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  • Face au RN, un retrait attendu à Carpentras

    Face au RN, un retrait attendu à Carpentras

    Face à la progression de l’extrême droite à Carpentras et pour empêcher qu’elle ne s’empare de la mairie, il faudra mettre les différends de côté pour le maire sortant Serge Andrieu (DVG), qui récolte 25,17% des voix exprimées à l’issue de ce premier tour des élections municipales, et Francis Adolphe (DVG), crédité de 24,29 %. Soit seulement 95 bulletins d’écart. Car devant eux, c’est le candidat du Rassemblement national et député de la 3e circonscription de Vaucluse, Hervé de Lépinau, qui arrive en tête avec 26,17% des voix.

    Derrière suivent surtout deux autres listes d’extrême droite : celle de Bertrand de la Chesnais, qui obtient 14,33 % des suffrages, et celle de Christian Richaud-Simoni, privé de son investiture après la découverte de tweets racistes, avec 9,51 %. Ces deux listes pourraient se rallier à celle du député et franchir, théoriquement, la barre des 50 % des voix exprimées.

    À l’issue des résultats, Serge Andrieu n’a pas souhaité s’exprimer oralement dans « une situation très compliquée » afin d’éviter de dire des choses qu’il « pourrait regretter ». Mais il rappelle, dans un message écrit avec son équipe, que lui et Francis Adolphe – qui avait perdu son siège de maire à la suite de sa condamnation pour violences contre son ex-compagne et avait alors été rendu inéligible – avaient tous deux annoncé que celui qui serait derrière allait « se retirer au profit de celui qui serait devant l’autre ce soir ». Il souligne que « cet engagement réciproque est la seule condition pour empêcher l’extrême droite de faire de notre ville un trophée au profit d’un parti parisien ». Il insiste sur le fait que ces « résultats de ce soir marquent, comme je le redoutais, une forte poussée de l’extrême droite à Carpentras » et que « c’est une très mauvaise nouvelle pour notre ville ».

    48 heures pour réfléchir

    Quelques centaines de mètres plus loin, au sein de son QG, entouré de son équipe, Francis Adolphe reste pour l’heure flou sur ses intentions. Car les relations avec son ancien adjoint Serge Andrieu sont au plus bas et l’hypothèse d’une fusion avait été initialement rejetée par le maire sortant. Un retrait face au risque d’un basculement de la mairie à l’extrême droite en cas de rassemblement de ces listes ? « C’est la question que nous allons nous poser, évidemment. C’est l’enjeu numéro 1 », glisse-t-il sans s’étendre sur la question. Il confie que la « première chose » qu’il va faire est de « consulter mon équipe » pour discuter de ce résultat très serré, et assure qu’il a « toujours été ouvert » aux discussions. « Le match n’est pas fini. Ce n’est que la première mi-temps. Est-ce que je serai dans la deuxième mi-temps ? C’est ce que je vais voir avec mon équipe », conclut-il, avant de sortir sous les applaudissements d’une dizaine de soutiens agglutinés devant son local de campagne.

    Pour rappel, en 2020, Serge Andrieu l’avait emporté avec 45,81% des voix exprimées devant Bertrand de la Chesnais et ses 39,17%. Suivait Claude Melchior (LR) avec 15%.

  • L’extrême droite conserve Fréjus et remporte Puget

    L’extrême droite conserve Fréjus et remporte Puget

    En début de soirée, c’est David Rachline qui, le premier, annonce sa réélection dès le premier tour avec 51,33% des voix. Le ton est donné. Sous le coup de nombreuses affaires judiciaires, l’ancien bras droit de Marine Le Pen s’est vu retirer l’investiture du Rassemblement national, de même que la vice-présidence du parti. L’édile conserve néanmoins ce qui peut désormais être considéré comme l’un des bastions de l’extrême droite dans le département.

    Puget-sur-Argens bascule dès le premier tour de la droite à l’extrême droite, remportée à 51,85% des suffrages par le candidat ciottiste soutenu par la section varoise du RN, Guillaume Decard.

    Un sursaut républicain contre Lavalette

    En 2014, le camp brun avait également ravi Cogolin. Dix ans plus tard, il pourrait perdre la commune. En cause, la guerre de succession que se sont livrés les anciens proches du maire sortant, Marc-Étienne Lansade, condamné à trois ans d’inéligibilité en juillet dernier pour abus de faiblesse. Sur les sept listes présentées aux électeurs, quatre étaient d’extrême droite et de trois listes divers droite. Un cas unique en France. Et c’est celle de d’Isabelle Farnet-Risso (DVD), élue d’opposition qui fait la course en tête, avec 33,57%.

    L’ombre de la dynastie Le Pen continue de s’étendre sur le département où elle essaye d’asseoir son emprise. Comme à Toulon, où l’amie de Marine Le Pen, Laure Lavalette devance largement ses adversaires. Celle qui a mené campagne sans l’étiquette repoussoir est pourtant militante du parti depuis 1997, catholique intégriste et fervente opposante à l’IVG. Mais un front républicain se prépare (lire p. 13) et pourrait préserver la capitale du département varois.

    L’extrême droite en tête

    à La Seyne et Six-Fours

    Pour ce second tour, les regards seront tournés sur des communes où l’extrême droite peut l’emporter comme la Seyne-sur-Mer, où le parti nourrit de grandes ambitions. Le candidat Dorian Munoz, bien implanté localement, est largement en tête avec plus de 30% des suffrages exprimés à l’heure où nous écrivons ces lignes. Un duel très serré opposera le député Frédéric Boccaletti – connu pour avoir tenu une librairie négationniste à Toulon dans les années 1990 – candidat pour la quatrième fois à la mairie de Six-Fours au maire LR sortant Jean-Sébastien Vialatte. À ce stade seuls 66 bulletins séparent les deux hommes, qui comptabilisent respectivement 45,23% et 44,86% des voix.

    Le député lepéniste Philippe Schreck arrive légèrement en tête à Draguignan devant le maire sortant 44% contre 40%. Julien Argento, le candidat d’union des extrêmes droites (UDR-RN) est en tête à La Valette avec 38, 28% des voix.

  • À Avignon, la gauche à jeu égal devra batailler ensemble

    À Avignon, la gauche à jeu égal devra batailler ensemble

    Depuis le début de la campagne, une des certitudes partagées résidait dans le fait que le scrutin serait serré. Cela s’est vérifié, ce dimanche à l’issue du premier tour où il est délicat de prédire qui prendra la succession de Cécile Helle, maire (PS) sortante qui ne se représente pas. D’une courte tête avec 27,04%, Olivier Galzi (DVD) arrive en tête devançant de 1,5% la candidate d’extrême droite Anne-Sophie Rigault (25,52%). Ce duo profite d’un âpre duel à gauche où finalement David Fournier (PS), issu de la majorité sortante, coiffe d’une courte tête (19,89%) l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%). Soit 234 voix d’écart sur plus de 5 000 chacun.

    Derrière, l’entrepreneur Stéphan Fiori (DVD) qui caressait l’espoir d’accéder au second tour, reprendra le chemin de son cabinet d’assurances ce lundi matin puisqu’il n’obtient que 7,39%. Candidature de témoignage, Stéphane Geslin (parti des travailleurs) émarge à 1,23%. Côté participation, moins d’un électeur sur 2 s’est déplacé (52,34% d’abstention) avec de fortes disparités selon les quartiers, parfois avec seulement 25% de participation dans le quartier populaire des Olivades.

    Une alliance en bonne voie à gauche ?

    À gauche, le scénario tant redouté des deux listes au coude-à-coude est donc arrivé. Sur le pur papier arithmétique, elle est en mesure de conserver la ville à gauche. « Cet aspect est inédit et incroyable », se réjouit Mathilde Louvain, « fière d’avoir quadruplé » le score de 2020 porté à l’époque par Farid Faryssy, aujourd’hui candidat avec David Fournier. « On va avoir des discussions », promet la candidate insoumise, soutenue notamment par le PCF et Génération.s. Du côté de David Fournier, qui n’a jamais fermé la porte, ce dimanche soir l’heure était encore à la réflexion entre colistiers quant à une alliance. Rappelons que Place publique ou le PRG, soutiens de David Fournier, ont fait un casus belli de ce rapprochement. « Je pense qu’il y aura une majorité pour une alliance, on est confronté à principe de réalité si on ne le fait pas, c’est la défaite assurée face à la droite et l’extrême droite », confiait-on dans l’entourage du candidat peu après 23h30. Avec la perspective d’une très longue nuit quant à la mise en place d’une nouvelle liste devant respecter les équilibres de chacun. Dimanche soir, Olivier Faure, patron des socialistes, a récusé tout « accord national » avec LFI mais a laissé la place à des ententes au cas par cas.

    Loin de ces maux de tête, Olivier Galzi savoure. « Ils feront bien ce qu’ils veulent, je ne me suis jamais positionné par rapport aux autres mais dans l’intérêt des habitants qui, dans tous les quartiers m’ont placé en tête, constate l’ex-journaliste TV. Mettre en tête un mouvement qui n’existait pas il y a six mois et sans étiquette politique est inédit et prouve qu’il y a une volonté de renouveau. » Quant à Anne-Sophie Rigault, elle semble une nouvelle fois vouer à jouer les opposantes lors du prochain mandat.

  • À La Seyne, l’extrême droite vire en tête au premier tour

    À La Seyne, l’extrême droite vire en tête au premier tour

    Une seule chose demeurait certaine ce dimanche soir à la Seyne-sur-Mer : le candidat du Rassemblement national Dorian Munoz a réalisé un tour de force en se plaçant largement en tête des suffrages avec 35,30% des voix. Derrière suivent trois candidats : dans l’ordre, le maire sortant Joseph Minniti (LR, 15,91%), le dissident de la majorité Cheikh Mansour (HOR, 13,25%) et le candidat d’union de gauche Stéphane Sacco (11,93%).

    Le premier est en position de force. S’il n’a pas désiré s’exprimer avant que le résultat des votes soit complètement entériné (à l’heure où nous bouclons, des doutes persistent sur certains bureaux), le maire sortant a été vu en train de discuter avec Frédéric Dailleau (SE), crédité de 5,66%. En vue d’une fusion ?

    Sacco ne compte pas se retirer

    Une fusion à laquelle ne devrait pas prendre part Stéphane Sacco. Ce dernier a d’ores et déjà annoncé qu’il ne comptait pas se retirer dans l’idée d’un front républicain face au RN. « Cela signifierait ne plus avoir de conseillers municipaux. Nous l’avons fait à la région et aujourd’hui, nous n’avons plus aucun élu de gauche », justifie-t-il, croyant encore en la possibilité de mobiliser davantage d’électeurs au second tour, notamment dans les quartiers populaires. « Le RN avait fait 15,6% au premier tour en 2020, et 10,9 au second », rappelle-t-il. Une position inflexible même si des consignes nationales étaient données en ce sens ? Du côté de ses colistiers, on ne pense pas que cela changera quoi que ce soit. En revanche, et même si cela n’avait pas encore été fait dimanche soir, des discussions avec les deux autres candidats de gauche, Olivier Andrau (PS, 8,63%), et Zohra Sidi Driss (LFI, 3,99%), bien que celle-ci ne soit pas en position de fusion, étaient envisagées.

    Dans l’équation également, Cheikh Mansour. Arrivé en troisième position, l’ancien membre de la majorité, qu’il a quitté au moment de la condamnation de Nathalie Bicais – dont il reste proche – à une peine d’inéligibilité de 5 ans en mai dernier, se gardait de divulguer tout choix stratégique avant de s’être réuni avec son comité de campagne. Mais il se disait toutefois ouvert à toutes les options, que ce soit une alliance avec Minniti, ou même à travailler avec la gauche dans l’optique de faire barrage à l’extrême droite. « Je ne pense pas que le RN soit une bonne chose pour la Seyne », glissait-il.

  • Alexandre Doriol s’impose au premier tour à La Ciotat

    Alexandre Doriol s’impose au premier tour à La Ciotat

    Un premier essai transformé. Et première bataille électorale sur son nom victorieuse pour l’ancien adjoint à l’urbanisme de Patrick Boré, qui a succédé à Arlette Salvo en 2023. « C’est une victoire particulière effectivement. Les Ciotadens ont fait le choix des racines et des ailes, de l’authenticité et de la modernité et m’ont offert une victoire sans appel », tient-il à souligner. Large victoire qui lui donne les coudées franches pour le prochain mandat. Dans le détail, Alexandre Doriol et son équipe récoltent plus de 10 000 voix pour culminer à 57,33% des suffrages exprimés. Suivent le représentant du Rassemblement national, Daniel Salenc, avec 18,78% des voix puis Karim Ghendouf, le chef de file de la liste d’union de la gauche La Ciotat nous rassemble qui dépasse les 10% avec 12,61% des suffrages. « La Ciotat nous rassemble obtient deux élus et elle progresse de 700 voix par rapport au premier tour de 2020 », se félicite Karim Ghendouf à l’issue du scrutin. « Nous constatons que l’extrême droite continue sa progression et confirme son ancrage sur notre commune », déplore l’élu d’opposition.

    D’autant qu’Hervé Itrac, le leader historique de l’extrême droite, qui avait décidé en pleine campagne de faire cavalier seul, récolte plus de 1 200 voix et atteint les 6,66%.

    Une gauche divisée

    En revanche, poursuit Karim Ghendouf, « le fait que Monsieur Doriol gagne au premier tour, montre qu’il a su rassembler son camp, ce que nous ne sommes pas parvenus à faire. Nous n’avons pas réuni toute la gauche, ce qui nous aurait permis d’être devant l’extrême droite », pose-t-il. La liste insoumise conduite par Antoine Vichy a recueilli 4,62% des voix. « Cette question est à méditer… Le rassemblement n’est pas une question d’élection mais de travail collectif et à long terme, pour répondre aux nombreux défis et notamment pour lutter contre l’extrême droite », conclut-il.

  • À Gardanne face à la droite, la gauche unie ne se résigne pas

    À Gardanne face à la droite, la gauche unie ne se résigne pas

    Le 22 mars chaque voix compte pour relever Gardanne-Biver », ne désarme pas le candidat de la gauche unie, Jean-Marc La Piana, dont la liste Changeons de cap ensemble pour Gardanne-Biver, prend la deuxième place avec 36,48% des voix lors de ce premier tour. De la déception mais pas de fatalisme au sein d’une équipe qui assure rester combative. Le maire sortant ayant quant à lui affirmé qu’il refuserait toute fusion avec le RN mené par Bruno Priouret qui récolte 19, 96% de suffrages, soit une progression de 8 points par rapport à 2020.

    « La voix de la colère ne doit pas être celle de la résignation mais être le socle d’une véritable alternative solide à la municipalité sortante. La seule alternative crédible c’est celle que nous portons », a déclaré Jean-Marc La Piana devant les militants venus le soutenir à son local de campagne. Une campagne dynamique où toutes les forces de gauche avaient réussi le tour de force d’une large mobilisation et d’un grand travail de terrain au plus près des habitants. Une abstention forte de 41%, soit près de 7 000 inscrits, « constituera notre terrain de travail, c’est là qu’on ira chercher de quoi redonner confiance aux électeurs », confie Amélie Barbey. Une option confirmée par Kafia Bensadi, qui considère que « Granier a fait le maximum de son score, il n’a plus de réserve ».

    Ils étaient plus de 3 400 à accorder leur confiance à la liste Changeons de cap ensemble pour Gardanne Biver pour ce premier tour. « Nous devons maintenant amplifier l’élan qui s’est manifesté pour être au rendez-vous de la victoire le 22 mars », a encouragé la tête de liste, rappelant les enjeux sur la commune : « Vous avez le choix entre figer notre commune dans l’immobilisme ou lui donner toute sa place. » La gestion du maire sortant a en effet été marquée par des projets de smart city ou de centre aéré démesurés mis en sursis par les tribunaux ou encore en proie à de coûteuses études. « Il est en train de bouffer toute la caisse de réserve, ce sont les Gardannais qui vont payer les factures et tout cela a été décidé sans aucune concertation avec la population. Il faut que les gens se réveillent », déplore un militant.

    Le 22, déterminés

    ou immobiles

    Au foyer du peuple, Hervé Granier était venu suivre le dépouillement mais s’est refusé au commentaire. « Ces résultats sont l’expression de la confiance accordée par les Gardannais depuis 2020. Nous avons réalisé le programme que nous avions porté. Nous avons fait une belle campagne », s’est simplement félicité son directeur de campagne, Antonio Mujica, regrettant toutefois « le score élevé du RN ».

    Les yeux rivés sur les résultats des 17 bureaux de vote, et sur ceux qui arrivent des communes voisines sur son portable, un sympathisant de gauche tempère l’analyse : « L’équipe de La Piana a fait un travail sérieux et sincère sur le terrain, mais il y a eu beaucoup de paillettes dans la campagne de Granier, il en a mis plein la vue avec des images de drones, des prestations sur les chaînes CNews ou le JDD, ou encore à travers les réseaux sociaux, c’est une énorme charge médiatique qui a porté sa candidature. »

    Une grosse bataille reste à mener pour l’équipe de la gauche unie. « Par découragement ou par résignation », analyse Marion Robert, de nombreux électeurs ne se sont pas déplacés. « Dimanche prochain, vous aurez le choix entre la détermination ou la résignation, la volonté ou le fatalisme, le changement ou la poursuite d’une politique qui a abîmé la ville et votre quotidien » a encore alerté Jean-Marc La Piana.

  • à Aix, Sophie Joissains devance Marc Pena

    à Aix, Sophie Joissains devance Marc Pena

    Cent-un bureaux de vote à dépouiller et une tension palpable dans la Salle des États de Provence. à Aix-en-Provence, six listes s’affrontent lors de ce premier tour. Candidate pour la première fois en son nom, puisque désignée en 2021 pour prendre le relais de sa mère Maryse Joissains, Sophie Joissains (UDI), maire sortante de la capitale de Provence, mène une liste divers droite. Elle se retrouve, pour ce premier tour, en concurrence proche avec Marc Pena. Le député PS et conseiller d’opposition mène une liste née d’une union des forces de gauche et écologistes. Un match aux enjeux bien différents du scrutin de 2020, ou Maryse Joissains se retrouvait, dès le premier tour, en lice face à Anne-Laurence Petel, alors députée (LREM).

    Dès les cinquante premiers bureaux dépouillés, aux alentours de 21h15, la tendance affichait Sophie Joissains en tête, avec plus de 38% des votes, suivie de Marc Pena qui se maintenait à un peu plus de 20%.

    Possible quadrangulaire

    Toujours sur ce même temps de soirée se positionne Jean-Louis Geiger, candidat RN avec plus de 16%des voix, Philippe Klein, candidat investit par Horizons, avec une tendance à plus de 12%, Julie Boronad, tête de liste LFI avec plus de 8% et Mounir Ben Ammar, à la tête de la liste Révolution écologique pour le vivant (REV, DVG), avec plus de 4%. Aux alentours de 22h, le taux d’abstention sur l’ensemble des bureaux de vote était estimé à 51,46%. Au fil d’un long dépouillement, la tendance aura suivi une courbe stable. Un peu après 22h, les résultats affichés sur grand écran évoluaient à peine, hormis pour Jean-Louis Geiger, dont le score atteignait les 15,99%. Dans la Salle des États de Provence, la maire sortante s’affiche entourée des soutiens, Jean-Marc Perrin, conseiller départemental (LR), et son père, Alain Joissains, maire de la commune entre 1978 et 1983. Les autres colistiers ont pour la plupart attendu les résultats dans leurs locaux de campagne. Ni Marc Pena (PS), ni Sophie Joissains (UDI) n’ont souhaité s’exprimer avant les résultats finaux. Il aura fallu attendre 22h30 passés pour que Sophie Joissains, face à une salle comble, annonce les résultats finaux : Julie Boronad à 8% (3 833 voix), Jean-Louis Geiger à 15,91% (7 620 voix), Philippe Klein à 11,80% (5 652 voix), Marc Pena à 20,15% (9 649 voix), Mounir Ben Ammar à 4,72%(2 259 voix), et Sophie Joissains à 39,41% (18 871 voix). Jean-Louis Geiger (RN) et Philippe Klein (Horizons) peuvent donc aussi se maintenir au second tour, avec Sophie Joissains et Marc Pena.

    Des applaudissements nourris ont alors éclaté dans la salle à l’annonce des résultats. « Merci du fond du cœur, ce soir, je suis très émue », a déclaré Sophie Joissains, avant de répondre aux questions de la presse. Au total, 97 593 inscrits ont été recensés à Aix-en-Provence, pour 48 629 votants, soit une participation qui s’élève à 49,83% pour ce premier tour. « C’est une analyse qui n’a pas encore la précision, mais qui néanmoins montre que cela [ce résultat] vient de l’ensemble de la ville d’Aix-en-Provence. Je dois dire que la politique qui a été menée, je l’ai souhaitée dans le sens de l’intérêt général, dans le sens d’une exigence d’excellence qui puisse concerner tout un chacun et ne laisser personne au bord du chemin », déclare Sophie Joissains.

    Nous n’avons pas pu recueillir les déclarations de tous les candidats à l’heure de notre bouclage.

    « Merci du fond du cœur,
    ce soir, je suis très émue »

  • À Arles, de Carolis est en tête et la gauche en phase de reconquête

    À Arles, de Carolis est en tête et la gauche en phase de reconquête

    Victoire en demi-teinte pour le maire sortant d’Arles. Patrick de Carolis (Horizons) obtient 34,09% des voix à l’issue du premier tour, après six années d’une gestion vivement critiquée, tant par son opposition que par sa majorité, fragilisée par douze départs. Le candidat, qui a présenté une équipe renouvelée à 60%, s’est tout de même réjoui : « Notre liste est nettement en tête avec près de 9 points d’avance. Elle est en première position dans 29 bureaux sur 35. »

    Avec une ombre au tableau néanmoins pour le macroniste : le candidat de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas (PCF), arrivé en deuxième position en améliorant son score par rapport à 2020 avec 25,38% des suffrages, contre 21,16% il y a six ans. « Un score plus qu’honorable dans un contexte national marqué par une droitisation et une poussée de l’extrême droite », que souligne la tête de liste en question, alors que Rémy Benson, éleveur investi par le RN, a obtenu 16,37% des voix. Pour rappel, le parti de Marine Le Pen n’avait fait que 8,5% avec la candidature de Jean-Louis Limonta en 2020. « La gauche résiste, nous avons résisté, nous sommes sur des ratios qui ne correspondent pas aux sondages qu’avait pu sortir La Provence il y a quelques semaines », assure Nicolas Koukas, saluant au passage le score de Jecilla Regad (LFI), 9,81%, qui ne lui permet cependant pas de se maintenir.

    La France insoumise a fixé lundi dernier ses conditions pour d’éventuels rassemblements avec d’autres listes de gauche au second tour, évoquant la possibilité d’une « fusion technique à chaque fois que le risque de la droite et de l’extrême droite existe ». Au niveau local, la candidate a cependant affirmé qu’elle ne donnerait pas de consigne de vote.

    « Ce sont les électeurs qui décident, pas les têtes de liste, réagit Nicolas Koukas. Moi j’ai toujours dit que si j’arrivais derrière Jecilla Regad je voterais pour elle, parce que je suis un homme de gauche et que je ne veux ni de l’extrême droite ni de la macronie. Pour moi, le choix est simple. Je fais confiance aux électeurs de gauche. »

    De Carolis appelle Jalabert à se retirer

    De son côté, Patrick de Carolis s’inquiète d’un « éparpillement des voix au second tour » qui pourrait provoquer « le retour des communistes à la tête de notre ville ». Il appelle donc Jean-Michel Jalabert (DVD), son ancien premier adjoint ayant mené une liste dissidente que les Arlésiens et Arlésiennes ont placée en quatrième position avec 13,69% des voix, à « rester fidèle à ses propres valeurs ». Il lui demande de « faire preuve de responsabilité en se retirant afin de ne pas servir de tremplin au candidat communiste ».

    Un appel du pied qui restera sans réponse. Jean-Michel Jalabert se satisfait de son résultat et confirme qu’il sera bien sur la ligne de départ du second tour, tout en renvoyant la balle à son ancien patron, dont le score montre selon lui un « désaveu d’une grande partie de la population ». « Si notre équipe s’est montée, il y en a un qui porte une lourde responsabilité. Et le résultat de dimanche prochain, ce sera la responsabilité de Patrick de Carolis. On ne pourra pas me reprocher de ne pas être en accord avec moi-même, avec mes valeurs, et avec la façon dont tout le monde devrait faire de la politique », attaque-t-il.

    Nicolas Koukas, sourit devant la stratégie de Patrick de Carolis : « Ça prouve bien qu’il sent la difficulté qui est la sienne. » « C’est vraiment ce système-là mis en place depuis six ans qu’il faut aujourd’hui abattre et proposer une gestion qui soit encore plus près des Arlésiennes et des Arlésiens. »

    Aller convaincre

    Le candidat sera au travail dès ce matin, avec la reprise des porte-à-porte. « On a une semaine pour aller convaincre, notamment ceux qui ne se sont pas exprimés, particulièrement dans les quartiers populaires », affirme-t-il. En fin de journée, la participation à Arles était de 56,42%. Une progression de dix points par rapport à 2020, année Covid, où seuls 46,58% des habitants s’étaient déplacés aux urnes lors du 1er tour, mais qui n’atteint pas le niveau de 2014 (61,37%). En tout cas, à gauche, la motivation est là. « Rien n’est perdu, bien au contraire. J’ai fait beaucoup d’élections, et elles se gagnent aussi au second tour, assène Nicolas Koukas. Ce qui compte c’est le local, la manière de travailler, et nous on veut proposer une autre méthode. »

    « La gauche résiste, nous avons résisté »

  • Port-de-Bouc plébiscite Laurent Belsola

    Port-de-Bouc plébiscite Laurent Belsola

    Gilbert a dû patienter avant de lancer le chant de la Victoire. Il est 20h20 quand les résultats du sixième bureau, qui ont tardé à venir, arrivent enfin au bureau central, à Port-de-Bouc. « C’est réglé, nous sommes à plus de 70%. Cela va sans doute nous permettre d’avoir au minimum 23 élus », se félicite un militant, qui a énormément donné tout au long de la campagne.

    Laurent Belsola, qui patientait avec quelques colistiers dans son bureau, peut enfin sortir, annoncer la bonne nouvelle à une foule qui devine qu’il va repartir pour un mandat. « Au-delà des mensonges et de la politique d’apparat, vous avez décidé de nous faire une nouvelle fois confiance, mon équipe et moi-même, pour poursuivre le travail engagé jusqu’alors. »

    Face à celui qui va donc partir pour un second mandat de six ans, le cours Landrivon se prépare à communier dans la joie. « 70,48%, c’est un résultat remarquable qui vient couronner à la fois le travail que nous avons réalisé au cours de ces six dernières années. Mais également le projet que nous portons pour continuer de faire rayonner Port-de-Bouc ! »

    Ce résultat lui rappelle ce qu’avait dit son adversaire, lors du dernier conseil municipal : « Il nous a dit que, mon équipe et moi, nous ne représentions que 2% ». Son score, qui rappelle ceux d’un René Rieubon (maire 1944 à 1990), est une réponse cinglante des Port-de-Boucains. « Notre ville a chassé ces arrivistes, venus de villes voisines. Elle s’est levée comme un seul homme pour rendre une nouvelle fois hommage aux valeurs qui sont les nôtres : le travail, le vivre-ensemble, la solidarité et la fraternité ! »

    Suspense au 6e bureau

    Lorsqu’à 18h, le dépouillement s’est mis en route, on devinait une certaine confiance dans le 1er bureau, présidé par Laurent Belsola en personne. « Je sens que nous allons faire mieux qu’au Rove ce soir », lance une femme, qui ne rate rien de l’ouverture des enveloppes.

    Lorsque les 451 scrutins ont tous été validés, la première tendance est bonne. « Nous sommes à plus de 70%, ça sent bon », sourit Jean Bap. Dans la foulée, les résultats du bureau de l’école Nelson-Mandella arrivent : « Plus de 83%, je pense que Spanu a compris le message. Personne ne veut de lui ! », clame René.

    Commence alors la longue attente des résultats définitifs. Avec un bureau, le sixième, qui se fait appeler Désiré. « Mais c’est réglé, nous sommes devant, et largement, dans les autres. Ce n’est qu’une formalité », estime un militant. Ce dernier résultat déterminera si la liste de Laurent Belsola atteindra la barre des 71%. Elle ne fera que flirter avec.

    « Ce soir, le mistral a, comme toujours, assainit les choses. Il emporte avec lui une liste rétrograde, fallacieuse et haineuse. » Laurent Belsola résume ce que la masse, qui a permis à sa liste de poursuivre sa mission, pense de la liste d’extrême droite de Pascal Spanu, qui recueille donc 29,52% des voix.

    Celui qui s’apprête donc à enfiler une seconde fois l’écharpe tricolore de maire a tenu à souligner le travail d’équipe qui a permis d’avoir ce résultat : « Je remercie, bien sûr, les militants qui n’ont eu de cesse de se démultiplier sur le terrain. Ma formation politique, le Parti communiste français, pour son soutien sans faille. Je remercie mes colistiers, avec lesquels nous allons très rapidement nous mettre au travail, pour améliorer encore et toujours, le quotidien des habitants ».

    Face à Laurent Belsola, les Port-de-Boucains savourent cette victoire. Victoire de la fraternité face à la haine. Victoire de l’humain face à la division. « Vous pouvez compter sur notre équipe pour maintenir le cap. Proximité, sincérité et solidarité seront les maîtres mots de notre mandat. Et vous pourrez toujours compter sur des élus disponibles et présents pour relever les défis qui s’imposent à nous. »

    Des propos qui ne sont pas que des mots. Des propos qui ont déjà connu une concrétisation sur les dernières années. Et dont les premières suites seront bientôt visibles. « Avec une place de la Lecque refaite à neuf, le contournement autoroutier ou encore la base nautique rénovée », détaille le futur nouveau maire.

    Dans son dos, Gilbert peut enfin lancer la chansonnette. Un J’irai revoir ma Normandie qui suscite les sourires. Avant que tout le monde aille célébrer la victoire dans la salle Youri-Gagarine voisine.

    À noter que la participation s’élève à 51,26%.

    « 70,48%, c’est un résultat remarquable qui vient couronner le travail de ces six dernières années »

  • À Martigues, Gaby Charroux tient bon dans la tempête

    À Martigues, Gaby Charroux tient bon dans la tempête

    Martigues la républicaine tient bon dans la tempête ! » lance le maire (PCF) et candidat à sa réélection, au moment de proclamer les résultats définitifs du 1er tour des élections municipales pour la ville de Martigues dimanche soir.

    Devant la foule réunie au sein de l’hôtel de Ville, l’édile a annoncé dans l’ordre les 3,04% récoltés par Anne-Marie Sudry (DVG) ancienne adjointe (GRS) de la majorité, 7,9 % pour Frédéric Grimaud (DVG), tête de liste insoumise du Collectif citoyen martégal, suivi de 25,3% pour Jean-Luc Di Maria (DVD), candidat LR et de 28% pour le député RN Emmanuel Fouquart. Enfin, Gaby Charroux annonce que la liste d’union de la gauche et citoyenne qu’il conduit récolte 35,71% des voix, pour une participation de 57,55%, qu’il considère comme « pas très fameuse ». Et rajoute : « Mais il y a sans doute des raisons et c’est à nous d’aller chercher ceux qui ont manqué » remarque-t-il. Des résultats définitifs sous réserve de modification ultérieure.

    Triangulaire en vue

    Le maire sortant a fait part de sa « satisfaction et du plaisir » qu’il retient de la campagne. « Nous avons travaillé dur et nous sommes très contents des résultats qui nous placent en tête. On nous annonçait une vague RN mais on résiste ! Nous sommes devant le RN », jubile le candidat devant une assistance soulagée, répondant par des applaudissements et clameurs.

    Mais la campagne n’est pas terminée, avec le second tour déjà en tête pour le candidat communiste. « Il est très probable qu’il ne restera que 3 listes, nous allons mener bataille contre le RN et la droite », annonce Gaby Charroux. S’agissant d’éventuelles discussions avec d’autres candidats, le maire indique que « nous restons sur nos objectifs », estimant qu’il est « un peu tôt à peine après avoir annoncé les résultats ». « Nous avons besoin de réfléchir », considère-t-il, la nuit portant conseil, en attendant de « voir ce que les autres vont faire ».

    C’est peut-être là l’enjeu du second tour : les abstentionnistes. « Nous sommes en tête dans beaucoup de quartiers populaires mais avec une forte abstention », relève le maire sortant, se disant que c’est « à nous de travailler ceux qui n’ont pas voté ».

    Forte abstention

    D’autre part, l’édile pense aux voix issues des deux autres listes de gauche. « À nous d’aller chercher leurs électeurs pour qu’ils nous accompagnent pour faire barrage au RN. À eux de dire ce qu’ils veulent : le pouvoir au RN ou défendre les idées de la gauche comme ils l’ont affirmé dans leur campagne », tranche Gaby Charroux.

    À quelques pas, Frédéric Grimaud commente les résultats : « On est parti de 0 on fait 8% et c’est bien, on est content, on aurait peut-être préféré 10% mais ce n’est pas ce qui est important » estime le chef de file du Collectif citoyen martégal. « Ce soir je vois la droite cumulée au-dessus de la gauche. On réunit une assemblée ce soir pour une analyse collective » et la rédaction d’un communiqué. En attendant, l’insoumis l’affirme : « Soit le maire appelle à un front républicain et peut-être qu’on répondra, soit on fera un communiqué de second tour ».

    De son côté, Anne-Marie Sudry (DVG) n’a pas souhaité réagir dimanche soir. De l’autre côté, à droite, Jean-Luc Di Maria n’a pas non plus fait de commentaire.