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  • Les témoins de l’horreur nucléaire mobilisés pour la paix

    Les témoins de l’horreur nucléaire mobilisés pour la paix

    « Nous sommes venus vous montrer ce qui se passerait si on utilisait la bombe atomique aujourd’hui », lance Yuhi Shimada aux élèves du collège Éluard de Port-de-Bouc, à l’occasion d’une rencontre organisée par le Mouvement de la paix au cinéma le Méliès. Le Japonais de 26 ans est membre de Nihon Hidankyo, association des victimes des bombardements de Hiroshima et de Nagasaki par les États-Unis en 1945, appelés Hibakushas. Avec eux, les membres de l’association ont apporté des clichés montrant les plaies et les corps calcinés par la bombe atomique.

    Leur déplacement s’effectue dans le cadre d’un tour de France de la paix, après avoir remporté le Prix Nobel de la paix en 2024 pour leur action contre les armes nucléaires. Un sujet bien loin du quotidien des élèves faisant face à la délégation japonaise. Emiko Honma, fille d’une irradiée par les bombes, leur rapporte les témoignages « des corps brûlés et des bâtiments effondrés jonchant les rues » de Hiroshima, peu après le bombardement du 6 août 1945. Mais aussi « les préjugés sur les personnes exposées aux radiations, la peur de mourir soudainement d’une maladie et la culpabilité d’avoir survécu ».

    « Faire reconnaître un crime de guerre des USA »

    Un collégien demande pourquoi ces bombes ont été utilisées. Saburo Sugasawa, du Mouvement de la paix japonais, pense que « les grandes puissances se battaient à l’époque pour dominer le monde, et le pays qui aurait l’arme nucléaire avant tout le monde gagnerait ce combat. Les États-Unis ont fait un essai à échelle humaine de la leur », affirme le militant, précisant que « le Japon n’avait plus les moyens de continuer la guerre » à ce moment.

    Une collégienne s’interroge : « Est-ce que des pays ont aidé le Japon après les bombes ? » Yuhi Shimada répond qu’« aucun pays n’est venu en aide au Japon après le bombardement. C’est une raison pour laquelle le nombre de morts à Hiroshima est passé de 70 000 au moment de l’attaque à 140 000 à la fin 1945, car énormément de victimes n’ont pas pu être aidées après la bombe. » Emiko Honma ajoute que « les États-Unis et le gouvernement japonais ont caché ces horreurs ». Saburo Sugasawa abonde : « Pendant près de dix ans après l’attaque, l’armée
    américaine empêchait les Hibakushas de parler de ce qu’ils avaient vécu, par la censure.
     »

    « Nous luttons pour faire reconnaître le largage de ces deux bombes comme un crime de guerre », complète Saburo Sugasawa, avant de développer : « Les pays comme la France, qui possèdent cette arme, doivent s’en débarrasser. » Il invite les élèves à « faire entendre les citoyens qui n’en veulent pas et à faire ratifier le traité d’interdiction des armes nucléaires par la France ».

    Un devoir de mémoire nécessaire pour Emiko Honma. « Il ne reste que 9 000 Hibakushas, dont l’âge moyen est de 85 ans. On arrive au moment où ils vont disparaître. Et il y a une chose plus horrible que Hiroshima et Nagasaki, c’est que le monde oublie ce qu’il s’est passé », conclut l’Hibakusha.

    À Martigues, ville engagée

    « La paix est un choix », pour le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. L’édile a accueilli la délégation d’Hibakushas, mardi à l’hôtel de Ville, avant leur rencontre avec les collégiens à Port-de-Bouc. « Martigues est une ville profondément attachée à la paix. Nous avons rejoint l’appel des villes pour la ratification par la France du traité contre les armes nucléaires, qui sont une menace pour l’humanité », affirme Gaby Charroux.

    Élisabeth Grand, du Mouvement de la paix de Martigues, rappelle que « ces bombes continuent de blesser » et exige de même que « la France signe le traité, abandonne l’économie de guerre et se prépare face au danger plus imminent du changement climatique ».

  • Narcotrafic : les salariés d’Orange pris en étau

    Narcotrafic : les salariés d’Orange pris en étau

    « Ici, c’est pire que la Banque de France. » Sur le parking d’Orange, à Saint-Mauront (3e), les trois gardiens qui assurent la sécurité ne sont pas tranquilles. Leur responsable a pris la décision, ce mardi 25 novembre à midi, de confiner durant une demi-heure tous les salariés, potentiellement 1 200, dans les faits de 400 à 450 en présentiel chaque jour, pour éviter les « dommages collatéraux ».

    Selon lui, une bagarre entre dealers au moyen d’un club de golf qui aurait pu dégénérer : « Une kalach, c’était pareil. » Il a préféré fermer le site « le temps que ça se calme ». Depuis une semaine, toujours selon lui, la venue des ministres de l’Intérieur et de la Justice, suite à l’assassinat de Mehdi Kessaci par un commando à moto, a « mis de l’huile sur le feu ». « C’est un quartier défavorisé, on n’a pas tous les tenants et les aboutissants, mais on pourrait aussi choisir d’éteindre l’incendie », estime-t-il.

    Concrètement, de nouvelles inscriptions sont apparues sur le mur de la sortie du métro National, indiquant que le point de deal voisin, au cœur de la cité de Félix-Pyat, était ouvert H24. Sur les grilles du siège d’Orange, ou sur les immeubles en face, il suffit de suivre les flèches blanches ou rouges pour y arriver. On arrive au pied des barres, avec un petit comité d’accueil où des minots encagoulés essaient de se réchauffer au soleil. Même si dans le quartier, entre mamans qui discutent, minots qui sortent du bus et ouvriers qui rentrent après une journée de travail, la vie s’écoule… paisiblement.

    Laurent, délégué syndical CFE-CGC d’Orange, raconte, lui, les emballages de médicaments jetés par-dessus la clôture, direct dans la pelouse. « On a aussi retrouvé des douilles suite à une fusillade au bar d’en face », ajoute le syndicaliste. Résultat, « les salariés ont peur, ils ont développé des stratégies pour ne pas venir, en recourant au télétravail, en multipliant les missions de terrain ». Il poursuit : « En tant que salarié d’Orange, on n’est pas là pour vivre ça. » Nexity, qui avait son siège juste en face, a aussi « déménagé parce qu’il y avait trop de problèmes », témoigne-t-il, « ils ont vendu ça avec l’espoir de la revitalisation, mais c’est trop tôt, on est un peu des spécimens d’expérience avec eux, ce n’est pas encore un quartier de droit. On vit dans une citadelle assiégée. »

    Une direction

    qui se dit mobilisée

    Il dénonce également le manque de sérieux de sa direction. Pour badger, il faut rentrer dans un sas « un peu sombre », qui « doit faire 30 m2 et dont la porte reste ouverte ». C’est « Riri, Fifi et Loulou qui gèrent la sécurité », ironise-t-il.

    Si un cap a été franchi, le phénomène n’est pas nouveau. « On ne voulait pas venir là et, d’ailleurs, on devait intégrer les bâtiments de Nédélec, à côté de la gare, mais Orange a préféré vendre, en partie à l’Agence régionale de santé », croit savoir le responsable syndical, « et nous rapatrier tous ici il y a deux ans ». CGT, FO, SUD et CFE-CGC s’étaient mobilisés en 2022 contre la fusion et le transfert des salariés de Nédélec, Réattu et la tour La Marseillaise, bref tous les sites marseillais, sur la rue Félix-Pyat. La sécurité du site n’est pas le seul point noir. « On a aussi eu des punaises de lit, avec des fermetures de plateaux entiers pour la fumigation », indique-t-il.

    La direction arguait, elle, de sa volonté de mettre en place un campus à Saint-Mauront pour « maîtriser [son] empreinte immobilière par la restitution d’immeubles à Marseille ». Sur « l’incident » survenu ce mardi, elle indique avoir « constaté un attroupement inhabituel d’une vingtaine d’individus proche de la sortie du métro National, à l’extérieur de l’entrée du site Massalia ». Afin de « préserver la sécurité des salariés et du site, Orange [leur] a demandé de ne pas quitter le site pendant 30 minutes, le temps que cet attroupement extérieur se disperse ». Et la direction d’assurer qu’elle est « en lien avec les forces de l’ordre pour toutes les questions liées à la sécurité de [ses] sites », que « la sécurité de [ses] salariés est une priorité ».

    Côté CFE-CGC, un courrier devait partir, ce mercredi, pour réclamer des mesures et des explications sur les raisons du déménagement à Saint-Mauront.

  • L’OM n’a jamais abdiqué face à Newcastle

    L’OM n’a jamais abdiqué face à Newcastle

    Vingt-et-un ans après leur seule confrontation, l’OM retrouvait Newcastle, ce mardi. Des retrouvailles qui n’avaient pas la même saveur. En 2004, les deux équipes se disputaient un billet pour une finale de coupe UEFA. Alors qu’en ce froid mardi soir de novembre, les Olympiens cherchaient à rester en vie dans la course aux barrages de la Ligue des Champions, tandis que les Anglais espéraient conserver leur place dans le top 8, synonyme de qualification directe pour les 8e de finale.

    Les ingrédients étaient réunis pour une nouvelle soirée légendaire. Et ce fut le cas. Avec comme fil conducteur une entame ratée. Celle de l’OM en première période, qui voyait Harvey Barnes assener un uppercut qui laissait groggy le Vélodrome, après seulement six minutes de jeu.

    Celle de Newcastle, en seconde, était plus spectaculaire. Car elle permettait à Pierre-Emerick Aubameyang de marquer deux fois en quatre minutes. Ce qui lui donnait l’occasion de prendre sa revanche sur une première période durant laquelle il avait échoué à quatre reprises face à Nick Pope.

    Le doute s’effaçait petit à petit. à chaque ballon intercepté. Sur chaque ballon capté par Gerónimo Rulli. Après chaque ballon qui arrivait dans les pieds de Pierre-Emerick Aubameyang, le capital confiance remontait côté phocéen.

    Toutefois, il fallait éviter une certaine euphorie qui aurait pu avoir l’effet contraire de celui recherché par Roberto De Zerbi. En appelant Matt O’Riley à la rescousse, il donnait plus e volume à son entre-jeu. Afin de contenir la réaction des Magpies.

    L’OM s’accrochait à son but d’avance. Utilisait la moindre faiblesse anglaise pour repousser le jeu dans le camp adverse, afin d’éloigner le plus possible le danger du but de Gerónimo Rulli. Le gardien marseillais avait retrouvé sa place, après avoir été laissé au repos à Nice. Et, malgré un coup à l’oreille juste avant le repos, l’Argentin devait conserver la tête froide jusqu’au bout. Ne pas hésiter dans ses sorties. Et s’appliquer dans ses interceptions de ballons.

    Il s’affirmait comme le pendant idéal à Pierre-Emerick Aubameyang. Avec d’un côté le buteur. De l’autre celui qui empêchait l’adversaire d’en marquer. Au fil des minutes, même si Newcastle était plus souvent aux abords de la surface olympienne, le parfum de la victoire devenait de plus en plus prégnant.

    Du côté du Vélodrome, les chœurs poussaient comme un seul homme derrière des Phocéens qui avaient tout donné. Et qui, au bout de cinq minutes d’un temps additionnel interminable, sont allés chercher cette deuxième victoire, la première face à un club anglais après douze échecs consécutifs.

    Si l’OM parvient à accrocher une place en barrages, au soir de son voyage à Bruges, sa prestation contre Newcastle a peut-être été le détonateur d’une belle remontée.

    RÉSULTATS

    OM 2 (0) Newcastle 1 (1)

    5e journée

    Stade Vélodrome (64 521 spectateurs)

    Arbitre : M. Mariani (ITA).

    Buts : Aubameyang (46, 50) pour l’OM, Barnes (5) pour Newcastle.

    Avertissements : Balerdi (3), Bakola (34), Emerson (53), Greenwood (68), Vermeeren (84) à l’OM, Willock (20), Gordon (43), Burn (66) à Newcastle.

    OM : Rulli – Weah, Pavard, Balerdi ( c), Emerson – Höjbjerg, Vermeeren, Bakola (O’Riley, 61) – Greenwood (Gomes, 88), Aubameyang (Vaz, 90+2), Paixão.

    Entraîneur : R. De Zerbi.

    NEWCASTLE : Pope – Livramento (Hall, 60) ,Thiaw, Schär ( Elanga, 60), Burn – Guimarães ( c ), Tonali, Willock (Ramsay, 73) – J. Murphy (Miley,60), Gordon ( Woltemade,73) Barners.

    Entraîneur : E. Howe.

  • L’escalade guerrière pour tout horizon

    L’escalade guerrière pour tout horizon

    Sur les ondes de RTL ce mardi matin, le discours du président de la République a le mérite d’être éloquent. « Au moment où la guerre s’hybride, il est très important […] que nous raffermissions la Nation », assume Emmanuel Macron, en déplacement au Gabon. Tandis que le chef de l’État bat ses records d’impopularité (16% d’opinions favorables), il doit se rendre ce jeudi à Varces (Isère), auprès de la 27e brigade d’infanterie de montagne, pour annoncer un nouveau service national volontaire. « Il est très clair que nous devons renforcer le pacte armée-Nation », appuie-t-il encore, insistant toujours plus sur la menace russe.

    2 milliards à partir de 2035

    Les grandes lignes de ce nouveau service militaire ont opportunément filtré ce week-end, dans les colonnes de La Tribune dimanche. Payés 900 à 1 000 euros par mois, les volontaires seraient formés pendant dix mois aux métiers d’armes, et pourraient même être déployés sur le territoire dans les patrouilles de la force Sentinelle. Sans être envoyés en opération extérieure, avec l’objectif d’atteindre dès la deuxième année 10 000 volontaires, puis 50 000 à l’horizon 2035. Pour un coût estimé, à terme, à 2 milliards d’euros. Après quatre ans d’un fiasco émaillé de scandales, la page du Service national universel voulu pour les lycéens, avec son coût faramineux de 3,5 à 5 milliards d’euros en 2024, est définitivement tournée.

    « Il faut supprimer l’idée confuse qui consisterait à dire que l’on envoie nos jeunes en Ukraine », a beau jeu d’insister le président de la République. Car, avant lui, le chef d’état-major des Armées avait été envoyé déminer le terrain, assumant, il y a une semaine à l’occasion du congrès des maires de France, qu’il fallait « accepter de perdre ses enfants ». Un propos « sorti de son contexte », répète Emmanuel Macron, qui n’entend pas moins envoyer des soldats français en Ukraine, à l’arrière, « une fois que la paix sera signée ». Un déploiement « comme nous le faisons dans certains pays sur le flanc Est de l’Otan, soit dans les airs, soit sur terre, soit sur mer ».

    Car le chef des Armées assume l’escalade militaire et la confrontation avec la Russie. « Dans les scénarios qui sont étudiés par tous les Européens, une des principales menaces pour nos pays est la Russie », annonce-t-il, en dénonçant « des guerres hybrides sur le sol de l’Union européenne ». Alors, le président de la République menace : « Le jour où vous donnez un signal de faiblesse à la Russie, elle va continuer d’avancer. » Après avoir doublé, depuis le début de son mandat, les crédits militaires à travers deux lois de programmation, il assume la course aux armements : « Si nous voulons nous protéger, nous devons montrer que nous ne sommes pas faibles avec la puissance qui nous menace le plus. »

    Ces élans militaristes, le secrétaire national du PCF les a dénoncés à l’occasion de son meeting, dimanche, à Marseille (notre édition du 24/11). « Depuis trois ans, les discours guerriers se multiplient et alimentent une escalade dangereuse », alerte Fabien Roussel. Défendant des engagements diplomatiques pour la paix et la sécurité « de l’Atlantique à l’Oural », sans rien enlever à une défense nationale souveraine.

    Chantage sur le budget

    Mais, ce lundi, le Premier ministre Sébastien Lecornu, ancien ministre de la Défense, passait un cap supplémentaire en sollicitant auprès de l’Assemblée un débat, le 10 décembre prochain, sur les enjeux militaires afin de mieux faire avaler un budget austéritaire. Sans budget, « la défense perd 6,7 milliards prévus dès 2026 », avertissait le résident de Matignon. Si le gouvernement devait recourir à une loi spéciale pour reconduire le budget actuel, les Armées « seraient les premières victimes », insistait-il. Alors que la Russie, elle, « n’a pas de politique sociale, elle est très loin de tous les débats qu’on a : elle produit des sous-marins, des missiles, des tanks », lâchait ce mardi Emmanuel Macron. Comme s’il fallait suivre l’exemple.

  • Le déni et la naïveté

    Le déni et la naïveté

    Les propos du chef d’État-major des Armées, appelant, devant les maires de France réunis en congrès, à « accepter de perdre nos enfants », ont provoqué dans notre pays un état de sidération, singulièrement dans la jeunesse.

    Difficile pourtant de croire qu’il s’est exprimé sans mandat. Ses paroles, faites pour choquer, sont destinées à préparer les esprits aux annonces du président de la République autour du service militaire volontaire et à instaurer un climat de peur du lendemain pour légitimer un gouvernement qui ne tient qu’à un fil.

    Les va-t-en guerre accusent celles et ceux qui refusent l’engrenage guerrier de déni et de naïveté. Improbable inversion des rôles.

    Irresponsables

    Le déni réside chez ceux qui croient pouvoir résoudre la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine en versant le sang de jeunes français sur le champ de bataille. Quant à la naïveté, elle se situe parmi ceux qui imaginent prendre part à un conflit en Europe sans conséquence en chaîne. Pas seulement pour nos jeunes, mais pour notre monde tout entier.

    La Russie comme la France sont des puissances nucléaires. Alors que les derniers témoins de l’horreur des bombardements atomiques à Hiroshima et Nagasaki sont présents dans notre région à l’invitation du Mouvement de la paix, l’irresponsabilité est bien du côté de ceux qui ont oublié les leçons du passé.

    L’indispensable Défense nationale n’a rien à voir avec le bellicisme. Elle doit au contraire créer les conditions de la protection de notre peuple.

    Au lieu d’aviver les tensions, la France doit peser de tout son poids diplomatique pour trouver un chemin de paix dans le respect du droit international.

    C’est ce qu’elle doit à ses enfants comme au monde.

  • L’égalité des droits, priorité cardinale du Printemps de Béziers face à Ménard

    L’égalité des droits, priorité cardinale du Printemps de Béziers face à Ménard

    Ruban blanc à la boutonnière en lien avec la journée internationale contre les violences faites aux femmes, les militants du Printemps de Béziers ont l’intention d’en finir avec l’image archaïque des femmes que la Mairie en place propage depuis 2014. Sur les futures affiches municipales s’ils sont élus, plus de femme attachée sur les rails, dans le Journal du Biterrois plus de poupées fardées façon années 50.

    Que ce soit Lil Margerin (PS), Fabienne Mateu (PCF), ou Chantal Lapuerta (Place Publique), personne sur la liste n’a l’intention d’encourager la culture patriarcale. « Le féminisme n’est pas une option c’est une urgence politique et humaine », dit la première. « Parler égalité à Béziers ce n’est pas symbolique c’est un choix de société », soutient la seconde qui rappelle qu’à Béziers, 52% des enfants vivent dans des familles pauvres. Et Chantal Lapuerta, également présidente de l’association « Les Simone veillent », d’évoquer les 118 femmes tuées par un homme en 2022 – dont les Biterroises Cindy et Claire – et les 142 déjà recensées cette année. Tête de la liste, Thierry Antoine (EELV) ajoute « qu’il n’est pas besoin d’être une femme pour être féministe. Les hommes et les femmes gagneront ensemble ». Cela posé, l’idée est de faire de l’égalité « le fil rouge » des politiques municipales. Un adjoint ou une adjointe dédiée, une action qui impactera toutes les actions de la Ville, un coup de pouce aux associations qui aident les femmes, un rééquilibrage des subventions sportives… Voilà certains des engagements du Printemps de Béziers pour lequel, assurent ses membres, une seule question se posera à chaque « euro dépensé » : « Est-ce que cette action réduit ou aggrave les inégalités ? »

    On pourrait penser que l’égalité est du ressort de l’État. Pour Fabienne Mateu, pas seulement : « Une mairie a un sacré pouvoir », assure-t-elle. La possibilité de mettre un terme par exemple aux primes qui sautent à Béziers pour 5 jours d’absence. Or qui s’absente pour garder les enfants malades en général ?

    Seules 31% des femmes travaillent à Béziers

    Celle d’embaucher, aussi. Évelyne Coulouma (Place publique), qui fut directrice du Centre municipal de santé de Béziers, témoigne : « J’ai participé à beaucoup de commissions d’embauche où l’on se demandait si une telle avait fait son plein d’enfants. » À Béziers, seules 31% des femmes travaillent. Les marchés publics peuvent jouer un rôle si la Ville demande aux entreprises candidates de mettre en place des mesures d’égalité salariale.

    Une mairie peut aussi aider les femmes victimes de violence. Les protéger et les accompagner. L’actuelle Maison des femmes a des horaires de bureau, indique Chantal Lapuerta, qui souhaite un accueil 7 jours/7, 24h/24. Elle évoque aussi les bons de taxi pour l’urgence de la fuite, l’aide au déménagement, le soutien juridique, des espaces de paroles, la formation pour les personnels, plus de crèches… « Ce ne sont pas des dépenses, ce sont des choix politiques et des investissements », note Thierry Antoine.

    Des communes ont des expériences réussies dans ce domaine. Nantes avec un lieu d’accueil ouvert en permanence, Lyon et son budget sensible au genre, Strasbourg avec des plans pluriannuels. « On peut rejoindre ce mouvement », insiste Fabienne Mateu. En sortant de la permanence, Thierry Antoine colle sur la porte une affichette : « Ici demandez Angela. » Comme peuvent le faire les commerces, établissements de nuit ou acteurs culturels signalant ainsi un réseau solidaire pour les femmes agressées ou harcelées dans la rue. « Robert Ménard ne devrait pas attendre les élections pour le mettre en place. »

  • Montpellier lance le programme Adaptoneau

    Montpellier lance le programme Adaptoneau

    « Il s’agit de mener une action territoriale plus poussée sur des zones expérimentales dans lesquelles on va mener une politique coordonnée pour adapter l’usage de l’eau au changement climatique », explique René Revol, délégué à la gestion raisonnée, écologique et solidaire de l’eau et président de la Régie publique des eaux de la Métropole.

    Retenu dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt lancé par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, le projet Adaptoneau, porté par la Métropole de Montpellier, consiste à décliner un plan pour l’eau et l’adaptation au changement climatique sur un territoire regroupant les quartiers Mosson/Cévennes/
    CHRU/Bouisses. Situé à l’ouest de Montpellier, ce territoire regroupe des quartiers prioritaires de la ville, des quartiers avec des habitats construits dans les années 50-70, des hôpitaux, des universités, lycées et collèges, des zones d’activités et des zones d’habitations plus récentes (ZAC). Ainsi que des espaces aquatiques naturels, puisque la Mosson et le Verdanson traversent la zone.

    Lancé officiellement le 13 novembre, ce programme d’actions d’un montant global de près de 4 millions d’euros financés pour moitié par l’Agence de l’eau s’étalera sur 3 ans, jusqu’en 2028. Il s’articule autour de cinq axes principaux.

    Lutte contre les inondations, les fuites…

    Tout d’abord « la lutte contre les inondations par la renaturation des cours d’eau », Mosson et Verdanson. « L’eau, quand elle abonde, déborde sur des zones urbanisées. Il faut au contraire lui permettre de s’étendre sur des zones naturelles. » Une démarche qui va de pair avec la désimperméabilisation des sols, « pour que l’eau ruisselle moins et pénètre davantage les sols », notamment en accompagnement du renouvellement urbain sur les secteurs Anru Mosson et Cévennes.

    Autre objectif contenu dans ce plan : la sécurisation de la distribution d’eau potable et la lutte contre les fuites. « La zone urbaine ciblée a des tuyaux qui datent des années 50-60, donc il faut les changer. Partout où le tram est passé ça a été fait mais pas ailleurs. Il y a donc tout un programme de lutte contre les fuites et de remplacement des réseaux », indique le président de la Régie.

    Le développement de l’agroécologie constitue également l’un des volets du projet, avec notamment les expérimentations de cultures économes en eau sur l’agriparc des Bouisses. Enfin, le programme comporte un axe pédagogique autour de la sobriété des usages de l’eau. « La stratégie de la Régie, avec les 15 premiers mètres cube gratuits puis une progressivité qui sanctionne ceux qui gaspillent trop d’eau, sera soutenue par l’Agence de l’eau dans le cadre de ce programme. On va également mener des actions de sensibilisation aux économies d’eau sur ces quartiers. On peut aussi offrir des mousseurs, qui font diminuer le débit d’eau », détaille René Revol.

  • Un match historique pour les Spartiates se profile en Alsace

    Un match historique pour les Spartiates se profile en Alsace

    Après avoir longtemps été abonnés aux seizièmes de finale, les Spartiates vont désormais tenter de briser le sort des huitièmes de finale au sein de la Coupe de France. Depuis leur accession en Ligue Magnus lors de la saison 2023-2024, leur parcours s’est à chaque fois stoppé net aux portes des quarts de finale.

    D’abord chez les Brûleurs de Loups de Grenoble, puis contre les Aigles de Nice. Mais la formation phocéenne, en constante évolution depuis deux saisons, compte bien écrire une nouvelle page de son histoire.

    Les hockeyeurs du Pomge n’ont jamais atteint les quarts de finale lors de leurs épopées en Coupe de France. « Le club passerait un joli cap », estime Fabien Colotti, capitaine des Spartiates, troisièmes de Ligue Magnus après avoir passé le premier tiers de la saison. « Le club et le projet grandissent année après année, donc c’est important que les résultats suivent aussi. Et j’espère que la route derrière sera encore un peu plus longue », poursuit-il.

    Adversaire piégeux

    Le capitaine marseillais est persuadé que cette confrontation face à Strasbourg, pourtant pensionnaire d’une division inférieure aux Spartiates, ne sera pas une partie de plaisir. « Ça va être un gros match pour nous », insiste l’attaquant international tricolore, qui n’a pas été convoqué avec l’équipe de France pour la Coupe des Nations (du 11 au 14 décembre, à Budapest). Cinq autres Marseillais ont eu la joie de voir leur nom apparaître sur la liste : Enzo Cantagallo et Yohan Coulaud chez les défenseurs, puis Flavian Dair, Emil Tavernier et Paul Joubert pour les attaquants. « Si on les prend de haut, je pense que le match peut être très compliqué. Mais tout simplement, si on joue notre jeu, si on reste dans le système et qu’on met le tempo et l’intensité qu’on doit mettre, on devrait être supérieurs et tout devrait bien se passer », espère Colotti.

    STRASBOURG – MARSEILLE

    8e de finale – Coupe de France

    À 20h, à la patinoire Iceberg

    MARSEILLE : Kasik, Gourdin – Coulaud (A), Ruusu, Cantagallo, Petersson (A), Bourgeois, Lindgren – Thompson, Bouvet, Joubert, Colotti (C), Lavoie, Myllymaa, Dair, Tavernier, Dufek, Welsh, Stromberg, Nsonsa-Kitala.

    Entraîneur : Luc Tardif

  • Newcastle est gonflé à bloc avant d’affronter Marseille dans son antre

    Newcastle est gonflé à bloc avant d’affronter Marseille dans son antre

    Ils ont frappé un grand coup samedi en battant la grande équipe de Manchester City à domicile (2-1). « Boostés par cette victoire », comme l’a assuré l’entraîneur de Newcastle Eddie Howe, ses protégés débarquent dans la cité phocéenne avec de réelles intentions. « Je ne sais pas si on va se qualifier rapidement. On est encore en lice en Ligue des Champions, il faut juste essayer de gagner chaque match », insiste le technicien anglais, conscient d’occuper une sixième place confortable au classement européen avant d’affronter l’OM version Roberto De Zerbi.

    Un coach qu’il admire depuis son passage à Brighton. « C’est un visionnaire, un innovateur, et ses équipes sont toujours parfaitement organisées. Je sais que nous devrons nous organiser de la même manière face à son style de jeu. Nous devons essayer de contrôler l’espace et la technique avec le ballon. La bataille au milieu de terrain sera cruciale pour nous », ajoute Eddie Howe. Dans ce secteur de jeu, l’entraîneur italien reconnaît les forces de son adversaire du jour. « Ils ont un milieu de terrain de premier plan mondial avec Tonali, Guimarães et Joelinton. C’est une équipe physique, mais qui sait jouer, avec des joueurs rapides sur les côtés », analyse-t-il, en répliquant qu’il possède également « des joueurs forts » qui ont « les armes pour les mettre en difficulté ».

    La menace Greenwood

    Parmi eux, les noms les plus cités par l’entraîneur de Newcastle restent Mason Greenwood et Pierre-Emerick Aubameyang. Deux joueurs qui ont connu la Premier League, respectivement avec Manchester United et Arsenal. Mais c’est surtout l’Anglais qui était au centre de l’attention, suite à son doublé inscrit vendredi sur la pelouse de l’OGC Nice (1-5). « C’est un très bon attaquant utilisé intelligemment sur l’aile droite. C’est plutôt un joueur qui combine avec les autres à ce poste. Il est plus efficace lorsqu’il repique dans l’axe », juge l’ancien coach de Bournemouth.

    Ce dernier prendra part à son premier match au Vélodrome. « Je trouve que l’ambiance ressemble beaucoup à St James’ Park. L’énergie, le soutien des supporters aux joueurs, cela jouera contre nous ici, car nous devrons composer avec ça, et bien mettre en place notre jeu. On peut relever ce défi », lance-t-il avec excitation.

    Sécurité renforcée

    Près de 3 000 supporters anglais sont attendus au Vélodrome ce soir.

    Un dispositif d’encadrement a été mis en place depuis lundi, afin d’éviter tout risque de débordement. Avant de se rendre au stade, les supporters de Newcastle devront stationner sur le site de la Joliette, d’où ils partiront, en convoi, via le métro. L’encadrement policier montera en puissance au fil de la journée. M.Ga.

  • Soprano au Dôme de Marseille pour son « Freedom tour »

    Soprano au Dôme de Marseille pour son « Freedom tour »

    Il aurait dû se produire le 11 octobre au stade Vélodrome. Mais des « raisons techniques » – la nouvelle pelouse du temple de l’OM installée l’été dernier n’aurait pas pu supporter un tel concert – l’en ont empêché. Qu’à cela ne tienne, Soprano et son équipe, bien que « dégoûtés », ont alors décidé d’organiser, en remplacement, deux nouvelles dates au Dôme de Marseille, mardi 25 et mercredi 26 novembre.

    Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Ces deux concerts s’inscrivent dans le « Freedom tour », du nom de l’album en trois parties sorti entre 2024 et 25, qui passera également par le Zénith de Toulon le 5 décembre ou encore l’Arena d’Aix-en-Provence, les 16 et 17 décembre.

    Du rap et de la pop

    Dans le premier volume de cet opus, sorti en mai 2024, Soprano se laissait aller à des chants empreints de liberté, très marqués par la patte de son compère et Mc, Youssoupha, avec lequel il a écrit certains titres tels que Facile à danser ou encore Papa dis-moi, apparaissant même à ses côtés dans un couplet de la chanson Bellingham.

    Au cours de la deuxième partie de l’album, intitulée Émancipation, Soprano fait étalage de ce qui constitue son ADN, témoignant de son maniement des mots, digne de la belle époque de son groupe originel des Psy4 de la rime. Les rappeurs Alonzo et Vicenzo y font d’ailleurs une apparition respective sur We are the champ et Ghostrider. Mention spéciale à Balles sur mesures, où le rappeur préféré des enfants renoue avec un rap martial qui rappelle ses débuts il y a 20 ans, déplorant un climat guerrier dans le pays et les méfaits des trafics : « Dans mon rez-de-chaussée, les p’tits sont diplômés en THC. Pas en HEC, ok, pas tous, je sais être positif, j’essaie. On lui dit va bosser, mais son bac +1 n’a rien exaucé. Exposé à l’argent facile depuis son balcon, la frustration a donné des armes à Franklin et Léon. » Autant de préoccupations qui ne sauraient pas non plus altérer la joie qu’il prodigue à des millions d’auditeurs, sur le modèle de la pop, comme l’illustre la dernière partie du disque, Renaissance. Toujours fidèle à son optimisme, comme le symbolisent les guitares gitanes de Quoi qu’il arrive, ça va aller.

    Places encore disponibles
    entre 38 et 74 euros. www.dome.marseille.fr