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  • Les communes vauclusiennes où l’extrême droite est très menaçante

    Les communes vauclusiennes où l’extrême droite est très menaçante

    Fusion de l’extrême droite à Carpentras

    Arrivé en tête au premier tour avec 26,71% des voix, la liste du député RN Hervé de Lépinau a fusionné avec celles de Bertrand de la Chesnais (14,33%) et de Christian Richaud-Simoni (8,50%). Cette union des listes d’extrême droite fait craindre le pire pour Carpentras. Car pendant ce temps, la gauche part divisée. Serge Andrieu, le maire DVG sortant arrivé deuxième du scrutin avec 25,17% des suffrages réclame le retrait de son prédécesseur Francis Adolphe qui a recueilli 24,29% des voix. Un appel également relayé par la fédération PS de Vaucluse.

    Orange pourrait rester brune

    À Orange, c’est sans grande surprise deux listes d’extrême droite qui font la course en tête, celle de Jacques Bompard (Ligue du sud, 32,87%) talonné par le lepéniste Jean-Dominique Artaud (28,15%). Antoine Boudet (DVG, 11,52%) s’est retiré sans accepter la fusion avec Carole Normani (DVC, 17,89%).

    À Cavaillon, un maintien décrié

    Malgré une demande de retrait émanant de son propre parti, le socialiste Patrick Blanès se maintient dans la course des municipales à Cavaillon. Le candidat de la gauche unie est arrivé en troisième position dimanche avec 17,97% des voix. Culminant en tête, la députée RN Bénédicte Auzanot est en ballotage favorable (43,91%) face au maire DVD sortant Gérard Daudet (38,16%), pour lequel PS, LFI et G.s, appellent à voter.

    Un duel droite/extrême droite à Bédarrides

    C’est un duel très serré qui opposera dimanche le représentant du RN Guillaume Taddio à Joël Sérafini (DVD). Seules 67 voix ont séparé les deux candidats au premier tour des élections municipales à Bédarrides avec respectivement 38,17% et 35,92% des suffrages. Le retrait de Jean-Claude Ruscelli (DVD), laisse espérer un report des voix en faveur du candidat républicain.

    Triangulaire à Monteux

    Pour faire barrage au frontiste Patrice de Camaret, en tête au premier tour (47,42%), Carine Blanc (DVC) s’est retirée au profit de Christophe Mourgeon (DVC), arrivé second (21,62%). Le candidat de gauche Michel Mus a fait le choix de se maintenir.

  • [Entretien] Vincent Bouget : « Dimanche, il faut un sursaut démocratique »

    [Entretien] Vincent Bouget : « Dimanche, il faut un sursaut démocratique »

    La Marseillaise : Dimanche soir, dans quel état êtes-vous à l’annonce des résultats ?

    Vincent Bouget : On réalise deux choses à la fois. D’abord qu’on fait le score important qu’on espérait : passer la barre des 30%. À Nîmes, au premier tour des municipales, c’est quand même formidable. Et en même temps, on prend en pleine figure la progression de l’extrême droite, accélérée sur la dernière semaine. Symboliquement, les voir passer devant, ça fait mal. Donc oui : une bonne nouvelle… un peu éclipsée par le risque RN. Et on comprend qu’on est entrés dans un moment grave et crucial. Il faut remobiliser, tout de suite, parce que beaucoup de nos électeurs ont eu du mal à avaler le truc.

    Qu’est-ce que ce premier tour dit de Nîmes, selon vous ?

    V.B. : Ça dit que Nîmes est abîmée. On a fait campagne sur le lien social, sur des gens qui se sentent isolés. Et le vote d’extrême droite, c’est une conséquence de l’affaiblissement du lien social, des difficultés à s’en sortir, des tensions. Et puis Nîmes n’est pas isolée : la montée de l’extrême droite, elle est partout. Enfin, ça dit aussi l’état dans lequel la droite laisse la ville. La droite a joué, même politiquement, comme tremplin à cette ascension.

    Julien Sanchez a mené une campagne peu visible. Comment expliquer qu’il soit en tête ?

    V.B. : Justement : ils n’ont pas besoin. Le vote d’extrême droite, c’est comme la fièvre. Quand un corps est malade, il réagit avec de la fièvre. Ils font deux, trois trucs un peu efficaces et ça suffit. Mais ça révèle surtout le vide : quelqu’un qui ne connaît pas la ville, pas ses habitants, pas son histoire. Et derrière, rien : ni projet, ni programme, ni vision, ni connaissance des dossiers… c’est le néant total.

    Dans les quartiers populaires, vous êtes haut, mais la participation est très faible…

    V.B. : La fracture démocratique qu’on dénonce est réelle, et ce n’est pas une campagne qui la répare. Il faut du temps. Dans ces quartiers, le sentiment que voter ne sert à rien est très fort, et les préoccupations immédiates écrasent le reste. Mais cette semaine, on sent davantage de mobilisation : le choix est plus clair. La possibilité que la gauche l’emporte, et le risque, en face, que l’extrême droite gagne, peuvent et doivent provoquer un sursaut supplémentaire. On va continuer à tout faire pour. Et moi, je pense que ça va pousser fort dimanche. C’est ce que nous renvoie le terrain.

    Quel message envoyez-vous aux électeurs LFI et à ceux qui hésitent ?

    V.B. : D’abord, à gauche, on peut avoir des choix différents, mais on peut se retrouver sur l’essentiel, d’autant que le risque de l’extrême droite est tel qu’il ne faut pas hésiter. Les électeurs LFI se sont mobilisés sur la colère sociale, le pouvoir d’achat, la lutte contre les discriminations : je partage ces combats-là. Et à ceux qui ne veulent ni RN ni gauche, je dis : on vit une inversion des valeurs, une forme de post-vérité. Des mots qui ne veulent plus rien dire, des mensonges. Moi, je m’adresse à l’intelligence et au discernement. Et surtout : ce que porte Julien Sanchez, ce sont des valeurs, des modèles – Jean-Marie Le Pen et Donald Trump – qui n’ont rien à voir avec un projet municipal sérieux pour Nîmes.

  • La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    Comme une lettre à la Poste. Cette année encore, de nombreux maires sortants, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont été reconduits sans encombre dans l’Hérault. C’est ce qu’on appelle la prime au sortant qui donne un avantage naturel aux yeux de l’électeur, à l’édile en poste. « Les sortants sont connus et en général leur action est appréciée. On trouve souvent que la mairie a bien fait son travail », résume le politologue Michel Crespy. Qui précise aussitôt. « Ce n’est pas le cas des dirigeants nationaux qui échouent à régler les problèmes des gens ».

    Dans l’Hérault, le 1er tour des municipales n’a pas échappé à la règle. Quand ils se représentaient, une grande majorité des maires ont été réélus directement. À droite, Frédéric Lacas a nettement remporté son duel (62,26%) à Sérignan. Christian Jeanjean est en ballottage très favorable (48,21%) dans son fief de Palavas où il a la main depuis 1989 ! Et que dire du score hégémonique (85,1%) de son voisin des Républicains, Stéphan Rossignol à la Grande-Motte. Autour de Montpellier, Jean-François Audrin est repassé aisément (68,72%) à Saint-Georges d’Orques comme Jean-Pierre Rico (57,01%) à Pérols. À Béziers, le maire d’extrême droite Robert Ménard a lui aussi été triomphalement réélu au 1er tour (65,6%) comme en 2020 en dépit d’une liste du RN de Julien Gabarron (8,97%).

    Des sortants plébiscités

    La prime au sortant a aussi souvent fonctionné à gauche. Le meilleur exemple est Frontignan. Dans cette ville du bassin de Thau où l’on redoutait une vague brune eu égard aux scores du RN aux scrutins nationaux, Michel Arrouy
    l’a brillamment emporté. Cumulant 51,16% des voix, le socialiste a mis hors-jeu l’extrême droite de Cédric Delapierre (35,87%). Dans la plaine à Pézenas, un autre socialiste a été réélu nettement dès le 1er tour. Avec sa liste d’union de la gauche, Armand Rivière qui fait briller sa commune culturellement (festival Molière) a su écarter un retour de la droite incarnée par l’ancien député macroniste Philippe Huppé (28,96%). À Gignac, le maire socialiste Jean-François Soto (71,22%) a balayé la menace RN. Dans la Métropole de Montpellier, aucune embûche à Jacou pour Renaud Calvat (74,39%) ni à Clapiers pour Eric Penso (59,7%). Quant à Michaël Delafosse à Montpellier, il est en ballottage favorable (33,41%) avec sa liste d’union de la gauche et ses promesses tenues sur le tramway.

    Pour d’autres, la magie attendue n’a pas opéré. Et ce, quelle que soit leur couleur politique. À chaque fois, on observe un contexte bien spécifique qui a pénalisé le sortant. C’est d’autant plus vrai quand sa majorité était divisée. C’est le cas pour la droite agathoise minée par la mise en examen de Gilles d’Ettore au point que Sébastien Frey (3e avec 20,74%) laisse le champ libre à Thierry Nadal (21,33%) face au danger RN (Lopez-Liguori 38,44%). À Castelnau-le-Lez, le maire LR Frédéric Lafforgue (21,1%) qui a obtenu le prix du plus gros bétonneur, devrait être battu par son ex-adjoint Julien Miro (39,65%). Du côté de Sète, Hervé Marquès (DVD) peut encore l’emporter malgré la démission forcée de François Commeinhes mais la gauche de Laura Seguin (20,55%) a des espoirs avec le retrait du socialiste Sébastien Denaja (13,7%). À Lunel, Paulette Gougeon (DVD, 28,07%) n’a pas davantage de marge, 9 mois après le décès de Pierre Soujol.

    Pas de grosse poussée

    du RN hormis Agde

    La gauche a aussi connu son lot de déconvenues. La désunion qui a conduit au retrait de l’Insoumis Sébastien Rome (21,48%) risque de coûter la mairie de Lodève au PS de Fadilha Benammar-Koly (28,82%), distancée par le très à droite Claude Laateb (39,2%). À Mauguio, le retrait du maire DVG Yvon Bourrel a sonné le glas de la gauche. À Saint-Jean-de-Védas, le décès soudain du maire François Rio fin décembre a accentué l’éclatement du conseil municipal qui pourrait virer à droite. À Grabels, René Revol en grande difficulté (34,65% derrière le DVD Pascal Heymes 49,4%) est peut-être victime d’une certaine usure du pouvoir. À moins que le seul maire Insoumis de l’Hérault ait pâti d’avoir hissé le drapeau palestinien en solidarité avec le peuple gazaoui massacré. Ce serait un comble. À Villeneuve-lès-Maguelone en revanche, difficile de dire ce qui place Véronique Négret en position délicate (34%) face à la liste du DVD Olivier Noguès (40,68%).

    À noter enfin qu’à l’exception notable d’Agde qui pourrait basculer, le RN et l’UDR n’ont pas, à la différence du national, réalisé de poussée particulière dans l’Hérault. S’ils restent en embuscade à
    Sète (Pacull 20,77%), Lunel (Belin 21,7%) ou Mauguio (Parmentier 19,38%), ses candidats ont été sèchement battus à Montpellier (Jamet 7,26%), Béziers (Gabarron 8,97%), Mèze (Armentier 19,2%) ou Gignac (Drevet 28,72%). Et dans une moindre mesure à Frontignan (Delapierre 35,87%). Malheureusement cet échec est davantage dû à un manque d’ancrage local du RN qu’annonciateur d’un reflux de l’extrême droite. Laquelle reste tout aussi menaçante en vue de la Présidentielle 2027.

  • Rassembler Nîmes pour s’opposer au RN

    Rassembler Nîmes pour s’opposer au RN

    Mardi 18 mars, Nîmes a retenu son souffle. Sur l’Esplanade Charles de Gaulle, plus de 2 000 personnes ont répondu à l’appel de Vincent Bouget et de « Nîmes en Commun », ont fait masse, serrées dans l’émotion, portées par une même urgence : empêcher la ville de basculer. Les discours se sont enchaînés, les visages de la gauche locale -Françoise Laurent-Perrigot, Patrick Malavieille, Alain Clary- sont venus donner chair à ce moment, avant que, le lendemain matin, le soutien de Carole Delga ne vienne enfoncer le clou. À quatre jours du second tour, la gauche n’a pas seulement tenu meeting : elle a posé une scène, celle d’une ville qui se relève et refuse la résignation.

    Car l’addition est brutale : il a suffi de 163 voix pour que Nîmes se retrouve, au soir du 15 mars, au bord d’un précipice politique. Il aura fallu attendre les derniers bulletins pour mesurer l’ampleur du choc. Le premier tour des municipales a livré un verdict aussi serré que lourd de sens : 163 voix seulement séparent le candidat du Rassemblement national Julien Sanchez (30,39%) de Vincent Bouget (30,05%), à la tête de l’union de la gauche. Derrière, la droite municipale, fracturée et affaiblie, s’effondre : Franck Proust (LR-Horizons) plafonne à 19,55%, Julien Plantier (DVD) à 15,55%. Pascal Dupretz (LFI) est éliminé avec ses 4,46%. Une photographie brutale d’une ville à la croisée des chemins.

    Le soir même, au bar du Prolé, Vincent Bouget n’a pas joué les commentateurs : devant ses soutiens rassemblés en nombre, il a appelé à la bataille, à la mobilisation totale, en martelant que « pas une voix ne doit manquer ». Un appel adressé aux électeurs de gauche, évidemment, mais surtout à toutes celles et ceux qui refusent de livrer la ville à un projet de tri social et de discriminations.

    Le RN Julien Sanchez admirateur de Trump

    Le danger est d’autant plus grand qu’il avance masqué. Julien Sanchez, figure RN du Gard, a été parachuté par le parti en janvier pour tenter le « coup » dans la préfecture : présence minimale sur le terrain, campagne atone, et programme lacunaire. Beaucoup de slogans, peu de réponses concrètes aux urgences du quotidien. Cette stratégie est connue : nationaliser le scrutin, surfer sur les peurs, faire croire qu’un bulletin RN serait un « coup de balai », alors qu’il prépare surtout une mairie au service d’une idéologie d’exclusion.

    Le RN veut faire de Nîmes un trophée. Une ville vitrine. Une ville test. Et, dans cette dernière semaine, Sanchez tentera de siphonner l’électorat de droite en jouant la comédie du vote utile, tout en insultant au passage ceux qu’il courtise. Sa sortie au lendemain du scrutin sur « l’orchestre du Titanic qui empêche les électeurs de voir l’iceberg communiste » visant le tandem Proust-Plantier n’est pas une blague : c’est une stratégie froide, tuer la droite pour régner sur ses décombres. Quitte à assumer, au passage, une boussole politique très claire : l’homme qui veut diriger Nîmes a une nouvelle fois revendiqué son admiration pour Donald Trump, son « action », ses décisions à coups d’arrêtés, et lâche sans détour au micro de Midi Libre : « Si j’étais Américain, je voterais pour Donald Trump, c’est sûr ! » Sa présence a Washington lors de l’investiture de l’autocrate le confirme. Voilà leur modèle : la brutalité érigée en efficacité, le mépris en méthode, l’autoritarisme en promesse, la ségrégation et la guerre en prime.

    À droite, le prix des ego

    En même temps, il est difficile de ne pas commenter le spectacle politique offert par le duo de la droite sortante. Pendant des mois, Franck Proust et Julien Plantier, héritiers proclamés de Jean-Paul Fournier, ont joué les frères ennemis. Guerre d’ambitions, guerre de places, guerre de succession, avec, au final, une droite coupée en deux, incapable d’assumer un bilan de 25 ans autrement que par des postures et du lavage de linge sale en public. Résultat : l’électorat se disperse, la majorité sortante s’effondre, et le RN se faufile.

    Et voilà qu’au lendemain de la claque, la droite découvre soudain les vertus du rassemblement. Fusion express, tractations nocturnes, et une nouvelle liste : « Nîmes par-dessus tout ». Une union née non pas d’un projet clair, mais de la peur de perdre le pouvoir. Le manège a assez duré : quand on n’a pas réussi à se parler pendant des mois, on ne fabrique pas une dynamique en 48 heures à coups de calculs d’appareil.

    Nîmes n’est pas seulement une « dernière grande ville LR ». C’est une ville travaillée par les fractures sociales, par l’abandon de quartiers entiers, par la crise du logement, par la santé qui recule, par les services publics qui s’étiolent : une ville où l’on demande aux habitants de tenir bon pendant qu’en haut on s’organise la succession. Une ville marquée par une droite qui préfère gérer la commune comme un patrimoine et une vitrine, multiplier les opérations de communication et les grands projets, plutôt que réparer le quotidien, et qui, dans la bataille d’héritage, s’est surtout donnée en spectacle. Et c’est précisément là que prospère l’extrême droite : sur les colères réelles, qu’elle détourne vers les boucs émissaires, la stigmatisation, la division.

    La gauche rassemblée

    en dynamique

    Du côté des listes de gauche, le cadre légal est clair : pas de fusion possible entre la liste LFI, restée sous la barre des 5%, avec celle de la gauche unie « Nîmes en commun ». Mais la réalité politique l’est tout autant : chaque voix comptera, l’enjeu dépasse les logos, et Pascal Dupretz a officiellement appelé à battre « l’extrême droite et la droite extrême ». La semaine qui s’ouvre n’est pas celle des susceptibilités : c’est celle de la responsabilité. D’autant que la participation n’a été que de 51,05% : l’autre réservoir, immense, côté chiffres, c’est l’abstention. Dans plusieurs quartiers populaires, la gauche est nettement devant… mais sur une participation très basse. Exemple parlant : le bureau 405 (école Henri-Wallon) situé dans le quartier Saint-Césaire. La participation y est seulement de 22,05%. Bouget monte à 46,36%, Sanchez à 4,60%, et le score LFI est particulièrement élevé avec 11,88% : un électorat social et contestataire existe, mais il faut le faire sortir.

    À l’aube du premier tour, un sondage Ifop-Fiducial pour La Gazette testait plusieurs scénarios. Dans celui de la triangulaire qui attend les électeurs ce dimanche (Bouget-Proust-Sanchez), l’étude donnait Bouget à 41%, Proust à 31 % et Sanchez à 28%. Ces chiffres ne votent pas à la place des Nîmois. Mais ils disent une chose : la victoire est possible, à condition de construire un barrage populaire, pas un barrage de salon. Un barrage fait de porte-à-porte, de discussions, d’écoute, d’un discours clair : Nîmes n’a pas besoin de peur, elle a besoin de dignité. Vincent Bouget, en clôture de la réunion publique du 18 mars, a résumé l’enjeu : « Ce n’est pas le projet d’un clan, ce n’est pas un projet de division, c’est un projet pour tous les Nîmoises et les Nîmois, résolument tourné vers l’avenir. C’est cette nouvelle page que je vous propose d’ouvrir ensemble dès dimanche soir. » Dimanche 22 mars, Nîmes choisira.

  • Les derniers tests de Didier Deschamps avant le Mondial

    Les derniers tests de Didier Deschamps avant le Mondial

    C’est un avant-goût de Mondial qui attendra les Bleus durant la prochaine trêve internationale.

    Pendant que les derniers billets pour la phase finale seront distribués à l’occasion des barrages, l’équipe de France sera déjà aux États-Unis pour y disputer deux rencontres amicales, contre le Brésil, puis face à la Colombie. Deux confrontations de prestige qui vont permettre à Didier Deschamps d’effectuer ses derniers tests, avant de dévoiler la liste définitive, le 13 mai.

    Mbappé retrouve sa place

    Kylian Mbappé, qui a refait son apparition sur une pelouse mardi, en Ligue des champions, avec le Real Madrid en entrant en fin de match face à Manchester City (2-1) est présent.

    L’absence de Bradley Barcola, indisponible plusieurs semaines pour une entorse de la cheville, profite elle à Randal Kolo Muani, buteur avec Tottenham en 8e de finale retour de Ligue des champions. Le Monégasque Maghnes Akliouche, déjà présent en novembre, est également appelé.

    En défense, Deschamps a pallié le forfait de Jules Koundé sur le côté droit en convoquant le joueur de la Juventus Turin Pierre Kalulu, qui a connu son unique sélection face à l’Espagne en demi-finales de la Ligue des nations en 2025 (défaite 5-4).

    Côté gardiens de but, Lucas Chevalier, malgré la perte de son statut de titulaire avec le PSG, accompagnera Mike Maignan et le Rennais Brice Samba.

    Le groupe

    Gardiens : Lucas Chevalier (PSG), Mike Maignan (AC Milan), Brice Samba (Rennes).

    Défenseurs : Lucas Digne (Aston Villa), Malo Gusto (Chelsea), Lucas Hernandez (PSG), Théo Hernandez (Al-Hilal), Pierre Kalulu (Juventus), Ibrahima Konaté (Liverpool), William Saliba (Arsenal), Dayot Upamecano (Bayern Munich).

    Milieux de terrain : Eduardo Camavinga (Real Madrid), N’Golo Kanté (Fenerbahçe), Manu Koné (AS Rome), Adrien Rabiot (AC Milan), Aurélien Tchouameni (Real Madrid), Warren Zaïre-Emery (PSG)

    Attaquants : Maghnes Akliouche (Monaco), Rayan Cherki (Manchester City), Ousmane Dembélé (PSG), Désiré Doué (PSG), Hugo Ekitike (Liverpool), Randal Kolo Muani (Tottenham), Kylian Mbappé (Real Madrid), Michael Olise (Bayern Munich), Marcus Thuram (Inter Milan).

  • Un duo défensif pour stabiliser la défense de l’OM

    Un duo défensif pour stabiliser la défense de l’OM

    Benjamin Pavard et CJ Egan-Riley avaient une carte à jouer lors des deux derniers matches de l’OM.

    Le champion du Monde français et l’Anglais avaient disparu des écrans depuis quelques matches. Ils ont bénéficié de la blessure de longue durée de Nayef f Aguerd et de la rechute de Leo Balerdi pour retrouver une place dans le onze de départ. Avec des résultats différents.

    Benjamin Pavard a pris part aux deux derniers matches de son équipe. Au Stadium, sa prestation a été à la hauteur de ce que l’on attendait d’un joueur de son calibre lorsqu’il a débarqué à la Commanderie, prêté avec option d’achat par l’Inter.

    Néanmoins, le Ch’ti est un peu devenu le métronome de la santé collective phocéenne. Il a plongé en même temps que l’équipe. Douté et fait douter les plus fervents supporters.

    À tel point que celui qui était venu à Marseille dans l’optique de relancer sa carrière, et retrouver une place en équipe de France, s’est retrouvé à la croisée des chemins. Toutefois, l’arrivée de Habib Beye a semble-t-il eu un effet de catalyseur. Ayant retrouvé la confiance de l’entraîneur, il a lui même retrouvé la sienne.

    Cela s’est traduit par deux prestations de très bon niveau contre Toulouse et Auxerre. Avec à la clé deux clean shits. Ce que l’OM n’avait plus réussi depuis les 1e et 8 novembre, déjà contre Auxerre puis Brest. Benjamin Pavard était déjà titulaire lors de cette série. Comme il l’était à l’occasion des deux réalisées consécutivement contre Lorient et le PSG, en début de saison.

    Benjamin Pavard qui était aussi au cœur de la défense olympienne lors du succès à Metz, 3-0, également ponctuée d’une clean shit. Faut-il voir un lien de cause à effet ? Toujours est-il que sur les sept rencontres où l’OM n’a pas encaissé de but en Ligue 1 cette saison, l’ancien joueur du Bayern était titulaire.

    Egan-Riley à revoir

    L’autre retour en grâce, lors de la réception d’Auxerre, a connu une reprise plus contrastée. CJ Egan-Riley a bénéficié de la blessure de Leo Balerdi pour débuter la rencontre. L’Anglais n’avait plus joué depuis le 13 janvier, et la facile qualification en coupe de France contre Bayeux à Caen. Il était entré en début de seconde période, à la place de Facundo Medina. Et avait pris part au festival marseillais en inscrivant le septième but.

    Face aux Auxerrois, il n’est resté qu’une heure sur le terrain. Et a montré qu’il était dans le dur. Habib Beye a pris sa défense. « Il faut qu’on arrive à le faire monter sur l’aspect athlétique afin de pouvoir le faire jouer sur 90 minutes » a-t-il précisé à son sujet après la victoire contre les Bourguignons.

    L’entraîneur marseillais apprécie sa polyvalence, qui lui permet d’évoluer aussi bien à droite ou à gauche de l’axe. Ce qui pourrait lui offrir de nouvelles perspectives d’ici la fin de la saison. Sachant que le retour de Nayef Aguerd n’est pas certain. Et que Leo Balerdi reste fragile.

    Les choix de Habib Beye pour la réception de Lille, dimanche, seront un élément concernant les chances de CJ Egan-Riley.

    Un maillot symbolique dans le derby contre Nice

    Le week-end du 26 avril, l’OM recevra Nice au stade Vélodrome.

    À cette occasion, le club va effectuer une opération symbolique, qui rendra hommage à ses supporters les plus fervents. Placée dans le cadre de l’opération « Peuple Bleu&Blanc », la rencontre verra les Olympiens porter des maillots particuliers. Au lieu de porter leur nom dans le dos, ils arboreront celui d’un supporter, dont le patronyme aura été tiré au sort.

    Au-delà du marketing, le club met en avant la diversité et la passion de sa communauté, fidèle malgré les turbulences sportives récentes. Cette initiative vise à renforcer la proximité entre l’équipe et ses fans, en leur offrant une place symbolique.

  • [Entretien] Rebecca Roger Cruz : « Mon album est un voyage de métamorphoses »

    [Entretien] Rebecca Roger Cruz : « Mon album est un voyage de métamorphoses »

    La Marseillaise : Quelle est la signification de « Rio Abajo » ?

    Rebecca Roger Cruz : Ça veut dire en aval de la rivière. C’est une phrase qui revient souvent dans la poésie latino-américaine, où il y a toujours ce contact avec la force de la nature. On peut le voir comme une métamorphose. Comme si on entrait par une porte en étant une personne, et comme si on sortait par une autre en étant changé par ce voyage.

    Tout au long de l’album, votre voix se met au diapason de cette image en se métamorphosant elle aussi…

    R.R.C. : J’aime beaucoup m’amuser avec ma voix, l’utiliser avec plusieurs techniques. Moi qui suis née au Venezuela, je suis influencée par la musique de mon pays, et latino-américaine en général, mais aussi par les musiques classique, baroque ou encore la pop expérimentale. Tout ce mélange se traduit dans ma voix.

    Du premier titre « Abreme la puerta Juana », qui convoque les éléments du vivant, au dernier, « Esteros » qui symbolise votre identité aux carrefours de plusieurs cultures, votre album commence en larve pour finir sa course en papillon…

    R.R.C. : Je n’y avais pas pensé en faisant l’album mais c’est une image qui me parle. Le premier morceau, je l’avais pensé comme une cérémonie. Abreme la puerta Juana, c’est le chant traditionnel qui ouvre en juin la fête de Saint-Jean-Baptiste. Il y a quelque chose en rapport avec la transe, les racines. Et à partir de ça, je dévoile ce voyage de métamorphoses petit à petit.

    Votre opus transcende beaucoup de styles et époques, du flamenco au baroque en passant par le rock et le répertoire traditionnel vénézuélien. Est-ce que vous voulez aussi transcender les âmes ?

    R.R.C. : Oui, vraiment. Cet album est un outil de guérison pour moi. Je trouve qu’en ce moment, on a besoin de se reconnecter avec quelque chose de plus profond et spirituel, et pas forcément de religieux. Ce qui me donne cette force, c’est la nature et la musique. J’ai voulu retranscrire cela dans l’album à travers toutes mes influences : pas forcément en passant d’un style à l’autre, mais en brisant des ponts qu’on peut retrouver entre la musique dite classique, le flamenco, la musique traditionnelle et la pop. au contraire. C’est en fait une rencontre, un espace où on se pose moins la question des étiquettes.

    Vous avez quitté le Venezuela pour la France il y a plus de 10 ans. L’album est aussi traversé par la question de l’exil avec le titre « Alcaravan », du nom d’un oiseau migrateur de votre pays natal…

    R.R.C. : On trouve cet oiseau migrateur dans la plaine vénézuélienne mais aussi colombienne. C’est un oiseau très présent dans la poésie et musique du Venezuela, surtout dans la région de la plaine. Tout le monde le connaît, et pourtant, on le voit peu. On entend que son cri, qui annonce le moment où il faut partir. Cette chanson, je l’ai écrite pour mon pays. En tant que membre de la diaspora, cela me tenait à cœur de parler de cet exil, de ce que je ressens ici. La diaspora vénézuélienne est énorme et compte presque 9 millions de personnes. Cela représente un tiers du pays et l’une des diasporas les plus grandes au monde. Plus je chante cette chanson, plus je me rends compte qu’elle est aussi d’actualité pour beaucoup d’autres peuples et pays. C’est aussi un moyen de renvoyer un message de paix.

    Lors de l’enlèvement de Maduro par les États-Unis début 2026, beaucoup de membres de la diaspora ne voulaient pas choisir entre la main de fer du régime actuel et l’impérialisme américain. Qu’avez-vous ressenti à ce moment ?

    R.R.C. : C’était un moment bouleversant. Pour nous qui vivons les choses de loin, c’est très angoissant car nous pensons aux gens sur place. Je ne vais pas vous mentir : le Venezuela est un régime dictatorial. Mais c’est quelque chose que beaucoup de gens au pays ne peuvent pas exprimer car on assiste à un contrôle des médias, des téléphones… Et en effet, il y a un sentiment de dualité : d’un côté, il y a la joie et le soulagement qu’on peut ressentir quand on se dit qu’on arrive peut-être au bout de ce régime dictatorial, et que cette personne mérite réellement d’être en prison. Et de l’autre côté, personne n’aime que son pays soit bombardé, qu’il soit envahi et contrôlé par les États-Unis, surtout au regard du rapport colonial que ce pays entretient avec l’Amérique latine. C’est un rapport perpétué par beaucoup d’actions infantilisantes, comme si on avait besoin de leur aide alors que ce n’est pas le cas.

    La France a été un refuge pour vous il y a plus de dix ans. Une terre d’accueil de plus en plus menacée par l’arrivée de l’extrême droite à différents endroits du pouvoir. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    R.R.C. : Il y a la peur que les contrôles migratoires se durcissent, mais aussi l’invisibilisation d’autres cultures qui peut arriver. Avec l’extrême droite au pouvoir, on pourrait arriver à une sélection de certaines choses sur les scènes musicales et culturelles en général. C’est quelque chose d’angoissant pour toutes les personnes étrangères dans le pays, mais aussi pour les Français. Pourtant, la France est un pays multiculturel qui tient sa force et sa beauté de son mélange.

  • Grève maintenue à la cuisine centrale d’Avignon malgré des discussions

    Grève maintenue à la cuisine centrale d’Avignon malgré des discussions

    « Ça a chauffé », glisse Etienne Raoul, secrétaire départemental Force ouvrière, en sortant d’une réunion avec des représentants des services de la mairie d’Avignon, des représentants syndicaux et des employés de la cuisine centrale ce jeudi 19 mars. Celle-ci traitait de l’enquête administrative sur une affaire de soupçons de vol de plusieurs centaines de kilos de viande de bœuf au sein même du service par certains employés.

    Et « on reste en grève », confirme un salarié. Un préavis a été déposé jusqu’au 31 mars par les syndicats, à savoir la CGT et FO. Cette enquête a été lancée, d’après plusieurs d’entre eux, en décembre dernier, après un premier signalement en novembre. Des entretiens ont été mis en place avec chaque salarié, à la production comme pour les chauffeurs-livreurs qui amènent les repas dans les cantines des écoles ou encore du CCAS d’Avignon. « Chacun d’entre eux devait en théorie répondre à 17 questions identiques. Mais on s’est rendu compte que c’était faux, avec notamment des questions à charge sur les lanceurs d’alerte et très peu sur le vol en lui-même », explique en sortie de réunion Nicolas Garcia, secrétaire général FO des territoriaux d’Avignon.

    Il ajoute aussi, ce que confirme également Dalida Djoudi, secrétaire CGT des territoriaux avignonnais, qu’il n’a pas été écouté par ceux qui menaient cette enquête. Et ce, alors que tous deux assurent avoir « reçu des aveux écrits » des supposés coupables. Un dossier aurait été déposé par les responsables syndicaux auprès de la procureure d’Avignon pour que la justice se saisisse de l’affaire.

    Quelques minutes plus tard, ce sont les lanceurs d’alerte, chauffeurs-livreurs et employés de production, qui sortent. Ceux-ci regrettent que les négociations « ne vont pas dans le bon sens » et en appellent à la mairie d’Avignon, Cécile Helle (PS).

    « Pas dans le bon sens »

    « On a parlé pour ne pas être accusés et c’est l’inverse qui se passe. C’est une question de dignité. Il faut respecter les agents. Quand on sait que c’est de la nourriture destinée aux enfants, c’est un geste absolument répugnant », clame l’un d’eux. Ceux-ci assurent maintenir un service minimum, notamment en livrant toujours le CCAS. Quelques minutes plus tôt, c’étaient les représentants des services municipaux qui sortaient du bâtiment de production, situé au MIN d’Avignon, sans répondre aux questions des quelques journalistes sur place. « Il faut solliciter les services de communication », balaye l’un d’eux. Contactée par La Marseillaise, la municipalité assure dans un communqiué que « cette enquête, portée par l’Administration, de manière objective et impartiale, va s’achever prochainement. Elle donnera lieu à l’audition des organisations syndicales qui le souhaitent » et que « les conclusions définitives seront présentées au prochain maire puis à l’encadrement de la cuisine centrale, aux organisations syndicales et aux agents de la cuisine centrale ».

  • Ces cinq salariées de l’Ehpad au bord de « la rupture » à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    Ces cinq salariées de l’Ehpad au bord de « la rupture » à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    « Notre directrice est peut-être fatiguée, mais nous, on est épuisées. » Jeanne* parle pour ses quatre autres camarades, toutes aides-soignantes à l’Ehpad des Magnolias de Port-Saint-Louis, en conférence de presse jeudi à l’Union locale CGT.

    Les cinq sont en arrêt de travail. Les cinq pointent dans les mêmes termes le conflit social qui les oppose à leur direction d’établissement depuis sa prise de fonction il y a un an. Après une table ronde, une distribution de tracts à la population et même un rassemblement en fin d’année 2025, le climat est celui de « la rupture » selon Mathias Raoux, de l’Union locale CGT. « Après un an de main tendue ce n’est plus possible », abonde Gaël Zaafour.

    Car les cinq agentes parlent du même « management toxique », des mêmes « humiliations » parfois publiques et des « propos dévalorisants » de leur directrice d’établissement. Exemple pris de la proposition des agentes d’une nouvelle organisation de travail, approuvée par leur cadre de santé, mais refusée par leur directrice. « Elle nous a dit : vous venez de là, restez-y » illustre Julie*, la main au ras du sol.

    « Les résidents en danger »

    Conséquence directe : des arrêts maladie, des personnels manquants, qui entraînent épuisement et autres arrêts dans un cercle vicieux. La prise en charge des résidents, mise en péril faute d’infirmières. Les aides-soignantes sont contraintes de donner les médicaments aux résidents en plus de leurs missions.

    « J’ai une photo du médicament mais pas le nom ni la posologie », illustre Jeanne, contrainte de solliciter l’astreinte « qui ne répond pas, ou alors c’est un autre Ehpad qui nous connaît pas », explique Valérie*. Cette mission en plus décale tout le planning : « Les patients attendent dans leur lit au lieu d’aller au petit-déj’ » détaille Jeanne, et le soir venu, « on les change aux WC pour surveiller le salon car on est seules », complète Valérie.

    « Accueillir le double de résidents dans ces conditions, c’est mettre en danger leur santé et celle des agents », tranche Gaël Zaafour, alors que le nouvel établissement doit ouvrir en juin. « Le directeur de l’hôpital de Martigues doit prendre ses responsabilités », affirme Julie. Contacté, le CH de Martigues n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • La municipalité ferme la Salle Gueule pour raison de sécurité

    La municipalité ferme la Salle Gueule pour raison de sécurité

    Des pogos et de la bière dans un sous-sol à deux pas de la préfecture de région. Au 8, rue d’Italie, la Salle Gueule est une salle emblématique de la scène punk rock marseillaise depuis près de 14 ans, portée sous forme associative par un collectif largement informel. Mais la municipalité a mis le holà sur les décibels, au moins temporairement, en ordonnant ce vendredi 13 mars sa fermeture, jusqu’à ce que des travaux soient réalisés.

    Accompagnement promis

    En cause, un avis défavorable de la commission communale de sécurité émis ce même vendredi. « L’établissement ne répond pas aux normes de sécurité en vigueur, et présente de ce fait un danger pour la sécurité des personnes », pointe l’arrêté de fermeture. En cause, la présence d’une seule issue de secours et d’un seul escalier pour évacuer l’étroite salle en sous-sol. « La carence en dégagements compromet gravement, en cas de sinistre, l’évacuation du public reçu dans l’établissement », est-il expliqué. S’y ajoutent l’absence complète d’alarme incendie, d’éléments sur le comportement au feu des matériaux utilisés, et l’absence même d’autorisation administrative. Une gestion punk qui n’a pas plus aux services de la Ville, trois mois après le drame de Crans Montana. Ceux-ci déplorent ainsi « la négligence manifeste de l’exploitant qui n’a pris aucune mesure pour réduire les risques identifiés ». Et conditionnent la réouverture des locaux à un dépôt d’un dossier d’autorisations de travaux ainsi qu’une visite de réception des aménagements et la délivrance d’une autorisation municipale. En cas de refus de fermeture, l’exploitant s’expose à une amende de 10 000 euros.

    « Puisqu’il nous est donné la possibilité de nous mettre en conformité avec les normes attendues pour l’accueil du public, nous avons pris la décision d’aller dans cette direction, afin que la Salle Gueule puisse continuer d’exister comme toujours », réagit le collectif dans un communiqué ce lundi, regrettant que « ce qui était ignoré ou toléré jusqu’à présent, semble désormais ne plus l’être ». L’association demande à être reléguée de catégorie d’établissement recevant du public « pour les travaux et la collecte de soutiens à l’intérieur de notre local ». Un appel aux dons est ainsi lancé pour ce chantier, et notamment un appel aux compétences en électricité, plomberie, conformités de sécurité… En remerciant les lieux qui ont accepté d’accueillir les concerts prévus au milieu de la programmation. Avec une promesse : « Nous pensons que la Salle Gueule remplit plus que jamais un besoin, et que celui-ci vaille la peine de s’imposer un nouvel assortiment de contraintes.»

    La municipalité indique de son côté que le président sera contacté dans les prochains jours, « afin d’accompagner au mieux l’association dans son souhait annoncé de régularisation, et de préserver ce lieu historique de la scène musicale alternative à Marseille ». En saluant au passage son « attitude responsable ».