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  • Les jeunes placés de Bois Fleuri reçus au Département

    Les jeunes placés de Bois Fleuri reçus au Département

    « On voulait surtout que la date de fermeture du centre de Bois Fleuri soit décalée, mais je pense que ça n’arrivera pas. » Shayma, l’une des jeunes majeures hébergées dans les appartements de la maison d’enfants à caractère social (Mecs) Bois Fleuri, se désole que le rendez-vous ce vendredi au conseil départemental 13 n’ait pas changé la donne. La fermeture de la structure, prévue ce lundi, a été annoncée le 10 décembre par un arrêté départemental pour cause d’« encadrement défaillant mettant en danger ces enfants », expliquait le Département dans nos colonnes le 18 décembre.

    Cette fermeture est jugée précipitée pour les 18 jeunes du service autonomie de la Mecs qui ont décidé de s’organiser pour se faire entendre. Ce vendredi, Shayma, 19 ans et Yassmine, 18 ans ont donc été reçues par le conseil départemental 13. « On voulait juste changer de date [de fermeture], explique Shayma. Là c’est juste avant les fêtes. C’est terrible parce qu’on n’a pas forcément de famille et donc on comptait faire un petit truc tous ensemble. » Un report impossible pour le Département car ils « ne peuvent pas mettre d’autres salariés en place tant que l’enquête est en cours ». Lors de ce rendez-vous, le Département a donc réaffirmé que les 18 jeunes du service autonomie devraient quitter leur appartement dès lundi.

    Les deux filles comprennent cependant la nécessité de la fermeture, mais déplorent la façon dont elle a été organisée. « Il y a eu un manque de communication, et ils nous préviennent seulement 10 jours en avance. C’est du manque de respect, se désespère Yassmine. C’est une situation qui nous stresse tous beaucoup. Surtout que certains d’entre nous ont des fragilités psychologiques à cause de nos différentes histoires », explique la jeune fille qui avait retrouvé une certaine stabilité psychologique avec cet hébergement.

    Les jeunes filles ont également plaidé pour que des solutions de relogement qui répondent aux besoins de chacun soient proposées. Une demande qui a été entendue pour Yassmine qui, quelques minutes après le rendez-vous, s’est vu proposer un logement « dans la même résidence que mon logement actuel », annonce-t-elle à son amie émue. Mais certains jeunes dénoncent l’état des logements proposés… « On ne veut diaboliser personne, on sait qu’au sein de l’aide sociale à l’enfance beaucoup essayent de faire au mieux. Mais on ne veut pas que d’autres jeunes aient à vivre la même situation stressante », explique Yassmine.

  • Des policiers dans l’hôpital à Marseille pour recueillir les plaintes

    Des policiers dans l’hôpital à Marseille pour recueillir les plaintes

    Des plaintes prises directement sur site… L’AP-HM et la police nationale ont signé ce vendredi 19 décembre une convention de partenariat. De quoi finaliser la présence, début janvier, d’effectifs de police pour assurer le dépôt des plaintes des agents éventuellement agressés au travail mais aussi des femmes victimes de violences conjugales accueillies au sein de la Maison des femmes Marseille Provence, avec une permanence assurée une fois par semaine.

    Le résultat d’un processus démarré sous l’égide de l’ex-préfète de police, Frédérique Camilleri, raconte Wanda Wrona, directrice de la sécurité de l’AP-HM et ex-commissaire de police. Avec près d’un million de personnes accueillies chaque année « la violence à l’hôpital fait partie du quotidien », témoigne-t-elle, « l’idée était de simplifier les démarches ». Une centaine d’agents sont victimes de violences physiques par an, 500 de violences psychologiques avec par exemple des insultes, précise François Crémieux, directeur général de l’AP-HM.

    Le début de la réparation

    Une situation « inacceptable et qui prend de l’ampleur » à laquelle il fallait réagir, avec de la formation pour désamorcer les crises, des aménagements dans les salles d’attente aussi, le tout financé par l’Agence régionale de santé à hauteur de « plusieurs millions d’euros », et une meilleure prise en charge de l’équipe, résume-t-il.

    Avec plus de 400 nouvelles femmes qui se sont présentées entre janvier et septembre à la Maison des femmes, une permanence, à l’image de celle installée à Saint-Denis, était aussi nécessaire pour convaincre celles qui « par crainte, par manque d’accompagnement », n’ont pas poussé la porte d’un commissariat, estime Wanda Wrona. Et ce malgré l’intervention du bureau d’aide aux victimes, de la permanence avocats. « La plus grosse des difficultés, c’est aussi la confrontation, il faudrait voir comment les protéger » ajoute le Pr Florence Bretelle, cheffe de service de la Maison et responsable du service obstétrique de la Conception.

    Le dépôt de plainte est « très important, c’est le début d’une réparation morale pour la victime », ajoute Christophe Allain, directeur zonal de la police nationale. Il insiste sur le recours aux réservistes pour assurer ce dispositif. « Une force supplétive » qui devrait passer de 2 500 sur la zone aujourd’hui à 8 000 en 2030, constituée de policiers à la retraite mais aussi de citoyens volontaires complète Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale des Bouches-du-Rhône.

    Côté justice, Sylvie Odier, procureure de la République adjointe, a assuré d’une réponse pénale « ferme et systématique », se félicitant de cette prise en charge « pluridisciplinaire » de la victime.

  • Le bras de fer se poursuit entre salariés et direction d’Arkema

    Le bras de fer se poursuit entre salariés et direction d’Arkema

    « Le dialogue social avec notre direction générale est extrêmement tendu ! ». Ce vendredi, les salariés d’Arkema Marseille ne voient pas de bonnes nouvelles pointer le bout de leur nez à l’horizon.

    Ils poursuivent leur mouvement de grève, reconduit jusqu’au mardi 23 décembre après avoir été entamé le 11 décembre. « On a reçu la visite d’huissiers sur le site, ce vendredi, et l’on sait que des camarades d’autres sites ont eu le même traitement », explique Rémi Thuaire, délégué syndical de l’usine. La veille, un comité social et économique (CSE) extraordinaire s’était tenu sur le site phocéen, avec au menu la potentialité d’une mise au chômage technique pour une partie des salariés (lire notre article du 19/12). Dans le même temps, des instances similaires se déroulaient sur d’autres sites du chimiste français. Selon la CGT, plus d’une dizaine d’entre eux sont concernés, à des niveaux différents, par le mouvement social. Pour certains, des débrayages de quelques heures ont lieu quand la production est totalement à l’arrêt pour d’autres. C’est le cas du site marseillais, classé Seveso seuil haut, du fait de sa production particulièrement sensible. D’où la menace de chômage technique. « La direction générale souhaite sa mise en place et le justifierait car il n’y a pas de production », expliquait jeudi, Philippe Gomez, directeur général du site marseillais. « Les chefs de service ont distribué des lettres de mise en chômage technique à certains salariés dans la journée, par exemple à des travailleurs du laboratoire », confirme Rémi Thuaire, vendredi en début de soirée. Il note que le dispositif est mis en place « lundi et mardi prochain », c’est-à-dire jusqu’à la fin de l’actuel appel à la grève.

    Une production sensible

    à l’arrêt

    Rappelons que l’usine produit de l’acide amino-undécanoïque, une matière première pour la fabrication d’un plastique technique, le polyamide 11 Rilsan®, issu de l’huile de ricin. Si des discussions ont lieu entre la CGT, à l’origine de la grève, et la direction générale, reste que cette dernière dénonçait, à l’AFP, un mouvement qui met « en péril des activités concurrencées en France pour lesquelles ces clients […] trouveront aisément d’autres solutions d’approvisionnement ». En clair, pas d’avancées concrètes, sur une hausse de salaire supérieure à ce que la direction proposait pour les négociations annuelles obligatoires (NAO). Celle-ci tablait sur une augmentation de 1,2% quand la CGT réclame une hausse de 160 euros de salaire pour tous.

  • Bouches-du-Rhône : un accord historique à gauche pour les municipales

    Bouches-du-Rhône : un accord historique à gauche pour les municipales

    D’emblée, le sénateur PCF des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi l’annonce : « C’est un accord historique par son ampleur. » Ce vendredi midi sur le cours d’Estienne-d’Orves, les représentants des différentes forces politiques de la gauche et des écologistes avaient convié la presse, afin de présenter l’union scellée entre ses composantes pour les prochaines municipales dans les Bouches-du-Rhône. « Nous serons présents de manière unie dans plus de soixante communes des Bouches-du-Rhône », officialise le secrétaire départemental du Parti communiste.

    Refus des insoumis

    « C’est neuf mois de travail pour aboutir à cette union la plus large possible », souligne de son côté le premier fédéral du Parti socialiste, Yannick Ohanessian. Qui souligne lui aussi : « Pour nous, c’est un accord historique à bien des égards. » À commencer par le nombre de communes concernées, trois fois plus que lors du dernier scrutin. « C’était une vingtaine en 2020, et nous comptons aller plus loin dans les prochaines semaines », annonce l’adjoint marseillais. « Pour la première fois, nous sommes allés dans un travail d’union au-delà des communes de plus de 20 000 habitants, détaille-t-il. Nous sommes allés dans les communes de plus de 9 000 habitants, parce que des hommes et des femmes ont tenu à s’impliquer avec les forces locales, en appelant aussi les forces politiques. » Ainsi, ce sont les trois quarts des habitants du département qui sont concernés, soit 1,7 million de personnes. « En 2020, la gauche était absente des trois quarts des communes, de la plus petite jusqu’à Tarascon », rappelle Jérémy Bacchi. Et dans les communes où il n’y a pas encore d’accord, « nous n’aurons pas de listes les uns contre les autres. Je ne connais pas de rassemblement aussi large dans les autres départements ! ».

    Il reconnaît certes qu’il reste encore « peut-être deux ou trois arrangements à la marge ». « Il y a des communes qui ne sont pas encore dans cette entente-là, mais nous y travaillons encore », promet ainsi le sénateur écologiste Guy Benarroche, précisant qu’il ne s’agit pas d’un accord entre des appareils politiques, mais bien réalisés dans chaque commune. « À Martigues, les écologistes sont toujours en discussion », glisse-t-il. « Nous n’avons pas encore abouti sur Fos, ou à La Ciotat, indique pour sa part Yannick Ohanessian. Mais nous sommes quasi sûrs que nous allons aboutir. »

    L’accord se distingue aussi par le nombre d’organisations impliquées : le PCF, le PS, EELV, Génération écologie, Debout!, le Mouvement des progressistes, la Gauche républicaine et sociale. Génération.s et Place publique, de leur côté, sont toujours en discussion au sein de leurs instances. « Ce rassemblement va beaucoup plus loin que le simple rassemblement politique, il s’élargit à la société civile », ajoute l’élue des 11-12 Cécile Vignes (Génération écologie). Jusqu’à des têtes de liste, comme à Aubagne.

    Mais il se fait sans la France insoumise. « J’ai rencontré il y a un peu plus d’un an les responsables locaux et nationaux, qui nous ont indiqué au préalable qu’ils ne souhaitaient pas d’accord départemental, mais à la carte. À Marseille et à Aix, la stratégie a été une stratégie de clivage, c’est un choix politique qu’ils ont fait », témoigne Jérémy Bacchi. « Nous n’avons jamais été fermés avec un accord avec qui que ce soit, dès le départ nous avons dit que nous souhaitions l’alliance la plus large possible », déplore Guy Benarroche. « À partir du moment où une organisation passe les cinq dernières années à taper sur la ville centre de la région, il me paraît difficile de construire les conditions d’une union », reproche Yannick Ohanessian.

    Face à l’extrême droite

    Pourtant, la menace du RN est bien réelle. « Cette union, c’est aussi un acte de résistance claire face à la montée de l’extrême droite, défend Hervé Street (Debout!). Leur arrivée au pouvoir signifierait le recul des solidarités, l’abandon de l’intérêt général. » « Nous sommes dans un des départements où le danger est le plus important », s’alarme aussi Guy Benarroche. Avec la promesse de défendre des programmes « qui correspondent à ce que nous portons ».

    Rendez-vous est donné en janvier pour de nouvelles annonces.

  • Enfin un QG pour rêver ensemble

    Enfin un QG pour rêver ensemble

    Parmi les grands carnavals provençaux, celui de Martigues se distingue par sa notoriété et son inventivité. Sa fabrication est en cours et a désormais son lieu de ralliement, un QG installé au cœur de l’espace Simone-Veil de la Venise provençale. En ce mois de décembre, habitants et artistes travaillent ensemble pour réussir le carnaval 2026. Ici point de barrières et encore moins de compétition entre Martégaux. Le carnaval est une affaire citoyenne et collective. Il mobilise les quartiers et les services publics. On y cultive l’esprit transgressif et émancipateur de la culture carnavalesque.

    Faire vivre la cité

    Cela peut sembler d’une folle légèreté mais réussir à fédérer, à embarquer les habitants dans cette aventure est un acte politique au sens premier du terme : faire vivre la cité, promouvoir la concorde, l’amitié, la fraternité. Avec sa dimension théâtrale, mythique et délurée, le carnaval devient, dans ses temps sombres où les semeurs de divisions pullulent, un acte de résistance. Une résistance de joie que l’on se fabrique, de bonheur que l’on se tricote ensemble, dans le partage et les savoir-faire. Non pour oublier les duretés du quotidien mais pour puiser l’énergie indispensable pour faire face aux désordres du monde, à l’égoïsme triomphant. C’est à cela que l’on reconnaît, outre sa qualité, la visée d’une politique culturelle ouverte sur le monde et tournée vers l’autre à commencer par son voisin. Cultiver l’altérité et offrir des outils pour grandir, c’est aussi le sens du carnaval martégal qui sait fédérer au-delà de la commune. En cette fin d’année, c’est un sacré message d’espoir.

  • La folie du carnaval infuse à Martigues

    La folie du carnaval infuse à Martigues

    C’est une drôle de scène qui s’est déroulée sur le parvis du rond-point de l’hôtel de ville, jeudi 18 décembre. Debout sur une estrade montée devant l’espace Simone-Veil, trois honorables membres du jury carnavalesque jugent, chronomètre à la main, le record de lancer de ligne de pêche d’un champignon. Muni d’un panneau, un dinosaure passe sporadiquement, intimant au public tantôt d’applaudir, tantôt de se taire. Le moteur d’une moto retentit. Un homme débarque pour devenir à son tour officiellement le meilleur de son domaine : le plus long regard dans le vide, « sans penser à rien ».

    Si rien de tout ça n’est réel, une chose l’est bel et bien : l’inauguration du QG du carnaval de Martigues, qui se tiendra le 7 février 2026. L’événement a beau être festif et fantaisiste, la Ville prend son organisation très au sérieux. « C’est une tradition ancrée, un outil fort de la politique culturelle, explique Santillane Sabouret, en charge de son organisation. Le carnaval résulte chaque année d’un travail de concertation entre des compagnies d’art de rue et les habitants, c’est un temps de création collective et de transmission de savoir-faire. »

    Faire ensemble

    Cette année, c’est la compagnie Camélopard qui s’occupe de la direction artistique de la fête. L’association culturelle arlésienne avait déjà pris part à l’organisation en 2025 en menant des interventions dans les maisons de quartier et les centres sociaux « avec des ateliers sur le recyclage pour montrer comment on peut construire des triporteurs, des mini-chars ou des costumes à partir de matériaux déjà utilisés, dans une volonté de favoriser l’économie circulaire », explique Laura Pazzola, metteuse en scène et comédienne.

    « On va continuer avec cette philosophie mais cette fois, on a un lieu qui sera ouvert, tout le temps, pour que les habitants aient un endroit où se retrouver pour fabriquer leurs accessoires, échanger des idées ou juste boire un café », poursuit-elle.

    L’espace Simone-Veil sera tenu par la direction culturelle de la Ville du lundi au mercredi. Le vendredi, la couturière, le constructeur scénographe et la metteuse en scène de la compagnie Camélopard animeront l’espace de 11h à 20h. « On a du matériel de base pour le défilé, chacun pourra venir demander conseil et prendre part à l’écriture du carnaval en imaginant des tableaux tout le long du parcours », dont on sait déjà qu’il démarrera de la place des Martyrs, à Jonquières.

    Laura Pazzola est enthousiaste : « Le fait d’avoir un QG qui appartient à tout le monde va permettre d’embarquer les gens dans une aventure qui devient une expérience collective. (…) Pour nous, ce qui est important c’est certes la journée même, donc la déambulation, cet événement festif, mais le carnaval c’est aussi tout ce qui se passe avant, le fait de se retrouver, de tisser des liens, de rêver, de s’amuser ensemble. »

    Marceline Zéphir, conseillère municipale déléguée au carnaval (PCF), affirme : « C’est d’abord une fête populaire. » « Pour arriver à ça, la Ville met à disposition les moyens qu’il faut, avec un lieu dédié mais aussi une plus-value artistique. Non seulement ça fait travailler des compagnies et le milieu de la culture, mais ça donne une dynamique extraordinaire à cet événement qui se fera avec des gens ordinaires. »

    Pour l’élue, « vouloir faire la fête, vouloir le vivre-ensemble, vouloir préparer des choses collectivement, c’est encore plus important maintenant qu’avant ». « Dans le monde délétère qui se profile, le carnaval devient un acte de résistance », assure-t-elle. De résistance, mais aussi de liberté. « Juste un mot : le ridicule ne tue pas », lance Patrick Eleonore, un grand expert des carnavals selon Laura Pazzola, à l’assemblée. « On est là pour s’amuser, on souffre déjà assez le reste de l’année. »

  • Aix : Philippe Klein candidat aux municipales

    Aix : Philippe Klein candidat aux municipales

    La nouvelle est tombée en plein conseil municipal, le dernier du mandat de Sophie Joissains, maire sortante UDI et de l’année. Philippe Klein, référent aixois du parti Horizons , désigné chef de file par son parti et conseiller municipal d’opposition à la tête du groupe Aix Autrement est candidat pour les élections municipales 2026. «Oui, je suis candidat», nous confirme l’élu, après l’avoir déclaré dans les colonnes de La Provence. Il retrace : «J’ai été nommé responsable du comité Horizons d’Aix en Provence, puis nommé chef de file pour discuter avec les formations politiques. J’ai discuté avec toutes les formations politiques et notamment le maire sortant. Ce maire sortant ne m’a jamais répondu positivement alors que mon parti me demandait de faire une alliance avec tout le bloc central», rapporte Philippe Klein. Les discussions, qui auraient débuté le 25 juillet dernier, n’ont pas abouti. «Aucune réponse depuis », poursuit l’élu. En l’absence de toute réponse, «le parti Horizons a décidé de m’investir en tant que candidat aux élections d’Aix, ce qui est une décision extrêmement importante, puisque la politique générale est celle de dire qu’on ne présente pas de candidat contre un candidat du bloc central.»

    Philippe Klein affrontera donc Sophie Joissains, maire sortante UDI, qui devrait officialiser sa candidature d’ici le mois de janvier, Marc Pena, député PS de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône et meneur du groupe d’opposition de gauche Aix en Partage, ainsi que Julie Boronad, investie par LFI.

    « verbatim »

  • Un dernier conseil tout sauf anodin pour la majorité

    Un dernier conseil tout sauf anodin pour la majorité

    Ce n’est pas un exercice qui manquera à Cécile Helle. La maire (PS) va tenir, ce samedi matin, son ultime conseil municipal, sans a priori d’émotion spéciale. « C’est un conseil comme un autre, je ne me projette pas sur des choses particulières », nous a-t-elle confié (notre édition de jeudi). Après deux mandats, elle laissera son fauteuil en mars prochain. La multitude de prétendants à sa succession dans la majorité ne devrait toutefois pas permettre un hommage sans dissonance. « J’ai prévu de la remercier et de la féliciter », glisse Joël Peyre, élu aux finances. Les élus, par l’entremise du premier adjoint Claude Nahoum, ont toutefois organisé une collecte afin de remettre un cadeau à Cécile Helle à l’issue de la séance.

    « Cela reste un conseil important, puisqu’il va y avoir le vote du budget », note la maire. Une délibération qui sera la première des 44 du jour, auxquelles s’ajouteront 4 questions écrites du RN. « Un budget responsable et prudent, qui prépare aussi la transition municipale et garantit à la future majorité la latitude financière nécessaire pour mettre en œuvre son programme », peut-on lire dans le rapport. Le budget, qui s’élève au global à 246 millions d’euros, garde les mêmes grands principes de la majorité sur la maîtrise des dépenses de fonctionnement, la stabilité des impôts, environ 38 millions d’euros d’investissements, et une dette en très léger repli. Plusieurs traductions trouveront place dans les délibérations suivantes, comme le vote des premières subventions aux associations sportives (1,8 million) et culturelles (1,9 million d’euros) dispatchées sur une soixantaine de structures.

    +65% de capacité pour la nouvelle cuisine centrale

    « On va créer un centre de loisirs du Clos de la Murette, qui va se positionner à la place de l’école maternelle de la Murette », souligne Cécile Helle. Avec une mise en activité prévue à la rentrée scolaire 2026. La première magistrate rapportera aussi un dossier qui lui tient à cœur, l’héritage de Terre de culture 2025, avec la volonté de pérenniser certains lieux (Maisons Folie) ou événements (Explorateurs de la culture, festival Tous artistes ou l’Odyssée des petits curieux).

    Enfin, en guise de dessert avant de laisser une nouvelle équipe aux manettes, la Ville tient à lancer l’opération de construction d’une nouvelle cuisine centrale. Une première base d’un lourd projet à 18 millions d’euros qui doit permettre, toujours sur l’enceinte du MIN, de faire passer l’unité centrale de production alimentaire de 4 800 repas par jour à 7 300 repas. « L’outil actuel est vieillissant, sous-dimensionné et inadapté aux évolutions actuelles (+ de 1 000 couverts par jour en 8 ans) », indique la municipalité, qui a remis dans le giron public la restauration scolaire puis a baissé les tarifs.

  • Un ultime conseil qui élude les questions budgétaires à Aix -en-Provence

    Un ultime conseil qui élude les questions budgétaires à Aix -en-Provence

    Dernier conseil de l’année, dernier conseil avant les élections municipales et pas moins de 199 rapports à l’ordre du jour. En toile de fond de cette assemblée, la course au fauteuil de maire d’Aix. Dans la salle des États de Provence siégeront les deux candidats officiellement déclarés. D’un côté, Marc Pena, député PS de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône et président du groupe d’opposition Aix en Partage, de l’autre, Sophie Joissains, maire UDI sortante.

    Les élus municipaux se réunissent, ce 19 décembre, pour la dernière fois avant que le nom du prochain maire ne soit révélé. Ce vendredi, ni rapport d’orientation budgétaire, ni vote du budget ne figurent au programme. Cette absence à l’ordre du jour serait notamment justifiée par le contexte incertain qui pèse sur les collectivités, auxquelles le gouvernement demande un effort supplémentaire : le Sénat a revu la contribution à 2 milliards d’euros, contre 4,6 milliards initialement. Pour rappel, le conseil municipal a jusqu’au 30 avril pour voter son budget.

    BHNS et équipements culturels

    Pour Marc Pena, l’absence de débat budgétaire constitue un faux pas. « Je suis étonné que pour ce dernier conseil municipal de la mandature, nous ne débattions pas de l’orientation budgétaire de notre ville. C’est une question éminemment politique et stratégique. Les Aixois et les Aixoises méritent de savoir quelles seront les priorités de la municipalité sortante pour les mois à venir », déplore le candidat socialiste.

    « Cette (raison) ne se justifie pas pour moi, pointe de son côté Philippe Klein, à la tête du groupe municipal d’opposition Aix Autrement et référent aixois du parti Horizons. J’espère que c’est une réalité et pas une difficulté que l’on voudrait soustraire. J’ai des interrogations légitimes : le fait que le gouvernement sollicite les communes est quelque chose de connu. On en a déjà tenu compte (…). C’est de nouveau un débat dont on prive les électeurs. » L’élu d’opposition devrait par ailleurs saisir le maire sur la question des mobilités. Des embouteillages, plus précisément.

    Outre les débats liés à la campagne électorale qui risquent de teinter la séquence, plusieurs dossiers majeurs seront étudiés. Parmi eux : le renouvellement des délégations de service public, dont les lauréats pour le Grand Théâtre de Provence et le 6MIC doivent être annoncés ce vendredi, et l’approbation du programme de travaux du BHNS (bus à haut niveau de service), qui doit relier le centre-ville au pôle d’activités d’Aix, dans le quartier de la Duranne.

  • Les taureaux camarguais menacés par l’épizootie

    Les taureaux camarguais menacés par l’épizootie

    À bord de son quatre-quatre rempli d’outils en tout genre, Michel Gallon est fier de traverser sa manade pour présenter quelques-unes de ses bêtes, dont il connaît, toujours ou presque, toute l’histoire. « Celle-là, on a emmené un de ses fils en Espagne cette année. Elle s’appelle Mosquera, raconte-t-il, enthousiaste. Et celle-là s’appelle Odalisca, un de ses demi-frères a été gracié en Espagne. Et elle, elle est belle non ? C’est Mora. »

    Deuxième génération à exploiter cette manade arlésienne de 600 hectares, Michel Gallon travaille aujourd’hui avec deux de ses fils à l’élevage de 350 bêtes. Il s’agit en majorité de bovins de combats espagnols, destinés à la Corrida pour les mâles et à la reproduction pour les femelles, et dont les « caractères » sont méticuleusement choisis au fil des ans, pour faire naître les bêtes les plus performantes possibles. Au sujet de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie bovine responsable du très contesté abattage de 207 bovins en Ariège, Michel défend une position modérée. « Tuer toutes ces bêtes, bien sûr que c’est horrible, c’est un crève-cœur, s’émeut-il. Mais je ne suis pas vétérinaire, je me dis que si les scientifiques ont pris cette décision, c’est peut-être que c’était la seule solution. » En France, la réglementation actuelle veut qu’en cas de découverte d’un foyer, la totalité du troupeau soit abattue, y compris les animaux sains. C’est contre cet « abattage systématique », qu’éleveurs et agriculteurs, pour la plupart issus de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne, se sont levés en Ariège, dans le Sud-Ouest puis dans le reste de la France. La journée du 11 décembre, marquée par des manifestations en soutien au propriétaire des 207 bovins menacés par l’abattage – et abattus depuis – vivement réprimées par les forces de l’ordre, a également marqué les esprits. Thomas, fils de Michel et lui aussi exploitant sur la manade, voit ces récents événements d’un œil bien plus sévère que son père. « Tout ça me choque. Le soir des manifestations en Ariège, je bondissais sur mon canapé. Autant de violence contre des mecs qui essaient de défendre le travail de toute une vie, s’indigne-t-il. Et puis tuer des bêtes qui ne sont pas malades, on ne peut pas faire ça, c’est pas normal. »

    Les manadiers plaident pour la vaccination

    À quelques kilomètres, dans la manade Albert-Chapelle à Saint-Martin-de-Crau, Florent Chapelle, qui élève sur place 170 bêtes sur 185 hectares, est lui aussi fermement opposé à l’abattage systématique. À bord de son tracteur, arrêté au milieu de ses taureaux di Biou, race emblématique de la Camargue, il qualifie la répression policière du 11 décembre de « scandale d’État ». « Il serait bon qu’enfin on écoute les gens du terrain. L’abattage total ne peut pas être une solution, assène-t-il. Ici en Camargue par exemple, la race di Biou fait partie intégrante de notre patrimoine, c’est l’âme de la culture camarguaise. La perdre serait une grave atteinte à la biodiversité locale. » L’éleveur, qui souligne le temps nécessaire pour reconstituer un cheptel, construit année après année à partir d’une précise sélection des bovins en fonction de leur tempérament, plaide pour la vaccination préventive. « La saison des courses camarguaises commence en mars et le vaccin met 28 jours à agir. Le compte à rebours est donc lancé », s’inquiète-t-il.

    Emmanuel Lescot, président de la Fédération des manadiers, défend lui aussi la solution vaccinale, bien que demeurant plus nuancé. « Je comprends que ça soit compliqué pour les collègues qui font de la viande, car la vaccination met en cause l’exportation. Le combat reste collectif. Nous nous tenons à la disposition de l’État pour réfléchir à des solutions. »