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  • À Orange, un projet hôtelier de luxe fait bondir les riverains

    À Orange, un projet hôtelier de luxe fait bondir les riverains

    Un complexe hôtelier haut de gamme d’une centaine de chambres, avec résidences de tourisme dédiées au vélo et spa, la « Baie des Princes », espère voir le jour d’ici 2030, là où se trouvait l’ancienne carrière Saint-Eutrope, à Orange. Mais non sans opposition.

    Sur un emplacement de 17 hectares, en friche depuis les années 60, la société Immobilis, qui pilote l’ouvrage, avance pas à pas. Le terrain est entré dans le Plan local d’urbanisme (PLU) en 2023 après deux années de concertation. Les porteurs mettent en avant la dimension écologique avec, en parallèle, la réhabilitation de l’ancienne carrière. Et l’attrait touristique qu’il pourrait y avoir avec une vue sur le Ventoux, l’accueil de cyclotouristes ou encore les vignobles à proximité. Pour un coût total estimé entre 120 et 160 millions d’euros. Et 200 à 250 emplois créés pour le fonctionnement du site.

    Et ce jeudi 30 juillet s’est achevé l’avis de consultation du public « ayant pour objet une demande d’autorisation environnementale relative aux travaux d’aménagement urbain ». Une consultation qui portait notamment sur la loi sur l’eau et le « rejet d’eaux pluviales dans les eaux douces superficielles ou sur le sol ou dans le sous-sol ». Lors de la dernière réunion publique, le jeudi 23 juillet, le commissaire rapporteur a fait état de 563 avis favorables, 532  défavorables, 68 sans avis et 71 hors sujet. Le préfet devra ensuite valider après consultation suite à une demande d’autorisation environnementale, puis au maire d’accepter le projet suite au dépôt d’une demande de permis d’aménager auprès de la commune en 2025.

    Vive opposition

    Après la publication du compte rendu de cette consultation, la suite est dans les mains du préfet de Vaucluse, puis du maire d’Orange pour valider le lancement de potentiels travaux. Alors que la mairie de Jean-Dominique Artaud (RN) affirme qu’elle « se doit de respecter une position de neutralité concernant le projet immobilier de la Baie des Princes », associations et groupes d’opposition clament leur désaccord depuis plusieurs années. Christian Gastou, élu d’opposition (DVC) du Printemps pour Orange, pointe que ce projet « met en danger la biodiversité du site ». L’Association de défense de l’environnement orangeois (Adeo) abonde dans ce sens, en s’appuyant notamment sur l’avis laissé par le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN). « C’est un environnement sableux très particulier, très rare en Vaucluse et encore plus dans la région. Avec des espèces particulières, protégées. Et donc, au moindre dérangement, même minime, cela met en danger leur survie. Même si le projet prévoit d’en tenir compte, je ne vois pas comment il est possible d’éviter d’abîmer le milieu définitivement », explique Thierry Joumard, président de l’Adeo. Avec des espèces telles que le criquet des dunes, « le seul endroit où il a été observé en dehors du littoral », explique le responsable associatif, ou encore le scorpion languedocien.

    Une pétition contre le projet a également récolté plus de 2 000 signatures. Le risque d’inondation, d’incendie et d’effondrement est également pointé. « Il y a eu un feu sur la colline la semaine dernière. Mais le site se trouve aussi à flanc de falaise et le seul conduit qui doit évacuer l’eau, car c’est un bassin fermé, est en mauvais état », résume Christian Gastou.

  • Une rentrée charnière pour les grands ensembles sociaux du pays de Martigues

    Une rentrée charnière pour les grands ensembles sociaux du pays de Martigues

    De grands travaux sont attendus dans les deux grands ensembles sociaux gérés par 13 Habitat à Martigues et Port-de-Bouc, respectivement dans les quartiers Notre-Dame-des-Marins avec 669 logements et ceux de la Presqu’île de Port-de-Bouc avec 515 logements.

    Sollicité par La Marseillaise au sujet des plans de rénovation après le changement de présidence intervenu le 9 juillet dernier, le 1er office public de l’habitat des Bouches-du-Rhône, 13 Habitat, a détaillé les mesures et le calendrier des opérations.

    Concernant Martigues, « le programme de réhabilitation de Notre-Dame-des-Marins figure dans le nouveau plan stratégique du patrimoine 2026-2035 adopté par le conseil d’administration de 13 Habitat le 9 juillet dernier » détaille l’office. « Le plan de 44 millions d’euros pour Notre-Dame-des-Marins à Martigues est donc bien confirmé », précise 13 Habitat, comme il avait été annoncé en décembre 2025 auprès des élus et de la population. 669 logements sont concernés : « les interventions les plus urgentes ont été réalisées depuis 2025, les autres travaux seront menés de 2027 à 2029 et seront présentés aux locataires et aux partenaires à l’automne prochain », annonce le bailleur.

    Une rentrée

    en concertation

    La rentrée des locataires se fera dans la concertation. Comme à Martigues, les habitants de la Presqu’île de Port-de-Bouc se verront présenter les travaux de réhabilitation dans leurs quartiers des Aigues Douces et de la Lèque « à la rentrée prochaine » annonce 13 Habitat. « Les programmes de réhabilitation de nos résidences La Lèque et Les Aigues-Douces à Port-de-Bouc s’inscrivent dans le cadre d’opérations de renouvellement urbain » pilotées par l’Agence nationale de renouvellement urbain (Anru). Ceux-ci concernent 421 logements en catégorie D et E du Diagnostic de performance énergétique (DPE) aux Aigues douces, pour un chantier « prévu de 2027 à 2030 », selon le bailleur, ainsi que de 96 logements en DPE D à La Lèque, prévus entre 2028 et 2030.

    « Ces programmes, conduits en partenariat avec les mairies concernées, en sont aux phases préparatoires » précise 13 Habitat.

    CHIFFRES

    44 millions

    d’euros consacrés par 13 habitat pour la réhabilitation de Notre-Dame-des-Marins.

    669

    logements sont concernés par la réhabilitation de ce quartier de Martigues.

    2027

    Année de démarrage des travaux à Notre-Dame- des-Marins à Martigues et les Aigues Douces à Port-de-Bouc (421 logements) d’après le plan stratégique de 13 Habitat.

  • « Tic », chef présumé de la DZ Mafia, interpellé

    « Tic », chef présumé de la DZ Mafia, interpellé

    Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, a confirmé hier l’arrestation le 20 juillet en Algérie de Mehdi Laribi, 36 ans, présenté comme un des chefs et fondateurs du gang marseillais, DZ Mafia.

    Originaire de la cité Bassens dans les quartiers nord, le Franco-Algérien a été arrêté sur exécution d’un mandat d’arrêt des juges d’instruction en charge du dossier « Octopus » ouvert à la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille. Le 9 mars 2026, une vaste opération avec 1 000 militaires de la Gendarmerie nationale avait permis l’interpellation de 43 individus soupçonnés d’occuper un rôle important au sein de la « DZ mafia »

    Mehdi Laribi, 36 ans, est suspecté d’être un des patrons de la DZ Mafia. La qualification pénale de « direction ou organisation d’un groupement ayant pour objet une activité illicite liée aux stupéfiants » est un crime passible en France de la réclusion criminelle à perpétuité et de 7,5 millions d’euros d’amende.

    Mehdi Laribi, alias « Tic », n’a toutefois pas été placé en détention provisoire. Il est sous contrôle judiciaire des autorités algériennes, ce qui relativise beaucoup l’annonce triomphaliste du garde des Sceaux Gérald Darmanin qui a aussitôt salué sur X l’arrestation de celui qu’il regarde comme « une cible prioritaire de la justice française dans la lutte contre la drogue et la criminalité organisée » et a remercié les « autorités algériennes pour cette avancée et cette coopération ».

    « Petit, j’étais rachitique »

    Ce n’est pas demain ni même dans quelques mois qu’on assistera à la remise de l’individu recherché par la France et à sa descente d’avion sur le tarmac d’un aéroport français. L’Algérie n’extradant pas ses nationaux, il faudrait que la justice algérienne s’empare des poursuites françaises. Autant dire que le verrou relève de la diplomatie. Son placement sous contrôle judiciaire – dont les obligations ne sont d’ailleurs pas connues – ne semble pas orienter dans cette direction. Le même obstacle a profité à Mohamed Djeha, alias Mimo, 44 ans, chef du réseau de la Castellane, sous contumace d’une peine de 30 ans de réclusion. Arrêté en juin 2023 près d’Oran, il avait alors été placé en détention provisoire. Le dossier « Trident » a depuis viré au fiasco.

    Mehdi Laribi est regardé comme un des membres du « triumvirat » qui dirige la DZ Mafia avec Amine Oualane et Gabriel Ory, actuellement détenus dans des prisons de haute sécurité. Il avait été condamné fin 2015 à 25 ans de réclusion pour un triple assassinat en bande organisée à Bassens. « On vous appelle Tic ? » s’était étonné le président de la cour d’assises d’Aix-en-Provence où il répondait avec son frère d’un triple « barbecue ». « Oui parce que petit j’étais rachitique » avait répondu Mehdi Laribi. Son palmarès pénal était déjà chargé quand ado il avait joué un second rôle sous le nom de « Rachitique » dans « Khamsa », le film du réalisateur Karim Dridi tourné à Marseille en 2007. À la juge d’instruction d’alors, il avait répondu : « J’ai fait connerie sur connerie mais madame je ne suis pas un tueur, j’ai vraiment honte quand on m’accuse de ça, je ne suis pas un caïd, je veux juste être un petit jeune comme tout le monde ».

  • Pour l’abolition de l’arme atomique

    Pour l’abolition de l’arme atomique

    Pour que nul n’oublie l’horreur, pour que chacun soit sensibilisé au danger de l’arme nucléaire et qu’à terme, celle-ci soit abolie : les pacifistes se réunissent, comme chaque année, en mémoire d’Hiroshima et Nagasaki pour le 81e anniversaire des bombardements atomiques. Ce rassemblement, prévu à 18h au monument des Mobiles à Marseille*, sera l’occasion pour le Mouvement de la Paix 13 de lancer une grande campagne citoyenne et politique en faveur du Traité d’interdiction des armes nucléaires (Tian).

    L’organisation pacifiste veut mettre en débat la théorie de la dissuasion et la présence d’armes atomiques sur la base aérienne 125 d’Istres. « C’est un territoire interdit où les choses sont gérées sans aucune transparence et où des dangers notoires, notamment les bombes atomiques, représentent une menace pour toute la population », tempête Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. Les militants veulent promouvoir la notion de sécurité humaine. Ce concept des Nations Unies vise à placer l’individu au centre des priorités à la différence de la sécurité nationale. Pour Michel Dolot, les décisions budgétaires du gouvernement français illustrent à eux seuls l’opposition entre ces deux notions « tous les moyens sont pour la sécurité de l’État et très peu sont dévolus à la sécurité humaine. Cela donne des polémiques qu’on voit autour du nombre de Canadairs, à côté des moyens qu’on met pour les bombes atomiques », fustige-t-il.

    « Plus d’argent dans les armes que dans la santé »

    Une indignation partagée par Yves Perrin Toinin, secrétaire adjoint de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (AMFPGN), « la loi de programmation militaire prévoit que d’ici à la fin de la décennie on ait doublé les budgets notamment ceux pour l’arme nucléaire, avec la création de nouveaux missiles, de nouvelles ogives, de nouveaux engins comme les sous-marins nucléaires, un nouveau porte-avions. Un ensemble qui fait qu’on ne va pas du tout vers le désarmement, bien au contraire », dénonce le médecin. « Cet été, par exemple, on a vu les décrets tomber, doublant les franchises médicales sur les médicaments, augmentant le reste à charge. On met beaucoup plus d’argent dans les armes que dans la santé », éructe-t-il.

    Le professionnel de santé entend, lors du rassemblement marseillais, sensibiliser les participants aux conséquences médicales de l’arme nucléaire. Les bombes larguées le 6 août 1945 sur Hiroshima et trois jours plus tard sur Nagasaki ont causé la mort de 110 000 à 210 000 personnes, sans compter les milliers ayant contracté des maladies, notamment des cancers. Selon un sondage Ifop pour le Mouvement de la Paix, La Marseillaise et l’Humanité, 80% des personnes interrogés déclarent craindre l’utilisation de l’arme nucléaire. Un sujet que les participants à cette campagne ont l’intention de pousser dans la course à la présidentielle.

    L’un de leur objectif est que la France, puissance nucléaire, ratifie le Tian : « pour qu’elle soit un exemple, avec une diplomatie souveraine, qu’elle garde une voix indépendante qui ne se plie pas à l’Otan et refuse de s’aligner sur les intérêts états-uniens », tranche Coralie Hernandez, responsable fédérale de la commission solidarité internationale et paix au sein du PCF 13. Et renchérit : « la paix, c’est un combat politique de classe qui s’articule avec la lutte anti-impérialiste et une transformation sociale ».

    *(Square Léon Blum 1er)

    80%

    des Français
    déclarent avoir peur
    des armes nucléaires
    selon un sondage Ifop réalisé pour
    le Mouvement
    de la Paix,
    La Marseillaise, l’Humanité
    en janvier dernier.

  • Les syndicats prônent un accès gratuit à la Justice

    Les syndicats prônent un accès gratuit à la Justice

    « Alors que les travailleurs et travailleuses doivent déjà faire face à un affaiblissement constant de leurs droits, cette mesure s’inscrit dans une logique préoccupante : assumer une politique de dissuasion des recours des salariés plutôt que faire respecter leurs droits », dénoncent collectivement les organisations syndicales de Montpellier (CGT, CFDT, FO, Unsa, CFTC, Solidaires et FSU). Tous s’inquiètent que cette mesure, appliquée depuis le 1er mars 2026 et couplée à des délais de jugement parfois très longs, ne vienne à terme dissuader les salariés d’engager une procédure judiciaire. « Cette contribution financière, même présentée comme modeste, pèse lourdement sur celles et ceux qui sont déjà fragilisés : salariés licenciés, précaires, victimes de harcèlement ou de non-paiement de salaires », rappellent les organisations.

    Le manque de moyens également décrié

    À ces inquiétudes s’ajoute une constatation : les délais jugés extrêmement longs sont une conséquence directe du « manque de moyens humains et financiers alloués à la justice du travail par les gouvernements successifs ». À titre d’exemple, l’intersyndicale cite le cas du conseil des Prud’hommes de Montpellier, où « l’insuffisance de personnel de greffe a généré dernièrement, au mois de mars, le renvoi total d’une audience et des prorogés quasiment systématiques concernant les notifications de décisions ».

    Les organisations syndicales prônent donc l’abrogation de cette contribution, comme cela a déjà été le cas en 2014 après la mise en place d’un timbre fiscal de 35 euros en 2011, jugé comme un obstacle à la défense des droits des salariés.

    Les organisations syndicales demandent donc au gouvernement de revoir en profondeur le fonctionnement de la justice prud’homale, afin d’en garantir l’accès, la rapidité et l’efficacité.

  • Volontaires : au feu sans compter leurs heures

    Volontaires : au feu sans compter leurs heures

    À 18h42, le bip arrache Léa à son café. Aide-soignante dans un Ehpad le jour, elle enfile en moins de deux minutes le pantalon de feu suspendu à son casier, lace ses bottes sans un mot. « Quand ça sonne, je pars. On ne réfléchit plus, le corps sait. On parlera après », lâche-t-elle en grimpant dans le fourgon. Ce soir, c’est un accident sur l’A9. Il y a trois ans encore, cette trentenaire originaire de Codognan ignorait tout des gestes de secours. Une soirée portes ouvertes au centre de secours, une discussion avec un voisin volontaire, et la bascule : « Je voulais que mon engagement serve à quelque chose de concret, pas juste à mon salaire. »

    Le lendemain matin, épuisée, elle retrouve à la caserne de Nîmes deux autres visages de ce même engagement : Karim, agent communal de 43 ans, et Julien, cuisinier dans un lycée. Trois métiers, trois vies, une même ligne rouge : rester disponibles lorsque le feu prend de l’avance. Une discipline qu’ils partagent avec près de 2 800 sapeurs-pompiers volontaires dans le Gard. Aux côtés de 717 professionnels, ils représentent à eux seuls plus des trois quarts des effectifs opérationnels du département.

    C’est sur ces épaules que repose l’essentiel de la réponse quand, l’été venu, la menace change d’échelle. Le mistral pousse les flammes, la fumée avale l’horizon et les heures se dilatent sous les casques. Les volontaires montent alors dans les fourgons après une journée de travail, sacrifient un week-end, écourtent un repas de famille. « On peut partir pour deux heures et rentrer le lendemain », résume Karim. Son employeur le libère lorsqu’il le peut ; dans les petites entreprises, l’absence pèse davantage.

    Mais le quotidien des volontaires ne se résume pas aux colonnes de fumée. Léa a vite été éloignée des images de héros qui accompagnent parfois la vocation : malaises, chutes, accidents et détresse sociale composent l’essentiel des sorties. « On entre parfois chez des gens qui n’ont vu personne depuis plusieurs jours. Avant de soigner, il faut rassurer. » Le feu laisse d’autres souvenirs : la chaleur qui traverse la veste, le craquement des pins, les braises qui franchissent une route que l’on croyait sûre. Pour affronter l’un comme l’autre, les heures de formation et les exercices s’accumulent. Dérouler les tuyaux, reconnaître les vents ou porter une victime ne s’improvise pas. « Il faut que les gestes reviennent même lorsque la fatigue et la peur brouillent tout », souffle Léa.

    Des vies réglées sur le bip

    Julien, lui, a appris à vivre au rythme du planning qu’il remplit chaque mois, disponibilité par disponibilité. À 51 ans, il compte près de vingt années de volontariat, et sa femme reconnaît le bip avant lui. « Pour un accident, elle s’inquiète. Pour un feu de forêt, elle ne dort pas. » Avec le temps, dit-il, il a aussi appris à moins foncer : « Avec l’âge, on lit mieux le terrain. Le courage, c’est aussi savoir quand reculer. »

    Cette expérience ne sera pas de trop : depuis le début de l’été, les sapeurs-pompiers du Gard ont déjà fait face à 508 feux, ayant parcouru 836 hectares. Dans les périodes les plus sensibles, jusqu’à 150 pompiers supplémentaires peuvent être mobilisés chaque jour. Autant de congés déplacés, de journées de travail abandonnées, de familles qui attendent. Une trentaine de centres de secours seulement couvrent ce vaste territoire exposé aux feux, aux inondations et aux accidents, et dans certaines casernes, chaque départ devient un calcul : qui peut quitter son travail, garder les enfants, remplacer le collègue déjà mobilisé ?

    Pourtant, aucun ne parle d’abandonner. Léa évoque les silences dans le camion après une intervention difficile. Karim, les repas interrompus et repris froids à deux heures du matin. Julien, cette main serrée par un habitant dont la maison venait d’être sauvée. « On ne fait pas ça pour être des héros, dit-il. Quand tout le monde recule, il faut bien que quelqu’un avance. » Mais derrière l’uniforme, le modèle tient sur des équilibres fragiles : la compréhension des familles, la bonne volonté des employeurs et des volontaires toujours plus sollicités. Lorsque l’un d’eux part plusieurs heures, un atelier, une mairie ou un service tourne parfois avec une personne en moins. Face à des incendies plus intenses, leur engagement demeure une force. Pourtant, à mesure que les étés s’embrasent, les épaules qui portent le système deviennent toujours plus rares.

  • Les jeunes paysans gardois face à la difficulté de se loger

    Les jeunes paysans gardois face à la difficulté de se loger

    Lors des premières années d’installation de leur activité agricole, beaucoup de paysans sont confrontés à la difficulté de trouver un logement, en raison du peu de revenus qu’ils perçoivent. Pour y remédier, certains d’entre eux s’installent en habitat léger sur les terres qu’ils cultivent. « Le problème est que dans le Gard, nous sommes nombreux à avoir été empêchés par la Justice ou les mairies de vivre de cette façon, en raison de la lutte contre la cabanisation », raconte Simon le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard. Au début du mois de juillet, le syndicat a donc évoqué une motion sur le logement agricole lors d’un bureau de la Chambre d’agriculture.

    Vivre en habitat mobile

    « Le premier volet de cette proposition concerne la construction de bâtiment sur des terres agricoles, poursuit Simon Le Berre. Aujourd’hui, celle-ci est autorisée par dérogation aux agriculteurs. Seulement, quand ces derniers partent à la retraite ou se retrouvent en liquidation, la revente de ces bâtiments ne leur est plus réservée. » Ainsi, pour éviter la spéculation, la Confédération paysanne propose que ce type de biens soient réservés aux agriculteurs sur un marché propre, qui pourrait être géré notamment par la Safer. « Le deuxième volet concerne l’habitat mobile. Nous aimerions que soit mis en place un encadrement permettant aux jeunes paysans qui le désirent de s’installer sur les terres qu’ils cultivent en habitat mobile, pendant une durée déterminée et dans de bonnes conditions, en respectant un cahier des charges qui serait encadré par la Préfecture. » La Confédération paysanne envisage désormais de présenter une motion plus étayée lors de la prochaine session de la Chambre d’agriculture et de se rapprocher de la Préfecture pour lui exposer ses propositions.

  • À Nîmes, un point relais pour les martinets noirs

    À Nîmes, un point relais pour les martinets noirs

    La future galerie des oiseaux du Museum d’histoire naturelle de Nîmes, située au premier étage du bâtiment du 13 boulevard Amiral Courbet, n’aura jamais aussi bien porté son nom ! Du 22 juillet au 31 août, grâce à une convention entre la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et la Ville de Nîmes, un refuge temporaire pour martinets noirs a en effet été installé dans cet espace de 103m².

    Avec les fortes chaleurs, les jeunes martinets qui grandissent sous des tuiles ou dans des cavités fortement exposées souffrent de la chaleur. Les jeunes vont alors chercher désespérément un peu de fraîcheur à l’entrée du nid au risque de tomber au sol alors qu’ils ne sont pas encore prêts à voler et de se mettre en danger. « Chaque été, de nombreux jeunes martinets tombent prématurément de leur nid, entraînant une augmentation importante des besoins de prise en charge », confirme la Ville dans un communiqué.

    Afin de répondre à cette situation et face à la saturation des centres de soins de la faune sauvage, un point-relais spécifique a donc été créé, accueillant les opérations de nourrissage et de soins destinées aux martinets noirs ne nécessitant qu’une prise en charge légère avant d’être relâchés dans leur milieu naturel.

    « Les canicules successives rappellent combien la biodiversité est aujourd’hui fragilisée. Les martinets, oiseaux emblématiques de nos villes, sont particulièrement touchés. En soutenant la création de ce point relais, la Ville de Nîmes agit concrètement pour la protection de la faune sauvage et affirme sa volonté de mieux prendre en compte la place de l’animal dans la ville », indique Jullien Pacioni, élu délégué à l’innovation sociale et écologique, à la place de l’animal dans la ville et à l’implication citoyenne.

    * En cas de découverte d’un martinet noir au sol, les habitants sont invités à contacter le standard du Muséum d’histoire naturelle au 04.66.76.73.45,
    qui les orientera vers la prise
    en charge adaptée.

  • [C’est l’été] Des activités mutualisées pour les petits alpins

    [C’est l’été] Des activités mutualisées pour les petits alpins

    « Ce que j’aime au centre de loisir c’est que c’est un travail d’équipe, on est jamais seuls. Si tu es triste, dans ton coin, quelqu’un vient te voir. » Raquette de badminton en main, encore essoufflé de ses efforts, Gabin, 8 ans, savoure son été. Ce jeudi après-midi, le gymnase du parc des sports de Briançon résonne des cris d’une petite centaine d’enfants venus des différents centres de loisirs pour participer à des olympiades intercentres.

    « Chaque jour de la semaine, on leur fait découvrir un nouveau sport, explique Hervé Michaux, coordinateur enfance au centre social. Des activités proposées tous les jours sur l’ensemble des centres de loisirs. Au Monêtier on a un groupe qui est en bivouac cette nuit à la montagne et qui a participé à une animation astronomie hier soir. » Les activités sont proposées sur les centres sociaux et de loisirs de Briançon, Villar-Saint-Pancrace, Val-des-Prés, Monêtier les bains et Villar-d’Arrêne. Au total, un peu plus de 200 places sont ouvertes pour tous les centres cumulés. C’est la communauté de Communes qui s’est vue attribuer cette compétence suite à la fermeture de la MJC de Briançon en 2023 pour raisons budgétaires. « On met notamment des tarifs communs entre les communes, un projet pédagogique commun. Ça permet d’éviter les inégalités entre les communes et de mutualiser les compétences des équipes », affirme Marie Chouissa, directrice du centre intercommunal.

    Encourager les familles

    à travers les enfants

    Le prix des activités dépend de l’âge et du quotient familial des ménages. Pour les centres de Briançon par exemple, les tarifs vont de 5,24 euros la journée à 13,60 euros selon le revenu familial. « Notre mission c’est de proposer des activités à destination des familles, des enfants, des adolescents, pour que ce beau territoire soit accessible à tous. Chaque semaine, on essaye de mettre en place une activité payante qui donne l’opportunité aux enfants de pratiquer, de découvrir des choses qu’ils ne pourraient pas forcément faire dans leur famille. Par exemple, cet été on a beaucoup développé le rafting », détaille Marie Chouissa. « Le rafting, en dehors du centre, c’est 45 euros par personne et il faut compter papa, maman… Ça fait tout de suite une grosse sortie. Moi, par exemple, je n’y vais pas avec mes enfants, complète Mathéo Posada, directeur d’un des centres de loisir de l’intercommunalité. Mais ils peuvent y aller avec le centre, et aussi faire de l’escalade, du cheval, des choses qu’on peut se permettre de faire avec la structure. »

    Comme à Marseille où certains enfants ne vont que très rarement à la mer, vivre dans un environnement exceptionnel ne suffit pas toujours à s’en emparer, faute de moyens, de temps, de renseignements… Le but du centre est aussi qu’à travers les enfants, les familles osent plus s’approprier et découvrir le territoire exceptionnel du Briançonnais. « Il y a des gens dans le Briançonnais qui n’osent pas, même si c’est gratuit et que c’est à côté. Il faut amener quelque chose de nouveau par notre savoir-faire, rappelle Hervé Richaux. Faire pétiller les yeux des enfants, qu’ils découvrent et que les familles se disent ah tiens, ils ont fait ça, c’est où ? On pourrait y aller ! »

  • Les salariés de Pamar attendent leur reprise après mille jours sans travail

    Les salariés de Pamar attendent leur reprise après mille jours sans travail

    Voilà deux ans et demi qu’on se bat pour retourner travailler. On ne cédera pas aux intimidations. Nous faisons confiance à la justice française ! », a déclaré Kalathoumi Ibouroi, déléguée syndicale CGT à la sortie de l’audience.

    En 2023, les salariés dénoncent des conditions de travail et d’hygiène inacceptables dans la blanchisserie Pamar qui gère le linge des cliniques Vert-côteau, Beauregard et Sainte-Marguerite (GIE Sainte-Marguerite, repris par le groupe Almaviva). Suite à quoi ils sont menacés de mort par des proches de leur cheffe de service (jugement de la cour d’appel du 12 décembre 2025). Démarre un droit de retrait et une procédure juridique pour retrouver leur poste en toute sérénité qui durent depuis 31 mois. « Un record ! C’est inédit », commente Me Steve Doudet, leur avocat. À chaque passage devant les tribunaux, les salariés gagnent leur droit au respect. Leur réintégration dans la filiale est ordonnée.

    Le grand mépris

    Après avoir joué la montre, la direction du groupe les replace sous l’autorité de la même responsable… En proposant une aide psychologique. Une décision justifiée par le fait que la personne a endossé, un peu avant le passage en cour d’appel, une délégation syndicale et se trouve protégée. « Quand ils nous ont envoyé les lettres de licenciement, ils s’en moquaient qu’on soit sous mandat syndical », déplore la déléguée syndicale CGT. « C’est usant, fatiguant moralement, mais on ne peut pas abandonner, martèle Kalathoumi, on n’a rien fait de mal. On demande juste le droit de travailler dignement et en sécurité. » Le dernier mot de ce trop long combat reviendra au juge le 3 septembre.