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  • Pour son ultime meeting, Agir ensemble pour Gap donne le tempo

    Pour son ultime meeting, Agir ensemble pour Gap donne le tempo

    « Demain je vous demande de nous retrouver, au moment où vous le pourrez, pour nous aider à faire la dernière chose, la plus précieuse… convaincre les dernières Gapençaises et Gapençais à aller voter. » Face aux quelque 400 personnes réunies ce jeudi soir dans la salle, Elie Cordier a sonné une ultime charge, peut-être la plus importante : utiliser la dernière journée de campagne pour mobiliser les abstentionnistes.

    La nouvelle liste Agir ensemble pour Gap, est une alliance de la liste d’union de la gauche d’Elie Cordier, arrivée deuxième au premier tour (26,91%) et de la liste citoyenne de gauche de Charlotte Kuentz (18,68%). Elles espèrent ainsi battre au second tour le maire sortant Roger Didier (DVD) en poste depuis 2007 et en tête au premier tour avec 40,58% des suffrages.

    Une partition à deux voix

    Le but était aussi de montrer concrètement les propositions qui émergent de la fusion des projets des deux listes. « On tenait à montrer qu’il y a une vraie synergie sur notre programme, explique Charlotte Kuentz. On sait que les Gapençais ont beaucoup d’attentes à ce niveau-là, ils veulent voir ce que l’on peut proposer ensemble. Nous avons un projet commun, nos deux équipes ont travaillé et étaient déjà prêtes à gérer la ville, donc ensemble on est d’autant plus préparés. »

    Plusieurs personnalités de la nouvelle liste sont venues dresser les grands objectifs pour la ville. Sophie Delfino a présenté les projets pour soutenir l’action sociale et aider les personnes vulnérables. Axel Berriaux a lui défini les ambitions de la liste pour que les jeunes puissent « étudier, travailler, sortir et vivre pleinement à Gap » et ne pas se sentir contraints de partir une fois adultes. Sylvie Servel a annoncé le projet d’une maison de santé et d’une future mutuelle communale. Charlotte Kuentz a elle dressé les contours d’un office municipal des solidarités destiné à mieux répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables, jeunes, personnes âgées, à mobilité réduite ou femmes victimes de violences. Loup-Maëlle Besançon a elle évoqué le tourisme, aspect vital pour l’économie gapençaise, en promettant le soutien à un tourisme plus durable concentré sur les quatre saisons, et une mise en valeur du patrimoine naturel qui profite aussi aux personnes vivant sur le territoire. Au total, ce sont onze futurs adjoints en cas de victoire qui ont défilé sur la scène.

    Pour conclure la soirée, la tête de liste Élie Cordier a tenu à avoir une pensée pour celles et ceux qui ont « fait le choix de se retirer pour permettre à la nouvelle alliance de voir le jour », des colistiers que la salle a applaudi. En marge du meeting, Elle a aussi loué le travail des équipes « qui ont réussi à mobiliser 400 personnes en 24 heures à peine puisque la soirée a été annoncée la veille ». Pour lui et son équipe, la balle est dans le camp des électeurs : « Maintenant, c’est à eux de se mobiliser, d’aller voter et de convaincre autour d’eux. »

    « Essayer autre chose »

    Dans le public, c’est la volonté de changement après quatre mandats de Roger Didier qui motivait en majorité le soutien à la nouvelle liste. « Je sais que Roger Didier aime sincèrement sa ville mais il est resté trop longtemps, il faut du changement maintenant, plus de social et plus d’écologie. Je connais bien les deux équipes qui ont fusionné, ils travaillent depuis des années sur ces sujets », affirme Michel, retraité venu assister au meeting. Pour Katia, enseignante en collège, c’est surtout le manque de perspective offerte à la jeunesse qui la pousse à vouloir une alternance. « Tous les jeunes de ma tranche d’âge ont quitté la ville et ne sont jamais revenus. Il n’y avait pas d’emploi pour eux une fois diplômés, regrette-t-elle. D’aussi loin que je puisse me souvenir, je n’ai connu que Roger Didier à la tête de la ville, il faut laisser la place à ceux qui veulent faire autrement, il est temps d’essayer autre chose. » Seules les urnes diront si la majorité des Gapençais partagent cet avis.

  • [Entretien] Bertrand Perrin : « La perte de ces municipalités demeure un moment difficile »

    [Entretien] Bertrand Perrin : « La perte de ces municipalités demeure un moment difficile »

    La Marseillaise : Comment vivez-vous les résultats des élections municipales dans les Alpes-de-Haute-Provence ?

    Bertrand Perrin : Les résultats de ces élections municipales sont difficiles pour l’ensemble des forces progressistes dans les Alpes-de-Haute-Provence, particulièrement pour les communistes. Dans plusieurs communes où nous exercions des responsabilités, parfois depuis de nombreuses années, les électeurs ont choisi l’alternance. Durant cette campagne, des femmes et des hommes se sont mobilisés pour défendre une vision commune de la société : celle de la solidarité, de la justice sociale et de la démocratie.

    Que souhaitez-vous dire aux maires sortants de votre famille politique qui n’ont pas été réélus ?

    B.P. : Nous voulons adresser un remerciement particulier aux maires comme à l’ensemble des élus qui quittent aujourd’hui leurs fonctions. Pendant des années, parfois des décennies, ils ont consacré leur énergie et leur vie au service de leurs concitoyens, incarnant une certaine idée de la politique : proche des habitants, et fidèle aux valeurs de la gauche authentique. Leur action, qui a marqué durablement la vie de leur commune, constitue un héritage précieux pour toutes celles et ceux qui continueront à faire vivre ces valeurs dans les années à venir.

    Comment vivez-vous la perte de plusieurs communes communistes ?

    B.P. : La perte de ces municipalités demeure un moment difficile. Ces villes ont longtemps été des lieux cherchant à répondre concrètement aux besoins : défense des services publics, soutien au tissu associatif, solidarité, accès à la culture pour tous, au travers de politiques sociales et démocratiques permettant à chacun de vivre dignement. Les communistes conservent et gagnent néanmoins des élus et des adjoints dans plusieurs communes du département. Leur présence continuera de porter la voix de celles et ceux qui refusent l’état actuel des choses et défendent l’intérêt général. Nous le disons avec force : nous refusons toute résignation.

    Comment analysez-vous plus largement ces résultats ?

    B.P. : Ce résultat s’inscrit dans un contexte politique plus large : celui d’une campagne que nombre d’observateurs, à l’aube de la présidentielle, ont qualifié de « nationalisée ». C’est la situation d’un pays profondément bousculé par les politiques libérales, par la crise sociale, et par la progression inquiétante de la droite extrême et de l’extrême droite. C’est aussi un climat politique national où le refus persistant de certaines forces de travailler ensemble, où les affrontements et les stratégies électoralistes ou populistes de division ont contribué à brouiller l’image même de la gauche à travers le pays, nourrissant la défiance envers l’ensemble des organisations progressistes. Dans ce contexte, la responsabilité des forces de gauche est immense.

    Restez-vous déterminé malgré tout ?

    B.P. : Les communistes continueront à prendre toute leur part dans la bataille qui s’ouvre : celle du rassemblement populaire et de la reconstruction d’une perspective de gauche capable de répondre aux attentes du monde du travail et de la jeunesse, et de montrer qu’une autre voie est possible pour notre pays. Nos idées vivent dans les luttes sociales, les mobilisations citoyennes et l’engagement quotidien de ceux qui font vivre nos communes. Cette période n’est qu’une étape dans la bataille politique : l’histoire des mouvements de transformation sociale est faite de combats longs, parfois de reculs, mais toujours portés par la conviction profonde que la justice sociale, la démocratie et l’écologie constituent des nécessités concrètes.

  • À Avignon, Galzi joue le front anti gauche

    À Avignon, Galzi joue le front anti gauche

    Au premier tour, on choisit, au second on élimine », lâche, un fin observateur de la vie politique locale ce jeudi soir à Avignon. Et ce quelques minutes après la fin du rassemblement organisé par Olivier Galzi. Là où le candidat DVD, dans son propos, fait tout pour éliminer l’alliance de gauche, scellée lundi soir entre les listes de David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI).

    À trois jours du terme de l’élection, l’heure n’est plus à convaincre sur son programme mais à dénigrer les adversaires dont la fusion donne, en théorie, des chances à la gauche de conserver la ville. « Les deux listes ont décidé de mettre leur force en commun pour contrer cet élan populaire », déplore Olivier Galzi, arrivé en tête (27,04%) devant le RN (25,52%) et les listes de gauche à un peu plus de 19% chacune. Si cette fois, le candidat évite de reparler de « sang sur les mains », il garde un ton inquisiteur.

    « David Fournier a vendu notre ville et les idéaux de son parti, ceux de Jaurès et de Blum, qui prônaient l’universalisme, le républicanisme et la laïcité », fustige l’ex-journaliste TV pour qui le PS s’est compromis avec LFI, « un parti qui justifie la violence en politique et en s’alliant avec une candidate extrémiste, soutenue par un député condamné pour violences volontaires en réunion ». En clair, voter David Fournier serait faire entrer le chaos à l’Hôtel de ville. Ce dernier s’est déjà défendu (lire page suivante) : « J’en appelle au sens des responsabilités que ce monsieur se calme un petit peu, parce qu’il va diviser les Avignonnais », réplique David Fournier.

    Alors que LFI en cas de victoire aura un groupe autonome sans délégations, Olivier Galzi prédit que « la moitié de la liste de David Fournier entrerait dès le lendemain en opposition avec lui ». La réalité est plus nuancée car ce groupe ne concernait que les insoumis, soit 9 potentiels élus, les autres étant des partenaires engagés au sein de l’exécutif municipal. Qu’importe, en grossissant le trait et jouant sur les peurs, le candidat DVD espère rallier à sa cause et siphonner une partie de l’électorat RN qui miserait sur un vote utile d’alternance quand bien même Olivier Galzi ne serait pas leur premier choix. « Le prochain maire dont Avignon a besoin, ce n’est pas un maire qui sera la marionnette d’une petite frappe, mais d’un maire qui protège », n’hésite-t-il pas à clamer. Sans fournir de protection aux coups portés à la gauche.

  • [Entretien] Stéphane Sacco : « Nous incarnons seuls l’espoir à La Seyne »

    [Entretien] Stéphane Sacco : « Nous incarnons seuls l’espoir à La Seyne »

    La Marseillaise : Quel est votre sentiment à quelques jours du 2nd tour ?

    Stéphane Sacco : Celui de la responsabilité. L’espoir et la renaissance de notre ville sont plus que jamais entre nos mains. Nous incarnons le rassemblement contre la haine et le repli sur soi. Je rappelle que la numéro 2 de la liste RN a partagé à plusieurs reprises les publications du militant néonazi multicondamné, Boris Le Lay et compare les migrants à des « parasites ». Tandis que le numéro 5 affiche des positions ouvertement anti-IVG et homophobes, qualifiant l’Eurovision de « super gay pride internationale validée par le milieu pervers artistique ». Un très fort sentiment de responsabilité, je le répète. Nous ne pouvons pas abandonner notre ville entre leurs mains.

    Qui appelez-vous à se rassembler derrière votre liste ?

    S.Sa. : Bien entendu le peuple de gauche pour commencer, mais aussi bien au-delà, les républicains de notre ville e tous les abstentionnistes du premier tour, en leur disant : « Dimanche, choisissez l’espoir et le progrès pour notre ville. »

    Mais également l’intégrité politique et de gestion. Ne laissez personne décider à votre place. Nous leur demandons d’ouvrir les yeux sur l’imposture sociale du RN qui, comme le démontrent tous ces votes à l’Assemblée nationale, comme la baisse des dotations aux collectivités et contre le blocage des prix de première nécessité et la revalorisation du Smic et des petites retraites et le gel du prix des loyers.

    La gauche a-t-elle encore une chance de reprendre son ancien fief ?

    S.Sa. : Bien entendu et c’est d’ailleurs dans cet esprit que nous continuons depuis lundi sur le terrain à multiplier les rencontres avec les Seynois pour les convaincre de venir voter pour un projet chiffré et financé qui donne un avenir à notre ville.

    Tout est encore possible. Face à une droite disqualifiée et divisée, notre liste est la seule en mesure de faire efficacement barrage au Rassemblement national arrivé en tête au premier tour.

    Nous avons choisi le combat et la résistance pour ne trahir ni nos électeurs ni nos convictions. Priver la gauche et les démocrates de voix au second tour aurait amplifié la démobilisation et ouvert un boulevard à l’extrême droite.

    Nous ne pouvions pas davantage sacrifier à la droite libérale les attentes de notre population la plus fragile, c’est toujours elle la première victime des renoncements politiques.

    Notre ville va mieux il est temps qu’elle prenne un nouveau départ.

  • [Entretien] Jérôme Knibbe : « Nous votons toujours contre le Rassemblement national »

    [Entretien] Jérôme Knibbe : « Nous votons toujours contre le Rassemblement national »

    La Marseillaise : Quel est le positionnement de la CGT dans ce contexte électoral ?

    Jérôme Knibbe : Nous avons un positionnement syndical, c’est-à-dire que nous n’appelons pas à un vote en particulier. La CGT est apolitique, chacun est libre de voter ce qu’il veut. En revanche, nos exigences sont claires. La politique mise en œuvre doit permettre un renforcement de tout ce qui est relatif à la fonction publique, au service public et au maintien du statut public, pour pouvoir être au service de la population et répondre aux besoins des habitants au quotidien. Et ce, quelle que soit l’étiquette du candidat, hors extrême droite : c’est un positionnement très clair, nous votons toujours contre le Rassemblement national, parce que nous ne reconnaissons pas ce parti comme un parti fédérant et créant une société. Il n’y a aucun débat là-dessus, Madame Mélin ne répondra pas aux besoins de la population. Et pour Monsieur Gazay, nous sommes très critiques du bilan de ses deux mandats.

    Justement, quel bilan faites-vous des deux derniers mandats, et quels changements revendiquez-vous pour le prochain ?

    J.K. : Le bilan de Gérard Gazay a plutôt été de réorienter les dépenses vers des coupes de subvention de structures sociales, associatives, ce qui pour moi ne répond pas du tout aux besoins de la population. Le premier champ, cela a été la culture, avec la suppression des aides à la MJC (Maison des jeunes et de la culture), ce qui est emblématique de la politique menée. Cela a aussi été une purge au niveau des aides et des subventions pour d’autres structures, qui faisaient le tissu associatif aubagnais. Puis il y a eu la question de la cuisine centrale, de l’accès à la cantine, du périscolaire. Ne serait-ce que sur les moyens de la Bourse du travail : ils ont été retirés, alors que nous apportons un service inconditionnel à la population, nous accueillons des travailleurs non-syndiqués pour les informer sur le droit des salariés. Nous sommes donc reconnus, nous avons un rôle d’information au public, avec des difficultés pour les salariés de plus en plus nombreuses. Et pourtant, on nous a retiré les moyens de fonctionner. Donc bien sûr, ce que Gérard Gazay a proposé ne va pas dans le sens de nos revendications.

    Qu’attendez-vous de la future municipalité ? Quelles sont selon vous les priorités pour Aubagne ?

    J.K. : Ce que l’on soutient, c’est que le futur élu mette en œuvre la réponse aux besoins de la population. Au niveau de l’éducation, il faut agir en faveur des écoles maternelles et de l’accueil de la petite enfance. Cela doit être dans le domaine public, avec des agents statutaires, titulaires et formés. Il faut mettre en place les moyens nécessaires pour accueillir les enfants dans de bonnes conditions, ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui à Aubagne. Il y a un besoin immédiat de redonner de l’action au service public, et pas par le biais de délégation, de sous-traitance ou d’autre forme de contournement. Ensuite, il y a la question de l’accès aux soins, avec le nouvel hôpital. Les politiques en ont, pour beaucoup, fait un objet de discussions. Bien sûr, le projet d’un nouvel hôpital peut être très bien, s’il y a les moyens qui sont donnés, s’il y a le personnel nécessaire. Nous, ce qu’on voit surtout c’est que les agents de l’hôpital d’Aubagne sont en souffrance par manque de moyens, qui ne sont pas du tout en adéquation avec les besoins de la population. C’est intenable. Bien sûr nous sommes pour car cela représente de l’emploi et de l’accès aux soins. Mais depuis cinq ans ils disent aux agents qu’il va y avoir un nouvel hôpital et donc n’investissent pas dans les besoins actuels. C’est intolérable.

    Propos recueillis par Joséphine Teillet

  • À Aix, Sophie Joissains jette ses dernières promesses dans la bataille

    À Aix, Sophie Joissains jette ses dernières promesses dans la bataille

    Cours Mirabeau, sur le parvis de son local de campagne, Sophie Joissains (UDI) tient son dernier meeting de campagne avant le second tour. « On se rapproche des mille personnes (présentes) », estime son équipe de campagne. Parmi les sympathisants et soutiens, une dizaine de maires du Pays d’Aix, élus ou réélus au premier tour. « Une mobilisation qui démontre qu’il existe sur notre territoire une cohésion (…) nous ne sommes pas de simples voisins, ce sont des liens quasi organiques qui nous relient, une culture millénaire, une coutume, des habitudes », salue Sophie Joissains. La maire sortante, est arrivée largement en tête du premier tour, dimanche dernier. « 39,41% des suffrages exprimés, rappelle la candidate. Nous avons remporté la majorité sur 100 bureaux, sur 101. Tous les Aixois se sont sentis concernés par cette liste et représentés par les élus de la majorité municipale. Ce score vient récompenser un engagement sans faille vis-à-vis des Aixois. » Une équipe, selon Sophie Joissains, « qui ne s’est pas construite autour d’un slogan ou d’une addition d’ambitions personnelles, comme certaines autres listes, mais autour d’un projet clair ».

    « Pas suffisant »

    « Une ville ne se dirige pas avec des postures mais du travail, de la constance, de la clarté… liste la candidate. Ces derniers jours, j’ai entendu nombre de propos qui m’ont étonnée, interpellée. J’ai entendu des gens qui dénonçaient ce qu’ils avaient soutenu ou voté hier, puisque l’opposition municipale a voté à 95%, à l’unanimité, les délibérations prises en conseil municipal. » Et d’étrier, sans citer les candidats, des téléphériques, qui « coûtent 32 millions le kilomètre » ou un autre candidat qui « s’est trouvé à Aix comme à Chicago, et qui prétend démultiplier les policiers municipaux pour en faire une brigade des stups. C’est du régalien », poursuit Sophie Joissains. Avant de poursuivre : « Le même candidat, appelle les électeurs de la candidate LFI, qui a comme projet de désarmer la police municipale, à le rejoindre : un peu de cohérence, tacle Sophie Joissains. J’entends aussi, à vérifier, que demain, un candidat pourrait aller à la fête de l’Aïd pour promettre un lieu de culte, sans qu’aucune réflexion sérieuse soit engagée, ou distribuer des tracts lors d’une fête religieuse : je laisse cela à votre appréciation. » Aucune de ces mesures, promet Sophie Joissains, ne sera incluse dans le programme. « Mais nous allons continuer de recruter 7 à 10 policiers municipaux par an, construire un nouveau commissariat central, pour contenir ces nouveaux effectifs, de poser des caméras, continuer, en étroite collaboration avec la police nationale, de faire en sorte que la ville d’Aix accroisse sa sécurité et permette que notre qualité de vie demeure, pour tous », liste, entre autres, la candidate.

    Aller chercher « toutes les voix »

    Un projet justifié par des « réalisations ». Celle du Faubourg, en cours de rénovation, d’Encagnane, ou encore la rénovation urbaine de Corsy « que nous venons de terminer », rapporte-t-elle. Promesse est, de nouveau, faite d’un accès égal au sport et de la culture, d’un accroissement du Pôle d’Activité pour accueillir des entreprises « en énergie verte », « une Cité de la Défense », de poursuivre les efforts pour un chiffre de tourisme qui rapporte « 400 millions par an de chiffre d’affaires à nos commerçants », et l’ouverture d’un second centre d’accueil pour femmes… Pour autant, « un très beau score de premier tour comme le nôtre nous pousse, nous engage, mais n’est pas suffisant. Il nous faut remporter le second tour. Nous avons des adversaires parfois vexés, ulcérés de notre résultat, et croyez-moi, ils ne reculeront devant rien pour essayer de nous faire reculer », lance Sophie Joissains, qui appelle à aller chercher « toutes les voix ».

  • Gaby Charroux défend le bouclier martégal, menacé par le RN

    Gaby Charroux défend le bouclier martégal, menacé par le RN

    C’est un Gaby Charroux mobilisateur qui a tenu son dernier meeting ce jeudi soir. Le maire sortant (PCF), qui brigue un quatrième mandat, fait l’unanimité chez ses sympathisants, venus remplir le gymnase des Salins à 72 heures du second tour.

    Mais il a surtout réussi à « rassembler tout le camp du progrès dans l’intérêt de Martigues », souligne la sénatrice des Bouches-du-Rhône Marie-Arlette Carlotti, venue « apporter le soutien de ma famille politique, le parti socialiste » à cette équipe renouvelée à 50%. Son collègue de la chambre haute du Parlement Guy Benarroche (les Écologistes) a également tenu à apporter sa force à Gaby Charroux, appelant les électeurs à « se déplacer pour défendre ces valeurs de justice sociale, ces valeurs de démocratie, cette transition écologique ».

    Au-delà de la sphère politique départementale, le député François Ruffin (Debout !) adresse également un message aux Martégales et aux Martégaux, les invitant à voter pour la liste de l’édile sortant « pour qu’il puisse s’occuper au mieux de la République du quotidien, qui s’occupe des cantines du périscolaire, des cimetières, des transports, de la vie ordinaire ». « Pour ça, il faut des gens qui soient soucieux des gens plutôt que de l’argent », affirme l’élu. L’ancienne insoumise Clémentine Autain aussi, appelle à la mobilisation, pour que « l’égalité soit au rendez-vous des politiques municipales ».

    La « supercherie du RN » dénoncée

    Sans compter l’antenne locale du Collectif solidarité Palestine ou encore l’Union locale CGT de Martigues. Son secrétaire général Daniel Bretonès rappelle : « Martigues n’est pas une ville neutre. Martigues est une ville ouvrière marquée par les luttes, construite par des générations de travailleuses et de travailleurs de l’industrie, de l’énergie, du port, de la pétrochimie, des services publics, du commerce. Une ville où le rouge n’est pas une couleur abstraite. C’est le rouge de la résistance, de celles et ceux qui ont refusé la soumission qui ont combattu le fascisme. (…) Ce rouge-là, camarades, nous oblige à prendre nos responsabilités. »

    Car si Gaby Charroux est arrivé en pole position à l’issue du premier tour, avec 35,71% des suffrages, le RN poursuit sa progression avec la candidature d’Emmanuel Fouquart, qui a obtenu 28% des voix après avoir raflé la députation à Pierre Dharréville en juillet 2024 (52,87% au second tour). « À Martigues, comme partout en France, l’extrême droite progresse en s’appuyant sur une détresse sociale qu’elle n’a pourtant jamais combattue », dénonce le syndicaliste.

    À propos de son adversaire, le candidat d’union de la gauche assène : « Voilà un député RN élu ici dont la première décision, est de tourner le dos aux Martégales et aux Martégaux [Emmanuel Fouquart avait préféré son mandat régional à son mandat municipal, Ndlr.]. Sur la rénovation de l’hôpital, dont nous avons tant besoin et que j’ai porté avec force et conviction, rien. Sur la sécurité, rien non plus. Et à l’Assemblée nationale, il vote contre les communes et fait perdre à la Ville 6 millions d’euros. » Mercredi 14 janvier, le RN a voté un amendement visant à amputer de près de 5 milliards d’euros la dotation globale de fonctionnement aux collectivités.

    Venu lui aussi apporter son soutien à Gaby Charroux, le sénateur communiste Jérémy Bacchi pointe l’enjeu du scrutin de dimanche : « Martigues fait office d’exemple dans sa gestion des services publics, dans l’accès à la culture, au sport, à la santé, dans la défense des travailleuses, des travailleurs, de l’environnement et de notre industrie. Vous avez une chance historique, il ne faut pas la gâcher. Je salue le courage de Gaby Charroux de son équipe de n’avoir jamais cédé aux sirènes de l’austérité. »

    Jean-François Mauffrey, conseiller municipal délégué à l’industrie et à l’environnement lors du précédent mandat et colistier du maire sortant, affirme non sans émotion : « Cette ville elle m’a créé. (…) J’ai bénéficié de l’école, du conservatoire gratuit, des différents types de clubs, de l’athlétisme, de la gym et finalement du club de volley. (…) J’ai aussi grâce à l’intergénérationnel. (…) Il nous faut continuer de défendre ce modèle martégal qui a fait le choix d’investir dans le bonheur et la vie des gens et qui propose des activités diverses à tous les âges. »

    Pour parvenir à le préserver, l’équipe d’union de la gauche tend la main « à tous ceux et celles qui ne se sont pas exprimés dimanche dernier », assure le co-listier Pierre Dharréville, alors que le taux d’abstention a atteint 42,4% lors du premier tour, mais aussi « à celles et ceux qui ont fait un autre choix au premier tour, qui ont voté par exemple pour le Collectif citoyen martégal ». L’appel est passé.

  • Sprint final pour Marc Pena au Jas de Bouffan

    Sprint final pour Marc Pena au Jas de Bouffan

    Sprint final et dernier temps fort de campagne pour Marc Pena, le candidat d’Aix Avenir, liste d’union de la gauche, en lice pour le second tour de l’élection municipale dans la cité du roi René. Ce jeudi soir, à la salle du Cèdre au cœur du Jas de Bouffan, quartier populaire d’Aix aux dizaines de milliers d’habitants, le candidat a fait salle comble pour une réunion publique placée « sous le signe de l’échange ». Laquelle a débuté avec la manière via la lecture d’une déclaration du secrétaire de l’Union locale CGT de la ville (lire ci-dessous). Puis une prise de parole attendue du candidat, ce quartier étant le lieu de son premier meeting de campagne, manière de boucler la boucle : « On avait commencé au Jas de Bouffan, nous terminons au Jas de Bouffan. C’est un quartier emblématique, avec plus de 30 000 personnes ». Avant de regretter : « Il n’y a pas eu la mobilisation souhaitée ici avec un taux de participation qui n’atteint pas 30% dans certains bureaux, pendant qu’on vote à 65% à Puyricard [quartier du nord d’Aix, Ndlr.] » Mais rien n’est perdu à ses yeux, puisqu’il se remémore son élection comme député aux dernières législatives : « Dans un autre contexte, il y avait eu une forte mobilisation. Il faut donc à nouveau expliquer que le niveau communal est très important. Il faut rappeler que tout commence par là. » L’idée est donc de provoquer la mobilisation dans les quartiers jugés délaissés. Il développe le raisonnement en pointant « un problème d’égalité dans les territoires aixois ».

    Mobiliser les abstentionnistes

    « Le Jas de Bouffan peut s’interroger sur sa place dans la politique municipale, comme l’ensemble des quartiers populaires », poursuit-il. Et prévient : « Cela fait déjà 25 ans qu’on est gouverné par les Joissains, avec 7 ans de plus, la municipalité accentuerait ses politiques discriminatoires. » À l’inverse, il assure : « Notre liste est la seule qui peut changer Aix. »

    Et il énumère des raisons d’y croire. Arrivé 2e avec plus de 20% des suffrages exprimés, Marc Pena peut potentiellement espérer un report de voix de la liste insoumise (8%) et celle de Révolution écologique pour le vivant (Rev, 4,72%) qui n’étaient pas en capacité de se maintenir pour le 2nd tour (lire notre article du 19/03). Laquelle a clairement affiché son soutien à Marc Pena. « Il est encore possible de gagner. Il faut que nous allions convaincre les abstentionnistes mais pas avec des “y a qu’à et faut qu’on” mais en leur expliquant concrètement ce que signifie des services publics de qualité. » Il prend l’exemple de mesures concrètes de son programme : « Des logements étudiants pour qu’ils ne paient pas de loyer exorbitant pour un taudis, c’est ça la solidarité qu’on porte. » Ou encore « créer des maisons de quartier pour coconstruire les choses avec les citoyens, alors que Sophie Joissains ne consulte même pas ! ».

    « Des valeurs de progrès »

    Même si Sophie Joissains, la maire sortante le devance à l’issue du premier tour, il martèle : « Il y a des réserves de voix, il n’y a qu’une liste qui peut battre Sophie Joissains, nous devons tous nous être rassemblés ». « Les Joissains gouvernent depuis 25 ans, certains disent que c’est une fatalité, comme un vieux roi qui ne veut pas mourir », dénonce-t-il. Mais pas de fatalité de son côté : « N’ayons pas peur de rappeler nos valeurs de gauche, nos valeurs de progrès. Une fois élus, ce sera à nous de ne pas décevoir. »

    Des valeurs qui comptent vu le contexte aixois : « En face de moi, j’ai trois candidats de droite et d’extrême droite. (…) Hier, j’avais des croix gammées sur mon visage sur les affiches, ce n’est pas innocent. » D’où l’espoir d’Aix Avenir de changer la ville de l’intérieur.

  • À Arles, l’union fait la force autour de Nicolas Koukas

    À Arles, l’union fait la force autour de Nicolas Koukas

    « Ici c’est Fournier ! » clame Nicolas Koukas à l’ouverture de son meeting de second tour des élections municipales, jeudi soir, pour la liste de l’Union pour Arles. Le gymnase a vibré au son d’Eminem et d’AC/DC à l’énumération des noms des colistiers, avant de laisser place à la voix légèrement enrouée du candidat communiste, qui ne laisse aucune suspension à sa confiance : « ce second tour va nous mener à la victoire dimanche » affirme-t-il devant ses soutiens gonflés à bloc.

    Arrivé en deuxième position du scrutin avec 25,38 % des voix, derrière le maire Horizons Patrick De Carolis à 34%, Nicolas Koukas estime être « en ballotage favorable » au milieu du maire sortant et des autres adversaires que sont Rémy Benson (RN) à l’extrême droite avec 16,37% des voix et Jean-Michel Jalabert (DVC) à 13,69%. Le chef de file de l’Union pour Arles analyse le 1er tour en pointant que « deux tiers des Arlésiens qui se sont exprimés ont dit non au maire […] qui, ne vous y trompez pas, a subi un sérieux revers », mais ne s’en satisfait pas pour autant. « L’abstention est trop forte quand un Arlésien sur deux ne ssest pas déplacé pour voter. Ce n’est pas une fatalité, c’est le symptôme d’une crise démocratique » relève le candidat qui veut la « combattre de manière unie ».

    La force de l’union

    Car « La force de l’union » n’est pas qu’un slogan écrit sur les affiches et tracts du candidat, mais une somme de réalités. Outre les neuf partis politiques mobilisés au sein de cette union, ainsi que les « 600 Arlésiens qui ont construit le projet » porté par sa liste, dont ceux de l’Appel d’Arles, Nicolas Koukas emporte avec lui de nouveaux alliés dans ce deuxième round.

    À commencer par des anciens membres de l’équipe De Carolis comme le Dr Serge Meyssonnier de Mas Thibert, ancien adjoint et Sophie Aspord, ex-3e adjointe à l’urbanisme, tous deux présents dans la salle, le candidat est fort du « consensus de tous bords sur l’incapacité à rassembler et diriger » du maire sortant, « y compris dans son ancienne équipe ». Mais aussi du soutien des Écologistes qui étaient sur la liste de Jecilla Regad (LFI) au 1er tour, dont Nicolas Koukas (PCF) a salué la « belle campagne de gauche ».

    De gauche, comme Fernand Fournier, dont Nicolas Koukas a souhaité « rappeler qui il était : un résistant, cheminot, mort en déportation ». Une précision utile face au discours du maire sortant, qui fait feu de tout bois sur le communiste et son équipe. « Des dangereux bolcheviques avec un couteau entre les dents ! » caricature Nicolas Koukas, qui se dit « fier de nos parents et grands-parents qui ont chassé les nazis eux-mêmes en 1944 et ont mené tant de combats depuis ».

    Plus que l’anticommunisme primaire, le candidat pointe « les intimidations » sur des agents communaux de la part du maire sortant, les « divisions systématiques » au sein de « l’ancien monde en déroute » du « candidat macroniste » qui a été jusqu’à « faire pression sur Jean-Michel Jalabert pour qu’il se retire, en appelant jusqu’à Jean-Pierre Camoin, ancien maire de droite (RPR) dans les années 1980 pour ce faire ». « Quel spectacle, quel cirque nous offre-t-il après nous avoir tant critiqué tout le mandat ? Comment avoir confiance en un homme pareil ? Notre ville mérite mieux » tranche Nicolas Koukas.

    « Notre devoir est de mettre fin au système De Carolis » lance-t-il, y opposant « l’urgence de la démocratie participative pour rendre Arles aux Arlésiens » et « refuser les décisions prises entre amis ou dans un bureau fermé ». Mais aussi « Les 12 millions d’euros que nous allons dédier à l’éducation et aux écoles, la lutte contre l’habitat indigne » entre autres mesures que Nicolas Koukas espère faire gagner par le « réveil de la flamme populaire pour une ville plus humaine, chaleureuse et prospère ».

    La chaleur, elle, était déjà là.

  • [Entretien] Christèle Lagier : « Le RN s’enracine sur la base d’électeurs de droite »

    [Entretien] Christèle Lagier : « Le RN s’enracine sur la base d’électeurs de droite »

    La Marseillaise : Le score du RN lors de ces municipales acte l’enracinement du parti dans la région ?

    Christèle Lagier : Il traduit l’implantation de longue date de ce parti sur un certain nombre de territoires du sud-est. Ce n’est pas si surprenant concernant Marseille quand on regarde les résultats des dernières législatives, le territoire était partagé. Ce qui s’est accentué sur ces élections, c’est une forme de recomposition politique actée au local qui a commencé en 2017, avec la non-qualification du candidat de droite lors de l’élection présidentielle. Le RN consolide aussi son enracinement sur la base d’électeurs de droite.

    L’extrême droite a, ici, remplacé la droite républicaine ?

    C.L. : C’est très net sur les territoires du Vaucluse sur lesquels je travaille. Je l’avais observé sur Avignon lors des départementales de 2011, où on avait une baisse significative des scores de la droite républicaine et une croissance des scores FN. Ça s’était confirmé sur les municipales de 2014. Quand on réalise des entretiens avec des électeurs du RN et de la droite, on voit très bien comment se discute collectivement dans les groupes, les familles, les socialisations immédiates, le fait de voter pour la droite ou l’extrême droite. Ces électorats font des allers-retours depuis des années selon les élections. Là, il y a un effet de renforcement très net qui vient évidemment des recompositions qu’on peut observer au national et se traduisent localement.

    À Marseille, Martine Vassal a-t-elle été sanctionnée pour ses positionnements droitiers ?

    C.L. : Les municipales sont des élections intermédiaires dans lesquelles les électeurs sanctionnent aussi le pouvoir national. Martine Vassal paye la confusion de son positionnement. Elle n’est ni vraiment chez les Républicains, pas tout à fait chez les macronistes et en même temps, elle envoie des signaux à l’extrême droite. Le manque de clarté dans ses positions et les quelques sorties qu’elle a pu faire qui la rapprochent de l’extrême droite ne sont pas des maladresses mais des signaux envoyés à ces électeurs. C’est un jeu très difficile à jouer et une place très difficile à tenir. C’est d’autant plus hasardeux quand on a une offre politique qui est clairement identifiée à l’extrême droite comme c’est le cas à Marseille.

    Les électeurs RN votent-ils par rejet des partis traditionnels ou par adhésion ?

    C.L. : Quand on travaille sur les préférences électorales, on constate que les décisions ne se prennent pas toujours sur des considérations programmatiques. Pour avoir fait des entretiens avec des électeurs du RN, ils ne connaissent pas le programme, à part quelques idéologues. Ce parti s’appuie sur un racisme très largement diffus dans notre société française qui est structurellement raciste et s’est construite sur une histoire coloniale qui produit encore aujourd’hui un certain nombre d’effets. Le RN active ses ressorts racistes qu’il vient associer à des thématiques sociales et sécuritaires, ce qui fonctionne très bien. Il ne fait pas reculer durablement l’abstention mais progresse sur des clientèles électorales qui votaient autrefois pour d’autres partis et se sont repositionnées faute de mieux. J’ai entendu plusieurs fois « on a tout essayé, pourquoi pas eux ? ». On n’est pas sur une adhésion positive à un projet de société. La question que je pose, c’est après le RN, qu’est-ce qui se passe ? On a un champ politique fracturé et une partie des électorats qui, soit se positionnent dans l’abstention intermittente, c’est-à-dire qu’ils ne votent pas tout le temps parce qu’ils sont très défiants à l’égard de la politique, soit des électorats qui étaient plutôt situés à droite de l’échiquier politique et qui trouvent dans le RN un vote de contestation.

    Comment s’expliquent les votes en faveur de ce qu’on appelle les « brebis galeuses », comme Frédéric Boccaletti à Six-Fours ou Laure Lavalette à Toulon ?

    C.L. : Ces gens-là, sont cadres du RN, ils sont installés et font partie des figures de référence. Ce ne sont pas des brebis galeuses, c’est l’ADN même de ce parti. Si on regarde son personnel, les conditions de sa formation historiquement, les groupuscules avec lesquels il a des liens, il est clairement situé à l’extrême droite, il a un programme fasciste. Cela ne freine pas les gens pour la bonne et simple raison que ce parti bénéficie depuis de nombreuses années d’un accompagnement médiatique contribuant à expliquer que finalement, c’est un parti comme les autres. Au même moment, des tas de responsables dans le reste du champ politique s’autorisent aussi à faire de la surenchère : je pense aux propos d’Aurore Berger sur l’anti-France ou les propos du ministre de l’Intérieur sur l’État de droit. On a un personnel politique, un champ médiatique et économique qui valide idéologiquement ce parti, cela doit nous inquiéter.

    Le « front antifasciste » est la bonne position à adopter ?

    C.L. : Si on est d’accord sur le fait que le RN est un parti structurellement raciste et dangereux alors oui je pense que le créneau antifasciste est celui qu’il faut adopter. C’est là-dessus que la gauche va pouvoir rassembler mais ça ne suffit pas. Elle doit arrêter de se préoccuper seulement des questions sociétales et revenir sur des questions de fond, qui sont sociales, d’augmentation des salaires, de défense des conditions de travail, et qu’elle défende des catégories qui votaient pour elle autrefois. C’est celles qui se sont détournées parce qu’elles ont eu le sentiment qu’on avait une gauche de gouvernement qui s’alignait sur des politiques de droite. Quand la gauche est unie et que l’offre politique est claire ça marche, on l’a vu sur les législatives de 2024.