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  • Dix appartements à Marseille pour sortir de l’hébergement en hôtel

    Dix appartements à Marseille pour sortir de l’hébergement en hôtel

    « Je respire depuis que j’ai emménagé dans cet appartement. Enfin, je dors tranquillement. L’hôtel c’est sale, plein de bêtes et impossible d’y cuisiner. » Placée en hébergement d’urgence à l’hôtel depuis début mai, Amina s’est installée dans ce petit T1 le 3 septembre dernier. Elles sont ainsi neuf femmes, dont une maman et ses deux filles, en fin d’hébergement à l’hôtel, à avoir signé une convention de logement avec l’Armée du Salut, qui les accompagne socialement au quotidien.

    Cette infirmière algérienne est arrivée à Marseille en 2023 pour y rejoindre son conjoint français. Mais ce dernier s’est révélé violent et l’a « jetée à la rue ». Leur histoire s’est soldée devant le tribunal. Mais celle d’Amina peut rebondir. « Je vais pouvoir reconstruire ma vie, devenir aide-soignante. Mais d’abord, avec Sinita, on s’occupe de mon titre de séjour. » La travailleuse sociale de l’Armée du Salut qui accompagne chacune de ces nouvelles locataires, adressées par le SIAO, dans leur parcours d’autonomie a déjà son « fauteuil attitré » dans l’appartement, « et avec les autres femmes, on fait des repas partagés », ajoute Amina. En plus d’offrir à ces femmes éprouvées des conditions d’hébergement dignes et de rompre leur isolement, ce dispositif « permet un véritable suivi social, assure Sitina, elles y resteront jusqu’à ce qu’elles retrouvent une stabilité et soient en situation de vivre de manière autonome ».

    Un partenariat salutaire

    « Cet immeuble est une première acquisition, précise Xavier Bosiger, chef de service à l’Armée du Salut, un investissement sur le long terme pour mieux adapter l’offre aux besoins et qui complète les 250 places en unité d’urgence et la quarantaine d’autres en pension de famille » dont dispose l’organisation humanitaire à Marseille. La fondation est depuis peu devenue propriétaire de 60% de ses lieux d’hébergements. Deux autres petits immeubles sont en cours d’acquisition dans le cadre de ce partenariat avec Marseille Habitat. Anciennement sous convention avec le Crous, ces logements avaient été squattés et un incendie avait endommagé la cage d’escalier. La société d’économie mixte y a engagé 200 000 euros dans des travaux, en associant l’Armée du Salut au choix des matériaux et des aménagements. Un partenariat, « ouvert à d’autres acteurs associatifs » précise la présidente et adjointe (PS) au maire, Audrey Gatian. Qui se félicite : « Nous avons accepté l’offre la plus qualitative, pas la plus chère, dans le sens de l’intérêt général. Nous avons besoin de loger et de faire revivre le centre-ville. » De même que pour Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire en charge de la solidarité, l’opération signe « la volonté de la Ville de participer à la création de mille places d’hébergement diversifiées, de renforcer l’offre à destination des femmes ». De quoi faire reculer les coûteuses et inadaptées prises en charge à l’hôtel.

  • [Entretien] Martine Vassal : « À Marseille, nous relions maintenant tous les quartiers »

    [Entretien] Martine Vassal : « À Marseille, nous relions maintenant tous les quartiers »

    La Marseillaise : Vous multipliez en ce début d’année les inaugurations, du Zénibus à l’extension du tramway T3… C’est une « révolution des transports » ou seulement un premier pas ?

    Martine Vassal : C’est une avancée énorme par rapport à ce qui s’est passé précédemment. Nous sommes vraiment sur une révolution des transports qui commence aujourd’hui. Nous avons fait Miramas il y a quelques mois, lundi nous avons fait le bus à haut niveau de service entre Plan-de-Campagne et Marignane… À Marseille, on relie tous les quartiers : avec le T3, le B4 et le B5, on relie le Nord à l’Est et au Sud, nous avons aujourd’hui un maillage, en complément de ce qui existe aujourd’hui.

    Les services de l’État étaient inquiets pour l’extension
    du tramway sur les enjeux d’accessibilité, d’aménagements cyclables. Vous avez pu
    les rassurer
     ?

    M.V. : Tout à fait. Et même dans le métro on a rendu accessibles un certain nombre de stations alors que c’est plus compliqué, il faut faire installer des ascenseur. mais maintenant il y a le Prado, Castellane…

    Il y a quand même un retard significatif.

    M.V. : Il y avait un retard significatif sur tout ! Les dates historiques, c’est : 1977, l’inauguration du métro avec Gaston Defferre ; 2007, le tramway avec Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier. Et aujourd’hui, 2026, c’est Martine Vassal ! Pendant cette période, les présidents d’intercommunalité ont préparé ce qu’on inaugure aujourd’hui. Ils avaient une vision que j’ai développée pour arriver à ce résultat. Mais derrière, il y avait une partie financière, je n’ai eu de cesse d’aller chercher des financements à l’Europe, à la Région, à l’État, au Département. Et j’ai augmenté l’investissement de manière très forte : quand je suis arrivée en responsabilité, il était à 80 millions d’euros par an, il est passé à 300 millions, ça a mis un coup de boost.

    Au Sud pour le tramway, il y a un goût d’inachevé : il n’y a pas encore de parking relais
    à la Gaye, il ne va pas jusqu’à
    la Rouvière…

    M.V. : Le parking relais de la Gaye, c’est un engagement que j’ai pris. On a lancé les études, il va se faire. En attendant, nous avons souhaité faire un parking relais intermédiaire d’une cinquantaine de places. Mais aujourd’hui, j’attends toujours les autorisations de la Ville de Marseille. S’il y en a un qui me met des bâtons dans les roues, c’est la Ville de Marseille, comme d’habitude. Ce qui les embête, c’est que nous on a une vision, on avance, mais eux ils essaient de nous faire reculer. Pour la Rouvière, il était prévu à l’origine un arrêt dans le rond-point, cela ne se fait pas. Nous sommes en train de voir avec la mairie de secteur si on peut faire une station après le rond-point. La difficulté c’est qu’on n’a pas eu un assentiment de la population à ce niveau-là ni au niveau du passage sur la montée de la colline Saint-Joseph. Il faut le remettre à plat.

    Au Nord, il y a de l’impatience pour la phase 2 de la prolongation du tramway, et en même temps on voit les marchés déjà lancés pour le tramway des Catalans…

    M.V. : On a voté à l’unanimité le plan de déplacement métropolitain en 2021. L’idée d’origine c’est de partir du centre-ville pour aller en étoile. Si à chaque fois qu’il vient un nouvel exécutif on change tout, on ne fait rien. À partir de la rue de Lyon, la mairie de secteur a voulu changer le tracé, mais quand vous changez un tracé de manière aussi importante pour passer par le littoral, vous repartez de zéro. Ils peuvent nous dire merci, on a été ultrarapides. Pour les Catalans, le projet est prêt : est-ce qu’on devrait l’arrêter pour en faire un autre ? Mais l’autre je ne peux pas aller plus vite ! C’est un transport qui est dans la ZFE, qui va permettre de faire des pistes cyclables, de réguler la circulation. J’attends toujours le merci ! Et il y a une autre branche importante, la partie Belle de Mai, et on va aller jusqu’au Merlan. Mais ils nous ont bloqué pendant cinq ans, on n’a pas encore pu lancer les appels d’offres ! Les blocages, c’est la Ville de Marseille.

    En attendant, les bus sont saturés pour aller à la Belle de Mai, pourquoi il n’y a pas plus de moyens ?

    M.V. : Parce qu’il me faut des caméras de vidéosurveillance, il me faut de la police. Vous avez pris le boulevard National ? Vous avez vu le gymkhana qu’il faut faire ? C’est quand même inacceptable, il faut de la police sur place pour faire la circulation.

    Il y a le tramway, et puis il y a le métro… Le métro à 21h30, c’est fini quand ?

    M.V. : Vous allez me dire qu’il y a du retard sur un chantier à 580 millions d’euros ? Ce sera au mois de mai ou juin, au printemps. Ca arrive ! Il aurait été beaucoup plus facile d’arrêter complètement le métro toute la journée, on aurait gagné deux ans. Mais je n’ai pas voulu pénaliser les Marseillais. Il n’y en a que 4 000 qui prennent le métro après 21h30, et il y a des bus de substitution. Pour adapter le dispositif qui avait cinquante ans, mettre du neuf sur du vieux, c’est très compliqué. Les rames, elles, sont bien là.

    Depuis le 1er janvier la RTM est soumise à un nouveau contrat d’obligation de service public qui veut l’« exposer aux aléas du marché ». Cela ne risque pas de la fragiliser ?

    M.V. : Ce ne sera pas privatisé. La RTM se modernise, elle avance, c’est un partenaire en qui nous avons entièrement confiance. Vivement le mois de mars qu’on passe ces élections et qu’on n’en fasse plus un enjeu électoral pour dire n’importe quoi…

    La RTM demandait 600 millions d’euros de plus, la Métropole lui disait que c’était « inacceptable »…

    M.V. : C’est normal, c’est une négociation. La RTM va avoir un développement considérable dans les années à venir, son chiffre d’affaires a considérablement augmenté avec les nouvelles lignes. Sur le métro, on va doubler la fréquence ! Les rames vont être automatisées, il y aura plus de personnes. Je suis de tout cœur avec la RTM, avec les contrôleurs dont un s’est encore fait agresser cette semaine. Dans les jours qui viennent, le groupement de protection va avoir la caméra et les armes non létales !

    En quelle année les Marseillais pourront avoir des transports à la hauteur de ce qu’on voit à Lyon, ou Toulouse ?

    M.V. : 2026. Ça commence aujourd’hui.

    La gratuité des transports à Aubagne sera-t-elle maintenue ?

    M.V. : Quand le Val’tram arrivera, on verra à ce moment-là. Le nouvel exécutif de la Métropole décidera ce qu’il va faire.

    On a l’impression que le Marseille des bus est mis de côté par rapport au Marseille des tramway. À la Savine, les habitants réclament le retour de bus la nuit…

    M.V. : On a travaillé sur une mise à plat complète du réseau de bus, cela faisait trente ans que ça n’avait pas été revu. L’arrivée des nouvelles lignes fait que automatiquement on va changer le dispositif. Quand tout cela sera en action, dans les mois qui viennent, on appliquera ce qui a été concerté avec les habitants, secteur par secteur.

  • L’aide aux élèves handicapés reste précaire : ils témoignent de leur quotidien

    L’aide aux élèves handicapés reste précaire : ils témoignent de leur quotidien

    Christel Stavros, AESH à Istres dans les Bouches-du-Rhône

    « Un statut pour pallier la pénurie »

    « Souvent, on se demande quelle est notre place dans l’équipe éducative. On a l’impression d’être des couteaux suisses. » Après 5 ans en tant qu’AESH dans le département, Christel Stavros, également membre de la FSU-Snuipp, a un regard critique sur ses conditions d’exercice « qui ne permettent pas d’accomplir ses missions ». Si elle précise que ça se passe bien dans son établissement, elle dénonce « des problématiques auxquelles ont fait toutes face ». « Le problème de fond, c’est notre statut, notre salaire, notre place dans l’enseignement. Nous sommes un vrai métier, donc on a besoin de vraies formations, d’un statut, d’une vraie rémunération. Si c’était le cas, il n’y aurait pas de pénurie car la profession serait attractive », explique-t-elle.

    Elle relate un quotidien où « le manque d’AESH mais aussi les conditions de travail ne sont pas à la hauteur des enjeux pour les élèves en situation de handicap ». Avant de développer : « L’enfant prend une place importante de par son besoin d’accompagnement. Pour certains, il faut avoir une attention permanente. » Mais l’absence de reconnaissance du métier provoque « une pénurie d’AESH ». « Ça a un impact sur la qualité de l’accompagnement. On prend beaucoup plus d’enfants à cause du manque d’AESH. Cela va jusqu’à 8 enfants, parfois 11, dans la semaine. » Le tout ayant « un impact sur la scolarité de l’enfant ». Elle résume le problème : « Pas assez d’AESH, pas assez de qualité d’accueil, pas d’inclusion réelle. »

    Amaury Baqué

    Julien Carboni, AESH à Toulon dans le Var

    « C’est un métier qui a du sens »

    Beaucoup de nos lecteurs connaissent déjà le militant des droits humains de tous les combats. C’est à travers sa profession d’AESH, qu’il exerce avec tout autant de passion, que nous présentons aujourd’hui Julien Carboni.

    « Je trouve que c’est un métier qui a du sens, très concret, puisqu’il s’agit le matin quand on arrive, d’accompagner un élève en situation de handicap et ce durant toute sa journée », analyse sobrement l’ancien président de la LDH. Un accompagnement, précise-t-il, dans ses habiletés sociales, et dans ses apprentissages. La difficulté étant d’adopter la bonne posture qui n’est pas toujours évidente à saisir professionnellement. « Il faut savoir aussi se détacher parfois, respecter l’autonomie de l’élève, afin qu’il puisse faire tout ce qu’il peut faire, et surtout pas le faire à sa place. »

    L’accompagnant d’élèves en situation de handicap précise aussitôt qu’il faut en même temps être là quand la sollicitation se présente, y compris d’ailleurs quand la sollicitation n’est pas forcément verbalisée ou formulée, être là en appui.

    Une reconnaissance de ce travail qui existe essentiellement par les élèves et par les parents des élèves, précise Julien Carboni. Bref, il ne manque plus que celle de l’administration.

    Et d’ajouter : « Je pense qu’on mériterait d’être un corps de fonctionnaires, puisque nous en avons déjà les devoirs, il ne reste plus qu’à acquérir les droits. »

    En attendant avec 1 100 euros par mois, il faut avoir, comme Julien, soif de justice et d’égalité pour résister.

    Thierry Turpin

    Audrey Marinelli, AESH à Avignon dans le Vaucluse

    « Un premier contrat à 777 euros »

    Des élèves en situation de handicap accompagnés seulement une heure par semaine, c’est ce qui pèse le plus à Audrey Marinelli, AESH depuis 8 ans dans des établissements scolaires d’Avignon, syndiquée à la CGT Educ’action. Dans le département, 1 300 accompagnants tentent de s’occuper au mieux de 5 800 élèves. « C’est très compliqué à gérer au quotidien. On en a de plus en plus chaque année et parfois, on commence un accompagnement en septembre et on ne sait pas si ça va être le cas pour toute l’année », explique celle qui est également représentante syndicale Éduc’action de la profession sur le département. Et qu’« en aussi peu de temps, on ne couvre pas du tout les besoins d’un élève, ce n’est pas possible ». La proposition de loi visant à intégrer les AESH dans la fonction publique « permettra clairement d’avoir un meilleur suivi des élèves, avec un meilleur suivi de l’apprentissage », estime-t-elle. Et ce, car « ce statut rend ce beau métier plus attractif », avec des « possibilités d’évolution de carrière ». Et donc plus d’AESH pour répondre aux besoins grandissants sur le territoire. Une question de salaire aussi. À ses débuts en tant qu’AESH dans des établissements avignonnais, pour 24 heures de travail par semaine, elle ne touchait que 777 euros par mois. Aujourd’hui, avec 32 heures travaillées par semaine, elle dépasse à peine les 1 300 euros, ce qui reste « très compliqué avec les prix qui montent et les salaires qui ne bougent pas ». Un changement en catégorie B est donc vu d’un bon œil, car cela permettrait « d’avoir un temps plein et de bien meilleures conditions de travail ».

    Mack Salman

  • Dans l’Hérault, la gauche veut mobiliser face au risque RN

    Dans l’Hérault, la gauche veut mobiliser face au risque RN

    À deux mois et demi des municipales, quel parti sortira vainqueur de ce scrutin à un an de la présidentielle ? Dans l’Hérault, le Rassemblement national (RN) veut confirmer ses scores réalisés aux précédents scrutins (34,98% des suffrages exprimés aux élections européennes de 2024, cinq députés élus sur les neuf que compte l’Hérault lors des législatives de 2024) et tentera de remporter sa première commune du département. Et ainsi lorgner sur Béziers pour ravir la place au seul maire d’extrême droite de l’Hérault, Robert Ménard. S’il n’a pas encore officiellement désigné de candidat dans la cité de Riquet – le député Julien Gabarron est pressenti – le RN a néanmoins avancé ses pions à Agde en désignant le député Aurélien Lopez-Liguori comme tête de liste face au maire sortant Sébastien Frey (LR). À Sète aussi le risque d’une victoire de l’extrême droite existe : Aurélien Lopez-Liguori avait été élu dès le premier tour aux législatives de 2024. Le RN a désigné Sébastien Pacull pour ravir l’Île singulière. D’autant que la droite se retrouve fragilisée dans ces deux dernières villes. Alors qu’elle régnait depuis plus de vingt ans sans partage, les déboires judiciaires des deux ex-édiles (Gilles d’Ettore à Agde et François Commeinhes à Sète), démissionnaires, sapent la confiance des électeurs.

    La gauche va donc devoir batailler pour mobiliser face aux velléités de l’extrême droite. Malgré les bons scores réalisés aux dernières législatives par le NFP (4 députés élus), force est de constater que les forces de gauche partent souvent désunie dans la plupart des communes pour le premier tour. Si à Béziers, l’union s’est réalisée avec le Printemps de Béziers de Thierry Antoine (EELV-PS-PCF-PP), LFI, menée par le tandem David Ocard et Wissal El-jarrari, fait cavalier seul. Même schéma à Sète : alors que la liste Nouvelle Page regroupe le PCF, LFI et EELV autour de Laura Seguin, les socialistes ont décidé de partir de leur côté avec Sébastien Denaja.

    À Castelnau-le-Lez, la gauche n’a pas su tirer profit des divisions de la droite (entre le maire sortant Frédéric Lafforgue et Julien Miro) puisque Écologistes et le PS partiront chacun de leur côté.

    Une désunion à l’œuvre même dans les communes où l’extrême droite est faible, à l’instar de Montpellier où le maire PS Michaël Delafosse (pas encore déclaré) doit affronter au premier tour, entre autres Nathalie Oziol (LFI) et Jean-Louis Roumégas (EELV). Alors que l’union est plébiscitée par les électeurs de gauche, ces configurations les démobiliseront-ils ? L’enjeu de la participation sera en effet une des clés du scrutin des 15 et 22 mars.

  • Le tribunal confisque la cave louée à un précaire à Marseille

    Le tribunal confisque la cave louée à un précaire à Marseille

    Un agent immobilier et sa SCI ont été reconnus coupables de soumission de personne vulnérable à des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine et refus de relogement du jeune occupant de la cave située 48 rue Curiol (1er) à Marseille, définitivement interdite à l’habitation par arrêté préfectoral d’insalubrité.

    Christian Castel, 67 ans, qui avait boudé son procès et n’était pas non plus présent, mardi, au délibéré, a écopé de 2 ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. Son bien immobilier est confisqué. Il lui est fait interdiction d‘acheter tout bien immobilier à usage d’habitation pendant trois ans. La SCI dont il est le gérant est condamnée à 20 000 euros d’amende mais avec sursis. La Ville, partie civile dans les procès d’habitat indigne, se voit allouer 1 000 euros au titre du préjudice moral et 1 500 euros pour ses frais de justice.

    « Il devait être aux abois »

    S’assurant une rentabilité de 25%, le propriétaire louait 300 euros par mois dont 20 euros de charge et 40 euros d’électricité depuis 4 ans cette cave humide achetée en 2010 pour 15 000 euros et pourtant décrite dans le règlement de copropriété comme un « local indépendant à usage commercial ». Le lot de 17 m² était composé d’une pièce principale de 9 m² et d’une salle d’eau de 2,6 m², équipé d’une petite fenêtre en soupirail donnant à même le trottoir de la rue. Après signalement par le syndic aux autorités, un arrêté préfectoral d’insalubrité a été pris le 13 novembre 2024 interdisant définitivement ce « local impropre à l’habitation compte tenu de l’éclairement naturel insuffisant ». Le bail indiquait mensongèrement que le local faisait 30 m² et présentait la location comme meublée alors qu’aucun meuble n’était fourni, mis à part un chauffage, une plaque et un petit frigo.

    Pour le tribunal, la vulnérabilité du locataire est patente, s’agissant d’un jeune homme de 22 ans en grande précarité sociale et économique, arrivé seul et mineur en France et auparavant logé dans des foyers d’urgence. Le propriétaire ayant même déclaré en audition « il devait être aux abois pour prendre quelque chose comme ça ». Après un passage en hôpital psychiatrique, le jeune a été relogé par un bailleur social.

    Christian Castel est propriétaire de 9 logements en plus du sien. Il tire de son patrimoine un revenu locatif de 3 660 euros par mois. La police a visité trois de ses logements rue Fortuné-Jourdan, rue Sainte-Thérèse et rue Docteur Laennec notant que certains d’entre eux étaient « proches de l’insalubrité ». Il est par ailleurs l’objet d’une enquête pour la location d’une autre cave au 100 rue Saint-Savournin frappé aussi d’un arrêté d’insalubrité et où vivait jusqu’à 4 migrants. L’année 2025 a connu un regain de prise d’arrêtés préfectoraux d’insalubrité dans les Bouches-du-Rhône. L’analyse de 140 des 187 arrêtés publiés à ce jour au recueil de la préfecture permet de préciser que 89 arrêtés engageaient la procédure à l’encontre de propriétaires sur tout le département dont 43 à Marseille. 44 arrêtés ont acté la fin de la procédure après constat de travaux réalisés ou de démolition. Sept arrêtés ont prononcé des astreintes jusqu’à 200 euros par jour.

  • Les médecins dépassent-ils les bornes ?

    Les médecins dépassent-ils les bornes ?

    Les médecins ont entamé ce lundi une grève de dix jours qui doit les conduire jusqu’à une manifestation nationale le 10 janvier à Paris. D’après le syndicat CSMF, le « mouvement est excessivement suivi », 85% des adhérents ayant annoncé leur intention de faire grève. Médecins de ville en tête, ils se mobilisent contre la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, dans laquelle ils voient « une nouvelle étape dans une trajectoire devenue intenable pour l’ensemble du système de santé », résume l’association Médecins pour demain. Leur colère devra être entendue. Mais dans la bataille qui se mène, le code de déontologie de la profession n’est-il pas en train de s’estomper derrière un bras de fer comptable ? Confrontés à la ruine d’un système de santé, de plus en plus à deux vitesses, la confiance dans le corps médical est mise à rude épreuve.

    « Plus de 100 000 lits ont été fermés en 20 ans ! On n’a pas cessé d’alerter contre la dégradation de l’accès aux soins, mais on a en face de nous des comptables, des gens qui ne connaissent que des ordinateurs », déplore le Dr Said Ouichou, qui exerce dans le 15e arrondissement de Marseille. Il dénonce les nouvelles mesures de la loi de financement de la Sécurité sociale qui « continuent le travail de sape » et la colère est grande.

    Faire plus avec moins d’argent. Toujours sous couvert de maîtrise budgétaire, le texte impose « plus de contraintes, plus de contrôles, de la suspicion » à l’égard des généralistes, dénoncent les grévistes. Sans réparer le système de santé. « On nous a traité de nantis… mais là, on cherche à nous sanctionner, à faire de nous des exécutants aux ordres de l’assurance maladie, dénonce le praticien. On nous fixe des indicateurs de prescription sur des médicaments, sur des arrêts de travail, de transport, à ne pas dépasser. » Comment décider qu’un arrêt maladie devra se limiter à un mois ?

    La question des dépassements d’honoraires est aussi pointée. Et elle divise. Sur trois secteurs de tarification, le premier est pris en charge par la Sécurité sociale, le deuxième donne la possibilité d’un dépassement, « qui correspond à un rattrapage pour les spécialités », justifie Saïd Ouichou. Pour le troisième, libre, la consultation n’est pas remboursée et désormais la prescription ne le sera plus. « C’est la loi de finance qui permet une médecine à deux vitesses, une médecine pour riches », estime Jean-Marc Bensoussan, médecin à Gignac-La-Nerthe, évoquant le risque que les médecins libéraux se déconventionnent pour pouvoir faire des dépassements d’honoraires. Un point « inacceptable » pour Anthony Gonçalves. S’il concède à ce mouvement « d’essence libérale, des revendications, notamment l’opposition à la restriction sur les dépenses de l’assurance maladie », le professeur de médecine et oncologue, désigné chef de file pour mener la campagne des communistes au sein du Printemps Marseillais, considère au contraire que ce sont « au final les patients qui vont sortir l’argent de leur poche. Ceux qui le pourront. Pour réguler, il faut un seul tarif, celui de l’assurance maladie ». Ce sont surtout les salaires en radiologie et en biologie médicale qui font grincer des dents, comme ceux des directeurs d’assurances complémentaires.

    Noyés sous l’administratif

    « Ce n’est pas notre niveau de vie qu’on défend », recadre le Dr Jean-Marc Bensoussan. « On est entre 5 000 et 5 500 euros par mois une fois tout déduit. C’est bien, mais ce n’est pas volé. Les heures on en fait. Malheureusement de plus en plus en administratif. » Pour les internes en milieu hospitalier, « c’est entre 60 et 70 heures par semaine alors que la loi fixe un maximum à 48h », précise Saïd Ouichou. Là encore la loi ne résout rien, relève Jean-Marc Bensoussan : « Si on ne remplit pas le dossier médical partagé, on est pénalisé. Jusqu’à 10 000 euros par an. En clinique, c’est dix fois plus. »

    Face aux déserts médicaux qui gagnent du terrain c’est encore avec de l’argent qu’on entend attirer les jeunes médecins. Soit avec 200 euros par jour garantis d’office, ou comme à Sorgues, dans le Vaucluse, le département le moins doté de la région Paca, où 900 euros étaient promis aux étudiants en contrepartie d’une installation de plusieurs années dans la commune. « Aucune mesure efficace n’est prise, on n’a pas retenu la leçon de Covid », déplorent les médecins. Plutôt que de taper sur les soignants, ils préféreraient que le gouvernement, finance la santé en « cessant d’exonérer les multinationales de leurs cotisations sociales ».

    Convaincu que des « réformes sont nécessaires », mais soucieux de la liberté du médecin, Le conseil national de l’ordre propose l’élaboration d’un « livre blanc pour 2027, écrit par les médecins, les étudiants en médecine et les internes pour une médecine au service des patients-citoyens et notre République ».

    Repères

    Déserts médicaux

    En France, les déserts médicaux touchent de nombreux territoires, en zone rurale, mais également en ville. Des accès aux soins limités qui laissaient 6 millions de Français sans médecin traitant en 2024, d’après les données de la sécurité sociale. Le ministère chargé de la Santé et de l’accès aux soins a d’ailleurs identifié deux zones dans le Vaucluse et une dans le Var comme étant prioritaires dans la lutte contre les déserts médicaux. Les Bouches-du-Rhône sont elles, relativement épargnées au niveau départemental, bien qu’au niveau local certaines zones sont peu dotées d’offre de soins, comme certains quartiers Nord de Marseille.

    Numérus Clausus

    Mis en place par une loi en 1971, le numerus clausus limite le nombre d’étudiants en médecine. Une loi qui vient d’une négociation entre médecins libéraux eux-mêmes et l’État et qui est souvent décrié comme l’un des facteurs de la pénurie de médecins que la France connaît actuellement.

    2030

    C’est la date à laquelle la fin du numérus clausus décidée en 2019, commencera à se faire sentir, car les effectifs dans les universités restent contraints à leur capacité d’accueil. Selon un rapport du sénat, le nombre de médecins devrait encore diminuer cette année, avant de commencer à réaugmenter.

    + 5 %

    C’est l’augmentation des dépassements d’honoraires entre 2019 et 2024 par les médecins libéraux en ville, en cliniques privées ou encore dans le cadre de l’exercice d’une activité libérale à l’hôpital public, d’après le rapport du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie.

  • Laure Lavalette officiellement candidate à la mairie de Toulon

    Laure Lavalette officiellement candidate à la mairie de Toulon

    C’était un secret de polichinelle, et la nouvelle n’a surpris personne sur le fond, peut-être davantage sur le timing. Alors qu’elle avait laissé entendre qu’elle l’annoncerait le 14 janvier lors d’un meeting au Palais Neptune, Laure Lavalette, députée RN de la 2e circonscription du Var, a officialisé sa candidature à la mairie de Toulon ce mardi matin, via une lettre adressée à plusieurs médias dont l’AFP, et dans un entretien accordé à Ici Provence.

    Âgée de 49 ans, née à Talence (Gironde), fille d’un militant membre du mouvement néo-fasciste Ordre Nouveau et du Front National – parti pour lequel il a été candidat aux élections législatives en Gironde en 1993 et 1997 -, petite fille d’un membre des Croix-de-Feu (association d’anciens combattants devenue organisation nationaliste et fasciste selon certains historiens), Laure Lavalette baigne depuis sa plus tendre enfance dans un militantisme ancré à l’extrême droite. Elle revendique, à cet égard, des positions contre « la propagande LGBT », contre l’immigration, et contre l’IVG. En 2014, elle avait signé un texte appelant les élus locaux à soutenir les candidats s’engageant à « abroger, à terme, le droit à l’avortement » lors des élections présidentielles et sénatoriales.

    Sans étiquette RN

    Elle a par ailleurs débuté son activisme en tant que présidente de la section du Renouveau étudiant à Bordeaux, une organisation étudiante nationaliste et identitaire proche du Front National de la Jeunesse et du Groupe union défense (GUD) dissout en 2024 en raison de ses multiples exactions racistes et violentes. Elle rejoint le FN en 1997, avec lequel elle échoue, en 1998, aux élections cantonales dans sa ville de Talence. Elle se lie à Bruno Maigret, l’une des plus sulfureuses figures identitaires françaises, qu’elle suit lorsqu’il fonde le Mouvement national républicain en 1999, mais rebrousse chemin quelques mois plus tard. Avant d’être élue députée de la 2e circonscription du Var en 2022, Laure Lavalette a été conseillère municipale d’opposition RN à Toulon de 2014 à 2022.

    Si sa candidature ne surprend effectivement personne, l’absence d’étiquette RN un peu plus, eu égard à son statut de figure montante du parti, dont elle a été l’une des portes-paroles lors des élections présidentielles 2022. « Je suis un peu une étiquette à moi toute seule », s’est-elle targué sur les ondes d’Ici Provence. « Les gens m’arrêtaient dans la rue en me disant ‘’On n’est pas RN, mais on a envie de voter pour vous’’. C’est aussi ce qui a motivé cette candidature. »

    Dans cette optique, son entourage explique que sur 59 colistiers, 30 ne sont pas encartés au RN, parmi lesquels d’anciens colistiers d’Hubert Falco, dont Frédéric Seillier, tel que l’a annoncé l’intéressé sur sa page Facebook. Une position qui s’inscrit dans l’entreprise de dédiabolisation de l’idéologie d’extrême droite, en se détachant, en façade, de la mère nourricière lepeniste. Et surtout, de l’ombre de Jean-Marie Le Chevalier, maire FN de Toulon (première ville de plus de 100 000 habitants à tomber entre les mains du parti) de 1995 à 2001, dont le mandat a profondément et négativement marqué la ville et ses citoyens.

  • La ferme abattait la volaille avec un agrément sanitaire suspendu à Aubagne

    La ferme abattait la volaille avec un agrément sanitaire suspendu à Aubagne

    Une ferme d’Aubagne et leurs deux gérants ont été condamnés lundi en correctionnelle à Marseille pour mise en vente de découpe de volailles malgré la suspension de l’agrément sanitaire suite au constat de nombreuses non conformités. Ils encouraient 6 mois de prison et 15 000 euros d’amende.

    « La ferme avicole des Espillières est surtout un abattoir de volailles produites dans la Drôme et les Alpes-de-Haute-Provence », décrit la présidente Liselotte Poizat avant d’exposer les faits reprochés aux deux gérants, père et fille, et à la société familiale. Le 6 juin 2023, des inspecteurs du service vétérinaire de la direction départementale de la protection des populations constataient la présence de cages à poules souillées de fientes hémorragiques, d’un vestiaire en désordre, de l’absence de mesures pour éviter les contaminations croisées et éviter les souffrances des poules et pintades lors du choc par électronarcose pour étourdir la volaille suspendue par les pattes, la tête plongée dans l’eau avant le saignage, le défaut de mise à jour du dossier d’agrément, etc. 4 mois plus tard, ils revenaient constater l’insuffisance des mesures correctives demandées sur les chocs électriques, l’absence de traçabilité de volailles, de plan de nettoyage, de vérification des carcasses et d’analyses microbiologiques. Une suspension d’agrément était notifiée le 24 février 2024 avec cessation immédiate d’activité.

    Près de 14 000 poulets écoulés

    Cinq mois plus tard, le 25 juillet suivant, des inspecteurs trouvaient à Marseille chez un distributeur de produits de la région du pays d’Aubagne des lots de la ferme d’Espillières mentionnant toujours le numéro d’agrément suspendu. Ils retournaient à Aubagne pour découvrir que la ferme avait continué à abattre et vendre 13 792 poulets pour une valeur marchande totale de 91 000 euros. Des rappels de produits étaient ordonnés.

    « Je me suis embrouillée. Je n’avais pas compris que c’était suspendu. Je pensais qu’on avait encore un délai. C’était flou pour moi », explique Stéphanie, 42 ans, la gérante. « C’est une profession très réglementée avec des lourdeurs administratives. L’échange a été très compliqué. On n’arrive pas à être aidé. Je n’ai eu aucun retour et j’ai sous entendu que les mesures correctives étaient valables », dit-elle pour invoquer au final « des contraintes économiques et sociales. C’est toute une filière qui est touchée quand on arrête. Aujourd’hui on est 5 salariés, avant on était 11. On ne fait plus d’abattage, que de la vente de poulets vivants », conclut-elle en réprimant les larmes. Sa ferme est désormais en redressement judiciaire. La présidente précise que ses demandes d’agrément ont reçu des réponses négatives sur les questions du bien-être animal.

    « Quand il y a un scandale sanitaire, on se retourne toujours vers les services de l’État », expose le procureur Guillaume Bricier pour souligner l’importance des contrôles vétérinaires sur cette filière sensible. « La suspension n’est pas tombée subitement d’un coup. Elle est intervenue après un long processus de demandes correctives. Ici, les mises en demeure de régulariser sont restées vaines. De février à juillet, 13 792 poulets ont été abattus sans agrément sanitaire. Ce ne sont pas des petits volumes et cela pose un risque sanitaire. » De rappeler que ce ne sont pas des oies blanches au vu de condamnations antérieures. La ferme et les gérants ont déjà été condamnés pour pratiques commerciales trompeuses en 2020 tandis que le gérant – à la retraite depuis – a été condamné pour abandon d’un animal domestique et mauvais traitements dans les années 2013-2014. De requérir 5 000 euros d’amende contre les deux et 15 000 euros contre la société.

    « Les agents n’ont pas vu tout ce qui a été mis en place ? 100 000 euros ont été investis. Toutes les machines d’électronarcose sont conformes, tout est respecté sur la chaîne de l’abattage. Qu’est ce qu’il faut faire ? C’est profondément injuste », plaide la défense qui réfute toute souffrance animale. A l’entendre si la fermière a poursuivi l’abattage, c’était aussi pour limiter ses souffrances des volailles confinées. « Qu’aurait-elle fait de tout son stock ? »

    Serge, le père, gérant à la retraite, a écopé de 3 mois de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende. Sa fille est condamné plus légèrement à 3 000 euros d’amende. La ferme avicole se voit infliger 10 000 euros d’amende, sans interdiction d’exercer comme requis par le parquet pour lui permettre de se relancer.

  • Le site d’Orange visé par des tirs de balles

    Le site d’Orange visé par des tirs de balles

    Moins d’un mois après la réouverture, le 15 décembre, du site d’Orange Massalia à Saint-Mauront, au cœur du 3e arrondissement de Marseille, des agents de sécurité ont découvert lundi matin des impacts de balles sur le bâtiment. « À ce stade, la date des tirs n’est pas connue même si tout laisse à penser que ces faits se sont produits en dehors des heures ouvrables. Une enquête a été ouverte. Les images de vidéoprotection sont en cours d’exploitation », indiquait en fin de matinée, la Préfecture de Police.

    Travail étroit avec

    la police

    Corinne Simon, la préfète de police déléguée, s’est immédiatement entretenue avec le directeur régional d’Orange et s’est rendue sur place dans la matinée, où des agents de la police technique et scientifique ont effectué constatations et expertises balistiques. Un renforcement de la présence policière a aussi été décidé avec une augmentation des rondes et patrouilles et la poursuite de la mise en place d’une garde statique aux heures d’entrée et de sortie du site, précisait encore la Préfecture.

    Sollicité, la direction d’Orange rappelait de son côté travailler « étroitement avec la préfecture de Police à travers un dispositif renforcé principalement pendant les horaires de travail, pour assurer la sécurité de nos salariés qui reste notre priorité. Des échanges sont actuellement en cours pour adapter ce dispositif et la direction maintient un dialogue constant avec les partenaires sociaux et les collaborateurs ». Une communication devrait être adressé ce mardi à tous salariés.

    Sur le site, resté ouvert lundi, la nouvelle s’est propagée tout au long de la journée sur fond de réunions avec les organisations syndicales et de réunions par service. « Deux bâtiments ont été touchés, et sur les quatre impacts de balles, trois ont perforé des vitres », raconte un délégué de la CFE-CGC.
    « On n’est plus sur les bagarres dehors, un tir au rez-de-chaussée aurait pu atteindre quelqu’un à la tête ».

    La CFDT qui estime de son côté que l’arrivée rapide de la préfète de police a permis « une prise de conscience de la gravité des faits », continue de réclamer une meilleure sécurisation des accès au site qui accueille jusqu’à 1 200 salariés, et un site de repli qui puisse désengorger Saint-Mauront. La CGT doit communiquer dans la journée.

    Le 28 novembre, en raison « d’événements répétés » et de « montée en tension sur le site » sur fond de narcotrafic et de bagarre entre dealers, après deux confinements, le site avait été temporairement fermé pour deux semaines. Orange avait placé ses équipes administratives en télétravail. Un tiers des salariés avaient fait leur retour lors de la réouverture.

  • Hara-kiri olympien

    Hara-kiri olympien

    Une défense aux abois, un milieu sans lien et une attaque amorphe.

    Il n’y a rien à sauver de la prestation de l’OM face à Nantes, dimanche, en clôture de la phase aller du championnat. Un OM qui, comme les deux fois qu’il a eu l’occasion de prendre seul le pouvoir en Ligue 1, a manqué l’opportunité de repousser Lille, quatrième, et de conserver son avantage sur Rennes et Lyon.

    Lorsqu’il est venu commenter la prestation de son équipe, qui pointe désormais à huit longueurs du leader lensois, Roberto De Zerbi n’a pas mâché ses mots : « En dehors du jeu et des expulsions, si nous n’avons pas plus d’énergie et d’envie de remporter le match, c’est ce type de résultat que nous méritons. » Lui-même ne se trouve pas d’excuses : « De l’entraîneur à tous ceux qui sont en dessous, c’est que nous ne méritons pas la troisième place. »

    Des propos qui tranchent avec ceux tenus vendredi, après l’entraînement. À ce moment-là, il estimait que « les joueurs ont fait du bon travail et nous avons pu aussi casser la routine, avec de vraies séances de travail ».

    À la façon dont ils se sont comportés face à une potentielle lanterne rouge, il faut croire que les Olympiens préfèrent travailler dans l’urgence. Lorsqu’ils doivent enchaîner les matches tous les trois jours. « Si j’avais pressenti cela, j’aurais renversé la Commanderie. Je n’ai pas vu de symptômes », soupire Roberto De Zerbi.

    L’OM a donc raté l’occasion d’asseoir sa troisième place et débute la nouvelle année sur une prestation indigne d’un prétendant à un titre. Même si cela ne l’emballe pas, l’Italien a déjà tourné la page et se projette sur le trophée des Champions.

    « Il faut vraiment oublier tout ça. Nous partons au Koweït pour disputer un titre contre la meilleure équipe d’Europe. Nous devons nous préparer au mieux. » C’est pourquoi la délégation marseillaise va se rendre dans le pays du Golfe dès ce lundi. Afin que les joueurs digèrent les six heures de voyages et un décalage horaire de deux heures.

    La valse des cartons rouges plombe l’OM

    Face à des Nantais qui avaient opté pour le jeu, les Olympiens sont passés totalement à côté de leur match.

    Même s’il avait reconduit le schéma qui avait permis à son équipe de battre le PSG, Roberto De Zerbi a pu constater qu’un scénario de football était loin de pouvoir se répéter. Ses joueurs sont restés passifs la majeure partie du temps. Même lorsqu’ils avaient le ballon, ils se montraient incapables de l’utiliser à bon escient.

    Ce qui n’était pas le cas des Canaris. « Je ne pouvais pas leur demander de jouer derrière pendant 95 minutes. Je leur ai dit de croire en eux. Et ils ont eu la récompense », a souligné Ahmed Kantari, l’entraîneur ligérien.

    En fait, l’OM a eu faux sur toute la ligne. Ne tenant pas compte de l’avertissement sans frais d’un premier but nantais refusé, les Marseillais ont multiplié les bourdes. À l’image des deux cartons rouges, distribués à Arthur Vermeeren et Bilal Nadir.

    Ils ont certes changé le cours de la rencontre. Mais avec un peu plus d’application, ces sanctions auraient pu être évitées. Mais il est trop tard pour revenir en arrière.

    OM 0 (0)

    NANTES 2 (1)

    17e journée de Ligue 1.

    Stade Vélodrome (64 780 spectateurs environ)

    Arbitre : M. Bollengier

    Buts : Centonze (30e), Cabella (88e sp).

    Avertissements : Nadir (54e, 56e) à l’OM, Mwanga (34e), Tabibou (51e) à Nantes.

    Exclusions : Vermeeren (26), Nadir (56e) à l’OM.

    OM : Rulli – Pavard, Medina (Murillo, 46e), Egan-Riley (Traoré, 73e) – Weah, Höjbjerg (c), Vermeeren, Emerson – Greenwood (Gouiri, 73e) , Aubameyang (O’Riley, 61e), Paixão (Nadir, 31e)

    Entraîneur : R. De Zerbi

    NANTES : Lopes (c) – Centonze (Doukouré, 46e), Amian , Tati, Cozza, Machado – Coquelin (Leroux, 58e), Mwanga (Lepenant, 64e) – Tabibou (Cabella, 58e), el Arabi (Guirassy, 82e), Abline.

    Entraîneur : A. Kantari.

    Le fait de match

    Entre Noël et le Bout d’an, la famille olympienne a perdu un des siens.

    Jean-Louis Gasset, qui était venu au chevet de l’OM lors de la saison 2023-2024 et avait conduit le club en demi-finale de la Ligue Europa, a tiré sa révérence.

    Le Virage sud lui a rendu un bel hommage avant le coup d’envoi de la rencontre. Repose en Paix, Jean-Louis.