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  • À Aix-en-Provence, les salariés toujours inquiets de la vente de SFR

    À Aix-en-Provence, les salariés toujours inquiets de la vente de SFR

    Finalisée en juin dernier, la vente de l’opérateur télécom SFR par Altice, son propriétaire, à Orange, Bouygues et Free avait suscité angoisses et incompréhension chez ses salariés.

    Déjà en septembre, plusieurs dizaines de salariés étaient descendus au pied du siège aixois de SFR, déplorant un flou quant à leur avenir au sein de la boîte où autour des conditions de départ proposées. Rebelote, ils sont une soixantaine à avoir fait grève ce mardi 3 novembre au matin.

    Pas de visibilité

    Pour rappel en septembre, la mesure prévoyait de passer 2 500 salariés, au total, chez les trois acheteurs : dont environ 2 300 vers Bouygues Telecom. Une SA SFR avait également été créée comme passerelle pour alléger cette refonte. « Sauf qu’au cours des négociations avec le consortium [composé d’Orange, Free et Bouygues, Ndlr.], on découvre qu’une seule offre nous sera proposée », déplore Jonathan Fulpin pour la CFTC. En cas de refus, c’est « le minimum sur un licenciement économique ». Seconde option proposée aux salariés : « Lever la main pour partir, poursuit Jonathan Fulpin. On négocie donc les départs volontaires mais ils restent bien moins avantageux que ceux proposés en 2017. »

    Qui plus est, le syndicaliste indique, entre autres, l’absence de mise en place d’un « plan sénior ». Les discussions sociales devraient reprendre dès vendredi, entre salariés SFR qui promettent d’être « très attentifs à ce qu’on leur propose » et le dit consortium.

  • Appeler le 18, ce n’est pas « commander une pizza »

    Appeler le 18, ce n’est pas « commander une pizza »

    Un clip vidéo décalé de moins d’une minute fait mouche. Un homme compose le 18 « pour une urgence » et souhaite l’arrivée des pompiers « dans 10 minutes si possible avec un supplément grande échelle et gyrophare ». Entre temps, un sapeur pompier apparaît à l’écran pour apporter une autorité bienveillante avec un slogan : « On ne commande pas un pompier comme on commande une pizza ». Voilà le message délivré depuis ce mardi par les sapeurs pompiers de Vaucluse qui ont lancé une campagne de communication qui sera largement relayée sur les réseaux sociaux, cinémas mais aussi en mairies ou emplacements médicaux.

    « Il y a un problème d’éducation de la population, parfois des gens en panne sur autoroute nous appellent », constate le commandant David Chesnel, qui a en charge la gestion de la plateforme d’appels au sein du Sdis de Vaucluse, là où transitent toutes les conversations du 18, 15 et du 112. « Les gens ne savent pas comment est traité leur appel, pensent que faire le 18 est un dû pour avoir les pompiers, le but de la campagne est de leur expliquer comment cela fonctionne », poursuit David Chesnel. « On ne dit surtout pas aux gens, n’appelez plus mais on souhaite changer leur perception sans les culpabiliser avec comme mots d’ordre appelez, expliquez et faites confiance », abonde Martine Casadeï, cheffe de l’administration générale au Sdis qui a piloté la campagne réalisée par l’agence de com’ avignonnaise Sur le pont !

    À peine 15% des appels amènent les pompiers

    Si a priori le Vaucluse est l’un des premiers Sdis à lancer une telle campagne, c’est parce que le nombre d’appels est en croissance permanente. 360 000 appels reçus l’an dernier – 18, 15 et 112 confondus – soit +6% en un an. « Cela fait environ 1 000 appels par jour et, en réalité, seuls 140 ont déclenché une intervention des pompiers, chiffre le colonel hors classe Paichoux, patron du Sdis. Loin de moi de penser que près de 900 appels sont inutiles, des gens en détresse ont besoin d’assistance, on va avoir le même niveau d’attention, mais chaque appel répond à une situation différente et un traitement différencié », fait-il valoir. Ainsi, en fonction du degré d’assistance, trois possibilités s’offrent : soit un simple conseil téléphonique, soit un transport sanitaire par ambulance, soit une urgence et, là, les pompiers interviennent.

    « La population doit comprendre que l’engagement des pompiers n’est pas automatique mais seulement réservé à des urgences vitales, il faut vraiment faire confiance à l’opérateur en ligne », plaide Christophe Paichoux. En ces temps où certains services d’urgences incitent d’abord à faire le 15 avant de se déplacer, et où joindre un médecin est de moins en moins aisé, en bout de chaîne les appels d’urgence progressent. « Les gens sont habitués à l’immédiateté, à consommer des services publics comme des services marchands mais nous sommes un service d’urgence qui ne peut être partout à la fois au risque ensuite de ne plus être disponible pour les urgences vitales », avertit le chef des pompiers. Surtout dans le contexte actuel où les pompiers, sursollicités, ont largement exprimé leur mal être et revendications par la grève depuis septembre.

  • Agritourisme, conquête de marchés étrangers, outils digitaux… Var Tourisme lance son plan d’action pour 2027

    Agritourisme, conquête de marchés étrangers, outils digitaux… Var Tourisme lance son plan d’action pour 2027

    Au crépuscule de l’année 2026, il est temps de penser à la prochaine. Et dans le Var, plus qu’ailleurs, à la saison touristique qui vient avec. Cela, après un exercice marqué par « une saison estivale où nous avons été en difficulté, dans le contexte actuel de notre pays. Mais nous sauvons les meubles », résume Guillaume Decard, président de Var Tourisme, qui relève avec satisfaction les chiffres encourageants de l’avant et de l’arrière-saison, avec, notamment, « 600 000 nuitées supplémentaires en octobre par rapport à 2025 », permettant d’entrevoir un bilan prévisionnel stable de 80 millions de nuitées sur l’année.

    Les effets du développement « 4 saisons » qui lui est si cher, bien que « ça ne veuille pas dire qu’on doit lisser le tourisme. Nous devons préserver le noyau dur qu’est la saison estivale, qui représente 5 milliards d’euros de retombées économiques », martèle Guillaume Décard. Et pour cela, Var Tourisme lance son plan d’action 2027 intitulé « Varêvolution ».

    Développer l’agritourisme et le tourisme chinois

    Premier outil : l’observation et l’analyse des données grâce à l’observatoire digital du tourisme lancé fin 2023, y compris dans une logique de gestion des flux touristiques et de suivi de l’impact carbone. La communication et la valorisation seront aussi des axes forts, à travers des événements tels que la tenue d’un pop-up à Paris en novembre, des campagnes marketing et un accent sur les outils digitaux, notamment avec l’appui d’influenceurs. Mais aussi à travers le guide du réseau « Destination le Var », permettant de mettre en valeur ses membres (hôtels, restaurants…) auprès des visiteurs.

    Tout cela sera mis au service du développement de l’activité dans un département doté « de filières infinies », appuie Anthony Matteuzzi. Parmi elles, le golf, la spiritualité, le nautisme, ou encore le tourisme de pleine nature, qui bénéficieront toutes de mises en valeur à travers des événements, supports et outils promotionnels. La question de l’accessibilité sera aussi au centre, via un colloque et un site internet dédié. Mais l’axe de l’agritourisme et de l’œnotourisme, mis en avant depuis 2025, apparaît comme la priorité. Il s’agira de poursuivre la mise en valeur et l’accompagnement des projets du genre, comme cela a déjà été engagé cette année avec la sortie du guide de l’agritourisme. Un nouveau guide à destination du public, « Le Var des terres », paraîtra en février.

    Enfin, Guillaume Décard ambitionne « la conquête de nouveaux marchés » de clientèle étrangère, dotée d’un pouvoir d’achat supérieur. L’Italie, par exemple, qui n’est qu’au 6e rang en la matière malgré sa proximité, le Canada, qui a progressé de 114% depuis 2019, et surtout la Chine, pour laquelle une mission de développement est à l’étude. En parallèle, Var Tourisme veut consolider les marchés déjà fructueux (Allemagne, Scandinavie, Pays-Bas, États-Unis). Sans oublier le marché hexagonal, alors que le Var reste la destination favorite des Français, malgré le contexte économique : « Le tourisme social nous intéresse aussi », affirme le président du département Jean-Louis Masson. « Le fait que le panier étranger est plus important que le français doit nous pousser à le développer. » À travers, notamment, l’excursionnisme, c’est-à-dire les séjours à la journée en provenance de territoires de proximité (Var, Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes).

  • La gauche veut des mesures d’urgence

    La gauche veut des mesures d’urgence

    La date n’a pas été choisie au hasard. C’est bien en réaction au projet de budget de l’État et de la Sécurité sociale que les centrales syndicales se sont unies et ont lancé cet appel à la manifestation et à la grève ce jeudi 5 novembre. « C’est donc le moment de faire des choix politiques de priorité budgétaire », insiste le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard qui liste « l’augmentation du Smic et des salaires, le blocage des prix et l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires. Des réponses formulées par les organisations syndicales et sur lesquelles le gouvernement doit désormais donner des réponses à la hauteur de l’ampleur des difficultés sociales que rencontrent un grand nombre des concitoyennes et des concitoyens ».

    Même son de cloche du côté des communistes qui réclament la mise en place de ces mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat, et qui, au-delà du blocage, continuent de plaider pour la nationalisation de TotalEnergie. « Les raffineurs sont des profiteurs de guerre qui créent les conditions d’une spéculation sur le dos des Françaises et des Français et il est temps que ça s’arrête ! », tempête le secrétaire de la fédération des Bouches-du-Rhône du PCF, Jérémy Bacchi. Il plaide également pour « des mesures d’encadrement des prix du gaz et de l’électricité » alors que dans le pays « un tiers des Françaises et des Français déclarent ne pas se chauffer comme ils le devraient en raison des coûts de l’énergie. Dans un pays comme la France, c’est extrêmement dramatique », fustige le sénateur communiste.

    L’élu s’appuie sur le baromètre 2026 du médiateur national de l’énergie publié mardi qui révèle que « 34% [des foyers interrogés] déclarent avoir rencontré des difficultés à payer certaines factures d’électricité ou de gaz, contre 18% en 2020 ». C’est 55% chez les moins de 35 ans. À cela s’ajoute l’augmentation de 35% des prix de l’alimentation depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017. C’est, par exemple, 56% de plus pour les légumes et 61% pour l’huile et le beurre selon les données de l’Insee. « On propose une loi pour choisir un panier de 100 produits à prix bloqués. Ce qui permet aux gens de manger sainement sans se ruiner. Quand on voit les milliards de profits de la grande distribution, on a juste envie de pleurer », cingle le sénateur écologiste Guy Benarroche qui critique les orientations gouvernementales : « Ce n’est pas en facilitant la dérégulation des grandes entreprises et en ne touchant ni à leur capital, ni à leur profit, ni à leur dividende, qu’on va faire en sorte que les citoyens vivent mieux. Ce n’est pas la solution. Et pourtant, c’est celle qu’on continue à appliquer. C’est celle que défend encore l’État libéral, qui est le nôtre actuellement », tacle le Vert.

    Des discussions en vain ?

    Au crépuscule de la macronie, les discussions autour des amendements permettent surtout de dresser un bilan. « Le gouvernement nous balade. Vous avez, sans accord formel, un axe entre la droite et l’extrême droite qui fait tomber tous les amendements qui permettraient d’améliorer ce texte », dénonce le député PS Laurent Lhardit. « Le plus probable, c’est qu’on aboutisse aux ordonnances, c’est-à-dire que le gouvernement reprendra son texte de départ. » Sans oublier l’article 49.3, qu’il peut dégainer à tout moment.

    Le socialiste appelle à s’inspirer du modèle espagnol avec « un changement de politique qui passe nécessairement par une relance économique qui favorise le pouvoir d’achat. Donc l’inverse de ce qui a été fait depuis 10 ans en aidant directement les secteurs de l’économie avec cette théorie du ruissellement ». Il rappelle par ailleurs que son groupe portera, lors de sa journée réservée le 19 novembre à l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à baisser les prix du carburant à la pompe par l’encadrement des marges des raffineurs.

    « On a vraiment beaucoup à faire sur l’accompagnement de celles et ceux qui prennent leur voiture tous les jours, qui viennent généralement de milieu rural, des ouvriers et ouvrières, qui ont besoin de faire des kilomètres et en payent le prix fort beaucoup plus que dans les villes », pointe Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille et déléguée nationale de Place publique. « La revalorisation du Smic telle que nous la proposons permet de donner un peu d’air à des personnes qui, aujourd’hui, se retrouvent asphyxiées par le coût de la vie », souligne-t-elle.

    Pour se dédouaner, l’exécutif aime à rappeler à l’envi, qu’en l’absence de majorité et à six mois de l’élection présidentielle, il a les mains liées. « Ce que le gouvernement a du mal à comprendre, c’est qu’il y a des millions de Français aujourd’hui qui n’ont pas le luxe d’attendre six mois pour avoir des réponses à leurs difficultés », alerte Manuel Bompard qui sera dans la rue ce jeudi. « Si nous voulons l’emporter, il faudra que ce débat budgétaire au Parlement soit accompagné d’une mobilisation sociale de grande ampleur », renchérit Jérémy Bacchi.

  • En grève, les agents du Mucem guettent Costa

    En grève, les agents du Mucem guettent Costa

    Suspendu de ses fonctions de président du Mucem le 30 juin pour quatre mois par le ministère de la Culture, Pierre-Olivier Costa a annoncé dimanche qu’il allait de nouveau occuper son siège. De quoi rendre les salariés du musée marseillais furieux et déclencher une grève mardi. « Ne voyant rien venir avant, on a alerté le ministère de la Culture pour savoir ce qu’il se passerait le 1er novembre. Mais silence radio. Puis, on a appris par voie de presse qu’il comptait reprendre », rappelle en ce 3 novembre un représentant du personnel Sud Culture du Mucem, sur le piquet de grève. Une grève votée par « 85% » d’une centaine de salariés présents lors d’une assemblée générale, sur les 125 employés du musée. Mardi après-midi, la reprise du travail pour mercredi a été approuvée. Mais un préavis court jusqu’à la fin de semaine prochaine.

    Sur le qui-vive

    Organisé par Sud Culture et la FSU, ce mouvement vise au départ définitif de Pierre-Olivier Costa qui a fait l’objet d’une enquête menée par l’Inspection générale des affaires culturelles (Igac) pour des « faits de mal-être » au Mucem et un management toxique. Sans compter l’ouverture d’une enquête pour harcèlement moral et sexuel. Malgré ses annonces dans la presse et un mail adressé aux agents du Mucem duquel ne ressort aucun mea-culpa, nulle trace de Pierre-Olivier Costa sur le site. « Aucun gréviste n’a envie de le revoir revenir. Même des gens du comité de direction sont en grève. D’autres le sont aussi pour la première fois de leur vie alors qu’ils travaillent dans la fonction publique depuis 30 ans », indique sur place une autre représentante syndicale Sud Culture qui s’étonne que le ministère n’officialise rien au sujet de cet ancien directeur de cabinet et proche de Brigitte Macron. « Mais si d’aventure, il était quand même confirmé, on se mettra encore en grève dès qu’on le reverra au Mucem », prévient-elle.

  • [Entretien] « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors »

    [Entretien] « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors »

    Sur un grand drap blanc posé à même le sol, place Jean-Jaurès, 21 peluches sont disposées sur des taies d’oreiller. Elles représentent « 21 enfants scolarisés à Montpellier, de la crèche à l’université », qui, depuis la rentrée scolaire, « n’ont dû leur mise à l’abri qu’à des citoyennes et des citoyens, et non à l’État ». 21 enfants « qui dormaient avec leurs parents dans des halls d’immeubles, dans leurs voitures, dans des tentes, à deux pas de chez nous, de chez vous », interpelle, au micro, Murielle Kosman, de l’association Une École Un Avenir.

    Lundi 2 novembre, le collectif Un Toit Un Avenir, qui réunit la FCPE, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), La Cimade, le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF), Droit au logement (DAL) et l’association Une École Un Avenir, appelait, avec le soutien du Réseau Universités Sans Frontières (RUSF), à un rassemblement pour « rendre visibles » ces familles qui dorment dans la rue à l’approche de l’hiver.

    « Ces 21 enfants ne sont que la partie émergée de l’iceberg », souligne Murielle Kosman, selon laquelle une centaine d’enfants seraient aujourd’hui sans abri à Montpellier, d’après les estimations des associations. « Quand on dort dans la rue, on a moins de chances pour étudier, construire son avenir, on a une santé fragilisée. Tout est mis en péril. C’est quoi le droit à l’éducation, le droit à la santé pour les enfants qui dorment dehors ? », interroge la porte-parole.

    Depuis septembre, la mobilisation citoyenne impulsée par le collectif a permis de financer « plus de 150 nuits de mise à l’abri, dont plus de 110 chez des habitants solidaires, et de récolter plus de 11 000 euros ». Hébergement chez des particuliers, nuitées d’hôtel ou dans des locations de type Airbnb financées par des cagnottes, dons de nourriture et de vêtements : faute de solutions institutionnelles, la solidarité prend le relais.

    « La solidarité a ses limites »

    Mais « les pouvoirs publics ne sauraient se reposer plus longtemps sur la générosité des citoyens pour s’acquitter d’une obligation qui leur incombe », insiste le collectif, qui rappelle que l’article L. 345-2-2 du Code de l’action sociale et des familles « garantit un accès inconditionnel à l’hébergement d’urgence pour toute personne sans abri en situation de détresse, quel que soit son statut administratif ». Il réclame donc un plan « zéro enfant à la rue » dès cet hiver à Montpellier, porté conjointement par l’État et la Ville. « La solidarité a ses limites, il faut de la sécurité. Ces familles sont en stress permanent », alerte Murielle Kosman.

    « Malgré la trêve hivernale, il est évident qu’il va y avoir des familles à la rue cet hiver. Des familles se retrouvent dans la situation suivante : elles appellent le 115, mais il n’y a pas de solution, malgré des injonctions. Pire, l’État a décidé de réduire encore le nombre de places d’hébergement d’urgence », dénonce la représentante d’Une École Un Avenir.

    Une audience auprès de la préfète de l’Hérault a été sollicitée. La municipalité est elle aussi interpellée : « Nous pensons que Michaël Delafosse est en mesure d’aider le secteur associatif et de faire le travail de conviction nécessaire auprès de la préfecture », estime Murielle Kosman. « Des chartes sont signées, des jolis mots sont dits mais nous souhaitons des actes concrets pour que derrière les inscriptions à l’école suivent des toits, des hébergements. Quelle que soit la manière dont les pouvoirs publics s’y prendront. La réquisition, on est pour. L’habitat intercalaire, pourquoi pas. La construction de logements sociaux, évidemment », énumère la militante.

    À la nuit tombée, les participants étaient invités à allumer leurs lampes-torches pendant les prises de parole. Une façon de mettre en lumière ces familles que la précarité contraint trop souvent au silence. « Je salue le courage de ces familles. Parce que c’est très difficile pour elles d’aller demander de l’aide, d’accepter les conditions dans lesquelles elles vivent », rappelle la porte-parole du collectif, qui prévient : « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors. »

  • [Entretien] « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors »

    [Entretien] « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors »

    Sur un grand drap blanc posé à même le sol, place Jean-Jaurès, 21 peluches sont disposées sur des taies d’oreiller. Elles représentent « 21 enfants scolarisés à Montpellier, de la crèche à l’université », qui, depuis la rentrée scolaire, « n’ont dû leur mise à l’abri qu’à des citoyennes et des citoyens, et non à l’État ». 21 enfants « qui dormaient avec leurs parents dans des halls d’immeubles, dans leurs voitures, dans des tentes, à deux pas de chez nous, de chez vous », interpelle, au micro, Murielle Kosman, de l’association Une École Un Avenir.

    Lundi 2 novembre, le collectif Un Toit Un Avenir, qui réunit la FCPE, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), La Cimade, le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF), Droit au logement (DAL) et l’association Une École Un Avenir, appelait, avec le soutien du Réseau Universités Sans Frontières (RUSF), à un rassemblement pour « rendre visibles » ces familles qui dorment dans la rue à l’approche de l’hiver.

    « Ces 21 enfants ne sont que la partie émergée de l’iceberg », souligne Murielle Kosman, selon laquelle une centaine d’enfants seraient aujourd’hui sans abri à Montpellier, d’après les estimations des associations. « Quand on dort dans la rue, on a moins de chances pour étudier, construire son avenir, on a une santé fragilisée. Tout est mis en péril. C’est quoi le droit à l’éducation, le droit à la santé pour les enfants qui dorment dehors ? », interroge la porte-parole.

    Depuis septembre, la mobilisation citoyenne impulsée par le collectif a permis de financer « plus de 150 nuits de mise à l’abri, dont plus de 110 chez des habitants solidaires, et de récolter plus de 11 000 euros ». Hébergement chez des particuliers, nuitées d’hôtel ou dans des locations de type Airbnb financées par des cagnottes, dons de nourriture et de vêtements : faute de solutions institutionnelles, la solidarité prend le relais.

    « La solidarité a ses limites »

    Mais « les pouvoirs publics ne sauraient se reposer plus longtemps sur la générosité des citoyens pour s’acquitter d’une obligation qui leur incombe », insiste le collectif, qui rappelle que l’article L. 345-2-2 du Code de l’action sociale et des familles « garantit un accès inconditionnel à l’hébergement d’urgence pour toute personne sans abri en situation de détresse, quel que soit son statut administratif ». Il réclame donc un plan « zéro enfant à la rue » dès cet hiver à Montpellier, porté conjointement par l’État et la Ville. « La solidarité a ses limites, il faut de la sécurité. Ces familles sont en stress permanent », alerte Murielle Kosman.

    « Malgré la trêve hivernale, il est évident qu’il va y avoir des familles à la rue cet hiver. Des familles se retrouvent dans la situation suivante : elles appellent le 115, mais il n’y a pas de solution, malgré des injonctions. Pire, l’État a décidé de réduire encore le nombre de places d’hébergement d’urgence », dénonce la représentante d’Une École Un Avenir.

    Une audience auprès de la préfète de l’Hérault a été sollicitée. La municipalité est elle aussi interpellée : « Nous pensons que Michaël Delafosse est en mesure d’aider le secteur associatif et de faire le travail de conviction nécessaire auprès de la préfecture », estime Murielle Kosman. « Des chartes sont signées, des jolis mots sont dits mais nous souhaitons des actes concrets pour que derrière les inscriptions à l’école suivent des toits, des hébergements. Quelle que soit la manière dont les pouvoirs publics s’y prendront. La réquisition, on est pour. L’habitat intercalaire, pourquoi pas. La construction de logements sociaux, évidemment », énumère la militante.

    À la nuit tombée, les participants étaient invités à allumer leurs lampes-torches pendant les prises de parole. Une façon de mettre en lumière ces familles que la précarité contraint trop souvent au silence. « Je salue le courage de ces familles. Parce que c’est très difficile pour elles d’aller demander de l’aide, d’accepter les conditions dans lesquelles elles vivent », rappelle la porte-parole du collectif, qui prévient : « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors. »

  • Le projet de data center flottant dans le grand port de Marseille remis à flot

    Le projet de data center flottant dans le grand port de Marseille remis à flot

    La colonisation des bassins Est du grand port maritime de Marseille – Fos par les centres de données n’est pas terminée. Depuis le début de l’année, la société NDT Saumaty 1 a déposé deux demandes successives de permis de construire auprès de la municipalité marseillaise, le premier, le 2 mars, pour la construction d’un data center « réalisé en partie en surplomb de la mer nécessitant la modification et la reconstruction du quai », le second déposé le 16 octobre pour des équipements connexes. Des demandes qui visent la parcelle de 94 hectares qui s’étend entre le port de pêche de Saumaty et le bassin Mirabeau, derrière la forme 10 de réparation navale. La municipalité avait déjà accordé au mois d’avril un permis de démolir à la même société sur cette même parcelle.

    Derrière le porteur du projet, le groupe français Data4. Un groupe qui exploite aujourd’hui onze « campus » de data centers dans six pays européens pour une puissance de 2 gigawatts. Rachetée en 2023 par le fonds canadien Brookfield Infrastructure, elle a vu le fonds britannique Arjun Infrastructures et le holding des investissements financiers du groupe Ikea, Interogo Holding, entrer à son capital au mois d’août 2025. « Nous confirmons étudier un projet de data center à Marseille sur le site d’une ancienne déchetterie industrielle située au sein du Grand Port Maritime de Marseille, avec la volonté de dépolluer, réhabiliter et revaloriser ce foncier », répond la société qui ambitionne de doubler sa présence en Europe d’ici 2030. « Le projet est actuellement en phase d’étude de faisabilité », précise-t-elle.

    Elle vient reprendre l’ancien projet d’un data center flottant installé dans le Grand port maritime, d’une puissance de 7,5 mégawatts, qui était porté par la société californienne Nautilus Data Technologies. Celle-ci s’est depuis retirée de ce domaine spécifique, mais le projet qui lui succède conserve le même nom, Nautilus.

    Celui-ci doit désormais être soumis à une consultation publique de trois mois, à compter du 18 novembre prochain, afin de pouvoir lui délivrer son autorisation environnementale. Une réunion publique est d’ores et déjà annoncée le 26 novembre prochain à partir de 17h30, au centre municipal d’animation Mirabeau.

  • Un dispositif pour reloger les 166 foyers du parc Bellevue à Marseille

    Un dispositif pour reloger les 166 foyers du parc Bellevue à Marseille

    Une mission MOUS d’accompagnement social et de relogement des habitants de la tour B et du bâtiment A10 du parc Bellevue se monte dans le cadre de l’opération de renouvellement urbain (NPNRU) conduite par la Métropole Aix-Marseille-Provence et Euroméditerranée, son concessionnaire.

    La démolition de la tour B prévue pour 2031 nécessite de libérer aussi le bâtiment A10 mitoyen, propriété d’Erilia, qui lui sera conservé. 166 ménages en tout doivent être relogés au cours des prochaines années. Parmi eux, 104 locataires de Marseille Habitat et 21 d’Erilia, des locataires du parc privé, des propriétaires occupants et des occupants hébergés. Marseille Habitat est propriétaire de 144 lots dont environ 40 sont actuellement vacants. La MOUS d’une durée de 4 ans s’étend du diagnostic initial de chaque famille, de l’installation des ménages dans leur nouveau logement et leur suivi après leur déménagement.

    Une étude a montré en 2023 que 60% des ménages occupent leur logement depuis moins de 10 ans et 5% depuis plus de 15 ans. 85% des foyers sont des familles avec enfants, dont près de la moitié sont monoparentales. Leur précarité sociale est soulignée : plus de 53% des locataires sont sans emploi (contre 10% dans le parc social français) et dépendent des prestations familiales et sociales.

    La perspective d’un relogement suscite autant d’attente que d’inquiétude. Les occupants des étages hauts de cette tour de 20 étages se plaignent des pannes récurrentes des ascenseurs. « Cette situation est particulièrement mal vécue par les familles ayant des enfants en bas âges ainsi que les personnes souffrant de problèmes de santé et de mobilité. » Il est relevé le traumatisme des habitants après l’incendie le 28 juin 2021 d’un appartement au 19e étage où une locataire a trouvé la mort.

  • [Afecioun] Laurier vainqueur du trophée Honneur à Mouriès

    [Afecioun] Laurier vainqueur du trophée Honneur à Mouriès

    Une avant capélado mise en scène par Patrice Blanc sur l’origine de la course camarguaise dans Mouriès. Au défilé des raseteurs deux manquants Dunan H. et Chevalier R. blessés. Tous les deux récompensés à la remise des prix. Les raseteurs : Allam, Améraoui, Benhammou, Chebaïki, Ciacchini, Errik, Garcia, Laurier et Matéo. Les tourneurs : Oleskevich, Oudjit, Ruiz et Sanchis.

    Pour les noirs Mazeran de Grand Salan fait une course pleine de bout en bout, les autres restent des valeurs sûres avec leurs volontés et leurs engagements.

    Pageù (607) Mas de la Comtesse : vous avez dit difficile, c’est le cas. Placé, il vient sur le raset et baisse la tête à l’approche du fer. Vient fort dans la poursuite et se montre actif aux planches. Il se déplace au grand galop. Tape sur Benhammou. Rentre ses ficelles avec Carmen et les applaudissements.

    Musicien (811) de St Léonard : pour les pompons toutes les attaques se terminent contre les planches. À la 10e, il s’éloigne un peu des bois et se réserve un peu plus. Il repart dans la dernière minute avec une grosse action sur Laurier. Ficelles au toril avec Carmen et applaudissements.

    Toscan (741) de Gillet : il bouge et gène le travail des hommes. À la 4e il accroche Benhammou et le malmène sans trop de mal, Belkacem reviendra après une visite éclair à l’infirmerie. Le taureau sautera méchamment après Laurier. Rentre une ficelle avec l’air de Bizet.

    Lascar (401) de Lautier : attentif et sérieux, il sait couper le terrain des hommes et oblige plusieurs fois le blanc à rompre le raset. Placé un peu loin des planches, il va vite et signe quelques poursuites serrées. Retour avec 1 ficelle et les honneurs.

    Caillet (328) de Cavallini : il est robuste en terminant la majorité des actions en force dans les planches. Il faudra deux pauses pour qu’il reprenne ses esprits. Magnifique dans ses réactions, il conclura sur la trompette avec un gros coup de barrière. Rentre une ficelle, Carmen et applaudissements.

    Mazeran (716) du Grand Salan : le taureau est méchant, se jette dans les planches sur tout ce qui bouge en contre piste. Les grosses actions se succèdent et chaque raset se termine au minimum contre les bois quand il ne saute pas. Rentre ses ficelles, Carmen, l’ovation et prix du jury.

    Sixte (416) de R. Michel : tel une furie, il se jette avec méchanceté sur tout ce qui bouge en piste et contre piste. Il répond à Ciacchini dans une action dangereuse et suivra Chebaïki en contre piste. Un final relevé à souhait pour une course de très haut niveau. Rentre ses ficelles avec Carmen.

    Course du samedi 31 octobre

    Trophée Honneur

    Classement final : 1er Laurier P. 604 pts, 2e Benhammou B. 588 pts, 3e Dunan H. 518 pts, 4e Chevalier R. 469 pts, 5e Allam F. 375 pts, 6e Ciacchini J. 362 pts