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  • Avant la plage, arrêt sécurité avec la CRS autoroutière

    Avant la plage, arrêt sécurité avec la CRS autoroutière

    À quelques jours d’un week-end chargé dans le sens des retours a déjà prévenu Bison Futé, la CRS autoroutière de Provence reste comme toute l’année sur la brèche. En ce mercredi matin, les agents se préparent à installer un point de contrôle sur l’A55, à la sortie de Carry-le-Rouet. Un « axe Marseille-Côte Bleue très fréquenté en cette période », la route de la plage, explique lors du briefing au PC Nord leur commandant, Rémi Labedade. Il s’agit de faire dans « l’aléatoire », avec dépistage de stup’ si nécessaire et vérification des permis, identités et assurances. « Je vous demanderai aussi de rappeler à ceux qui fument que jeter son mégot par la fenêtre est très dangereux en ce moment », ajoute la préfète de police déléguée, Corinne Simon.

    Sur site, il suffit de quelques minutes pour que les CRS fassent mouche. Comme ce scootériste fosséen, 46 ans, qui présente un défaut d’assurance. Il reconnaît volontiers n’avoir pas réglé sa facture depuis mai. Son véhicule immobilisé, il pourra repartir après s’être réassuré par téléphone et moyennant une amende de 600 euros qu’il tentera de marchander. Un motard, au permis suspendu pour excès de vitesse supérieur à 50 kilomètres heure se fait prendre aussi. Il avait juste « envie d’aller à la mer ». Des conducteurs de deux-roues, tous en shorts et tee-shirts, à la merci de la moindre chute s’inquiète la préfète.

    Balade en famille

    sous cocaïne et cannabis

    « Il fait chaud certes mais nous sommes là aussi pour rappeler les bons gestes », estime-t-elle avant de détailler les chiffres de la sécurité routière. « 12% de moins d’accidents depuis janvier avec 6% de moins de blessés, mais un mort de plus avec 59 tués contre 58, l’an dernier. Ce qui veut dire que les accidents sont beaucoup plus violents. Quand on regarde sur les 59 personnes qui ont perdu la vie, nous avons 40% de deux-roues », indique-t-elle.

    Le commandant Labedade pointe lui cette « banalisation de certains délits routiers » avec des « gens qui ne se rendent pas compte, qui considèrent qu’ils conduisent bien et ne tiennent pas compte des autres ». Comme cette petite famille dont les enfants ne sont pas attachés à l’arrière. Arrive un exemple encore plus flagrant avec ce couple et leurs deux gamins. Le conducteur a son permis déjà suspendu et a consommé de la cocaïne et du cannabis. Le papa va partir en garde-à-vue, la maman au volant, sous le regard des petits qui pleurent.

    La conduite sous stupéfiants, souvent « le joint de la veille », est monnaie courante assurent les CRS. Lors des contrôles du soir, s’ajoute l’alcool, consommé lors du pique-nique à la plage, et la nuit, les « Fangio » qui se piquent de pointes à 180 kilomètres heure pour une vitesse limitée à 70. Entre Marseille et Toulon, quelque 260 CRS veillent toute l’année sur les axes autoroutiers.

  • De grands travaux sur la ligne emblématique de la Côte Bleue

    De grands travaux sur la ligne emblématique de la Côte Bleue

    C’est une ligne qui longe l’une des plus belles côtes de Méditerranée. Sur près de 32 km, le train de la Côte Bleue offre un panorama exceptionnel entre calanques aux eaux turquoise, viaducs et petits ports, en passant notamment par l’Estaque, Niolon, Ensuès-la-Redonne, Carry-le-Rouet, Sausset-les-Pins, mais aussi Martigues, Port-de-Bouc, Fos-sur-Mer, Istres et Miramas.

    L’été, sa fréquentation explose. Sur les mois estivaux, l’augmentation atteint 66% en 2024 et 52% en 2025, d’après les chiffres de la Région Sud. L’an dernier, au mois d’août, 2,9 millions de voyageurs ont emprunté le TER. Ils étaient 1,5 million en janvier, soit une progression proche des +100%. « Le plan de transport est adapté en période estivale, avec deux trains supplémentaires dans le sens Marseille-Miramas le matin, deux trains en plus le week-end, mais aussi un renfort de capacité pour le retour des plages l’après-midi », détaille la collectivité.

    La CGT plaide pour plus de moyens humains. « La première revendication c’est de remettre du personnel dans les gares pour rouvrir des guichets, qui ont quasiment tous été supprimés depuis trois ans, appuie Christophe Morard, secrétaire général des cheminots de Miramas. On a des équipes mobiles qui vont d’une gare à l’autre, mais c’est pas suffisant, surtout l’été. Avant-hier, une personne s’est fait écraser à Istres, la circulation a été coupée. Pour renseigner les voyageurs dans ces situations-là, c’est compliqué. »

    Un viaduc reconstruit

    Le TER ne fonctionne pas qu’au retour des beaux jours. « C’est une ligne du quotidien empruntée par de nombreux travailleurs », souligne l’élu syndical, qui estime que l’offre est « adaptée », bien que de gros travaux soient à prévoir.

    Entre 2020 et 2021, 35 millions d’euros ont été investis urgemment par les pouvoirs publics (dont 19 millions par la Région) pour régénérer 26 km de voies entre l’Estaque et Carry-le-Rouet, supprimer les ralentissements, et rétablir une desserte équivalente à celle de 2019 (2 TER par heure en pointe). En parallèle, SNCF Réseau a investi 11,4 millions d’euros supplémentaires pour sécuriser tunnels et versants rocheux. La modernisation se poursuit dans le cadre du Contrat de plan État-Région 2021-2027, avec une nouvelle enveloppe de 48 millions d’euros financée à parts égales par l’État, la Région et la Métropole. D’ici 2030, environ 30 km de rails, de traverses et ballast devraient être renouvelés, les tunnels et les ouvrages d’art consolidés.

    « Situés en contrebas d’anciennes friches industrielles utilisant ou transformant des métaux lourds, les tunnels de Rio Tinto et des Riaux et le viaduc de Vauclair ont été dégradés par l’infiltration d’eaux pluviales polluées provenant de ces entreprises », explique SNCF Réseau, qui se donne l’objectif « d’empêcher la transmission de la pollution à l’intérieur des tunnels afin de garantir la pérennité des structures et de revenir à la vitesse nominale de 100 km/h (contre 40 km/h actuellement) sur le viaduc », qui sera entièrement démoli et reconstruit.

    Les travaux sont prévus à l’horizon 2028, pour environ deux ans. Compte tenu de leur ampleur, la ligne sera fermée temporairement. La concertation préalable, initialement prévue entre juin et juillet 2026, est envisagée à l’automne. Christophe Morard commente : « Ce chantier est une nécessité si on veut pas fermer la ligne. Il y a moins d’agents pour effectuer la maintenance classique, les problématiques sont remontées moins souvent, donc c’est sûr qu’on est toujours plus dans l’urgence que dans l’anticipation ».

  • Une nouvelle étude pointe les manquements passés de l’IHU

    Une nouvelle étude pointe les manquements passés de l’IHU

    Déjà en août 2023, 456 publications des scientifiques de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée avaient été épinglées au bout de deux ans d’enquête pour leurs manquements éthiques ou légaux. Mais derrière l’arbre des recherches désormais invalidées du professeur Didier Raoult sur l’hydroxychloroquine, la forêt des entorses réglementaires est encore plus étendue : dans une nouvelle étude publiée mercredi 12 août dans la revue Research integrity and peer review, les mêmes huit coauteurs ont recensé 853 publications problématiques parmi 2 674 articles scientifiques publiés par l’IHU entre 1994 et 2025, dont seulement 64 ont fait l’objet d’une rétractation et 270 corrigés. « Nos résultats montrent des problèmes avec le respect de l’éthique de recherche largement répandus et persistants au sein de la bibliographie de l’IHU Méditerranée et renforcent le besoin d’une relecture éditoriale et institutionnelle continue », expliquent-ils dans leurs conclusions.

    Obtenues grâce à la commission d’accès aux documents administratifs (Cada), 23 autorisations de recherche ont ainsi été réutilisées pour 374 publications différentes, dont l’une – l’autorisation n°09-022 pour 258 études. Onze d’entre elles ont été rétractées. Des autorisations données pour le prélèvement de selles sont ainsi citées pour des études mentionnant des prélèvements de salive, d’urine, de sécrétions vaginales… Au total, énumère l’enquête, 75 publications ont obtenu une autorisation rétroactive, 194 autres réalisées hors de France ne mentionnent aucune autorisation locale, 343 n’indiquent même pas la moindre autorisation. Selon les chercheurs, au moins 78 articles de recherche biomédicale ne respectent pas le droit français. Un rapport d’Aix-Marseille Université avait identifié 8 publications illégales, qui ont été rétractées. « Lorsque cela était nécessaire, des démarches ont été engagées auprès des éditeurs scientifiques », indique l’université à nos confrères du Parisien.

  • La présidentielle au cœur des universités d’été

    La présidentielle au cœur des universités d’été

    C’est le rendez-vous qui amorce la rentrée politique : insoumis et écologistes lancent ce jeudi, pour la gauche, la saison des universités d’été, suivis par les communistes vendredi et les socialistes la semaine suivante. Cette grand-messe réunit chaque été élus, militants et sympathisants autour de débats structurants pour les partis, des ateliers et des formations. À huit mois de l’élection présidentielle, le sujet s’impose comme central pour les différents rassemblements. D’autant que pour les forces de gauche, les stratégies divergent.

    Les Verts, eux, prévoient une soirée dès l’ouverture jeudi de leurs Journées des écologistes, « pour l’écologie, pour l’union » : « En 2027, la France fera face à un choix décisif. (…) Pour empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir et faire gagner la gauche et les écologistes, nous devons construire l’union de toutes celles et ceux qui veulent ouvrir une autre voie pour le pays », écrivent-ils sur leur site. La secrétaire nationale du parti a annoncé sa candidature à une primaire unitaire de la gauche – celle-ci étant quasi enterrée. Une enquête d’opinion interne confirme : 65,13% des votes exprimés soutiennent qu’en cas d’échec de la primaire, Marine Tondelier serait leur candidate.

    Cette option de la primaire réunissant la gauche et les écologistes était soutenue et portée par la patronne des Verts et le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Mais ce dernier a été mis en échec dans son propre camp : 55,5% des militants ont voté pour une primaire fermée, réservée aux socialistes et aux « organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste », à savoir, Place publique de Raphaël Glucksmann. La date du scrutin sera adoptée en Conseil national le 25 août, soit trois jours avant le CamPus à Blois. Ce lundi, le parti a fait un pas de plus en dédiant un site internet à son « Projet socialiste », le programme que portera son ou sa candidate.

    De son côté, le PCF, qui a reconduit Fabien Roussel à sa tête, veut porter sa propre voix en 2027. « J’ai dit que j’étais prêt, si vous le décidiez, à mener ce combat avec vous une nouvelle fois », a confirmé ce dernier dans son discours d’ouverture du 40e Congrès des communistes à Lille en juillet dernier. Les militants doivent officiellement entériner la candidature de leur secrétaire national lors d’un vote prévu le 6 septembre prochain. La question élyséenne sera évoquée lors des universités d’été à Toulouse, avec un débat entre les différentes forces de gauche samedi, et un atelier « comment faire gagner la gauche en 2027 ? ».

    Lutte contre l’extrême droite

    Pas de surprise du côté de LFI qui se projette déjà dans la campagne avec une formation dispensée lors de ses Amfis dédiée à « rechercher les 500 parrainages pour l’élection présidentielle ». Son leader, Jean-Luc Mélenchon, candidat pour la quatrième fois à l’élection suprême donnera un grand meeting ce dimanche pour clôturer l’événement à Valence.

    Si elles partent désunies, les organisations politiques affichent un but commun : empêcher l’extrême droite d’accéder au pouvoir. Car le risque n’a jamais été aussi grand de voir les prêcheurs de haine au palais de l’Élysée. Ainsi, les insoumis proposent samedi une conférence intitulée « contre l’extrême droite, la Nouvelle France contre toutes les formes de racisme ». Le même jour, les Écologistes invitent à « repenser la riposte numérique face à l’extrême droite ». Le lendemain, les communistes proposeront une analyse sur le thème suivant « extrême droite : réalités et dynamiques électorales ». Quand le PS questionnera : « Quels sont les ressorts du récit du Rassemblement national ? Comment les contrer ? », la semaine d’après.

    « Nous devons construire l’union de toutes celles et ceux qui veulent ouvrir une autre voie pour le pays »

  • Nîmes : la feria Vendanges promet le grand frisson

    Nîmes : la feria Vendanges promet le grand frisson

    À la fin de l’été, tandis que la pierre blonde des arènes retiendra encore la chaleur, Nîmes remettra ses habits de feria. Du 18 au 20 septembre, cinq rendez-vous taurins composeront les Vendanges 2026, entre grandes figuras, jeunes pousses et paris audacieux. Dévoilés le 20 juillet, les cartels veulent mêler prestige, transmission et attachement à l’amphithéâtre.

    La Corrida Carmen ouvrira le bal vendredi à 17h30. Après une première édition remarquée en 2025, ce rendez-vous entre art et tauromachie revient avec un mano a mano de haute volée entre Alejandro Talavante et Andrés Roca Rey. Les deux maestros affronteront des toros de Jandilla, Victoriano del Río et El Freixo, dans un décor confié à Muriel Goro. Installée à Lunel, la peintre, céramiste et sculptrice a puisé dans la Camargue et les couleurs méditerranéennes pour habiller cette corrida que Simon Casas rêve d’installer comme un emblème nîmois.

    « Nîmes est une plaza à part »

    Samedi matin, la relève entrera en piste. Mario Vilau, Manuel Quintana et Clovis, vainqueur de la Cape d’Or à Pentecôte, se mesureront aux novillos des Hermanos Sandoval, présentés pour la première fois en France. L’après-midi, le public retrouvera trois toreros familiers des tendidos nîmois : Sébastien Castella, José María Manzanares et Tomás Rufo, face aux toros de García Jiménez.

    Mais le pari le plus spectaculaire attendra dimanche matin. À seulement 18 ans, Marco Pérez affrontera seul six toros de différents élevages. Une encerrona qui place le jeune Espagnol dans les pas des grands noms ayant déjà relevé ce défi à Nîmes. « Nîmes, pour moi, est une plaza à part. Mon cœur y bat différemment », a-t-il confié lors de la présentation. Derrière l’exploit physique, l’affiche dit surtout l’ambition d’un torero déjà adopté par l’amphithéâtre.

    La feria s’achèvera dimanche après-midi sur une corrida française. Juan Leal, Adriano et El Rafi affronteront les Fuente Ymbro. Les deux derniers, enfants de Nîmes, restent sur leur triomphe lors de la corrida française de Pentecôte. Une clôture qui entend récompenser les résultats plus que les passeports. Entre figures consacrées, jeunesse impatiente et fidélités locales, les Vendanges promettent de faire résonner le vieux cercle romain au rythme des clarines et des ovations.

  • [Entretien] Jean-Marc Touzard, Inrae : « Je crois en la capacité d’adaptation collective »

    [Entretien] Jean-Marc Touzard, Inrae : « Je crois en la capacité d’adaptation collective »

    La Marseillaise : En quoi le changement climatique met-il l’agriculture en danger ?

    Jean-Marc Touzard : Le changement climatique ne se résume pas à une hausse des températures. Il entraîne aussi une plus grande instabilité, avec des sécheresses, des événements extrêmes et des séquences inédites, comme l’enchaînement de plusieurs vagues de chaleur ou des hivers très doux. Les plantes démarrent plus tôt, les récoltes sont avancées et le déficit hydrique s’accentue. Les fruits et les grains sont plus petits, les rendements baissent et leur composition change. Dans la vigne, par exemple, les raisins sont davantage concentrés en sucre, ce qui augmente le degré d’alcool des vins et réduit leur acidité, ce qui ne correspond pas forcément aux modes de consommation actuels.

    Qu’est-ce qui distingue la situation actuelle des aléas autrefois connus par les agriculteurs ?

    J.-M.T. : C’est à la fois l’intensité, la durée et la répétition des événements. Cet été, l’Occitanie a connu trois vagues de chaleur successives : nous savions que de telles séquences étaient possibles, mais nous les attendions plutôt vers 2030 ou 2040. Elles sont déjà là. À cela s’ajoutent des crises de marché, une baisse de la consommation de vin, des difficultés de succession et une perte de reconnaissance du métier. C’est ce que nous appelons une « polycrise » : les crises climatiques, économiques et sociales interagissent et se renforcent.

    Les ajustements déjà engagés seront-ils suffisants ?

    J.-M.T. : Il n’existe pas de solution miraculeuse. Il faut combiner plusieurs leviers : choisir des espèces et des variétés plus résistantes, mieux gérer les sols pour conserver l’eau, planter des arbres, modifier les densités de plantation ou les méthodes de taille. Il faut aussi adapter la transformation des produits, gérer les risques et parfois déplacer certaines cultures. Mais surtout, il faut agir à la fois dans l’urgence et à long terme. Les solutions de bricolage permettent de tenir quelques années, pas davantage.

    L’irrigation peut-elle suffire, ou faut-il repenser plus largement les modèles agricoles ?

    J.-M.T. : L’irrigation peut sécuriser une récolte, surtout lors d’une année extrême, mais elle ne constitue qu’une solution parmi d’autres. La ressource en eau est limitée et toutes les cultures n’ont pas les mêmes besoins : elle peut être plus stratégique pour les fruits, les légumes ou les légumineuses que pour la vigne. Il faut donc développer une irrigation économe, responsable et suffisamment flexible pour servir plusieurs productions. Plus largement, l’adaptation passe par la diversification. Cela peut signifier cultiver plusieurs cépages, associer vigne, arbres et élevage, introduire des pistaches, des grenades, des olives ou des légumineuses, mais aussi développer la vente directe, l’accueil touristique ou des services de prévention des incendies. En ne dépendant plus d’une seule production, l’exploitation répartit mieux les risques climatiques et économiques. On ne peut plus faire l’impasse sur la diversification.

    Le coût de l’adaptation menace-t-il les petites exploitations ?

    J.-M.T. : Pas forcément. Certaines réponses sont coûteuses et technologiques, mais d’autres reposent sur des pratiques simples, la coopération et le partage d’expériences. De petites exploitations peuvent rester viables grâce aux coopératives, à la vente directe, au tourisme ou à la diversification. Il faut aussi mieux rémunérer les services rendus par les agriculteurs qui passent le pas de la diversification.

    L’Occitanie peut-elle encore préserver son agriculture ?

    J.-M.T. : Cela dépendra de l’ampleur du réchauffement et de notre capacité à agir. Si le climat est stabilisé rapidement, des solutions existent encore pour la majorité des filières. Mais avec un réchauffement mondial de trois degrés, certaines productions et certains territoires seront fortement menacés. L’espoir vient des expérimentations déjà engagées sur les cépages, l’agroforesterie, la pistache, la grenade, l’olivier ou les légumineuses. Face à l’urgence climatique, nous ne pouvons pas attendre quinze ans qu’une solution soit validée. Il faut expérimenter, partager les résultats et construire l’adaptation avec les agriculteurs, les chercheurs, les collectivités et les citoyens.

  • Un enfant sur cinq privé de vacances : le Secours populaire français agit

    Un enfant sur cinq privé de vacances : le Secours populaire français agit

    Un lac, des forêts à perte de vue et surtout un endroit loin de la ville. « Chaque année, plus d’un enfant sur cinq n’a pas ce droit aux vacances », rappelle Gilles Loison, secrétaire fédéral du Secours populaire de l’Hérault. C’est tout l’enjeu de la Journée des oubliés des vacances (JOV), une opération qui permet, chaque année, à des enfants de six à douze ans de s’évader le temps d’une journée. « L’essentiel est qu’ils aient vécu quelque chose dont ils puissent parler. C’est pour cela que ces journées se déroulent souvent à la mer ou à la montagne », explique Gilles Loison. Le site, un espace de loisirs habituellement ouvert au public, sera entièrement réservé aux enfants du Secours populaire pour l’occasion.

    Les vacances, un luxe pour un Français sur trois

    Au programme : activités nautiques, sorties en bateau, accrobranche et de nombreux jeux. « L’objectif est qu’ils passent une journée entièrement consacrée au plaisir et aux loisirs », résume le secrétaire fédéral.

    Selon le Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), environ 35% des Français ne partiront pas en vacances cet été. Parmi les plus modestes, la proportion est bien plus élevée, elle s’élève à 51% des Français.

    « Si l’on revient à l’Histoire, le droit aux vacances date de 1936. Mais avoir un droit ne signifie pas forcément avoir les moyens d’en profiter. À l’époque, partir en vacances coûtait beaucoup moins cher, ajoute Gilles Loison. Aujourd’hui, les vacances représentent une dépense importante et elles ne sont plus accessibles à tout le monde. Pourtant, elles devraient être considérées comme un droit fondamental, car elles participent à l’éveil des enfants et sont essentielles à leur développement », estime-t-il. Pour mener à bien cette journée, la fédération cherche encore de nouveaux bénévoles : une dizaine à une quinzaine de volontaires supplémentaires seraient les bienvenus, tout comme des dons financiers. Ces derniers permettent de financer le transport en bus, les repas, les goûters et une partie des activités proposées aux enfants, pour de prochains événements.

  • L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    Des défaillances (570 côté employeurs, 90 chez les indépendants en 2025) et des taux d’impayés de cotisations nettement supérieurs (respectivement 2,37% et 11,51%) à la moyenne du secteur privé (0,85% et 5,3%). Ce n’est pas un scoop : le secteur des hôtels, cafés et restaurants (HCR) n’est pas le plus zélé qui soit en matière sociale.

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon affirme pourtant qu’elle peut être compréhensive eu égard aux difficultés récurrentes du secteur. À condition qu’il n’y ait « pas de distorsion de concurrence » et que « les parts salariales soient payées », des délais de paiement peuvent être accordés en cas de problèmes de trésorerie de 3 à 6 mois. En 2025, 3 200 délais de ce type ont été octroyés à 11,9% des entreprises du secteur HCR contre 6,5% des entreprises, tous secteurs confondus.

    En cas d’irrégularités, « le droit à l’erreur peut être demandé » par les entreprises « la première fois », assure le directeur Pierre Ramon-Baldié. Qui tempère : « Il faut être de bonne foi et fournir des éléments de preuve. » Dans ce cas, les sanctions (majorations, pénalités…) peuvent parfois être évitées. Sans quoi, les majorations s’élèvent souvent à environ 5% avec +0,2% par mois de retard.

    Turnover important

    Autre gage de bonne volonté de l’Urssaf vis-à-vis du secteur, son activité de conseil gratuit, notamment la première année de lancement d’une société. « Nous pouvons rendre visite pour conseiller et mener des actions de prévention contre les fraudes », illustre le directeur adjoint Frédéric Azemard, qui conseille aux entrepreneurs d’être plus attentifs. « Une déclaration préalable d’embauche doit être envoyée avant le début du contrat ! »

    Si, en Languedoc-Roussillon, le secteur HCR, qui emploie plus de 51 000 salariés (restauration 40 700 ; hébergement 10 700) est en « demande de sécurisation juridique », c’est qu’il croule sous les difficultés en raison notamment d’une main-d’œuvre volatile. Le turnover y est plus important qu’ailleurs avec 15 à 17% de CDD contre 10% dans le privé. Les horaires décalés et les conditions de travail souvent pénibles sont d’autres facteurs majeurs qui expliquent que les démissions (41%) et les fins de période d’essai (20% à l’initiative de l’employeur, 13% du salarié) sont des motifs de rupture de CDI surreprésentés comparés à l’ensemble du secteur privé.

    Enfin, le faible niveau de rémunération est un autre facteur majeur de la fragilité du secteur qui choisit souvent de s’adapter en recourant aux heures supplémentaires. Dans l’hébergement de la région, le salaire mensuel moyen brut plafonne à 2 220 euros dans l’hébergement et à seulement 1 874 euros dans la restauration. C’est loin du salaire moyen pratiqué dans le secteur privé (2 549 euros) et proche du salaire minimum « en raison de cotisations sociales faibles autour du Smic ».

    Si le secteur HCR de la région paye donc plutôt mal ses travailleurs, il est paradoxalement celui qui en a le plus besoin dans une région touristique. Si l’emploi salarié régresse légèrement (-0,3%) en Languedoc-Roussillon depuis un an, le secteur HCR est, lui, bien plus dynamique (+1,7%). Il n’y a qu’en Corse (9,2%) et en Sud-Paca (8,6%) que les hôtels, cafés et restaurants ont un poids supérieur dans l’emploi salarié (7,7% ici).

  • [C’est l’été] À la Gavotte Peyret, on cultive la vie de quartier

    [C’est l’été] À la Gavotte Peyret, on cultive la vie de quartier

    Quand on arrive dans la résidence de la Gavotte Peyret, le centre social ne s’aperçoit pas du premier coup d’œil, mais tous les habitants savent où il est. Car il est au cœur du quartier, au sens littéral et figuré, et en particulier l’été.

    Créé en 1983, dans un quartier prioritaire de la ville, le centre a toujours été ouvert l’été et permet aux jeunes et aux moins jeunes de s’occuper pendant ces deux longs mois. Car si le centre social s’occupe de la jeunesse, les seniors ne sont pas laissés-pour-compte.

    « Il y a de plus en plus de personnes âgées qui sont isolées et qui ne vont pas dans les structures traditionnelles comme les maisons du bel âge », explique Djelloul Ouaret, directeur du centre social. Des sorties ou des cafés intergénérationnels sont organisés spécialement pour eux. Cette semaine ce sont d’ailleurs les aînés qui sont partis en séjour dans les Pyrénées.

    Les minots ne sont pas pour autant en reste. Cette année, ils sont 81 à être partis en vacances : les préados dans les Alpes et les adolescents à côté du Cap d’Adge. Pour s’y inscrire, les intéressés doivent s’investir une semaine au service de leur quartier, en participant à des actions de ramassage de déchets ou repeindre des graffs. Grâce à cela, ils peuvent partir en séjour pour 20 ou 30 euros.

    S’approprier le quartier et voyager

    Des séjours qui ont permis à Emma, Hyliaa, Zahra et Jenna, 11 ans, de partir quelques jours. « Ce que j’ai préféré c’est le rafting, c’était la première fois que j’en faisais », sourit Emma. Les quatre copines viennent tous les jours au centre social « parce qu’on fait plein de choses : on est allé au Lac de Peyrolles, aux iles du Frioul, à wave land et aqualand », explique Hyliaa. Mais c’est aussi dans le quartier que les jeunes s’investissent : en faisant des fresques, des jardins partagés ou des nids pour chauve-souris.

    Aujourd’hui, c’est pour faire des crêpes et des gâteaux qu’elles sont venues. Des pâtisseries qui seront ensuite distribuées aux habitants pendant le cinéma en plein air organisé le soir même. Un événement loin d’être isolé, puisque depuis le début des vacances le centre organise régulièrement des soirées pour tout le voisinage.

    Une façon pour les jeunes de s’approprier leur quartier. Mais le centre les pousse aussi à la mobilité. « L’idée pour nous, c’est de faire découvrir d’autres lieux, car on n’est pas assignés à résidence », insiste Djelloul Ouaret. Cet été ils sont neuf de 15 à 17 ans à être partis en Tunisie pour visiter Hammamet et Tunis et pour aider à l’entretien d’une palmeraie pendant plusieurs jours. Un projet qui a motivé les jeunes durant neuf mois où il a fallu vendre des crêpes et frapper à de nombreuses portes pour trouver les financements.

    La structure aide aussi les majeurs à partir en voyage. « Les jeunes de 18 à 25 ans doivent monter un dossier, puis on les aide à faire les demandes de bourses européennes pour la mobilité, explique le directeur. Car souvent ils ne savent pas que ça existe, et les seuls qui en profitent sont les étudiants qui voyagent déjà. » Cet été cinq groupes de trois ou quatre ont pu partir en autonomie.

    Un moyen pour Djelloul Ouaret de leur montrer qu’eux aussi ont le droit de voyager.

  • [C’est l’été] Les Sardinades, l’institution estivale de Port-de-Bouc

    [C’est l’été] Les Sardinades, l’institution estivale de Port-de-Bouc

    En fin d’après-midi, les familles affluent sur le port Renaissance. Toutes se dirigent dans la même direction : celle des tentes blanches dressées plus loin sur le quai. À Port-de-Bouc, les Sardinades sont une véritable institution populaire. Chaque année depuis 1988, de fin juin à début septembre, une dizaine de commerçants de l’association Promomer s’installent à proximité des bateaux de plaisance et proposent leurs mets aux visiteurs, qui peuvent les déguster en toute convivialité sur l’une des 150 tables mises à disposition.

    Le succès des Sardinades dépasse largement les frontières de Port-de-Bouc. Avec 1 500 personnes accueillies en moyenne chaque soir, elles sont devenues un événement régional incontournable de l’été. Marie, une Marseillaise, vient immanquablement chaque année lorsque sa famille d’Orléans vient lui rendre visite. « Je les amène ici parce que l’ambiance en plein air est vraiment agréable. C’est vraiment typique du coin ! Et puis il n’y a que des bons produits, avec de la variété. » Entre pizza, paella, tajine, produits de la mer, dont, forcément, les sardines, chacun trouve son bonheur parmi les stands de la manifestation. Kris, lui, va systématiquement au même : celui de Thierry. Chaque année, ce Flamand de Gand vient passer une semaine à Port-de-Bouc et tous les soirs, il commande des moules frites chez son « copain de vacances ».

    Retrouver l’envie d’être dehors

    « On adore l’ambiance, explique-t-il avec enthousiasme. On n’a pas ça en Belgique, les grandes tablées, la musique, la vue sur le port… » Et puis, en France, « les produits de la mer sont deux fois moins chers ! »

    Derrière les fourneaux, Thierry se réjouit de cette renommée, mais ne peut pas s’empêcher de remarquer la fréquentation en baisse. « Je crois que c’est comme tout ce qui se passe dans le pays, rien ne fonctionne comme il faut, déplore-t-il. Ça fait le plein nulle part pour la simple et bonne raison que les gens n’ont plus d’argent, donc ils réduisent les loisirs. » Mais le restaurateur reste optimiste : « Sans parler de pouvoir d’achat, même si je souhaite que ça s’améliore, il y a bien un moment où les gens vont avoir un peu plus d’envie d’être ensemble dehors. »