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  • La Ligue des droits de l’Homme s’indigne des expulsions en hiver dans le Var

    La Ligue des droits de l’Homme s’indigne des expulsions en hiver dans le Var

    Le préfet du Var, Simon Babre, a indiqué, mardi 23 décembre, avoir signé deux arrêtés de mise en demeure visant des logements squattés à La Seyne-sur-Mer et à Toulon. Les occupants ont sept jours pour quitter les lieux. Passé ce délai, une évacuation par la force publique sera engagée.

    « Ces arrêtés sont pris dans le cadre de la procédure administrative simplifiée pour l’expulsion des squatteurs de la loi du 7 décembre 2020, renforcée par la loi antisquat du 27 juillet 2023, qui vise à protéger les logements contre l’occupation illicite », indiquent les services de l’état sur les réseaux sociaux.

    « Ces décisions interviennent en pleine trêve hivernale, période durant laquelle la République est censée garantir une protection minimale contre les expulsions, afin de préserver la dignité, la santé et parfois la survie des personnes les plus précaires », s’insurge Roland Biache, président de la section Toulon-La Seyne de la Ligue des droits de l’Homme. Il ajoute : « Si la loi dite “antisquat” permet aujourd’hui de contourner l’esprit même de cette trêve, cela n’en rend pas l’usage plus juste, ni plus humain, ni acceptable ». Car il s’agit d’une mise en application qui ignore délibérément un contexte particulièrement défavorable.

    Le droit à la dignité

    Le militant rappelle que, dans le département du Var, la situation du logement est alarmante du fait notamment du non-respect de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbains). Avec des productions encore loin du nécessaire pour répondre aux besoins. Les habitants sont confrontés à une pénurie chronique de logements sociaux, avec des délais d’attente de plusieurs années pour en obtenir un, lorsque c’est possible. S’y ajoute la cherté des loyers, l’une des conséquences de cette rareté. Sans compter la saturation des dispositifs d’hébergement d’urgence et l’augmentation constante du nombre de personnes sans domicile ou mal logées.

    C’est de « tous ces paramètres que le représentant de l’État devrait tenir compte » avant que ne tombe le couperet de la mise à la rue, estime le responsable associatif : « Dans ce contexte, expulser sans solution de relogement, sous la contrainte policière, revient à déplacer le problème dans la rue, en exposant des femmes, des hommes et parfois des enfants à des risques graves, particulièrement en période hivernale. »

    La section Toulon-La Seyne TPM de la Ligue des droits de l’Homme rappelle que le droit de propriété ne peut être opposé mécaniquement au droit fondamental à la dignité, à la protection et à l’hébergement, principes reconnus par la loi, ainsi que par les engagements internationaux de la France.

    Pour la LDH, « la préfecture du Var, en s’exprimant de la sorte sur les réseaux sociaux, adopte une politique de communication sécuritaire qui stigmatise les personnes en situation de grande précarité, sans pour autant s’attaquer aux causes structurelles ».

    Elle appelle à la suspension immédiate de ces expulsions et à la mise en place de solutions d’hébergement et de relogement dignes et pérennes. Elle incite également les maires du département à faire preuve de davantage de volontarisme afin de respecter la loi.

  • Une nouvelle ère s’ouvre pour l’Ordre des avocats à Aix-en-Provence

    Une nouvelle ère s’ouvre pour l’Ordre des avocats à Aix-en-Provence

    Cinquième femme à accéder à cette fonction à la tête du barreau d’Aix-en-Provence, à partir de janvier 2024, Monika Mahy Ma Somga restera la première à s’être fait appeler « Madame la bâtonnière ». Avocate spécialisée en droit des assurances, elle dit avoir exercé ces responsabilités « avec honneur » et « avec la confiance des confrères », dans la continuité des projets portés par ses prédécesseurs, tout en s’appuyant sur « la force du collectif ».

    « Proximité, transparence et indépendance »

    Le mandat de la bâtonnière aura été marqué par un contexte politique et social tendu. à l’été 2024, des avocats ont été publiquement menacés via une liste présentée comme « très partielle d’avocats à éliminer » par un site d’extrême droite. La bâtonnière avait alors appelé à un rassemblement sur les marches du palais de justice d’Aix-en-Provence. « Les avocats, comme les journalistes et les magistrats, sont parmi les premières professions visées. Nous sommes des sentinelles et des remparts de l’État de droit », rappelle-t-elle.

    Parmi les réalisations dont Monika Mahy Ma Somga se dit la plus fière figurent le travail mené par les commissions du barreau, la création de nouvelles instances notamment en droit de l’environnement, ainsi qu’une commission dédiée à la mémoire et à l’histoire du barreau. L’avocate explique qu’il est « important qu’on se replonge dans l’histoire pour mieux aller vers l’avenir ».

    Elle qualifie son expérience pour diriger le barreau d’« extrêmement enrichissante », avant de transmettre le bâton à Xavier Pietra, qu’elle sait « très investi et qui va vivre quelque chose d’unique ».

    C’est donc dans cette continuité que Xavier Pietra s’apprête à prendre ses fonctions dès le 1er janvier pour un mandat de deux ans. Avocat spécialisé en droit des affaires, il aborde cette prise de responsabilité avec « avec lucidité » et affirmant sa « profonde fierté pour notre barreau, conscient de son histoire, de sa diversité et de sa capacité à innover ».

    « S’adapter

    sans se renier »

    Dès les premiers mois de son mandat, le bâtonnier entend inscrire son action dans le concret. Il souhaite « être présent aux côtés des confrères » et répondre aux difficultés quotidiennes. Il souhaite également favoriser « un dialogue structuré avec les juridictions » et « améliorer les conditions d’exercice », notamment pour les jeunes avocats.

    Xavier Pietra précise sa feuille de route : « Il s’agit de poursuivre ce qui a été utile et constructif, tout en affirmant une ligne claire : proximité avec les confrères, transparence dans l’action et défense ferme de l’indépendance de la profession. La continuité n’exclut pas l’innovation lorsque celle-ci améliore concrètement notre exercice. »

    Pour lui, l’enjeu central reste « la capacité de la profession à s’adapter sans se renier. Cela implique de lutter contre la précarité, de préserver le secret professionnel, d’obtenir un véritable respect institutionnel et d’accompagner la transformation numérique de manière maîtrisée et au service des avocats ».

    Enfin, Xavier Pietra souhaite que son mandat soit reconnu pour son « utilité concrète », « son impact réel sur la vie des avocats », le « renforcement de l’unité du barreau » et l’accompagnement des nouvelles générations.

  • Municipales à Avignon : Place publique se rapproche de David Fournier

    Municipales à Avignon : Place publique se rapproche de David Fournier

    « Je vais voter pour vous ». En ce lundi matin, un homme pousse la porte du local de campagne de Benoît Belvalette, tête de liste Place publique pour les municipales. Le candidat le remercie sans oser lui dire qu’il ne sera pas le futur maire d’Avignon.

    Car si Benoît Belvalette a convié la presse entre deux réveillons, c’est pour annoncer « entrer en négociations avec le PS » en vue du scrutin des 15 et 22l mars. En l’occurrence, la future liste conduite par David Fournier, qui a déjà reçu l’appui des Écologistes, de l’Après, du parti animaliste ou de l’ex-insoumis Farid Faryssy. Contacté, David Fournier confirme être « en discussions avancées » avec Benoît Belvalette, ayant bon espoir de donner rendez-vous « la semaine prochaine » pour officialiser cette union. Les deux hommes, qui discutent régulièrement déjà depuis plusieurs mois, devaient se voir ce lundi après-midi et mardi.

    Voir Place publique se rapprocher du PS, « dans une dynamique d’union et pas un ralliement de façade », n’a rien de surprenant. Dès son entrée en campagne en septembre, Benoît Belvalette appelait à « une alliance du bloc de gauche ». À deux mois et demi du premier tour, la possible entente avec David Fournier a été précipitée par la parution dans La Provence, il y a dix jours, d’un sondage créditant Benoît Belvalette de 2% quand David Fournier est à 18%, très loin devant tous les autres concurrents à gauche. Concédant un « coup dur » à la découverte du sondage, car « depuis plus d’un an, on a acquis une légitimité en travaillant sur un programme détaillé dans une approche globale qu’on ne retrouve pas à gauche », Benoît Belvalette a réuni la semaine dernière son équipe, qui a acté ce choix. « Ce n’est pas de la tambouille d’arrière-cuisine, mais une main tendue formidable, justifie Thierry Brochot, délégué général de Place publique. Il y a aussi un principe de responsabilité à soutenir des mairies sortantes et maintenir un maximum de villes à gauche. »

    LFI en ligne rouge

    « Continuer à avancer seul mettrait en péril la possibilité de garder Avignon à gauche alors que le risque RN est très fort », embraye Benoît Belvalette, qui espère que cet accord, s’il aboutit, donne l’exemple à Joël Peyre (PRG), Paul-Roger Gontard (La Convention) ou le collectif Avenir citoyen de Zinèbe Haddaoui (dis. PS), Génération.s et du PCF. « On permet d’élargir le socle électoral à gauche et servir de trait d’union », projette Benoît Belvalette. Celui-ci a quelques garde-fous à poser dans les échanges avec David Fournier, comme des mesures « pour la jeunesse qui doit être au cœur du projet », une liste renouvelée aux deux tiers, 4 à 5 postes éligibles ou « pas d’accord avec LFI ». « La présence de Farid Faryssy nous a fortement questionné, mais en tant que parti responsable, on ne peut pas rester bloqué sur son cas », justifie Benoît Belvalette.

  • Cyclisme : dix-neuf équipes en lice au Grand Prix La Marseillaise

    Cyclisme : dix-neuf équipes en lice au Grand Prix La Marseillaise

    Qui succédera à Valentin Ferron (Cofidis) au
    palmarès du Grand
    Prix cycliste de Marseille-La Marseillaise ? À un peu plus d’un mois du départ, les équipes prétendantes à la victoire de cette 48e édition se sont déjà déclarées. Et comme chaque année, certaines des meilleures formations mondiales font le déplacement pour participer à l’une des plus belles compétitions du circuit européen, inscrite au calendrier UCI Europe Tour 2025 en catégorie 1.1. Cette classification attire donc tout naturellement de grosses écuries de l’UCI World Tour. Elles seront quatre cette année à se présenter sur la ligne de départ de la plus marseillaise des courses cyclistes : Alpecin Deceuninck (Belgique), Décathlon CMA-CGM, Groupama-FDJ et Lotto Dstny (Belgique). Toutes les quatre étaient déjà candidates au titre l’année passée, mais Lotto Dstny a entre-temps évolué, passant d’équipe Pro Team à World Team. Parmi les habitués, Décathlon, qui n’est désormais plus associé à AG2R La Mondiale, sera une nouvelle fois très attendue sur la ligne d’arrivée. Le prodige tricolore Paul Seixas et le grimpeur Nicolas Prodhomme avaient réussi à se hisser dans le top 10 de la dernière édition, au terme d’un finish au sprint mémorable sur le faux plat en direction du campus de Luminy.

    Les ProTeams font de l’œil

    Si Groupama-FDJ avait retenu le Marseillais Maxime Décomble pour cette course l’année passée, Sébastien Joly, directeur sportif de Décathlon CMA-CGM, pourrait aligner un autre ancien pensionnaire du VC la Pomme : Matisse Bonnet, qui a récemment intégré l’équipe U19. Toujours utile d’avoir un local de l’étape dans ses rangs. Comme le Grand Prix cycliste de Marseille-La Marseillaise représente la première étape de la Coupe de France, les formations Pro Teams alignent toujours de grands noms. Neuf d’entre elles seront au départ du stade Vélodrome : Toscana Factory Team-Vini Fantini (Italie), MBH Bank CSB Telecom Fort (Italie), Caja Rural Seguros RJA (Espagne), Unibet Tietmat Rockets, Total Energies, Euskatel Euskadi (Espagne), Equipo Kern Pharma (Espagne), Burgos Burpellet PH (Espagne) et Cofidis, le tenant en titre. Toutes ces équipes, sauf les Italiens de MBH Bank CSB Telecom Fort, ont déjà participé à cette course et se retrouvent très souvent proches du podium, à l’instar de Kern Pharma, qui comme Décathlon, comptait l’année dernière deux de ses représentants dans le Top 10. D’ailleurs, Pau Miquel est le seul à avoir intégré le top 10 des deux dernières éditions.

    Six Conti visent l’exploit

    Et pour compléter ce peloton de haute volée, six équipes Conti tenteront de rééditer l’exploit réalisé par l’ancien Pommier Justin Jules, seul coureur à avoir remporté le Grand prix d’ouverture La Marseillaise en étant issu d’un club de troisième division. Quatre d’entre elles sont françaises et ont l’habitude d’être présentes au rendez-vous phocéen : CIC U Nantes, Nice Métropole Côte d’Azur, Saint-Michel-Préférence Home-Auber 93 et Van-Rysel Roubaix Lille Métropole. Deux nouvelles formations étrangères vont faire leurs premiers pas dans les hauteurs provençales : l’écurie italienne de Polti Visit Malta et le collectif suisse Elite Fondations Cycling Team, qui disputera en 2026 sa première saison en Continentale sous la houlette de Frédéric Rostaing, ancien directeur sportif du VC la Pomme. Sur ces deux dernières années, au moins un coureur d’une équipe Conti a toujours réussi à entrer dans le Top 10. Avant cela, ce n’était plus arrivé depuis le double champion paralympique Kévin Le Cunff (9e en 2019).

  • La bastide de la Duranne poursuit sa transformation

    La bastide de la Duranne poursuit sa transformation

    Le quartier de la Duranne continue son expansion et avec elle, les services et infrastructures. Au centre de ce quartier du sud-ouest de la capitale de Provence, la bastide de la Duranne, aux allures de maison bourgeoise du XVIIe siècle érigée le long de l’allée Étienne-Lambert, poursuit les dernières étapes de sa rénovation, métamorphosée pour devenir un bâtiment de service public.

    « Les travaux du rez-de-chaussée sont quasiment terminés, nous attendons le feu vert de la Ville pour savoir quand ouvrir », précise Rémi Capeau, élu (LR) du quartier. La prochaine phase de rénovations concernera donc les premiers (R+1) et deuxième (R+2) étages de cette bâtisse. Le rez-de-chaussée hébergera la mairie annexe du quartier, les étages supérieurs devraient accueillir des locaux associatifs. « Pendant toute la durée des travaux, la mairie au rez-de-chaussée sera en exploitation », indique un marché de travaux dans lequel sont définis les contours des rénovations attendues.

    Huit mois de travaux

    L’appel d’offres pour la suite du chantier est d’ailleurs ouvert jusqu’au 6 janvier. Avant toute transformation intérieure, le chantier débutera par une série d’opérations plus ou moins lourdes. Le règlement de la consultation prévoit notamment des travaux de « désamiantage, déplombage, démolition, curage », indique le marché public. La structure même de la bastide devrait faire, elle aussi, l’objet d’une attention particulière, avec des opérations de « reprise de structure » visant à renforcer les éléments fragilisés par le temps. L’enveloppe du bâtiment est elle aussi concernée. Charpente, couverture, façades, menuiseries extérieures, serrurerie… sont intégrées au programme de travaux. L’objectif est double : améliorer les performances du bâtiment, notamment en matière d’étanchéité et de sécurité avec, comme contrainte, le respect de l’aspect architectural de la bâtisse. Quant aux rénovations intérieures, soit les cloisons, faux plafonds, les menuiseries intérieures, revêtements de sols et de murs, peinture et nettoyage final, elles figurent parmi les prestations prévues. Tout comme les réseaux techniques, qui sont également entièrement repris. Le marché prévoit, dans un dernier temps, des travaux de chauffage, ventilation, climatisation, plomberie sanitaire ainsi que d’électricité. Finalement, les délais d’exécution de l’ensemble, tous lots confondus, sont de huit mois, période de préparation incluse.

  • Top 14 : Le RCT signe une dernière victoire poussive en 2025 face à l’USAP

    Top 14 : Le RCT signe une dernière victoire poussive en 2025 face à l’USAP

    Dire que les hommes de Pierre Mignoni étaient attendus au tournant après une énième contre-performance à l’extérieur relevait de la lapalissade. Et même si l’USAP, qui sortait de deux victoires lors de ses trois derniers matches (dont la première de la saison en Top 14 contre Clermont la semaine dernière), et montre un autre visage depuis quelques semaines, avait le profil du trouble-fête par excellence, le public de Mayol n’attendait rien d’autre qu’une victoire pour ce dernier match de l’année 2025.

    Le RCT tente d’emblée d’asphyxier l’USAP, mais les Catalans, dans la lignée de leur prestation de samedi dernier face à l’ASM, mettent beaucoup d’énergie pour résister aux coups de butoir des coéquipiers de Charles Ollivon. Il faut attendre 15 minutes pour voir ces derniers récompensés, sur une passe au pied de Garbisi, sauvée in extremis par le revenant Domon, qui sert Ludlam d’une astucieuse chistera pour le premier essai du soir (7-0, 15e).

    Mais en cette période de Noël, fidèles à leur mauvaises habitude, les Rouge et Noir font des cadeaux. Sur une mêlée en leur faveur, la passe de Sinzelle en direction de Garbisi est à contre temps. Une aubaine pour l’USAP, qui ne se fait pas prier pour contrer et égaliser grâce à Granell (7-7, 19e). Puis pour prendre les devants, Reus sanctionnant l’indiscipline de Toulonnais visiblement dans le doute sur pénalité (7-10, 28e). Une illustration parfaite de la récurrente perte de momentum de ses joueurs dénoncée par Pierre Mignoni depuis de longues semaines. Et la conclusion d’un triste premier acte, à la fin duquel ses nombreuses imprécisions, en dépit d’une nette domination, n’ont pas permis au RCT de rentrer aux vestiaires avec l’avantage, mais bien sous la bronca de Mayol.

    Les entrants font la différence

    La pause fait du bien aux Varois, en supériorité suite au carton jaune de Beria avant la mi-temps, qui poursuivent et concluent leur domination grâce à Alainu’uese, fraîchement rentré, sur un maul porté consécutif à une touche (14-10, 46e). Un coaching gagnant qui en appelle un autre. Entré à la place de Domon (suspicion de commotion), Villière signe ses premières minutes de la saison d’un essai qui permet au RCT de respirer (21-10, 49e).

    Mais l’affaire est loin d’être rendue. En dilettante, toujours aussi imprécis dans ses enchaînements, le RCT se met à la faute (62e, 67e), offrant à Reus l’opportunité de ramener les siens à 5 points (21-16). Heureusement, il va s’offrir une fin de match digne de son rang. Alainu’uese signe d’abord le doublé sur un nouveau maul porté (26-16, 76e) pour l’essai du bonus, avant que Tomas Albornoz, malheureux sur ses deux transformations, ne signe son arrivée d’une superbe diagonale à destination de Dréan, auteur de son huitième essai de la saison (31-16, 78e). Sans briller, le RCT signe un sixième succès bonifié en sept matches à Mayol et retrouve le podium, avec son meilleur total de points depuis 10 ans. De quoi faire oublier la manière et conclure 2025 sur une bonne note.

    RCT 31 (7) – USAP 16 (10)

    13e journée de Top 14. Stade Mayol, 16 776 spectateurs.

    Arbitre : Jonathan Dufort

    Points : 5E Ludlam (15e), Alainu’uese (45e), Villière (49e), Alainu’uese (76e), Dréan (78e) ; 3T Domon (15e, 46e), Garbisi (49e) pour le RCT ; 1E Granell (19e) ; 1T Reus (19e) ; 3P Reus (28e, 62e, 67e) pour l’USAP

    Carton jaune : Beria (40e) pour l’USAP

  • Alice Rufo : « Le bellicisme est du côté de nos adversaires »

    Alice Rufo : « Le bellicisme est du côté de nos adversaires »

    La Marseillaise : Quel est le but de votre visite à Marseille ?

    Alice Rufo : Je suis venue voir le bataillon des marins-pompiers. En cette période de fêtes de fin d’année, il est de tradition de se tenir aux côtés des forces à l’étranger comme sur le territoire national. J’étais aux Émirats arabes unis avec le président de la République, je suis à Marseille aujourd’hui, j’irai les 30 et 31 décembre en Roumanie auprès des militaires français déployés sur le camp de Cincu et serai avec les militaires dans le cadre de l’opération Sentinelle le 2 janvier à Paris. C’est important de le faire parce que la permanence de l’activité de nos forces est absolument remarquable. Si on peut tous passer les fêtes de Noël tranquillement, c’est parce que le bataillon est sur le pont. Il faut être là pour leur apporter la reconnaissance qui leur est due. Être au contact du terrain c’est le seul moyen pour apprendre et comprendre la réalité du quotidien. Le bataillon des marins pompiers développe également des capacités dans le domaine maritime qui sont quasiment uniques en Europe.

    L’actualité a été marquée par la concomitance entre l’annonce d’un service militaire volontaire et les propos du chef d’état major demandant à la France d’« accepter de perdre ses enfants » qui ont suscité de l’émoi dans la population. Comprenez-vous l’inquiétude qui s’exprime ?

    A.R. : D’abord, le service militaire volontaire existe déjà en France. C’est un dispositif qui a d’ailleurs une antenne à Marseille et il a pour vocation de faire de l’insertion sociale de jeunes en grandes difficultés, en plein décrochage, avec un encadrement militaire. C’est un dispositif qui a de très bons résultats puisqu’il affiche un taux de 86% d’insertion des 1 600 jeunes à l’issue de leur service militaire volontaire. Mais ce qui a été annoncé par le président de la République est très différent : c’est le service national sur une base volontaire. Notre armée qui est professionnelle est la plus efficace d’Europe, on veille à la rééquiper face à la somme des menaces auxquelles nous sommes confrontés. C’est utile pour nos armées de densifier les effectifs et donc, l’ouverture sur une base volontaire de ce service national, vise à permettre à nos jeunes qui le souhaitent de s’engager pour 10 mois dans un dispositif sélectif et très qualifiant. L’idée étant de répondre aux besoins de nos armées sur le territoire national. De nombreux pays, notamment d’Europe du Nord comme la Norvège, la Suède, le font déjà. Dès l’année prochaine, 3 000 jeunes seront sélectionnés. À l’issue des 10 mois, ils pourront soit choisir l’engagement militaire, soit s’inscrire dans la réserve soit faire complètement autre chose mais ils auront dans leur parcours cet élément de cursus militaire très important dans un environnement où la conflictualité est de plus en plus hybride. Par exemple, si vous êtes ingénieur dans les domaines technologiques, cyber… vous aurez en tête cet élément de défense civile et ce grâce au service national volontaire. Sur les inquiétudes auxquelles vous faites référence, attention : il s’agit d’un engagement sur le territoire national donc non l’idée n’est pas d’envoyer les jeunes du service national en Ukraine ou sur d’autres théâtres d’opérations extérieures. Il y a eu un peu de confusion…

    … Néanmoins comprenez-vous cet émoi, ces propos ont touché les familles.

    A.R. : Oui cela fait partie de mon travail d’expliquer, tout comme cela fait aussi partie de mon travail de rétablir les faits et de défendre l’institution militaire et en particulier son chef d’état-major des Armées. J’insiste et je continuerai d’insister sur le sujet : quand vous êtes le chef d’état-major, vos soldats sont jeunes et cette hypothèse du danger fait partie de la condition militaire. Peut-être qu’on ne l’a pas bien compris mais c’est normal qu’un chef militaire dise cela, ça fait partie de leur activité. Regardez les marins-pompiers, ils s’engagent, ils sont jeunes et vont littéralement au feu. Ils prennent un risque pour nous tous. Maintenant je veux être très claire : il n’y a pas de rapprochement à faire entre cette déclaration et le service national volontaire.

    N’assiste-t-on pas, tout de même, à un glissement de doctrine, entre l’idée de Défense nationale et une orientation beaucoup plus belliciste ?

    A.R. : La Défense nationale est un concept qui dépasse largement depuis le départ les seules Armées. La défense du pays, c’est défendre notre souveraineté, notre liberté, notre état de droit, ce que nous sommes. C’est la responsabilité de chacun. C’est quelque chose qu’on doit rappeler dans la période contemporaine. S’agissant du bellicisme, il n’est pas de notre fait, il est du fait de nos adversaires, de ceux qui agressent. Il y a des puissances importantes comme la Russie, membre permanent du conseil de Sécurité de l’ONU, qui ont décidé de faire la guerre en Europe. Ça c’est belliciste ! La menace ne vient pas que de l’Est. On est ici au bord de la Méditerranée, regardez tout ce qui s’est passé avec le regain de conflictualité au Moyen-Orient. La prolifération nucléaire en Iran. La menace terroriste qui n’est pas du tout derrière nous. La violence, le bellicisme, sont malheureusement des éléments du contexte international, avec de moins en moins de capacité de régulation diplomatique. Cette violence ne vient pas de nous. Il faut trouver le bon équilibre, c’est ce que je m’emploie à faire : ne pas inquiéter inutilement, ne pas instrumentaliser tout en disant, en devant la vérité à nos concitoyens. C’est la responsabilité de la ministre déléguée aux Armées que je suis. C’est la responsabilité des chefs militaires, celle du président de la République qui a fait paraître la Revue nationale stratégique en juillet dernier. Oui la menace augmente, oui la conflictualité se déploie. La question ce n’est pas de faire peur ou d’avoir peur, notre responsabilité c’est de préparer le pays et de faire en sorte que l’on soit suffisamment fort pour qu’il n’y ait pas de conflictualité qui arrive chez nous et que l’on ait cette paix dans laquelle on vit depuis la Seconde guerre mondiale.

    Sur le dossier ukrainien, l’administration Trump propose un plan de paix, le Pape invite à l’occasion de Noël à trouver un chemin de dialogue. Quid de la France ? Vous qui êtes à la fois ministre déléguée aux Armées et diplomate de profession, pouvez-vous nous dire si elle pèse pour sortir de ce conflit pour la voie de la négociation ?

    A.R. : Oui, il faut sortir de tous les conflits pour la voie du dialogue. Quand vous avez une armée forte et que vous soutenez militairement l’Ukraine, c’est au service d’une solution par le dialogue. C’est très important de comprendre ça. Pour nous, il s’agit de mettre l’Ukraine dans une position de négociation qui ne conduise pas à la reddition, à la capitulation. Le soutien militaire de la France et des Européens à l’Ukraine a vocation à lui permettre de se défendre contre une agression. Les Russes pilonnent les infrastructures civiles, énergétiques dans une période difficile où il fait très froid. Pourquoi on donne des armes à l’Ukraine, y compris de longue portée, c’est pour se défendre et pour être dans une position de force dans les négociations. La France est une puissance de paix.

    Un député européen du camp présidentiel, Bernard Guetta, parlait récemment de la forte probabilité d’aboutir à deux Ukraines. Est-ce un scenario que vous envisagez ?

    A.R. : Je n’envisage aucun scenario qui passe à côté de la souveraineté de l’Ukraine. C’est à l’Ukraine de décider de son destin. Au fond, les acteurs du conflit ont des positions qui sont assez claires. La Russie a annoncé dès le départ ses buts de guerre : l’annexion ou en tout cas la partition d’une partie de l’Ukraine par la voie militaire, par l’agression armée. Cela revient à empêcher l’Ukraine d’être un pays souverain et libre. C’est aussi, au-delà chercher à affaiblir l’Union européenne et diviser l’Alliance atlantique. Du côté de l’Ukraine, il y a la volonté de défendre sa souveraineté, donc sa liberté, sa capacité à choisir son système politique, à maîtriser son destin… Les négociations qui ont été impulsées par les États-Unis d’Amérique en lien avec les Européens. Qu’avons-nous dit à cette occasion ? On a dit que la question territoriale dépend des Ukrainiens parce que c’est sa souveraineté, son territoire. On respectera les choix de l’Ukraine mais en revanche si jamais il devait y avoir une discussion sur ce sujet, il faudra tout de suite l’accompagner de ce qu’on appelle les garanties de sécurité. Pourquoi ? Parce que si cela repose juste sur l’engagement de la Russie de s’arrêter là, ça ne tiendra pas, la paix ne sera pas robuste et l’Ukraine ne sera pas respectée. Il faut des garanties solides en cas d’accords de paix ou de cessez-le-feu. Concrètement ça veut dire donner à l’Ukraine les moyens d’avoir une armée très forte pour être dissuasive vis-à-vis de la Russie, avec des éléments de réassurance à l’arrière, pas sur le front, dans les airs, sur terre et en mer.

    Le chef de l’État a annoncé un nouveau porte-avions, quelles conséquences pour le Port de Toulon ?

    A.R. : La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur est la première région militaire de France avec 48 000 personnes du ministère des Armées et 220 000 anciens combattants. La Base industrielle et technologique de défense est très forte ici. Avec des grands groupes comme Airbus Hélicoptères mais aussi de nombreuses PME et sous-traitants. Il y a ici des pépites dans le tissu industriel. Je veux saluer l’opération d’intérêt régional menée par le gouverneur militaire de Marseille et le président de Région. Être plus souverain, ça veut dire avoir une industrie plus forte sur nos territoires après des années de sous-investissement. Cela va changer, en espérant avoir rapidement un budget. Notre première base navale est à Toulon, j’y étais il y a quelques semaines, justement pour préparer les infrastructures d’accueil du futur porte-avions. Cela demande beaucoup d’investissements, pour disposer d’infrastructures elles aussi de nouvelle génération, lorsqu’il sera à l’eau en 2038.

    Avez-vous quelques idées de noms pour le baptiser ?

    A.R. : Non, non… et vous ?

    Une figure de la Résistance… forcément ! Cela nous amène au devoir de mémoire qui fait aussi partie de vos attributions. Dans une France où les repères sont de plus en plus brouillés y compris dans le champ politique, comment assurer sa transmission ?

    A.R. : Nous allons organiser une journée de commémoration à l’attention des jeunes. Je me suis rendue au Mont Faron à Toulon, au camp du Struthof en Alsace, il faut amener les jeunes dans ces lieux de mémoire. Mais cela ne relève pas que de l’institution. Vous y participez aussi, ce n’est pas du tout un hasard pour moi d’être ici. La Marseillaise, au-delà du fait que c’est un journal, c’est un symbole de la Résistance. Je veux en profiter, puisque je suis dans vos locaux pour saluer ce symbole que vous représentez. La place de La Marseillaise qui est juste en face de nous, les plaques qui sont là pour témoigner de ceux qui sont tombés, qu’est-ce que cela dit ? Que des femmes et des hommes, il n’y a pas si longtemps, se sont battus pour que l’information soit libre, que la presse soit libre. La guerre informationnelle ne date pas d’aujourd’hui. On voit que la conflictualité s’accompagne de désinformation. Le révisionnisme historique qu’on a vu se développer est un des prémices de la guerre. Le rapport à la vérité, la défense de la liberté de la presse sont absolument essentiels. Il faut le dire à nos jeunes, en faire venir encore plus ici à La Marseillaise comme vous le faites déjà. L’histoire de Mala Kriegel, FTP-MOI, abattue par les nazis tandis qu’elle distribuait votre journal, les touchera au cœur. J’ai vu avec intérêt qu’un collège avait pris le nom de Jean de Bernardy, l’un de vos fondateurs. Tout cela est précieux. Cela fait partie des anticorps démocratiques qu’il faut absolument entretenir.

    Vous avez des attaches personnelles avec notre territoire. Comment résonnent-elles avec vos responsabilités ?

    A.R. : Oui, je suis née à Toulon. J’ai fait mon collège, mon lycée et ma prépa à Marseille. J’ai grandi dans le 12e arrondissement, à Saint-Barnabé où j’ai côtoyé une importante communauté arménienne. J’ai été imprégnée de la mémoire du génocide des Arméniens du sauvetage du Musa Dagh, où la marine française, sans réel ordre de Paris a sauvé des milliers d’Arméniens acculés à la mer par les Ottomans. C’est ici que la panthéonisation du groupe de l’Affiche rouge a particulièrement été défendue. On ne peut pas grandir ici sans être marquée par l’occupation, le débarquement de Provence, l’insurrection de Marseille, la guerre d’Algérie, les vagues successives d’immigration, le jumelage avec Odessa et Erevan…

  • La préfecture donne son feu vert au tramway mais alerte sur l’accessibilité

    La préfecture donne son feu vert au tramway mais alerte sur l’accessibilité

    Il n’y a plus qu’à couper le ruban. Le vendredi 19 décembre dernier, le préfet de région Jacques Witkowski a signé les autorisations de la mise en service commerciale des extensions du tramway T3 au nord et au sud, avec l’approbation de leur dossier de sécurité. De quoi concrétiser les 350 millions d’euros d’investissements, cofinancés par l’État dans le cadre du plan Marseille en grand, pour prolonger la ligne jusqu’à Capitaine-Gèze au nord et la Gaye au sud. Après les inaugurations prévues les 6 et 10 janvier prochain, les Marseillais pourront enfin profiter de ces 6,2 km de rails supplémentaires.

    Mais ces autorisations s’accompagnent de quelque dix-sept prescriptions imposées par les services de l’État, auxquelles s’en ajoutent dix supplémentaires pour le dossier de sécurité de la phase deux de l’extension du tramway vers le nord, jusqu’à la Castellane. Ainsi, les services de l’État ordonnent-ils de retirer avant la mise en service un panneau directionnel au croisement de la rue d’Anthoine et le boulevard Salengro (2e) « situé au milieu de la piste cyclable ». Des aménagements supplémentaires doivent aussi être réalisés, d’ici un mois, au niveau du carrefour du parc Bougainville, « afin d’interdire aux cycles d’emprunter le site banal en contresens », alors que les conflits d’usages des voies entre cyclistes et tramway font partie des points noirs de la marche à blanc. « Les stations de l’extension devront respecter la réglementation d’accessibilité », réclame aussi la préfecture. Deux points qui inquiètent pour la phase 2 de l’extension du tramway : l’État demande plus de vigilance « à la continuité et la lisibilité des aménagements cyclables », plus particulièrement sur le boulevard de la Méditerranée (15e) et rappelle à la Métropole qu’elle ne peut pas demander à déroger aux règles d’accessibilité pour la future station La Castellane. Et de pointer des quais « parfois en dessous des largeurs préconisées ».

    La Métropole rassure

    « L’accessibilité est au cœur du projet », nous répond la Métropole, qui indique que « toutes les nouvelles stations sont pensées pour être faciles d’accès », avec chemins piétons continus et rampes lorsque le terrain le nécessite. Quant aux aménagements cyclables, « ils sont travaillés avec les services techniques et les associations de cyclistes, afin de garantir des déplacements sûrs et confortables, même dans des rues étroites », promet l’intercommunalité.

  • Charles Berling : « La scène nationale doit rester un service public »

    Charles Berling : « La scène nationale doit rester un service public »

    La Marseillaise : Après 15 années passées à Châteauvallon, vous avez décidé de prendre votre retraite. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?

    Charles Berling : Je pense que 15 ans c’est bien. Cela fait très plaisir d’avoir construit quelque chose, mais il est temps de passer la main. C’était en même temps une grande joie et une charge, avec plein de devoirs. Je n’étais pas directeur avant, je ne le serai pas après. Je veux continuer ma carrière artistique, ce qui était le deal au départ, même s’il a parfois fallu faire des choix. Je retourne à ma liberté, car quand on dirige une scène nationale, on a une responsabilité publique et sociale très forte. Quand on est artiste aussi, mais ce n’est pas la même chose. Je ne suis pas pour la direction à vie. Je crois qu’en démocratie, il faut que le pouvoir tourne.

    Quel bilan tirez-vous de votre gouvernance ?

    C.B. : On a commencé en 2010, on a créé le théâtre Liberté. On est devenu scène nationale en 2015, sous la direction de Christian Tamet. Je suis très heureux et fier, d’avoir noué une relation de confiance avec un large public. D’avoir participé à une sorte d’émancipation de la métropole toulonnaise, qui l’a vue sortir de son enclave entre Marseille et Nice depuis les années 2000. Et je suis très heureux d’avoir bâti, avec la soixantaine de personnes qui composent l’équipe, une hiérarchie plus horizontale qu’habituellement. Cette équipe est autonome, responsable, passionnée. Je suis également très heureux d’avoir été vers tous les publics, dans les quartiers, d’avoir rempli ce qu’est la signature d’un service public. On a aussi lancé le festival LGBT+ « In&Out », qui a ramené la gay pride à Toulon. J’ai connu Toulon il y a longtemps. C’était un désert culturel, on allait à Marseille, Avignon… Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

    Si vous ne deviez conserver qu’un souvenir, lequel serait-ce ?

    C.B. : Ce serait dommage de n’en garder qu’un, mais je dirais l’inauguration du théâtre Liberté, avec Fanny Ardant, le ministère de la Culture, Falco… Fanny m’avait dit : « La première chose que tous ces officiels vont faire, c’est regarder du théâtre et écouter Marguerite Duras. » Ça me restera, c’était une très belle inauguration, un très beau souvenir. Mais on en a tellement, un magnifique festival d’été, les 60 ans de Châteauvallon, avec le film réalisé par des enfants. Pour moi, la jeunesse d’aujourd’hui doit imaginer les 60 ans à venir de Châteauvallon-Liberté. Ça m’a bouleversé, et je crois que c’est ce qu’il faut que nous fassions plus dans la société : croire en les enfants.

    Comment voyez-vous en l’avenir pour Châteauvallon ?

    C.B. : Dans des lieux où on fait du spectacle vivant, on peut faire du business. Mais la première chose, c’est qu’il faut qu’une scène nationale reste un service public, vecteur de lien social. Elle ne doit pas rentrer dans la violence du mercantilisme et du business. Avoir fait de la culture un service public, c’est l’exception culturelle française. À l’heure des réseaux sociaux, il est fondamental que nos lieux fassent la différence, car ce n’est pas du virtuel. Je veux que Châteauvallon-Liberté continue de se développer dans cette relation magnifique entre ville et campagne, mais au sein d’un service public. Il ne faut pas vendre son âme, il ne faut pas vendre Châteauvallon. Et aussi la Cité des sciences et de la Nature. On a besoin de marier les arts, les sciences et le soin de la nature. Châteauvallon doit rester au cœur de cette ambition, et que des jeunes s’en emparent pour continuer de défendre ce supplément d’âme, non pas comme un business mais comme un bien commun.

    L’avenir de la culture est menacé, avec des financements en chute libre et un mouvement réactionnaire qui vise à le défaire. Êtes-vous inquiet ?

    C.B. : Oui, car quelque chose de très irrationnel se produit. Des gens votent pour des politiques qui les arnaquent totalement. C’est un rapport au totalitarisme qui est délirant pour moi. Je ne comprends pas comment les Américains pauvres peuvent faire confiance à Trump, alors qu’ils sont en train de se faire voler comme le dit Robert de Niro. C’est pareil en France avec le RN, qui prétend s’appuyer sur le populaire, le social, mais qui est soutenu par des Bolloré, des Stérin, qui manipulent avec de l’information abominable. C’est comme un torrent de boue qui nous arrive dans la gueule (sic) et on a nos petits canoës pour essayer de remonter le courant. Mais en même temps, quand on mène des événements participatifs, et qu’on voit cette population française très diversifiée qui a la volonté de raconter la nation ensemble, ça donne du baume au cœur. Certaines chaînes TV font de la désinformation à dessein, ou en tout cas appuient sur les mêmes boutons à des fins électorales. La population est beaucoup plus unifiée et forte qu’on le dit. Mais il y a à nouveau un affrontement direct entre des forces réactionnaires, fascistes, et des forces progressistes. Il faut se battre de façon positive en essayant de bâtir ensemble.

    Quels sont vos projets pour les années à venir ?

    C.B. : Je suis Varois, Toulonnais, je vais continuer à l’être. Je vais continuer de traîner par là dans les deux ans qui viennent, y compris au théâtre, puisqu’on a produit des spectacles qui tournent beaucoup. Après, je vais pouvoir tourner un peu plus au cinéma et à la télé mais je vais travailler et rester dans la région tant que je le pourrai. Ce n’est pas une rupture, même si je laisse la place à d’autres pour la direction, en espérant que ce sera quelqu’un qui continuera à respecter le passé de l’institution, pas un Bolloré (rires).

  • À Marseille, le repas de Noël solidaire des Petits frères des pauvres

    À Marseille, le repas de Noël solidaire des Petits frères des pauvres

    « Rompre l’isolement, c’est notre plus grande mission. » En ce jour de Noël, Laetitia Lesaux, coordinatrice Habitat partagé à Marseille, pour les Petits frères des pauvres ne chôme pas.

    D’un côté, il faut servir des assiettes de saumon, de l’autre quelques verres de Crémant, mais surtout être aux petits soins des 24 bénéficiaires, et quelques invités, de l’association présents pour le festin du jour. « On n’a jamais été aussi nombreux. Il va falloir pousser les murs l’année prochaine », glisse Murielle Gloux, responsable de la pension de famille Labadié (1er). Avant de rappeler l’objectif du jour pour l’équipe de l’association : « Offrir un vrai Noël à des personnes âgées et particulièrement isolées. » Autour de la table, on retrouve Laidia, Ahmed, Alain, Nouria, Jean ou Marie-Christine… Tous ont eu des parcours de vie pour le moins difficiles, entre vie à la rue, centres d’hébergement d’urgence ou hôtels pendant des années. Certains viennent de l’autre bout de l’Europe ou ont traversé la Méditerranée… « La plupart n’évoquent pas leur passé et presque tous étaient en habitat précaire », confie Marie-Jo Huyghe, bénévole depuis 5 ans.

    Des résidents aux anges

    Il faut dire que l’essentiel n’est pas là pour ce jour de fête. Ce repas de Noël se déroule au sein de la salle commune de la Maison Les Héros, à deux pas de la gare Saint-Charles. Et c’est comme un grand repas de famille : il y a des éclats de rire, des dizaines de cadeaux sous un magnifique sapin, des amuse-bouches qui disparaissent en quelques instants. Il y a des retardataires, comme Michel, ancien travailleur du BTP, qui taquine Laidia : « T’es toujours amoureuse de ton infirmier ? ». Et d’autres ponctuels, comme Bella, d’origine hongroise qui arrive avec des boîtes de chocolats comme cadeau pour les bénévoles. L’ambiance est chaleureuse, fraternelle. Et pour cause : c’est l’aboutissement « d’un gros travail en amont » qui a débuté bien plus tôt dans la matinée. Le repas a été « commandé chez un traiteur », la table est dressée avec une décoration de Noël achetée par l’équipe des Petits frères des pauvres. Et les bénéficiaires sont parties prenantes de ce moment convivial. « On laisse le choix à nos résidents pour le menu », explique Laetitia Lesaux.

    Au programme : foie gras ou saumon puis civet ou chapon, plateau de fromage… « Cela fait plusieurs semaines qu’on le prépare, on a fait des cadeaux personnalisés… », abonde la salariée de l’association. Et les résidents ont l’air ravi. Marie-Christine, résidente depuis 5 ans et demi au sein des résidences des Petits frères acquiesce avec le sourire : « Qui n’aime pas recevoir des cadeaux, partager un moment, participer à une ambiance certaine ? ». Elle confie qu’elle « admire le travail de Laetitia et des bénévoles ». Derrière elle, un résident joue quelques notes de piano. Vincent bientôt 88 ans, doyen des bénéficiaires, discute avec Alain, 27 ans de Petits frères des pauvres au compteur. Ce dernier profite aussi de ce repas : « Ça fait plaisir de voir du monde, sinon je suis seul. » De quoi mettre en valeur le travail réalisé toute l’année par les Petits frères des pauvres à Marseille. Car ce repas de Noël rassemble des habitants de la pension de famille Labadié mais aussi des résidents de la Maison Les Héros, un habitat inclusif avec des logements à caractère social. « Pour la pension de famille, les résidents sont autonomes mais ils ont un besoin d’accompagnement social et médical. Pour les résidents de l’habitat inclusif, ce sont des personnes qui font le choix de vivre dans un bâtiment avec d’autres personnes qui leur ressemblent, pour ne pas être seules », conclut Laetitia Lesaux.