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  • L’indécence des Baumettes en procès

    L’indécence des Baumettes en procès

    Après la prison de Luynes (notre édition du 26 août), le tribunal administratif de Marseille se penche ce vendredi sur les conditions de détention aux Baumettes. Le Syndicat des avocats de France (SAF) et l’Observatoire international des prisons (OIP) ont en effet déposé conjointement un référé liberté, pour « faire cesser les atteintes graves et manifestement illégales portées aux libertés fondamentales des personnes détenues ».

    La procédure intervient après la publication au mois de janvier, d’un rapport du Comité européen pour la prévention de la torture, rattaché au conseil de l’Europe, qui va jusqu’à parler d’une transformation « en un entrepôt humain », mais aussi après les visites successives de l’ordre des avocats du barreau de Marseille, du contrôleur général des lieux de privation de liberté et des députés LFI Sébastien Delogu et Ugo Bernalicis, qui dressent des « constats officiels, récents et concordants », affirme la requête, en particulier lors des dernières vagues de chaleur. « La suroccupation, le couchage sur un matelas posé au sol, l’exposition durable à des températures excédant 32°C, la défaillance de l’aération, la prolifération des nuisibles, l’insalubrité des douches et des cours de promenade et l’absence d’intimité sanitaire portent atteinte à la dignité et à l’interdiction des traitements inhumains ou dégradants », résume le document. Il rappelle aussi les défaillances de l’établissement pénitentiaire mises en lumière par le meurtre d’un détenu, le 9 octobre 2024, dans le quartier des arrivants, en soulignant que la surpopulation augmente les actes de violence. Surtout, une partie des visites ont été réalisées après l’inauguration par Emmanuel Macron en décembre dernier de l’extension des Baumettes 3, qui devait résoudre une partie de ces problèmes. « On peut construire, agrandir, dans tous les cas reste le problème de l’accès aux soins, des moyens que l’on donne pour permettre à chaque détenu d’être dans des conditions dignes », pointe Me Maxime Carrez, qui porte la requête. Et de rappeler qu’ « une bonne partie des personnes sont détenues sans avoir été jugées, pour certaines innocentées et libérées ».

  • Les élections sénatoriales animent la rentrée politique

    Les élections sénatoriales animent la rentrée politique

    À un mois des sénatoriales, la seule certitude est qu’il y aura forcément un nouveau sénateur vauclusien. Des trois actuels, Alain Milon (LR) est le seul à ne pas repartir, assumant le rôle de président de comité de soutien de son acolyte Jean-Baptiste Blanc. Lucien Stanzione (PS) postule à nouveau dans un scrutin très indécis.

    Gros embouteillages

    à droite

    Sénateur LR sortant, Jean-Baptiste Blanc fait figure de grand favori pour être réélu. Disposant d’un socle de voix de grands électeurs favorable, apprécié dans son camp comme à gauche, celui qui gère aussi
    la délégation finances au Département a réussi à convaincre Dominique Santoni d’être à nouveau seconde de liste. La présidente du conseil départemental est attendue ce jeudi soir à Gordes pour une réunion de soutien à Jean-Baptiste Blanc en présence de Gérard Larcher, actuel président LR du Sénat. Reste à savoir, en cas d’élection, un
    scénario plausible, qui lui succéderait à la présidence du Département. Pierre Gonzalvez, maire de L’Isle-sur-la-Sorgue et président de l’association des maires de Vaucluse, sera 3e de liste. Parti tôt en campagne, Jean-Baptiste Blanc a sillonné le Vaucluse tout l’été mettant en avant son bilan. Il se prévaut du soutien de la majorité sénatoriale, courrier à l’appui signé par Hervé Marseille (UDI). Un parti dont le président vauclusien, Thomas Faure, a lui choisi la candidature d’Anaïs Hausmann, précisant faire un « choix personnel » bien que le camp Hausmann y associe l’UDI. Un embrouillamini qui a eu le don d’agacer Jean-Baptiste Blanc.

    Adjointe et compagne du maire d’Avignon, Anaïs Hausmann incarne le Bon sens des territoires, mouvement créé par Olivier Galzi (DVD) et qui sera officiellement lancé le 10 septembre lors d’une réunion publique. Pour l’heure, la composition de sa liste reste secrète et la candidate vise plutôt le 3e siège. Face à son déficit de notoriété et d’ancrage, Anaïs Hausmann a également arpenté le terrain, convaincue d’être complémentaire de Jean-Baptiste Blanc en jouant la carte du renouvellement. Ce vendredi, elle recevra la ministre Aurore Bergé pour un déjeuner de Femmes de territoire. Un nouveau cercle qu’elle co-préside, décorrélé des sénatoriales, mais dont le timing vise à la crédibiliser. « Il faut faire attention aux divisions et j’appellerai à la responsabilité dans un département où le RN est présent », prévient Gérard Larcher, dans Vaucluse matin. D’autant que Sylvie Viala, présidente du Modem, nous confirme également sa volonté de déposer une liste.

    Le RN en embuscade

    Ce morcellement à droite et l’éparpillement de listes pourraient mécaniquement profiter à l’extrême droite. Fort de victoires aux municipales, le RN espère glaner son 1er sénateur vauclusien, en la personne de Thierry D’Aigremont son délégué départemental. Sur le papier, l’étiage de grands électeurs n’est pas tout à fait suffisant pour y parvenir mais une victoire ne serait pas en soi une surprise. Mi-août, il a adressé une lettre aux élus, tapant sur ses adversaires dont les partis sont affaiblis au national.

    À gauche, Lucien Stanzione en difficulté, LFI y sera aussi

    Sénateur (PS) sortant, Lucien Stanzione n’a pas abandonné l’idée de conserver son siège mais « la bataille sera difficile ». Avec les pertes à gauche d’Avignon et Carpentras, il mise surtout sur son expérience et son réseau auprès des élus acquis depuis six ans pour rempiler au palais du Luxembourg. Contrairement à 2020, sa liste ne sera pas une addition de partis. Selon nos informations, confirmés par les intéressés, Sandrine Raymond, maire de Saint-Pierre-de-Vassols, et Philippe Armengol, maire de Velleron, devraient être numéros 2 et 3 de la liste. Enfin, LFI a désigné Julien Gautier, élu d’opposition à la Tour d’Aigues comme candidat Vaucluse
    en commun, aux côtés
    de l’Avignonnaise Mathilde Louvain.

  • Une rentrée universitaire toute politique

    Une rentrée universitaire toute politique

    Ce mercredi 26 août France Universités a rassemblé une cinquantaine de présidents d’établissement à l’occasion de son assemblée générale de rentrée sur le campus de la Porte d’Italie.

    L’occasion de mettre en avant les grands défis auxquels doit répondre l’enseignement supérieur français, mais aussi les investissements insuffisamment à la hauteur des enjeux pour y parvenir. Et de se projeter sur les mois à venir, avec notamment l’échéance de l’élection présidentielle.

    « C’est aussi pour les universités l’occasion de réfléchir, de débattre de manière à pouvoir rencontrer les futurs candidats [à l’élection présidentielle, ndlr]. Et de voir comment ils se saisissent des propositions qu’on fera dans les prochaines semaines, dans les prochains mois », précise Lamri Adoui, le président de France Universités. Une démarche d’importance lorsqu’on sait qu’à l’extrême droite on en est encore à s’interroger sur le rôle de ces établissements supérieurs « bastions de la démocratie », et à les attaquer.

    Et de poursuivre : « L’été a démontré combien on avait besoin finalement de sciences et quelque part d’université, que ce soit en recherche ou en formation ». Les phénomènes extrêmes auxquels on a assisté, comme les épisodes de canicule et les méga-feux ne pouvant que nous inciter à travailler sur les enjeux de ressources en eau et de transition écologique, explique-t-il. Et il en va de même en matière de cybersécurité, de souveraineté nationale ou de compétitivité économique.

    « Il n’y a pas de puissance fondamentale telle que la France sans une recherche qui soit une recherche forte », insiste-t-il.

    Des sujets éminemment politiques qui doivent faire vivre le débat et aider à déterminer les orientations de demain.

    Quant à la question cruciale du financement ou plutôt du sous-investissement chronique des universités, le constat est clair : « la situation est préoccupante de façon générale et alarmante pour un certain nombre d’établissements », a rappelé le président de France Universités.

    « Un choix de société »

    Certes, les subventions augmentent – un tout petit peu – tous les ans, mais les transferts de charges supplémentaires sont tels qu’en réalité, les budgets sont à la baisse. Et de prévenir : « Si rien n’évolue dans les prochaines années, il est très clair que toutes les universités seront déficitaires à l’horizon 2030 ».

    Et comme personne ne sait aujourd’hui de quoi sera faite la représentation nationale, et quel budget sera voté en 2027, ni dans quelles conditions il sera voté, mieux vaut continuer de marteler le message, poursuit Lamri Adoui, de manière à ce personne n’ignore les enjeux.

    Parce que la seule solution, lorsqu’il n’y a plus de financements suffisants, « c’est de réduire les activités de formation et de recherche », prévient à son tour le président de l’université de Toulon Xavier Leroux. Ce qui n’est pas sans conséquence sur la société que l’on veut construire. Et de préciser : « A Toulon nous ne sommes pas déficitaires, mais on a dû politiquement, stratégiquement faire des choix en interne que j’aurais voulu ne pas avoir à faire, mais il fallait les faire pour pouvoir continuer d’avancer ».

    À travers le sort réservé à l’université, ce pilier de la démocratie, et à son 1,8 million d’étudiants, « c’est un choix de société » qui est en train de se dessiner.

    France Universités qui prévoit de consacrer une partie de ses échanges de ce jeudi à l’élection présidentielle, indique que le 15 octobre prochain un grand colloque va porter sur la place de l’université dans la société. Et comment on pense son rôle dans le paysage de demain. « Ça sera pour nous l’occasion de faire connaître un certain nombre de nos propositions », conclut le président de l’association. De quoi nourrir la réflexion de cette rentrée étudiante et politique.

  • [Maj] Un ex-boxeur blessé par balles à Marseille

    [Maj] Un ex-boxeur blessé par balles à Marseille

    Deux hommes casqués ont tiré depuis leur scooter en direction de la tour Bel Horizon, qui abrite un important point de deal, dans le quartier de Saint-Lazare (3e) ce mardi 25 août vers 22h30 a-t-on appris de source policière. L’équipage touche un homme de 51 ans. Pris en charge par les marins-pompiers, son pronostic vital est engagé. Selon nos sources, il s’agit fort probablement de l’ex boxeur professionnel, Badar M’Baye. Un colosse de 1,91 m, catégorie poids lourds, auréolé de 12 victoires sur 20 combats, menés au cours de sa courte carrière de 1997 à 2003 sur les rings de la région.

    En conditionnelle

    « Black Thunder », littéralement le « tonnerre noir », d’origine sénégalaise, est arrivé à Campagne Lévêque (15e) à l’adolescence, et s’était recasé chef de la sécurité à Grand Littoral. Mais visiblement impulsif, sous l’emprise de l’alcool, il avait décoché une série de crochets fatale à un cinquantenaire, à la sortie d’un bar à Noailles en 2018. Il sera condamné deux ans plus tard à dix ans de prison. Il était en liberté conditionnelle depuis peu. L’enquête, confiée à la direction de la criminalité organisée et spécialisée, doit permettre d’éclaircir les circonstances du drame.

    Reste que si son entourage reconnaît qu’il pouvait consommer de la cocaïne, il assure que l’ex-sportif n’avait pas de lien avec le narcotrafic. Mieux, il voulait s’engager aux côtés des jeunes, nous affirme-t-on. Il aurait été là, au mauvais endroit, au mauvais moment…

  • Marseille s’envole à New York sans escale européenne

    Marseille s’envole à New York sans escale européenne

    Un jour historique pour notre aéroport qui accueille pour la première fois une compagnie américaine sur notre territoire. Cette nouvelle ligne va générer d’importantes retombées économiques, avec une augmentation attendue du nombre de visiteurs américains en Provence, en provenance non seulement de New York mais aussi de tous les États-Unis », s’est félicité Julien Coffinier, président du directoire.

    Après Paris et Nice, puis Toulouse qui ouvre une ligne saisonnière à l’été prochain, Marseille deviendra la 4e ville française à bénéficier d’une connexion aérienne directe avec les États-Unis, avec une durée de vol estimée à 9h15. United Airlines opérera la liaison entre Marseille-Provence et Newark Liberty (EWR), l’un des grands hubs de la région new-yorkaise, en A321XLR « Born to Explore », « un avion de dernière génération de 150 sièges dont 20 suites avec siège-lit et porte privative », précise la compagnie américaine. Les billets sont en vente depuis ce mardi.

    Dans les deux sens

    Cette nouvelle ligne est une ouverture stratégique motivée par la progression de la fréquentation des touristes américains. En 2025, les États-Unis constituaient le troisième bassin émetteur international de la destination marseillaise. Ils sont près de 800 000 à séjourner chaque année en Provence pour une durée moyenne de 8,4 jours « générant près d’un milliard d’euros de retombées économiques directes pour le territoire » indique la direction de la Région Sud. « Plus de 500 000 nuitées américaines ont été enregistrées en 2025 et la tendance se poursuit en 2026 avec une hausse de 22% au premier trimestre », précise la collectivité qui y voit « une nouvelle preuve de notre attractivité internationale ».

    « C’est la preuve que Marseille attire et séduit toujours plus en s’imposant désormais comme une porte d’entrée incontournable en France et en Méditerranée » a aussi salué Arnaud Drouot, le président de l’Office du tourisme, des Loisirs et des Congrès de Marseille. La ligne est aussi une nouvelle porte d’entrée aux États-Unis pour les Marseillais. « Elle favorisera les échanges touristiques » a-t-il précisé, la Ville voulant « poursuivre son travail de fond pour porter et encourager un tourisme équilibré, durable et bénéfique aux Marseillais ».

    Si les Américains semblent « apprécier l’authenticité marseillaise », il reste à souhaiter que cette nouvelle porte d’entrée sur la Méditerranée ne s’ouvre pas sur celles des Airbnb. Sur fond de crise du logement, quand près d’un appartement sur dix en centre-ville est dédié à des meublés touristiques, la ville a dû réagir en adoptant une série de mesures durcissant les règles pour encadrer leur location.

  • Marseille : un ex boxeur blessé par balles à Bel Horizon

    Marseille : un ex boxeur blessé par balles à Bel Horizon

    Depuis leur scooter, deux hommes casqués ont tiré des rafales au bas de la tour Bel Horizon, qui abrite un important point de deal, dans le quartier de Saint-Lazare vers 22h30 ce mardi 25 août a-t-on appris de source policière. Un homme de 51 ans est tombé. Pris en charge par les marins-pompiers, son pronostic vital était engagé.

    Selon une autre source, la victime serait très probablement le boxeur Badara M’Baye, condamné en 2020 à dix ans d’emprisonnement. Deux ans plus tôt dans un bar à Noailles, visiblement sous l’emprise de l’alcool, il avait décoché une série de coups de poings fatale à un homme de 56 ans. L’ex sportif était en liberté conditionnelle il y a peu.

    Une enquête a été ouverte et confiée à la Direction de la criminalité organisée et spécialisée.

  • Les free parties plus durement réprimées

    Les free parties plus durement réprimées

    Et une loi répressive de plus au tableau de chasse du gouvernement ! S’il a bien censuré 7 dispositions et émis 6 réserves d’interprétation, le Conseil constitutionnel estime que le cœur de la loi Ripost n’enfreint pas la Constitution.

    Dès lors que le chef de l’État aura promulgué au journal officiel le texte que le Parlement avait définitivement adopté le 21 juillet en dépit de protestations à gauche, la plupart de ses dispositions répressives seront donc applicables. À savoir une sévérité accrue contre les organisateurs de free parties (jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende) mais aussi les participants (6 mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende ou une amende forfaitaire délictuelle de 300 euros pour éviter les poursuites judiciaires).

    C’est l’un des 30 points sur lesquels des députés socialistes, insoumis et écologistes avaient saisi les Sages du Conseil constitutionnel, voyant dans la mesure une « atteinte à la liberté de réunion » quand le législateur entend lui « réprimer les abus de rassemblements illégaux ».

    De leur côté, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), ainsi que le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Syndicat de la magistrature avaient déposé une contribution extérieure contre la promulgation de la loi jugée « liberticide et disproportionnée » qui tendrait vers « une justice automatisée ». À l’instar du monde de la culture mobilisé via une tribune dans Le Monde, Sophie Mazas estime qu’au-delà des free parties, cette loi « va à l’encontre des festivals et de la fête ». La présidente de la LDH 34 craint « un champ d’application beaucoup plus large » avec, dit-elle, potentiellement des fêtes de village réunissant plus de 250 personnes sur des terrains privés dans le viseur de Ripost qui cible aussi les rodéos urbains ou le narcotrafic.

    7 mesures censurées

    Il faut ajouter que la possibilité de suspendre administrativement le permis de conduire en cas de consommation répétée de drogue (sans conduite) a été validée. De même que l’interdiction totale de l’usage détourné du gaz hilarant ou la sanction du transport de mortiers d’artifice.

    Parmi les petites victoires des opposants au texte que n’aurait pas renié Nicolas Sarkozy, on peut citer 7 censures. Notamment la destruction dans la journée des véhicules saisis lors des rodéos urbains (non-respect du droit de propriété), la fermeture automatique de magasins vendant des engins pyrotechniques (jugée disproportionnée), l’anonymisation des forces de l’ordre dans les procédures (atteinte aux droits de la défense).

    Les Sages ont aussi émis 6 réserves d’interprétation. Elles concernent l’usage de drones et de caméras aéroportées en urgence par la préfecture (usage proportionné), l’expulsion forcée de squats de locaux commerciaux ou agricoles ou la vidéoprotection algorithmique (3 mois maximum). Enfin, 5 « cavaliers législatifs » ont été rejetés (trafic de tabac, peines plus lourdes contre la vente à la sauvette…), ces mesures n’ayant aucun rapport avec la loi.

  • Contre l’alcoolisme, le CHU de Nîmes teste les psychédéliques

    Contre l’alcoolisme, le CHU de Nîmes teste les psychédéliques

    Longtemps associée aux seuls champignons hallucinogènes, la psilocybine franchit désormais les portes de l’hôpital. Au CHU de Nîmes, elle est devenue l’objet d’une recherche de pointe pour tenter de répondre à l’une des difficultés majeures de l’addictologie : empêcher la rechute après un sevrage alcoolique.

    À la manœuvre, la psychiatre et addictologue Amandine Luquiens, professeure à l’université de Montpellier et praticienne au service d’addictologie du Grau-du-Roi, rattaché au CHU nîmois. Dès 2024, son équipe avait lancé PAD, la première étude française depuis plusieurs décennies à administrer un psychédélique dans un cadre médical. « Nous avons inclus 30 patients dans cette étude-pilote », retrace la médecin, qui dit avoir été « dépassée par la demande » avec plus de 300 volontaires intéressés.

    Deux administrations de psilocybine, espacées de trois semaines, venaient compléter le parcours classique de soins et de psychothérapie. À douze semaines, 55% des patients ayant reçu 25 mg étaient toujours totalement abstinents, contre 11% dans le groupe ayant reçu une très faible dose. Des résultats suffisamment encourageants pour passer aujourd’hui à l’étape supérieure.

    De trente patients

    à un essai national

    Depuis le 1er juillet, Nîmes coordonne ainsi ERPPAD, un essai clinique national de phase III mené dans huit CHU : Nîmes, Bayonne, Bordeaux, Lyon, Besançon, Saint-Étienne, Brest et Nantes. 172 patients doivent être inclus pendant trois ans et chacun sera suivi durant douze mois. « Notre hypothèse est que deux administrations orales de 25 mg de psilocybine, à trois semaines d’intervalle, seront plus efficaces que deux administrations de 3 mg », détaille Amandine Luquiens.

    Car il ne s’agit pas de distribuer des « champignons » aux patients. Les séances sont préparées puis réalisées pendant plusieurs heures dans un environnement hospitalier sécurisé, avec psychiatres et psychologues. Hallucinations, modification des perceptions ou sensation de sortie du corps peuvent accompagner l’expérience. « La gélule va rester plusieurs heures dans le sang et peut entraîner des réactions pour le patient », explique la psychiatre. Méditation, présence constante des soignants et accompagnement psychothérapeutique doivent permettre d’intégrer cette expérience sans la dissocier du soin.

    L’espoir repose notamment sur la capacité supposée des psychédéliques à assouplir temporairement certains automatismes cérébraux profondément installés dans l’addiction. Amandine Luquiens compare volontiers ce mécanisme à « une voiture sur l’autoroute qui pourrait normalement prendre toutes les sorties, mais qui reste bloquée sur sa voie, sans freins, l’accélérateur enfoncé à fond. » La psilocybine pourrait ouvrir, temporairement, d’autres chemins là où les conduites addictives se sont rigidifiées.

    La prudence reste toutefois de mise : il appartient désormais à l’essai national de confirmer l’efficacité et la sécurité observées à petite échelle. « Si l’efficacité de la psilocybine est confirmée, cela pourrait représenter une avancée significative pour une population de patients aujourd’hui insuffisamment prise en charge », souligne Amandine Luquiens. Depuis le Grau-du-Roi, le CHU de Nîmes s’est déjà imposé comme l’un des pionniers français du retour des psychédéliques dans la recherche médicale. Une innovation de plus pour un établissement qui multiplie les projets de recherche et les nouvelles approches thérapeutiques.

    Les personnes qui voudraient participer à l’essai clinique, ayant un trouble de l’usage de l’alcool avec symptômes dépressifs persistants après sevrage, peuvent se rapprocher de l’équipe investigatrice via le lien suivant : https://redcap.link/ERPPAD

  • Vins : comment garder du fruit sans faire grimper les degrés ?

    Vins : comment garder du fruit sans faire grimper les degrés ?

    Dans le verre aussi, le thermomètre laisse sa trace. Avec les fortes chaleurs, le raisin mûrit plus vite et les vendanges s’avancent, mais dans les caves gardoises, l’objectif n’est pas forcément de laisser grimper le sucre et l’alcool. Pour le cru 2026, les vignerons cherchent surtout à préserver la fraîcheur, le fruit et l’équilibre, tout en composant avec un marché aux attentes changeantes.

    Le constat est déjà visible dans les vignes. En 2026, les vendanges ont commencé avec cinq à six jours d’avance sur l’an dernier et, sur certains cépages précoces, parfois dès le début du mois d’août. « Il y a une maturité qui est globalement avancée », constate Denis Verdier, président des vins IGP du Gard. Il rappelle qu’il y a une dizaine d’années, les premières récoltes démarraient plutôt au début du mois de septembre. Cette précocité ne change pas seulement le calendrier. Elle modifie aussi le profil du raisin. Plus il mûrit, plus sa teneur en sucre augmente. Or, « le sucre fait l’alcool », résume Denis Verdier. Avec des températures élevées, les raisins peuvent donc atteindre rapidement des degrés importants. Mais ce n’est justement pas toujours ce que recherchent aujourd’hui les vignerons.

    Pour les blancs et les rosés, la tendance va plutôt vers des vins frais, fruités et moins alcoolisés. « Les vignerons n’attendent pas une surmaturité avec des degrés importants, des 14 degrés ou plus que le climat pourrait leur donner », explique-t-il. Pour un sauvignon blanc, la récolte peut ainsi être déclenchée autour de 11,5 ou 12 degrés afin de conserver « une certaine fraîcheur et du fruit ». Même logique pour le rosé. Un grenache arrivé à pleine maturité peut afficher 14 ou 15 degrés. Pourtant, les producteurs peuvent choisir de le vendanger avant. « On préfère jouer une petite maturité, à 11,5, 12 degrés », explique Denis Verdier. Objectif : produire des rosés légers et fruités, adaptés à une consommation plus immédiate, « autour de l’apéritif, de la piscine et des tapas ».

    « Une alchimie un peu compliquée »

    La solution pourrait sembler évidente : vendanger plus tôt pour limiter le sucre, et donc le degré d’alcool. Dans les faits, c’est déjà ce que font les vignerons. Mais récolter plus tôt a aussi ses limites. « Faire des petits degrés, mais s’ils n’ont plus de goût, plus d’arômes… », prévient Denis Verdier. La maturité ne se résume pas à un chiffre : elle participe aussi aux arômes et à l’équilibre du vin. Dans sa cave coopérative, une cuvée à 9,5 ou 10 degrés a par exemple été testée. Une façon de répondre à la demande de vins plus légers. Mais « il ne suffit pas de dire qu’on enlève des degrés de sucre », insiste-t-il. « Ça a des incidences sur l’équilibre général du produit. C’est une alchimie un peu compliquée. »

    Le marché lui-même reste difficile à lire. Les consommateurs disent parfois vouloir boire plus léger, mais l’expérience ne confirme pas toujours cette envie. Denis Verdier raconte que certains clients, après avoir testé ces cuvées moins alcoolisées, sont revenus réclamer des vins plus classiques : « Arrête, laissez-moi ça tranquille, donnez-moi du vrai. » « C’est de l’innovation, on y va avec l’intelligence », sourit-il.

    Pour les rouges, la stratégie est différente. Cette fois, les producteurs cherchent davantage la pleine maturité. Il faut laisser le raisin se charger en sucre pour obtenir des vins autour de 13,5 ou 14 degrés, « plus structurés, plus longs en bouche ». Si la météo ne vient pas brutalement interrompre la maturation, Denis Verdier espère « des rouges structurés qui devraient tenir la route ».

    Le cru 2026 doit donc composer avec des attentes parfois contradictoires : tandis que le climat accélère la maturité et pousse les degrés vers le haut, une partie des consommateurs recherche des vins plus frais, plus légers ou se tourne vers les bulles et les cocktails. « Il y a toute une mosaïque de consommateurs qui ont des demandes différentes », résume Denis Verdier. Une évolution qui oblige le vignoble à s’adapter sans perdre son identité. Dans dix ou vingt ans, le vin gardois aura-t-il le même goût ? « Certainement pas », répond-il, tout en fixant une limite : préserver un vin « issu de la fermentation d’un raisin », dont l’essentiel des arômes vient toujours du fruit.

  • [Insolite] Une mystérieuse campagne présidentielle pour Cantona

    [Insolite] Une mystérieuse campagne présidentielle pour Cantona

    Représenté sur deux 33 tours en nuances de bleu affublé d’une couronne ou d’une plus républicaine écharpe tricolore, l’ex-joueur de foot auteur du célèbre kung-fu kick semble avoir des fans capables de l’imaginer à l’Élysée. « 2027 votez Cantona » exhorte un troisième disque.

    Mais le phénomène ne semble pas uniquement phocéen. Il y a une vingtaine de jours, nos confrères de l’Est républicain ont signalé l’apparition de trois vinyles identiques sur la façade de l’opéra de Nancy.