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  • Dernière ligne droite pour sauver Fibre Excellence et la filière papier

    Dernière ligne droite pour sauver Fibre Excellence et la filière papier

    L’avenir des sites industriels de Fibre Excellence, dont celui de Saint-Gaudens en Haute-Garonne, et des « 10 700 emplois directs et indirects », « est suspendu à plusieurs décisions relevant directement ou indirectement de l’État », écrivent les trois secrétaires généraux de la CGT, FO et la CFDT, ainsi que les présidents des régions Occitanie et Sud et de la Métropole de Rouen, dans une lettre commune adressée au premier ministre Sébastien Lecornu.

    L’entreprise, placée en redressement judiciaire le 27 avril dernier par le tribunal de commerce de Toulouse fait face à plusieurs difficultés majeures qui hypothèquent sa reprise, par la seule et unique offre déposée à ce jour par les dirigeants de l’entreprise.

    10 700 emplois

    dans la balance

    Ils se sont d’ores et déjà engagés « à reprendre l’intégralité des actifs et des salariés » a annoncé la direction du groupe qui emploi 670 salarié sur les sites de Tarascon (Bouches-du-Rhône) et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Reste que « la revalorisation de 20% du contrat énergie biomasse », « la sécurisation de l’approvisionnement en bois », « l’accompagnement financier des projets industriels de reprise » ou encore « la sécurisation des modalités de reprises des actifs » sont autant d’engagements attendus et exigés de l’État, écrivent les signataires. Et de préciser que « des industriels contactés et intéressés pour participer à un pool de financeurs attentent de votre part la levée de ces clauses pour s’engager pleinement. (…) C’est pourquoi nous vous demandons de formaliser urgemment une lettre d’engagement indispensable pour que les administrateurs judiciaires puissent sécuriser la solution de reprise et éviter la liquidation », résument les représentants syndicaux et élus dans cette même missive.

    Si le premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas lui même répondu à cette interpellation, la question a été abordée ce mercredi, à l’Assemblée nationale. « Le gouvernement est-il prêt à prendre ces engagements écrits ? », a lancé Edouard Bénard, le député communiste de Seine-Maritime après avoir rappelé les principales demandes rappelées par les signataires du courrier.

    « Tout ne peut pas reposer sur l’État »

    C’est « un sujet qui m’occupe plus que quotidiennement », a lancé Sébastien Martin, le ministre de l’Industrie, considérant que « l’État a tout mis en œuvre » pour sauver l’entreprise, et de lister : « Un arbitrage pour l’augmentation de 20% du rachat de l’électricité, 150 millions d’euros pour la modernisation de l’entreprise et 75 millions d’euros pour les dettes. » Pour autant, « j’ai eu droit à un investisseur qui a fermé la porte », rappelle le ministre. En effet, au lendemain du redressement judiciaire de l’entreprise, le propriétaire et actionnaire principal avait refusé de mettre la main à la poche. « Moi, maintenant, je veux un investisseur industriel, tout ne peut pas reposer sur l’État », tance le ministre. Et il reste une semaine, tout juste, pour résoudre cette quadrature du cercle.

  • Béziers : un pilote inédit pour réutiliser des eaux usées

    Béziers : un pilote inédit pour réutiliser des eaux usées

    Installé sur la station d’épuration de Béziers, le premier pilote industriel d’osmose inverse hybride séquencée, basé sur la technologie HyBatch, fonctionne déjà en conditions réelles. Cette technologie est développée par Salinity Solutions, avec l’appui de Suez dans le traitement des eaux usées. Soutenue par l’Ademe, cette expérimentation vise à améliorer la réutilisation des eaux usées municipales, un sujet de plus en plus regardé à mesure que les sécheresses et les restrictions d’usage se multiplient.

    Le principe de la Reut est de donner une seconde vie à une eau déjà passée par une station d’épuration pour servir à des usages qui ne nécessitent pas forcément une eau potable : irrigation agricole, arrosage d’espaces verts, nettoyage de voiries, usages urbains ou industriels. L’idée est donc de réserver l’eau potable aux usages qui l’exigent vraiment, tout en créant une ressource alternative.

    Dans le cas du pilote biterrois, l’enjeu est aussi technique. Selon les données communiquées par Suez, le procédé doit permettre de récupérer 90% à 95% de l’eau traitée, contre jusqu’à 85% pour des systèmes classiques d’osmose inverse. Il doit aussi limiter la production de saumures, ces eaux très chargées en sel issues du traitement, ainsi que l’usage de produits chimiques et la consommation d’énergie.

    Un test grandeur nature

    Pour Grégory Tesse, directeur Infrastructure et Innovation des activités Engineering et Construction de Suez, l’enjeu est de rendre ce type de traitement plus accessible : « Notre objectif est de réduire les coûts d’exploitation de ces filières de traitement », précise-t-il dans un communiqué national. L’entreprise met ainsi en avant une possible utilisation par des collectivités comme par des industriels.

    Dans ce communiqué, Richard Bruges, directeur général de Salinity Solutions, présente ce partenariat comme une étape importante. « Cette collaboration avec Suez marque une étape déterminante pour faire évoluer le modèle économique et la performance environnementale de la réutilisation de l’eau. En démontrant qu’un très haut taux de récupération peut être atteint de façon fiable, à grande échelle et avec une efficacité énergétique accrue, nous voulons établir une nouvelle référence pour le traitement avancé des eaux usées dans le monde. » Le communiqué souligne aussi que les solutions « déployables à grande échelle et sobres en énergie » peuvent répondre aux enjeux croissants de raréfaction de la ressource. Reste à voir si ce test grandeur nature permettra de confirmer les promesses affichées. Béziers devient en tout cas un laboratoire de cette réutilisation encore peu développée en France.

  • Le préfet coupe dans le budget métropolitain et renvoie la balle aux élus

    Le préfet coupe dans le budget métropolitain et renvoie la balle aux élus

    La deuxième Métropole de France peut de nouveau reprendre la main sur ses finances. Près de deux mois après le refus des élus de voter le budget pour protester contre des coupes budgétaires, celui-ci a été notifié ce mardi matin à l’intercommunalité par le préfet de région.

    «Je suis resté volontairement silencieux tout au long du processus pour ne pas perturber le débat, cette phase est terminée», partage Jacques Witkowski. Lui souligne le «choix surprenant» qu’a fait l’hémicycle métropolitain, en assurant que «ce n’est pas une collectivité qui est en faillite, […] on n’était pas dans une situation d’urgence qui aurait nécessité une intervention majeure». De quoi écarter tout recours à une hausse des impôts locaux. Il exonère aussi l’État de toute responsabilité dans le déficit de 144 millions d’euros : «Les concours financiers sont supérieurs à ce qu’ils étaient en 2023, cela reste une collectivité aidée au-dessus de ce que l’on fait habituellement.»

    «Je remets le ballon au centre»

    Aussi reprend-il à son compte les coupes claires préconisées jeudi par la chambre régionale des comptes dans son avis budgétaire, avec 91 millions d’euros d’économies dont 25 millions pour les transports, 12 millions pour les subventions aux associations et opérateurs métropolitains, 4,5 millions sur la masse salariale.

    Mais là où les magistrats financiers prévoyaient de retirer 53 millions dans la dotation de solidarité communautaire (DSC) versée aux communes pour compenser les inégalités du territoire, lui propose de tailler dans les attributions de compensation (AC), reversées aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle. «Le préfet doit faire respecter les lois et les règlements de la République», justifie-t-il. Or, la chambre régionale des comptes avait pointé 178 millions d’euros d’attributions de compensation considérées comme indues. Tandis que la DSC est une obligation légale.

    Il ne désigne cependant pas les villes qui verront leurs reversements coupés. Ce sera à l’hémicycle métropolitain de répartir ces 53 millions de coupes entre ses communes, à une majorité qualifiée des trois cinquièmes, suivi d’un vote des conseils municipaux. A moins que les élus ne décident désormais de voter une décision budgétaire modificative pour changer la copie rendue par le préfet et piocher malgré tout dans la dotation de solidarité. «Dans ces deux chemins, il y a une condition absolue, la Métropole doit équilibrer son budget», rappelle le représentant de l’Etat. Et d’imager : «Cela ne fait jamais plaisir quand un arbitre de terrain siffle une faute de jeu. C’est ce que je fais, je remets le ballon au centre.» Ce qui est certain, c’est que les communes devront revoir leurs budgets déjà votés.

    Enjeux parlementaires

    Face à l’appel des maires de déconstruire l’édifice intercommunal, «l’Etat n’est pas saisi d’un débat de modification de la Métropole, ce n’est pas à l’ordre du jour, indique le préfet. S’ils veulent un débat on s’en saisira, mais ça prendra du temps». Quant à la hausse demandée du versement mobilité pour faire contribuer davantage les entreprises au financement des transports, «c’est un choix du Parlement», rappelle-t-il. Comme toute évolution du statut de la RTM évoquée en conférence des maires la veille.

  • La maire de Toulon vivement applaudie pour la nouvelle piste cyclable

    La maire de Toulon vivement applaudie pour la nouvelle piste cyclable

    Bravo et merci, Madame le maire, d’avoir le courage de faire ce projet que nous demandons depuis plus de 20 ans. » Une première dans le Port du Levant, puisque les félicitations émanent de Maurice Franceschi, président de Toulon Var déplacement et du Collectif tramway, un farouche militant habitué à ferrailler avec les politiques pour tenter de réduire la place de la voiture en ville au bénéfice des transports en commun et du vélo. On a bel et bien changé d’ère. C’est une véritable « vélorution », puisqu’une voie de circulation va être supprimée pour rendre la pratique de la petite reine sécurisée sur l’avenue de la République, dès la mi-juillet. « C’est un choix que j’assume », explique la 1ère magistrate, Josée Massi (SE).

    La piste cyclable bidirectionnelle va être implantée, à titre expérimental, sur la partie nord de cette artère très fréquentée, qui passe devant la mairie. Dès le mois d’octobre, un retour d’expérience sera réalisé afin de procéder, si besoin, à des ajustements, voire à un déplacement de la piste vers le sud.

    Ce projet, élaboré en concertation, nécessitera toutefois de faire appliquer strictement la réglementation concernant les livraisons, qui sont interdites hors emplacements réservés, de 7h à 9h et de 16h à 19h.

    Les travaux, d’un montant de 500 000 euros, débuteront le 17 juin.

    Sur la bonne voie, Toulon doit poursuivre sa transformation afin de favoriser, comme ici, un report modal accru vers le vélo. Des investissements bénéfiques pour l’environnement, la santé et le porte-monnaie. Grincheux s’abstenir, donc.

  • Natation : le bassin flottant de La Seyne ne répond pas aux besoins des élèves

    Natation : le bassin flottant de La Seyne ne répond pas aux besoins des élèves

    On connaît l’importance de l’apprentissage de la natation pour tous à l’école, surtout dans une commune littorale comme La Seyne, où les enfants sont fréquemment exposés aux plaisirs, mais aussi aux dangers de la mer. Et savoir nager – une évidence qu’il est bon de rappeler – réduit significativement le risque de noyade, qui demeure l’une des principales causes d’accidents graves chez les enfants.

    Pour pallier l’absence d’infrastructure digne de ce nom et rendre possible ces apprentissages obligatoires, La Seyne-sur-Mer a mis en place une solution provisoire, qui reste loin de remplir les objectifs en termes d’acquisition de cette compétence pourtant considérée comme un savoir de base, au même titre qu’écrire ou savoir faire du vélo. C’est ce que rappelle l’opposition de gauche, Alternative progressiste.

    « L’acquisition du savoir-nager avant l’entrée au collège constitue un enjeu de sécurité publique, d’égalité des chances et de santé », rappelle ainsi Stéphane Sacco (GRS ), en insistant sur le rôle prépondérant que cela joue également sur l’autonomie des jeunes, leur permettant de profiter pleinement et en sécurité de l’environnement maritime de leur territoire.

    « L’installation d’un bassin flottant en mer pour apprendre à nager aux élèves de CM1 et CM2 est une mauvaise réponse à un vrai problème », ajoute Cédric Turco (PCF). Pour l’élu, également professeur des écoles sur la commune, « il est inadmissible qu’une ville comme La Seyne-sur-Mer ne puisse pas assurer correctement cet enseignement pourtant inscrit dans les programmes scolaires ».

    La deuxième ville du Var n’a toujours pas de piscine

    Un dispositif qui, explique-t-il, peut être particulièrement anxiogène pour les enfants déjà craintifs de l’eau ou de la mer. Un bassin installé en pleine mer, soumis au mouvement des vagues, n’offre pas le cadre rassurant dont beaucoup d’élèves ont besoin.

    Sans compter, insiste le conseiller municipal d’opposition, que cet aménagement « soulève aussi des questions de sécurité ». Parlant d’expérience, il évoque le risque lié aux plaques composant la structure, qui peuvent s’entrechoquer sous l’effet de la houle, emprisonnant les mains et les doigts des enfants.

    Autre problème, qui cette fois ne relève pas du risque mais de la réalité : la capacité bien trop faible de la structure à accueillir tout le monde, avec un nombre d’heures suffisant, et sa dépendance aux conditions météorologiques. Avec des séances souvent annulées. « Nous sommes loin des véritables cycles d’apprentissage dont bénéficiaient auparavant les élèves grâce à la piscine Aquasud, avec un suivi régulier et des conditions adaptées », tempête-t-il.

    Alternative progressiste rappelle également que « de nombreux enfants sont tout simplement oubliés », le dispositif ne concernant que les élèves de CM1 et CM2. « Le savoir-nager doit être accessible à tous les enfants de la ville, dès le plus jeune âge et dans la durée », pointe l’opposition.

    L’occasion de rappeler aussi que la commune, dirigée par le maire (RN) Dorian Munoz, est dans l’obligation de mettre à disposition les moyens nécessaires à l’enseignement de la natation : le maire doit permettre aux élèves de bénéficier, dans le cadre scolaire, d’un véritable apprentissage.

    Florence Guaddacha (GRS) évoque « une solution de circonstance », alors qu’il faudrait « un investissement durable ». La seule réponse sérieuse serait de doter enfin La Seyne d’une piscine municipale.

    « Les enfants seynois méritent mieux qu’un dispositif provisoire. Ils méritent un équipement pérenne, sécurisé et adapté aux besoins de toute la population », conclut Brigitte Cheinet (PCF).

  • La ville de Gardanne expose sa feuille de route pour son suivi financier

    La ville de Gardanne expose sa feuille de route pour son suivi financier

    Parmi les nombreux dossiers examinés au cours du dernier conseil municipal, tenu le 9 juin, figurait le suivi des recommandations de la Chambre régionale des comptes (CRC). En mars 2025, les magistrats ont publié un rapport de 64 pages dans lequel était analysée la gestion financière de la commune entre 2014 et 2020. Elle estimait notamment que la situation financière était « à observer avec prudence en raison du manque de fiabilité de l’information budgétaire et financière qu’elle délivre », tout en présentant « un endettement à ce jour maîtrisé ».

    Cette évaluation, réalisée à la demande du maire Hervé Granier (LR), comme l’a rappelé ce dernier, intervenait notamment dans un contexte de changement de majorité municipale, la ville étant passée de Roger Meï (PCF) au maire actuel. En début de séance, et à partir de l’ordre du jour, Hervé Granier a ainsi rappelé les cinq recommandations formulées par les magistrats.

    « On a été avant-gardistes »

    Il s’agit de l’élaboration d’une « procédure d’évaluation du risque contentieux », « l’assurance de suivi des heures supplémentaires par la mise en place d’un système automatisé du temps de travail », « la mise en place CIA du Rifseep », « l’adoption d’une application d’un guide interne de la commande publique adapté à la collectivité » et la « mise en place d’un dispositif de prévention d’atteinte à la probité ».

    « Certaines de ces recommandations ont été ou sont en cours de mise en œuvre », résume le maire, avant de faire le point sur chacune des mesures. « Vous savez qu’on a un désaccord de fond sur l’interprétation qui a été faite du rapport de la CRC, pointe Marion Robert, élue d’opposition (DVG). Vous en reteniez un relatif satisfecit, ce qui n’était pas tout à fait notre interprétation. Nous avons à plusieurs reprises cité les extraits de ce rapport qui mettait en cause les risques de probité, la sincérité budgétaire des comptes présentés par la Ville, mais encore la sous-évaluation des risques financiers. » En résumé, « nous trouvons que ces réponses ont le mérite d’exister, mais elles nous paraissent à ce stade assez insuffisantes », estime l’élue, après avoir repris point par point les solutions mises en place par la majorité.

    Au tour de la majorité d’expliquer de façon détaillée ses avancées, sur chacune des recommandations. « En matière d’atteinte à la probité, je trouve qu’on a été assez avant-gardistes, assez efficaces sur ça », estime Arnaud Mazille, adjoint au maire. Il précise : « Aujourd’hui, dans la typologie des contentieux, 99% des dossiers concernant la ville relèvent uniquement de contestations. »

  • [Contre les Violences faites aux mineurs] À Volx, des soupçons de maltraitance sur des enfants placés

    [Contre les Violences faites aux mineurs] À Volx, des soupçons de maltraitance sur des enfants placés

    Des mineurs placés par l’ASE « forcés à travailler dans des champs », une animatrice leur faisant des « bisous sur la bouche » et des « massages sensuels »… Plusieurs salariés d’une structure accueillant des enfants placés à Volx (Alpes-de-Haute-Provence) ont été licenciés, ces derniers mois, après avoir dénoncé des agressions sexuelles et des maltraitances sur les mineurs.

    La secrétaire du syndicat départemental de FO action sociale, qui a accompagné des salariés licenciés de la structure d’accueil, évoque « un climat de terreur et d’intimidation » et « une peur des représailles » chez les salariés, qui relatent des « pressions » et des « menaces » lorsqu’ils tentent de dénoncer les faits.

    Les salariés dénoncent également la « prostitution » d’une des jeunes filles placées au sein de la structure. Selon eux, le directeur envoyait les jeunes travailler sur son exploitation agricole, dans les champs, « ramasser des cailloux lorsqu’ils étaient punis ». Un enfant de 16 ans, qui s’en était plaint à l’école, aurait été « intimidé » par le directeur. « Tout est fait pour que les enfants ne parlent pas. Les salariés sont licenciés les uns après les autres dès qu’ils ouvrent la bouche », expliquent des salariés. « On est toutes sous cachets, on prend des antidépresseurs. Il nous a usées, regrette l’une des animatrices. C’est l’omerta, la pègre. »

    D’anciens salariés dénoncent également des insultes proférées par le directeur à l’encontre des enfants, comme « bande de petits PD », « bande de putes », ou « si t’es pas content, rendez-vous au dojo, je vous éclate ». Ils affirment également que le directeur parlait en détail de sa vie sexuelle et « d’échangisme » aux enfants. Un éducateur serait par ailleurs « très tactile » avec les enfants et aurait « dormi » avec une enfant placée, selon les salariés rencontrés. Cette enfant est cependant revenue sur ses déclarations par la suite.

    Le Département étudie

    le dossier

    Six salariés auraient été licenciés et l’un d’entre eux aurait démissionné. Deux autres ont attaqué le directeur aux prud’hommes. « On ne lâchera pas ce dossier », lance la secrétaire du syndicat départemental de FO action sociale. Toujours selon les anciens salariés rencontrés, le directeur aurait pour projet de partir en Algérie dans la semaine pour échapper aux poursuites, ce qu’il nie.

    Le syndicat FO a eu un rendez-vous, mercredi au Département, responsable de l’ASE, avec notamment la directrice adjointe du pôle solidarités, pour évoquer le sujet. Le syndicat a également réalisé un signalement au procureur et à la préfecture. « Le Conseil départemental prend ces signalements avec le plus grand sérieux. Dès leur connaissance, les informations reçues ont fait l’objet d’un examen attentif et les démarches nécessaires ont été engagées », indique le Département.

    Selon les anciens salariés, deux structures appartenant au même propriétaire, à Saint-Michel-l’Observatoire et à Volx, ont déjà été fermées après la perte de leur agrément.

    Rencontré sur place, le directeur nie les accusations et les insultes. Il explique que les enfants ramassaient des légumes sur son exploitation pour les consommer par la suite. Il accuse en retour les salariés licenciés de maltraitances sur les enfants.

    « Tout est fait pour que
    les enfants ne parlent pas »

  • [Contre les Violences faites aux mineurs] À Marseille, associations, collectifs et citoyens ne lâchent rien

    [Contre les Violences faites aux mineurs] À Marseille, associations, collectifs et citoyens ne lâchent rien

    Un long cri poussé devant les grilles du Palais de justice de Marseille comme un symbole de leur détermination. Représentants d’associations, de collectifs, élus et citoyens sont réunis ce lundi 15 juin pour rappeler au gouvernement qu’il est plus que temps d’agir après la mort de la petite Lyhanna. « Nous sommes à un tournant, il faut transformer cette colère en action, on sent que ça bouge, il ne faut pas lâcher », analyse Nathalie Tessier (PCF), adjointe au maire de Marseille en charge du droit des enfants.

    Au micro, Annick Karsenty, présidente de Femmes Solidaires Marseille, une des 150 associations de la coalition féministe et enfantiste, prévient : « Tant que la loi intégrale et les moyens ne seront pas votés, tant que continuera l’impunité, nous n’arrêterons pas. » Elle rappelle l’existence de cette proposition de loi issue du travail de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), qui « prévoit des mesures contre la pédocriminalité en ligne, le renforcement des moyens et détections, des mesures prises en réponse au signalement, le suivi et l’accompagnement des victimes dès le signalement, la création d’une juridiction spécialisée dotée de moyens financiers et humains. » Ne reste plus qu’à la voter.

    Pas de démagogie

    Pour Anne-Cécile Mailfert, présidente fondatrice de la Fondation des Femmes, également présente, le constat « implacable » ne fait que renforcer la détermination. « Notre colère n’est pas de la démagogie, c’est le refus de l’habitude », insiste Stéphanie, du collectif enfantiste 13. Promettant de se rassembler tous les lundis, les manifestants prévoient une grande manifestation le 4 juillet.

  • [Contre les Violences faites aux mineurs] À Gap, un père jugé pour des viols incestueux

    [Contre les Violences faites aux mineurs] À Gap, un père jugé pour des viols incestueux

    D’après le dossier d’enquête, les faits auraient été commis entre 2018 et 2024. L’accusé, père d’une fillette aujourd’hui âgée de 11 ans, aurait commis à plusieurs reprises des agressions sexuelles et des viols durant ces années, au domicile familial, à L’Argentière-la-Bessée puis à Serres. En septembre 2024, après que l’enfant s’est confiée à sa tante, laquelle a alerté le personnel scolaire de son collège, un signalement est effectué.

    Selon les informations du dossier communiquées à la presse, le père se serait rendu en gendarmerie dès le lendemain du signalement pour porter plainte pour diffamation contre le personnel à l’origine de l’alerte. L’accusé évoque un geste accidentel, mais les enquêteurs le placent en garde à vue.

    De son côté, la jeune fille décrit plusieurs scènes d’agression et de viols commises au domicile familial. Le père reconnaît alors devant les enquêteurs des faits de pénétration et d’attouchements non consentis, des actes qu’il explique avoir commis sous le coup de la colère. Il affirme également avoir lui-même été victime de viol de la part de son grand frère durant son enfance. Il est mis en examen et placé en détention provisoire.

    L’accusé se rétracte après avoir reconnu les faits

    Quelques mois plus tard, l’accusé se rétracte, revient à sa version d’un geste accidentel et affirme que sa fille ment. Les analyses ont pourtant révélé des traces de son sperme sur les vêtements et les draps de la victime. Renvoyé en début d’année devant la cour criminelle des Hautes-Alpes, il comparaît à huis clos pour viols incestueux sur mineur. Il encourt 20 ans de réclusion criminelle. L’avocat de la défense, Me Philip, a fait savoir que le prévenu conteste les faits. Me Lourenço, avocate de la victime, estime quant à elle que la condamnation ne fait aucun doute et que l’enjeu réside plutôt dans l’étendue de la peine prononcée.

    Le procès se déroule dans un contexte national déjà tendu, marqué notamment par le drame de l’affaire Lyhanna, une fillette de 11 ans enlevée et assassinée le 29 mai dernier à Fleurance (Gers). À 19h, plusieurs personnes se sont rassemblées devant le palais de justice pour réclamer une politique nationale d’ampleur contre les violences faites aux femmes et aux enfants.

  • [Entretien] « En Afghanistan, les premiers résistants sont les chercheurs d’eau »

    [Entretien] « En Afghanistan, les premiers résistants sont les chercheurs d’eau »

    La Marseillaise : Êtes-vous d’accord si l’on dit que votre création cherche à illustrer les atteintes impérialistes en Afghanistan, l’accaparement des richesses du pays par ses suppôts, mais aussi la manière dont les Afghans y résistent ?

    Feda Wardak : C’est plutôt bien résumé. Moi, je travaille en Afghanistan à la réparation de voies d’eau. Au départ, mon travail concernait la recherche et les archives de ces hommes qui passent leurs vies à réparer les voies d’eaux qui ont été détruites par les bombardements. Avec cette création, la question des points de vue s’est imposée à moi car je veux confronter trois contextes spatiaux : les ciels, les sols et les sous-sols. Les ciels, car c’est l’endroit depuis lequel les Afghans ont beaucoup été observés et décrits, aussi bien médiatiquement que par la vision des drones. On a toujours regardé l’Afghanistan de haut. À travers les drones, ils étaient représentés comme des taches thermiques. Ils n’avaient pas de forme humaine et les pilotes de drones eux-mêmes les décrivent comme tels. En ce qui concerne les sous-sols, ce sont des endroits de résistance : c’est là où l’on répare des galeries d’eau souterraines creusées il y a 3 000 ans. Quant aux sols, ce sont les interfaces entre ces deux espaces : là où l’on voit les stigmates de la guerre, toujours présents sur la peau des corps ou la roche des paysages. Et d’autres enjeux viennent mettre en tension ces trois contextes spatiaux : ceux d’extractivisme. C’est-à-dire l’enjeu des matières premières et du pillage des ressources, puis les corps contraints à l’exil, ceux qui n’ont pas eu d’autre choix que de partir car il y avait la guerre. Et enfin, on parle des identités culturelles car, dès lors que corps sont contraints à l’exil, on assiste à une perte de la langue, des systèmes de pensée, des croyances et des rituels.

    Vous-même êtes le fruit de cette diaspora afghane en France. Avez-vous connu cette perte d’identité ?

    F.W. : Je suis de la première génération car je suis arrivé à 4 ans. Si j’ai grandi ici, ma relation avec l’Afghanistan était entretenue dans ma culture. Et encore plus depuis une quinzaine d’années car j’y fais des allers-retours et que j’ai appris à recomposer des choses afghanes pour moi-même. J’appartiens à la diaspora tout en étant aussi là-bas. Je me suis construit à travers le prisme des identités afghanes mais j’ai aussi un point de vue occidental. Deux aspects qui entrent en tension et cohabitent en même temps.

    Le Festival de Marseille attache « Ce que le ciel ne sait pas » à une « scénographie monumentale »…

    F.W. : Je parlerais plutôt d’une installation avec une œuvre monumentale activée par une création chorégraphique. Elle représente une foreuse, une vis sans fin : comme si, à mesure qu’on perçait dans du bois, de la poudre s’en extrait. Là, on perce le sol et on en extrait la matière. Le public fait face à un grand escalier en colimaçon qui tourne dans un sol incliné. Cette inclinaison permet de raconter le déséquilibre d’une société par des agents extérieurs qui viennent opérer dessus. La vis sans fin raconte elle l’extractivisme des matières premières, des corps et des identités culturelles.

    Vous évoquez « un déséquilibre » du pays par « des agents extérieurs ». Quelles cicatrices les impérialismes, atlantistes comme soviétiques, ont-ils laissées sur l’Afghanistan ?

    F.W. : De nos jours, on a des territoires entiers pollués, des populations entières traumatisées. C’est le plus gros impact. On voit des traumatismes de guerre qui durent sur plusieurs générations, des silences qui en découlent, des tabous dans des familles divisées, des personnes amputées, beaucoup de formes de bipolarité et de malnutrition, aussi… Des terres sont polluées à certains endroits où Trump a aussi fait en 2017 des tests de ce qu’ils appellent « the mother of all bombs », la mère de toutes les bombes : la plus puissante en dehors des bombes nucléaires. Là-bas, des gens ont des maladies de la peau, des malformations. Et tous les aliments qui viennent de la terre sont toxiques, mais les gens n’ont pas d’autres choix que de les manger. Tout cela ne peut pas s’effacer du jour au lendemain.

    Il vous arrive aussi de parler
    de votre création en évoquant
    une «
     résistance par les baguettes de sourcier »…

    F.W. : Je travaille depuis quelques années pour retrouver la trace de ces galeries souterraines. Il y a des sourciers qui, par un travail et un savoir-faire ancestral, mais pas rationalisable, entretiennent des formes de magnétisme avec les eaux sous les sols. Une fois leurs traces retrouvées, j’essaie de refonder le chemin de ces galeries qui ont disparu. On bouche, on répare, on les étayer et essayons de faire revenir l’eau. En Afghanistan, les premiers résistants sont les chercheurs d’eau. Beaucoup d’entre eux sont d’ailleurs pris pour cible par les drones. Car, dès lors qu’on s’en prend au réseau hydraulique, le peuple ne plus survivre. Et quand il n’y a plus une population sur une terre, cette terre n’est plus défendable. C’est une stratégie vieille comme le colonialisme. On s’en prend à l’eau pour faire disparaître les corps et, une fois qu’il n’y a plus de corps, on prend le contrôle des terres.

    Mardi 16, mercredi 17 et jeudi 18 juin
    à la Vieille Charité à 22h. 10 euros. www.festivaldemarseille.com