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  • La Poste d’Aniane, symbole de l’érosion du service public

    La Poste d’Aniane, symbole de l’érosion du service public

    Un service public a-t-il vocation à gagner de l’argent ou à rendre service à la population ? Depuis que le gouvernement de droite a tranché la question en 2010 en passant La Poste en société anonyme pour la préparer à l’ouverture du marché du courrier à la concurrence européenne, La Poste, toujours détenue à 100% par le public*, ne cesse de se désengager des zones jugées les moins rentables.

    La fermeture programmée au 1er septembre du bureau de poste d’Aniane (Hérault) est une illustration de cette dérive. Rien n’y a fait. Ni les protestations d’usagers que la direction jugeait trop peu nombreux pour maintenir ce bureau. Ni les pourparlers avec le maire Philippe Salasc qui, avec sa majorité municipale, a tenté des années durant de trouver un compromis. Par exemple un maintien de la poste avec des « amplitudes horaires réduites ».

    La Tabatière en relais

    « C’est une page qui se tourne », soupire l’édile qui s’est heurté à un mur dans un « contexte général de recul des services publics de proximité dans les territoires ruraux », a-t-il précisé aux habitants.

    Même reproche du côté de la jeune Association départementale du réseau des élus insoumis et citoyens de l’Hérault (Adreic 34) qui a fait de cette poste son premier combat de terrain. « C’est symptomatique. On commence par réduire les horaires pour prétendre que ça ne fonctionne pas et pouvoir justifier ensuite de fermer », résume Alexia Laforge (LFI). La présidente de l’Adreic 34 veut croire à un sursaut à la rentrée. « Il suffit parfois d’une grosse mobilisation populaire comme à Saint-Bauzille-de-Putois où la poste avait été sauvée en 2022… »

    Si rien ne devait bouger, la municipalité a réussi à obtenir que le commerce La Tabatière (boulevard Félix-Giraud) prenne le relais. Il devrait assurer la réception et l’envoi de colis, de lettres recommandées et peut-être bientôt un retrait d’espèces. Si les horaires du commerce sont élargis (6h-20h30, 7 jours/7) comparés à la poste, le service rendu n’aura plus rien à voir avec un bureau classique.

    * 34% l’État français et 66%
    la Caisse des dépôts
    et consignations.

  • Quand les animaux sauvages paient le prix du dérèglement climatique

    Quand les animaux sauvages paient le prix du dérèglement climatique

    Plus personnes ne peut ignorer les causes des canicules qui se multiplient et des sécheresses qui s’intensifient. Un dérèglement climatique qui touche de plein fouet aussi nos forêts avec des conséquences sur la faune qu’elles abritent. Pour mémoire depuis juillet, dans le seul département du Var, les incendies ont ravagé plus de 7 450 hectares. Mais malgré l’intensité de ces derniers, « ce sont bien les canicules successives qui expliquent la majorité des signalements de détresse animale », explique l’association. La hausse des appels sur sa ligne SOS Faune Sauvage a en effet commencé dès le mois de mai, donc bien avant que les flammes ravagent nos massifs.

    En tout cas, l’effet cumulé des chaleurs extrêmes et prolongées et du piège que peut constituer le feu pour ceux qui ne parviennent à fuir à temps a été dévastateur.

    Lorsqu’un incendie approche, la plupart des mammifères et des oiseaux adultes parviennent à fuir, explique-t-elle. En revanche leurs petits, restés dans les terriers ou les nids, n’ont pas cette chance : trop jeunes pour se déplacer seuls, ils sont incapables d’échapper au sort qui les attend.

    Perte de la biodiversité

    Lézards, serpents, tortues, insectes et petits mammifères comme les hérissons subissent le même sort.

    « Même en intervenant rapidement sur site ou à proximité, lorsque nous y sommes autorisés, les seuls survivants que nous trouvons sont généralement des mammifères pris au piège des clôtures dans leur fuite », explique l’association Totem. Comme ce chevreuil, rapatrié et pris en charge par Instinct Animal, qui n’a malheureusement pas survécu à ses blessures malgré les soins.

    Et de rappeler également que les incendies ont également des conséquences sur les oiseaux migrateurs dont notre département constitue pour eux un important couloir de passage où ils se posent parfois pour se reposer et se nourrir. Ce qui va être beaucoup plus difficile cette année. De manière plus générale, la perte d’habitat a un impact sur tous les animaux et il faut parfois des années pour qu’une espèce se rétablisse sur un secteur sinistré par les flammes. Le manque d’eau et de nourriture poussant les animaux à s’aventurer au-delà de leur habitat habituel où ils se retrouvent davantage menacés et victimes de collisions routières ou prédation par des animaux domestiques.

    Totem détaille également les bons gestes à adopter lorsqu’on trouve un animal en détresse. Comme le placer dans un endroit calme à température ambiante, ne lui donner ni nourriture ni eau et de contacter l’association*.

    *04.83.65.02.79.

  • L’Unapei lance sa campagne annuelle « J’ai pas école »

    L’Unapei lance sa campagne annuelle « J’ai pas école »

    Gecyna a 11 ans et vit à Montpellier. En cette rentrée scolaire 2026, alors que ses deux grandes sœurs prendront le chemin du lycée, elle ne pourra pas faire son entrée au collège. « Ma fille est porteuse d’un autisme sévère et non verbal, raconte sa mère Christelle Sendedemo, qui élève seule ses trois enfants. Depuis six ans, nous sommes sur liste d’attente pour obtenir une place en IME [instituts médicaux-éducatifs, Ndlr], mais toujours rien. J’ai dû arrêter de travailler pour pouvoir m’occuper d’elle à plein temps depuis maintenant deux ans. »

    La situation de Gecyna est loin d’être un cas isolé. En cette fin d’été, l’Union nationale des associations de parents de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei) a lancé sa campagne annuelle intitulée « J’ai pas école, mais tout peut changer », afin d’alerter sur les difficultés rencontrées par des milliers de familles pour permettre à leur enfant porteur de handicap mental d’accéder à une réponse éducative adaptée. L’étude, menée auprès de 38 associations qui suivent près de 5 000 enfants au sein de leurs établissements médico-sociaux ou en lien avec l’Éducation nationale, révèle que 76% des enfants accompagnés sont scolarisés moins de douze heures par semaine. Par ailleurs, seuls 24% d’entre eux bénéficient d’un temps de scolarisation supérieur à douze heures hebdomadaires et le délai d’attente moyen atteint désormais près de trois ans avant d’accéder à une solution d’accompagnement adaptée.

    Selon la section héraultaise de l’association, l’Occitanie est une région particulièrement touchée, avec pas moins de 2 500 enfants en attente d’une place dans une structure adaptée. Dans l’Hérault, ils sont 700 enfants à attendre une place en IME.

    « Ma première fille est elle aussi porteuse d’autisme, mais celui-ci prend une autre forme que celui de Gecyna, raconte Christelle. Elle est donc scolarisée en lycée professionnel. Ma seconde fille, elle, n’a que 16 ans et m’aide énormément avec Gecyna. Elle me seconde dans toute la gestion du quotidien alors que ce n’est qu’une adolescente. » Plus jeune, Gecyna a pu bénéficier d’une scolarisation en classe ULIS, qui s’est ensuite réduite progressivement. Aujourd’hui, sa mère explique que son handicap ne lui permet pas d’être scolarisée sans dispositif adapté : « Même l’école qui l’accueillait avant m’a dit que ce n’était pas qu’ils ne voulaient pas l’accueillir, mais qu’ils n’ont juste pas les moyens de répondre à ses besoins. »

    Une scolarité empêchée

    Christelle Sendedemo se dit à la fois « sidérée » et « révoltée » par cette situation. « Les enfants porteurs d’autisme peuvent apprendre si leur scolarité est correctement encadrée, déplore-t-elle. Mais ma fille en est privée. » La charge mentale induite par cette situation intenable provoque chez cette mère isolée des problèmes de santé, notamment de l’hypertension et des problèmes de sommeil. « Repousser un enfant autiste, c’est repousser aussi toute sa famille. »

    Pour que la situation de Gecyna et des autres enfants puisse changer, l’Unapei appelle les pouvoirs publics à agir au plus vite pour « construire des coopérations organisées pour des parcours sans rupture, de la petite enfance jusqu’à 25 ans ». De son côté, l’Unapei 34 porte depuis plusieurs années le combat de ces familles sans solution et a créé un service social pour les orienter et les conseiller. Ses membres participent aussi à des permanences de la plateforme Communauté 360*.

    En attente d’une réponse favorable d’un IME et après avoir contacté tous les établissements de son secteur, Christelle Sendedemo est toujours dans l’impasse. « L’enfant qui ne fréquente plus l’école est un enfant isolé. Nous souffrons en silence, on fait semblant de nous voir, mais on ne nous entend pas. »

    *Dispositif national d’appui accessible via le numéro vert unique 0.800.360.360.

    « Repousser un enfant autiste, c’est repousser toute toute sa famille »

  • [Expo] Un panorama du design textile au fil de 80 créations à Toulon

    [Expo] Un panorama du design textile au fil de 80 créations à Toulon

    Au-delà de la fonction décorative, « le textile s’impose aujourd’hui comme une véritable matière de création dans le design », indique en préambule les protagonistes de cette exposition estivale. À l’Hôtel des arts de Toulon, l’exposition « Suivez le fil ! Design & textile », visible jusqu’à la fin octobre, présente les œuvres d’une quarantaine de créateurs dont une grande majorité de créatrices. L’exposition met en lumière « les bouleversements esthétiques et techniques qui ont marqué le domaine depuis 1920. Elle se poursuit jusqu’aux innovations écologiques et techniques actuelles », situe l’Hôtel des arts.

    La manifestation est d’ailleurs d’envergure nationale car les œuvres exposées sont issues de différentes collections réputées, dans le cadre d’un partenariat entre grandes institutions telles que le centre Pompidou, les Manufactures nationales- Sèvres & Mobilier national, le Centre national des arts plastiques et le musée des Arts décoratifs, et bien sûr la Métropole Toulon Provence Méditerranée.

    Parcours de créativité

    Le parcours débute avec les figures pionnières du design textile, comme Sonia Delaunay et Élise Djo-Bourgeois, qui utilisent la matière au service du mobilier et de l’architecture. Dans les années 1960, l’apparition des fibres synthétiques ouvre de nouvelles possibilités. Celles-ci seront exploitées par Pierre Paulin et Olivier Mourgue avec des tissus souples et extensibles, qu’ils utiliseront pour produire des vêtements techniques et esthétiques.

    L’exposition présente également les innovations de Sheila Hicks, Simone Prouvé, Gaetano Pesce ou encore Marcel Wanders. Parmi leurs grandes œuvres se trouve la « Knotted Chair » de Marcel Wanders, créée en 1996, qui « utilise une technique de nouage pour en faire une véritable chaise fonctionnelle », décrit l’institution. Plus loin, une salle se dédie « à la maille métallique qui devient un matériau architectural et sculptural » avec les travaux de Dominique Perrault et Gaëlle Lauriot-Prévost, Vincent Poujardieu ou Muller Van Severen.

    Le parcours se termine avec les innovations contemporaines. Hella Jongerius mêle savoir-faire manuel et fabrication numérique. Ronan et Erwan Bouroullec explorent les propriétés acoustiques du textile. « Les recherches actuelles s’intéressent aussi aux fibres naturelles, recyclées ou régénérées, dans un but de durabilité et d’une utilisation plus responsable de la matière », conclut l’Hôtel des arts. Selon une approche très contemporaine de développement durable. Des ateliers pour toute la famille jalonnent cette exposition (lire ci-dessous).

    La visite est à prix libre, du mardi au dimanche de 11h à 18h,

    accessible PMR

    Le canevas des ateliers

    Dans le cadre de l’exposition « Suivez le fil ! » des ateliers sont proposés aux familles. Ceux-ci rencontrent un franc succès, voici cependant quelques-uns encore disponibles :

    samedi 12 septembre, 10h à 12h : « Petit tisserand en herbe » pour les enfants de 3 à 4 ans.

    Mercredi 16 septembre, 9h30 à 10h30 : « Regarde, touche, écoute » pour les enfants de 2 à 3 ans.

    Samedi 19 septembre, 10h à 12h : « Tissus nomades » à partir de 5 ans.

    Samedi 17 octobre, 10h à 12h : « Balade, couleurs et volume » à partir de 8 ans.

    Samedi 24 octobre, 10h à 12h : « Le fil et la forme » à partir de 5 ans.

    Les informations relatives aux inscriptions sont disponibles dans la rubrique « agenda » sur le site de l’Hôtel des arts de Toulon.

  • L’ancien maire de Sisteron, Daniel Spagnou, est mort

    L’ancien maire de Sisteron, Daniel Spagnou, est mort

    En plus de son mandat de maire, Daniel Spagnou a également été conseiller général et régional, ainsi que député UMP de la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence de 2002 à 2012.

    L’ancien maire avait déjà été hospitalisé et son état de santé était préoccupant pendant la campagne des municipales.

    “Ce matin, je perds un ami”, a réagi sur X le président (Ren.) de la Région Renaud Muselier. “Grand maire de Sisteron pendant 43 ans, nous perdons un serviteur de la République exceptionnel, qui a consacré sa vie aux Alpes-de-Haute-Provence.”

    Le nouveau maire de Sisteron, ancien premier adjoint de Daniel Spagnou, Jean-Pierre Templier, a également réagi : “Il m’est difficile, aujourd’hui, de parler de Daniel simplement comme de « l’ancien maire de Sisteron ». Pendant de très nombreuses années, il a fait partie de ma vie, de mon engagement et de mon histoire personnelle. J’ai travaillé à ses côtés, nous avons partagé tant de moments, tant de projets, tant de combats pour Sisteron. Nous avons connu les satisfactions des nombreuses réalisations accomplies, mais aussi les difficultés inhérentes à la gestion d’une commune et parfois les moments plus difficiles.”

    “Les Alpes-de-Haute-Provence perdent aujourd’hui l’une de leurs grandes figures”, a déclaré de son côté David Gehant, maire (DVD) de Forcalquier, sur son compte Facebook . “Pendant près de 50 ans d’engagement public, il aura tant apporté à notre département des Alpes-de-Haute-Provence et à sa ville de Sisteron, à laquelle il aura consacré une grande partie de sa vie. Daniel était un élu de terrain, proche des gens, profondément attaché à son territoire et à ses habitants. Une certaine conception de l’engagement public (…) dans laquelle je me reconnais pleinement”, a-t-il ajouté.

    « Daniel était un homme de Droite. Nos parcours politiques respectifs nous ont permis de nous rapprocher et de nous estimer. Nous partagions beaucoup de valeurs, ainsi que de nombreux projets, comme la mise en valeur des Petites Cités de Caractère de notre territoire. Il laisse un vide immense », a réagi pour sa part Jean-Marie Bernard, Président du Département des Hautes-Alpes.

    “Quelles que soient nos sensibilités politiques, un tel engagement au service d’un territoire force le respect”, a écrit la députée (PS) des Hautes-Alpes Marie-José Allemand. “Quelques mois seulement après avoir quitté ses fonctions, c’est une grande figure des Alpes du Sud qui disparaît.”

    “Je salue sa mémoire en tant qu’opposant politique depuis toujours. On peut ne pas être d’accord, mais il a tenu la ville et porté la droite en recherche d’un leader”, a réagi auprès de La Marseillaise lundi Philippe Antoine de la CGT, l’un de ses opposants historiques, membre de la liste DVG Demain Sisteron lors des municipales.

  • Fermetures nocturnes des tunnels à Marseille pour travaux

    Fermetures nocturnes des tunnels à Marseille pour travaux

    Ceux du Vieux-Port, de la Major et de Saint-Loup seront fermés du 31 août au 3 septembre de 22h30 à 5h30. Et la nuit du 3 au 4 septembre, aux mêmes horaires, ce seront les axes routiers de Saint-Charles et Saint-Loup qui ne seront pas ouverts à la circulation. Les travaux ont pour objectif de conserver les équipements dans un état de fonctionnement optimal. Les tunnels restant généralement ouverts toutes les nuits du week-end dans le but de ne pas entraver le trafic routier le samedi et le dimanche.

  • À Istres, la majorité veut revoir la cantine et renforcer l’inclusion

    À Istres, la majorité veut revoir la cantine et renforcer l’inclusion

    Élue depuis mars dernier, la majorité vit sa première rentrée scolaire. Avec la volonté de voir certaines choses changer, à commencer par la restauration collective. Dès octobre, après les premières vacances scolaires, la municipalité engagera une réflexion globale à ce sujet, allant de la préparation des repas à l’organisation du temps méridien.

    « L’effet pervers de la cantine à un euro fait qu’il y a beaucoup d’élèves qui y mangent », commence le maire (LR) Robin Prétot. À ce jour, 2 637 enfants y sont inscrits, mais la mairie estime qu’ils seront 3 800 à y déjeuner en réalité. La cuisine centrale produit 4 300 repas par jour, puisqu’elle fournit aussi le collège Alain-Savary, le seul du département à être sous statut municipal. « C’est heureux, mais les services n’étaient pas préparés pour. On a une cuisine centrale qui est sous-dimensionnée et donc la qualité s’en retrouve dégradée. On fait peu de cuisson, beaucoup de décongélation et de réchauffement… C’est dommage, les enfants et leurs parents s’en plaignent derrière. Il y a aussi la question du temps méridien, avec des problèmes de discipline puisqu’il y a beaucoup d’élèves. »

    Concrètement, des groupes de travail seront créés sur les différentes thématiques liées à la cantine, associant les agents concernés, les parents d’élèves mais aussi l’opposition. Les premières conclusions sont attendues pour la rentrée 2027 mais d’ici la, la municipalité « réfléchit en interne à des pistes d’amélioration », précise l’adjointe au maire déléguée à l’éducation Sophie Declercq.

    Continuité des dispositifs

    Robin Prétot affirme : « Toutes les options sont sur la table. Je ne saurais pas dire s’il faut qu’on arrête la restauration pour préférer une délégation de service public, qu’on agrandisse la cuisine centrale, qu’on revoit l’organisation parce qu’il y a des problématiques au niveau de la réservation des repas, qu’on peut annuler 48h avant ce qui engendre du gaspillage. La problématique est globale, il faut qu’on se pose et qu’on parle de tout, du tarif, des agents, de la qualité des repas, des commandes, du budget… »

    Autre gros chantier, qui était une promesse de campagne pour cette équipe qui place son mandat sous le signe de l’inclusion : l’amélioration de l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Cette rentrée, un Pass pôle d’appui à la scolarité a été ouvert au CEC des Heures Claires pour permettre aux familles d’obtenir des réponses plus rapidement face aux besoins de leurs enfants et de mieux coordonner leur accompagnement. Mais la majorité veut aussi renforcer les dispositifs qui relèvent de l’Éducation nationale.

    La conseillère municipale déléguée à l’inclusion et réussite éducative Céline Brull détaille : « Aujourd’hui, seules 3 des 27 écoles maternelles et élémentaires disposent d’une Ulis. Parmi nos collèges, seul Élie-Coutarel en bénéficie. Nous disposons aussi d’une unité d’enseignement maternelle autisme à Maurice-Gouin qui accueille jusqu’à 7 enfants de 3 à 6 ans, ce qui est très peu. Aucun dispositif équivalent n’existe ensuite à Istres en école élémentaire. Cette absence de continuité peut placer les enfants et leur famille face à une rupture de parcours. » Le maire a donc saisi le directeur académique pour demander de renforcer les Ulis et de créer un dispositif adapté aux enfants autistes dès la rentrée 2027. La Ville se dit prête à accompagner ces ouvertures en menant à disposition des locaux adaptés.

  • En Espagne, la ville de Ceuta en situation d’urgence absolue

    En Espagne, la ville de Ceuta en situation d’urgence absolue

    Entre le 30 et le 31 juillet, il y a juste un mois, 72 000 personnes passaient la frontière qui sépare le Maroc et la ville autonome espagnole de Ceuta. Ils l’ont fait à pied ou en nageant, s’aidant de bouées et embarcations de fortune. Cette incursion massive, qui semble avoir été largement favorisée par les autorités marocaines, sur ce territoire espagnol situé en Afrique du Nord s’est soldée par 145 morts, selon les informations données par le collectif Caminando Fronteras qui défend les droits des migrants. La majorité était de jeunes mineurs et des familles entières complètement démunies. Dans les jours qui ont suivi, environ soixante mille sont retournés au Maroc. Un mois plus tard, des milliers sont toujours présents et sans-abri, ne subsistant que grâce à l’aide humanitaire et la solidarité d’une partie des habitants.

    5 000 migrants encore présents

    C’est sur la plage de El Trampolin que se situe la plus grosse concentration de migrants. Les Ceutiens exaspérés par cette situation qui s’éternise, critiquent la lenteur du gouvernement. La situation dépasse Ceuta et a pris une dimension politique nationale avec des charges indécentes et des discours xénophobes et racistes à l’encontre des migrants de la part de la droite et l’extrême droite.

    Il y a quelques jours, c’est l’ancien chef du gouvernement José María Aznar, du Parti populaire, qui est venu à Ceuta jeter de l’huile sur le feu au moment où la tension entre habitants était de plus en plus forte. 9 000 policiers et militaires sont déployés pour le maintien de l’ordre. Environ 5 000 migrants sont encore présents. Jeudi, des heurts ont eu lieu près de la plage de El Trampolin, la police a fait usage de gaz lacrymogènes. Des heurts, mais aussi des actes à caractère fasciste, des membres de l’extrême droite prenant une part active et allant jusqu’à brûler les abris de fortune et les effets des migrants rappelant les pogroms nazis de sinistre mémoire. Une haine attisée par les dirigeants du Parti Populaire comme Alberti Feijoo. Des violences commises en marge d’une manifestation anti gouvernementale. Quelques minutes plus tôt, ce même groupe avait essayé d’empêcher les volontaires de la Croix Rouge de distribuer des vivres.

    Le ministre de l’Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska a d’ailleurs appelé « au calme et à la cessation de toute forme de violence, car (…) la violence n’est pas la solution pour résoudre un problème aussi complexe », a-t-il lancé vendredi.

    Jeudi, s’est réunie en présence de Sira Rego, ministre communiste chargée de la jeunesse et de l’enfance, une conférence sectorielle de l’enfance au cours de laquelle a été validée une enveloppe de 25 millions d’euros financée en commun par le gouvernement et les communautés autonomes à l’exception de celles dont l’exécutif est composé de membres du parti d’extrême droite VOX et qui ont refusé de participer (Estrémadure, Castilla Leon, Aragon, Murcia). Une enveloppe sollicitée par le ministère de la Jeunesse dès le 31 juillet, mais non validée à l’époque, le gouvernement ne disposant pas d’un décompte du nombre de mineurs présents à Ceuta. On estime aujourd’hui à 700 le nombre de jeunes filles mineures sur le territoire de Ceuta, 16 agressions sexuelles ont été dénombrées.

    Par ailleurs, ce mardi, le conseil des ministres se réunira pour approuver notamment un plan d’urgence en débloquant 165 millions d’euros, pour revitaliser l’économie locale et renforcer et améliorer les services publics, qui viendront s’ajouter aux 180 millions qui seront débloqués à moyen terme et promis par le vice-président du gouvernement Carlos Puerto lors de sa visite à Ceuta.

    Le gouvernement met les bouchées doubles, afin de régler en urgence les questions humanitaires, sociales, économiques et politiques. Ce conseil des ministres de demain sera largement consacré à la situation de Ceuta, ville et communauté autonome de 80 000 habitants.

    « La violence n’est pas une solution pour résoudre un problème aussi complexe »

  • [Passerelle interculturelle] Jeux mondiaux des robots humanoïdes en Chine

    [Passerelle interculturelle] Jeux mondiaux des robots humanoïdes en Chine

    La deuxième édition des Jeux mondiaux des robots humanoïdes s’est achevée mercredi 26 août à Beijing. Pendant cinq jours, plus d’une centaine de modèles, représentant au total plus de 2 000 robots, ont participé à des épreuves allant du sprint et du saut en longueur à des tâches inspirées de situations réelles.

    Les performances sportives ont particulièrement retenu l’attention. Lors de la finale du 100 mètres dans la catégorie des robots de grande taille, l’équipe Tianjiao s’est imposée en 8,64 secondes, établissant un nouveau record de la compétition. Dans l’épreuve de saut en longueur sans élan, qui réunissait 35 équipes, la meilleure performance a atteint 4,83 mètres.

    Une nouvelle discipline inspirée du touhu, un jeu traditionnel chinois consistant à lancer des flèches ou des tiges dans un récipient placé à distance, a également fait son apparition. Déclinée en deux catégories, robots à jambes et robots à roues, elle permet notamment d’évaluer la capacité des machines à identifier une cible, à contrôler leurs mouvements et à doser précisément leur force.

    Transformer la compétition en données

    Durant les cinq jours de Jeux, plusieurs milliers d’heures de fonctionnement et des dizaines de milliers de mouvements ont été enregistrés. À la clôture de l’événement, l’ensemble des données collectées a été mis gratuitement à la disposition des entreprises, des laboratoires de recherche et des universités. L’objectif est notamment de réduire le coût de la collecte de données sur des robots physiques, où les algorithmes doivent apprendre à interagir avec le monde réel. Les équipes de recherche pourront ainsi exploiter les réussites, mais aussi les erreurs, les pertes d’équilibre ou les échecs observés pendant les compétitions pour entraîner et améliorer leurs propres systèmes.

    La compétition fonctionne alors comme un accélérateur de recherche : les exigences imposées aux participants obligent les équipes à identifier rapidement les faiblesses de leurs machines et à améliorer leurs technologies. Cette évolution correspond à une question désormais centrale pour l’industrie chinoise des robots humanoïdes : comment passer du prototype spectaculaire à une machine suffisamment fiable et abordable pour travailler réellement dans une usine, un commerce ou, à terme, au domicile des particuliers ?

    La troisième édition des Jeux mondiaux des robots humanoïdes est déjà annoncée pour le 25 août 2027 à Beijing. Les organisateurs prévoient alors davantage d’épreuves consacrées aux situations réelles que de compétitions purement sportives. Un changement de priorité révélateur : à mesure que les robots apprennent à courir et à sauter, la véritable course se déplace désormais hors du stade, vers leur utilisation dans le monde réel.

  • Un grand couscous pour rassembler les habitants

    Un grand couscous pour rassembler les habitants

    Il n’est pas encore 19h ce samedi, mais la queue est déjà longue devant la place Bargemon à Marseille (2e). Tous attendent avec impatience de goûter le couscous concocté par les salariés de l’association d’insertion E.P.I.C.E.S.

    Organisé dans le cadre du festival Kouss Kouss et de l’Été marseillais, ce sont 5 000 assiettes qui ont été servies. Plus de 90 salariés, dont deux sur trois sont en réinsertion, ont tamisé, coupé, épicé et fait mijoté les légumes et la semoule pour cette soirée. « Ça fait trois jours que l’on travaille dans deux grandes cuisines pour pouvoir servir autant de plats », raconte Florian Rieu, co-président de l’association E.P.I.C.E.S.

    Couscous vert

    Herbes et aromates étant le thème de cette édition de Kouss Kouss, la recette a été un peu revisitée : semoule à l’aneth, fèves et artichauts pour accompagner les légumes traditionnels arrosés d’une sauce verte à la menthe et au persil. Une réussite pour Fethi, venu d’Aix-en-Provence pour y goûter, avec son épouse, sa nièce et ses enfants. « J’ai pas l’habitude des couscous végétariens, mais il est vraiment très bon », sourit-il.

    À la table d’à côté, Leila et Fatma dégustent elles aussi leur couscous en savourant la vue sur la Bonne Mère qu’offre la place Bargemon. Même si le « couscous vert » n’a pas convaincu le minot de Leila, la mère et la fille sont ravies d’être là. Venues de la Rose et Malpassé (13e), c’est par le biais du centre social qu’elles ont entendu parler de l’événement. « C’est super, ça nous permet de nous rassembler dans une ambiance festive, explique Leila, et ça fait sortir un peu. Et puis on va voir le maire », sourit-elle.

    Organisé en partenariat avec la Ville, la gratuité de l’événement est importante pour le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan : « ça permet à des personnes qui n’oseraient pas venir de partager ce moment. Et dans un monde où on commence à se haïr, on veut proposer à Marseille un contre modèle où la solidarité prime. »