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  • Un premier petit réacteur nucléaire dans le Gard

    Un premier petit réacteur nucléaire dans le Gard

    La modernisation du parc nucléaire français passe par le Gard rhodanien. En effet, face à la nécessité de poursuivre l’électrification de l’industrie et des transports dans l’Hexagone et de sécuriser la production d’électricité bas carbone, le gouvernement a lancé le programme France 2030. Celui-ci s’appuie sur la construction de six réacteurs EPR2 (8 autres sont à l’étude) qui produisent en moyenne 1 600 mégawatts, le renforcement du cycle du combustible à La Hague mais aussi la création de onze « réacteurs nucléaires innovants ».

    L’idée est ainsi de déployer des petits réacteurs modulaires (PRM). Plus compacts, moins coûteux, pouvant être construits en série et donc plus rapidement déployables, ces réacteurs peuvent tout de même produire jusqu’à 300 MWe. C’est dans ce cadre que le site de Marcoule situé à Chusclan à côté de Bagnols-sur-Cèze, haut lieu du nucléaire français depuis les années 1950, a été choisi pour accueillir l’un de ces réacteurs nouvelle génération.

    C’est la société aixoise Hexana qui l’a annoncé dans un communiqué même si l’implantation d’un PRM dans le Gard était évoquée depuis deux ans. « La société Hexana, start-up essaimée du CEA, lauréate France 2030 du concours « Réacteurs Nucléaires Innovants », se lance dans les études d’implantation de sa 1ère plateforme SMR au sein de l’écosystème industriel de la Communauté d’Agglomération du Gard rhodanien en région Occitanie », a ainsi écrit l’entreprise dans un communiqué.

    Deuxième site industriel d’Occitanie

    Pour justifier son choix, Hexana met en avant la spécificité du site de Marcoule, résultat de la « combinaison idéale entre soutien par des collectivités locales motivées, opportunité foncière, expertises nucléaires du CEA et remarquable tissu industriel ». Pour l’Agglomération labellisée « Territoires d’Industrie », ce projet devrait s’accompagner de nombreux nouveaux emplois. En effet, Hexana compte 70 salariés à Aix-en-Provence et à Paris mais a prévu de créer « un nouvel établissement dans le bassin économique de Bagnols-sur-Cèze » qui « accueillera l’équipe en charge du projet d’implantation de la tête de série industrielle de sa plateforme SMR ». La phase d’industrialisation de son réacteur est déjà prévue courant 2026.

    « Nous allons accompagner ce projet », promet Christophe Serre, le nouveau président de l’Agglomération du Gard rhodanien. « Ici le nucléaire fait travailler énormément de familles et il faut penser à l’avenir. Marcoule est une très belle plateforme de compétences technologiques et intellectuelles qui permet de faire rayonner le territoire. Il faut que le Gard rhodanien reste le deuxième territoire en termes d’industries et d’industries décarbonées ».

  • L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets

    L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets

    Quand on aime la nature, plus que quiconque, on tient à la préserver. Surfrider, association fondée en 1990 par des surfeurs amoureux de l’océan, en a fait son credo. Engagée dans la lutte contre la pollution par les déchets (particulièrement plastiques), la préservation des écosystèmes aquatiques, et la gestion des risques côtiers face au changement climatique, elle s’emploie à travers différents moyens d’action (science participative, lobbying, art, éducation, etc.), mais aussi la participation citoyenne.

    Projet Retrace ! : une collecte à but scientifique

    C’est à ce titre que Surfrider a lancé le projet « Retrace ! », qui vise à fédérer des acteurs locaux (associations, structures éducatives, citoyens, etc.) autour de campagnes de ramassage de déchets. Derrière l’objectif de dépollution d’espaces naturels, celui de retracer la provenance des déchets, analysés et catégorisés puis intégrés dans une base de données, les transformant ainsi en informations stratégiques pour comprendre les mécanismes des pollutions et les localiser. Cela, pour pouvoir « alimenter nos plaidoyers politiques et exiger des actions concrètes pour préserver nos océans », soutient l’association.

    Samedi, environ 120 personnes ont ainsi participé à deux collectes organisées au mont Faron (en partenariat avec l’association des Chercheurs en herbe) et à la plage de la Gorguette à Sanary. Des dizaines de kilos de déchets ont été ramassés. Certains (mégots, canettes, bouchons) seront par ailleurs recyclés et revalorisés par des associations partenaires. De nouvelles actions se tiendront bientôt dans le département, notamment le 2 mai à la Seyne et le 30 mai près de l’Eygoutier, dans le quartier de la Rode à Toulon.

  • À Figuerolles, la ferme mêle pédagogie et bonnes pratiques

    À Figuerolles, la ferme mêle pédagogie et bonnes pratiques

    Les groupes d’enfants se succèdent à la barrière de l’étable. Il faut dire que le spectacle est impressionnant, et peu commun pour des minots ayant grandi en milieu urbain. Un ouvrier agricole attrape une brebis et l’assoit. Puis, en la tenant fermement, il retire les kilos de laine qui lui tiennent chaud avec le retour des beaux jours. « Ça lui fait mal ? », demande un garçon, inquiet. Mélanie, une animatrice de
    la ferme pédagogique de Figuerolles, le rassure : « Non, c’est comme quand tu vas chez le coiffeur. »

    Rien ne se perd,

    tout se transforme

    Les 36 bêtes (des mérinos et des mourerous) passent à la tonte une fois par an, pendant le printemps. « Elles ne partent pas en transhumance, donc elles n’ont pas besoin de lainage pour résister au climat montagneux, développe l’agente. Elles ont le poil court pour l’été mais ça a le temps de repousser pour les protéger des premières pluies de septembre. »

    Et pas de gâchis avec la toison ! « La ferme ne produit rien, elle a une visée pédagogique », rappelle Laurence Brünner, responsable de la structure devenue municipale en 1993. Mais elle reste adepte « des bonnes pratiques ». « La laine est réutilisée dans notre potager, où elle va piéger l’eau tout en ne la laissant pas s’évaporer, explique Mélanie. Ça va aussi protéger nos fruits et nos légumes du gel l’hiver ! »

    La ferme organise de nombreuses animations gratuites pendant les vacances. Ce mardi, les familles pourront par exemple découvrir l’écopâturage. Tout le programme est à retrouver sur le site de la Ville.

  • Un « déni de démocratie » du maire d’Avignon selon l’opposition

    Un « déni de démocratie » du maire d’Avignon selon l’opposition

    « Votre ouverture à la démocratie est pitoyable », lance ce lundi 20 avril, en conseil municipal d’Avignon, l’élu d’opposition et ancien candidat à la mairie, David Fournier (PS), au maire Olivier Galzi (DVD). En cause, la décision du premier édile de ne pas permettre aux élus d’opposition de siéger au sein des conseils d’administration des sociétés publiques locales (SPL) et sociétés d’économie mixte (SEM), telles que Tecelys, Citadis ou encore Avignon Tourisme.

    L’ex-joker du JT de France 2 assure de son côté que l’opposition sera tenue au courant des activités de ces sociétés « à l’aide de comptes rendus réguliers où vous pourrez lire le travail de ces commissions ». Il assure qu’il « respecte la loi » et que « la démocratie, c’est respecter la loi ».

    Nouvelle salle

    De quoi faire bondir l’opposition, d’autant que cette présence était possible lors des mandatures de Cécile Helle et de ses prédécesseurs. « C’est-à-dire que le fait majoritaire écrase la minorité ? C’est ça votre vision des choses ? C’est de la démocratie illibérale que vous faites là », lance hors de lui Fabrice Tocabens (PS). « Le respect et la bienséance instaurés depuis des décennies par les maires Henri Duffaut, Jean-Pierre Roux, Guy Ravier, Marie-Josée Roig et Cécile Helle sont balayés d’un revers de main. Opacité, dictature et vente d’organismes de la ville en préparation », accuse David Fournier.

    « Où est passée la main tendue à l’opposition dont vous parliez au premier conseil municipal ? » demande Mathilde Louvain (LFI), sans obtenir de réponse ni du maire, ni de ses adjoints, restés muets pendant plus de trois heures de la séance de plus de cinq heures.

    « Je considère que ce que les Avignonnais attendent dans la gestion de ces sociétés, c’est une bonne gestion, et je ne crois pas que vous ayez un bon bilan à cet égard », conclut Olivier Galzi, sans pour autant étayer son propos.

    Les premiers éléments de la « patte Galzi » se retrouvent aussi dans la tenue de la séance elle-même. Fini les conseils municipaux le samedi matin, ils se tiendront pour l’instant en semaine, en fin de journée. Changement de lieu aussi. Plus de salle des fêtes, retour pour l’heure à l’étroite et bien nommée salle du conseil municipal, où seule une petite dizaine de spectateurs peuvent assister directement aux débats, tandis qu’un écran est disposé dans un espace voisin pour que d’autres personnes puissent suivre les échanges à proximité. En tout début de séance, le maire explique être « attaché aux traditions politiques avignonnaises. À un moment donné, tradition, c’est aussi le bon sens. On ne voulait pas créer des frais supplémentaires lorsque l’on doit aménager la salle des fêtes », explique le premier édile en répétant sa formule qu’il a usée à foison pendant sa campagne. 

    « On avait changé de lieu pour des raisons d’emplacements pour la majorité comme pour l’opposition et avoir ainsi plus de facilité à travailler. Aussi pour avoir plus de public. En vue des incommodités avec les fortes chaleurs qui arrivent, peut-être que vous reviendrez sur votre décision », rétorque de son côté l’ex-adjoint et candidat de la gauche, David Fournier (PS). À voir si, en pleine canicule, le bien-être des élus et du public primera sur « le bon sens ».

  • Une collecte de la CGT en faveur du Secours populaire à Toulon

    Une collecte de la CGT en faveur du Secours populaire à Toulon

    Lancée en 2025, l’initiative solidaire de l’UD CGT Var en faveur du Secours populaire du Var, dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée chaque 8 mars, a été reconduite cette année. Le principe : récolter des produits d’hygiène féminine et maternels (protections menstruelles, couches-culottes, lait infantile…) à l’intention des familles monoparentales, et notamment des femmes isolées, « qui représentent un bénéficiaire sur cinq, même s’il n’y a plus de public type », précise Olivier Masini, secrétaire départemental du Secours populaire du Var.

    « La précarité touche de plus en plus de travailleurs », alerte Manon Magagnosc, déléguée syndicale du centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne (CHITS), l’une des porteuses de l’initiative. « L’an dernier, nous avions voulu organiser une collecte, et c’était sur ces produits-là que le Secours populaire avait le plus de besoins car les gens n’y pensent pas, et car c’est très cher. »

    C’est ainsi qu’au mois de mars, les militants CGT de l’ensemble du département ont mis en place une centaine de points de collectes sur leurs lieux de travail respectifs, dans le privé comme dans le public. « Ça permet de donner du sens à la solidarité, des points les plus reculés du département, jusqu’à Toulon, avec des dons n’émanant pas uniquement de personnes syndiquées. Ça montre que la solidarité n’a pas de frontières », salue Olivier Masini.

    Les dons ont été remis ce vendredi 17 avril dans les locaux du Secours populaire du Var, à Toulon. Un « volume important, équivalent à celui de l’année dernière », se réjouit le secrétaire départemental de l’association, trié et partagé dès ce lundi, avant d’être envoyé dans les dix centres de distribution que recense le département.

    Une collecte

    de fournitures scolaires

    Ce partenariat « naturel », tel que le souligne ce dernier, au vu « des valeurs de solidarité, du rôle d’éducation populaire » que partagent les deux organisations, sera renouvelé pour une troisième année consécutive. « Et il va dans les deux sens », assure-t-il, rappelant que « la proximité des valeurs date de la création du Secours populaire, à la fin de la seconde guerre mondiale. Lors des grandes grèves des mineurs de 1946, le Secours populaire était aux côtés des familles de grévistes, et pour porter la solidarité avec la CGT ».

    Et le syndicat compte poursuivre en ce sens, en organisant, en septembre, une deuxième collecte, de fournitures scolaires cette fois-ci, à destination des étudiants, en soutien à une campagne du Secours populaire. « Les mairies s’occupent généralement des fournitures pour les plus jeunes, c’est moins le cas pour les étudiants. On y pense moins, pourtant ça coûte de l’argent », lance Manon Magagnosc.

  • La Métropole à l’heure des arbitrages budgétaires

    La Métropole à l’heure des arbitrages budgétaires

    À une semaine de l’adoption du premier budget métropolitain de la mandature, avec quelque 123 millions d’euros à trouver pour équilibrer les comptes, la conférence métropolitaine des maires, qui se tient ce mardi après-midi au Pharo, aura du pain sur la planche. Une rencontre qui sera l’occasion de poser la première pierre de cette « Métropole des maires » que promettait son nouveau président (LR) Nicolas Isnard, et d’en éprouver la solidité des fondations.

    « Cette instance a pour ambition de fonder les piliers d’une gouvernance métropolitaine renouvelée, reposant sur la transparence et la reconnaissance pleine et entière du rôle des maires dans l’action publique locale », défend celui-ci dans le courrier d’invitation envoyé aux maires le 9 avril dernier.

    « Fenêtre d’opportunité »

    Mais, ce mardi, l’urgence budgétaire supplante le reste. « Ce temps d’échange nous permettra de réaliser un point de situation exhaustif sur les finances de notre institution (…) afin d’arrêter ensemble les décisions structurantes pour l’avenir », promet Nicolas Isnard dans son invitation.

    Côté pile, les opposants aux projets métropolitains emblématiques que sont le Boulevard urbain Sud (BUS) et le tramway des Catalans espèrent obtenir enfin gain de cause. « Bien sûr qu’il y a des projets qui pourraient être revus », répondait Nicolas Isnard à l’issue du débat d’orientations budgétaires face à la presse. Dès le 16 avril, dix associations écologistes l’ont interpellé avec le maire de Marseille pour qu’ils se prononcent « pour l’arrêt immédiat du prolongement du Boulevard Urbain Sud ».

    « Il y a une fenêtre d’opportunité politique », reconnaît de son côté la maire (GRS) des 1-7 Sophie Camard, qui doit exprimer sa position sur l’extension du tramway jusqu’à la place du 4-Septembre en conseil d’arrondissement lundi. « Il faut vérifier le niveau d’engagement des dépenses et remettre la somme pour un autre projet de transports », défend-elle, alors que s’ouvre le 4 mai prochain une enquête publique.

    Côté face, la menace plane en particulier pour la gratuité dans les transports en commun, dans le pays d’Aubagne ainsi que pour les plus de 60 ans et moins de 11 ans sur le réseau RTM. « La gratuité elle n’existe pas », répète ainsi Nicolas Isnard.

    Reste donc à savoir si la conférence des maires aboutira sur un front uni pour demander à l’État une augmentation du plafond du versement mobilité que peut lever la Métropole, et si la promesse de son président qui assurait que « les attributions de compensations [les sommes reversées aux communes] sont intouchables » tiendra. Tout comme les promesses de campagne, notamment sur la propreté. « On fera avec les moyens qui sont les nôtres », répondait Nicolas Isnard, alors que reste en suspens la question de l’harmonisation de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères entre Marseille et les autres communes.

  • Une campagne pour piéger les frelons

    Une campagne pour piéger les frelons

    Des aides financières pour la destruction des nids à destination des particuliers mais aussi des communes. C’est ce que propose le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône dans le cadre d’un vaste plan de lutte contre le frelon envahissant. Deux espèces sont dans le collimateur : le célèbre frelon asiatique à pattes jaunes, arrivé voilà plus de 20 ans et bien installé mais aussi son homologue, le frelon oriental.

    Des insectes qui présentent une « triple menace » indique le Département. Pour l’apiculture puisqu’ils sont à l’origine d’une surmortalité des abeilles, pour la préservation de la biodiversité car « ce sont des prédateurs des pollinisateurs sauvages locaux » et également pour « la santé et la sécurité des personnes » car leurs piqûres sont dangereuses.

    Autant de raisons d’engager un « piégeage de printemps » pour limiter la formation des nouvelles colonies, quand une seule reine frelon peut « en une année produire environ 13 000 ouvrières et 500 futures reines » précise le Département. La collectivité s’engage à financer les dispositifs pour les communes et regroupement de communes de moins de 200 000 habitants à hauteur de 70%.

    Des résultats

    « encourageants »

    Des pièges qui peuvent aussi être mis à disposition des particuliers, apiculteurs, agriculteurs ou entreprises. Pour les particuliers, une aide de 50%, plafonnée à 100 euros par intervention de neutralisation de nids est aussi mise en place. Depuis le lancement de ce plan en 2025, 69 municipalités et un groupement de 13 communes, Terre de Provence Agglomération, ont signé une charte de bonne pratique. Un référent communal a été nommé pour animer le réseau des piégeurs et alimenter un recensement national. Les premiers résultats sont « extrêmement encourageants » estime Didier Réault, vice-président du Conseil départemental délégué à l’Agenda 2030, affirmant que « les Bouches-du-Rhône sont aujourd’hui le département le plus actif au plan national » en matière de piégeage de printemps.

    Un dispositif qui a permis l’année dernière de capturer plus de 15 000 reines fondatrices de frelon asiatique à pattes jaunes sur un total de 35 865 bestioles attrapées en France. Pas moins de 15 reines fondatrices de frelon oriental ont aussi été prises sur un total de 115 dans le pays.

  • Marcegaglia mise 450 millions d’euros sur son projet Mistral

    Marcegaglia mise 450 millions d’euros sur son projet Mistral

    C’est une première étape pour le projet Mistral. Jeudi dernier, Marcegaglia (ex-Ascometal) a annoncé la signature d’un accord stratégique de 450 millions d’euros avec Danieli, portant sur la fourniture d’équipements sidérurgiques et de pièces de rechange destinés à une future aciérie de brames à faible empreinte carbone. Le coût total de l’investissement est estimé à un milliard d’euros.

    Une fois achevée, cette nouvelle unité permettra de produire plus de 2 millions de tonnes d’acier liquide grâce à un four à arc électrique et jusqu’à 3 millions de tonnes de bobines laminés à chaud, en acier inoxydable et en acier au carbone. Elle couvrira environ 35% des besoins du groupe Marcegaglia en coils et brames, avec pour objectif d’approvisionner principalement ses installations en aval, en Italie, pour ses différents clients. La nouvelle aciérie devrait démarrer d’ici « le premier trimestre 2029 », apprend François Barges, délégué syndical CGT du site fosséen.

    Moderniser l’outil

    de production existant

    L’élu estime que cette signature est « un premier signe positif ». La décision finale d’investissement est attendue au plus tard fin 2026, sous réserve de l’aboutissement des procédures d’autorisation et « d’autres conditions actuellement en phase avancée de négociation avec les autorités françaises », précise la direction.

    Marcegaglia commence déjà à embaucher pour répondre aux besoins de ce projet titanesque, qui représente « l’investissement le plus important de l’histoire du groupe en matière d’intégration en amont, de sécurisation de la chaîne d’approvisionnement d’acier, d’augmentation de la valeur ajoutée et de décarbonation ».

    La direction prévoit d’atteindre le nombre de 700 travailleurs lorsque la nouvelle usine sera en pleine production et souhaite accompagner la « montée en compétences » de ses effectifs.

    « C’est paradoxal », admet François Barges à propos de ces recrutements, alors que les plus de 320 salariés du site sont actuellement en réorganisation et en chômage partiel à hauteur de 40%. « On a des problématiques de carnet de commandes dans notre usine historique d’aciers spéciaux, ça nous inquiète », explique le délégué syndical. En cause, notamment, « les aciers chinois qui inondent le marché. On sait que la concurrence est féroce en ce moment. Un protectorat des aciers européens voire français arrangerait les choses. »

    Sur cet aspect, le projet Mistral prévoit de moderniser l’outil de production existant pour augmenter la capacité de production d’aciers spéciaux et passer d’environ 100 000 tonnes par an actuellement à 150 000 tonnes par an.

  • Comment en vingt ans, ce kiosque s’est fait sa place à Marseille

    Comment en vingt ans, ce kiosque s’est fait sa place à Marseille

    Des commerces enfreignent, à Marseille, ouvertement les règles d’urbanisme et d’occupation du domaine public, envahissant l’espace de terrasses fermées, poussant toujours plus loin tables, chaises, parasols et jardinières. Les compétences étant partagées entre la Ville et la Métropole, leur autorité peine à s’affirmer se bornant à dresser des PV d’infraction qui échouent au parquet.

    Au bas de la rue Paradis, un « kiosque à fleurs » offre un exemple de cette dérive. À l’origine, en octobre 2005, une autorisation d’occupation temporaire (AOT), précaire et révocable du domaine public, est délivrée pour un kiosque de 8m², bien public. L’AOT a été reconduite tous les 5 ans, sans mise en concurrence, pour de la « vente de plantes et de fleurs, toutes autres activités sont interdites sur cet emplacement ».

    Vingt ans plus tard, une construction couverte en aluminium et bois envahit la place Émile-Sicard (8e). La véranda bâtie en 2018/2019 a englouti le kiosque et emprisonne trois arbres de voirie. En septembre 2008, Martine Vassal, alors adjointe aux emplacements publics, avait signé un arrêté autorisant le fleuriste à installer devant le kiosque un « étalage de fleurs et plantes » de 10m² et un « dépôt de marchandises » de 10m². Aujourd’hui c’est un magasin de déco de 120m².

    Le 11 avril 2025, la police municipale s’est déplacée pour constater un « débordement des métrages et installation d’une structure non autorisée ». Le PV de contravention que nous avons consulté a échoué au parquet. En attendant Godot, le commerçant est taxé d’office, la Ville nous disant percevoir « autour de 7 000 euros annuels pour 70m² d’étalage et 20m² de tente métallique projetée au sol ». La Métropole, qui ne veut pas révéler la redevance perçue, nous a renvoyé à son Guide des droits de voirie, ce qui ferait une part fixe de 38,51 euros par mois et par mètre carré, plus une part variable
    de 0,5% du chiffre d’affaires.

    « Ça fait 30 ans qu’on est là. C’est la Ville qui m’a demandé d’occuper l’espace après avoir refait la place et je paye en conséquence », assure le commerçant Gilles Levy-Guedj qui dit « avoir les autorisations ». « J’ai des milliers de riverains qui sont contents, ça fleurit le quartier, ça empêche les voitures de se garer et les trafiquants de drogue d’être là. On rend les Marseillais heureux mais il y a quelques personnes mal intentionnées. » Selon lui, si la Métropole n’a pas remis en concurrence son kiosque, « c’est qu’ils avaient d’autres chats à fouetter ».

    Toujours pas de mise

    en concurrence

    La mairie dit ne pouvoir poursuivre au pénal. La construction illicite serait prescrite plus de 6 ans après l’achèvement des travaux. C’est vite oublié que le domaine public est inaliénable et imprescriptible. La commune pourrait pourtant faire cesser à tout moment l’occupation illégale, y compris par la démolition des ouvrages. Mais aucune action en restitution du domaine public n’a à ce jour était diligentée. « Cela dépendra de l’analyse qui va être établie par le service juridique », dit-on en mairie. Mais le kiosquier a obtenu l’an dernier de la Métropole une nouvelle prolongation exceptionnelle de l’AOT « le temps d’initier une procédure de mise en concurrence ». Une prolongation des plus bienveillantes justifiée par le fait que « le bénéficiaire a respecté les conditions énoncées dans l’AOT initiale »…

    Interrogée, la Métropole nous dit avoir reçu le commerçant le 17 décembre 2024 en vue de prolonger son AOT abrogée en juin 2019. « Cet entretien a permis de s’assurer du maintien de l’activité de fleuriste (fleurs, plantes, sapins). (…) Au regard des premiers contrôles opérés sur l’acquittement des redevances dues, son AOT a donc été prorogée jusqu’en septembre 2026. Un constat d’huissier est d’ores et déjà diligenté. En cas de non-conformité aux obligations réglementaires, la procédure engagée pourra conduire à la résiliation définitive de son AOT. »

    Ajoutons au tableau que le commerçant a lancé en fin d’année une opération « déstockage avant fermeture » qu’il n’a pas déclarée en mairie. « La fermeture a été repoussée », nous dit le commerçant avant d’admettre qu’« on ne devait pas fermer ». La zone de chalandise ne doit pas être si mauvaise.

  • [Entretien] Sylvie Tanette : « Nous, signataires, contestons le licenciement injustifié d’Olivier Nora »

    [Entretien] Sylvie Tanette : « Nous, signataires, contestons le licenciement injustifié d’Olivier Nora »

    La Marseillaise : Que pensez-vous du départ d’Olivier Nora ?

    Sylvie Tanette : Il souhaitait attendre la fin d’année avant de publier le nouveau livre de Boualem Sansal. Décision à laquelle Vincent Bolloré s’opposait, lui qui tenait fermement à ce que l’ouvrage soit publié début juin. En tant qu’actionnaire, Vincent Bolloré n’était pas en position de décider des dates de parution. Ce n’est pas son rôle, mais celui de l’éditeur Olivier Nora. Nous, auteurs et autrices signataires de la lettre commune, avons protesté contre cette éviction injustifiée. Licencier des salariés sur des désaccords, racheter des médias pour les contrôler… Ce sont des schémas plutôt classiques dans ce système de pensée bolloréen que nous ne soutenons pas.

    En quoi consiste, selon vous,
    ce «
     système » ?

    S.T. : C’est une volonté de mainmise du milliardaire Vincent Bolloré sur les maisons d’édition. Lors de son rachat du groupe Hachette, c’était sur la maison d’édition Fayard qu’il intervenait le plus. En seulement quelques mois, les ouvrages de plusieurs politiques d’extrême droite, comme Marion Maréchal, Éric Zemmour ou Jordan Bardella avaient été publiés.

    Dans cette lettre ouverte publiée mercredi dernier, plus d’une centaine d’écrivains ont annoncé leur départ de la maison d’édition. Vous aviez déjà quitté Grasset depuis 2023. Pourquoi ?

    S.T. : Le rachat, en 2023, des éditions Grasset par le groupe Hachette, m’a rapidement inquiété. Ainsi, j’ai préféré partir avant de me retrouver dans un système qui ne me convient pas. Je craignais notamment ce qu’il est en train de se produire actuellement, avec l’arrivée d’un financier à la tête de la direction. Avant, Grasset était une maison avec un agenda de parution réfléchi par des professionnels. Leurs choix étaient littéraires. L’arrivée du gestionnaire Jean-Christophe Thiery marque l’arrivée de futurs choix éditoriaux qui seront avant tout politiques et commerciaux.

    Vincent Bolloré a qualifié,
    dans le «
     JDD » ce dimanche,
    les signataires de «
     petite caste
    qui se croit au-dessus de tout et
    de tous
     ». Que pensez-vous de cette contre-attaque ?

    S.T. : C’est extrêmement choquant. J’ai grandi dans les quartiers Nord, m’accuser de faire partie d’une caste est très mal venu. Il peut y avoir de l’entre-soi, mais comme dans d’autres milieux. C’est une attaque très vulgaire, une tentative de ramener la population à soi.

    300 auteurs appellent à la création d’une « clause de conscience » pour les maisons d’édition. Pourquoi n’avez-vous pas signé cette tribune publiée par « la Tribune Dimanche » ?

    S.T. : Dans l’idée, je suis complètement d’accord avec cette tribune, mais j’avais peur qu’elle soit précipitée. Cela faisait à peine deux jours que la première lettre commune avait été portée. Concernant la suite, nous continuons de nous parler, entre auteurs, pour réfléchir à ces éventuelles clauses de conscience qui, je l’espère, porteront leurs fruits.

    Propos recueillis par Calypso Sadousty

    Deux éditeurs de la région livrent leurs analyses

    David Gaussen Directeur éditorial des éditions Gaussen, à Marseille

    « Contrairement à ce que les gens pensent, la réglementation du marché du livre, en France, ne favorise pas du tout la diversité. Elle avantage surtout les grosses machines. Le clivage idéologique est en marche depuis plusieurs années. Je pense que les librairies ne sont plus des lieux neutres. ça pose un problème en poussant à des productions de plus en plus marquées idéologiquement, d’un côté ou de l’autre. »

    Propos recueillis par M.-L.T.

    Marion Mazauric, Directrice des éditions Au Diable Vauvert, à Vauvert (Gard)

    « Bolloré est un industriel qui mise sur la culture pour contrôler les textes, après avoir investi dans les médias. Il fait une double concentration horizontale et verticale pour tenir, d’un point de vue idéologique, la fabrication des idées, des manuels scolaires, des télés, la fabrication de l’opinion. C’est gravissime. Il y a cinq ans, je contribuais au collectif Stop Bolloré, on n’a pas été assez entendu, y compris dans les professions éditoriales. On n’a pas été capables de mettre des lois de régulation. »

    Propos recueillis par M.-L.T.