Category: accueil-merge

  • Des contrefaçons broyées pour l’exemple à Marseille

    Des contrefaçons broyées pour l’exemple à Marseille

    Pas moins de 206 054 marchandises contrefaisantes, d’une valeur de 42 millions d’euros, avaient été saisies, en février, sur le Marché du soleil, dans le cadre d’une enquête judiciaire du parquet de Marseille pour trafic de contrefaçon et blanchiment, après la saisie des murs en novembre 2025, entraînant la fermeture des lieux pour six mois.

    Dans la cour intérieure de la cité des douanes (3e) ce jeudi 18 juin, une partie d’entre elles sont étalées au pied d’un camion dans lequel a été installée une déchiqueteuse. Lunettes de soleil, sacs haute couture approximatifs, chaussures de sport et claquettes en cuir, maillots de foot plus ou moins olympiens et tee-shirt, le panel est impressionnant. On trouve également des machines à coudre pour doter les textiles d’étiquettes contrefaites.

    Pour la préfète de police déléguée, Corinne Simon, il s’agit d’une « opération emblématique ». D’abord « parce qu’elle permet de mettre en avant toute l’efficacité de la loi narco du 13 juin dernier », estime-t-elle. Un texte qui permet aux préfets « de pouvoir fermer administrativement les commerces dès lors où une infraction est caractérisée, que ce soit sur du trafic de stupéfiants, de l’association de malfaiteurs, du recel ou de la présomption de blanchiment », précise-t-elle. Et c’est sur cette dernière que Corinne Simon s’est appuyée pour la fermeture du Marché du soleil.

    Autre objet de satisfaction pour la préfète de police déléguée, il s’agit « d’une opération d’envergure qui a nécessité un travail de préparation important, un travail interservices », où une centaine de douaniers, une quinzaine d’officiers de police judiciaire, à la fois de police et de gendarmerie nationale, et des CRS ont été mobilisés. Cela fait aussi « 40 ans que ce marché existe » a-t-elle rappelé, et « d’année en année, on a vu qu’il s’était modifié pour devenir un marché à ciel ouvert de contrefaçons, il était impératif que nous puissions y mettre un terme, parce que c’est une concurrence déloyale par rapport aux marques et que cela permet de déclencher une économie souterraine qui finance des activités illégales ».

    Un milliard de taxes

    en moins pour l’État

    Le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a lui aussi insisté sur la contribution des douanes. C’est sur la base de leurs saisies « menées régulièrement de 2024 à 2025, et à chaque fois, c’était bingo, que nous avons pu déterminer qu’on était dans le cadre de la marchandise contrefaisante en bande organisée » assure-t-il, s’étonnant que « dans les guides touristiques, l’existence de ce marché soit donnée comme un must ». Le procureur se félicite au passage d’une opération « gagnant-gagnant », le « représentant du consortium des marques » prenant en charge les coûts de la destruction, et du don des machines à coudre « à l’administration pénitentiaire pour fournir du travail aux détenus ».

    Pour l’État, le manque à gagner reste important, insiste Delphine Sarfati-Sobreira, directrice générale de l’Union des fabricants (Unifab). « C’est un milliard d’euros de taxes que la contrefaçon fait perdre, en période économique compliquée, on ne peut pas passer à côté et 38 000 emplois perdus par an », ajoute-t-elle. Soulignant le danger pour les consommateurs qui achèteraient ces produits, avec des lunettes de soleil qui n’ont pas de filtre, des teintures pouvant provoquer de graves allergies, elle précise que ces marchandises « fabriquées à des milliers de kilomètres ont un bilan carbone absolument désastreux et les usines qui fabriquent de la contrefaçon rejettent leurs déchets dans la nature ».

    Malins, les fraudeurs ont prévu également de dissocier les textiles des logos pour mieux écouler la marchandise, note-t-elle. « L’assemblage se fait en France, révèle-t-elle. C’est moins compliqué de se faire envoyer un carton de logos en cas de saisies que tout un lot de vêtements complet ». Tout un système qui sera explicité lors du procès. Parmi les 15 prévenus, les gardiens du marché, le gérant administratif, une gérante sur le terrain, une agente de la préfecture et deux policiers municipaux…

  • Alpes 2030 : les emblèmes olympique et paralympique révélés

    Alpes 2030 : les emblèmes olympique et paralympique révélés

    Au moment où apparaissent à l’écran, ce jeudi soir à Briançon, les deux formes triangulaires, représentant de manière épurée, mais claire, deux massifs montagneux, emblèmes des futurs Jeux d’hiver 2030, aussitôt, dans le public, les avis fusent. « C’est beau, sobre et élégant », pour l’un ; « c’est tout, juste deux dessins de montagne ? », questionne une autre.

    Désormais, pour chaque événement sportif international, JO ou Coupe du monde, la conception du logo et les débats qui en découlent constituent un passage médiatique majeur. Les Jeux de 2030 n’y échappent pas, bien au contraire. Mais, que l’on aime ou non, résumer le design des futurs logos à un simple dessin de montagne est un peu réducteur. Leur créateur a poussé loin le souci de communication et même de sémiotique.

    « Les Alpes françaises sont disposées du nord au sud et, avec le mouvement solaire, on a une épiphanie quasiment quotidienne, explique Mathieu Sakkas, directeur de la marque et de l’image du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) Alpes Françaises 2030. Cette traversée des cimes crée une diffraction de lumière, qui nous a beaucoup inspirés. On l’a capturée à la Pointe percée [sommet de 2 750 m d’altitude en Haute-Savoie] et l’on a pu en retirer une forme minimaliste et sa contre-forme. »

    Surtout, le double logo permet de représenter les Jeux olympiques et paralympiques « Ces deux formes sont complémentaires, se répondent, détaille Mathieu Sakaks. À partir de ce dessin, on s’est dit : pourquoi ne pas exprimer l’identité olympique et paralympique avec une forme chacune ? Pour la première fois de l’histoire, on aurait deux formes complémentaires. » Une idée qu’a appréciée Oscar Burnham, skieur para-alpin : « La complémentarité des deux emblèmes me touche beaucoup. En tant qu’athlète paralympique, on bénéficie de l’effervescence des Jeux olympiques. C’est important pour nous d’avoir cette mise en lumière et cela peut susciter des vocations », a-t-il réagi.

    Quant aux couleurs, là aussi, rien n’a été laissé au hasard. Le bleu azur représente le ciel méditerranéen reflété dans les lacs de montagne, et le rouge-rose les teintes que le soleil de l’aurore ou du crépuscule dépose sur les sommets. Les deux, associés, rappellent évidemment les couleurs du drapeau tricolore. Au total, Mathieu Sakkas a travaillé six mois avec l’agence Saint-Lazare, studio de design graphique basé à Paris, à la conception des logos et leur déclinaison sur les différents visuels et produits commercialisés.

    Un moment festif malgré la pluie

    « Je ne sais pas vous, mais moi, j’adore. Ils sont simples, purs, élégants. Finalement, ils ressemblent tellement à nos montagnes qui sont tout ça à la fois », s’est enthousiasmée la ministre des Sports, Marina Ferrari, qui s’est d’ailleurs rendue à Briançon avec le président de la Région Sud (Ren.), Renaud Muselier, à bord de l’Alpe Express. Ce train express relie Briançon à Marseille en 3h40 et sera mis en place pendant les Jeux, puis maintenu après, à raison de deux trajets par jour.

    Pour la présentation, la mairie de Briançon a organisé un moment musical et festif au Parc des Sports, avec concerts et prises de parole. L’événement, retardé d’1h30 à la suite d’un fort épisode pluvieux, a attiré près d’un millier de personnes.

    Ange Fabre

    La carte des sites validée ce vendredi ?

    Le comité d’organisation se réunit, ce vendredi, lors d’un nouveau bureau exécutif. L’objectif est de « stabiliser » la carte des sites, en vue de la validation par CIO, qui doit arriver début juillet.

    Si celle des Jeux paralympiques s’éclaircit, celle des JO reste incertaine. Les sites de ski alpin doivent encore être déterminés et les sports additionnels doivent, eux, être confirmés. Ces derniers seront de toute façon placés au sud, selon un accord entre Régions.

    P.G.

  • Au Vélodrome, Toulouse et le Racing visent la finale

    Au Vélodrome, Toulouse et le Racing visent la finale

    Le gratin du rugby français fait étape le temps d’un week-end au stade Vélodrome. L’écrin habituellement utilisé par l’Olympique de Marseille reçoit, vendredi et samedi, les demi-finales du Top 14. La discipline est une habituée des lieux entre les délocalisations du RC Toulon, mais aussi l’accueil de ces mêmes demi-finales en 2017 et de la finale il y a deux ans. Le Stade Toulousain et le Racing 92 seront les deux premières équipes à fouler l’herbe marseillaise, ce soir (21h05).

    Une rencontre au sommet, dans un antre que les deux coachs, Ugo Mola et Patrice Collazo, apprécient tout particulièrement. « Je suis content de venir au Vélodrome. Pour moi, c’est le plus beau stade de France, voire du monde. Je trouve que c’est un endroit rêvé pour le rugby, que ça donne une dimension à ces demi-finales. C’est un stade avec une caisse de résonance monstrueuse », appuyait Collazo. Mola le Toulousain a aussi raconté que le pèlerinage au Vélodrome était commun, lorsqu’il était joueur, dans les années 1990.

    Les Racingmen savent pertinemment qu’ils sont loin d’être favoris lors de cette rencontre. Ce costume leur sied à merveille, vu qu’ils viennent simplement d’infliger à Pau sa seule et unique défaite de la saison à domicile (33-31), lors du barrage. Avec ce phrasé qui lui colle à la peau, Patrice Collazo a évoqué un Toulouse « en formule all inclusive », avec toutes ses stars disponibles pour le choc de la soirée. Surtout que les différentes statistiques à propos des phases finales ne penchent pas en faveur des Franciliens. Depuis 2018, aucun barragiste n’a atteint la finale du Top 14. Pire encore, les Haut-Garonnais sont des monstres de réussite lorsque l’été approche. Terminer parmi les deux premiers du championnat les amène forcément en finale par la suite. 7 sur 7 lors des deux dernières décennies.

    Dupont IN, Ramos OUT

    Patrice Collazo a d’ailleurs catégoriquement refusé d’évoquer la soi-disant méforme de son adversaire. « Ce sont les médias qui ont dit ça. Ça fait deux semaines qu’ils étaient dans les eaux profondes. Pour connaître un peu la maison, quand ils ferment les écoutilles et qu’ils descendent dans les eaux profondes, ça veut dire qu’ils se préparent. Heureusement, il y a des articles qui sont réapparus un peu aujourd’hui. Je vous laisse interpréter la saison de Toulouse, je n’ai pas la prétention d’interpréter. »

    Ugo Mola n’a pas laissé planer le doute trop longtemps en révélant qu’Antoine Dupont sera dans le groupe pour ce match. Il sera même titulaire aux côtés de Romain Ntamack. Seule ombre au tableau, Thomas Ramos est absent. D’après les explications de son entraîneur, il a lui-même préféré ne pas tenter le coup pour le bien de l’équipe. Blair Kinghorn le remplace au poste de numéro 15.

    Demi-finale du Top 14

    Stade Vélodrome (21h05)

    Arbitre : Pierre Brousset

    TOULOUSE : Kinghorn – Thomas, Barassi, Chocobares, Lebel – Ntamack, Dupont – Roumat, Willis (cap.), Cros – Meafou, Brennan – Merkler, Mauvaka, Neti

    RACING : James – Manu, Fickou, Tuisova, Spring – Gibert, Carbonneau – Hughes, Manyarara, Baudonne – Taofifenua, Hill – Bamba, Tarrit, Gogichashvili

    Plusieurs animations à travers la ville

    Marseille se met, le temps d’un week-end, au rythme du rugby. Des animations liées à la discipline sont prévues dans les prochains jours sur le Vieux-Port et sur le parvis du stade Vélodrome. De nombreuses activités et initiations sont au programme, avec entrée gratuite pour tous, fans de rugby ou non.

    Un village éphémère a été installé, face à la mer, en partenariat avec plusieurs sponsors du Top 14 et de la Ligue Nationale de Rugby. Une « Sensory Room » a également été mise en place au Vélodrome et sera destinée à des personnes souffrant de troubles sensoriels, cognitifs ou neurodéveloppementaux. 28 personnes suivront les matches en audiodescription, pour une immersion totale.

  • Les agents ne veulent pas faire les frais des coupes budgétaires

    Les agents ne veulent pas faire les frais des coupes budgétaires

    Les organisations syndicales de la Métropole Aix-Marseille avaient déjà alerté face à la copie budgétaire présentée par la chambre régionale des comptes, jeudi 11 juin. En adoptant les 91 millions d’euros d’économies dans le fonctionnement de l’intercommunalité préconisées par les magistrats financiers pour arrêter le budget de l’institution sous tutelle depuis le mois d’avril, le préfet de région n’a fait que confirmer leurs craintes.

    « À la fin, nous le savons bien, les seuls qui devront faire des efforts, ce sera nous, constate ainsi, ce jeudi, le syndicat CGT des agents de la Métropole. Leur seule proposition semble être de nous imposer des sacrifices, tel que réduire la médecine de prévention, comme si cela ne posait de problème à personne. » En déplorant qu’en un mois, « aucun élu n’a même évoqué notre existence ». Au total, ce sont pourtant 4,5 millions d’euros d’économies qui ciblent directement les agents, que ce soit en gelant remplacements et recrutements, en réduisant les heures supplémentaires et le complément indemnitaire annuel (CIA) ou en sabrant dans la médecine du travail. « Une ligne rouge à ne surtout pas franchir », déplorait, mercredi, le syndicat FO de la Ville et de la Métropole. « Il n’est pas question de faire des économies sur le dos des agents qui payent déjà cash la facture des choix politiques de l’État ! », dénonce l’organisation, qui rappelle que des grilles salariales commencent sous le Smic. Tandis que les magistrats financiers justifiaient les coupes dans la médecine du travail « au regard de l’exécution moyenne de cet article les trois années précédentes », le syndicat les juge « hors-sol », en particulier après avoir demandé un renforcement des visites de prévention après trois décès prématurés d’agents, qui avaient suscité une vive émotion. « Aucun agent contractuel occupant un emploi permanent ne sera licencié dans le cadre des mesures budgétaires annoncées, aucun acquis social ne sera rogné cette année », veut tempérer la FSU. Tout en reconnaissant que « les interrogations demeurent concernant les recrutements, le remplacement des départs, les moyens des services et l’avenir des missions ».

    Inquiétude sur la gratuité

    Parmi ces missions, la CGT Métropole appelle déjà à « défendre la culture, les sports, les compétences que nous exerçons avec professionnalisme ». Mais le syndicat dénonce aussi le choix du préfet de retirer 53 millions d’euros aux attributions de compensations reversées aux communes pour compenser l’ancienne taxe professionnelle. Rappelant qu’elles sont versées aux territoires qui accueillaient l’industrie « sacrifiant parfois la santé de leur population au nom du développement économique ». À contre-courant de la FSU qui refuse « une Métropole qui renoncerait à son ambition de solidarité territoriale ».

    Enfin, si l’union syndicale des retraités CGT se réjouit de voir la gratuité des transports maintenue, « elle est toujours largement menacée », reconnaît-elle, s’opposant à la refonte des tarifs proposée par la présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali.

  • Investisseur béton pour Fibre Excellence

    Investisseur béton pour Fibre Excellence

    Face aux grandes cheminées de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, dont presque plus aucune fumée ne sort depuis le placement en redressement judiciaire de l’entreprise de pâte à papier, fin avril par le tribunal de commerce de Toulouse, une bonne partie des plus de 300 salariés étaient présents avec le sourire, ce jeudi 18 juin. Et pour cause, ils ont appris l’entrée, ce mercredi, d’un investisseur de taille dans l’unique offre de reprise : Matthieu Pigasse.

    En conséquence, l’audience devant le tribunal de commerce, qui devait statuer sur l’avenir de la structure et était initialement prévue le mercredi 17 juin, a été reportée au 6 juillet, le temps d’étoffer le dossier. L’entreprise risquait notamment la liquidation judiciaire après le retrait de son actionnaire principal indonésien, il y a bientôt deux mois.

    La plupart des salariés ont ainsi suivi en visioconférence la conférence de presse organisée sur l’autre site de l’entreprise, à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, en présence de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et de la présidente du conseil régional d’Occitanie, Carole Delga (PS). Depuis le parking de l’usine, une télévision avait été installée pour l’occasion. Les élus locaux et les représentants syndicaux, quant à eux, ont suivi l’événement depuis le réfectoire de l’entreprise.

    « Il y a 48 heures, on a appris qu’un investisseur français allait essayer de sauver 10 700 emplois directs et indirects. Le ministre avait des réserves avant, car les investisseurs étaient Indonésiens. Maintenant que c’est un Français, il faut y aller. C’est une très bonne chose pour nous, mais le combat n’est pas fini. Si ça se réalise, c’est comme si le père Noël était passé en juin », se réjouit, sous les applaudissements, Laurent Quinto, salarié du site de Tarascon et représentant de la Filpac-CGT. « Il ne faut plus traîner », lance de son côté Florent Bertaud, secrétaire FO du site. Il dénonce le « blocage du gouvernement » qui selon lui « a l’entière responsabilité » de la situation, tout en appelant à « passer par une nationalisation temporaire si nécessaire ». « Ce matin, on a la banane avec cette petite lueur d’espoir », conclut Frédéric Sanchez, représentant de la CFDT, qui donne rendez-vous le 6 juillet. En espérant une bonne nouvelle.

    Table ronde

    L’occasion, également, pour les responsables politiques de réaffirmer leur soutien. Si les Régions Occitanie et Sud ont mis la main à la poche (lire ci-dessous), les différents maires et présidents d’intercommunalités alentour rappellent l’importance de Fibre Excellence pour le territoire. Le maire d’extrême droite de Tarascon, Alexandre Ducouret (RN), n’a pas été convié à la conférence de presse, la CGT rappelant son opposition aux idées de son parti. L’édile aurait menacé de porter plainte avant de publier un communiqué sur les réseaux sociaux de la commune.

    C’est son prédécesseur et vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Lucien Limousin (DVD), qui a pu s’exprimer aux côtés des maires d’Arles et de Maussane-les-Alpilles. « L’intersyndicale réalise quelque chose d’énorme. On espère que l’État va se réveiller », lance-t-il.

    « On ne peut pas claironner haut et fort être en faveur de la réindustrialisation de la France et ne pas s’occuper des sites industriels », abonde l’édile arlésien Patrick de Carolis (Horizons), avec l’approbation de ses voisins. Comme la plupart des acteurs autour de la table, il attend une position claire de l’État sur l’avenir du site, alors que de nombreuses lettres adressées aux ministères sont restées sans réponse jusqu’ici. « Le plus important, c’est le rapport de force que vous avez su créer. C’est vous les experts de l’outil de travail et la suite doit être créée avec vous. C’est pour cela qu’il faut désormais impérativement organiser une table ronde », plaide Camille Di Falco, attaché parlementaire du sénateur communiste des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi, qui n’a pas pu être présent ce jeudi.

    Après ces moments intenses, place au barbecue, avec merguez et saucisses sous le barnum installé à côté du parking à motos. Un moment de répit après des mois de stress. « Une petite heure de décompression qui va faire du bien à tout le monde », lance joyeusement au micro Laurent Quinto.

    Le rôle déterminant des Régions

    Pour sauver Fibre Excellence, Région Occitanie comme Région Sud ont « mouillé le maillot », confie Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Et pour cause : elles appuient à hauteur de 8 millions d’euros (5 pour Occitanie, 3 pour Sud) l’unique offre de reprise présentée par la direction actuelle de Fibre Excellence. « Sa disparition serait la signature de l’arrêt de mort pour nos territoires », a expliqué Cyril Juglaret, représentant du président (Ren.) de Région Sud, Renaud Muselier, ce mercredi. Avant de se réjouir : « On va rentrer au capital, c’est exceptionnel ! ». Quand Carole Delga, présidente (PS) de Région Occitanie, a souligné avoir « remué ciel et terre » dans la recherche d’un investisseur et avoir « pensé à Matthieu Pigasse ». « La France a besoin de cette production, il y a un débouché, un marché pour la pâte à papier », a-t-elle martelé. A.B.

    TÉMOIGNAGES DE SALARIÉS DE FIBRE EXCELLENCE

    Philippe Verdiere, Opérateur service régénération

    « J’ai grandi ici et j’ai toujours connu l’usine. Même si elle a connu des périodes de bien et de moins bien, il y a beaucoup de peur liée à la précarité de la situation. Pas mal d’entre nous étaient au chômage partiel. Ça fait mal au niveau du salaire et, pour certains, c’était dur de joindre les deux bouts. Cette bonne nouvelle nous donne un espoir qu’on était en train de perdre.

    Cette possible issue favorable, c’est un coup de boost. »

    Martine Barbier, Comptable

    « C’est une société importante et on aimerait tous qu’elle reste en vie. Il y a quand même 600 salariés concernés. Il faut que l’État réagisse. Je suis fatiguée après des mois de «ça va fermer» et de «ça ne va pas fermer». Et encore plus avec les collègues mis au chômage partiel. Cela fait très bizarre de se promener dans une si grande entreprise, où nous sommes généralement très nombreux, et qui est désormais quasiment vide. On se sent seuls. »

    Muriel Sanchez, Assistante de direction

    « Je travaille ici depuis 30 ans, depuis l’obtention de mes diplômes. Quasiment toute ma famille y travaille et j’y ai même rencontré mon époux.

    À l’annonce de la mise au chômage partiel, j’ai mis quinze jours à m’en remettre.

    Et là, je ressens enfin une lueur d’espoir et je croise les doigts, car une fermeture ferait énormément de malheureux. Toute cette solidarité que l’on voit permet en tout cas d’y croire. »

    Recueillis par M.S.

  • [Entretien] Béatrice Abella, France Cuba Hérault : « On est passé d’une lente asphyxie à l’assassinat du peuple Cubain »

    [Entretien] Béatrice Abella, France Cuba Hérault : « On est passé d’une lente asphyxie à l’assassinat du peuple Cubain »

    La Marseillaise : D’où vient l’idée de cette caravane européenne solidaire avec Cuba ?

    Béatrice Abella : Elle est née de la volonté de parler de ce blocus lors d’une réunion en visio qui réunissait plusieurs associations européennes ( d’Angleterre, d’Espagne, des Pays-Bas, de Belgique, d’Italie, de France…) au cours de laquelle nous nous sommes inquiétés des difficultés de plus en plus grandes à faire parvenir l’aide à Cuba. C’est l’association italienne qui a lancé cette idée de caravane solidaire qu’on a appelé « Let Cuba Breathe ».

    Aujourd’hui, l’aide ne parvient plus à Cuba ?

    B.A. : Non. Jusqu’ici, on arriverait à acheminer la solidarité matérielle. Aujourd’hui avec ce siège imposé par Trump, on ne peut plus. Par exemple dans l’Hérault on parraine trois orphelinats proches de La Havane. On passait nos commandes de lait infantile et de vivres par un magasin espagnol en ligne installé à Cuba mais depuis une dizaine de jours, les cartes Visa et Master Card ne fonctionnent plus dans l’île. Donc les Cubains ne reçoivent plus cette aide et pas non plus celle de leurs familles installées à l’étranger.

    Et l’aide matérielle que vous collectez n’arrive plus non plus ?

    B.A. : Non. Un conteneur devait partir de Midi-Pyrénées, mais on ne trouve pas de bateau. Notre économie est tellement dépendante de celle des États-Unis, que tout le monde baisse la tête aux injonctions de Trump et à ses lois extraterritoriales qui menacent tous ceux qui veulent aider Cuba ou même commercer avec Cuba. Même Air France a arrêté ses liaisons avec Cuba depuis mars. On est passé de l’asphyxie d’un embargo qui dure depuis 64 ans à l’assassinat de tout un peuple. Et les gouvernements européens sont complices par leur silence face à Trump qui bafoue le droit international. Il n’y a qu’une exception celle du gouvernement espagnol courageux malgré les menaces et les sanctions nord-américaines.

    La caravane s’est arrêtée
    le 10
     juin à Strasbourg devant
    le Parlement européen.
    à quelle occasion ?

    B.A. : C’est qu’une résolution du groupe de droite souverainiste qui demande la suspension formelle de l’Accord de dialogue politique et de coopération (ADPC), qui lie l’Union européenne à Cuba depuis plusieurs années doit être soumise au vote des députés le 18 juin. On se rend compte que c’est une bataille idéologique qui n’est pas menée que par Trump mais par tous les députés libéraux qui veulent comme lui faire tomber ce symbole qu’est Cuba dont les dirigeants Che Guevara et Fidel Castro qui continuent, même disparus, à parler au monde entier.

    Le 11 juin, la caravane était à Paris, à l’Assemblée nationale pour soutenir un texte complètement à l’opposé.

    B.A. : Oui une proposition de résolution présentée par Stéphane Peu du groupe GDR, visant à soutenir Cuba face au blocus américain. Le texte qui était prévu en fin de la niche parlementaire de ce groupe n’a pas pu être débattu ni voté mais il était un signal de solidarité internationale à La Havane au moment même où les institutions européennes s’orientent vers un durcissement de leurs relations avec l’île.

    Que se passera-t-il exactement
    le 20
     juin à Béziers ?

    B.A. : à 16h, un grand rassemblement accueillera la caravane au Champ de Mars ? Nous avons invité la population mais aussi les élus. Il sera suivi d’une manifestation en ville, puis une soirée musicale de solidarité* aura lieu à la Bourse du Travail animée par le groupe les Zétourdis.

    On vous sent particulièrement révoltée par ce qui est imposé
    au peuple cubain
     ?

    B.A. : Oui car pendant que d’autres pays exportent des armes ou font la guerre, Cuba envoie des brigades médicales dans le monde entier. Elles ont combattu le choléra en Haïti, Ebola en Afrique, le Covid dans une vingtaine de pays du monde… Cuba mérite le soutien solidaire du monde entier.

    * Avec restauration sur place

  • Pas de grève sur le métro marseillais

    Pas de grève sur le métro marseillais

    Force Ouvrière a décidé de lever son préavis de grève», annonce le syndicat ce jeudi après-midi après une réunion de négociation avec la direction de la RTM. « À l’issue des dernières négociations, Force Ouvrière prend acte des engagements écrits obtenus sur les principaux points à l’origine du conflit. […] Les réponses apportées permettent aujourd’hui de répondre à plusieurs revendications portées par Force Ouvrière », développe l’organisation syndicale.

    Pour rappel, FO avait déposé un préavis de grève qui devait débuter ce vendredi pour le métro marseillais. FO demandait « la formalisation de garanties claires concernant l’organisation du Centre Métro et les conditions de travail des agents ».

  • [Tribune] Marseille libre et républicaine

    [Tribune] Marseille libre et républicaine

    Par 60 signataires de moins de 40 ans se revendiquant de l’héritage du gaullisme

    Qu’est-ce que le gaullisme, en 2026 ? À l’heure précise où, sur tous les bancs de l’Assemblée nationale, on se réclame du général de Gaulle, la question mérite d’être posée. À plus forte raison à Marseille, notre ville, forte de vingt-six siècles d’histoire, cité libre capable de survivre à tous les régimes, toutes les tempêtes et tout le fracas de l’histoire.

    L’appel du 18 juin 1940 résonne d’une façon différente, cette année. La guerre d’Ukraine menée par la Russie vient de dépasser, en durée, la Première Guerre mondiale. Le conflit au Moyen-Orient et ses conséquences posent la question de la stabilité du monde. Les modèles issus de l’après-guerre semblent se déliter, inlassablement.

    Et la France, dans tout cela ?

    Et Marseille ?

    La grande singularité de la France Libre tient à ce qu’elle sut rassembler bien au-delà des clivages et des luttes qui avaient émaillé le pays dans les années 1930. Sous la Croix de Lorraine, se retrouvèrent des femmes et des hommes venus d’horizons politiques, philosophiques et sociaux différents – voire opposés. Des communistes aux monarchistes, des bonapartistes aux socialistes, des croyants aux libres-penseurs, tous acceptèrent de se mettre au service d’une seule cause : la France.

    Bien sûr, à chaque époque, ses mœurs. Pourtant, cette leçon demeure d’une brûlante actualité. Dans les périodes de tensions, de fractures et d’incertitudes, la tentation est grande de céder à l’affrontement permanent, aux postures et aux radicalités. Et si, en riposte, Marseille devenait le creuset d’un nouveau gaullisme ?

    Précisément parce qu’à Marseille, nous nous trouvons au cœur de ce combat devenu mondial et civilisationnel à la fois !

    Et nous, signataires de cette tribune libre, nous faisons le choix de la constance, de la cohésion et de la clarté.

    Nous sommes tous différents. Nous avons des parcours, des sensibilités et des approches distinctes. Cependant, nous partageons une conviction commune et presque sacrée : Marseille est républicaine, Marseille est notre trésor commun et seule Marseille compte.

    C’est pourquoi nous l’affirmons aujourd’hui : nous continuerons, sans ambiguïté, à nous opposer à l’impasse des extrêmes.

    Nous voulons incarner une alternative exigeante, fidèle à la République, fondée sur les principes de liberté, de responsabilité, de justice et de rassemblement.

    Oui, le débat démocratique peut exister sans sombrer dans la haine.

    Oui, on peut se combattre politiquement sans se haïr, ni se condamner mutuellement.

    Oui, on peut construire plutôt que détruire. Dans notre cité libre plus encore qu’ailleurs !

    Nous ne sommes pas les héros de 1940, tout simplement parce que les circonstances restent – par bonheur – différentes. Mais, en nous hissant sur les épaules de ces géants, nous pouvons croire au sursaut : un sursaut fondé sur un courage politique.

    Nous le devons aux futurs enfants de 2040, au monde, au pays et à la ville dans lesquels ils naîtront, un siècle après l’appel.

    Beaucoup voudraient nous voir basculer. Ceux-là voudraient nous convaincre que la lâcheté est une fatalité. Mais toute l’histoire de l’humanité, dans sa grandeur, montre que c’est faux.

    À l’occasion de cet anniversaire de l’appel du 18 juin, souvenons-nous que les plus belles pages de notre histoire ont été écrites par le rassemblement et le courage.

    Nous l’affirmons aujourd’hui par cette tribune : nous continuerons à nous battre sur le terrain des idées, avec détermination, lucidité et sans outrance. Avec fermeté républicaine et sans sectarisme, en restant fidèles à ce que nous sommes et que nous resterons toujours.

    Des Marseillais, des Français, des Républicains et des gaullistes. Voilà la source de notre engagement, au service de notre ville !

    Rédacteurs : Lionel MODRZYK, collaborateur politique, militant LR et Génération Marseille ; Romain SIMMARANO, président du collectif Génération Marseille, conseiller municipal et métropolitain

    Signataires : Sandra BLANCHARD, avocate, secrétaire général de Génération Marseille ; Marine PUSTORINO, conseillère départementale, porte-parole de Génération Marseille ; Sylvain DI GIOVANNI, conseiller départemental, porte-parole de Génération Marseille ; Aurore BRUNA, conseillère régionale, coordinatrice Cap sur l’avenir 13 ; Marion BAREILLE, conseillère d’arrondissements du 13/14, porte-parole de Génération Marseille ; Sylvain SOUVESTRE, conseiller d’arrondissements du 11/12, porte-parole de Génération Marseille ; Alison DEVAUX, conseillère départementale, membre de Génération Marseille ; Jordan MANGANI, président des Jeunes avec Martine Vassal ; Djihane DIB, référente des Jeunes en marche Bouches-du-Rhône ; Léo KHOZIAN, responsable départemental adjoint des jeunes LR ;

    Juliette BACHELIER, membre de la direction nationale des Jeunes Horizons ; Gérard BLANC, avocat, délégué Renaissance 3e circonscription des BDR ; Thomas ARCADU, jeunes UDI Marseille ; Louise RAMOS, coordinatrice régionale des Jeunes en Marche ; Jean-Sébastien BOURGOGNE, responsable départemental des Jeunes Horizons 13 ; David SOUID, président de France Finance Patrimoine ; Nicolas LAMBERTI, membre des Républicains 13 et de Génération Marseille ; Julien AMAROU, référent régional des Jeunes Horizons ; Emmanuelle CHAIX, militante du Parti Radical ;

    Hamza BAGGOUR, président d’association marseillaise

    Nathan COHEN, avocat, membre de Génération Marseille ; Joachim FERNANDEZ, délégué de section LR de la 4e circonscription, membre de Génération Marseille ; Maxime BOUDET, cadre Renaissance Bouches-du-Rhône ; Kevin CORTI, juriste, membre de Génération Marseille 9/10 ; Audrey BERR, ancienne cheffe de cabinet, petite-fille de résistant et de déporté ; Maxime BOURREL, membre de Cap sur l’Avenir ;

    Amel AMARI, chef d’entreprise ; Sébastien DE HARO, collaborateur politique ; Arnaud BOYER, professionnel de santé ; Simon MARTINO, membre de Génération Marseille ; Karim BENNAMAR, membre de Génération Marseille ; Alexandre CAMARASA, athlète olympique, membre de Génération Marseille ; Mustapha DJEBLOUNE, fondateur d’une Equipe Marseillaise ; Liam ESCARTEFIGUES, référent Jeunes Horizons Marseille ; Lucas SIMON, membre de LR 13 et de Génération Marseille ; Lilian GINOUX, membre du bureau politique de Renaissance 13 et de Génération Marseille ; Tom RICCI, référent Horizons Jeunes ; Mathias MARKARIAN, co-délégué Horizons ; Jed PEILLEX, membre de Génération Marseille ; Ghania BENKEDIA, membre de Génération Marseille ; Yann BESNARD, militant Renaissance Marseille ; Danijela KOVACEVIC, membre de Génération Marseille ; Igor KOVACEVIC, citoyen marseillais et olympien, membre de Génération Marseille ; Yacin BERRABAH, promoteur de boxe ; Lucile DUMON, chargée de projet, membre de Génération Marseille ; Vincent COLONNA D’ISTRIA, chef d’entreprise, membre fondateur de Génération Marseille ; Mathieu MIRGUET, agent du service public ; Ethan LEVI-VALENSI, jeune engagé pour Marseille ; Vincent CANAVESE, chef d’entreprise, membre de Génération Marseille ; Estelle DE CAROLI, juriste, membre de Génération Marseille ; Nicolas PIETRI, cadre infirmier ; Raphaël RUBIO, professeur de philosophie, écrivain ; Hamza HARBI, membre de Génération Marseille ; Baptiste LUCCIONI, élu au Conseil des jeunes métropolitains ; Keltoum TACHEKAFT HASSANI, membre de Génération Marseille ; Gilles FOLIOT, membre de Génération Marseille ; Jimmy VILLEBOIS, agent du service public ; Deïla LEON-RUIZ, militante Horizons Marseille ; Clément FORTIER, membre de Génération Marseille ; Nicolas BONTRON, militant LR 13 ; Harris OVONE MOULENGUI, militant Renaissance 13 ; Sacha PARTOUCHE BARON, chef d’entreprise; Antoine CIRILLO, fondateur de L’Elan.

  • De Gaulle au cinéma : une figure longtemps restée dans l’ombre

    De Gaulle au cinéma : une figure longtemps restée dans l’ombre

    À l’heure du 86e anniversaire de l’Appel du 18 juin, le réalisateur Antonin Baudry propose un diptyque historique consacré au long combat du général de Gaulle avec La Bataille de Gaulle. Sortie pour sa première partie le 3 juin, l’œuvre retrace, dans un film épique, le combat de Charles de Gaulle pour que la France reste du bon côté de l’histoire.

    Un film porté par le jeu de l’acteur Simon Abkarian, qui incarne le général de Gaulle. Déjà habitué à jouer des personnages historiques, comme le résistant communiste Missak Manouchian dans le film L’Armée du crime (2009) de Robert Guédiguian, il incarne avec justesse cette figure de l’histoire de France.

    Par ce rôle, il rejoint le cercle restreint des acteurs ayant endossé la carrure de ce personnage historique. Car si la plupart des villes de France ont une place ou une rue à son nom, le cinéma ne s’est pas autant emparé de cette figure historique.

    Une ombre

    Au sortir de la guerre, si quelques films commencent à être réalisés sur la Résistance, ils n’évoquent le général de Gaulle que comme un nom, une ombre ou un signe de ralliement, car il fait l’objet d’une forme de sacralisation. À partir de 1958 et de son arrivée au pouvoir, les films sur la Résistance commencent à abonder. Mais sa double figure, à la fois ancien chef de la France libre et homme politique en exercice, limite grandement sa représentation.

    Il faut attendre 1978 pour que son personnage soit réellement incarné par Jacques Boudet dans le téléfilm diffusé sur Antenne 2, 12 jours pour entrer dans l’histoire, alors que le général est décédé depuis huit ans et que son ombre est moins prégnante dans la société française. Toutefois, son personnage reste souvent secondaire. Il faut attendre 2005 pour qu’il devienne le héros principal avec Le Grand Charles, qui retrace la reconstruction de la France dans l’après-guerre.

    Puis, en 2020, le réalisateur Gabriel Le Bomin sort De Gaulle. C’est le premier biopic qui lui est dédié à sortir dans les salles obscures. Incarné par Lambert Wilson, le film reçoit des critiques mitigées dans la presse, saluant la prestation de l’acteur tout en regrettant l’aspect très conventionnel de l’œuvre.

    L’œuvre d’Antonin Baudry s’inscrit donc dans cette présence progressive, dans le septième art, du personnage du général de Gaulle, désormais désacralisé, mais qui reste une figure emblématique de l’histoire de France.

  • Le Mémorial du camp de Rivesaltes revisité

    Le Mémorial du camp de Rivesaltes revisité

    Le lieu rassemble les pages sombres de l’Histoire de France. Le camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, fut un lieu d’internement de personnes jugées « indésirables » par l’État : républicains espagnols, Juifs, prisonniers coloniaux, nomades, harkis, migrants… Pas moins de 60 000 personnes y sont passées de 1941 jusqu’à la fin du XXe siècle.

    Ouvert depuis 2015, le Mémorial, témoin de toutes ces mémoires construit au milieu des vestiges des baraquements, vient de bénéficier d’une enveloppe de 2,6 millions de la Région Occitanie, du Département des Pyrénées-Orientales et de l’Union européenne afin de refondre intégralement son parcours. « Après dix ans d’existence, le Mémorial devait franchir une nouvelle étape. Nous ne voulions pas simplement actualiser un contenu ou moderniser des outils. Nous voulions nous interroger sur la manière dont un lieu de mémoire peut encore parler à la société d’aujourd’hui. Cette refonte est née d’une conviction : la mémoire n’a de sens que si elle continue à éclairer le présent et à nourrir la vigilance citoyenne », précise Céline Sala-Pons, directrice du Mémorial.

    Une nécessité, à l’heure où la montée de l’extrême droite et des nationalismes dans le monde, prônant un discours d’exclusion, rappelle ces heures sombres de l’Histoire de France. « Comprendre comment des sociétés démocratiques ont pu accepter l’exclusion de certaines populations est une question fondamentale pour les générations actuelles », poursuit la directrice.

    Des îlots thématiques

    Ainsi, selon le nouveau parcours, aux côtés de la table centrale, colonne vertébrale de l’exposition, viennent s’ajouter des îlots « thématiques » (les exilés espagnols, la période de Vichy, la décolonisation, etc.). Une manière de faire dialoguer les périodes entre elles et de questionner le public. « Nous ne cherchons pas à juxtaposer des séquences historiques. Nous cherchons à faire émerger des questionnements. Faire dialoguer les périodes permet au visiteur d’identifier des mécanismes, des continuités, mais aussi des ruptures. L’objectif n’est pas de fournir des réponses toutes faites. C’est d’encourager une réflexion personnelle et critique », fait valoir Céline Sala-Pons.

    La refonte ne se limite pas à un changement scénographique. Les recherches récentes issues du conseil scientifique du Mémorial sont venues enrichir l’exposition. « De nouveaux travaux ont permis d’affiner notre connaissance du fonctionnement militaire du camp Joffre, des parcours des populations internées -notamment chez les nomades ou encore les soldats coloniaux- mais aussi des politiques publiques qui ont conduit à leur enfermement », souligne Céline Sala-Pons. Ces nouvelles recherches seront éclairées par des témoignages, une manière pour le musée « d’incarner l’Histoire, de lui donner un visage, un nom ». Des rencontres avec des témoins du camp sont d’ailleurs au programme.

    Le Mémorial entend également jouer à fond sa carte « lieu d’éducation à la citoyenneté » et essayer de toucher un plus large public. En ce sens, des parcours différenciés ont été mis en place : un parcours citoyen et un autre jeune public. Chaque année, pas moins de 20 000 élèves visitent le site. Des textes ont été simplifiés et traduits en plusieurs langues et les supports diversifiés. En somme, tout est fait pour donner des outils des réflexions. Car « la mémoire n’est pas tournée vers le passé. Elle est tournée vers les choix que nous faisons aujourd’hui et vers la société que nous voulons construire demain. »