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  • Le nouveau maire de Sisteron élu à la tête de l’intercommunalité

    Le nouveau maire de Sisteron élu à la tête de l’intercommunalité

    Après 43 ans à la tête de la mairie de Sisteron et neuf ans de présidence de l’intercommunalité, c’est avec émotion que Daniel Spagnou (DVD) a laissé son siège à son successeur mardi. « Je me souviens du moment où l’État a décidé d’unir sept communautés de communes dans trois départements et deux régions. C’était un véritable pari », s’est-il rappelé. « Peu de personnalités pensaient que nous allions réussir, et moi le premier. »

    Jean-Pierre Templier, qui lui a déjà succédé à la mairie de Sisteron, était le seul candidat pour prendre sa suite à la tête de l’intercommunalité. « Je suis devenu maire de Sisteron après 43 ans de mandat et 24 années de premier adjoint », a-t-il tenu à rappeler aux élus. « Ma vision sera fondée sur la solidarité, fondement de notre intercommunalité, la considération pour chacune des communes quelle que soit sa taille, le respect de leur souveraineté, la concertation et le dialogue », a-t-il promis.

    Le nouveau président échoue à s’entourer

    « Cette confiance m’engage, et je veux vous l’affirmer, j’en serai digne et je ne la trahirai pas », s’est-il engagé au moment de son élection à 83% des voix. « Le développement de notre territoire ne peut se faire que si nos plus grandes communes, comme Sisteron, jouent ce rôle de moteur, de catalyseur, et garantissent aux plus petites les moyens de se développer et d’offrir des services de qualité à leurs habitants. »

    Alors que Jean-Pierre Templier assurait déjà que Gérard Tenoux, maire de Valdoule (Hautes-Alpes) et premier vice-président sortant, serait « son binôme, son premier vice-président », pour ce mandat, c’est finalement Lionel Tardy, maire de Rosans (Hautes-Alpes), qui a été élu avec 50 voix, contre 32 pour Gérard Tenoux.

    Le nouveau président n’a fait élire qu’un seul vice-président, n’ayant « pas eu le temps » de composer une équipe pour l’entourer. « Le délai imparti s’est avéré être très court, avec les fêtes de Pâques au milieu », a-t-il avancé. « La composition du bureau sera complétée lors de la prochaine réunion du conseil », a-t-il promis.

    La communauté de communes rassemble 60 municipalités des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes et de la Drôme.

  • Les pompiers en exercice déblaiement à Aix

    Les pompiers en exercice déblaiement à Aix

    Sur un vaste terrain ou trônent des bâtiments d’apparence abandonnés, l’équipe départementale de sauvetage déblaiement (USAR 13, certifiée par l’ONU), se déploient, aux côtés de l’équipe cynotechnique et des sauveteurs en milieu périlleux où des sapeurs pompiers des Bouches-du-Rhône (Sdis 13) sont dispersés. Depuis 8h du matin ce mardi, jusqu’à minuit, soit seize heures, les sapeurs pompiers se livrent à un exercice de sauvetage et déblaiement d’ampleur dans le cadre de leur formation de maintien des acquis. Au total, quatre-vingts hommes et de femmes, dispatchés sur différents « chantiers » de ce terrain désaffecté, près de l’Ensosp, simulent un sauvetage qui aurait eu lieu après un séisme majeur, émis à cinq heures du matin dans la Région d’Aix-en-Provence. « Les Pompiers 13 ont nécessité à se former et acquérir du matériel pour le sauvetage déblaiement puisque le territoire est soumis aux risques sismiques, au-delà du bâtimentaire qui avec le temps s’use et parfois tombe, ce risque est présent, le Schéma départemental d’analyse et de couverture des risques le redit à chaque fois, on a donc nécessité à se former à ça, explique le colonel Franck Briend, directeur départemental adjoint au sein du Sdis 13. Notre intérêt, au-delà des recherches, est aussi d’assurer la sécurité de l’ensemble des sapeurs-pompiers. C’est pour ça qu’on organise cet exercice trois à quatre fois par an pour permettre de s’entraîner un maximum pour être prêts en situation », explique-t-il.

    Un radar de pointe pour détecter les survivants

    Fixation des priorités et évaluation des risques, stabilisation des structures et balisage des zones dangereuses et du bâti, repérage des zones de survies, extraction de victimes… Les équipes sur place, qui travaillent en simultané, se relaient toutes les quatre heures : la passation, fait de rapporter en détail les éléments repérés sur le terrain aux équipes de relais, est l’un des points de travail majeurs de la journée. Ce jour, en plus des chiens, des drones, des techniques d’étaiement sur lequel les sapeurs pompiers s’appuient, un nouvel outil intervient dans l’exercice de sauvetage déblaiement. Acquis en novembre 2025 pour « une quarantaine de milliers d’euros », un radar de pointe permettant de détecter des « poches de vie » sous les décombres, intègre désormais les équipes de l’USAR. « Nous avons acheté un radar extraordinaire qui arrive à repérer une respiration, souligne Richard Mallié, président du Sdis 13. Nous le mettons en œuvre aujourd’hui pour la première fois, c’est un équipement qui peut être projetable dans toute la France comme dans le monde entier. Nous avons 22 [agents] spécialisés dans le maniement du radar. » Apposé contre un épais mur en béton d’une des bâtisses désaffectées, le radar, dans sa boîte orange, les sapeurs pompiers analysent, depuis une tablette « au niveau de l’oscillogramme, s’il y a une courbe qui s’apparente à une respiration. Au plus il va y avoir de décombres, au plus l’analyse va être longue », explique l’un des opérateurs. « On estime qu’il faut lancer deux à trois analyses pour être certains d’avoir une victime réelle. » Le Sdis 13, est d’ailleurs le seul en France à être doté de ce matériel, en dehors de la Formation Militaire de la Sécurité Civile (FORMISC).

  • Place de Rome à Marseille : faire la misère aux locataires pour les déloger

    Place de Rome à Marseille : faire la misère aux locataires pour les déloger

    Procès en vue pour le gestionnaire du Manhattan, un hôtel meublé en péril, situé 3, place de Rome. Hamid Yahiaoui avait succédé au marchand de sommeil, Morde Khai Didi, mis en examen pour sa gestion de 14 établissements miteux mais juteux dont le Manhattan. Ce réseau d‘hôtels pouilleux était conventionné par l’État pour l’hébergement d’urgence des familles en grande précarité.

    Vendredi dernier, le tribunal a fixé le procès au 4 décembre 2026. Avec sa société Alamar, M. Yahiaoui répondra de « menace ou acte d’intimidation en vue de contraindre une personne vulnérable occupant un local insalubre ou en péril à renoncer à son droit au relogement » et de « refus de relogement ». Cet Algérien de 58 ans qui gère deux résidences hôtelières aux Catalans (7e) et avenue de Toulon (5e), avait repris l’exploitation du Manhattan. L’ensemble immobilier très dégradé, propriété de Georges Sabbah qui lui loue aussi les murs de l’hôtel aux Catalans, est frappé d’une série d’arrêtés de mise en sécurité depuis novembre 2018 et de quatre arrêtés d’insalubrité.

    Coupures d’électricité

    et faux policiers

    L’immeuble à deux pas de la préfecture est formé d’un bâtiment donnant rue de la Palud de 41 logements, des bouges de 11 à 25 m². Le second en retrait comprend huit logements dévastés. En septembre 2023, les enquêteurs entendaient les occupants de ce Bronx, parmi lesquels de nombreux Nigérians qui payaient Didi ou ses sbires alors que les loyers étaient suspendus. Dans une écoute fin août 2023, Didi menaçait de « virer tout le monde, de couper l’eau et l’électricité » et « qu’ils peuvent crever dedans ».

    Faire peur pour déloger, c’est ce dont est aussi accusé Yahiaoui alors que la situation déjà dangereuse était sanitairement intenable (notre édition du 26 octobre 2023, L’hôtel Manhattan en péril sombre avec ses occupants). Les agents de la Ville rapportaient des coupures d’électricité répétées, autant de manœuvres pour rendre la vie infernale que la mairie dénonçait le 14 février 2024 au procureur. Yahiaoui était devenu gestionnaire au terme d’un deal avec Sabbah : un « bail offert gracieusement en échange de refaire tous les travaux » dans cet « immeuble tout pourri » et « sans évoquer plus que ça les locataires ». Le loyer de 8 000 euros devait débuter en janvier 2026.

    Un chantier démarrait en site occupé avec des ouvriers pas payés. Sous pression de la Ville, Yahiaoui prenait un contrat d’électricité qu’il résiliait le lendemain, promettant de se réabonner sans jamais le faire. Des locataires ont témoigné de menaces et de tentatives d’évacuations forcées avec des individus se présentant comme des policiers en civil portant un brassard de police ou en tenue « pour faire peur ». Les agents de la Ville ont aussi surpris le propriétaire tambouriner aux portes pour demander aux occupants de partir invoquant faussement une demande de la Ville alors qu’aucune évacuation n’était prévue. L’évacuation officielle et complète était ordonnée le 13 mars 2024 par la Ville qui tente depuis de recouvrer les frais de relogement d’urgence des occupants qui s’élevaient en avril 2025 à déjà plus de 50 000 euros. Interpellé en mai 2025 dans sa villa hollywoodienne avec piscine sur un hectare aux Pennes-Mirabeau, le gérant a nié toutes menaces, distinguait entre les squatteurs, les 27 anciens locataires de Didi et les siens. « Je n’ai jamais fait d’intimidation. Au contraire, j’ai payé les gens pour qu’ils s’en aillent. Cinq locataires ont accepté de partir avec 1 000 euros. J’ai récupéré trois locataires dans un hôtel qui appartient à ma femme. »

  • L’opposition fosséenne en ordre de marche pour 2033

    L’opposition fosséenne en ordre de marche pour 2033

    Ce n’était « pas prévu initialement », admet Rémi Esnault, mais c’est une « aventure politique et démocratique » à laquelle le groupe « Notre Fos » se prépare. La veille de la première séance du conseil municipal, une quinzaine de membres de la liste qui a récolté 29,32% des suffrages au second tour des élections se réunit au sein de l’hôtel Ariane pour discuter de l’ordre du jour, alors que c’est le candidat adoubé par le label « La Provence qu’on aime » de Franck Allisio (RN), Philippe Maurizot, qui a été désigné maire par 48,24% des votants le 22 mars.

    « Nous sommes cinq à siéger dans l’opposition, commence Nicolas Féraud (PCF). Nous sommes les porte-parole d’un tiers de la population, mais aussi du groupe, avec lequel on a décidé de maintenir le lien pour poursuivre le travail au profit des Fosséennes et des Fosséens. » Des réunions hebdomadaires continueront d’être organisées pour « poursuivre le même engagement que lorsqu’on était aux responsabilités », affirme Rémi Esnault. « On s’inscrit dans le long terme, le groupe va s’affiner, peut-être se reconfigurer pendant le mandat, poursuit-il. Des choses seront faites en parallèle, on va notamment éditer un trimestriel pour continuer d’informer les habitants sur nos actions et de partager notre vision. » L’objectif est clair : « aborder 2033 avec un projet et une équipe solide » tout en évitant « une rupture entre la gouvernance qu’on a eue pendant des années et les prochaines élections municipales ».

    Une autocritique

    Quelques semaines après sa défaite, le groupe a eu le temps d’analyser les résultats. Rémi Esnault pointe d’abord la responsabilité de la « liste félonne à gauche », menée par l’ancien adjoint de René Raimondi Jean-Michel Leroy (PS), sans qui « on avait la majorité », assure-t-il. Quant aux raisons de cette scission au sein de la précédente majorité, des questions restent en suspens : « Est-ce qu’il y a un héritage municipal qui a mal été géré pendant une période avec des dissensions internes qui n’ont pas été assez rapidement et efficacement endiguées ? Peut-être. On a sûrement une part de responsabilité. »

    Le groupe dit être « dans une forme d’effarement de se dire comment Fos a pu à ce point couper brutalement avec l’héritage du service public déployé partout à tout âge ». Dans cette commune, la montée de l’extrême droite s’est faite progressivement, mais c’est la première fois que « la digue » municipale a « cassé ». Charge, désormais, à l’opposition de la réparer.

  • Le sentier de Niolon à l’Erevine sécurisé et rouvert au public

    Le sentier de Niolon à l’Erevine sécurisé et rouvert au public

    La réception officielle des travaux s’est tenue en présence des représentants du Conservatoire du littoral, des entreprises mobilisées, ainsi que du maire du Rove, Paul Sabatino (PCF). Engagé le 3 novembre 2025, ce chantier visait à sécuriser, nettoyer et requalifier cet itinéraire emblématique de la Côte Bleue, fortement fréquenté et fragilisé par l’érosion et l’usage intensif.

    Les aménagements ont permis de consolider les portions les plus exposées, améliorer les conditions de circulation et préserver le caractère naturel exceptionnel du site. La signalétique d’entrée et les panneaux directionnels sont en cours de finalisation et seront prochainement installés. La municipalité appelle les visiteurs à un comportement respectueux et vigilant afin de préserver ce « véritable joyau du littoral rovenain ».

    En parallèle, le maire du Rove a réuni en mairie les acteurs concernés par la gestion et la sécurisation des calanques de La Vesse et de Niolon : gendarmerie, sapeurs-pompiers, police municipale, UCPA, comités des calanquais et élus municipaux. Cette réunion de coordination visait à anticiper l’afflux de visiteurs à l’approche de la saison estivale et à prévenir les risques.

    Dès le 1er mai, un dispositif de filtrage des accès sera mis en place les week-ends et jours fériés, de 10h à 20h. Une vigilance particulière est prévue lors des périodes de forte affluence, notamment le pont de l’Ascension et le 14 juillet. Les patrouilles de la police municipale et de la gendarmerie seront renforcées, avec une attention spécifique portée au stationnement anarchique, incivilités et comportements dangereux. Des renforts significatifs de gendarmerie sont également annoncés pour l’été. Par ailleurs, un projet de vidéoprotection est à l’étude. « Nous devons être à la hauteur des enjeux que représente la fréquentation de ces sites exceptionnels », a souligné le maire, rappelant que « la tranquillité publique est l’une de nos priorités » et insistant sur la nécessité d’une coordination sans faille entre tous les acteurs.

  • Parents, enseignants et lycéens réclament des moyens décents

    Parents, enseignants et lycéens réclament des moyens décents

    « Plus d’une centaine de classes sont menacées dans le département, principalement à Marseille mais aussi à Aix, à La Bouilladisse ou Salon. Et si nous n’avons pas de chiffres sur les dotations globales horaires, de nombreux établissements, principalement des lycées sont impactés. » Pour Letizia Vignone, administratrice du Mouvement départemental des parents d’élèves des Bouches-du-Rhône (MPE 13) qui se prépare à une audience avec le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale), ce mercredi 8 avril à Aix-en-Provence, la situation au sein de l’Éducation nationale s’est nettement dégradée, au détriment déjà des élèves.

    « Au lycée, cela veut dire concrètement des options en moins, des classes qui peuvent atteindre 30 à 35 élèves lorsqu’ils font des travaux pratiques, en SVT ou physique-chimie. Au collège, les classes dédoublées pour l’apprentissage du français sauteraient avec la coupe budgétaire » illustre-t-elle, espérant « grappiller » un maximum d’heures. Le MPE 13 compte également mettre la pression sur le préfet qui doit valider la carte scolaire et les dotations globales horaires cette semaine.

    À Aubagne, Jadran Svrdlin, professeur des écoles et syndiqué à la CGT Educ’action mesure déjà le manque de postes d’enseignant dans son école. « Depuis janvier, nous approchons les 130 journées non remplacées soit 2,7 à 2,8 absences par jour pour nos 9 classes », explique-t-il.

    « En mode dégradé permanent »

    Les élèves sur le carreau étant répartis sur les classes qui restent, « nous sommes en mode dégradé permanent. Le nombre de remplaçants affectés n’a pas changé depuis des années ». Raison principale pour laquelle il sera présent ce mercredi au rassemblement organisé devant le collège Lou Garlaban à 11h avec la CGT, le syndicat SUD mais aussi les associations de parents d’élèves. Une autre mobilisation étant prévue le vendredi à 16h30 devant l’école de la Tourtelle.

    De la primaire au secondaire, cet enseignement « dégradé » a de terribles conséquences pointe Jadran Svrdlin. Réformes injustes finalement avortées, annonces ministérielles intempestives, « on met en place des échéances couperet comme le brevet dont M. Attal faisait un préalable obligatoire au lycée », analyse-t-il, se souvenant aussi de l’expérience des groupes de niveaux que nombre d’enseignants ont refusé d’appliquer. Un « tri social » où « on élimine » estime-t-il, déplorant que les premières victimes soient les « enfants des classes populaires qui n’ont que l’école publique comme patrimoine ». La CGT Educ’action s’inquiète aussi dans un communiqué de la « mise à mal de l’école inclusive » avec un nombre d’AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap) insuffisant, tout comme celui des personnels de Rased (Réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté).

    À Marseille, le syndicat SUD Éducation 13 appelle aussi à un rassemblement devant la Chambre de commerce, sur la Canebière, ce mercredi à 17h30 « contre les coupes budgétaires imposées par l’Éducation nationale et la violente répression des lycéens ». Déjà devant l’école Leverrier (4e) ce mardi, après avoir appris la fermeture d’une classe la semaine dernière, les parents d’élèves ont déployé banderoles et mégaphones.

  • Une « année riche en travaux » pour la SNCF

    Une « année riche en travaux » pour la SNCF

    C’est une « année extrêmement riche en travaux sur l’ensemble de la Région », qu’annonce Karim Touati, directeur régional de la SNCF Réseau en Région Sud, lors du point presse annuel balayant toutes les actions et chantiers à venir pour 2026. Avec pas moins de 442,7 millions d’euros d’enveloppe totale sur la table, l’opérateur historique des chemins de fer entend mener de front les questions de maintenance, de mise en accessibilité de plusieurs de gares ou de nouvelles voies. Le tout, en vue de « garantir une circulation fiable ».

    Forcément, plusieurs opérations « emblématiques » auront lieu à Marseille. Par exemple, lors de la venue « exceptionnelle d’une grue ferroviaire unique » qui interviendra pour « le renouvellement de 9 aiguillages à Saint Charles », lors du pont de l’Ascension. La SNCF vise aussi un « chantier d’ouvrage d’art au pont-rail des Chartreux [dans le 4e arrondissement de la ville, Ndlr.] ». Et ce n’est pas une mince affaire puisque ce dernier « porte l’ensemble des voies qui quittent Marseille vers l’est », précise Karim Touati, ajoutant que l’opération se fera « en plusieurs étapes ». Avec notamment des travaux préparatoires dès mi-juillet puis « deux périodes d’interruption des circulations », du 18 septembre au 20, puis du 8 novembre au 15. Dans la même lignée de ces chantiers sensibles, le train usine unique en Europe, Eric (Engin de régénération industrielle caténaire), interviendra pour le renouvellement de 15km entre Marseille et Vintimille. Côté Vaucluse, on part sur une « opération coup de poing » de 16 millions d’euros avec le renouvellement de 9km de voies à Avignon entre juillet et décembre.

    Des études pour la « ligne ferroviaire olympique »

    « 2026, c’est aussi la suite de grands travaux autour de grands projets », note Karim Touati. Il a dans le viseur la fameuse LNPCA (Ligne nouvelle Provence Côté d’Azur), projet à plus d’un milliard d’euros sur le long terme pour améliorer tout l’écosystème du rail dans la région. « Les premiers travaux ont démarré, notamment sur Marseille Saint-Charles avec la démolition d’infrastructures obsolètes », explique le directeur régional. Mais ce projet est éclipsé par l’urgence d’un autre vaste chantier pour la SNCF, celui de la « performance ferroviaire des Alpes du Sud » et plus globalement de la « ligne ferroviaire olympique » en vue des jeux d’Hiver en 2030. « C’est un projet tout aussi ambitieux que la LNPCA. Il consiste en la modernisation des infrastructures de l’étoile de Veynes et de la ligne de Marseille à Briançon. »

    Concrètement, 2026 est l’heure du lancement des études en 2026 avant « les travaux en 2027 ». Et surtout du lancement d’une concertation publique du 13 avril au 29 mai. Au total, la SNCF prévoit « 137km de voie renouvelées, remplacement de 60 aiguillages, régénération de 108 ouvrages, modernisation de signalisation… », pour un total de 360 millions d’euros d’ici 2030. Jean-Pierre Serrus (Ren.), vice-président de la Région aux Transports annonce d’ores et déjà « du bazar » pour la circulation des trains actuels lors des travaux. Notamment en vue de tenir l’objectif de Marseille-Briançon « en 3h40 » dans ce timing serré et contraint. « On n’a pas le choix », laisse-t-il en suspens.

    Et des rénovations

    de gares

    Autre pan des chantiers de la SNCF, et pas des moindres avec une enveloppe de 40 millions d’euros prévue, celui des gares. Dans les opérations notables : on retient le démarrage des travaux pour la halte ferroviaire de Plan-de-Campagne « d’ici fin 2026 ». Pour un montant de plus de 12 millions d’euros, la livraison est prévue en 2028. La mise en accessibilité de celle de Miramas devrait être terminée à l’été. Dans le Var, l’opérateur « commence à avancer sur la création des pôles d’échanges multimodaux pour La Pauline-Hyères et celle de Saint-Cyr » dans le cadre de la LNPCA. Même principe pour les gares d’Arenc et Saint André à Marseille. « Les projets sont financés et dans la phase 1 de la LNPCA », précise Jérôme Bini, directeur régional de SNCF Gares et Connexions.

    Plus concret, il table aussi sur la rénovation des bâtiments des gares de l’Estaque, de Tarascon et de Sénas. « On attaque des travaux sur celle de l’Isle-sur-la-Sorgues [en Vaucluse, Ndlr.] qui accueillera l’Office du Tourisme. » Tout un programme.

  • [Entretien exclusif] Raphaël Arnault : « Quand je vois les dingos en face, me retirer serait une erreur politique »

    [Entretien exclusif] Raphaël Arnault : « Quand je vois les dingos en face, me retirer serait une erreur politique »

    Une semaine après être sorti du silence qu’il s’est imposé après la mort à Lyon du militant identitaire et avoir fait son retour à l’Assemblée nationale, le député d’Avignon accorde à La Marseillaise un entretien exclusif. Conséquence et implication sur le drame, retour à l’Assemblée, bilan des municipales… le fondateur de la Jeune Garde n’élude aucun sujet.

    La Marseillaise : Juste après la mort du militant identitaire à Lyon, votre première réaction c’est de dire « ce que je redoute depuis des années à Lyon se perpétue », pourquoi ?

    Raphaël Arnault : J’ai commencé mon militantisme parce que je me suis trouvé à plusieurs reprises nez à nez avec l’extrême droite, notamment à partir de 2010, où il y a des violences terribles. C’est la première fois que je vois des gens faire des saluts nazis dans les rues… En 2013, il y a la mort de Clément Méric à Paris. Et à Lyon, il y a des violences extrêmement fortes, notamment des coups de couteau. Plusieurs jeunes sont passés pas loin de la mort. Donc j’ai toujours pensé qu’il pouvait y avoir un mort, pas forcément dans ce sens-là. C’était une évidence qu’il y aurait un drame.

    Pourquoi ensuite avoir choisi le silence pendant un mois et demi ?

    R.A. : C’est une multitude de choses. Émotionnellement, ça a été très dur, parce que ça traversait plein de choses que j’avais pu vivre aussi personnellement. J’ai souvent été menacé, avec des couteaux. Le jour où j’apprends mon investiture pour les législatives, 40 militants d’extrême droite m’attendent à la gare, avec des matraques télescopiques, des gazeuses… J’avais besoin d’une mise en retrait. Je n’avais pas la sensation non plus que prendre la parole aurait permis d’apaiser les choses. On savait pas exactement ce qui s’était passé même si j’avais la certitude que le récit de l’extrême droite n’était pas le bon. Mais je n’avais pas envie de m’aventurer dans des pronostics hasardeux et potentiellement assimilables à du mensonge. Prendre la parole aurait pu être une option mais au vu du défouloir médiatique qui se mettait en place, avec le récit de l’extrême droite repris de A à Z et des néonazis invités sur les chaînes de télé, la défiance était extrêmement forte.

    Avez-vous le sentiment qu’il est plus facile aujourd’hui de se revendiquer fasciste qu’anti fasciste ? À quoi serait due cette inversion des valeurs ?

    R.A. : C’est ce qui a été tenté. En premier lieu par les militants d’extrême droite et, dans une autre mesure, par des médias dominants appartenant aux milliardaires, en attrapant une partie du bloc central, des macronistes. Jusqu’à présent, antifascistes et fascistes étaient mis sur un même piédestal. Là, ce drame a été instrumentalisé pour diaboliser encore plus les antifascistes et à, l’inverse, réhabiliter les néonazis. Il y a une radicalisation du champ politique et médiatique dans son ensemble, avec un glissement et une volonté de diaboliser, de criminaliser la parole de gauche de façon générale, de résistance si possible. Même ici la liste du socialiste David Fournier, alliée à toutes les composantes de la gauche, a été classée comme d’extrême gauche au second tour par la préfecture ! Avec la présidentielle, la diabolisation faite sur la France insoumise va être encore plus démesurée. Mais ce sont les idées qui sont portées derrière, il y a une réelle volonté de détruire la gauche aujourd’hui. S’il y a une violence qui s’accentue dans la société du fait que l’extrême droite avance, on n’est pas dans une société qui a connu, comme au siècle précédent, des vagues de guerre, en tout cas sur le territoire français. Donc si l’extrême droite s’arme, il n’y a pas le niveau de violence qu’il pouvait y avoir au siècle précédent. Mais en tout cas, les dynamiques politiques à l’œuvre sont très sensiblement les mêmes. La presse était aux mains des grands industriels à l’époque, il se disait d’ailleurs « plutôt Hitler que le Front populaire ». La stratégie des libéraux était de donner le pouvoir à Hitler un moment, puis le reprendre. Si à la présidentielle l’extrême droite prend le pouvoir, on aura toujours des moyens de résister et d’éviter justement de tomber dans une société fasciste des pires horreurs. Pour en revenir à Lyon, oui il y a eu un drame et il faut que justice se fasse et en tirer le bilan. Mais il y a eu aussi une contre-mobilisation de gens qui ne perdent pas la boussole et refuse la droite radicale comme projet de société. Cela a permis aussi à tout un tas de personnes d’ouvrir les yeux en se disant ah oui, en fait, il existe vraiment des gens qui se revendiquent du nazisme, qui le portent, qui le disent ouvertement qui mènent des actions politiques en fonction de cette idéologie politique.

    L’affaire aurait-elle eu un tel retentissement si les rôles avaient été inversés avec un antifa tué et l’implication supposée d’un proche d’un député RN ?

    R.A. : Il y aurait eu de l’émotion et de la mobilisation chez les nôtres. Par contre, le traitement médiatique et politique, aurait été tout autre. On l’a vu avec l’assassinat du rugbyman argentin Martin Aramburu. C’était par arme à feu, réellement recherché, pas à la suite d’un affrontement. À quelques semaines de la présidentielle 2022, ça aurait pu déclencher quelque chose, médiatiquement et politiquement, mais rien. Le meurtre a été commis par des membres du GUD, qui se prennent en photo avec des proches du Rassemblement national, dont on sait les liens avec Marine Le Pen. Pareil sur le meurtre de Djamel Bendjaballah [dans le Nord en août 2024 par un militant d’extrême droite accusé d’avoir proféré des injures racistes], rien ne se passe à l’Assemblée nationale. Or là, le drame lyonnais a entraîné un hommage à l’Assemblée nationale pour des gens qui veulent détruire l’Assemblée nationale, qui sont de l’Action française, qui crient à mort la République. Quand on me dit que ça dérange de voir des antifas à l’Assemblée, je me retirerai le jour où il n’y a plus de fascistes, néonazis ou royalistes en son sein.

    Le jour du drame, vous étiez à l’Assemblée. Que faisait votre collaborateur à Lyon ?

    R.A. : Il y a eu beaucoup de questions, à raison. Déjà, Jeff [Jacques-Elie Favrot] travaille à mi-temps et il venait d’emménager à Lyon. Je ne connais pas les circonstances qui font qu’il s’est retrouvé pile dans cet affrontement et je n’étais pas au courant qu’il se rendait à Lyon. On est une équipe de 4-5, je connais les tâches de chacun mais pas leur emploi du temps à la minute. Après le drame, j’ai très brièvement échangé par message avec lui où il me dit ne pas être responsable de la mort de Quentin Deranque et se met en retrait de son activité de collaborateur.

    Jacques-Elie Favrot est plus qu’un simple collaborateur, c’est un vrai compagnon de route pour vous. Ne ressentez-vous pas une responsabilité morale face au drame ?

    R.A. : En tant qu’individu non, je ne suis pas responsable. J’étais en train de voter à l’Assemblée nationale, je n’étais pas au courant de ce qui allait se passer et de l’implication ou non de Jacques-Elie Favrot. La justice nous dira exactement ce qu’il en est parce qu’il y a beaucoup de fantasmes, beaucoup de choses à débunker. En tant que responsable politique et notamment antifasciste, on a des comptes à rendre, pas sur ce drame-là mais de façon générale, on a des responsabilités sur tout ce qui se passe. Je n’ai jamais voulu qu’une telle chose se produise et j’aurais tout fait pour l’éviter. On peut s’interroger sur le rôle de la Jeune Garde, est-ce qu’on a mis assez de garde-fous pour éviter ce genre de drames ? On a beaucoup parlé de ma condamnation, typiquement à ce moment-là je fais tout pour que le jeune en face de moi en lien avec 80 néofascistes qui viennent d’attaquer un rassemblement lesbien ne se prenne pas de coup. Je ne lui en porte pas, je l’agrippe, ce qui n’est pas bien, mais je ne lui mets pas de coup. Il faut tout faire pour éviter de tomber dans une violence qui mène à ce type de drame. La responsabilité est à toutes les échelles. À raison on a ciblé les personnes qui ont participé à l’affrontement mais il y a des choses très inquiétantes : le ministère de l’Intérieur ou le procureur avaient plus d’information que moi au moment où ça se passe. Ce qui fait froid dans le dos, c’est que les renseignements territoriaux savaient, une heure avant l’affrontement, ce qu’il pouvait se passer, ils les ont suivis, laissés s’approcher. À l’inverse, si des militants de gauche avaient voulu s’approcher d’un meeting du RN pour en découdre, en deux minutes ils auraient été en garde à vue. Je ne dis pas que la responsabilité du ministère est engagée, je dis qu’ils avaient des informations pour éviter un drame. Mais il y a eu des mensonges. Quand le procureur explique qu’il n’y a pas eu de rixe, ce n’est pas vrai alors qu’il a tous les éléments des renseignements territoriaux. Pareil, le ministre de l’Intérieur ment ostensiblement en disant que la France insoumise pourrait être embêtée par cette affaire alors qu’il sait que le groupe, a priori, n’a pas du tout été en lien avec la conférence. Tout cela parce qu’il y a des intérêts politiques derrière.

    Croyez-vous que la mort de Quentin Deranque porte un coup à l’antifascisme ? La Jeune Garde a-t-elle un avenir ?

    R.A. : Dans un premier temps, vu la déflagration médiatique, politique j’ai eu peur de cela. Aujourd’hui, plus du tout. L’antifascisme est bel et bien vivant, pas par plaisir, par simple solidarité ou volonté romantique de l’histoire autour de Missak Manouchian, mais par nécessité. On ne peut pas effacer ce qui se passe aux États-Unis ou qu’on mette en justice un journal comme La Marseillaise qui vient simplement dénoncer les accointances avec l’extrême droite la plus radicale d’un député RN. Des gens viennent me voir, me sollicitent et me disent « Tenez bon ». Si des gens pensent qu’en écartant la Jeune Garde, en écartant ma députation, ça éteindrait l’antifascisme… non. Alors oui, on prend des coups, c’est dur. Quant à la Jeune Garde, on attend la décision du Conseil d’État suite à notre recours mais au vu du contexte médiatique et politique, on n’a pas beaucoup d’espoir.

    Est-ce que cette séquence remettrait en question votre engagement politique ou modes d’actions militantes ?

    R.A. : Cela vient requestionner plein de choses, même l’engagement de façon générale parce que c’est énormément de sacrifices. Là où il y a à la fois beaucoup de frustration, d’horreur et de tristesse, c’est qu’avec la Jeune Garde nous avions tout mis en place, d’un point de vue organisationnel, de service d’ordre, pour que justement ce genre de choses n’arrive jamais. Et cela intervient au moment où la Jeune Garde n’existe plus… Je ferai tout pour que les organisations antifascistes actuelles ou futures mettent en place des outils qui permettent d’éviter ce type de drame. Mon objectif n’est pas de recréer une Jeune Garde bis. Pendant mon silence, l’antifascisme ne s’est pas arrêté. J’en suis une des incarnations actuelles, mais on a bien vu le nombre de personnes qui ont pris la parole. À Lyon, il y avait plus de 10 000 personnes dans la rue, mais je n’y étais pas. Je n’ai pas appelé à la manifestation. C’est bien que l’antifascisme vit en dehors de ces organisations.

    Comment avez-vous vécu votre retour dans l’hémicycle, n’avez-vous jamais songé à démissionner ?

    R.A. : La question de l’engagement s’est posée à tous les étages mais à aucun moment, je me suis convaincu d’options aussi radicales. Rapidement, les retours que j’ai eus, au-delà des menaces de mort, beaucoup de gens me disaient « ne lâche rien ». Que ma députation interroge, je l’entends. Ça vient ramener une radicalité contre l’extrême droite qui peut être dérangeante. Mais quand je vois les dingos qu’il y a en face, comme le collaborateur néonazi [Vincent Claudin] ça m’a rappelé aussi pourquoi est-ce que j’ai eu envie d’aller à l’Assemblée nationale. Me retirer ce serait une erreur politique folle. Le retour dans l’hémicycle n’était pas forcément évident, car très rapidement, j’ai été désigné comme un ennemi, mais il fallait le faire. Je n’ai pas prévu précisément une prise de parole. Je continue les combats en circonscription, comme par exemple sur la fermeture de classes où ce matin j’étais à Saint-Chamand. J’ai des nœuds dans le ventre parce que c’est la conséquence du vote du budget non censuré.

    Est-ce que le drame a pesé défavorablement pour la gauche aux municipales d’Avignon ?

    R.A. : Ce qu’il y a eu de plus terrible, je ne parle pas forcément ici spécifiquement, mais au niveau national, c’est qu’une partie de la gauche tape sur une autre partie de la gauche de façon incessante, en contribuant à diaboliser la France insoumise. Ça oui, ça explique en partie la défaite par une démobilisation de l’électorat de gauche. On se vautre dans ce qu’il y a de pire derrière. Le PS fait l’erreur de croire qu’il va passer entre les mailles du filet mais si demain il n’y a plus LFI, après ce sera eux. Ça tombe par étapes. À Avignon derrière, la droite s’en est servie et Olivier Galzi a remobilisé, y compris un électorat du RN, sur des bases de tout sauf la gauche. Ce qui est certain c’est que le drame de Lyon n’a pas aidé politiquement, mais je n’ai pas la sensation que la France Insoumise en a pâti. La liste de Mathilde Louvain a manqué de 200 voix d’être en tête à gauche, on a quadruplé notre score par rapport à 2020. LFI devient une force de gauche plus qu’incontournable à Avignon avec plein de choses intéressantes à développer. En revanche, le second tour n’a pas réussi à créer de dynamique, la droite a surmobilisé et la gauche n’a pas su faire le plein. Peut-être que si j’avais pu être plus investi dans cette campagne, sans dire qu’en mon nom il y aurait eu une explosion de voix, la dynamique aurait pu être plus grande. J’ai vécu une campagne par procuration, comme mon vote.

    Quel regard portez-vous sur Olivier Galzi, qui avait appelé à votre démission, disant que vous déshonoriez la République ?

    R.A. : En tant que député, j’ai ce rôle de rencontrer le maire de la ville. Je m’autorise à discuter avec lui car il n’est pas RN même si la frontière est fine. D’un point de vue politique je n’ai pas vraiment de grandes leçons à recevoir de ce qu’il faudrait faire dans la période vis-à-vis des fascistes. J’invite Olivier Galzi à aller voir la stèle de Missak Manoukian, à réfléchir un peu sur qui était ce personnage, comment l’aurait-il considéré. Que ces gens-là se resituent un peu historiquement. Qui sont les véritables ennemis ? Est-ce qu’ils le sont véritablement pour la République et la démocratie ? Des choses m’ont choqué dans la façon de faire campagne, l’agressivité permanente. J’ai hâte aussi du bilan. Tous ces gens de droite qui disent, il faut revitaliser le centre-ville, mais ce n’est pas à cause de deux pistes cyclables que les gens ne vont plus dans les commerces. Espèce de Tartuffe, il n’y aura pas à nouveau des milliers de personnes qui iront en centre-ville pour aller dépenser, parce qu’il y a une situation économique due à la politique de ces gens-là, qui font que les habitants sont dans une précarité.

    En Vaucluse, les municipales ont vu un recul de la gauche et une percée du RN…

    R.A. : Les gens ont besoin d’une alternative clairement différente de ce que proposent justement les extrêmes droites, de radicalement opposé, sinon, on n’y arrivera pas. Ce sera une agonie lente de notre camp qui n’arrive plus à se mobiliser, parce qu’il y a un manque d’espoir. On est dans un département où c’est difficile, ça l’est encore un petit peu plus. C’est à nous de construire la mobilisation et de créer quelque chose, notamment dans les quartiers populaires d’Orange ou Cavaillon où la mobilisation électorale est très faible.

    Vous avez fleuri ce mardi matin la stèle hommage à Missak Manouchian, résistant, communiste, apatride « français de préférence ». Que retenez-vous de son parcours ?

    R.A. : Il n’a pas lâché malgré le fait qu’il était mis au ban de la société et a démontré une capacité de résistance, de résilience et de dignité. Dans un moment où tout le monde perd sa boussole, il y en a qui la gardent au mépris de tout, au péril de sa vie. Quand on rend hommage à Missak Manouchian, il y a une volonté de s’inscrire dans cette histoire politique sans avoir la prétention du même niveau de sacrifices. Il faut aussi rappeler que Missak Manouchian et les siens étaient considérés comme terroristes à l’époque. Là, il y a du monde pour les cérémonies, il a même été panthéonisé. Mais à l’époque, il y avait qui pour le défendre ? Personne. Et je pense qu’il y aurait eu un paquet de gens, y compris à gauche, pour remettre en cause ses méthodes.

  • Le procès contre « La Marseillaise » renvoyé à 2027

    Le procès contre « La Marseillaise » renvoyé à 2027

    Rendez-vous dans un an… La présidente du tribunal correctionnel de Marseille a donc choisi de fixer la date du procès au fond au 6 avril 2027. En pleine campagne présidentielle, alors que l’extrême droite est annoncée aux portes du pouvoir, le rendez-vous aura forcément un goût particulier. D’ici là, quatre audiences intermédiaires sont programmées en juin, septembre, novembre et février.

    À l’origine de ce marathon judiciaire, le député d’extrême droite du Gard, Alexandre Allegret-Pilot, présent mardi à la barre du tribunal sans son avocat, accuse La Marseillaise de diffamation. L’objet de son action ? Deux articles. Un premier portant sur des tweets si outranciers que son compte avait été désactivé par la plateforme X qui n’est pourtant pas la plus prompte à modérer les publications injurieuses. Le second relatait la validation par ce député, lorsqu’il était haut fonctionnaire à Bercy, d’une aide publique à une entreprise privée pas encore créée… Une affaire révélée par Le Monde que notre journaliste Tristan Arnaud n’avait fait que rapporter et pour laquelle le quotidien national n’est par ailleurs pas inquiété.

    Procédures bâillon

    Un deux poids, deux mesures qui interpelle les nombreux soutiens rassemblés mardi devant le tribunal pour suivre l’audience. Comme il y a six mois, lorsque Tristan Arnaud et Léo Purguette, président de La Marseillaise, ont été entendus par la juge suite au dépôt de plainte de l’élu d’extrême droite, ils étaient des dizaines sur les marches du palais de justice pour affirmer leur attachement au journal et à la liberté de la presse, pilier de notre démocratie et de l’état de droit. Des mots dans toutes les bouches.

    Les Amis de La Marseillaise, et leur président Serge Baroni étaient en première ligne dans ce combat. « Une évidence », glisse ce dernier plus déterminé que jamais en rappelant « toutes les péripéties depuis la reprise du journal à la barre du tribunal de commerce ». À ses côtés des représentants du monde associatif et militants progressistes.

    Parmi eux, Annick Karsenty, la présidente de l’association féministe Femmes Solidaires 13, Bernard Eynaud, président de la Ligue des droits de l’homme 13, Horiya Mekrelouf, la présidente du Mrap 13, Cathy Aubron, la présidente du Mouvement de la Paix, Patrice Kantarjian, le secrétaire régional de la CGT, un représentant du MNLE, ou des jeunes communistes du MJCF 13. « Je suis venu soutenir ce journal qui nous accompagne et qui plus est face à un député du Front national. RN, FN, pour moi ce sont toujours les mêmes… Ils portent plainte pour diffamation mais il faut qu’ils se regardent dans la glace et se mouchent leur nez », persifle François le Verne, secrétaire de l’USR CGT Vitrolles.

    « La Marseillaise et CPMM ont une histoire intimement liée par rapport à notre mission qui est de distribuer la presse pour la rendre accessible partout et pour tous. Le journal a toujours soutenu notre coopérative dans ses combats de la liquidation de Presstalis à la création de la CPMM, et encore aujourd’hui dans l’évolution de nos activités », apprécie Jonathan di Ruocco, adjoint de direction de la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne.

    « Nous avons naturellement appelé à la mobilisation, poursuit Dylan Zeitoun, du PCF 13. On ne peut pas cautionner les procédures bâillon qui musellent la presse a fortiori quand elle porte les luttes sociales. C’est une méthode traditionnelle de l’extrême droite qui s’en prend aux médias progressistes », note le représentant du PCF 13, faisant le lien avec le poids croissant du journal dans le Gard.

    « Ce député ne respecte en rien les usages de notre République », abonde de son côté Sylvain André, maire PCF de Cendras, commune de la 5e circonscription du Gard où est élu Alexandre Allegret-Pilot. Il est venu « soutenir la liberté de la presse et la démocratie ». Il rappelle cet épisode où le conseil municipal de sa commune a décidé d’afficher le drapeau palestinien, le jour de la reconnaissance de l’État de Palestine par la France à l’ONU. « Il devait être retiré le lendemain, le préfet était au courant mais ce député s’est filmé dans la nuit en train de le retirer. On est dans le trumpisme, il ne vit que par le buzz et la petite vidéo », conclut Sylvain André. Hier encore, alors que Léo Purguette remerciait les présents et achevait son discours par un « Vive La Marseillaise et vive la résistance », l’élu d’extrême droite, lui, se mettait en scène en vidéo…

    Attachés aux valeurs de La Marseillaise

    Bernard Eynaud LDH 13

    « On doit résister ensemble mais on est inquiet car on voit aussi à droite, cette tendance qui fait bon ménage avec l’économie de marché capitaliste. Dès qu’ils peuvent supprimer des libertés fondamentales, ils s’y emploient. L’extrême droite, elle, c’est son boulot, elle est en embuscade, ce rapport de force a toujours existé, et on gagnera si on est capable d’avancer collectivement sur la justice sociale, d’égalité des droits. »

    Serge Baroni Amis de La Marseillaise

    « Ces attaques en justice ont pour but de mettre le journal en difficulté financière mais on peut compter sur tous les soutiens que l’on a. On sera plus fort qu’eux. Les Amis de La Marseillaise se développent dans le Gard et partout, on a des adhérents a qui le pluralisme tient à cœur en Belgique, dans les Ardennes, le sud-ouest, bien au-delà de la zone de diffusion. »

    Thierry Camusso Filpac CGT La Provence

    « Je suis là pour soutenir un journal qui nous soutient dans toutes les luttes et est toujours là pour nous. On ne comprend pas pourquoi ils sont encore attaqués par le Rassemblement national… c’est un journal libre qui s’exprime pour la pluralité de la presse. L’extrême droite gagne du terrain et ces gens veulent nous museler. On ne laissera pas faire. »

    Horiya Mekrelouf Mrap 13

    « C’est la place du Mrap et des antiracistes que d’être aux côtés de La Marseillaise pour contrer les attaques de l’extrême droite. Quand on l’attaque, on attaque la liberté d’expression mais aussi les fondements même de ce que représente ce journal né dans la résistance, qui s’est battu contre le fascisme, l’extrême droite et le racisme du gouvernement de Vichy, et continue ce combat. »

    Agnès Daures Élue d’opposition à Aix

    « On sait que le RN est l’ennemi mortel des travailleurs, il défend le grand capital, vote toutes les lois antisociales. Si il arrive aux affaires en 2027, il commencera par museler la presse, on en a l’exemple aujourd’hui. En plus d’être raciste, sexiste, l’extrême droite est hautement liberticide et c’est tout ce qu’on combat. »

    Pierre Rochard FSU 13

    « C’est important de soutenir La Marseillaise face à cette extrême droite qui essaie de la museler ou de s’approprier les médias. La FSU a toujours lutté contre l’extrême droite et continuera. Ce député s’exprime beaucoup sur X qui n’est pas un réseau impartial mais il s’est fait sucrer sa publication… il y a un problème. Il y a deux poids deux mesures. »

    Annick Karsenty Femmes solidaires 13

    « On est très liées à ce journal avec qui on mène un combat commun. Il y a la liberté de la presse, la possibilité de s’exprimer librement et il faut la conserver. Femmes Solidaires se bat là-dessus aussi. Ces attaques de l’extrême droite me font penser à 1938 quand on brûlait les livres, les journaux, qu’on interdisait la presse… il y a des relents nauséabonds qui arrivent dans ce pays, où qu’on soit. »

    Sylvain André Maire PCF de Cendras

    « Au-delà des idées de l’extrême droite, se replier sur soi et pointer des boucs émissaires, ce député est très virulent et ne respecte en rien les usages de notre République et de la démocratie. Il ne vit que par le buzz, la vidéo, le coup de com’, l’invective avec, je dirais même, avec un brin de méchanceté gratuite sur des élus de gauche. Il ne faut pas lui laisser un mètre. »

    Jonathan di Ruocco CPMM

    « Alors qu’on croule sous les informations mensongères et les polémiques, avoir un journal de presse quotidienne régionale qui fait un travail sérieux et porte une ligne éditoriale imprégnée par l’éthique journalistique au service des combats progressistes qu’elle met en avant, est important, comme montrer notre solidarité face aux attaques mensongères et politiques de ce député FN. »

    Cathy Aubron Mouvement de la paix

    « En tant que pacifistes, nous défendons la liberté de la presse qui est un des huit points de la culture de la paix dont nous faisons la promotion car pour nous, il n’y a pas de paix sans liberté de la presse. La Marseillaise est attaquée injustement quand on voit que Le Monde n’a pas été attaqué pour les mêmes informations. Pourquoi ? L’atmosphère est très particulière avec une banalisation de la haine. »

    Romane Massip MJCF 13

    « On est là pour soutenir La Marseillaise poursuivie en justice pour avoir simplement bien fait son travail. On sait que les élus d’extrême droite vont être à l’offensive que ce soit contre nos médias qui se positionnent à gauche ou contre les élus de gauche qui vont venir porter des politiques sociales. On ne laissera pas faire. »

    Patrice Kantarjian Comité régional CGT

    « C’est symptomatique de la période. On sait que les paroles de progrès qui n’entrent pas dans l’idéologie dominante seront contestées voire réprimées. C’est ce qui a été révélé par la presse progressiste justement avec le plan Sterin. On est peut-être dans ça et c’est bien que La Marseillaise incarne cet esprit de résistance qui donne voix aux travailleurs. »

  • La Métropole entame un acte 3 « apaisé »

    La Métropole entame un acte 3 « apaisé »

    Derrière le pupitre installé au cœur de l’hémicycle pour sa première prise de parole, Nicolas Isnard s’empresse de célébrer : « La Métropole des maires est en marche ! » Seul candidat en lice, le maire de Salon-de-Provence a été élu ce mardi midi président de la Métropole Aix-Marseille-Provence par 199 voix pour, et 38 votes blancs. Sans les voix de l’extrême droite, donc. De quoi ouvrir un nouvel acte pour cette institution de tout juste dix ans, après les présidences successives de Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal.

    Pas candidate à sa propre succession, celle-ci avait eu « la responsabilité exigeante et fondatrice de mettre en place cette Métropole », lui a rendu hommage le doyen de l’assemblée présidant la séance, le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux. Mais s’il salue sa « détermination », il n’en appelait pas moins à franchir « une nouvelle étape dans la clarté, la confiance, l’efficacité ». « L’équilibre à construire est connu, une Métropole stratégique et des communes pleinement respectées dans leurs responsabilités », insistait celui qui, par deux fois, s’était porté candidat à la présidence de la Métropole.

    Équilibre de l’exécutif

    Ce respect des communes faisait figure de programme pour le maire de Salon-de-Provence, depuis de longs mois en campagne. « Cette Métropole n’aura de sens que si elle est pleinement au service des communes, défend-il après son élection. Ce que nous avons entre les mains, c’est un outil de coopération, qui doit être le fruit des communes de travailler ensemble. » Et notamment avec la première d’entre elles, Marseille, « qui doit enfin prendre toute sa place dans l’institution ». La distribution des vingt vice-présidences, après une longue interruption de séance, illustre la recherche de cet équilibre à la fois politique et territorial. Les quatre premières vice-présidences sont accordées aux quatre premières villes, une suggestion qui avait été faite, il y a deux ans, par le député Éric Woerth chargé d’un rapport sur les compétences locales. Surtout, la majorité marseillaise, enfin, hérite de cinq vice-présidences. « C’est un grand soulagement, cette élection à Marseille nous a permis de provoquer le grand changement espéré dans cette Métropole », célébrait son maire (DVG) Benoît Payan qui en arrivant au Pharo attendait « des preuves d’amour » du futur président. La gauche métropolitaine au total hérite de huit vice-présidences, proportionnelle à son poids dans l’hémicycle. L’extrême droite n’a aucun siège, « une ligne que nous ne voulions pas franchir », se réjouit Gaby Charroux. « Mais il y a un vrai trou à l’Est de l’étang de Berre », déplore le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. Face aux menaces de suspension de séance, la désignation des onze autres membres du bureau est repoussée au 16 avril.

    Pour ce nouvel exécutif, la priorité est donnée à la décentralisation de la Métropole. « Avant d’avoir des ambitions, il faut d’abord organiser la maison », explique face à la presse Nicolas Isnard. « Cette Métropole a trop souffert de ces querelles du quotidien, ces difficultés à gérer les compétences de proximité », déplore-t-il. Dans l’hémicycle, il redit sa volonté de laisser aux maires « la possibilité d’exercer ou de co-exercer ces compétences de proximité que nous connaissons mieux que quiconque ».

    Décentraliser les services

    De quoi répondre aux attentes des maires. « Sur la collecte des ordures ménagères, la gestion de l’eau et de l’assainissement, si demain il y a un arrêté, je signe ! » fête Gaby Charroux. « C’est depuis la Métropole que Marseille s’occupera de ces questions-là », défend pour sa part Benoît Payan, demandant deux ans au moins « pour commencer à voir des résultats ». Même s’il reste « des cliquets législatifs à lever pour aboutir sur les transferts de certaines compétences », alerte la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains.

    Cette décentralisation prendra une forme concrète à travers des Maisons de la Métropole, « de véritables antennes métropolitaines installées au cœur des territoires qui auront vocation aussi bien à accueillir les habitants qu’à être des espaces de rencontre pour les maires », présente Nicolas Isnard, qui souhaite les associer à des contrats de projet. Elles devraient servir de point d’appui à une réorganisation de l’administration, avec l’installation de directeurs et la décentralisation de certains services. « Si on ne se dispute plus pour un abribus ou un passage de benne, nous aurons plus d’énergie à dépenser pour trouver de vraies solutions aux vrais problèmes de la Métropole, le premier d’entre eux étant le transport », résume son nouveau président. Une priorité suivie du développement économique, de la construction de logements, de la transition écologique, de la gestion des déchets… « Nous avons un devoir, de réussir ensemble dans un climat apaisé », conclut-il. Même si le maire de Marseille reconnaît : «Il y a des sujets qui seront éminemment plus politiques, et nous aurons des débats, qui seront peut-être compliqués. »

    Grand Avignon mercredi, Toulon PM jeudi

    Les 73 élus communautaires du Grand Avignon ont rendez-vous ce mercredi matin (9h30), à la salle polyvalente de Montfavet, pour élire le président de l’Agglomération. Comme indiqué dans notre édition de ce week-end, le renoncement de Joël Guin, président (DVD) sortant, à briguer un second mandat, ouvre un boulevard à Olivier Galzi, nouveau maire (DVD) d’Avignon.

    L’élection du président de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée (TPM) aura lieu ce jeudi 9 avril à 9h, en préfecture du Var. La présidence de l’institution devrait revenir à Josée Massi (SE), réélue maire de Toulon au second tour des municipales.