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  • La CGT de Toulon et son secrétaire menacés de mort

    La CGT de Toulon et son secrétaire menacés de mort

    « Une situation d’une gravité exceptionnelle, un nouveau cap qui vient d’être franchi. » C’est en ces termes que l’Union Départementale CGT du Var qualifie les menaces de mort dont ont été victimes l’UL CGT de Toulon et son secrétaire général, Patrice Moulun. Des appels « à la guillotine » de la CGT et de son représentant, « d’une violence inouïe », affichées sur des panneaux et des tableaux électriques d’urbanisme, mercredi dernier, près du pont de la Gare.

    Ces faits s’inscrivent « dans un climat délétère où la parole haineuse se libère et où certains pensent pouvoir intimider celles et ceux qui défendent les droits des travailleurs, dans un contexte marqué par une progression inquiétante des idées d’extrême droite dans le département, que nous combattons sans relâche à travers nos tracts et nos mobilisations, en lien avec les orientations portées par la CGT au niveau national », décrit l’Union Départementale. « C’est certainement en lien avec nos prises de position entre les deux tours des élections municipales. La concomitance des temps est étrange », appuie Richard Roméo-Giberti, secrétaire départemental CGT 83.

    Le syndicat ajoute qu’il ne « tolérera jamais qu’un camarade et que l’organisation soient menacés pour son engagement syndical. S’attaquer à un militant CGT, c’est s’attaquer à l’ensemble de l’organisation, à ses valeurs de solidarité, de justice sociale et de démocratie. »

    Deux plaintes pour menaces de mort

    « Cela faisait très longtemps qu’on n’avait pas reçu de telles menaces », affirme Richard Roméo-Giberti, qui dit ne pas avoir de soupçons précis quant à leur provenance. En conséquence, deux plaintes ont été déposées par le secrétaire général de l’UL CGT Toulon, et par la CGT, pour « menaces de mort ». Toutefois, cette dernière n’a pas l’intention de se laisser intimider, « bien au contraire. Nous continuerons à porter la voix des salariés, à dénoncer les politiques antisociales et à combattre sans concession les idéologies de haine, de division et de repli », en réaffirmant la « responsabilité des forces démocratiques, syndicales et associatives de se lever contre la banalisation de l’extrême droite et de défendre les libertés fondamentales. La CGT appelle à la solidarité la plus large et réaffirme sa détermination à poursuivre le combat pour l’émancipation des travailleurs. »

    D’autres actions pourraient être entreprises par l’Union départementale CGT, indique Richard Roméo-Giberti, qui précise que l’organisation réfléchit actuellement à un plan global de riposte.

  • À Aubagne, les priorités du mandat au cœur des délégations d’adjoints

    À Aubagne, les priorités du mandat au cœur des délégations d’adjoints

    À l’occasion du premier conseil municipal d’installation de la mandature le 29 mars dernier, le nouveau maire (DVG) d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, promettait « d’écrire une nouvelle page avec vous ». La signature, le 1er avril dernier, des arrêtés de délégations de fonctions à ses douze adjoints et quatre adjoints de secteur, en marque les principaux chapitres. Ces délégations reflètent ainsi aussi bien les équilibres de la majorité municipale que les priorités affichées de la mandature.

    Premier de ces symboles, c’est à la première adjointe (DVG) Clémentine Fardoux qu’échoit la délégation à l’urbanisme. « Nous avons hésité entre la laisser au maire et me la donner », partage celle qui avait été suspendue de LFI il y a un an. « C’est un geste tout à fait politique, explique-t-elle. Nous concrétisons le fait que l’un de nos projets phares soit l’arrêt de la bétonisation de la ville. » Ce qui avait été l’un des fils conducteurs de longue date de la campagne menée à gauche. S’y ajoute la promesse de faire de la politique autrement avec sa délégation aux nouvelles pratiques démocratiques. « Jean-Pierre Squillari incarne le maire de proximité par excellence, met en avant Clémentine Fardoux. Nous avons mené une campagne au contact des habitants et cette interaction permanente va continuer pendant le mandat. » Avec l’ambition de recréer du débat dans les conseils de quartier, de provoquer des référendums d’initiative citoyenne sur les grands projets, de permettre à des associations d’intervenir en conseil municipal.

    Équilibre politique

    La troisième adjointe (PCF) Hélène di Vita-Danchesi hérite aussi de politiques prioritaires, sur le logement et l’action sociale. Deux délégations qui n’avaient pas d’adjoint de plein exercice lors de la précédente mandature marquée par la dégradation accélérée du centre-ville (notre édition du 02/04) et le gel des dotations au centre communal d’action sociale.

    La répartition des responsabilités retranscrit aussi l’union réalisée dans l’entre-deux tours avec Giovanni Schippani (DVC). Nommé deuxième adjoint, celui-ci a reçu « avec une grande fierté » la délégation à la sécurité, avec notamment en ligne de mire la création du nouveau commissariat. Ses anciens colistiers reçoivent aussi des délégations de poids : l’économie pour Betty Chiquet-Corallo, l’éducation pour Pierre Arnoux, la petite enfance pour Sandrine Salemme, le sport pour Julianne Bouvot. « Quand on donne ces délégations, c’est qu’on respecte les partenaires », souligne Clémentine Fardoux. De quoi poser les bases du mandat.

    Les délégations des adjoints

    1er adjoint : Clémentine Fardoux, déléguée aux ressources humaines, à l’urbanisme, à la mise en œuvre du projet de ville et nouvelles pratiques démocratiques ;

    2e adjoint : Giovanni Schipani, délégué à la sécurité publique, à la citoyenneté, à l’état civil, au devoir de mémoire et aux anciens combattants ;

    3e adjointe : Hélène di Vita-Danchesi, déléguée au logement, à l’habitat, à la défense des locataires et à l’action sociale ;

    4e adjoint : Denis Grandjean, délégué aux finances communales et au plan mobilité ;

    5e adjointe : Betty Chiquet-Corallo, déléguée à l’attractivité du territoire, aux relations avec le monde économique, aux professions libérales et aux partenariats stratégiques ;

    6e adjoint : Arthur Salone, délégué au tourisme, au bâti scolaire et municipal et à la végétalisation de l’espace public ;

    7e adjointe : Gaëlle Rodeville, déléguée à la redynamisation du centre-ville, au pilotage des grands projets et à l’événementiel ;

    8e adjoint : Pierre Arnoux, délégué à l’éducation, à l’enseignement supérieur et aux relations avec les établissements du secondaire ;

    9e adjointe : Fadila Teyssier, déléguée à la vie associative et aux droits des femmes ;

    10e adjoint : François Otchakovsky-Laurens, délégué à la culture, au patrimoine, à la filière argile et aux relations internationales ;

    11e adjointe : Sandrine Salemme, déléguée à la politique de la petite enfance, à l’enfance et au protocole ;

    12e adjoint : Fabio Chikhoune, délégué à la jeunesse, au conseil municipal des jeunes, à l’insertion professionnelle, aux handicaps et à la lutte contre les discriminations ;

    Michaël Tedesco, adjoint des quartiers Pin Vert, Passons, centre-ville et Palissy, délégué aux activités périscolaires ;

    Jean-François Budon, adjoint des quartiers Camp Major, Eoures et Saint-Mitre, délégué à la qualité de vie ;

    Soumicha Draoui, adjointe des quartiers Charrel et Tourtelle, déléguée à la prévention et à la politique de la ville ;

    Julianne Bouvot, adjoint des quartiers Beaudinard, Espillères, Napollon et Saint-Pierre, délégué au sport et à la vie étudiante.

  • À Gardanne, un pôle pour recycler les déchets plastiques

    À Gardanne, un pôle pour recycler les déchets plastiques

    Jusqu’ici le terrain face à Altéo était une friche. Jusqu’à ce que Stéphane et Christophe Testa, deux frères à la tête de MP Industrie, lancent le projet d’un Ecopôle, baptisé Molx, éponyme d’une carrière minière dans la zone d’Alvon, et doté d’une unité industrielle permettant la fabrication de Recyclène, matériau issu de déchets plastiques. Un matériau « assez lourd mais parfait pour être utilisé, et déplacé tous les jours, imputrescible, idéal pour les utilisations en extérieur, ne peut pas être peint », précise Christophe Testa. Le Recyclène, permet, par exemple, de fabriquer du mobilier urbain. Le projet Molx ambitionne, à moyen terme, « d’absorber la production de déchets ménagers plastiques de la commune de Gardanne à l’horizon 2035. On espère que ce projet soit reproductible et soit un morceau de la solution de la transition écologique et du problème des plastiques », estime Stéphane Testa, alors que ce mercredi, en présence des institutions et acteurs locaux partenaires du projet, validé par le PLUi en décembre 2025, celui-ci sera présenté en détail lors du lancement du chantier.

    Aligné avec à la transition

    « Ce sont 27 000m2 de foncier, c’est 8 000m2 de bâtiments qui vont être construits, ce sont une vingtaine de sociétés qui vont s’installer sur cette zone et la création d’une centaine d’emplois et d’utilisateurs sur la zone, développe Stéphane Testa. Au-delà de la construction et de la partie immobilière, ce qu’on voulait présenter est un écosystème autour des métiers de l’environnement, notamment autour du recyclage de plastique. On a pensé ce site comme une logique de filière avec au cœur de ce projet, la société MP Industries. » Le site, acquis en 2012, par l’EPF (établissement public foncier) a fait l’objet d’une convention d’intervention foncière à vocation économique en 2020 : décision prise conjointement avec le maire (LR) Hervé Granier et la Métropole. Fondée en 1998 à Gardanne, la société MP Industries est déjà installée sur un site industriel de Valabre, « peu adapté » au développement de l’industrie. Autour de l’activité principale de fabrication de Recyclène, 3 500m2 sont laissés disponibles pour des partenaires du projet, startups et PME (petites et moyennes entreprises) pour « qu’ils puissent travailler le produit Recyclène ». Activités de commerces et services, comme une micro-crèche, devraient sortir de terre. Pour Hervé Granier, maire (LR) de Gardanne, le projet « s’inscrit pleinement dans la priorité que nous portons pour Gardanne en matière d’environnement. Votre ambition de contribuer à faire de notre ville un territoire neutre en déchets plastiques à l’horizon de 5 à 7 ans à travers un Ecopole capable de traiter l’équivalent de déchets produits par la commune est à la fois concrète et inspirante ». Mathieu Gatineau, sous-préfet d’Aix-en-Provence, estime que « c’est un des premiers projets qui va s’installer ici, cela fait partie d’une dynamique qu’on veut ensemble instaurer pour le territoire de Gardanne et l’ancien bassin minier de Provence ». Il faudra attendre l’hiver 2026, avant que la première tranche du projet ne soit livrée.

  • Port-de-Bouc veut concilier ambition et sérieux budgétaire

    Port-de-Bouc veut concilier ambition et sérieux budgétaire

    Dès la troisième séance de conseil municipal, la nouvelle assemblée délibérante a été plongée dans le grand bain avec le débat d’orientation budgétaire. « Il ne s’agit pas simplement d’un exercice technique, mais d’un temps de transparence et de responsabilité », rappelle Akrem M’Hamdi, adjoint au maire en charge des finances.

    Le tout dans un contexte « exigeant », rappelle Laurent Belsola (PCF), entre les « conséquences internationales liées aux conflits armés », les « concurrences douanières imposées par certains gouvernants », et le désengagement progressif de l’État, tant au niveau des services publics, « obligeant les collectivités à redoubler d’efforts pour pallier les manques », qu’au niveau des finances. La suppression de la taxe professionnelle en 2010 ainsi que de la taxe d’habitation constituent un « manque à gagner pour les communes », insiste le maire. Son adjoint aux finances ajoute : « Le projet de loi de finances 2026 va faire perdre entre 5 à 8 milliards d’euros aux collectivités selon les estimations. »

    Dans ce marasme et malgré des « marges de manœuvre réduites », la Ville de Port-de-Bouc parvient à éviter l’effet ciseaux. En 2025, les recettes sont estimées à 36,8 millions d’euros, les dépenses à 31,2 millions d’euros. « Depuis 2022 elles ont augmenté de 6,8% contre une inflation de 13,6%, note Akrem M’Hamdi. Nos dépenses augmentent deux fois moins vite que l’inflation. » Dans ces dépenses, 18,7 millions d’euros sont alloués au personnel, soit 59,9%. « Garder les compétences a un coût, on est montés à 400 agents, précise-t-il. Ce taux est dans la moyenne mais il va falloir qu’on fasse attention, on en est largement conscients. »

    Pour 2026, les objectifs sont clairs : « Poursuivre la maîtrise de la masse salariale, investir sans dégrader notre équilibre et consolider notre niveau d’endettement », dévoile Akrem M’Hamdi.

    Des priorités assumées

    Celui-ci s’élève à 855 euros par habitant, un niveau proche de la strate des villes entre 10 000 et 20 000 habitants (environ 803 euros), avec un poids de la dette contenu à 37,8% des recettes, contre 56,7% pour la strate.

    Pour continuer de « préparer l’avenir sans abandonner qui que ce soit sur le bord du chemin », la commune se donne la possibilité d’emprunter à hauteur de 1,5 million d’euros. En 2026, elle envisage de flécher 22% des recettes à destination de l’éducation et la jeunesse, 38% à destination des équipements et du patrimoine, 18% pour l’environnement et le cadre de vie et 20% pour culture et sport. « Ça risque d’être compliqué, admet Akrem M’Hamdi, pour autant on a des priorités qu’on va assumer », parmi lesquelles : la rénovation énergétique des bâtiments, l’amélioration du cadre de vie, du réseau de voiries et des réseaux de mobilités douces, l’accès à une santé de proximité et l’adaptation au changement climatique. Le budget sera mis au vote le 28 avril.

  • Hyères unie à gauche veut « poursuivre le combat »

    Hyères unie à gauche veut « poursuivre le combat »

    Avec 7,86% des voix et aucun siège glané au conseil municipal, Hyères unie à gauche n’a pas obtenu les résultats escomptés. Qu’importe : sa tête de liste Caroline Moulin (Les Écologistes) veut capitaliser sur cette première campagne, pour « poursuivre ce combat. Nous ne lâcherons rien », promet-elle.

    Pour la liste progressiste, le contexte particulier de ce scrutin, marqué par « la volonté de tourner la page Giran, a favorisé Véronique Bernardini. Les autres candidats ont fait les frais du vote utile : Jean-Michel Eynard-Tomatis perd 744 voix entre les deux tours et Nicolas Massuco 273. Quant à Jean-Pierre Giran, malgré sa fusion avec François Cornileau, il ne parvient pas à conserver le total des voix de leurs deux listes du premier tour », commente-t-elle, a posteriori.

    « Redonner goût à l’engagement citoyen »

    Si Hyères unie à gauche « salue l’élection d’une femme à la tête de la troisième ville du Var », des réserves persistent : « Ce sont toujours les mêmes responsables, d’une liste à l’autre, qui portent depuis des décennies les mêmes politiques. La véritable rupture était portée par notre liste, autour de priorités claires : santé, environnement, culture, logement, démocratie et services publics. »

    Par ailleurs, l’élection de la nouvelle maire par seulement « 28% des électeurs inscrits », couplée aux plus de 41% d’abstention, « confirme une crise démocratique profonde. Redonner goût à l’engagement citoyen sera un enjeu majeur », ambitionnent les progressistes, qui lancent un appel à « celles et ceux qui refusent les mêmes politiques à nous rejoindre. Rien ne changera sans engagement collectif. C’est ensemble que nous construirons une alternative crédible, durable et clairement ancrée à gauche pour Hyères ».

  • En Vaucluse, les fermetures en école primaire ulcèrent

    En Vaucluse, les fermetures en école primaire ulcèrent

    Le soleil de plomb a fait briller les dizaines de casseroles en inox sorties ce mercredi 8 avril devant la direction académique de Vaucluse, à Avignon. Un peu plus d’une soixantaine de personnes s’étaient réunies pour manifester contre la fermeture prévue de 44 classes sur le département contre 19 ouvertures.

    Comme il y a une semaine tout pile, ce sont surtout des mères de famille qui étaient mobilisées aux côtés des syndicats. Et cette fois-ci, certaines sont venues avec leurs enfants, qui se sont donnés un malin plaisir à faire du bruit avec des ustensiles de cuisine. « La situation est déjà complexe et une fermeture est envisagée. Ils ne pensent pas à nos enfants », confie un parent d’élève de l’école Pierre de Coubertin, en extra-muros à Avignon. Situation similaire du côté de l’école Roland Scheppler, dans le quartier des Courtines, où est prévue la suppression d’une classe de grande section maternelle. « De nombreux enfants que l’on accueille sont des primo-arrivants avec des besoins spécifiques et pas forcément prévus dans les effectifs en avance. On accueille également des jeunes du foyer Pierre Valdo. On est totalement pris de court », glisse une enseignante dont le poste est potentiellement menacé par la mesure. « Les manifestations s’amplifient. Il ne faut rien lâcher. Nos écoles ne doivent pas être une variable d’ajustement pour toutes les finances publiques », lance, quelques mètres derrière, Blaise Laurent, membre du Snudi FO Vaucluse, tandis que des représentants du syndicat sont allés à la rencontre du directeur académique.

    « Travail rigoureux »

    Si une rencontre avec le préfet avait initialement été demandée par les représentants syndicaux de Force ouvrière, c’est donc finalement par le Dasen, Philippe Koszyk, qu’ils ont été reçus. Et ce, alors que la carte scolaire sera à nouveau votée ce jeudi 9 avril en CSA et une le soir avec les représentants de l’État et des différentes communes concernées par les mesures.

    Du côté du rectorat, on assure que la carte scolaire « fait l’objet d’un travail rigoureux, mené en concertation avec les collectivités locales ». Et que « les dotations sont fixées en fonction du contexte marqué par la baisse démographique ». Et que malgré cette baisse, « l’objectif reste bien d’améliorer l’encadrement, de renforcer l’inclusion et de réduire les inégalités territoriales ».

    Mobilisation dans le 04

    Les Mées. L’école maternelle sera fermée ce jeudi en raison d’un mouvement de grève contre la fermeture d’une classe. Une manifestation est prévue à 8h.

    Sisteron. Les parents d’élèves, les enseignants et le groupe d’union de la gauche Demain Sisteron appellent à un rassemblement ce jeudi à 16h30 contre le projet de fermeture de classe à l’école maternelle Delaplane.

    Digne. Les décisions finales de fermetures de classes seront prises ce jeudi en CDEN (conseil départemental de l’Education nationale). La carte scolaire sera alors actée. Un rassemblement est prévu devant la DSDEN.

    Lisa Défossez

  • L’Urssaf Paca pousse la lutte contre le travail dissimulé

    L’Urssaf Paca pousse la lutte contre le travail dissimulé

    « La lutte contre le travail dissimulé et toutes formes de fraude est la condition même du maintien de la pérennité de notre modèle social », rappelle Franck Barbe, directeur de l’Urssaf Paca à l’occasion de la présentation du bilan 2025.

    L’année a été particulièrement réussie avec un nouveau montant record de redressement. « Les résultats prouvent notre haut niveau de performance. Sur le travail dissimulé, on a atteint plus de 95 millions d’euros de redressement en Paca sur un total national de 1,5 milliard d’euros », expose Karine Mos, directrice juridique et contrôle. Pour rappel, l’Urssaf Paca a encaissé 38,37 milliards d’euros en 2025 de cotisations auprès de 762 756 usagers.

    « Nous avons renforcé nos ciblages en continuant à nous appuyer sur l’intelligence artificielle qui croise des masses de données et permet de mieux scorer les entreprises les plus à risques pour cibler nos contrôles », développe Karine Mos. « Les procédures de recouvrement des créances frauduleuses sont elles aussi optimisées pour éviter de laisser ces usagers organiser leur insolvabilité et récupérer au maximum les sommes puisque la mission principale de l’Urssaf est de financer le système de sécurité sociale français. »

    156 inspecteurs aidés

    de 30 contrôleurs

    C’est ainsi qu’en Paca, 156 inspecteurs spécialisés traquent la fraude, appuyés par 30 contrôleurs qui épluchent les documents. Parallèlement aux outils IA, le système s’appuie aussi sur un plan de contrôle aléatoire « de manière à respecter l’équité de traitement sur la totalité du territoire ». En 2025, 3 726 actions de lutte contre le travail dissimulé ont été engagées en Paca. 707 portaient sur des objectifs ciblés (367 employeurs et 340 travailleurs indépendants). 87% ont donné lieu à un redressement avec transmission au parquet et dépôt de plainte. On y trouve surtout les secteurs du BTP, de la sécurité privée et des métiers de bouche. 102 actions ont ensuite été exploitées par des officiers de police judiciaire et des inspecteurs du travail. 2 917 actions ont donné lieu à de la prévention et de la pédagogie.

    Les méthodes de fraude ne cessent d’évoluer. Il faut s’adapter aux plateformes numériques d’intermédiation et d’économie participative (meublés touristiques, aide à domicile, etc.). « Des procédures de fiabilisation sont engagées auprès des auto-entrepreneurs et des travailleurs indépendants. On croise les fichiers en comparant les chiffres d’affaires et les recettes déclarées à l’Urssaf et au fisc », détaille Pierre Donadey, directeur des relations usagers. Depuis 2023, 135 millions d’euros ont ainsi été récupérés via le guichet de régularisation.

  • L’OM dévoile le 12e logo de sa longue histoire

    L’OM dévoile le 12e logo de sa longue histoire

    C’est un bout de la longue histoire de l’Olympique de Marseille qui s’est écrit ce mercredi 8 avril. Lors du diner de gala du programme « Treizième hOMme », organisé dans l’agréable cadre du Fort Ganteaume, le club a révélé son nouveau logo. Le douzième écusson de l’OM est donc bien né et sera utilisé par les Olympiens dès la saison prochaine. Un emblème moins volumineux, plus épuré, avec le « M » encastré dans le « O », le slogan « Droit au but » toujours présent en compagnie de l’étoile symbolisant la Ligue des Champions 1993. Autre paramètre modifié sur ce logo : la couleur. Le bleu ciel n’est plus et laisse sa place à une teinte plus foncée. Alban Juster, président intérimaire, évoque la genèse de ce blason : « Ce qu’on se dit déjà, c’est que ce logo, c’est un travail, c’est l’aboutissement d’un travail de quasiment 24 mois. Le dernier logo, on l’a eu pendant 20 ans, donc celui-ci, on l’aura probablement plusieurs années. »

    Un écusson qui serait inspiré de celui utilisé entre 1935 et 1972, qui, en effet, se veut plus minimaliste et finalement plutôt ressemblant. Pourquoi ce changement d’identité ? Sous la présidence de Pablo Longoria, le club propriété de Frank McCourt avait émis l’idée d’une modernisation jusqu’aux emblèmes. Tourné vers le monde, l’OM se veut maintenant plus qu’un club, une marque reconnue et un business en développement. Cette modification arrive seulement quelques semaines après le déménagement d’une partie de la branche administrative au 480 avenue du Prado, pour rapprocher l’équipe du Vélodrome et de la ville.

    Pas au goût des supporters

    Le dernier changement de logo remonte à un temps que les moins de 25 ans ne peuvent pas connaître. 2004, Robert Louis-Dreyfus est encore le propriétaire de l’OM, l’ancien journaliste Christophe Bouchet en est son président et Pape Diouf arrive en tant que manager général. Les Phocéens s’inclinent par ailleurs en finale de la Coupe UEFA contre Valence. Une autre période.

    Retour en 2026. Ce mercredi, dans les rues de Marseille, les supporters étaient unanimes à la vue du design de cet écusson. « Je n’aime pas », « trop simple », « basique »Les avis sont tranchés. Mesut fait partie de ces fans-là : « C’est une blague. Comme c’est la période du 1er avril, je me suis douté au début. L’actuel est magnifique, je ne l’aurais pas changé. » Sa fille, maillot domicile sur les épaules, découvre le logo sur le moment et poursuit : « Il est trop minimaliste, on dirait celui d’une marque de voiture. »

    Mickaël, supporter originaire de Charente-Maritime, termine ses emplettes à la boutique officielle située sur la Canebière. Lui aussi rejoint l’avis de la majorité. « Je n’aime pas du tout, comme beaucoup de gens je suppose. Je ne sais pas, c’est peut-être à la mode, je ne suis pas designer. Mon logo préféré est celui de 1999. Le nouveau, on dirait qu’il y a des gouttes au milieu », décrit-il. Beaucoup sur les réseaux sociaux ont également remarqué ce détail. La façon dont l’intérieur du logo est designé laisse apparaître des gouttes. Un emblème peu populaire, mais qui sera bien celui de l’OM pour la saison 2026-2027, au minimum.

    Le Vélodrome touché par les pickpockets

    D’après une étude menée par les spécialistes de la billetterie sportive SeatPick, le stade Vélodrome est le 2e stade le plus touché par les pickpockets les jours de match. Le Grenoble Foot 38 arrive en tête de ce peu glorieux classement avec plus de 42 vols pour 1 000 habitants. L’Olympique de Marseille arrive donc deuxième avec un taux de 38,18 vols pour 1 000 habitants.

    Montpellier complète ce podium (35,01), alors que le FC Metz, adversaire cette semaine de l’OM en Ligue 1, affiche un score au plus bas, dépassant à peine les deux vols. Notons que Paris est en tête du classement, mais regroupe trois clubs, d’où sa non-présence au sommet du tableau.

    P.G.

  • Une « semaine décisive » pour la survie de Fibre Excellence

    Une « semaine décisive » pour la survie de Fibre Excellence

    L’étau se resserre sur la filière papetière française et l’usine de pâte à papier de Fibre Excellence à Tarascon. Toujours en grande difficulté financière, l’entreprise reste menacée de mise en redressement judiciaire d’ici le 15 avril.

    Et ce malgré des discussions qui durent depuis des mois entre l’État et le groupe, dont une proposition du ministre de l’industrie d’aide de 150 millions d’euros sur des mesures au moyen-long terme (lire notre article du 28/02). « Le discours de la direction reste le même : il faut des engagements concrets et directs, des garanties écrites de court terme pour permettre au groupe de passer 2026 », explique Laurent Quinto, représentant de la Filpac-CGT sur le site tarasconnais. En bref, la main tendue du ministre ne répond pas totalement aux attentes du groupe, qui réclame notamment une revalorisation rapide de son prix de vente de l’électricité produite sur ses sites. Une revalorisation qui permettrait de passer ses comptes dans le vert, compensant la hausse du coût de sa matière première, le bois, et un prix de vente de la pâte à papier pas folichon. Mais cette question de l’électricité reste un point de blocage persistant avec l’État, pour lequel Fibre Excellence a lancé un recours administratif, à la fin mars.

    « Sans action directe, on est en redressement judiciaire le 15 avril. C’est une semaine décisive, l’attente est très angoissante pour les salariés », s’inquiète Laurent Quinto. L’intersyndicale des sites se rend, à nouveau, à Bercy pour une réunion avec le Ciri (Comité interministériel pour la restructuration industrielle), ce vendredi. La veille, c’est la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), qui a rendez-vous avec le Premier ministre sur le sujet. « Il serait incompréhensible que l’État reste inactif », dénonce-t-elle.

    Un coût « social

    et territorial »

    La chambre de commerce et d’industrie du Pays d’Arles a aussi lancé un « appel à une décision urgente de l’État », le 2 avril dernier, dans un courrier à l’adresse du Premier ministre. Elle alerte sur le coût « économique, social et territorial » qu’aurait une liquidation de l’entreprise. Un coût qui serait « bien supérieur à l’effort demandé aujourd’hui pour rétablir une situation viable et un impact immédiat et massif pour le territoire du Pays d’Arles ». Comme la CGT, la chambre consulaire met en exergue les conséquences potentielles locales : « La disparition du site de Tarascon entraînerait la perte de 20% de l’activité du port d’Arles et un manque à gagner direct estimé à 1 million d’euros par an pour les collectivités locales. »

  • À Aubagne, des parents de collégiens inquiets pour l’avenir de leurs enfants

    À Aubagne, des parents de collégiens inquiets pour l’avenir de leurs enfants

    « Vous vous rendez compte, pas de prof de français en sixième ? Et en troisième alors avec le brevet ? » Devant le collège Lou Garlaban, au Charrel à l’entrée d’Aubagne, ce sont des parents d’élèves inquiets qui brandissent des pancartes pour dénoncer le non-remplacement des enseignants. Un manque d’effectif qui touche un peu tous les établissements du département, de l’école au lycée, provoquant une série de rassemblements depuis plusieurs semaines.

    Dans ce collège de plus de 750 élèves, en pleine rénovation, classé en réseau d’éducation prioritaire, toutes les matières sont touchées témoignent les manifestants. « Sciences et vie de la terre, physique-chimie, musique… On a rencontré la principale, on a fait un courrier début mars, au recteur, à ce jour pas de réponse », assure Laurence, maman d’un élève de 4e. À ses côtés, Jadran Svrdlin, professeur des écoles, syndiqué à la CGT Educ’action et parent d’une collégienne, rappelle que le syndicat a demandé « depuis le 5 mars, date à laquelle le mouvement a commencé dans les lycées, une audience commune mais elle n’a pas été accordée ».

    Depuis deux ans, tous dénoncent une aggravation de la situation où les remplaçants, en nombre insuffisant, sont devenus « une variable d’ajustement ». « Ils font partie des effectifs et on voit moins les suppressions de poste jusqu’au moment où ça explose », témoigne Jadran, lui-même confronté au non-remplacement dans son école primaire de la Tourtelle. Concrètement à Aubagne deux fermetures de classes, à Beaudinard et au Pin Vert ont été actées pour trois ouvertures à Victor Hugo et Louise Michel, selon le décompte du 2 avril publié par le Snuipp 13.

    Venue « en soutien », Laurence Baussant, nouvellement élue de la majorité de gauche de Jean-Pierre Squillari, et surtout enseignante retraitée spécialisée auprès d’élèves en difficulté alors syndiquée FSU, en convient : « On nous dit qu’il y a une baisse de la démographie, c’est vrai, il y a moins d’enfants. »

    Une spirale infernale

    Mais « quand il y a une baisse drastique des postes, des emplois temps plein dans le premier et second degré, qu’il y a moins d’enseignants, et que l’attractivité du métier n’est pas non plus pour compenser, on en arrive à cette spirale infernale », analyse-t-elle. Si les conseillers municipaux ne peuvent pas agir directement, « on va relayer », promet-elle.

    Car il y a urgence. Des « solutions en interne » ont bien été trouvées mais « c’est déshabiller Pierre pour habiller Paul » déplore Laurence. Tous sont unanimes, pas question de remettre en cause l’implication des enseignants qui gagneraient à avoir « de la reconnaissance et de meilleures conditions de travail » mais ils s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants. « Il y a un problème d’égalité des chances. Ils sont dans une période compliquée, l’adolescence, où on leur en demande toujours plus. Et c’est difficile de leur dire “travaille à la maison”, l’école c’est pas ça », s’indigne Marlène, mère d’élève. Remerciant « les trois profs de français qui se sont portés volontaires » pour combler les trous, elle estime que « c’est une génération sacrifiée ». En attendant, les parents d’élèves aubagnais se coordonnent. Un nouveau rassemblement est prévu à 16h30 ce vendredi devant l’école de la Tourtelle.

    ET AUSSI

    La CGT reçue après l’agression de l’AESH

    Les personnels AESH (accompagnante d’élève en situation de handicap) et enseignants de l’école Kalliste, dans le 15e arrondissement de Marseille, étaient à la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), ce mercredi, pour une audience avec le soutien de la CGT Éduc’Action 13. Une audience qui fait suite à l’agression d’une AESH par un élève à ladite école le 30 mars dernier, dans le 15e arrondissement de Marseille, et l’alerte sociale faite dans la foulée par la CGT Éduc’Action 13. « L’audience a mis en lumière une gestion institutionnelle jugée défaillante », relate l’organisation syndicale. Avant de développer : « L’élève en question, ayant déjà fréquenté six établissements, présente une dangerosité connue de l’institution. Pourtant, l’administration a maintenu son accompagnement par les AESH hors cadre réglementaire. » Et de conclure : « Les mesures d’urgence pour sécuriser le quotidien restent dérisoires face à la gravité des faits. »

    Situation critique au lycée de Salon-de-Provence

    Les élus du Snes-FSU font un bilan critique de la situation du Lycée Adam-de-Craponne, de Salon de Provence, avec « des dysfonctionnements structurels qui minent le lycée, où les conditions de travail, de sécurité et de santé sont gravement compromises », n’hésitent-ils pas à écrire. Et de lister : le surnombre d’élèves, une dotation globale horaire en baisse, le non-remplacement d’enseignant… Concernant les A ESH, « les personnels sont sous pression, et le droit des élèves bafoué », quant à la « santé mentale des personnels », il s’agit selon les représentants des enseignants et des agents, d’une « maltraitance institutionnelle ». Ils exigent une série de mesures concrètes pour mettre un terme à cette dégradation.

    Mobilisation dans le 04

    Les Mées. L’école maternelle sera fermée ce jeudi en raison d’un mouvement de grève contre la fermeture d’une classe. Une manifestation est prévue à 8h.

    Sisteron. Les parents d’élèves, les enseignants et le groupe d’union de la gauche Demain Sisteron appellent à un rassemblement ce jeudi à 16h30 contre le projet de fermeture de classe à l’école maternelle Delaplane.

    Digne. Les décisions finales de fermetures de classes seront prises ce jeudi en CDEN (conseil départemental de l’Education nationale). La carte scolaire sera alors actée. Un rassemblement est prévu devant la DSDEN.

    Lisa Défossez