincent Laforge, 244
     pages,
    Mareuil Éditions, 20,99
     euros

  • L’usine Fibre Excellence de Tarascon bloquée par les syndicats

    L’usine Fibre Excellence de Tarascon bloquée par les syndicats

    Le tas d’imposants rondins de bois, les plots en béton et les pierres disposés devant la sortie du site, ainsi que la tractopelle placée derrière les barrières de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, ne laissent guère de doute : au lendemain de la liquidation judiciaire du site, qui laisse sur le carreau 270 salariés, tout ce qui s’y trouve y reste. Pour le moment.

    « On part du principe que cette usine, elle a encore des possibilités », résume Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT Fibre Excellence Tarascon, qui regrette également d’avoir appris la décision du tribunal de commerce de Toulouse par l’intermédiaire d’un journaliste, mercredi. « On bloque l’accès à l’usine. Il ne faut surtout pas commencer à la démanteler et qu’on voit partir le matériel de valeur qui s’y trouve. C’est hors de question », abonde quelques mètres plus loin Frédéric Sanchez, secrétaire général CFDT du site. Un comité social et économique (CSE) est prévu, ce vendredi dans la matinée, à Tarascon. Des mandataires devraient alors annoncer leur venue sur le site dans les prochains jours. « Mais pour l’instant, il n’y a rien qui rentre, rien qui sort », rappelle le représentant de la CGT.

    Une banderole avec l’inscription « Le voyou de l’Élysée et ses sbires ont encore frappé » orne l’entrée de l’usine. L’occasion pour les syndicats de charger « les grands discours pour pas grand-chose ». « C’est la politique de notre gouvernement : il parle de réindustrialisation mais, depuis des mois, on ne fait que compter les entreprises qui perdent. Je n’ai pas vu d’annonce de presse avec de grandes créations », poursuit Jean-Michel Bulinge.

    « Le maximum pour

    les salariés »

    Malgré la liquidation, les représentants syndicaux restent actifs. Et pas qu’un peu. Présents depuis le jeudi 23 juillet sur place, ils se mobilisent dans un premier temps pour « aller chercher le maximum pour les salariés ». « Qu’ils partent dans la dignité », glisse Jean-Michel Bulinge. Cela passe par le maintien de la mutuelle ou encore l’obtention de primes de reclassement. « Tant qu’on n’aura pas obtenu quelque chose, quoi que ce soit, on ne lâchera pas. Pour nous, c’est primordial. Les gens méritent quelque chose. Et pas uniquement les miettes que peuvent nous donner les indemnités conventionnelles ou légales. Mais ça va être dur », prévient Frédéric Sanchez.

    L’organisation est au rendez-vous. Des dizaines de bonbonnes d’eau sont stockées sur une installation dédiée tandis que, à proximité, une cafetière et un micro-onde permettent aux salariés de tenir dans la durée. Sans oublier les grillades du midi. Mais cela ne peut pas durer éternellement. « On se débrouille entre syndicats ou avec le personnel. Mais au bout d’un moment, ça va tirer la langue », confie le secrétaire CFDT, qui appelle à la solidarité de la population tarasconnaise. Implantée dans les années 1950, l’usine fait partie du quotidien des habitants, dont plus d’une centaine y travaillent.

    Des discussions sont en cours pour tenter de maintenir une activité sur le site. La CGT assure travailler sur un « projet alternatif » qu’elle présentera à la Région Sud et aux préfectures concernées en début de semaine prochaine. L’objectif est « d’essayer de trouver une solution de redémarrage du site dans les conditions actuelles ou avec un fonctionnement peut-être différent », afin « de sauvegarder les emplois sur le bassin ». Une « bataille jusqu’au bout » menée aussi en intersyndicale, avec FO. Mais les représentants n’étaient pas sur site ce jeudi en fin de matinée.

    Le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, indiquait dans un communiqué publié le mercredi vouloir « préparer l’avenir du site, engager sa reconversion et favoriser l’émergence de nouvelles activités ».

    Par ailleurs, la menace d’une liquidation judiciaire sur l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) subsiste, mais un nouveau délai a été consenti, jeudi, par le tribunal de commerce de Toulouse, un industriel étant en train de formaliser un plan de reprise. Les offres seront examinées le 8 septembre et la décision communiquée dans les jours suivants.

  • Le Maroc célèbre ses liens internationaux

    Le Maroc célèbre ses liens internationaux

    Au-delà du traditionnel message d’hospitalité envoyé à l’occasion de la Fête nationale marocaine, le consul général Mohammed El Hamouli s’est adressé à une assistance nombreuse, réunie au domaine des calanques pour se féliciter de la « relation privilégiée » qu’entretiennent le Maroc et la France.

    Un retour au ciel bleu après des temps orageux qui s’est concrétisé par la signature d’un « partenariat d’exception renforcé ». Sébastien Lecornu, à l’occasion de son voyage officiel à Rabat mi-juillet a annoncé que les deux pays travaillaient à l’élaboration d’un traité bilatéral, qui serait « le premier que la France signera avec un pays hors de l’Union européenne ».

    Mohammed El Hamouli a rappelé que les liens d’amitié se tissaient aussi au plan local avec des jumelages et la récente signature d’un nouvel accord de partenariat entre les maires de Marseille et Casablanca. Sur le plan économique, c’est le Port de Marseille-Fos qui accueillera la liaison énergétique avec celui de Nador « pour transporter de l’énergie propre » entre les deux rives de la Méditerranée, s’est réjoui le consul général devant des diplomates du monde entier et des élus dont Samia Chabani pour la Ville de Marseille, David Galtier pour la Région mais aussi le maire d’Istres et vice-président de la Métropole, Robin Prétot.

  • À Brignoles, un feu rapidement fixé et maîtrisé, mais des habitants en colère

    À Brignoles, un feu rapidement fixé et maîtrisé, mais des habitants en colère

    On a bien cru à l’éternel recommencement, à une rengaine cauchemardesque qui pousse, depuis douze jours, les sapeurs-pompiers du Var, ainsi que ceux venus leur prêter main-forte, au bord de l’épuisement. L’incendie des Arcs-sur-Argens et de Taradeau tout juste fixé, le 21 juillet, après avoir parcouru 200 hectares en deux jours, qu’il fallait déjà lutter contre un feu d’une ampleur bien supérieure dans le massif du Gros Bessillon. Rebelote mercredi : alors que les soldats du feu étaient parvenus, la veille, à fixer l’incendie qui aura ravagé 4 500 hectares et détruit 33 maisons en une semaine, c’était du côté de Brignoles – qui avait déjà subi plusieurs départs de feu rapidement maîtrisés ces derniers jours – que les flammes se déclaraient, à 16h45, dans la forêt bordant la RD12, en direction de Camps-la-Source.

    Les flammes ont rapidement gagné du terrain, avec près de 100 hectares parcourus en trois heures, poussant les autorités à évacuer 650 personnes dans plusieurs quartiers de la commune. Mais cette fois, aucun scénario catastrophe : vers minuit, l’incendie était déclaré fixé, puis maîtrisé à 3hdu matin, après avoir parcouru 130 hectares. Cela, grâce aux moyens aériens importants rapidement déployés (3 Canadair, 7 hélicoptères bombardiers d’eau et 2 avions Dash) en fin d’après-midi, ainsi que la mobilisation des 270 sapeurs-pompiers avec leurs 70 engins, qui ont continué de s’employer la nuit tombée. Mais aussi à la faveur de conditions « favorables car l’humidité a été très élevée », expliquait au matin le maire de Brignoles, Didier Brémond. Une situation bien différente de celle du Gros Bessillon, où les éléments n’ont, au contraire, rendu que plus difficile la maîtrise du feu.

    70% des incendies sont criminels

    L’édile, à l’instar des pompiers mobilisés, se méfiait cependant de la reprise des vents dans l’après-midi. Cela n’a pas empêché l’ensemble des personnes évacuées de regagner leur domicile dans la matinée de jeudi, malgré l’odeur de fumée encore bien présente dans certains secteurs.

    Habitants du quartier de Tombarel, au pied de l’incendie, Aurélie et ses deux enfants se sont réfugiés dans la précipitation chez leur famille à Varages, après avoir reçu une alerte sur leur téléphone : « On observait la fumée arriver, on ne voyait plus rien. On a pris ce qui nous passait sous la main. On a aussi pris le chat. Mon mari est resté jusqu’à 21h avec les voisins pour arroser les champs à côté en prévention. » Il a aussi fallu gérer le stress des enfants : « Ma fille pleurait, mon fils, qui a un trouble autistique, était très focalisé, c’est lui qui a vu la fumée en premier. » Jeudi matin, au-delà du soulagement, il y avait aussi « de la colère, car on se doute que c’est un acte criminel. Cela fait deux fois que ça arrive au même endroit, ça paraît très suspect. On ne comprend pas, des vies sont mises en danger, on va garder la colline devant nous toute noire ». Didier Brémond partage cette conviction : « Je pense que tous ces feux ne sont pas des accidents et j’espère qu’il y aura des sanctions fortes, c’est inadmissible. » Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé que 70% des incendies étaient intentionnels, 263 personnes ayant été interpellées en France depuis le 28 juin, dont plusieurs dans le Var. Un homme de 39 ans, reconnu coupable d’avoir volontairement provoqué un incendie à Ollioules, a été condamné à un an de prison par le tribunal correctionnel de Toulon, mercredi.

    Même constat pour Gabsi, sa voisine, hébergée, avec ses deux enfants, chez des amis : « Souvent, c’est volontaire et c’est dommage que des personnes mettent en danger la vie des habitants. » Elle tient à louer l’activité des pompiers, dont « le travail n’est pas assez reconnu, ils risquent leur vie pour les nôtres ». Marquée par « l’ambiance pesante entre la fumée, les avions, les hélicoptères, ce qui ne nous était jamais arrivé », elle gardait ses « valises prêtes, car avec le vent prévu cet après-midi, on se tient prêt à reévacuer ».

    Habitante du quartier des Agasses, situé en contrebas de l’incendie, depuis 45 ans, Christiane a vu les panaches de fumée de près. « Très perturbée » après son évacuation précipitée par la police, accueillie chez son fils, elle n’a rien pu avaler jusqu’à jeudi midi. Si elle reconnaît que « les pompiers font ce qu’ils peuvent avec leurs moyens », elle pointe du doigt les services techniques municipaux et ce qu’elle considère comme un manque d’entretien des espaces végétalisés : « Il y a des herbes et des arbres très secs. On ne nettoie plus nos forêts et les bords de routes. Mon voisin s’est battu avec la mairie pour que le champ d’à côté soit fauché. Et on nous dit d’entretenir nos parcelles… » Elle peine à se contenir : « J’ai 80 ans, je n’ai rien à perdre. Si je croise les personnes qui ont mis le feu, je pourrais m’en prendre à elles. »

  • En Occitanie, la chaleur rebat les cartes du recrutement

    En Occitanie, la chaleur rebat les cartes du recrutement

    Sur le littoral gardois, les établissements peinent moins à attirer des candidats qu’à répondre à leurs nouvelles attentes. « Depuis le Covid, il y a eu un gros changement sur le monde du travail. Il a fallu que nous, restaurateurs, nous nous réadaptions par rapport aux personnes qui venaient sur le marché du travail », précise Nathalie Lallouette, déléguée des restaurants à l’Umih 30.

    La professionnelle souligne néanmoins une amélioration grâce au forum de l’emploi saisonnier organisé par les acteurs économiques des communautés de communes. « Depuis deux ans, on arrive quand même à recruter. Cette année, sur le forum de l’emploi saisonnier, il y a eu plus de 600 offres, avec une cinquantaine de recruteurs. » Mais un obstacle demeure : « La grosse difficulté qu’on a, c’est le logement saisonnier. Recruter des gens, oui, mais il faut les loger. »

    Les fortes chaleurs pèsent aussi sur certains métiers. En cuisine, les conditions de travail deviennent particulièrement éprouvantes en période estivale. « Sur la question de la chaleur, c’est vrai que, on va dire, peut-être le point un peu plus difficile, ça va être sur les postes de cuisine à trouver », observe Nathalie Lallouette, déléguée des restaurants à l’Umih 30.

    Des travailleurs plus exigeants

    Au-delà du logement, les fortes chaleurs pèsent désormais dans les choix des travailleurs. « Personnellement je travaille en cuisine, donc il fait chaud tout le temps, mais c’est vrai que maintenant je suis plus regardant sur le restaurant où je vais aller travailler : un restaurant de plage oui, il y a de la fraîcheur et de l’eau pas loin donc j’irais. Mais travailler dans un mas en pleine canicule, je ne le ferais plus », indique Arthur, cuisinier saisonnier.

    « Moi je suis serveuse et c’est vrai que cette année par exemple je ne ferais que des extras. Je voulais aller travailler en montagne comme pour ma saison d’hiver mais je n’ai pas trouvé de poste et par chance, j’ai suffisamment travaillé cet hiver pour ne pas avoir à travailler 50h par semaine cet été », constate Léonie, jeune serveuse de 27 ans. « Je fais mes saisons en station, ou du moins en montagne, et beaucoup de mes collègues sont restés en montagne pour la saison d’été, je pense qu’ils avaient déjà prévu que ce serait plus agréable de rester dans les Alpes que de venir dans le sud où il fait une chaleur étouffante », poursuit la jeune femme.

    Pour Nathalie Lallouette, ces témoignages illustrent une évolution plus profonde. « Maintenant les gens vont regarder dans quel établissement ils vont travailler et quelle saison ils vont travailler. Ils vont regarder s’il y a une culture d’entreprise, l’image du restaurant, s’il y a une éthique. Les gens sont très regardants sur ça, c’est une chose qu’on n’avait pas avant le Covid », affirme-t-elle.

    Pour de nombreux saisonniers, la rémunération ne suffit plus à faire la différence. Les conditions de travail, l’exposition aux fortes chaleurs, l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle ou encore le cadre de vie deviennent des critères déterminants. La question du logement reste également une pièce déterminante dans le choix de l’entreprise.

    Certains privilégient désormais des postes en altitude ou près du littoral, quand d’autres limitent volontairement leur activité estivale afin d’éviter les périodes les plus éprouvantes. Une évolution qui oblige progressivement les employeurs à repenser l’attractivité de leurs établissements au-delà du seul salaire.

  • Bientôt une porte de sortie pour l’aérodrome de Deaux ?

    Bientôt une porte de sortie pour l’aérodrome de Deaux ?

    Véritable serpent de mer depuis plusieurs décennies, l’avenir de l’aérodrome Alès-Cévennes a été un caillou dans la chaussure de nombreux élus. Mais le dossier semble avancer, même si les différents acteurs ne partagent pas la même vision.

    En effet, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Gard, propriétaire de l’aérodrome, tente depuis plusieurs années de vendre cet équipement mais ne peut le céder à moins de 2,1 millions d’euros. Si la CCI a porté un premier projet ces derniers mois, elle s’est finalement entendue avec la municipalité de Deaux pour un projet prévoyant la suspension de l’activité aéronautique.

    La CCI et la municipalité ont détaillé le nouveau projet lors d’un point presse organisé le 7 juillet. Celui-ci s’appuie sur l’implantation de panneaux solaires sur 14 hectares qui pourraient produire l’équivalent de la consommation électrique de « 7 000 à 8 000 foyers du territoire », la préservation de 21 hectares de forêt, un projet sur « 3 000m² dédié à la recherche et à l’innovation dans le domaine des énergies renouvelables » et un parcours pédagogique.

    Ce point presse fait suite au vote des élus d’Alès Agglomération, le 24 juin dernier, d’une délibération réaffirmant la nécessité de maintenir l’activité aéronautique. Au-delà des activités de loisirs, l’aérodrome propose des formations et possède surtout un pélicandrome (pour ravitailler les avions bombardiers d’eau). Certains mettent également en avant sa capacité à contribuer au désenclavement du territoire. Un argument réfuté par la CCI qui n’a recensé « que 92 mouvements, soit 46 atterrissages/décollages, liés pour les deux tiers au ravitaillement d’aéronefs privés » depuis le début de l’année. L’avenir de l’aérodrome est donc encore loin d’être tranché.

  • Les hospitaliers réclament une « prime canicule »

    Les hospitaliers réclament une « prime canicule »

    En France, près de 60% des bâtiments hospitaliers sont considérés comme vétustes. Le CHU de Montpellier ne fait pas exception, avec seulement 40% de ses services équipés en climatisation. Des températures exceptionnelles y ont été relevées depuis le début des canicules estivales, notamment en pédiatrie ou à la maternité, avec des pics jusqu’à 42 degrés dans la blanchisserie de l’hôpital. « Certains agents ont fait des heures supplémentaires et d’autres sont revenus sur leurs jours de repos pour travailler dans des conditions très difficiles, raconte Pierre Renard, infirmier et délégué syndical de la CGT au CHU de Montpellier. Nous demandons donc au gouvernement une prime exceptionnelle pour récompenser leurs efforts, un peu à la manière de celle qui avait été mise en place pendant la Covid. »

    Revaloriser les salaires

    « Il faut financer au plus vite l’adaptation de nos infrastructures au réchauffement climatique. Cela fait déjà plus de dix ans qu’on alerte sur ce sujet au CHU de Montpellier », continue Pierre Renard. Selon lui, au-delà du financement des rénovations, le nerf de la guerre pour un hôpital public de qualité reste la rémunération des hospitaliers. Cette prime ne saurait donc se suffire à elle-même si elle ne s’accompagne pas de la revalorisation des salaires de tous les agents du service public, à commencer par ceux de la catégorie C, comme certains ouvriers et membres de l’administration. « Ce sont des agents essentiels au fonctionnement de nos établissements et pourtant, certains sont rémunérés moins que le SMIC. Seulement, s’il n’y a pas d’agent pour désinfecter le bloc, il ne peut y avoir d’opération derrière. Et rien ne sert de recevoir des clims si on continue de mépriser les agents qui les installent. »

  • [C’est l’été] À Avignon, une Virgule à point nommé

    [C’est l’été] À Avignon, une Virgule à point nommé

    Le 2 juillet dernier, c’est un Jean Castex tout sourire et un peu empreint de nostalgie qui débarque en gare d’Avignon centre, après avoir emprunté la Virgule, ce court trajet de 4 km et 5 minutes qui relie la gare TGV. Le PDG de la SNCF ne tarde pas à confier que se trouver ici lui « rappelle quelques souvenirs ». Car l’ex-Premier ministre a occupé le poste de secrétaire général de la préfecture de Vaucluse entre 1999 et 2001. « Dans mes attributions, j’avais en charge de préparer l’ouverture de la gare d’Avignon TGV », se remémore-t-il. Il n’était plus en poste quand, douze ans plus tard la Virgule a été mise en service. « Avignon a la chance d’avoir ces deux gares connectées [à la différence d’Aix-en-Provence notamment], aujourd’hui cela fonctionne mais, reportez-vous dans les archives, il en a fallu des réunions pour que le projet marche », rappelle encore Jean Castex.

    « Pratique », elle « évite de prendre un bus ou un taxi »

    Quelques jours plus tard, en ce samedi de la mi-juillet, l’historique de la Virgule est loin d’être la préoccupation des passagers en gare TGV. Le flot de passagers débarquant de la Virgule presse le pas dans le brouhaha des valises à roulette. « Je n’ai que 10 minutes pour attraper mon TGV pour Strasbourg », nous répond un homme sans qu’on ait le temps d’en savoir plus. Les deux voies A et B de la Virgule ont leur espace d’attente propre en parallèle du quai nord, afin de permettre une correspondance quai à quai. « Je suis arrivée de Nice, j’attends le TER pour aller dans le centre et profiter du Festival, ça évite de prendre un bus ou un taxi », apprécie Julie. Adam, étudiant à Paris, démarre ses vacances pour revenir chez ses parents… absents. « Ils ne sont pas loin de l’intra-muros, c’est pratique pour rentrer sans sortir de la gare », salue-t-il. Pas de bémol en ce samedi mais on sait parfois que les délais entre l’arrivée en gare TGV et le départ vers le centre peuvent avoisiner la demi-heure, malgré une trentaine d’allers-retours effectués jusqu’à environ 21h depuis Avignon centre et 22h en partance de la gare TGV, soit avant les dernières arrivées.

    Le chantier, d’un montant total de 38 millions d’euros, a nécessité deux ans et demi de travaux avant sa mise en service le 15 décembre 2013. Dans le détail, sur les 4 km de ligne, un seul kilomètre nouveau a dû être construit depuis la gare TGV pour ensuite raccorder le réseau Paris-Lyon-Méditerranée (PLM). Deux nouvelles voies de terminus TER ont vu le jour à Avignon TGV, entraînant la création d’un nouveau quai de 175 m de long. Côté génie civil, un pont-rail de 22 m de long pour le franchissement de l’échangeur routier de la gare a été bâti ainsi qu’une tranchée couverte sous la plateforme PLM pour permettre le raccordement de la nouvelle ligne à la voie classique.

    Une desserte locale vers Carpentras ou Cavaillon

    « Cette nouvelle liaison entre Avignon TGV et Avignon centre renforcera l’offre de services ferroviaires régionaux autour d’Avignon, espérait la SNCF il y a 15 ans, lors de la pose de la première pierre le 27 juin 2011. En assurant une desserte de la gare d’Avignon TGV par des TER d’origines multiples, cette connexion apporte une réponse efficace à l’important développement économique et urbain rencontré par les bassins de vie alentour et à l’engorgement routier. » Cette Virgule peut desservir également Cavaillon et Carpentras – depuis la réouverture de la ligne en 2015 – et les plus petites communes sur leurs trajets (Entraigues, Sorgues, L’Isle-sur-la-Sorgue, Morières, Saint-Saturnin, le Thor…) sans rupture de charge. Quelque 2 000 voyageurs par jour étaient attendus lors de la création de la Virgule. Aujourd’hui, SNCF Voyageurs refuse de communiquer les données de fréquentation, « étant donné que nous évoluons désormais dans un contexte concurrentiel », nous répond l’opérateur.

  • [C’est l’été] Soirée théâtre avec Le petit festival de la forêt à Gardanne

    [C’est l’été] Soirée théâtre avec Le petit festival de la forêt à Gardanne

    Cette année, Le petit festival de la forêt organisé depuis trois ans par l’association Marseille en scène et sa compagnie de théâtre le Funny Musical devait prendre de l’ampleur. Au lieu de trois soirées habituellement proposées, une quatrième devait s’y ajouter. Mais au lieu de cela, une seule pièce de théâtre est finalement maintenue. « Cette décision fait suite à l’absence de décision de la Métropole concernant les subventions culturelles 2026 sur lesquelles le festival comptait pour assurer sa survie. Sans ce financement, il nous est malheureusement impossible de maintenir l’événement dans des conditions viables », confie Maëlys Saulnier, chargée de production au sein de l’association Marseille en Scène. « Pour autant nous sommes contents de ce partenariat qui dure avec l’écomusée qui gagne davantage à être connu. »

    Un lien intergénérationnel

    « Le petit festival de la forêt permet de donner accès à la culture et au théâtre à la population locale, en extérieur dans une forêt très agréable et chaleureuse, le tout dans une ambiance guinguette », ajoute-t-elle. Sera donc présentée ce jeudi la pièce Un Marseillais à Paris, création originale de la compagnie Funny Musical qui a également été jouée au Festival d’Avignon. « C’est une pièce qui parle de Vincent Scotto, un compositeur d’origine marseillaise qui a écrit plus de 4 000 chansons connues du grand public. Pour autant, très peu de gens connaissent sa vie et c’est ce que nous avons voulu raconter », explique Maëlys Saulnier. « La pièce a été pensée comme une comédie musicale avec certaines de ses chansons, le tout avec beaucoup d’humour et de modernité pour un moment familial, accessible à tous les âges. »

    Un Marseillais à Paris a donc pour objectif de rassembler les générations et de créer du lien entre les anciens à qui parlent les chansons et les plus jeunes qui pourront découvrir un univers musical.

    Spectacle à 21h. Ouverture à 19h.