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  • Pour une mode écolo et responsable sans culpabiliser

    Pour une mode écolo et responsable sans culpabiliser

    La Fabulerie (1er) a ouvert ses portes vendredi 27 mars pour une après-midi dédiée à de la sensibilisation sur l’impact environnemental de la surconsommation dans l’industrie textile. Portée par Sarah Saadi, de la fédération L’Air et Moi, le projet « Slow Fashion Climat » a organisé l’événement pour restituer et prolonger des ateliers organisés les 7 et 8 mars, autour de la mode « responsable et de ses enjeux écologiques et sociaux ».

    Des ateliers intimistes pour mieux échanger

    Quelques semaines plus tôt, une vingtaine de participants, s’étaient réunies dans un format volontairement restreint. « J’ai voulu des événements assez intimistes pour se concentrer sur la qualité plutôt que la quantité », précise Sarah Saadi. Au programme : jeux pédagogiques, discussions et atelier d’upcycling encadré par des couturières. Les participants ont, à cette occasion, transformé des vêtements usagés en nouvelles pièces.

    Ces ateliers ont aussi donné lieu à des échanges approfondis. Un temps de discussion initialement prévu pour 30 minutes s’est prolongé plus d’une heure. « Tout le monde voulait débattre sur leur mode de consommation, c’était sans jugement », souligne la coordinatrice du projet.

    Montrer plutôt que culpabiliser

    Vendredi, l’objectif était d’élargir le public et de rendre visible ces initiatives. Les créations issues des ateliers ont été exposées, accompagnées de photo « avant-après ». Des versions plus courtes des activités ont également été proposées pour permettre à chacun de participer. « Aujourd’hui, on espère toucher un plus grand nombre, c’est ouvert à tout le monde », affirme Sarah Saadi. L’approche se veut accessible et non culpabilisante : « Il ne s’agit pas de dénoncer, mais d’insuffler des bonnes pratiques ». Une philosophie qui se retrouve dans les retours des participants. Pour Aïcha, l’événement « permet de rassembler autour d’une thématique importante ». Elle rappelle que la facilité d’accès à des vêtements bon marché fait souvent oublier les conséquences environnementales et sociales des achats…

    Du côté de l’organisation, le bilan est encourageant. Hassnaa, bénévole en service civique, observe une évolution des mentalités : « Les gens sont conscients de l’impact de la fast fashion et essaient de faire des efforts, même si ce n’est pas toujours facile ». Pour Sarah Saadi, le message est clair : changer ses habitudes de consommation est un processus progressif. « Il ne faut pas culpabiliser. C’est un chemin, étape par étape », assure-t-elle. Chaque petite action compte. Même si elle paraît insignifiante, mises bout à bout avec d’autres, elle peut avoir un réel impact ».

  • Un Festival de Pâques pour tous, entre musique et devoir citoyen

    Un Festival de Pâques pour tous, entre musique et devoir citoyen

    Un festival ou se mêlent excellence musicale, réflexion et devoir de mémoire. Créé en 2013 par le violoniste Renaud Capuçon et le directeur général du Grand Théâtre de Provence, Dominique Bluzet, la 13e édition du Festival de Pâques, après un concert d’ouverture samedi soir, a été officiellement lancé dimanche au Camp des Milles.

    Dans le cadre de Musique en Partage, une partie de la programmation vise aussi à amener la musique classique aux publics éloignés. Ce dimanche, le coup d’envoi du Festival de Pâques s’est voulu aussi réflexif avec des discussions sur musique et démocratie. Des personnalités issues de la culture, comme du monde politique, se sont retrouvées autour d’une série des tables rondes pour interroger « le rôle de l’art dans la démocratie, le lien entre mémoire, engagement spirituel responsabilité sociale et devoir de mémoire ».

    Musique, société, débats

    Salle comble, pour écouter des intervenants tels que Jacques Attali, économiste, écrivain, et conseiller politique sous François Mitterand, Bernard Foccroulle, directeur du Festival d’arts lyriques de 2007 à 2018, Delphine Horvilleur, rabbin et écrivaine, mais aussi Laurent Berger, directeur de l’Institut mutualiste pour l’environnement et la solidarité au sein du Crédit Mutuel alliance fédérale. Lorsqu’il retrace la naissance du Festival de Pâques, Dominique Bluzet rappelle qu’« on a voulu réfléchir à cette idée de comment, pendant la Renaissance italienne, puis ensuite un certain nombre de compositeurs, se sont adressés à Dieu et ont permis aux citoyens, à travers un artiste de pouvoir dialoguer avec le divin. Ce rapport entre le sacré, l’artiste et l’individu est essentiel surtout dans un lieu où les gens sont arrivés ici, vivants, en se disant qu’ils allaient mourir et se demandant ce qui allait se passer après la mort. » Sous le toit de cette ancienne tuilerie, nombreux sont les opposants politiques, intellectuels et artistes à avoir résisté par la culture, puis les citoyens Juifs, avant d’être déportés vers les camps d’extermination. « Ici, nous sommes dans un lieu qui nous rappelle notre devoir de vigilance. On sait aussi qu’ici, dans l’adversité, l’art a su incarner la résistance et l’espoir », ajoute Daniel Baal, président du CIC, partenaire fondateur. « Cette éducation de prise de conscience à la responsabilité citoyenne (…) ne serait pas complète sans ce supplément d’âme qu’apporte la culture », ajoute Alain Chouraqui, président de la Fondation du camp des Milles. « Nous touchons à l’intemporel, et c’est quelque chose qui doit, quoi qu’il arrive, nous inciter à la vigilance, à l’action, mais aussi à la confiance. » Suit un long moment de discussion entre Bernard Foccroulle et Jacques Attali. « La fonction de la musique est de donner du sens au bruit, le bruit étant une réalité ou une métaphore de la violence, et la musique en donnant du sens au bruit transforme le bruit de violence en ordre, dans le sens de pacification. C’est en cela, que la musique rend beau et sacré », décrit Jacques Attali.

    « Regarder derrière

    mais aussi le présent »

    Le sacré dans la musique, la relation à la musique et sa signification… autant d’axes pour comprendre le rôle de la musique dans nos sociétés. « À une époque ou il semblerait qu’on soit en voie d’abandonner les droits humains, y compris au sein des démocraties, que peut la musique ? », pose Alain Cabras, modérateur des débats. « Il me semble que ce lieu, aux résonances très fortes, nous oblige à regarder derrière, nous mais aussi à regarder aussi le présent et à dire avec la plus grande force, notre effroi quand à ce qu’il se passe aujourd’hui dans un très grand nombre de lieux à travers le monde, et en particulier à Gaza (…) il est important que la question des droits humains, nous la traitions de partout », prévient Bernard Foccroulle.

    « J’aurais aimé que vous dénonciez de la même façon les crimes commis par le Hamas, cela aurait été plus équilibré, on aurait pu dénoncer ce qu’il se passe au Soudan, au Myanmar… et de ne pas pointer toujours une responsabilité qui est beaucoup plus complexe que la caricature que nous lui donnons », réplique Jacques Attali.

    Pour en revenir à la musique : « Les humains, quand ils sont confrontés à la musique, ont une consommation des valeurs mais en même temps une espérance, parce que oui, l’humain est capable de faire ça », poursuit l’intellectuel.

  • Double culture d’un enfant de la République à Marseille

    Double culture d’un enfant de la République à Marseille

    On me demande souvent : “Issam, d’où tu viens ?” Ben moi je dis que je suis Charentais. On me répond : “Non, mais avant d’être Charentais ?” Bah, je dis que j’étais pas né », raconte Issam Rachyq-Ahrad dans Ma République et moi. Un seul en scène dans lequel cet auteur et comédien se dévoile du 1er au 8 avril à la Criée. Remontant le fil de sa vie, il invite surtout le public à entrer dans les pas de sa mère, cuisinière dans un hôpital et arrivée du Maroc à 16 ans qui, lorsqu’elle « décide de porter le foulard, suscite une gêne, voire de la honte » chez lui.

    « Trait d’union »

    « Je dois beaucoup au théâtre public dont la découverte a contribué à ouvrir ma vie. Un trait d’union, un ciment propre à souder l’enfant que j’étais à la personne que je suis. Ma double culture, mon éducation ont trouvé le moyen de s’exprimer », rappelle Issam Rachyq-Ahrad, qui dresse un portrait tendre et drôle de sa mère. Son spectacle a été déclenché en 2019, « lors d’une séance du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté », lorsqu’un élu du RN « a violemment pris à partie une femme voilée qui accompagnait des élèves lors d’une sortie destinée à les sensibiliser aux valeurs de la République ». Échangeant constamment avec les spectateurs pendant Ma République et moi, il se joue des stigmatisations pour surmonter ses propres fêlures. « Est-ce qu’il y a des gens qui parlent arabe pour traduire ? », les interpelle-t-il entre autres. « Parce qu’il y aura beaucoup d’arabe dans le spectacle. Enfin, de la langue arabe, rassurez-vous. »

    P.A.
  • Festival de Pâques : cinquante bougies pour les Lillois

    Festival de Pâques : cinquante bougies pour les Lillois

    Le concert d’ouverture
    du Festival de Pâques,
    au Grand Théâtre de Provence, lançait samedi soir la quinzaine musicale qui place désormais, depuis 13 éditions, Aix-en-Provence à la proue du monde culturel européen. Invité d’honneur de cette nouvelle édition, l’Orchestre national de Lille, qui fête cette année son cinquantième anniversaire, était dirigé par le jeune chef américain Joshua Weilerstein.

    Le programme, se centrait en première partie autour du très lyrique Concerto pour violon de l’Américain Samuel Barber, enflammé par Renaud Capuçon et de la découverte de la compositrice française Elsa Barraine et de sa Symphonie n° 2 Voïna (la Guerre en russe) composée en 1938.

    Architecture transparente

    La deuxième partie offrait une première symphonie Johannes Brahms tout en clarté. On ne cesse, fort heureusement, de remettre nombre de compositrices à leur juste place dans les histoires de la musique, décidément bien masculines. Elsa Barraine (1910-1999), engagée au Parti communiste, fut une résistante au nazisme. Sa deuxième symphonie, composée en réaction aux accords de Munich, est une œuvre dense et ramassée, colorée et vigoureuse.

    Le concerto de Barber, jugé « injouable » par son commanditaire -le fils violoniste d’un marchand de savon- semble un jeu d’enfant, sous l’archet brûlant de Renaud Capuçon. Le presto final est harassant de difficultés techniques et rythmiques, avec son « perpetuum mobile » à couper le souffle. Renaud Capuçon, lui aussi sémillant quinqua, prouve, si cela était encore nécessaire, qu’il est définitivement un immense interprète, sensible et fougueux. Joshua Weilerstein, aujourd’hui directeur artistique de l’Orchestre de chambre de Lausanne, relit la première symphonie de Brahms à la lumière viennoise, tout en architecture transparente et en tempi allègres. L’orchestre de Lille que Jean-Claude Casadesus a conduit à l’excellence, méritait bien qu’on lui souhaitât un des plus chaleureux anniversaires qui fût.

  • [Cinéma] « Votre humanité,c’est votre résistance »

    [Cinéma] « Votre humanité,c’est votre résistance »

    C’est en 1988 que Nour (Muhammad Abed Elrahman) a été grièvement blessé par une balle de l’armée israélienne. Un adolescent plein d’énergie qui court dans le dédale des rues en Cisjordanie occupée. La première intifada ou révolte surnommée la « guerre » des pierres. Hanan, sa mère, face à la caméra, s’adresse à l’adulte transplanté du cœur et retrace la série d’événements qui ont conduit à ce moment tragique : « Vous ne savez pas grand-chose de nous. Je veux vous dire qui est mon fils. »

    1948, Jaffa. Sharif (Adam Bakri) est un agrumiculteur. C’est un père heureux qui partage des moments de complicité avec Salim, son fils de 10 ans. Dans ce verger multiséculaire baigné par le soleil, la poésie arabe est omniprésente. Une langue qui exalte l’attachement pour cette terre mêlée aux embruns de la mer. Mais les milices sionistes les chassent violemment de leurs terres. C’est le début de la Nakba. Sharif et sa famille sont contraints de vivre en Cisjordanie occupée. Des réfugiés dans leur propre pays.

    1978, dans les camps, les Palestiniens se comptent par milliers. Salim (Saleh Bakri) est instituteur à Naplouse. La famille est soudée malgré les dures épreuves qu’elle traverse. Sharif, qui vit avec eux, est hanté par la rapidité à laquelle son peuple a été effacé de la mémoire. Lors d’un couvre-feu imprévu, Salim se fait affreusement humilier devant son fils Nour par un groupe de soldats israéliens. Une scène qui changera radicalement le rapport père-fils. Nour, dix ans plus tard, deviendra cet adolescent rebelle qui met sa vie en jeu face aux tirs à balles réelles des soldats israéliens.

    Le film explore le traumatisme, l’escalade de la violence vécue par chaque génération, qu’elle soit physique, psychologique, administrative et bureaucratique. Une violence qui impacte les relations familiales. Un récit déchirant qui aurait pu se passer d’une musique faite de violons, cello et autres instruments pour accompagner cette fresque tragique suffisamment explicite. La réalité d’un peuple trop rarement montré sur plusieurs générations, se décline sans cliché dans son quotidien. La réalisatrice qui incarne Hanan est américano-palestinienne. Elle-même issue d’une famille d’exilés, elle s’est inspirée de l’histoire de son père : « Je connais la façon dont les médias occidentaux nous déshumanisent. Je voulais que ce film puisse parler au public occidental et montrer notre humanité. » Tandis que les médecins tentent de sauver Nour, Salim et Hanan sont face à un dilemme terrible. Une brèche s’ouvre vers une humanité possible qui les aidera à donner du sens à leur douleur. Ce qu’il reste d’eux.

    « Ce qu’il reste de nous »,
    de Cherien Dabis.

    Sortie le 11 mars (2h25).

  • La tension sur le logement social au plus haut niveau

    La tension sur le logement social au plus haut niveau

    Jamais les demandes de logements sociaux n’auront été aussi élevées en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Selon le bilan des attributions publié le 12 mars dernier par la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), quelque 256 893 familles y sont désormais en attente d’une attribution à la date du 31 décembre 2025, dont près des trois quarts qui résident encore dans le parc privé. Soit l’équivalant, au total, de près du double du nombre de ménages recensés dans la seule ville d’Aix-en-Provence.

    De quoi donner l’ampleur du phénomène. Leur nombre a explosé au fil de la décennie, avec aujourd’hui quelque 116 000 demandes de plus qu’en 2016 (+ 81%), seule l’année de la pandémie de Covid ayant enregistré une baisse au milieu de cette hausse continue. En première ligne, les Bouches-du-Rhône
    – et pour l’essentiel la métropole Aix-Marseille – représentent à elles seules près de la moitié de ces demandes, 117 000 au total, loin devant les Alpes-Maritimes (60 000), le Var (48 000) ou le Vaucluse (22 000). C’est que dans la région, environ 70% de la population est éligible au logement social, et même plus des trois quarts des habitants de Marseille. Pour la plupart, ils pointent comme premier motif pour accéder au parc social un logement inadapté (44%), des raisons familiales (17%) ou professionnelles (9%). Mais surtout, ils sont plus de 18 000 à faire leur demande parce qu’ils ont perdu leur logement, et plus de 13 000 qui pointent les mauvaises conditions de leur logis actuel.

    Deux ans d’attente

    À chaque fois, il y a l’attente. En moyenne dans la région, ceux qui ont signé le bail de leur logement social en 2025 patientaient déjà depuis plus de deux ans. Un délai qui en une seule année a augmenté d’un mois et deux semaines environ. Dans les Bouches-du-Rhône, cette attente dure presque trois mois de plus.

    L’objectif de production de logements sociaux a pourtant été atteint l’an passé dans la région, avec quelque 8 500 agréments accordés en 2025 dont près d’un tiers pour la seule métropole Aix-Marseille. En comptabilisant la reconstitution de l’offre, pour compenser les destructions des grandes opérations de renouvellement urbain, pour la première fois depuis 2019 la barre des 10 000 nouveaux logements sociaux sur une année est franchie.

    Mais cela ne suffit pas, et face à l’afflux des demandes dans un contexte de crise du logement qui continue de s’aggraver, le système est complètement embolisé. Les mutations, soit un quart de l’ensemble des demandes restent coincées dans les tuyaux, bloquant des familles dans des logements inadaptés, parfois trop grands – la moitié des demandes concernent des personnes seules – souvent trop petits aussi pour les familles. Il faut ainsi attendre plus de 28 mois avant d’obtenir un T5 ou un T6. Et sans cette mobilité interne, les attributions restent trop souvent bloquées : depuis 2021, le nombre de signatures de baux diminue.

    En attendant la carence

    La tension sur le parc social atteint ainsi des niveaux records : on compte désormais au 31 décembre 2025 quelque 11,67 demandes pour une seule attribution dans la région, soit une demande de plus qu’en 2024. Derrière les Alpes-Maritimes (16,45 demandes par attribution), ce sont les Bouches-du-Rhône qui sont les plus touchées (13,29), suivies du Var (9,88). Et derrière ces chiffres, la réalité de l’habitat indigne de toutes ces personnes qui, faute de solution, se tournent vers le logement social « de fait », alors que la production de logements sociaux se heurte aux réticences de maires.

    La prochaine réunion du comité régional de l’habitat et de l’hébergement (CRHH) est donc attendue par les acteurs du logement, avec en ligne de mire de nouveaux avis de carence pour les communes n’atteignant pas les 25% de logements sociaux imposés par la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain). Et de nouvelles amendes à la clé.

  • Lila Desjardins, première femme maire de Peyruis

    Lila Desjardins, première femme maire de Peyruis

    Être la première femme à occuper ces fonctions, qui plus est une femme issue de l’immigration, me remplit de fierté et montre avec force à quel point Peyruis est une commune tolérante, juste et accueillante, qui rassemble plutôt qu’elle ne divise, comme certains voudraient le faire croire », a déclaré Lila Desjardins en regardant en direction des deux nouveaux élus RN du conseil municipal. La nouvelle maire a également tenu à s’adresser à sa petite-fille, présente lors du conseil d’installation : « Je veux lui dire que, si naître fille est plus simple aujourd’hui, le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas terminé. Le chemin est encore long. Je lui souhaite de devenir elle aussi cheffe de son village, mais elle a beaucoup plus d’ambition que moi, puisque son village, c’est Lyon ».

    Seule candidate au poste de maire, Lila Desjardins a été élue par 18 voix contre cinq bulletins blancs, équivalents aux cinq sièges de l’opposition.

    « Opposition constructive »

    L’ancien maire, Patrick Vivos, qu’elle a largement battu dimanche dernier, a pris la parole pour lui souhaiter « beaucoup de courage » et promettre une « opposition constructive ». Les deux nouveaux élus RN n’ont eux pas demandé la parole.

    L D.

    Les adjoints

    Premier adjoint, Joël Mercadier, directeur d’ASA. 2e adjointe, Chantal Michel, cadre de la fonction territoriale. 3e adjoint, Frédéric Julien, agent territorial. 4e adjointe, Françoise Crest, professeure de français. 5e adjoint, Hafid Essaidi, retraité. 6e adjointe, Floriane Idini, agent immobilier.Les délégations seront attribuées lors du prochain conseil municipal qui se tiendra le 14 avril.

  • Julien Di Benedetto élu maire de Digne à l’unanimité

    Julien Di Benedetto élu maire de Digne à l’unanimité

    Patricia Granet-Brunello, maire sortante (DVG) de Digne-les-Bains, a remis avec émotion son écharpe de maire à son successeur, Julien Di Benedetto, samedi matin. « Cette victoire est belle, c’est celle de la jeunesse », a-t-elle lancé avant d’évoquer « le défi » de l’hôpital. Elle a aussi rendu « hommage » à son ex-premier adjoint, Francis Kuhn, qui s’était désisté au second tour de l’élection municipale après le soutien de la maire sortante à Julien Di Benedetto plutôt qu’à lui au soir du premier tour. « Cher Julien, je sais que tu sauras porter cette responsabilité avec sérieux et dignité », a-t-elle dit à son jeune successeur.

    Seul candidat en lice pour le fauteuil de maire, Julien Di Benedetto a été élu à l’unanimité par les 33 votants du conseil municipal. « C’est un honneur », « cette confiance m’honore et m’oblige », a réagi le nouveau maire. Il a affirmé vouloir « répondre rapidement aux besoins de la ville », insistant notamment sur la sécurité, la tranquillité, le renforcement de la police municipale, le centre ancien, le conservatoire en piteux état et l’hôpital.

    Des liens avec la Région

    « Désormais, nous pourrons compter sur l’aide de la Région qui regarde avec attention ce qui se passe à Digne. Comptez sur moi pour rattraper la dette due à notre ville », a-t-il assuré. Le candidat s’était montré proche de figures locales de la majorité régionale, notamment du maire DVD de Forcalquier David Gehant qui l’avait soutenu pendant sa campagne. « La tache est immense et le défi colossal, mais les Dignois ont clairement indiqué ce qu’ils voulaient au cours de cette élection municipale qui était la plus importante depuis plus de 30 ans ». Le nouveau maire a salué sa famille, présente dans la salle, et plus particulièrement son grand-père, « arrivé en France il y a 74 ans » depuis l’Italie, qui avait du mal à essuyer toutes ses larmes au premier rang dans l’assistance.

    Le conseil municipal d’installation s’est tenu sans Gilles Chalvet et sept de ses colistiers qui ont annoncé leur démission et ont été remplacés par d’autres élus de leur liste. Leur nouveau chef de file, Pascal Rovere, a brièvement pris la parole pour féliciter la liste élue et promettre d’être une force d’opposition « du centre, responsable, constructive et vigilante ». Les neuf adjoints ont ensuite été élus, parmi lesquels le benjamin du conseil municipal, Mathys Legay, 20 ans, et le communiste Gérard Esmiol. Ils ont été élus à 32 voix, le 33e bulletin ayant été déclaré nul.

    Les adjoints

    1 – Alexis Audiffred (finances)

    2 – Marie-Pierre Rinaldi (culture)

    3 – Emmanuel Couronnel (jeunesse, action sociale)

    4 – Patricia Sarracanie (éducation et bien-être animal)

    5 – Jacques Dayan (urbanisme, cadre de vie et travaux)

    6 – Myriam Sereno (centre-ville, attractivité, commerces et événementiel)

    7 – Mathys Legay (sport)

    8 – Valérie Dompnier (santé, égalité femmes/hommes, handicap, accessibilité)

    9 – Gérard Esmiol (vie des quartiers et devoir de mémoire)

  • À Avignon, Olivier Galzi élu maire lors d’une séance qui solde la campagne

    À Avignon, Olivier Galzi élu maire lors d’une séance qui solde la campagne

    Ceint de son écharpe tricolore, Olivier Galzi sent « un poids immense », partagé entre « responsabilité et humilité » au moment de s’asseoir dans le fauteuil de maire, ce samedi midi. Sans surprise, l’ex-candidat DVD a été élu premier magistrat avec 36 voix, contre 5 pour Anne-Sophie Rigault (RN), 10 blancs -la gauche n’avait pas présenté de candidat- et 2 nuls. En attendant, dès ce lundi, de se plonger dans les finances et lancer « immédiatement un audit », Olivier Galzi a souhaité tourner la page de la campagne.

    Rappelant son triptyque de priorités, sécurité-propreté-circulation, Olivier Galzi fait déjà peser un air de « rigueur » sur la dépense publique, même si ses adjoints sont augmentés (lire ci-contre). « Nous sortons d’une séquence éprouvante. Le bruit et la fureur que certains appellent de leurs vœux au niveau national ont été rejetés par les Avignonnais. La campagne est terminée, place à la ville », veut-il avancer, remerciant « Cécile Helle [maire sortante] pour son attitude républicaine exemplaire ». « J’espère que l’opposition saura s’en inspirer. Je lui tends la main pour participer, dans la sérénité, à l’œuvre de redressement », poursuit-il.

    Mais il faudra plus que cette tonalité de promesses pour tisser une relation de confiance dans l’assemblée. Car l’opposition de gauche avait besoin de faire un solde de tout compte de cette campagne. S’il « félicite » Olivier Galzi, David Fournier (PS), arrivé second, tient à « revenir sur cette campagne qui a été rude, inélégante et diffamatoire », estime-t-il, sous quelques huées de l’assistance. Accusation de sang sur les mains, d’être antisémite, photo sur les réseaux sociaux d’un homme urinant sur son affiche, maison dégradée par deux fois… David Fournier se livre à un exercice cathartique. L’ex-adjoint évoque aussi son triptyque, solidarité-services publics-écologie. « Nous
    serons vigilants à la place
    que vous accorderez aux 11
     000 Avignonnais qui ont soutenu Ensemble et solidaires », prévient-il.

    « Porosité et vote utile »

    Mathilde Louvain (LFI), dont la liste avait fusionné avec celle de David Fournier, est déjà entrée de plain-pied dans le mandat. « Comptez sur notre attention permanente et nos valeurs humanistes », assure-t-elle, « heureuse d’avoir entendu que vous tourniez la page de la division ». Et d’inciter fortement Olivier Galzi « à s’engager dans le combat pour défendre les écoles publiques où une dizaine de classes sont menacées de fermeture ». Mouloud Rezouali (les Écologistes) a remis sur le métier sa marotte de la gratuité des transports et dénonce « la porosité avec un grave transfert de suffrages » lors du second tour.

    Allusion à la très forte progression de voix d’Olivier Galzi quand l’extrême droite en perdait 800. Si le nouveau maire parle « probablement de beaucoup d’électeurs socialistes », Anne-Sophie Rigault (RN) dément. « Vous avez été élu par un vote utile, pas d’adhésion qui vous appelle à la plus grande humilité », met en garde celle qui entame un 3e mandat d’opposante.

    Bien plus douce qu’à l’accoutumée, Anne-Sophie Rigault s’attribue une partie de la victoire, reprenant à son compte le terme « d’alliance de la honte [LFI-PS] » brandi par Olivier Galzi dans l’entre-deux tours. « Avignon a échappé au pire, vous avez identifié les mêmes priorités que nous depuis longtemps », remercie presque l’élue RN. Ce qui fait dire à un élu de gauche à l’issue de la séance : « Anne-Sophie Rigault s’est installée en 2e majorité. »

    L’indemnité des élus fait tiquer la gauche

    Ultime délibération, la fixation des indemnités des élus a fait tiquer Fabrice Tocabens (PS), ex-adjoint de la majorité précédente. « Certains adjoints ont une augmentation de 35%, même si vous baissez de 14% votre indemnité de maire, la hausse globale est de 25%, soit 11 000 euros par mois l’équivalent de 2 policiers municipaux », note-t-il en dénonçant « un choix cinglant quand tant de Français ont du mal à boucler leurs fins de mois ». Là où les adjoints percevaient environ 1 200 euros bruts, ce sera désormais 1 726 euros bruts. Le maire est à 5 631 euros bruts, les élus avec délégation 904 euros et ceux d’opposition, à 246 euros. Un choix assumé par Olivier Galzi : « Beaucoup ont pris un engagement pour réduire leur activité professionnelle, il me semblait juste de leur envoyer un signal face à l’exigence qui est énorme. » La gauche a voté contre, le RN pour. F.C.

  • Une bonne gauche pour s’opposer au RN à La Seyne

    Une bonne gauche pour s’opposer au RN à La Seyne

    Beaucoup de monde ce samedi matin en salle du conseil municipal pour assister à l’élection du maire RN, Dorian Munoz, et de ses adjoints. Avec de nombreux soutiens hargneux de la nouvelle équipe venus jouir de la concrétisation de leur victoire en séance publique, mais aussi des partisans de gauche soucieux de voir comment la résistance politique à l’extrême droite s’organise à la Seyne-sur-Mer, ancienne ville de gauche. Dans sa prise de parole, très attendue, Stéphane Sacco (GRS) pour le groupe Alternative progressiste – qui regroupe à ses côtés Brigitte Cheinet (PCF), Cédric Turco (PCF) et Florence Guaddacha (GRS)- explique que « ce n’est pas un jour comme les autres ». « Aujourd’hui, nous faisons face à un basculement grave, lourd de conséquences pour notre ville, pour son histoire, pour son avenir », commence-t-il. Il souligne que le résultat du scrutin ,tout indiscutable qu’il soit, n’est pas un blanc-seing donnée à la nouvelle majorité. Et de rappeler que « des milliers d’habitants ont choisi une autre voie, celle de la justice sociale, de la solidarité et de la dignité républicaine », que les élus de gauche entendent bien défendre dans cette assemblée tout au long du mandat.

    « Le combat ne fait

    que commencer »

    Un puissant soutien populaire qui oblige et donne une légitimité pleine et entière pour porter une voix forte dans ce conseil. Stéphane Sacco poursuit en s’adressant au maire : « Nous serons une opposition sans concession. Une opposition ferme, déterminée, et vigilante à chaque instant ». Une extrême vigilance sera portée, insiste Stéphane Sacco, sur les tentatives de division de la population. « Nous serons là chaque fois que vous chercherez à opposer les habitants entre eux », tempête-t-il. Mais aussi sur les velléités de fragiliser le tissu associatif se manifesteront.

    « Socle de l’égalité »

    L’occasion aussi de rappeler au nouveau venu l’histoire sociale de l’ex-cité industrielle qui en conserve encore dans ses tripes la mémoire : « Une terre ouvrière, forgée par le travail et les luttes sociales des chantiers navals qui a vu des générations construire, produire et se battre pour leurs droits et pour la dignité ». Avec des idéaux encore ancrés, malgré le naufrage actuel, dans les valeurs de solidarité, de progrès social et de défense des services.

    Le groupe de gauche met donc en garde : « Les écoles, les crèches, les centres sociaux, les équipements culturels et sportifs, les services de proximité, les agents qui les font vivre au quotidien… Tout cela constitue le socle de l’égalité et de Fraternité républicaines. Nous nous opposerons à toute tentative de les affaiblir, de les privatiser, de les rendre inaccessibles ».

    Une fois élu premier magistrat RN, Dorian Munoz a tenu un discours trés policé en promettant que « le temps du rassemblement commence » et qu’il voulait être « le maire de tous les Seynois, sans distinction, sans exclusion, sans division ».

    Dont acte…

    Les adjoints

    1 – Thierry Tidona

    2- Isabelle Delyon

    3-William Khalifa

    4- adjointe Nadine Garcez

    5- Henri Gabriele

    6-Sarah Chéreau

    7-Lionel Estivant

    8-Dorothée Bertrand

    9-Mathieu Perchoc

    10-Marie France Philipon

    11-Jonathan Roth

    12-Manon Manacorda

    13-Philippe Le Sausse

    14-Cécilia Demanger

    15-Jean-Claude Houlné

    Adjoints de quartier :

    Fadila Bouzidi

    Francis Gouley

    Annie Heyse