Category: accueil-third

  • À Montpellier, miser sur le collectif avec les librairies coopératives

    À Montpellier, miser sur le collectif avec les librairies coopératives

    En 2018, la fermeture de la librairie L’ivraie, dans le quartier des Beaux-Arts, à Montpellier, provoque des remous chez les fidèles clients. « Comme il n’y avait pas de reprise, un collectif réunissant des riverains des Beaux-Arts et des lecteurs a été créé. Ils trouvaient dommage de perdre un lieu de culture, de rencontres, ce commerce de quartier. Ils ont donc décidé de créer une librairie », raconte Claire Chanvry, coopératrice et salariée à la Cavale, librairie créée, donc, par le collectif.

    Car la Cavale a un modèle un peu particulier : c’est une coopérative. En choisissant de devenir une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic), la librairie n’est plus détenue par des actionnaires mais par les coopérateurs eux-mêmes. Chacun a une seule voix donnant les mêmes droits. « L’adhésion est de 20 euros, il est possible de donner plus mais cela ne donnera pas plus de voix. Il y a une vraie volonté de rendre accessible la part sociale à tous », détaille Claire Chanvry. Preuve que le modèle fonctionne : de 14 en 2018 au lancement du projet, les coopérateurs sont maintenant 530.

    Une force collective

    L’ensemble des décisions sont prises de manière collégiale. Un conseil coopératif composé de 14 membres – renouvelé en partie tous les deux ans – se retrouve tous les 15 jours afin de décider des décisions à prendre pour la librairie. « Nous avons ensuite plusieurs comités avec différentes délégations : les ressources humaines, la politique des animations, la vie coopérative, la lecture jeunesse et les travaux. D’autres bénévoles viennent ponctuellement pour donner un coup de main sur un événement », complète Claire Chanvry.

    Une force collective mise en avant par les coopérateurs. « Le fait d’être nombreux nous permet d’avoir des idées multiples, c’est ce qui fait notre force. Alors qu’en étant seul, on peut parfois être saturé. Aussi, les gens qui s’investissent pleinement dans le projet viennent régulièrement. Que ce soit pour les animations ou faire des achats, on crée de la proximité », poursuit la libraire. Des rencontres sont organisées une fois par mois afin de favoriser le lien entre les coopérateurs. « Là, on ne parle pas de boulot », sourit Claire Chanvry.

    Si la Cavale est la seule librairie coopérative de l’Hérault, il en existe une soixantaine à l’échelle de l’Hexagone. « Avec nos huit ans d’expérience, on fait partie des plus vieux », note la libraire. Preuve que le modèle attire ? « La librairie coopérative se répand car il y a un fort intérêt citoyen pour la lecture et en général la culture. Et ce n’est pas évident d’être un libraire seul, qui travaille dans son coin. C’est plus facile d’être plusieurs. »

  • Des voix s’élèvent contre un projet agrivoltaïque à Servas

    Des voix s’élèvent contre un projet agrivoltaïque à Servas

    Partout en France, des projets agrivoltaïques fleurissent sur le territoire et divisent les citoyens. La commune de Servas, dans le Gard, ne fait pas exception. Le dernier projet en date est celui des Martinets, porté par Verso Énergie, qui concerne une quinzaine d’hectares dans le Nord de la commune. Il était présenté ce 22 juin aux élus municipaux.

    Pour l’occasion, la Confédération paysanne du Gard avait appelé à un rassemblement devant la mairie à 18h, afin d’alerter sur le fait que les installations agrivoltaïques à Servas pourraient impacter jusqu’à 129 hectares de terres agricoles, soit près de 12% du territoire communal. « Nous étions une petite cinquantaine, rapporte Sébastien Espagne, co-référent départemental des Ami.e.s de la Confédération paysanne du Gard. Notre association était présente aux côtés de la Confédération paysanne, mais aussi de l’association Agir 30 et d’habitants du village. »

    « On a vu passer une quinzaine de projets de ce type ces 18 derniers mois, explique de son côté Simon Le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard. Nous ne sommes ni contre le progrès, ni contre les énergies renouvelables, bien au contraire. Nous voulons simplement demander une véritable réflexion collective sur ces projets et surtout, qu’ils soient envisagés en priorité sur des terres déjà artificialisées. »

    Sébastien Espagne se montre satisfait de cette première mobilisation : « Nous avons été très bien accueillis par les habitants et la société Verso Énergie a proposé aux collectifs présents de les rencontrer plus tard, pour leur présenter le projet plus en détail. » De leur côté, les élus devront voter le projet au prochain conseil municipal, après s’y être déjà opposés une première fois.

    Augmentation du foncier

    Ce n’est pas un hasard si les projets agrivoltaïques se multiplient dans le Gard. Depuis un décret d’avril 2024, les installations de production d’énergie photovoltaïque ne peuvent être implantées que sur des terrains identifiés dans un document-cadre spécifique à chaque département. Or, dans le Gard, ce dernier est très restrictif et ne laisse que peu de parcelles libres pour le photovoltaïque au sol. C’est la raison pour laquelle les entreprises se tournent vers l’alternative de l’agrivoltaïsme, c’est-à-dire l’installation de panneaux solaires au-dessus d’une parcelle d’activité agricole. C’est d’ailleurs ce qui explique que les opposants à ces projets parlent généralement de « caution » agricole.

    Selon Simon Le Berre, le scénario se déroule pratiquement toujours de la même façon. Un propriétaire qui veut valoriser son terrain contacte ou se fait démarcher par une entreprise. Il trouve ensuite un agriculteur qui accepte de faire pâturer ses bêtes ou de cultiver sur une parcelle qui sera dédiée à l’agrivoltaïsme, en échange d’une partie des gains de revente de l’électricité. « L’idée de l’agrivoltaïsme, c’est d’apporter un gain pour l’activité agricole, poursuit Simon Le Berre. Or, pour l’instant, les études qui sont censées démontrer ces gains sont bien souvent biaisées. Le bétail est à l’ombre des panneaux ? Il serait tout aussi bien à l’ombre d’un arbre… »

    Ce sont aussi les propriétaires et les entreprises qui semblent toucher la majorité des bénéfices de la vente de l’électricité. « Nous demandons que si de tels projets existent, ils soient portés par les agriculteurs eux-mêmes, ou par des collectifs d’agriculteurs, explique Simon Le Berre. Pour nous, si le choix revient aux propriétaires qui n’exploitent pas eux-mêmes leurs terres, cela présente un risque de spéculation et de montée des prix des terres agricoles. » Une inquiétude que partage Sébastien Espagne : « Il y a un véritable risque d’augmentation du foncier agricole, ce qui va encore empêcher de nouveaux agriculteurs de s’implanter. Nous avons d’autres ambitions pour nos terres nourricières, dans un contexte où il y a urgence à regagner en autonomie alimentaire. »

  • Christian Bastid, une vie au service du collectif

    Christian Bastid, une vie au service du collectif

    Bien sûr il a participé à la bataille pour défendre Nelson Mandela. Mais contrairement à de nombreux militants, poussés dans le grand bain politique par les tumultes du monde, les injustices nationales ou les lectures de Marx, l’engagement de Christian Bastid est né dans les batailles locales. « J’ai adhéré au Parti communiste en 1983 lorsqu’on a perdu la Ville de Nîmes. J’étais sympathisant mais à ce moment-là, je me suis dit qu’il fallait être partie prenante pour contribuer à reconquérir la ville de Nîmes, ce qui est arrivé à deux reprises », explique-t-il.

    Natif de la capitale du Gard, Christian Bastid a d’abord multiplié les métiers dans le privé, monteur, élagueur, métallurgiste… des postes d’ouvriers qui lui ont permis de « comprendre ce qu’était l’exploitation par le capital ». Puis, il intègre les collectivités territoriales. Dans le même temps, c’est d’abord l’engagement syndical qui marque son parcours, en adhérant à la CGT puis en devenant secrétaire de l’union locale CGT de Nîmes. « Nîmes est une ville de cheminots mais l’industrie y était aussi très forte. Le PCF a toujours eu un rôle important dans cette ville », ajoute-t-il.

    Ce passionné de football et de rugby, mais aussi de spéléologie qui lui a permis d’ouvrir très tôt les yeux sur les problématiques environnementales, est élu conseiller général pour la première fois en 2011 sur le canton de Nîmes 3. Marqué par le mandat et la personnalité d’Alain Clary, il a d’abord lutté pendant la première partie du XXIe siècle contre une droite hégémonique à Nîmes avant d’engranger les responsabilités. Au Département, il est en effet vice-président délégué à l’Habitat, au logement et au renouvellement urbain et il préside aussi la Coopérative des élu.e.s communistes républicain.e.s et citoyen.ne.s du Gard. Depuis mars, il est aussi conseiller municipal délégué à la Mémoire, aux Anciens combattants et à la Culture de paix et siège également comme conseiller communautaire.

    Préparer 2027

    L’élu nîmois, reconnu pour son expérience et son attachement au Parti, a souhaité placer son élection sous le signe « du rassemblement et de l’unité de tous les communistes ». Parmi, ses priorités, il veut engager une réflexion sur « quel Parti nous voulons pour demain ». Pour cela, il souhaite s’emparer des thématiques de « la jeunesse, la paix, des questions sociales, la lutte pour l’emploi, la précarité, l’égalité entre les hommes et les femmes et la lutte contre le racisme ». « Ces axes sont étroitement liés avec les problématiques du département du Gard », précise-t-il.

    Mais Christian Bastid devra aussi préparer les prochaines échéances électorales de 2027 avec en ligne de mire l’élection présidentielle et les législatives. « L’enjeu, c’est de savoir quel rôle aura le PCF, parce que nous proposons des choses différentes, dans un contexte où il y a un risque d’élection de l’extrême droite », conclut-il.

  • Belle de Mai : le parc de la Maternité renaît avec du chien

    Belle de Mai : le parc de la Maternité renaît avec du chien

    « Avant, on passait devant sans faire attention. On allait plutôt au parc Longchamp, mais ici, ça nous change et c’est moins loin de chez nous », font part Camille et Samuel, jeune couple à poussette et en goguette qui vient du boulevard Guigou voisin. « C’est bien, il y a pas mal d’arbres », observent-ils, soulagés de voir renaître le parc de la Maternité au milieu de la jungle de béton de la Belle de Mai. Situé traverse Séry, sur un petit promontoire offrant une vue sur le massif de l’Étoile et le Nord-Est de Marseille, 5 000 m² de verdure qui comprennent aire de jeux pour enfants, city stade ainsi que terrains de pétanque.

    Cohabitation

    « On est dans un secteur qui est assez dense et des îlots de fraîcheur comme celui-ci permettent aux habitants, qui vivent souvent dans des conditions difficiles l’été, de venir se rafraîchir », résume le maire (PS) de secteur Anthony Krehmeier. Mais dans le parc de la Maternité, il n’y a pas que des minots qui cavalent. Les lieux abritent aussi un caniparc où les chiens des badauds peuvent se dégourdir les pattes. « Franchement, ils ont fait du bon travail », estime Karim, enfant du quartier ayant traîné ses culottes courtes dans le parc. « Ma mère a accouché de moi ici. J’y ai tous mes souvenirs », rappelle ce pizzaïolo établi rue Clovis-Hugues, tout en indiquant la direction de l’ancienne maternité de la Belle de Mai, fermée à la fin des années 1990 et devenue un village de vacances il y a près de 10 ans. « J’aurais juste aimé qu’ils mettent des séparations en plus pour les chiens », note-t-il, alors que Chopper, son « staff croisé bully » renifle d’un peu trop près un malinois.

  • Finances : la gauche avignonnaise dénonce une opération de communication

    Finances : la gauche avignonnaise dénonce une opération de communication

    « Nous ne participerons pas à une opération de communication » avertissent David Fournier et les élus du groupe municipal « Ensemble et Solidaires ». Les élus de gauche se disent « surpris de la violence des propos tenus » par Olivier Galzi, le maire DVD d’Avignon, lors de sa présentation de l’audit des finances de la ville, vendredi, qui « relève davantage de la communication politique outrancière que d’une information objective ». Et d’indiquer que le groupe ne participera pas – dans ces conditions – à la réunion de « présentation de la situation financière », organisée par la Ville. Ils rappellent, en outre, que « les comptes administratifs de la ville, établis par le comptable public, n’ont jamais fait apparaître une quelconque dérive dans la gestion financière de la collectivité », rectifient-ils. Le groupe préfère s’en remettre au prochain rapport de la Chambre régionale des comptes sur la gestion de la ville qui devrait être publié prochainement…

    Et de poursuivre : « L’ensemble des éléments financiers méritent une analyse sérieuse et dépassionnée, lors des effets d’annonce ». « Nous continuerons, pour notre part, à défendre une information sincère, transparente et respectueuse des faits », concluent les élus d’oppositions. Tout ceci ne devrait pas manquer d’être redit lors du conseil municipal de mardi qui s’annonce d’ores et déjà brûlant, et pas simplement sous l’effet de la canicule.

  • En été, à Toulon, les maraudes restent plus que nécessaires

    En été, à Toulon, les maraudes restent plus que nécessaires

    Les fortes chaleurs ne sont pas plus ou moins supportables que le froid glacial de l’hiver. La mobilisation reste donc primordiale pour les acteurs associatifs qui viennent en aide aux personnes précaires et sans domicile, à l’image d’Un peu de toit, qui mène, chaque mardi, une maraude dans les rues de Toulon.

    « On aimerait bien faire plus, mais il n’est pas évident de mobiliser les bénévoles plus d’un soir par semaine, d’autant plus avec les départs en vacances », s’excuse presque Cathy Revest, présidente de l’association. Si elle n’a pas constaté plus de demandeurs qu’à l’accoutumée sur la dernière maraude, elle s’attend à en avoir davantage dans les semaines à venir, « comme chaque été. Les personnes dont nous nous occupons ne dorment pas forcément dans la rue. Certaines en situation de précarité viennent aussi demander », indique-t-elle.

    Une réalité qui rappelle que près d’un Toulonnais sur quatre vit sous le seuil de pauvreté, contre 15% au niveau national et 18 dans la région Sud, tel que l’a annoncé le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Toulon dans un rapport paru en début de semaine. Cathy Revest espère que ces chiffres alarmants mèneront à des actions concrètes : « Nous avons eu une réunion avec le CCAS et les associations il y a un mois, pour évaluer la situation. Un lien est en train de se créer, alors qu’on avait toujours eu la sensation d’être méprisés. » Une autre réunion s’est tenue vendredi, durant laquelle la bénévole a demandé l’ouverture d’hébergements durant la canicule.

    En attendant, les maraudes vont se poursuivre. « L’objectif est de fournir au moins une bouteille d’eau par personne. On distribue aussi des gourdes. On a également laissé tomber les plats chauds au profit des salades, du chocolat froid et des fruits », détaille Cathy Revest, qui appelle aux dons de chacun, particulièrement de bouteilles d’eau.

  • Handicap : une maison d’enfants fermée suite à des « dysfonctionnements »

    Handicap : une maison d’enfants fermée suite à des « dysfonctionnements »

    Sur l’arrêté pris vendredi 19 juin, les services de la solidarité s’alarment de « formes de maltraitances constatées sur les mineurs accueillis ». Depuis le lundi 22 juin, le lieu de vie et d’accueil de la Maison des plus petits situé dans le quartier de Malpassé (13e) a dû fermer ses portes sur ordre du conseil départemental. Suite à un contrôle organisé au mois de janvier, la collectivité reprochait à l’association qui y accueillait jusqu’à 7 enfants placés en situation de handicap, « plusieurs dysfonctionnements importants, en termes de gestion, de recrutement et de transparence » et des risques « sur la santé, la sécurité ainsi que le bien-être physique et moral des mineurs accueillis ». Sans faits de maltraitance constatés cependant.

    Pour le directeur de l’association Emmanuel Masson qui a déposé un recours gracieux, il s’agit d’une décision « extrêmement brutale, en décalage avec ce que l’on a vécu ». Pour toute maltraitance, une directrice adjointe aurait fait mine de mordre un jeune qui l’avait mordu à la piscine, et il leur était reproché d’avoir laissé un enfant malade seul pendant que sa chambre était nettoyée. Un salarié travaillait également sans vérification de ses antécédents. « Nous demandons systématiquement l’attestation d’honorabilité, comme nous ne l’avons pas reçue, nous avons procédé immédiatement à son licenciement », indique le responsable. « Les médecins chargés du suivi ne comprenaient pas, les référents se sont regroupés pour manifester leur désaccord avec le Département », assure-t-il. Lequel avait déjà temporairement fermé la structure en 2023 face à sa « totale désorganisation ».

  • La Marseillaise dans les Hautes-Alpes, un moment de convivialité et de lutte

    La Marseillaise dans les Hautes-Alpes, un moment de convivialité et de lutte

    Ce samedi à la salle 750 à la Bâtie-neuve, la Fête de La Marseillaise était presque aussi attendue que le retour du journal lui-même. Une table ronde en compagnie de journalistes du Dauphiné Libéré, de Ram05 et de BFMDICI a animé la matinée, avant l’ouverture de la restauration à midi.

    En parallèle, plusieurs associations tenaient des stands sur place, de Terres de lien, association qui acquiert des terres agricoles pour installer les jeunes paysans, à France Solidarités Palestine et Solidarité Madagascar en passant par la coopérative Scop-Ti, célèbre pour son mouvement social de 1336 jours et ses thés. « Cela montre la symbiose entre un certain nombre d’associations et de mouvements et ces moments de retrouvaille, de convivialité, sont importants pour créer de la solidarité entre nous », a souligné Frédérique Lainé, présidente du comité alpin des Amis de La Marseillaise, qui a beaucoup œuvré pour que notre journal parte à la conquête des Alpes.

    « L’envie de rencontrer les acteurs de la presse, c’est quelque chose qui revient beaucoup dans les discussions ici, pour qu’ils puissent parler de leurs contraintes, des pressions, des réalités des médias qui ne sont pas aux mains des milliardaires », rapporte-t-elle.

    L’occasion était aussi de se serrer les coudes dans une période politique inquiétante qui vire au brun, et de s’appuyer sur les conseils des anciens. « La Marseillaise porte une ligne éditoriale précieuse, surtout dans cette période où l’on nous met en condition de concevoir et d’accepter la guerre comme une nécessité, où l’on fournit des milliards d’euros pour des armes, pour tuer, alors qu’on refuse d’allouer des crédits à la santé, à l’éducation, pour tout le service public », a affirmé Antoine Mignemi, survivant de la rafle du Vieux-Port à Marseille en 1943 et infatigable militant communiste.

    De la musique qui secoue pour une fête engagée

    L’après-midi a été rythmée par les Fralibos, groupe formé par des ouvriers de l’usine à thé Fralib durant leurs 1336 jours de grève, une musique aux accents de solidarité et de progrès social qui résonne avec les valeurs de La Marseillaise. Pour la soirée, la scène du 750 a vu défiler la musique punk du groupe Red Shift de Chorges, puis le rock haut-alpin de De Mist et le néo-métal montagnard de Spit on that thing, avant de conclure avec Airain, groupe de métal Embrunais.

    Fatigués mais heureux, les artisans de la Fête, pensaient déjà à l’année prochaine.

  • Bad Bunny vient enfiévrer le stade Vélodrome

    Bad Bunny vient enfiévrer le stade Vélodrome

    Bad Bunny au stade Vélodrome. Pas le surnom d’une chèvre qui vient encore de signer à l’OM, mais bien le bouillant lapin des musiques latines, qui se produit mercredi 1er juillet dans l’antre des Olympiens. Cet artiste parmi les plus écoutés à travers le globe fait escale à Marseille dans le cadre de son « Debí Tirar Más Fotos World Tour », d’après le nom de son sixième album sorti l’an passé. Une discographie qui monte qui monte depuis les années 2010, et un opus hissé au firmament par le tremblement de terre en mondovision provoqué en février 2026 par son show à la mi-temps du Superbowl, cette parenthèse artistique de la finale de football américain, illustration suprême de la victoire culturelle d’el « imperialismo yankui ». Et pourtant. Truffée de références à ses racines portoricaines, notamment le perreo, danse reggaeton à se déglinguer le bassin et reprise notamment dans les mouvements contestataires de cette île colonisée il y a près de 130 ans par les États-Unis, la prestation de Bad Bunny a bien fait enrager Trump. « Ils veulent me prendre ma rivière et aussi ma plage. Ils veulent mon quartier et que ma grand-mère soit partie. Non, ne lâche pas ton drapeau. Je veux pas qu’ils fassent de toi ce qu’il est arrivé à Hawaii », chante, sur le titre « Lo Que Le Pasó a Hawaii », la superstar de 32 ans devenue égérie anti-Trump en multipliant notamment les prises de position contre l’ICE et pour l’accueil des migrants ou les droits LGBT.

    Coups de chaud

    Désormais icône politique tout autant que de la mode et de l’entertainment en général, une figure portée aux nues ou détestée, comme seuls les États-Unis savent enfanter et raffolent. Dans tout cela, on en oublierait presque la qualité de Debí Tirar Más Fotos, album sacrément bien produit au cours duquel reggaeton, salsa et merengue immergent les auditeurs dans ses influences portoricaines et caribéennes. Par-dessus, les scansions suffocantes de Bad Bunny achèvent de tirer les oreilles des lapins du monde entier pour les traîner fissa sur la piste de danse. De son « Nuevayol » introductif qui dope et sample le thème d’« Un Verano en Nueva York » d’El Gran Combo de Puerto Rico (1975), à la salsa survitaminée « La Mudanza », 17 titres chargés qui décupleraient la canicule marseillaise actuelle en un tour de chant ou de reins. Sûrement aussi de quoi mettre un coup de chaud supplémentaire à la RTM qui annonce encore son cortège de modifications des lignes passant vers le Vélodrome mercredi 1er juillet dès 16h. Il faut dire que le concert de Benito Antonio Martinez Ocasio, de son vrai nom, se jouera à guichets fermés et que les reventes de places se monnayent encore très cher.

  • [Parole de maire] Mario Martinet : « Il faut un parc naturel régional autour de l’étang de Berre »

    [Parole de maire] Mario Martinet : « Il faut un parc naturel régional autour de l’étang de Berre »

    C’est le rendez-vous du lundi deux fois par mois dans « La Marseillaise ». En interrogeant sans concession les premiers magistrats des communes de Provence, sur les chantiers, leurs décisions, leurs perspectives, « La Marseillaise » met en lumière la vie des communes, cellule de base de la République.

    La Marseillaise : Comment ce sont
    passés pour vous les 100 premiers jours de ce nouveau mandat
     ?

    Mario Martinet : Pour nous, c’est la continuité de ce que l’on a mené jusqu’alors, il n’y a pas de rupture. On continue tambour battant sur nos projets, antérieurs et à venir.

    Quelles sont les priorités
    de ce nouveau mandat
     ?

    M.M.  : Nous voulons lancer les projets que nous avons entamés. Par exemple pour la réhabilitation de la chapelle Caderot, nous allons démarrer les travaux d’ici la fin de l’année. Nous avons des salles de sport qui doivent être finalisées, un écoquartier dont les travaux vont démarrer à la rentrée avec 239 nouveaux logements pour nos habitants… C’est un projet qui a mis longtemps à voir le jour, nous allons donc faire en sorte que la première pierre soit déposée début septembre. Bien sûr, nous avons une belle grande salle de spectacle finalisée qui verra son ouverture en octobre, avec un nouveau projet culturel.

    Et pour les nouveaux projets ?

    M.M. : Nous avons déjà mis en route, durant ces 100 jours, ces nouveaux projets. Il y en a un qui me tenait à cœur, d’accompagner la population sur le plan social face aux problèmes d’énergie. Nous avions anticipé les choses, et nous avions dit que nous triplerions le chèque combustible pour nos populations. C’est ce que nous avons fait avec le CCAS [centre communal d’action social, ndlr]. Et en même temps, face à la crise de l’essence, nous avons mis en place le mois dernier une aide pour les aides-soignants, les personnes qui vont au domicile des plus vulnérables, de 80 euros par mois. Nous avons aussi le projet d’une nouvelle plage, pour finaliser la grande promenade sur le littoral de l’étang de Berre. L’an dernier nous en avons fait une, nous allons en faire une deuxième, un peu plus petite certainement.

    C’est d’autant plus important avec les canicules…

    M.M. : Je crois beaucoup en la végétalisation de la commune. Nous avons planté lors du dernier mandat plus de 6 000 arbres, nous allons continuer ces plantations et en planter encore 6 000 de plus, continuer à végétaliser la commune. C’est par ce biais que l’on pourra réguler les problèmes de chaleur et préserver les habitants. Nos écoles sont déjà toutes climatisées, la moitié des cours sont de vrais jardins. Si on arrive à continuer à végétaliser, il sera agréable de vivre à Berre-l’Etang.

    La campagne des municipales a été tendue, vous avez gagné avec 34 voix d’avance. Comment réunir une ville après tout ça ?

    M.M.  : Je fais en sorte d’être au plus près de la population. J’avais initié lors du mandat précédant des réunions de quartier, nous sommes allés encore plus loin : nous faisons des réunions de rue. J’ai lancé ces rendez-vous de rue pour aller au-devant des habitants et voir les problèmes du quotidien, essayer de trouver des solutions à leurs problématiques d’environnement, de cadre de vie, de la chaussée à la sécurité en passant par les poubelles – qui ne nous concernent pas. Nous faisons beaucoup de travaux en ce moment sur la voirie. C’est le quotidien, de boucher les trous. Et des projets plus importants avec un boulevard Paul-Langevin qui va être réhabilité. Nous voulons être au plus près pour essayer de fédérer cette population qui s’est divisée. Mais je vois les choses très positivement, je suis très optimiste pour l’avenir, non pas de la société mais de Berre-l’Etang en tout cas.

    Et pour l’avenir de la Métropole ?

    M.M. : Je le suis beaucoup moins. Je pense qu’en donnant les clés au préfet, nous nous sommes engagés dans un dispositif qui ne va pas aller positivement pour nos communes, toutes les communes de ce territoire métropolitain. Je suis même plutôt inquiet. Pour ce qui concerne la ville de Berre, 85% de son budget arrive de la Métropole. Et comme nous n’avons plus que très peu de leviers pour lever des impôts, à part le foncier qui a ses limites, si on nous ampute ce budget, il faudrait faire des coupes sombres dans nos services. Et là et là, les choix seraient compliqués à faire.

    La vente du site de LyondellBasell avait suscité des inquiétudes. Comment voyez-vous l’avenir industriel de la commune ?

    M.M. : La vente pouvait se terminer par la fermeture du site, mais ce n’est pas le cas. Nous avons un repreneur pour le site pétrochimique, un investisseur allemand, Aequita, qui va créer une société pour le site, Velogy, qui ont de belles perspectives pour le site. Ils veulent devenir le premier producteur européen de polypropylène. Ils se sont mis sur les rails, j’espère que les rails seront en ligne droite vers ce bel objectif.

    Vous prévoyez une zone industrielle, notamment pour accompagner le développement d’Airbus helicopters. Comment la ville peut s’adapter à ce développement industriel ?

    M.M. : Les communes aujourd’hui possèdent peu de leviers. Il y en a un, c’est le foncier bâti. Si on veut en avoir plus, il faut accueillir de l’activité économique, afin d’avoir des recettes pour la commune, de l’emploi pour nos habitants. On a un beau projet de 239 logements en perspectives, cela permettra d’accompagner ce développement économique. Je sais qu’Airbus a des velléités de s’étendre, ce serait un bon choix de choisir Berre-l’Etang.

    Avec les nombreux chantiers annoncés pour restaurer l’étang de Berre, comment voyez-vous son avenir ?

    M.M. : Je suis un des défenseurs d’un projet qui fait bondir quelques élus, d’un grand parc naturel régional autour de l’étang, qui regrouperait les dix communes du pourtour de l’étang mais aussi d’autres communes riveraines à nos communes. Cela pourrait être à la fois un outil environnemental, de développement durable, mais aussi économique. Nous avons une pépite dans ce département, l’étang de Berre. Il faut la polir cette pépite. Cela pourrait passer par ce parc, c’est un des moyens pour redorer le blason de l’étang de Berre, lui donner une autre image. Venez sur les rives de Berre-l’Etang, nos plages sont féeriques, on a des palmiers, on se croirait dans les Caraïbes ou à Tahiti !