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  • [Rétro 2025] Bustram, tramway : la boucle est bouclée à Montpellier

    [Rétro 2025] Bustram, tramway : la boucle est bouclée à Montpellier

    Avec la gratuité des transports, c’était la promesse de campagne phare de M. Delafosse. Samedi 20 décembre, jour de sa mise en service entre Clapiers et les Grés de Montpellier, la 5e ligne de tramway sera enfin une réalité. Sur 16 km de long (27 stations), elle devrait transporter, à raison d’une rame toutes les 12 minutes (à terme 7), quelque 100 000 voyageurs par jour (lire p.18).

    Ce sera la cerise sur le gâteau d’une année sous le sceau des mobilités. Car dès le 22 mai, la première des 5 futures lignes de bustram a été inaugurée entre Place de l’Europe et Sablassou (à terme jusqu’à Castries). Sont ainsi déjà irriguées toutes les 10 minutes (de 5h à minuit) les zones du Millénaire et Eurêka, qui concentrent 11 500 emplois. Difficultés financières obligent, les 4 autres lignes ont pris un peu de retard…

    L’autre temps fort a eu lieu à l’automne. Le 18 octobre, la gare Sud de France s’est débarrassée de son surnom de « gare fantôme ». Grâce à l’extension (1,3 km) de la première ligne de tramway depuis Odysseum, la gare TGV, inaugurée au milieu des champs en juillet 2018, n’est plus isolée. Mieux, elle est reliée (toutes les 4 minutes) à sa jumelle de Saint-Roch en 20 minutes.

  • [Témoignages] Carnaval de Martigues : ils participent

    [Témoignages] Carnaval de Martigues : ils participent

    Romain Maury, grand champignon du carnaval

    « Donner le sourire aux gens et oublier le quotidien »

    Être champignon, c’est un aboutissement de nombreuses années d’entraînement. Une vraie valorisation de mon talent qui consiste à regarder dans le vide, mais sans aucune pensée. Je sais qu’il y a beaucoup de challengers. Mais tous finissent par penser à quelque chose avant la fin du temps à battre pour dépasser mon record. Ils ont toujours une idée, ou une pensée sur une action à faire, comme par exemple aux courses, au prochain repas, ou d’aller chercher les enfants à l’école. Mais moi j’y arrive, je pense à rien de rien.

    Plus sérieusement, on prépare chacun un rôle dans le carnaval, et le mien sera d’amuser les gens. C’est important pour nous de donner le sourire aux gens, de ne pas se prendre la tête et d’arrêter de penser au quotidien, au travail, au patron, à l’argent, pour pouvoir profiter de l’instant présent sans se poser trop de questions. Au carnaval, on peut devenir n’importe qui et c’est ça qui fait du bien à tout le monde. C’est aussi un moment pour sortir, se retrouver, partager une expérience avec tout le monde quelles que soient nos habitudes. On s’amuse et on profite et je pense que c’est ça l’essentiel de l’esprit Carnaval.

    Des animations dans les écoles

    Je travaille pour les services de la Ville comme coordinateur des temps périscolaires sur la ville. Les animateurs proposeront des activités dédiées au carnaval le midi. Le soir, le périscolaire ouvrira les portes aux parents en garderie pour préparer les décors pour les carnavals de quartier. Il y en aura une douzaine répartie une semaine avant et après le principal. Ce seront plein de petits événements pour faire durer le bonheur !

    Patrick Eleonore, jury au sommet mondial du carnaval

    « On peut faire des costumes avec tout sans dépenser »

    C’est un rassemblement de partage de savoir-faire. Le but est de montrer aux jeunes, aux parents, aux enfants, qu’on peut faire un costume sans dépenser. C’est possible, par exemple, en utilisant du papier journal ou des prospectus découpés en bandelettes et collées sur un vieux vêtement. Ou en utilisant des bouteilles, comme on l’a fait aux Fadas du monde. C’est une forme de recyclage !

    Les Antillais fabriquent aussi des costumes avec des feuilles de bananes. Chez nous c’est traditionnel, mais il faut les trouver car il en faut au moins 300. On utilise aussi les guirlandes de Noël et des miroirs, comme je l’ai déjà fait avec des découpes pour ne pas se blesser, mais on peut bien sûr en acheter des morceaux autocollants. J’ai même déjà réalisé un costume en papier mâché ou en vieux vêtements peints à la bombe.

    Pendant 20 ans j’ai été au comité du carnaval de Guadeloupe qui dure parfois plus d’un mois. Aux Antilles pour le défilé des enfants on utilise parfois même des gobelets en plastique découpés en fleurs et coloriés à la peinture. Pour cinq euros même pas t’as un costume.

    La satisfaction du costume fait main

    C’est aussi satisfaisant de défiler que de faire son costume soi-même. Après tout on n’est pas là pour ridiculiser l’un ou l’autre mais pour apprendre chacun. Certains savent couper, d’autres coller ou peindre, c’est un vrai partage. Quand on arrive à voir des groupes costumés de la même façon, avec les mêmes costumes, c’est encore plus impressionnant.

    Fabrice Vidal, président de l’association des Pêcheurs libres

    « Un moment de liberté où on retrouve son âme d’enfant »

    Je suis investi dans plusieurs associations, dans celle de pêche, je m’occupe aussi de la fête vénitienne. On construit des chars nautiques à la Fabrique. On a déjà commencé pour la prochaine édition. On fait une pause pour les fêtes de fin d’année, mais on reprendra en janvier. J’organise aussi des petits repas avec les copains le vendredi.

    Bref, je m’occupe tout au long de l’année de plein de choses à Martigues. Pour moi, faire partie de la vie de la cité et du monde associatif est plus qu’important, c’est vital. Donc participer au carnaval était une évidence.

    Je ne sais pas encore si je pourrai être présent le jour du défilé car je suis très occupé avec toutes mes activités, mais je passerai régulièrement au QG. C’est un bel espace pour s’entraider. Ça nous permet d’avoir un point d’attache. Si on a un problème on tape à la porte, et on sait qu’on sera toujours bien reçu.

    J’ai fait quarante ans de social au port autonome, et je me régalais trop pour arrêter à la retraite. J’aime voir les gens se divertir, plaisanter… Le rire est un bon remède pour tout. Le carnaval c’est exceptionnel, ça permet aux enfants de s’émerveiller. C’est beau de voir leurs yeux briller.

    S’émerveiller et s’épanouir

    Ça permet à d’autres de s’épanouir, de participer à une aventure collective, de tisser du lien, de faire connaissance avec des inconnus qui peuvent devenir des amis, d’apprendre des techniques artistiques et d’explorer leur côté créatif. C’est un moment de liberté, où tout le monde retrouve son âme d’enfant.

  • [Grand entretien] Laurent Voulzy : « Il reste l’amour, les fleurs et l’espoir de la paix »

    [Grand entretien] Laurent Voulzy : « Il reste l’amour, les fleurs et l’espoir de la paix »

    La Marseillaise : Votre dernier best of s’intitule « 21 souvenirs », comme autant de titres marquants de votre carrière. L’album s’ouvre par le tube « Rockollection », qui évoque les souvenirs d’un adolescent dans les années 1960. La nostalgie est-elle un sentiment qui ne vous a jamais quitté ?

    Laurent Voulzy : Je garde toujours bien sûr des souvenirs de mes premiers groupes lorsque j’étais au lycée, des moments où je grattais la guitare et que je partais répéter le week-end chez les copains. Quand je me rappelle de tels moments, une espèce de nostalgie m’habite mais, en même temps, ça me stimule. Quand aujourd’hui, je répète à nouveau avec des musiciens, à l’âge que j’ai, je retrouve les mêmes sensations que lorsque j’avais 17 ans. Oui, je suis donc nostalgique, mais en fait, pas tant que ça. Ce qui me plaît, c’est ce que je fais en ce moment. C’est le temps présent qui me donne envie de vivre. Je suis par exemple en train de travailler sur un prochain album en ce moment, mais aussi sur un opéra pop sur Jeanne d’Arc, ou encore sur mon autobiographie.

    Dans le titre « Le pouvoir des fleurs », vous chantiez en 1992 : « J’me souviens, on avait des projets pour la terre, pour les hommes comme pour la nature, faire tomber les barrières les murs ». 34 ans plus tard, vous et votre génération, qui nourrissiez beaucoup d’espoirs pour la paix, n’avez-vous pas l’impression d’avoir pris une douche froide en voyant la multiplication des guerres et des replis identitaires ?

    L.V. : Je ne vois pas cela comme une douche froide. Je suis extrêmement touché que, malgré toutes ces choses terribles qui se passent dans le monde, beaucoup d’enfants continuent d’apprendre cette chanson à l’école. C’est une note d’espoir. Après, il faut se rappeler que lorsque cette chanson a été faite, on traversait déjà une époque de guerres et mouvements très violents. Quand on a eu l’idée de faire ce morceau, j’ai dit à Alain [Souchon, qui a écrit la chanson, Ndlr] : « Je voudrais faire une chanson sur le Flower power ». Car toutes les idéologies s’écroulent et il ne reste qu’une chose : l’amour, les fleurs et l’espoir de la paix. Donc, oui, on prend des douches froides à chaque fois qu’on regarde les informations. Mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas continuer à espérer.

    Parmi vos autres titres emblématiques, « Belle-île-en-Mer, Marie-Galante », sorti en 1986,
    où vous chantiez vos «
     souvenirs d’enfance, en France, violence, manque d’indulgence. Par les différences que j’ai, café léger, au lait mélangé ». Était-ce, en fait, avant tout un titre sur le racisme dont vous avez été victime enfant ?

    L.V. : Cette chanson, on peut la lire à plusieurs niveaux. Le premier qui vient à l’esprit des gens, c’est l’idée de mer, de voyage. Vient ensuite mon attachement profond à la France et aux Antilles, qui sont mes deux patries. Et évidemment mon lien à la Bretagne. Celui dont vous parlez est le troisième niveau de lecture : quand j’étais à l’école, on était juste deux bronzés dans la cour de récréation. à la fin des années 1950, tout le monde était blanc. Même si tout se passait globalement bien, petit, j’ai subi des sarcasmes d’autres enfants et parfois même d’adultes. J’ai alors su ce que c’était d’être différent des autres.

    Vous parliez de votre attachement
    à la Guadeloupe. Comprenez-vous le sentiment d’abandon qui s’est emparé des habitants des Antilles françaises suite à des décennies d’abandon des pouvoirs publics
     ?

    L.V. : Moi, je n’ai connu la Guadeloupe qu’à l’âge de 35 ans. La première fois que j’y ai mis les pieds, j’ai été bouleversé. Auparavant, je ne connaissais la Guadeloupe que par ma mère, la cuisine, la langue créole que j’entendais à la maison quand de la famille ou des amis d’Antilles venaient chez nous. Je ne suis pas né là-bas et j’ai donc une vision du pays qui est arrivée tardivement. Les gens des îles ont toujours un sentiment d’isolement et à la fois une fierté d’être des insulaires. ça concerne les Antilles, mais aussi des îles bretonnes, la Corse et bien d’autres. Après, il ne faut pas occulter que la Guadeloupe est une ancienne colonie où subsistent aujourd’hui des résidus de ce temps des colonies. Le fait d’y avoir laissé la vie extrêmement chère participe de ce sentiment d’abandon. N’oublions pas non plus les produits qu’on a mis dans la terre, le chlordécone par exemple. C’est l’un des derniers endroits dans le monde où il a été interdit, alors que les pouvoirs savaient très bien que c’était hypertoxique. Il y a aussi un taux de chômage incroyable. Même si je ne suis pas un grand expert et que je ne vis pas là-bas tout le temps, je comprends ce sentiment d’abandon. Et que dire encore des énormes problèmes d’eau que connaît la population avec des coupures incessantes.

    Votre album comprend également « Amélie Colbert » (2001), que vous avez jouée aux côtés de grands musiciens antillais comme les frères Fanfant ou Mario Canonge. Votre idée de l’époque, c’était de faire écouter leur talent au public de l’Hexagone ?

    L.V. : Ce n’était pas forcément mon but. J’ai surtout voulu raconter la façon dont moi, je voyais les Antilles. Je voulais faire de la musique antillaise avec le son et le feeling d’origine. Un son dans le style des biguines des années 1950. J’en garde un souvenir fabuleux. Ils racontaient les Antilles avec des souvenirs de leurs mères, qui n’avaient pas le droit de parler créole à table petites, c’était aussi interdit dans les écoles à l’époque. Cette chanson a beaucoup touché les gens aux Antilles.

  • La féerie de Noël enchante le centre-ville de Marseille

    La féerie de Noël enchante le centre-ville de Marseille

    En ce premier week-end de vacances scolaires, c’est un véritable parcours d’animations, de découverte et d’émerveillement qui attend les familles, à Marseille.

    Pour ajouter de la magie et de la joie à toutes les animations et activités qui ont déjà commencé dans la ville, le Village des enfants se délocalise pour la toute première fois et sera présent, samedi et dimanche entre 10h et 19h, sur la place de l’Opéra, mais aussi sur la place Castellane avec des animations, des ateliers de Noël, des stands de maquillage ou encore des bulles enchantées pour le plaisir des plus jeunes.

    Mapping et animations

    Le tout dans un centre-ville piétonnisé pour l’occasion qui vous permettra de flâner, de profiter des décorations, mais aussi de réaliser vos derniers achats.

    Pour la découverte, c’est au départ de l’office de tourisme que vous pourrez profiter d’une balade typique et pittoresque dans les rues de la ville, vêtue de ses plus beaux habits de lumières. Entre tradition du blé, les 13 desserts ou encore la crèche et ses santons provençaux, embarquez dans une visite guidée gratuite, samedi entre 15h et 18h, qui sent bon les fêtes de fin d’année.

    Si vous êtes plutôt des aventuriers solitaires, c’est tout un parcours lumineux qui vous est proposé depuis le Vieux-Port jusqu’à la place Castellane, en passant par l’Opéra et la fontaine Félix-Barret (préfecture), où les façades des bâtiments et les fontaines seront mis en lumière et en musique dès 17h samedi et jusqu’au lendemain 22h.

    Le ciel illuminé

    Du côté de l’Hôtel de ville, un mapping émerveillera petits et grands à partir de 18h samedi, avec des projections lumineuses sur la façades et des animations musicales en préambule du grand spectacle.

    D’ailleurs, à quelques pas de là, non loin de l’Ombrière, le concert Gospel Philarmonic Experience réunira près de 40 chanteurs qui offriront aux visiteurs un récital de chorale et de musique live, où classique et gospel se rencontreront sous la baguette du chef d’orchestre Pascal Horecka samedi dès 18h30. Et, pour couronner le tout, c’est un spectacle de drones et un feu d’artifice inédit qui illumineront le ciel à 19h45.

  • [Rue de la République] Préfet Jacques Witkowski : « 28 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis »

    [Rue de la République] Préfet Jacques Witkowski : « 28 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis »

    Le narcotrafic

    Didier Gesualdi : Le narcotrafic empoisonne le quotidien de nombreux Marseillais. Que faut-il retenir de la visite présidentielle à ce sujet ? La hausse de l’amende aux consommateurs ?

    C’est une mission importante qui m’a été confiée. Je conteste l’expression « empoisonne le quotidien », on est très au-delà de cela. Ce n’est pas une gêne. Quand j’ai pris mes fonctions, j’en ai bien pris la mesure. Ce n’est pas l’affaire que de la police nationale, des gendarmes, des douaniers, des magistrats… C’est l’affaire de tous les citoyens de pouvoir reconquérir le terrain pour vivre normalement. Nous sommes dans une continuité des stratégies d’action pour tirer parti des expériences acquises et aller vers une performance meilleure. La stratégie passe par une occupation déterminée et têtue du terrain. Je sais qu’on peut me dire « ils sont venus, pendant trois heures c’était bien et puis cinq heures après, ça recommence ». On va recommencer aussi. Autant de fois que nécessaire. On m’a montré une « publicité » de trafiquant qui disait « venez comme vous êtes ». J’ajoute : « Venez comme vous êtes, on va vous conduire au commissariat. » On va continuer à pilonner. Sachez qu’à Marseille tous les jours c’est entre 250 à 350 policiers qui pilonnent les points de deal. Nous sommes dans une course. De temps en temps on fait des accélérations et on aura quelques surprises dans notre besace. Il m’est insupportable de constater que dans certains quartiers, pour rentrer chez vous, vous passez un contrôle de gens qui ne sont pas en uniforme et qu’il y a des chicanes. C’est insupportable. Nous prendrons le temps qu’il faut pour en finir. Uniquement sur la zone police, je ne prends ni les douanes ni les gendarmes, c’est plus de 28 millions d’euros d’avoirs criminels qui ont été saisis. C’est plus d’une quinzaine de commerces fermés, ce sont de nombreuses suites judiciaires. Sur le plan des saisies. Nous avons largement dépassé 650 kg de cocaïne, à 55 euros le gramme en moyenne, vous voyez la somme que cela représente !

    Léo Purguette : C’est un reflet de l’énormité du phénomène dans notre territoire. Cette hausse d’amende n’est-elle pas un peu dérisoire ? Ne fait-elle pas évoluer le trafic vers de la livraison type « uber shit » ?

    Il faut aussi que nous prenions en compte l’environnement de tout cela : la pauvreté, l’habitat, le travail, la santé… Il faut de la prévention. Le président de la République a été parfaitement clair. S’il y a une offre, c’est bien qu’il y a une demande. Sur les saisies on est sur des dizaines, des centaines de millions de doses. Ça donne le tournis. Il y a certes des trafiquants mais toute une série de personnes qui alimentent le trafic par leur consommation. Quand l’éducation, la prévention ne suffisent pas, la peur du gendarme doit jouer son rôle.

    L’abandon des quartiers populaires

    Didier Gesualdi : Un travail colossal est à faire dans les quartiers, il passe aussi par la réimplantation du service public.

    Bien sûr que je l’entends. Je vais sur le terrain de manière visible mais aussi discrète pour me rendre compte de la situation sans avoir de filtres devant les yeux. J’ai servi sur d’autres territoires très complexes. Il m’est insupportable de voir des territoires dégradés dans lesquels le sentiment d’abandon perdure. Quand vous vous sentez abandonnés à 1 km du centre-ville, il faut un travail de police mais aussi de toutes les politiques publiques, de toutes les collectivités qui nous accompagnent.

    Léo Purguette : Sur les Maisons France services, une des alternatives poussée par l’État pour contrer la désertification des services publics, à Marseille certaines sont menacées parce que la Métropole s’en désengage. L’État va-t-il compenser ?

    C’est un dossier dans lequel je ne suis pas complètement rentré puisque je ne suis là que depuis trois semaines mais j’en ai entendu parler. Les Maisons France services sont une vraie réussite de reconquête du service public. Ces vingt dernières années, il a beaucoup reculé notamment en ruralité mais aussi dans les centres urbains. Après la crise des Gilets jaunes, l’idée de reconquérir du service public dans une forme de guichet unique est un axe particulièrement important. Les Maisons France services n’étaient pas faites pour le milieu urbain, mais elles y ont démontré leur hyper-pertinence. Donc il faut les maintenir, parfois les enrichir.

    Le logement social

    Didier Gesualdi : La production de logements connaît une crise. Que dites-vous aux communes qui ne jouent pas le jeu ?

    D’abord, sur la production, on a sur la totalité de la France depuis 4 à 5 ans, un ralentissement. Pour y répondre, nous avons plusieurs programmes qui sont en place. Sur la totalité de la région, cette année, nous avons dépensé 350 millions d’euros. C’est quand même une somme plus que rondelette. C’est nécessaire de le dire pour les habitants qui ont l’impression que rien ne bouge. Pour reprendre la formule d’Audiard, « La justice, c’est comme la Sainte-Vierge, si on ne la voit pas de temps en temps, le doute s’installe ». En 2025, à Marseille et sur le territoire de la Métropole il y a une reprise, puisque l’objectif était de faire 3 000 logements, on va en faire 4 000. Bien sûr la demande reste très forte. L’année 2026, verra le programme Anru qui fait 800 millions pour le département dont 650 pour Marseille, la réhabilitation des copropriétés dégradées… Ensuite, les maires. La loi SRU déjà fort ancienne prévoit qu’on doit respecter 25% de logements sociaux à défaut de quoi il faut s’acquitter de sommes importantes réaffectées par l’État aux politiques du logement. C’est un choix local de certains maires.

    Léo Purguette : N’y a-t-il pas pour le représentant de l’État, quelque chose de moralement perturbant à voir des élus faire campagne en promettant d’enfreindre la loi ?

    Moralement perturbant, non. La loi existe et continuera de s’appliquer. Les élus sont élus démocratiquement, cela veut dire qu’une majorité des citoyens s’est portée sur eux. Il n’empêche que nous appliquerons la loi. Dans certains cas, on peut aller jusqu’au retrait du droit d’attribuer les permis de construire mais c’est un constat d’échec. La mixité sociale on peut en parler, elle ne se décrète pas, parce qu’après il faut la vivre.

    La crise agricole

    Léo Purguette : Qu’avez-vous à dire aux éleveurs de notre région, très inquiets, du fait de l’épizootie de dermatose nodulaire bovine mais pas seulement ?

    J’étais en réunion avec le ministre de l’Intérieur à ce sujet quelques dizaines de minutes avant de vous recevoir. Le gouvernement entend bien qu’il y a différents sujets d’inquiétudes. L’agriculture connaît une situation complexe, de concurrence, avec des normes qui s’accumulent. J’ai demandé qu’on puisse discuter avec les éleveurs de Camargue et qu’on puisse les intégrer assez rapidement à une vaccination globale de manière à préserver la race. Pour le coup, il y a peu d’individus. Ce ne sont pas des bêtes qu’on vend pour faire de la boucherie ou du lait. La race est très spécifique, il faut que l’on puisse la protéger. La vaccination devrait arriver d’abord dans l’Hérault et suivre dans la foulée en Camargue.

    La décarbonation de l’industrie

    Léo Purguette : Vous avez rendu votre avis sur la ligne Très haute tension qui vise la décarbonation de l’industrie dans le golfe de Fos. Pourquoi l’entreprise RTE doit-elle revoir sa copie ?

    C’est un sujet qui a fait l’objet d’une action novatrice de la commission nationale du débat public, cet organisme garant de l’honnêteté – au sens du XVIIe siècle – et de la pertinence du débat public. Le travail rendu est absolument complet, on comprend bien les enjeux pour le territoire mais aussi les risques et les facteurs de blocages éventuels. Tout cela, nous amène à demander au porteur de projet qui est l’opérateur de transport d’énergie RTE, de construire un dossier qui tienne compte de tous ces éléments, de façon à s’approcher du consensus même si on n’y arrive jamais tout à fait. RTE doit améliorer son dossier de façon à ce qu’on puisse approcher du bonheur.

    Léo Purguette : Améliorer ça veut dire quoi ? Des sections du tracé souterraines ?

    Contrairement à ce que j’ai pu entendre dire, on n’a pas pris le parti d’une forme de projet. Lorsque vous lisez les arguments d’un certain nombre d’adversaires du projet, je comprends qu’on se pose des questions de paysage, on habite tous quelque part, ou de santé, d’impact environnemental… il faut pouvoir y répondre. Le choix porté par l’opérateur un peu à la façon de la barbe du capitaine Haddock « dessus-dessous » doit pouvoir être très justifié afin de savoir pourquoi on écarte et pourquoi on retient.

    Didier Gesualdi : Si on synthétise, il faut arriver à concilier le gisement d’emplois, avec la décarbonation, la santé des populations et l’environnement ?

    Je rappelle que la zone de Fos-Berre, à elle seule, représente 25% des émissions françaises de CO2 donc l’enjeu est considérable. Ensuite, c’est 42 000 emplois avec des perspectives de développement. Effectivement, une fois que l’on a dit ça, une ligne Très haute tension de 400 000 volts, ce n’est pas anodin dans un paysage. Évidemment, il faut tenir compte de l’ensemble des éléments mis en évidence dans le travail de qualité de la commission nationale du débat public. Il n’est donc pas possible pour le moment d’engager la déclaration d’utilité publique. L’opérateur RTE doit améliorer son dossier en incluant toutes les remarques qui lui ont été faites.

    Marseille en grand

    Léo Purguette : Le plan Marseille en grand fait polémique dans la campagne municipale notamment sur les écoles. Quels sont vos chiffres ?

    Marseille en grand est critiqué mais c’est normal. Il y a toujours sur le territoire, une attente. J’arrive au moment où le bébé est accouché et je fais le rôle du pédiatre qui est quand même beaucoup plus simple que celui de l’obstétricien. Si ce plan n’avait pas été conçu – 5 milliards d’euros excusez-moi du peu – nous serions tous restés au point ante. Donc on peut entendre toutes les critiques mais ce qui a été engagé est en route. Trois chiffres : parmi les 200 actions réparties sur 7 thématiques, 87%ont été réalisées ou commencées. Sur la totalité des 5 milliards d’euros, à l’arrivée du président de la République mardi, nous en étions à 61% d’exécution de crédits. Ça fait du bruit quand même, financièrement parlant. Et depuis, à l’heure ou nous nous parlons, nous avons encore engagé une douzaine de millions de plus, sur les transports. Sur les écoles, tout dépend ce que l’on regarde. Il y a 15 écoles livrées, 44 qui sont débutées et des phases 3 et 4 qui arrivent.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Grégoire :

    Bonjour M. le préfet. Il y a dans notre région une cascade de condamnations d’élus. Comment l’État agit pour prévenir les risques de prévarication ?

    Ça ne doit pas exister puisque c’est interdit par la loi. Il y a des textes qui encadrent les marchés publics. Il y a des textes de procédure, mais aussi des textes de déontologie. Il est nécessaire de les respecter. Ensuite, sortir d’un texte de loi ce n’est pas forcément toucher de l’argent, ce peut être bénéficier d’un avantage auquel on n’a pas droit, obtenir ou donner un passe-droit. Il ne faut pas minimiser, c’est comme sur la route, on va vous dire « j’ai été flashé à 91 km/h et la limite c’est 90, ce n’est pas grand-chose ». Sauf que si vous portez la limite à 100 km/h, vous aurez le même discours pour ceux qui sont flashés à 102. Donc premier élément : respecter les règles. Deuxième élément : faire en sorte que les règles soient connues. J’ai vu certains élus se trouver involontairement dans une situation de prise illégale d’intérêts parce que la loi est complexe. Le fait, par exemple, d’assister au vote d’une délibération dans laquelle vous avez intérêt peut arriver de bonne foi pour les grands élus qui ont de multiples responsabilités et qui ne font pas attention à une incompatibilité lors d’un vote. Troisième élément : l’exemplarité. Quand on est élu ou responsable public, il faut l’avoir en tête. On a aujourd’hui une remise en cause des élites qui montre le besoin de figures d’exemplarité qui donnent un cap. La faute d’un seul peut vite rejaillir sur tous. L’État est là pour faire respecter les règles. Tout simplement.

    La République c’est quoi ?

    Préfet Jacques Witkowski : « La République c’est ce qui nous unit au sein de la Nation. C’est l’ensemble de nos valeurs qui nous réunit au-delà de notre couleur de peau ou de nos convictions politiques. C’est l’ADN de la France. Être Français, ce n’est pas simplement être de quelque part. La République, c’est ce qui juridiquement, en notion et en vie courante, nous raccroche à tous. C’est un grand tout fait de petits détails. »

  • L’OM vigilant dans l’Ain

    L’OM vigilant dans l’Ain

    Sept ans après, l’OM va retrouver le stade Marcel-Verchère. Lors de ce précédent duel, alors en 8e de finale de Coupe de France, les Burgiens étaient en Ligue 2 et avaient subi une véritable déroute (9-0). Cette fois, c’est une équipe qui se débat dans les profondeurs du National qui s’apprête à accueillir les Phocéens. Avec à leur tête un ancien de la maison olympienne, David le Frapper, et un dernier résultat en championnat, victoire 1-0 à Villefranche, qui a ravivé les espoirs aindinois d’aller chercher le maintien.

    Roberto De Zerbi se méfie d’un adversaire aux abois. « Il ne faut surtout pas se dire que tout est fait parce que nous jouons un adversaire en difficulté. » C’est pourquoi, même si la tentation de faire appel aux jeunes peut être grande, « je choisirai la meilleure équipe, selon moi, car tout le monde a pu récupérer et les joueurs sont frais. Lancer les jeunes dans ce type de match peut-être dangereux, surtout pour eux ! »

    C’est pourquoi, même si quelques « minots » habituels devraient faire le voyage en pays bressan, le onze de départ devrait avoir une forte connotation Ligue des Champions. Avec comme seuls absences celles de Pierre-Emerick Aubameyang et Nayef Aguerd, partis disputer la CAN avec le Gabon et le Maroc. Et sans doute Gerónimo Rulli, qui cédera sa place à Jeffrey de Lange.

    « Je me trouve face à une difficulté, à savoir gérer deux gardiens qui sont très forts, alors qu’un seul peut jouer », soupire Roberto De Zerbi. Depuis le coup d’envoi de la saison, Gerónimo Rulli est le numéro 1 indiscutable. Mais, après chaque retour de trêve, Jeffrey de Lange l’a suppléé. « Il mérite d’avoir plus de temps de jeu. Et s’il joue dimanche, il fera toute la coupe. Il doit savoir que j’ai confiance en lui », admet l’entraîneur marseillais.

    L’intéressé est déterminé. « Pour moi, ce n’est pas difficile de rester concentré. Je m’entraîne et travaille dur pour être toujours prêt », a-t-il confié. Sa prestation à Nice a montré que ses qualités étaient intactes, malgré son faible temps de jeu. « C’est vrai que ce que je vis n’est pas simple. Mais je garde mon sang-froid et me donne à fond à l’entraînement », insiste le Néerlandais.

    Il devrait débuter dimanche, dans un onze où l’attaque sera remaniée. Sans pour autant garantir une place à Robinio Vaz. « Neal Maupay peut débuter », confesse Roberto De Zerbi, qui attend de son équipe qu’elle montre un visage plus attrayant car « je n’aime pas la manière dont nous jouons actuellement ». Alors que sur le banc seront présents Hamed Traoré et Facundo Medina.

    REPERES

    Vacances olympiennes

    Les Olympiens, qui rallieront Bourg-en-Bresse dès ce samedi, seront en vacances après leur match de Coupe de France, dimanche. Ils ont droit à une semaine complète de repos. Avant de reprendre le 29 décembre, pour préparer la réception de Nantes, le 4 janvier à 15h.

    A jamais les premiers

    Notre confrère Mario Albano, ancien grand reporter au « Provençal », vient de publier un petit fascicule. Son titre : « OM, à jamais les premiers », avec comme sous-titre « un jour une histoire ». Déclinées en almanach, la grande et la petite histoire du club sont racontées au jour le jour. Avec une anecdote et un anniversaire. Mario Albano sera en dédicace samedi après-midi chez Cultura, centre commercial des Paluds à Aubagne.

    Istres se méfie du petit Poucet Mérignac

    Sur le papier, les hommes de Zaki Noubir sont favoris dans ce 32e de finale de Coupe de France.

    Toutefois, au moment de découvrir la pelouse du stade Robert-Brettes, le FC Istres aura en tête qu’au tour précédent, Pau, qui joue les premiers rôles en Ligue 2, a été éliminé sans gloire par Mérignac (1-0), un club de Régionale 1 qui arrive pour la seconde fois consécutive à ce niveau de la compétition.

    La saison dernière, alors que les Istréens avaient été sèchement sortis par Grenoble (Ligue 2), au 8e tour et avaient donc manqué les 32es de finale, les Girondins avaient poussé Laval jusqu’aux tirs au but.

    Ce duel Mérignac-Istres sera le premier dans l’histoire des deux clubs. C’est une sorte de derby, car il oppose les clubs de deux villes hébergeant deux des plus importantes bases aériennes de l’armée de l’air. La 109 côté girondins, la 125 pour les Provençaux.

    Coup d’envoi samedi, à 18h, sur la pelouse du stade Robert-Brettes.

  • Troisième action des agriculteurs en une semaine en Vaucluse

    Troisième action des agriculteurs en une semaine en Vaucluse

    « Madame Von der Leyen, le Mercosur, c’est nein », a lancé à de multiples reprises, tel un slogan, Sylvain Bernard, secrétaire général de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles de Vaucluse (FDSEA 84), ce vendredi 19 décembre, lors d’un mouvement de son syndicat. C’est le troisième en une semaine, après celui de la Confédération paysanne lundi et déjà la FDSEA mercredi.

    Dès 6 heures du matin, plusieurs dizaines de camions et tracteurs sont partis de l’Agroparc en direction de la préfecture de Vaucluse, où ont été déversées des tonnes de produits invendus et de déchets agricoles. Les quelques petites collines de détritus ont ensuite été mises en flammes, dont la fumée noire a embaumé toute la Cité des Papes.

    Trêve de Noël

    Outre le Mercosur et la dermatose nodulaire, la FDSEA dénonce aussi l’aménagement de la taxe carbone aux frontières sur les engrais importés. « On ne peut pas prendre de charges supplémentaires car on ne fait pas de marges. Cette taxe n’a aucun sens alors qu’on importe des produits de pays qui ont massivement déforesté pour cultiver », assure le responsable syndical. C’est à quelques centaines de mètres de là, devant la Cité administrative donc, que les responsables syndicaux se sont exprimés, juste après un jet de pommes pourries sur les bureaux. Une action stoppée net après que l’un des fruits a heurté le visage d’un des policiers. « C’est un petit coup qu’on vient de mettre. S’il ne se passe rien, à la rentrée, ce sera un grand coup de pied qui sera mis », lance à la foule Jordan Charransol, président des Jeunes agriculteurs de Vaucluse. Tandis Sylvain Bernard évoque tout de même deux ou trois actions coup de poing pendant les vacances, la « trêve de Noël » demandée par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, devrait bien être respectée.

  • La majorité fait adopter un budget très controversé à Aubagne

    La majorité fait adopter un budget très controversé à Aubagne

    « La Chambre régionale des comptes a confirmé que notre collectivité est exemplaire. Nos choix de gestion ont été reconnus. Il aura fallu deux mandatures pour relever Aubagne. Nous l’avons faite entrer dans le XXIe siècle. Les Aubagnais sont fiers de leur ville », se félicite l’adjointe aux finance,s Danielle Menet jeudi soir, salle du Bras d’Or.

    Elle vient de détailler le budget primitif 2026. Fixé à plus de 112 millions d’euros, il se compose de plus de 86 millions en fonctionnement (dont les dépenses de personnel, avec 47 M, représentent 61%) et plus de 26 M d’investissement. Ce budget, indique-t-elle, s’appuie « sur la stabilité des taux d’imposition, inchangés pour la 12e année consécutive », « et un niveau d’investissement élevé ». L’adjointe précise « qu’une part importante » de ce dernier – soit plus de 7 millions d’euros – seront consacrés au pôle éducatif des Passons. Sa construction, qui a débuté fin 2024, doit être achevée à la fin de l’été 2026, pour une ouverture prévue pour la rentrée scolaire, en septembre. « La création de la nouvelle voie desservant le parvis de l’équipement sera programmée au printemps 2026 », a-t-elle déclaré. Dans les écoles, la Ville programme, pour l’an prochain, l’installation de brasseurs d’air ou climatiseurs. Engagée depuis 2016 dans la rénovation énergétique de son réseau d’éclairage public afin d’économiser 75% de consommation annuelle, la Ville traitera « 8 000 nouveaux points lumineux en 2026 ».

    18 millions à rembourser

    Danielle Menet a assuré tenir bien serrés les cordons de la bourse, avec « la maîtrise des dépenses de fonctionnement », et « la poursuite de la trajectoire de désendettement engagée en 2024 », même si l’annuité (capital et intérêts) de la dette s’élèvera à 18 M en 2026. « Il ne s’agit pas d’une dette, mais d’un surendettement », a rugi Joëlle Mélin (RN). « Nous découvrirons les chiffres quand nous serons à la mairie le 22 mars », a-t-elle rêvé tout haut…

    Juste avant, après avoir estimé ce budget « fictionnel, car la Ville ne connaît pas l’impact réel du budget de l’État sur les collectivités locales », Jean-Pierre Squillari, conseiller municipal (RGE) et tête de liste de Aubagne en commun a lancé : « le 29 mars prochain, quel que soit le verdict des urnes, le travail sera à reprendre de fond en comble ». Ce à quoi a réagi le maire (LR) Gérard Gazay : « Il va y avoir embouteillage, le 22 mars… » En ce dernier conseil municipal de la mandature, chacun était bien déjà en campagne. Jean-Pierre Squillari a profité de son intervention sur le budget pour évoquer largement son programme. Candidat à sa réélection, Gérard Gazay a rétorqué : « C’est facile de dénigrer comme vous le faites. Vous ne rentrez pas dans le budget, cela montre votre incompétence. Vous faites de la mauvaise littérature. Les Aubagnais sauront apprécier le travail qui a été fait. »

  • Toulon vote un budget pour maintenir un cap « responsable »

    Toulon vote un budget pour maintenir un cap « responsable »

    « Je ne vous cache pas que c’est pour moi un moment important, un moment porteur de sens, car voter un budget, c’est forcément projeter la collectivité dans l’avenir, même si, ici, dans cette assemblée, aucun de nous ignore les échéances à venir », commence la maire sans étiquette de Toulon Josée Massi, en rappelant le contexte national de grande imprévisibilité dans lequel il a dû être élaboré. Et sous le poids des contraintes qui pèsent sur les collectivités locales. « Cela ne nous a pas empêchés de nous atteler à la tâche avec sérieux et responsabilité », ajoute-t-elle. Avec un budget qui « s’inscrit dans une continuité ».

    C’est-à-dire qu’il respecte les même impératifs suivis depuis 2001, date de la prise de la ville au Front national par Hubert Falco (DVD). À savoir, pas d’augmentation d’impôt, « une dette maîtrisée et un équilibre raisonné entre épargne et emprunt pour financer [les] investissements ».

    La première magistrate a mis ensuite en avant les priorités dont ce budget se veut le reflet. Avec en tout premier lieu l’éducation et la jeunesse. Mais aussi la culture, et la poursuite de la renaissance du centre-ville. Sans compter les subventions aux associations qui augmentent de 8,7% en 2026. Et de conclure : « Ce budget montre que la Ville de Toulon avance, investit, protège et prépare son avenir. »

    La conseillère municipale d’opposition Cécile Muschotti (Union des écologistes centristes) considère que « cette stabilité a du sens », mais elle regrette « une forme de retenue, une prudence, qui laisse un peu de place à l’expression d’un souffle nouveau pour la ville ».

    La dernière séance

    « Les gouvernements Macron pratiquent un double standard : opulence pour les uns et austérité pour les autres avec l’étranglement des collectivités territoriales », commence le conseiller municipal de Toulon en Commun André De Ubeda (PCF). Une situation, déclare-t-il, qui conduit à des difficultés encore plus importantes pour la municipalité.

    Et de prendre pour cible le député Yannick Chenevard (Ensemble) adjoint de cette majorité. « Comment faire semblant de regretter à Toulon ce que vous votez à Paris ? », interroge l’élu.

    L’extrême droite en prend également pour son grade, en rappelant que « quand Bayrou demandait 40 milliards d’économie le RN en demandait 100 ! ».

    Toulon en Commun reconnaît l’inflexion positive donnée par Josée Massi depuis presque trois ans, mais la juge encore « malheureusement insuffisante pour répondre aux besoins des Toulonnais ».

    Pour André De Ubeda, « les investissements augmentent mais trop tard et l’endettement légitime mais tardif va creuser la dette ». Et de conclure : « Nous restons sur notre position : la dette n’est pas une mauvaise chose si elle permet des investissements vertueux et susceptibles de procurer des économies et des revenus supplémentaires. Mais quel dommage de ne pas l’avoir fait avant lorsque les taux d’intérêt étaient moins élevés. »

    Josée Massi, répondra que c’est un budget de responsabilité, de solidarité et d’ambition. « Car seule une gestion saine permet d’agir et d’investir », conclut-elle. Une séance riche et apaisée pour un bel exercice de démocratie communale.

    En bref

    André Herrero, « Le Grand »

    Le 23 octobre 2025 disparaissait le rugbyman André Herrero qui a marqué de son empreinte la grande Histoire du rugby français et toulonnais.

    Surnommé « Le Grand », véritable légende du Rugby Club Toulonnais, André Herrero est reconnu pour son courage et sa combativité.

    Le Conseil municipal lui rend hommage en donnant son nom au parvis du stade Mayol.

    Médiathèque François Trucy

    Dans le cadre du projet de création d’une médiathèque et d’un jardin au cœur du quartier de Saint-Jean-du-Var, rue Marnata, la Ville de Toulon souhaite rendre hommage à l’ancien sénateur-maire François Trucy, disparu le 25 mars 2025.

    Celle-ci portera donc son nom.

    La gauche a rappelé qu’elle avait demandé qu’elle soit appelée Aragon, né à Toulon. Mais poursuit : « Nous avons du respect pour M. Trucy notamment parce que c’est le seul maire qui n’a pas été condamné avec vous madame le maire en 66 ans de mandature de la droite et de l’extrême droite. »

    Yannick Chenevard s’improvise chef de file

    La situation est assez cocasse pour être relatée. Nous avons plutôt l’habitude en d’entendre l’opposition se positionner sur le budget, un peu moins un adjoint de la majorité. Le député Yannick Chenevard a en effet pris la parole pour dire « Nous voterons ce budget ». Est-ce à dire qu’un traquenard avait un été un temps envisagé pour embarrasser la maire sortante ?

    Les adieux émouvants de Léopold Trouillas

    Le conseiller municipal de la majorité a fait en guise d’au revoir un plaidoyer pour la culture qui « arme nos cerveaux ». Et a conclut en citant Christian Bobin : « C’est en se quittant qu’on se dit tout. »

  • Le bus à haut niveau de service jusqu’à la Duranne en débat

    Le bus à haut niveau de service jusqu’à la Duranne en débat

    Le dossier était attendu de pied ferme, mais ses modalités restaient des nébuleuses. Après une approbation en conseil métropolitain le 15 décembre dernier, c’est au tour du conseil municipal aixois d’approuver, ce vendredi 19 décembre un programme de travaux qui permettrait, à terme, d’installer une ligne de bus haut niveau de service (BHNS) depuis la gare routière de la capitale de Provence placée en centre-ville, vers le pôle d’activités économiques (PAAP) de la Duranne. La ligne permettra également de desservir le quartier des Milles et la zone de la Pioline, de la Constance (sud), en longeant le Pôle d’échanges multimodal et le Plan d’Aillane. Il aura néanmoins fallu patienter près de deux décennies pour que les premières signatures autour du projet ne soient couchées sur le papier : en juillet, Martine Vassal, présidente (DVD) de la Métropole et François Rebsamen, ministre de l’Aménagement du territoire, signaient enfin cette mise en service. « Il y a ceux qui parlent, et ceux qui font. Le maire d’Aix en Provence fait », félicitait, en amont des présentations, Eric Chevalier, premier adjoint de Sophie Joissains, maire UDI de la commune.

    Les travaux s’annoncent d’ampleur sur cette ligne dont une longue présentation, en amont des débats, en a décrit la disposition : 18 kilomètres de distance au total, 28 stations desservies pour un fonctionnement continu du lundi au samedi. Coût total du programme : 153 millions d’euros hors taxe. « L’insistance que nous avons mise sur ce dossier depuis plusieurs années vous pousse à trouver des solutions très électorales », ironisait de son côté Cyril Di Méo, élu d’opposition dans le groupe mené à gauche par Marc Pena (PS), candidat au fauteuil de maire.

    « Le projet est perfectible »

    « La physionomie du projet a massivement changé. Les scénarios évoqués, il y a un an et demi deux ans, étaient sur des budgets au maximum de 80 millions d’euros. Là, on est passés à des travaux à bientôt 200 millions. Les tracés aussi sont complètement modifiés », poursuit l’élu, qui estime que le tracé desservira mal le cœur de la Constance. Même remarque chez Anne-Laurence Petel (Aix-au-Coeur) qui rappelle : « L’exigence pour valider le dossier de la Constance était d’avoir un réseau de transport pertinent. Le BHNS ne passe plus par la Constance ! » « J’ai soutenu et lundi dernier voté très favorablement pour ce projet, qui a des conséquences écologiques (…) j’espère que sa mise en place soit facile, j’ai peur que 2030 soit une date un peu trop optimiste », pointait de son côté Philippe Klein, chef de file du groupe d’opposition Aix Autrement. Marc Pena lui, ajoute une couche sur le sujet : « Quelle que soit la municipalité qui viendra au printemps prochain, elle aura pour objectif de travailler encore plus le projet avec la Métropole et faire en sorte que ce projet soit un projet qui réponde aux besoins. Là, pour l’instant, on est à mi-chemin. Je suis inquiet des sommes envisagées. Et il se dit partout que la mise en service effective sera 2035. » « La commune est allée chercher la solution financière auprès de l’Europe. C’est pour ça que ce projet s’est débloqué, et ça va aller très vite », rétorque Jean-François Dubost, adjoint à l’économie. « Le projet sera perfectible, et développé », tranche Christophe Chenaud, directeur général adjoint urbanisme.