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  • Au bar l’Antre des jeux de Gap, les soirées coinche font carton plein

    Au bar l’Antre des jeux de Gap, les soirées coinche font carton plein

    Ce lundi soir à l’Antre des jeux, rue Notre Dame, les cartes glissent sur la dizaine de tables mises en place pour l’occasion. Sur chacune d’entre elles, deux binômes s’affrontent à la coinche, variante de la belote. Depuis 2022, le succès de ces soirées gérées par des bénévoles sans structure formelle ne se dément pas. Ce soir, Pierrette et Bernard, couple de retraités, sont venus pour la première fois. « C’est mieux que de rester chez soi devant sa télé, c’est l’occasion de jouer et de voir du monde, savoure ce dernier. Et puis on habite en centre-ville, on peut facilement venir… – Même si ce n’était pas le cas je t’y traînerai ! »,réplique Pierrette. Pour elle, c’est « vital » de sortir et de « voir de nouvelles têtes, de tout âge ». D’ordinaire, elle joue en ligne mais « c’est beaucoup plus impersonnel et il n’y a pas de discussions », explique-t-elle.

    Face au couple, Pierre est venu avec son binôme, Antoine, tous deux trentenaires. Après avoir fait connaissance, la partie démarre. « À la base j’étais venu jouer aux échecs une fois quand je suis arrivé à Gap, et, maintenant je viens à chaque soirée coinche et à l’Antre des jeux une à deux fois par semaine, explique-t-il. Je pourrais jouer à la maison, mais venir ici, ça aide les commerces du centre-ville, ça permet de garder la ville dynamique et puis, à force, on reconnaît des têtes. »

    Une activité chaque soir

    Pour l’Antre des jeux, le bar à jeux de société qui accueille une soirée coinche par mois, cela permet aussi de développer une clientèle fidèle, qui cherche plus qu’un bar classique. « On attire beaucoup une communauté de trentenaires qui veulent sortir sans craquer leur PEL, explique Joris, responsable du bar. Il n’y a pas tant d’endroits que ça où sortir alors on voit bien qu’on reçoit des clients qui veulent un peu se sentir à la maison. »

    Entre les soirées de découverte de jeux de société le mardi et le jeudi soir, les tournois de cartes à collectionner le week-end, les soirées des collectifs de jeu de rôle et la coinche, le bar, ouvert en 2023, a réussi à se créer un petit écosystème de groupes plus ou moins formels qui l’animent. « Concrètement, il n’y a pas un soir où il ne se passe rien », explique Joris. Un deal gagnant-gagnant qui se poursuit. Après un une soirée au bar le Pop Culture le mercredi 6 mai, les joueurs reviendront à l’Antre des jeux le lundi suivant, à 19h, comme toujours.

  • « On a deux ans pour se remettre en vie »

    « On a deux ans pour se remettre en vie »

    La Marseillaise : Quels sont vos projets pour la commune ?

    Jean-Marc Alpe : On s’est présentés pour la sauvegarde de la vie. C’est d’abord la sauvegarde de l’eau, la sauvegarde de l’activité économique. Chez nous, c’est essentiellement agricole. Il y va falloir aussi essayer d’attirer une tranche générationnelle plus jeune chez nous. Ça, c’est les trois grands axes. Et le plus important, c’est la gestion de l’eau d’arrosage et de l’eau potable. Il y a aussi le pastoralisme, et puis tenter de faire en sorte que les gens se parlent entre eux.

    Pourquoi la gestion de l’eau est-elle une problématique importante à Entrepierres ?

    J.-M.A. : On a des devoirs avec la DECI (défense extérieure contre l’incendie). Il faut qu’on arrive à gérer, à récupérer les sources et les productions en eau, et en même temps les stocker pour que cela serve à l’arrosage et à la défense contre les incendies sans dénaturer les cours d’eau et les sources. Ça, c’est notre gros chantier. C’est ce qu’on va mettre en place dès qu’on peut, dès que nos ressources budgétaires nous le permettent, parce que pour l’instant, c’est pas gagné.

    Avez-vous d’importants problèmes de budget ?

    J.-M.A. : On n’a pas un gros budget. On a deux ans pour se remettre en vie, pour arriver à récupérer des fonds, parce que la dernière année a été dramatique. On a zéro marge de manœuvre.

    Quelle est la principale problématique à Entrepierres ?

    J.-M.A. : Le problème, c’est le vieillissement. Il faut que l’on récupère des jeunes. Cela va être compliqué pour garder l’école. Cette année, c’est bon, on a nos deux postes, mais l’année prochaine…

    Comment êtes-vous devenu maire ? Pourquoi la tête de liste a-t-elle abandonné ?

    J.-M.A. : La tête de liste a abandonné pour des raisons qui lui sont propres. Elle a abandonné 15 jours avant les élections. Je l’ai très mal vécu. On a fait une réunion le 6 au matin, avant la réunion publique. Et c’est là où il a annoncé à tout le monde qu’il arrêtait. Il a voulu faire éclater la liste. Moi, ce qui m’a importé, c’est de savoir ce que les colistiers voulaient faire. Est-ce qu’on continuait ?

    Comment s’est passé le conseil d’installation ?

    J.-M.A. : La tête de liste a voulu s’exprimer une énième fois. On a considéré que ce n’était pas le lieu. Donc il est parti. On s’est présentés en binôme au départ, et la fonction de maire devait être complètement partagée entre les deux.

    Quel est votre projet pour le 8 mai ?

    J.-M.A. : Je veux profiter de l’hommage pour lancer un message de paix à travers les enfants et appeler à la paix dans le monde. C’est la date idéale pour faire ça. C’est bien de rendre hommage aux morts, c’est mieux de demander à ce que les gens vivent.

  • Le couple soupçonné d’être à la tête d’une secte fixé ce mardi

    Le couple soupçonné d’être à la tête d’une secte fixé ce mardi

    Le débat concernant la détention provisoire du couple soupçonné d’être à la tête d’une communauté sioniste sectaire, qui devait initialement avoir lieu jeudi dernier et avait déjà été reporté à lundi, a de nouveau été reporté à ce mardi à 15h, a indiqué le procureur de Digne-les-Bains à La Marseillaise lundi. « Les délais sont courts et on n’a pas eu le temps de les voir pour discuter avec eux de la façon dont on aborderait le débat, donc on a demandé le renvoi », explique Me Patrice Reviron, l’un des deux avocats du couple.

    Selon la défense, « c’est un dossier qui repose sur des histoires exhumées des années 1990 en Belgique et des années 2000 jusqu’à 2021 en Suisse ». Le couple interpellé mardi dernier avait également fait l’objet de signalements et d’accusations dans ces deux pays. « Il y a eu une demande d’entraide internationale déposée en Suisse. Il y a une procédure actuellement dans ce pays. Cela fait plus d’un mois qu’ils savaient qu’il y avait une instruction ouverte contre eux en France », détaille Me Reviron. « Ils auraient pu fuir en Israël sans aucun problème, ils ont un logement en Israël, ils ont la nationalité israélienne », précise-t-il.

    Une autre enquête

    en Suisse

    Le ministère public du canton de Vaud, en Suisse, avait ouvert en 2022 une enquête pénale contre l’homme mis en cause, Philippe Angot, surnommé Haïm Goël, pour usure et contrainte, en raison notamment d’allégations de pressions financières sur certains de ses adeptes, selon le journal la Tribune de Genève. Huit plaintes avaient alors été déposées. L’enquête policière relevait que l’homme faisait « la morale à ses fidèles, s’immisçant dans leur vie privée pour pouvoir les manipuler et les diviser et n’hésitant pas à les humilier en public », rapportait la Tribune de Genève. La police constatait « que les membres finançaient le train de vie confortable du prévenu au détriment de leur propre situation financière, que plusieurs ex-adeptes avaient cru devenir fous, et que la plupart d’entre eux enduraient toujours des séquelles ».

    Selon leurs avocats, le couple avait quitté sa Belgique natale dans les années 1990, puis avait passé 20 ans en Suisse avant de revenir à Bellaffaire en 2023. Haïm Goël se revendique pasteur, à la pensée « à cheval entre le judaïsme et le christianisme, d’obédience messianique », précise Me Reviron. Âgés de 70 et 77 ans, les deux individus sont actuellement incarcérés à la prison des Baumettes à Marseille.

    Selon leurs avocats, le signalement qui avait alerté le procureur et qui était à l’origine de l’ouverture de l’enquête en décembre 2025 était « un signalement de la cellule renseignement de la gendarmerie », et non pas d’une personne se disant victime du couple. Une seule plainte a été déposée en France, selon eux. Les faits reprochés au couple concernent la période de 2020 à 2026.

    « On nous dit que tous les actes de la vie privée des gens doivent passer par la prière avec Philippe Angot. Ce n’est pas ça, c’est qu’il est préconisé, quand il y a des difficultés, de passer par une prière collective, mais ce n’est pas spécialement ni en présence de Philippe Angot, ni obligatoire », affirme Me Reviron. L’avocat comprend tout de même « qu’on considère que c’est une communauté et qu’ils ont certains rites ». Une troisième personne vivant et travaillant en Suisse est actuellement incarcérée en France.

    Le nombre de signalements pour dérives sectaires « reste stable » à « une quinzaine par an » dans le département, « contrairement à la tendance nationale », en augmentation, selon Fabienne Monmarson, sous-préfète et directrice de cabinet. La préfète pilote la lutte contre les dérives sectaires, avec la sensibilisation, le renforcement des sanctions et l’accompagnement des victimes, précise-t-elle.

  • Un foyer pour enfants fermé suite à de graves dysfonctionnements

    Un foyer pour enfants fermé suite à de graves dysfonctionnements

    Il y a deux semaines en séance du conseil départemental, Dominique Santoni confiait : « Depuis que je suis sur les délégations de l’enfance, je vois des choses terribles. » La présidente LR évoquait aussi « le traumatisme profond » d’enfants placés par l’aide sociale à l’enfance (ASE), au moment où le Département actait la création d’un centre d’appui à l’enfance, pour avoir une « montée en gamme de la qualité de l’accompagnement proposé aux jeunes placés ». Une structure en devenir d’une brûlante actualité à la lecture d’un arrêté conjoint préfecture-Département du 9 avril.

    Cosignée par Dominique Santoni, la décision vient suspendre pour six mois l’activité de la maison d’enfants à caractère social (Mecs) Le Regain, à Avignon, dont la gestion a été confiée en 2023 par le conseil départemental à l’immense groupe associatif Coallia, qui récuse la gravité des faits reprochés (lire ci-dessous). Cette suspension totale concerne les dix places d’internat, où des filles et garçons de 10 à 21 ans sont susceptibles d’être accueillis. L’arrêté précise que la seconde activité, de 19 appartements diffus, est « conservée dans l’attente d’un contrôle à venir ». Bien souvent ces enfants placés en Mecs ont été victimes de lourdes violences familiales et peuvent eux-mêmes avoir des problèmes comportementaux.

    Nourriture insuffisante et partage de lit entre mineurs

    Au Regain, ce ne serait visiblement pas là qu’ils ont trouvé le cadre idéal pour se (re)construire. Ce lundi, le lieu était bien désert en tout cas, avec aucun signe d’activité. Les premières alertes, remontées il y a deux ans, « mettent en évidence une désorganisation structurelle, une défaillance de pilotage de l’opérateur, un climat social délétère, des atteintes à la qualité de la prise en charge et des non-conformités réglementaires multiples ». La fermeture a été motivée par « un contrôle inopiné », mené le 2 avril, par la direction territoriale de la protection de la jeunesse (PJJ). Le rapport qui en a suivi, le 7 avril, fait froid dans le dos quant aux multiples dysfonctionnements, « révélant une persistance évidente de la gravité de la situation et de nouveaux constats alarmants ». Y sont notamment dénoncés, pêle-mêle : une absence totale d’encadrement, un turn-over massif des équipes avec un recours important à l’intérim, des activités éducatives limitées voire inexistantes, une inadéquation des moyens humains, des conditions matérielles d’accueil dégradées (accumulation de déchets et de linge sale, odeurs d’urine), présence d’objets dangereux (débris de verre), d’alcool et de produits stupéfiants dans certaines chambres. Mais encore « des manquements dans les besoins alimentaires ». Le rapport fait état d’une « une cohabitation dans une même chambre entre une mineure de 15 ans [16 d’après Coallia] et un mineur de 17 ans avec partage du même lit ».

    Cet état des lieux vient donc conclure deux ans de chaotiques procédures et d’échanges entre Coallia et les services du Département et de la PJJ. L’arrêté mentionne que « l’association n’a jamais répondu sur l’intégralité des sujets ». Et ils sont nombreux, au-delà déjà des faits évoqués. L’année 2025 a été émaillée « d’alertes récurrentes issues du voisinage révélant des agitations et des violences fréquentes au sein de la structure » ou « des sollicitations directes des voisins par des mineurs en difficulté ». Pire, des mineurs ont relayé aux services de l’ASE « des violences éducatives et des propos injurieux et à connotation sexuelle ». Cela signifie donc que si les faits sont avérés, le lieu censé protéger les enfants des violences les pratique aussi. Fin janvier, un incident est signalé pour des « faits allégués de maltraitance à l’égard d’une jeune fille » par une professionnelle. Le Département déclenchant derrière un signalement à la justice.

    Contactée, la collectivité (lire aussi ci-dessous) indique que les jeunes des foyers ont été relogés et suivis par leur référent ou éducateur. Dix mineurs « ont tous été réorientés vers d’autres opérateurs [dont 5 au centre enfance-famille 84] » quand « 2 autres faisant l’objet d’une mesure de placement pénale ont été accueillis sur une autre structure de la PJJ ». « Cela montre que quand on confie la gestion à un groupe privé lucratif, ça ne fonctionne pas », grince un agent des services de l’enfance, syndiqué CGT. À l’heure où la présidente du Département érige ce sujet en priorité, les futurs choix de gestion et moyens déployés seront scrutés de près.

  • Le brin de muguet fait plier le gouvernement

    Le brin de muguet fait plier le gouvernement

    Victoire ! Le 1er-Mai restera, cette année au moins, férié, chômé et payé, comme le veut la loi depuis 1948. C’est la conclusion que tirent les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) à l’issue de leur rencontre avec le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, organisée à la suite d’une lettre cosignée par huit dirigeants syndicaux au total (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires). Envoyé dimanche, le courrier demandait au Premier ministre, Sébastien Lecornu (Ren.), de pas convoquer de commission mixte paritaire (CMP) pour la proposition de la loi (PPL) sur le 1er-Mai, rendue possible par un vote tactique de ses défenseurs vendredi. Une demande à laquelle le Premier ministre a décidé d’accéder. « C’est la journée des travailleurs et des travailleuses, c’est le seul jour férié, chômé et payé, a déclaré lundi soir Jean-Pierre Farandou. Ce principe général doit continuer à prévaloir même si certaines dérogations sont possibles », a-t-il estimé, renvoyant la question du travail ce jour-là au 1er mai 2027.

    « Tour de passe-passe parlementaire »

    « Permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er-Mai », c’est là l’intention de la proposition de loi (PPL) déposée au Sénat en avril 2025 et adoptée dans la foulée par la chambre haute, en juillet 2025. Car il est bien question, selon les défenseurs de la loi, de « permettre », et non d’habilement contraindre, bien sûr. Une bien étonnante conception unanimement dénoncée chez les syndicats et élus de gauche.

    Alors que la PPL devait être débattue vendredi à l’assemblée, le vote d’une motion de rejet tactique par ses propres défenseurs (allant des macronistes au Rassemblement national), devait lui permettre de sauter cette étape. En effet, en cas de désaccord entre le Parlement et le Sénat, le gouvernement a la possibilité de convoquer une Commission mixte paritaire, comprenant 7 députés et 7 sénateurs, chargés de trouver, ensemble, un compromis. Une réunion dans le cas présent favorable au vote de la PPL sur le 1er-Mai, le Sénat s’étant déjà prononcé en sa faveur. Un « tour de passe-passe parlementaire », a dénoncé lundi Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT sur RTL. « Ce qu’il s’est passé vendredi est inacceptable. On vit un choc pétrolier plus grave que celui de 1973 et aujourd’hui ce que veut faire Gabriel Attal [Ren, Ndlr] en alliance avec la droite et l’extrême droite, c’est nous voler le 1er-Mai, le fruit de 140 ans de luttes sociales et de luttes ouvrières ! », s’est-elle indignée sur la même antenne. L’objectif de cette tentative de procédure accélérée : permettre au texte, s’il était voté, d’être appliqué dès le 1er mai de cette année. Une option que le Premier ministre a donc lundi écartée, refusant de convoquer cette commission.

    Étendre l’exception

    Concrètement, en l’état, la proposition de loi visait à autoriser le travail des salariés le 1er-Mai, dans des commerces de bouche de proximité comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes, mais aussi dans des établissements culturels (cinémas, théâtres). Seul jour férié obligatoirement chômé et payé depuis 1948, le 1er-Mai, journée internationale des travailleurs, empêche donc aux patrons de la majorité des secteurs de faire travailler leurs employés, au risque d’une amende de 750 euros par salarié concerné. Font exception les « établissements et services pour lesquels la continuité de l’activité est indispensable », parmi lesquels figurent actuellement les hôpitaux, les transports, les forces de l’ordre ou encore l’hôtellerie et la restauration. L’ambition était donc bien d’étendre l’exception. Une volonté revenue l’an dernier après que des boulangers en Vendée, en Charente et à Paris s’étaient émus de contrôles inopinés suivis d’amendes pour avoir fait travailler des employés le 1er mai 2024. Selon les syndicats, le grand danger à terme est qu’une telle proposition de loi « étende la dérogation d’ouverture » le 1er-Mai « à de nombreux secteurs professionnels et pour de grandes entreprises, aux dépens des salariés mais aussi des petits commerces indépendants de proximité ».

    Le symbole politique du muguet

    Alors que certains fleuristes réclament la possibilité de faire travailler leurs employés le 1er-Mai, date de vente du muguet, Ariane Lombardi, membre de la direction nationale du PCF et élue de Marignane, rappelle le symbole de cette vente pour les communistes : « C’est une tradition qu’on a toujours portée. On fait vivre la solidarité, la présence dans les quartiers. On fait vivre concrètement cette histoire et ces luttes sociales, ouvrières, populaires, souligne-t-elle. Et pour les sections, c’est aussi un moyen de gagner une autonomie financière pour mener les luttes aux côtés de la population et des salariés. »

  • L’amande comme futur modèle du « made in France »

    L’amande comme futur modèle du « made in France »

    On la consomme bien souvent espagnole ou californienne. L’amande, fleuron provençal jusqu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale (12 000 hectares), est désormais bien loin de son lustre d’antan. Avec seulement 2 200 hectares cultivés sur l’ensemble du territoire français, la production nationale, qui ne représente qu’environ 2% des amandes consommées en France, atteint péniblement les 600 tonnes.

    Un constat qui a mené à l’émergence de la Compagnie des amandes. Créée en 2018, elle s’est rapidement imposée comme le leader de la production française. Derrière la société, une figure du « made in France », en la personne d’Arnaud Montebourg. L’ancien ministre de l’Économie et du Redressement productif (2012-2014) en est l’un des cofondateurs, et était présent lundi, à Brignoles, pour l’inauguration de la Casserie d’amandes. En marche depuis l’automne dernier dans un hangar de plus de 1 800 m² dans la zone industrielle de Nicopolis, elle permet, à l’heure actuelle, de produire 1,25 tonne d’amandes par jour. Un rendement qui sera doublé cet été grâce à une deuxième ligne de production.

    Un outil nécessaire à la viabilité de la « relocalisation » souhaitée par Arnaud Montebourg, qui assure aussi la commercialisation des produits. La compagnie travaille ainsi avec huit producteurs associés (sur 230 hectares) sur sa propre production, mais aussi avec des producteurs indépendants (notamment dans le Vaucluse, l’Ardèche, la Drôme et les Bouches-du-Rhône), dont la production représente 65% des amandes cassées à Brignoles depuis l’automne, pour un chiffre d’affaires prévisionnel de 3 millions d’euros. Ce qui fait dire à l’ancien ministre que « cet outil n’est pas uniquement le nôtre, c’est celui de la filière ». Il n’y a toutefois aucun producteur varois, où la culture reste très marginale. « On aimerait aborder ce sujet avec la compagnie, en vertu de notre plan de diversification des cultures méditerranéennes, mais ça n’a pas encore été fait », déplore Sylvain Audemard, président de la Chambre d’agriculture du Var.

    La Chambre d’agriculture veut des prix justes

    L’usine, qui représente 2,5 millions d’euros d’investissement, vise donc à fédérer la production à une échelle supérieure à celles déjà existantes en France, à travers « une stratégie collective qui consiste à investir et promouvoir des services et outils, pour développer l’ensemble d’une filière », explique Arnaud Montebourg. Et celle-ci porte ses fruits, puisque la production d’amandes françaises est passée de 650 tonnes à 1 800 aujourd’hui, avec l’objectif d’arriver à 3 500 d’ici 5 ans (sur les 51 000 consommées chaque année dans l’Hexagone).

    S’il paraît illusoire d’éliminer les imports, l’amande incarne un exemple dans la poursuite des objectifs de souveraineté alimentaire du ministère de l’Agriculture à l’horizon 2036, élevée au rang d’intérêt général majeur. La Compagnie des Amandes a ainsi été sollicitée pour exporter ses méthodes à d’autres filières, Arnaud Montebourg, chargé d’écrire une partie des plans de souveraineté des productions végétales spécialisées, en tête. Il rend visite, à ce titre, à des horticulteurs hyérois ce mardi.

    Une usine de transformation de pistaches verra aussi le jour à Brignoles d’ici la fin de l’année. Et pour parvenir à faire rayonner ces filières de relocalisation, le nerf de la guerre demeure le prix. L’ancien député socialiste promet « des prix espagnols », et met en avant les nombreux accords ficelés avec la grande distribution. Mais dans les faits, la réalité est quelque peu différente : « Peut-être que la grande distribution joue le jeu car elle se trouve face à un ancien ministre, mais les relations avec les producteurs ne se passent pas très bien en général », contraste Sylvain Audemard, qui espère « qu’avec la loi d’urgence pour le monde agricole, la loi Egalim soit un peu réformée, pour une contractualisation à long terme avec la grande distribution et des prix en phase. »

  • Un fort vent réactionnaire souffle sur la métropole

    Un fort vent réactionnaire souffle sur la métropole

    Une petite musique inquiétante se fait entendre depuis quelques semaines dans la métropole toulonnaise faite de renoncements et de déprogrammations de pièces de théâtre, d’expositions ou simplement d’initiatives visant à lutter contre toutes les discriminations. La première est venue de La Seyne mais n’est même pas du fait de la nouvelle majorité RN de la ville. Pas directement, du moins. Ici, c’est une soirée citoyenne qui devait se dérouler le 26 mars au centre social et culturel Mandela qui a tout bonnement été annulée. La représentation d’une œuvre du Théâtre de l’Utopie, D’où tu viens toi ?, démontant les stéréotypes et les discours racistes décomplexés du quotidien devait y être jouée. Une initiative portée par les militants varois du mouvement altermondialiste Attac. Rien de bien subversif donc. La décision a été prise par la structure associative craignant de s’attirer les foudres de la nouvelle équipe de la municipalité d’extrême droite – comme cela est déjà arrivé ailleurs, à Fréjus par exemple avec le retrait de subventions au centre social les Tournesols, en 2014, avec une régulation culturelle opérée par l’asphyxie. Une première autocensure dans l’ex-Cité des Chantiers qui depuis s’en est suivie de deux autres. La dernière décision concernant un événement portant sur la lutte contre l’homophobie. Avec, là encore, des intervenants qui devaient se produire à Mandela prévenus que la rencontre n’aurait finalement pas lieu. « Il n’y a pas de pression établie, mais plutôt un climat politique incitant à la prudence avant même que ne tombe une interdiction formelle », souligne Guy Calmès du mouvement l’Après.

    Toulon sauve l’honneur

    Plus étonnant encore, l’annulation d’une expo photos à La Garde cette fois, où là le RN n’est pas parvenu à prendre la ville, mais peut-être déjà un peu les esprits. L’artiste montpelliérain Romain Berger devait présenter son travail à la fin du mois à la Galerie G. Trop queer ? Trop osé ? La Ville explique cette déprogrammation par le fait que ça ne correspondrait pas au public familial du lieu…

    Pas du tout convaincu par cet argument, le Collectif Fiertés Toulon (CFT) déplore de son côté « une multiplication inquiétante d’annulations et d’interdictions d’événements LGBTQIA+ dans plusieurs communes du Var, dirigées par des courants conservateurs ou voulant en préserver l’électorat, comme à La Garde ».

    Pas question en tout cas de laisser bafouer ou même réduire « la liberté de création et d’expression qui ne peut être conditionnée à des choix politiques locaux ni à des considérations idéologiques ».

    « Rien ne justifie d’imposer des formes de pression, de censure ou de restriction qui ne correspondent ni à la réalité vécue, ni aux attentes de la population », martèle Elsa Nardini pour le collectif. Le CFT propose à tous ces artistes et militants éconduits par la petitesse d’esprit des élus de les recevoir à Toulon, où on garde l’esprit ouvert, pendant la Quinzaine des Fiertés créée justement pour lutter contre l’invisibilisation et soutenir la diversité des expressions culturelles et offrir des espaces où la création peut exister librement. « Nous sommes actuellement en discussion avec Romain Berger afin d’accueillir son exposition et ne pas laisser l’obscurantisme s’installer dans notre département », conclut Elsa Nardini.

  • Une journée pour penser le handicap, de la recherche jusqu’à l’action

    Une journée pour penser le handicap, de la recherche jusqu’à l’action

    Inscrite dans la démarche « Sciences & Société » de l’établissement, cette journée ouverte à tous investira la Maison de la Recherche, à Aix-en-Provence, ce 15 avril, de 9h à 19h.

    Chercheurs, professionnels, étudiants, acteurs associatifs et citoyens sont invités à échanger autour du handicap, « de la recherche académique aux actions de terrain ». L’événement mettra l’accent sur l’inclusion et les troubles du neurodéveloppement, en abordant des parcours de vie.

    échanges

    Parmi les temps forts annoncés, une conférence plénière sera consacrée à l’autisme et au trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H). Plusieurs tables rondes interrogeront l’inclusion à l’école et à l’université, mais aussi la performance artistique du corps handicapé. L’initiative nationale Atypie-Friendly, qui vise à favoriser la réussite des étudiants présentant des troubles du neurodéveloppement, sera également présentée à travers des retours d’expérience.

    La programmation accordera une large place aux témoignages, avec aussi une séquence dédiée à la musique et à la musicothérapie, en présence de musiciens autistes. En fin de journée, le film Voir (sans les yeux), de Marie Mandy, fera l’objet d’une projection suivie d’un débat avec la réalisatrice. Une exposition dédiée aux aidants viendra compléter l’ensemble. Accessibles au grand public, les conférences bénéficieront d’une traduction en langue des signes. Les intervenants seront disponibles pour répondre aux questions.

  • Le Département réajuste son aide aux communes

    Le Département réajuste son aide aux communes

    Le coffre-fort du Département se referme. Alors que la situation financière de la collectivité s’améliore enfin, les conseillers départementaux devront approuver ce mardi matin, au moment de voter le budget, une coupe de 36 millions d’euros dans l’aide aux communes. De quoi la porter désormais à quelque 100 millions d’euros, une chute de 27% par rapport au précédent budget.

    « C’est normal en année électorale, les nouvelles équipes doivent se mettre en place », explique le vice-président (LR) délégué aux finances, Yves Moraine. Le conseil régional, quatre jours plus tôt, avait ainsi décidé d’une année blanche pour ses propres dispositifs d’aides aux communes, le temps de laisser ces nouvelles majorités construire leurs projets. Et l’argentier du Département de sourire : « Une fois que vous avez aidé les communes, il y a un moment où il y a moins de besoins. »

    C’est que le conseil départemental sait se montrer généreux : plus de 920 millions d’euros ont été versés entre 2018 et 2023 (dont près de 250 millions pour la seule année 2019), pointait en décembre dernier la Chambre régionale des comptes (notre édition du 02/12). Des aides qui n’avaient pas le moindre souci des inégalités du territoire, déploraient les magistrats. « Les règles qui régissent l’octroi des subventions départementales n’ont pas été formalisées », cinglait le rapport.

    Mise en conformité

    « La Chambre régionale des comptes a reconnu la qualité des dispositifs de l’aide aux communes », célèbre pourtant très sérieusement la première délibération à l’ordre du jour ce mardi, présentée par la présidente (DVD) de la collectivité Martine Vassal elle-même. Celle-ci malgré tout propose « une première série d’adaptations » pour se mettre en conformité avec les recommandations des magistrats. « Comme je l’avais annoncé au moment de la présentation du rapport », rappelle Yves Moraine. Ainsi les deux dispositifs qui finançaient l’achat de véhicules et de matériel sont supprimés – à l’exception des véhicules de police municipale, des comités feux de forêt ou de sécurité civile – le plafond de 100 000 euros pour les aides aux travaux de proximité sera désormais « strictement appliqué », les aides aux acquisitions foncières et immobilières seront limitées à une par an avec l’obligation de ne pas revendre les biens pendant vingt-cinq ans (au lieu de dix), les nouveaux bâtiments financés devront obligatoirement présenter une labellisation « bâtiment durable méditerranéen »… Reste encore à adapter le montant des subventions à la richesse des communes, comme le réclame la Chambre régionale des comptes. « Ces évolutions qui nécessitent des recherches de données budgétaires et des analyses complexes seront présentées à l’assemblée départementale lors d’une prochaine session budgétaire », annonce la délibération.

    Ces coupes dans les aides aux communes n’empêchent pas l’investissement global de la collectivité de se maintenir juste en dessous de 500 millions d’euros pour 2026, tandis que la hausse des recettes permet à l’épargne de se rétablir, pour une capacité de désendettement qui devrait passer sous la barre des douze ans fin 2026, après avoir frôlé les vingt ans. Les dépenses de fonctionnement progressent de 3,6%, dont 92 millions d’euros de plus pour les solidarités. Insuffisant, avait alerté le groupe communiste lors du débat d’orientations budgétaires (notre édition du 31/03). D’autant plus que le sport, la culture ou le logement font les frais des arbitrages budgétaires.

  • Après Chevignon et Pimkie, Amoniss s’empare de Jott

    Après Chevignon et Pimkie, Amoniss s’empare de Jott

    C’est incompréhensible ! » Pour Damien Laine, représentant des salariés au CSE (comité social et économique) de Jott, la décision du tribunal de commerce de Marseille, rendue ce lundi 13 avril, de confier l’emblématique marque marseillaise de doudounes au groupe Amoniss, ne passe pas. « La voix des salariés n’a pas été écoutée, la finance a encore gagné » a-t-il commenté, craignant un rapprochement avec des poids lourds de la fast fashion. Après un vote organisé auprès des employés des magasins et du siège, près de 70% du personnel soutenait l’offre « Mars », proposée par une partie de l’équipe dirigeante actuelle et Nicolas Gourdikian, un des membres fondateurs de l’entreprise, moins disante en termes de reprise de salariés avec 34% des plus de 200 employés gardés, mais « beaucoup plus familiale, un retour à l’ADN du groupe », estimait Damien Laine.

    Mode in Sud vigilant

    Amoniss, société d’investissement qui détient Chevignon et Pimkie, s’est positionnée avec la reprise de 77% des effectifs et un investissement de trois millions d’euros. Pimkie, « une des rares entreprises françaises à avoir fait un deal avec Shein » notait vendredi Jocelyn Meire, président de Mode in Sud, signataire d’un communiqué commun avec Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Aix-Marseille-Provence pour défendre la marque.

    « Jott a un avenir. Et c’est une bonne nouvelle » nuance-t-il ce lundi mais « dans un contexte où la filière mode est sous pression, chaque reprise dépasse la seule logique financière » estime-t-il, « la réussite de ce projet passera par sa capacité à s’inscrire durablement dans son territoire d’origine, (…) à dialoguer avec les acteurs qui en constituent l’environnement naturel ».