Category: accueil-merge

  • Des forces de sécurité bien articulées pour endiguer les trafics

    Des forces de sécurité bien articulées pour endiguer les trafics

    Le comité d’accueil à la sortie du bus en provenance de Marseille, au terminus de l’aéroport à Marignane, surprend un peu les voyageurs. Les forces de la police aux frontières, la gendarmerie des transports aériens et les douanes ont uni leurs forces pour une journée de contrôle, mardi.

    Tandis que Pacha, labrador de 7 ans, passe sa truffe sur les valises et les passagers, cherchant à détecter des produits stupéfiants, le préfet de région, Jacques Witkowski, venu avec la préfète de police, Corinne Simon, explique : « Le message est clair, les produits illicites ne passeront pas par la plateforme aéroportuaire. Avec 11 millions de passagers, Marseille se place comme un des premiers aéroports français et européen, il nous faut éviter qu’il soit une porte ouverte sur les trafics. »

    Précisant que ce travail commun est quotidien sur ce site, « un travail à bas bruit », Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale, ajoute que ces services ont dans leur ligne de mire le stup’, mais aussi « les VTC illégaux qui font prendre des risques aussi à leurs clients ». Côté douane, « on a deux obligations », pose Michael Lachaux, directeur régional des douanes à Marseille :   « Assurer la fluidité, ne pas retarder, et assurer la sécurité du département voire de la région. » Les douaniers ont effectué, en 2025, pas moins de 1 400 constatations et saisi 2,5 tonnes de tabac, 30 000 contrefaçons et 50 kg de stupéfiants.

    Les mules pour le tabac

    Il témoigne du retour d’un phénomène, celui des mules. « On connaissait les mules guyanaises, où on mettait plusieurs passagers qui avaient ingéré des produits, [dans l’idée que] les premiers se font prendre et les autres passent sans être contrôlés. On a la même chose en matière de tabac, avec plusieurs centaines de kilos à chaque fois », détaille-t-il.

    Après la gare routière, direction les sous-sols du terminal 1. Un avion en provenance d’Alger vient d’atterrir. Une destination « sensible » pour les douanes, où il faut distinguer le trafic, avec le tabac en échange d’autres produits importés, du voyageur qui ramène pour sa consommation personnelle.

    À l’image de ceux installés en surface, des tapis accueillent les bagages débarqués. Un autre labrador de la douane, Van, spécialisé dans la recherche de tabac en quantité, est guidé par son maître. « Quand il marque, il gratte, je prends alors la valise et je la mets de côté », détaille une douanière, fier de son « collègue de travail ». Un job de précision avec les bagages de 130 ou 150 passagers par vol. Justement, l’animal repère un sac. Il ne va pas être retenu, mais remis dans le circuit. « Ce qui nous intéresse, c’est non seulement la marchandise, mais la personne qui vient la chercher », développe le directeur régional des douanes. Toujours dans ce souci de fluidifier les flux, le voyageur sera intercepté à la surface et le bagage ouvert devant lui. Bilan : cinq cartouches au lieu d’une admise.

    Dans la zone fret, le Paco, le malinois de la gendarmerie, capable de dégoter explosifs, armes, stupéfiants et billets de banque, fera chou blanc sur les boîtes médicales en provenance d’Ajaccio. « C’est un outil précieux pour nous », insiste le major Rio, dont la brigade de 27 effectifs est en charge de la sûreté portuaire.

    Entre-temps, les douanes ont encore réalisé une belle prise : pas moins de 100 paquets de cigarettes, en provenance d’Algérie…

  • Pierre-Emile Højbjerg attire la convoitise de l’Atalanta

    Pierre-Emile Højbjerg attire la convoitise de l’Atalanta

    Après la Juventus de Turin, désireuse de lui mettre le grappin dessus depuis le dernier mercato hivernal, l’Atalanta Bergame est entrée dans la course pour s’offrir les services de Pierre-Emile Højbjerg, d’après Gianluca Di Marzio, l’un des spécialistes du mercato.

    Le milieu de terrain international danois de 30 ans, auteur de 75 apparitions sous le maillot olympien depuis son arrivée dans la cité phocéenne à l’été 2024, figure parmi les départs potentiels susceptibles de renflouer les caisses de l’OM.

    Dans un contexte économique toujours surveillé de près, et alors que le club phocéen pourrait être fixé ce mercredi sur une éventuelle sanction de l’UEFA pour non-respect de l’« accord de règlement » signé en 2022, la direction olympienne reste contrainte d’envisager certaines ventes importantes pour équilibrer ses comptes.

    Malgré son statut de cadre et son rôle central dans l’entrejeu de Roberto de Zerbi, Højbjerg n’est donc pas considéré comme totalement intransférable. L’ancien joueur de Tottenham, qui a même porté le brassard de capitaine en l’absence de Leonardo Balerdi, séduit particulièrement le nouveau staff bergamasque.

    Désormais dirigée par Maurizio Sarri, fraîchement nommé sur le banc de l’Atalanta, la formation lombarde entend bâtir un milieu de terrain à la fois technique, discipliné et expérimenté. Le profil du Danois correspond parfaitement aux exigences du technicien italien, qui apprécie les joueurs capables de structurer le jeu tout en assurant un important volume de course.

    Transfert supérieur

    à 10 millions d’euros

    Dans ce projet de reconstruction, Sarri et son nouveau directeur sportif Cristiano Giuntoli – les deux hommes ayant déjà collaboré avec succès à Naples – souhaitent donner une nouvelle identité à l’Atalanta après la fin du cycle Gasperini. Le dossier Højbjerg s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur le renouvellement de l’entrejeu, d’autant que le départ du Brésilien Éderson vers Manchester United, estimé à environ 45 millions d’euros, pourrait offrir une importante marge de manœuvre financière aux dirigeants bergamasques.

    Prêté à l’Olympique de Marseille en provenance de Tottenham à l’été 2024, avec une option d’achat de 13,5 millions d’euros levée à l’issue de sa première saison, Pierre-Emile Højbjerg ne fera pas l’objet d’un départ à bas prix. L’OM a déjà repoussé une première offre avoisinant les 10 millions d’euros, formulée par le club turc de Besiktas. La direction marseillaise reste ferme : aucun départ ne sera étudié en dessous de la valeur réelle du joueur, estimée autour de 15 millions d’euros par Transfertmarkt, voire davantage en cas de concurrence entre clubs.

    La campagne de réabonnements décalée

    La campagne de réabonnements du club marseillais devait initialement commencer ce mardi, mais le flou autour du renouvellement des abonnements a gagné du terrain. Et pour cause : face à l’incertitude liée aux sanctions de l’UEFA, l’OM a finalement décidé de la décaler, selon La Provence. Elle ne commencera donc qu’une fois que les dirigeants olympiens auront été informés par l’instance européenne, vraisemblablement ce mercredi ou jeudi. Cette attente a également empêché toute communication concernant les tarifs des abonnements. Aucune information n’a en effet filtré sur les prix qui devaient être proposés aux fidèles du stade Vélodrome. Ces derniers devront donc encore patienter un peu avant d’être définitivement fixés. C.K.

  • La France vient à bout du Sénégal pour son entrée en lice

    La France vient à bout du Sénégal pour son entrée en lice

    Les démons du match France-Sénégal 2002 sont bel et bien derrière eux. Le Mondial asiatique n’avait pas porté chance aux Bleus, le nord-américain débute de la manière idoine. Après une première période terne, Olise et ses coéquipiers ont réglé la mire pour battre les Lions de la Teranga (3-1), mardi soir.

    Il a fallu attendre la fin du premier quart d’heure de jeu pour voir l’action inaugurale de l’équipe de France. Finalement, ces premières minutes de jeu ont été à l’image du reste. De grosses approximations techniques, aussi bien sur les contrôles que les passes. Si le Sénégal n’a pas trouvé la faille lors de cette période, il a touché le montant par l’intermédiaire de Nicolas Jackson (25e). Le joueur prêté au Bayern Munich la saison dernière a vu sa frappe s’écraser sur le poteau avant d’heurter la jambe de Mike Maignan. Les balles perdues ont été le maître mot de ce premier acte pour les deux formations, au grand dam des nombreux spectateurs et téléspectateurs. 45 minutes ternes, sous le soleil de la banlieue new-yorkaise.

    Le match s’est progressivement emballé et les défenses se sont ouvertes. Michael Olise, dès la reprise, a offert la meilleure occasion à l’équipe de France. Le gardien sénégalais Edouard Mendy est monté rapidement pour boucher les angles, face au joueur formé à Chelsea.

    Kylian Mbappé a enfin trouvé la faille

    Les premières réelles vibrations autour de cette partie sont arrivées autour de l’heure de jeu. Peu inspiré depuis le coup d’envoi, Kylian Mbappé est monté en puissance et aurait pu obtenir un penalty. L’arbitre australien a décidé, avec l’aide de la vidéo, de ne pas l’accorder au capitaine tricolore.

    Mais il n’a pas fallu patienter plus longtemps pour le Bondynois. Idéalement lancé par le métronome Michael Olise, Mbappé a trompé Mendy pour inscrire un 57e but en Équipe de France. Cette réalisation lui permet alors d’égaler Olivier Giroud, meilleur buteur de l’histoire des Bleus, et de revenir à trois buts de Miroslav Klose, canonnier le plus prolifique en Coupe du monde. Et même à deux buts de l’Allemand et passer devant Giroud, avec un but au bout du temps additionnel (3-1, 97e), après la réalisation de Barcola (2-0, 82e) et celle de Mbaye (2-1, 96e) pour réduire la marque. Un doublé et une victoire : Mbappé et la France sont lancés.

    FRANCE 3 (0)

    SENEGAL 1 (0)

    1ère journée du groupe I de la Coupe du monde

    MetLife Stadium, New Jersey

    Arbitre : Alireza Faghani (AUS)

    Buts : Mbappé (66e, 90+7’), Barcola (82e) ; Mbaye (90+6’)

    FRANCE : Maignan – T.Hernandez, Upamecano, Saliba, Koundé – Rabiot, Tchouameni – Doué, Dembele, Olise – Mbappé

    Entraîneur : Didier Deschamps

    SENEGAL : Mendy – Diouf, Niakhaté, Coulibaly, Diatta – P.Gueye, I.Gueye, Camara – Mané, Sarr, Jackson

    Entraîneur : Pape Thiaw

    ET AUSSI

    Les folles 24 heures de la Tunisie

    Un premier match catastrophique et un fort remue-ménage d’entrée pour les Tunisiens. Après la lourde défaite contre la Suède (5-1), la fédération tunisienne a décidé de remercier son sélectionneur, Sabri Lamouchi. Le Franco-Tunisien paie déjà ses choix, alors que sa nation est en pleine reconstruction. Pour continuer cette Coupe du monde, Hervé Renard a été appelé, en pompier de service, pour sauver ce qui reste à sauver.

    Quid de Neymar ?

    Attraction de la liste brésilienne concoctée par Carlo Ancelotti, Neymar est toujours inapte. L’ex-joueur du PSG n’a pas encore repris l’entraînement sur le terrain, alors que son pays doit affronter Haïti, dans la nuit de vendredi à samedi. Nul ne sait s’il participera à au moins un match dans cette Coupe du monde.

    Plus de visa pour un attaquant iranien

    L’attaquant iranien Mehdi Torabi a vu son visa pour entrer sur le sol américain expirer à la suite du match contre la Nouvelle-Zélande (2-2). Contrairement à ses coéquipiers, ils n’avaient droit qu’à une seule entrée aux États-Unis. La fédération a annoncé « entamer des démarches » pour régler cette situation au plus vite.

    Lionel Messi puissance 200

    Des paliers records, Lionel Messi en a franchi de très nombreux durant sa longue carrière. Un nouveau cap a été dépassé, la nuit dernière, lors du match Argentine-Algérie. La légende du Barça a atteint les 200 sélections. Seul un joueur fait mieux dans toute l’histoire du football : Cristiano Ronaldo. Le Portugais affiche actuellement à 228 sélections. Luka Modric talonne Messi d’une unité (199), pour ses derniers moments avec la Croatie.

  • Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    « On a décidé, avec les organisations syndicales progressistes, celles qui ont conscience du moment dans lequel on se trouve, de nous mobiliser aujourd’hui devant l’UPV », commence le secrétaire général de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Et de poursuivre : « On a des adversaires de classe aussi bien dans la classe politique que dans le patronat visiblement, puisqu’ils s’acoquinent les uns avec les autres. »

    D’où la nécessité de se rassembler et de construire un rapport de force pour refuser cette connivence antisociale et leurs offensives. « La majorité gouvernementale, bien aidée par l’extrême droite, veut voler le 1er Mai aux salariés qui sont en première ligne, c’est-à-dire les salariés du commerce », reprend le patron de la CGT dans le Var.

    Une nouvelle tentative d’enfoncer aujourd’hui un coin dans les acquis sociaux, après deux premières charges infructueuses en janvier et en avril, avec le passage au Sénat « d’une proposition de loi qui ouvre en grand les possibilités de déroger au 1er Mai avec le travail des boulangeries et des fleuristes ».

    Un attrape-nigaud, prévient-il, puisque derrière la rhétorique de défense du petit commerce, c’est encore au profit des grands groupes, comme Interflora et Carrefour, que la majorité veut légiférer. « Et si on laisse passer ça, on s’expose à d’autres coups bas, met en garde Richard Roméo-Giberti. On voit très bien que leur intention, c’est de s’attaquer in fine, notamment à la cinquième semaine de congés payés ». Et de poursuivre : « Le 1er Mai, on n’y touche pas. C’est le seul jour chômé pour tout le monde et c’est le fruit de décennies et de décennies de luttes sociales. »

    Pas de justice sociale

    sans solidarité

    Pas question en tout cas, « après s’être fait voler deux ans de vie avec la retraite à 64 ans », d’accepter de laisser banaliser le travail le 1er mai, « au nom du profit et des lobbies économiques ».

    « Nous refusons cette attaque symbolique et sociale ! Le 1er Mai est un jour de solidarité, de lutte et de conquêtes sociales. Il appartient au monde du travail, pas aux actionnaires », affirme avec force Zoé Desmoulins (Solidaires), lors de la prise de parole de l’intersyndicale.

    Géraldine Compain (Unsa) met en évidence, elle, que « faire travailler davantage celles et ceux qui peinent déjà à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix de l’alimentation, à l’augmentation des loyers et des factures d’énergie, aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain ». D’autant plus une aberration, dénoncent les syndicats, que pendant que « la vie chère étouffe la population, les grandes entreprises accumulent les profits ».

    L’intersyndicale exige donc l’augmentation immédiate des salaires, pensions et minima sociaux ; l’indexation des salaires sur les prix ; ainsi que le blocage des prix des produits de première nécessité et de l’énergie.

    Julie Birebent (FSU) a rappelé comment, pendant ce temps, comme toujours, « l’extrême droite tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat ». Et vote, impunément pour l’instant, contre les intérêts des salariés, contre les droits syndicaux et contre les solidarités.

    « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division », a martelé Anaïs Pascual (CGT). De l’unité, il va en effet en falloir pour défendre efficacement les droits et les libertés menacés. « Il n’y a pas de justice sociale sans démocratie et sans solidarité », insiste-t-elle. Et de poursuivre : « Nous exigeons des salaires pour vivre, pas survivre ! »

    Une aspiration largement partagée qui devra se traduire par de grandes mobilisations politiques et sociales pour aboutir.

  • À Marseille, un policier municipal condamné pour violences

    À Marseille, un policier municipal condamné pour violences

    Un policier municipal de Marseille a été reconnu coupable de violences par personne dépositaire de l’autorité publique. Il a été condamné à 3 mois de prison avec sursis pour un tir de pistolet-taser qui avait atteint la victime aux testicules. Le tribunal a fait droit à une dispense d’inscription de sa condamnation au bulletin n°2 du casier judiciaire.

    Le parquet avait requis, à l’audience du 7 mai, une peine de 8 mois de prison avec sursis, un an d’interdiction d’exercer et deux ans d’interdiction de port d’armes, estimant que le policier de 40 ans « avait joué au cow-boy et fait un faux pour se couvrir » sur ce qui n’était pas un refus d’obtempérer.

    Le 15 mai 2024 à 16h, trois policiers municipaux en patrouille décidaient de contrôler un scooter roulant sans casque, avenue de Corot (13e). Le pilote de 31 ans s’était garé pour entrer dans le snack vide. Alors qu’il sortait vivement des toilettes, un premier tir de taser l’atteignait dans le dos. Foudroyé, il tombait d’un bloc au sol, entraînant dans sa chute une policière. Il reprenait ses esprits. Jugé menaçant, il était à nouveau électrisé, toujours dans le snack, par un second tir dont les aiguillons atteignaient ses parties intimes. L’homme menotté relatait avoir ensuite été frappé à bord du véhicule. Les marins pompiers n’avaient pas été appelés alors que la règle l’exige dès que l’arme d’impulsion électrique est engagée. Après 12 années dans la police nationale et 6 ans de police municipale, c’était son premier emploi du taser.

    « La légitime défense était caractérisée pour le premier tir », a dit la présidente au délibéré, l’individu étant sorti des toilettes en mode bélier avec son casque en avant. S’agissant des coups de poing portés à son visage à bord du véhicule de police, « il n’est pas démontré que le policier en est l’auteur, la partie civile ayant chuté à deux reprises, d’abord dans le snack puis en sortant du véhicule de police », a dit la juge.

    Le policier répondait en outre de faux. Son procès-verbal pour refus d’obtempérer indiquait que le véhicule de police avait poursuivi sur 200 mètres le scooter alors que l’enquête établit que le scooter ne s’est déplacé que de 25 mètres pour se garer devant le snack. Bien que le policier ait reconnu le faux en déclarant « avoir mal actualisé les données du rapport en faisant un copié-collé d’un autre rapport qui a erroné certaines données », le tribunal l’a relaxé, « le procès-verbal de mise à disposition ne figurant pas dans la procédure ».

    Trois caméras-piétons hors service

    « Nous sommes très satisfaits car nous avons le sentiment d’avoir été écoutés par la juridiction. Nous aurions certes aimé que le second tir puisse être retenu comme légitime aussi », a commenté Me Sandrine Pauzano, conseil du policier. Dans cette affaire, aucune des caméras-piétons dont sont porteurs les trois policiers n’a fonctionné. La caméra du pistolet-taser, prévue pour se déclencher automatiquement, n’a pas davantage opéré. Quant à la vidéosurveillance de la ville, la caméra n’a pas fixé la scène. Les seules images ont été prises par un passant (ci-dessus).

    « Une condamnation pour violences policières est toujours appréciable. On a eu la chance d’avoir un procureur qui a immédiatement levé la garde à vue de mon client et décidé de poursuivre le policier à la suite de notre plainte », s’est félicitée hier Me Camille Latimier-Theil, pour la partie civile. Le tribunal a ordonné une expertise médicale de son client. Le médecin désigné devra rendre son rapport avant la fin de l’année. L’audience sur les intérêts civils est fixée au 21 mai 2027.

  • Le projet de biométhane prend une place centrale

    Le projet de biométhane prend une place centrale

    C’est pour faire toute la lumière sur un projet qui vient en réponse à l’arrêt de charbon et qui privilégie une transition avec le maintien des emplois et des compétences que les riverains étaient conviés à cette concertation placée sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP). À la Maison du peuple, ce dernier volet, technique, portait sur le mode de fabrication, les enjeux, les risques et le niveau d’étude. Il a fait salle comble.

    Après les réunions des 12 et 26 mai, cette nouvelle phase de consolidation d’un projet résultant d’une lutte sociale de plusieurs années intervient alors que la société Hy2gen a abandonné le sien, Hynovera. Porté par la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), détenue par l’Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG), le projet BMP vise à produire du gaz dit « vert » via un procédé industriel de pointe pour transformer du bois de récupération en fin de vie, en combinant pyrolyse et méthanation, mais sans incinération. Cette nouvelle unité devrait créer 50 emplois directs, dont 23 anciens salariés de la centrale, et 150 indirects pour une capacité de production de 234 GWh/an, soit de quoi alimenter 40 000 foyers à l’horizon 2029.

    Un mix énergétique

    « 200 personnes à la première réunion, 130 à la seconde et plus de 880 visiteurs sur le site, 97 avis dont 72 positifs », ont résumé les deux animateurs de la concertation du cabinet Deconcert. La marque d’un intérêt certain de la population pour le projet. Les commentaires ont porté notamment sur « l’ambition de la redynamisation industrielle du bassin minier » et les inquiétudes sur « les points de vigilance quant aux impacts environnementaux ». Le procédé d’utilisation de bois de récupération a particulièrement retenu l’attention pour « son côté économie circulaire qui fait sens sur le territoire ».

    Des éléments de participation dont Loïc Delpech (ATCG) retire des enseignements : « On savait qu’on ne ferait pas l’unanimité, mais les échanges nous aident avancer. Tout est toujours perfectible. » Dans la salle, ce mardi soir, ddes craintes portant sur le traitement des eaux ou les rejets toxiques se sont à nouveau vivement exprimées. Mais la volonté de transparence des porteurs du projet n’entame pas leur détermination à le faire aboutir, a rappelé Jean-Michel Roccasalva : « Ce n’est pas une option. » Le secrétaire général de la CGT du site a également pointé « l’importance de la synergie qui va permettre le maintien des activités autour, de redynamiser le commerce et les services publics, c’est un ensemble d’activités qui ont un intérêt commun ».

    « Quand une usine ferme, les services publics aussi », a souligné un postier soucieux que ses enfants « puissent vivre et travailler à Gardanne s’ils le veulent ». Il voyait dans la réouverture d’une ligne ferroviaire pour ce projet « porté par des travailleurs non guidés par la rentabilité, (…) un service qui pourrait bénéficier aux voyageurs ». Synergie, mais aussi mix énergétique, avec une production locale, pour Renaud Henry. Le secrétaire général de la CGT Énergie de Marseille a précisé : « On parle beaucoup d’énergie verte, mais ça n’existe pas. En France, le gaz naturel ne représente que 12% de ce mix, contre 70% de nucléaire, et il vient des gisements de schiste américains. » L’information « continuera », a assuré Thierry Bard, de GazoTech, et la consultation dure jusqu’au 22 juin sur le site concertation-bmp.fr, mais l’urgence est au dépôt des permis pour une mise en service courant 2029.

    La participation à cette concertation préalable reste possible jusqu’au 22 juin, via www.concertation-bmp.fr.

  • Dans le Var, avec la nouvelle loi, le narcotrafic mute mais ne faiblit pas

    Dans le Var, avec la nouvelle loi, le narcotrafic mute mais ne faiblit pas

    Le 13 juin 2025, une nouvelle loi « visant à sortir la France du piège du narcotrafic » était promulguée, visant à élargir l’arsenal juridique et les moyens d’action des services de police et de gendarmerie. Parmi ces mesures figurent la création d’un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), le renforcement de la lutte contre le blanchiment d’argent et des moyens d’action administratifs locaux, ainsi que de nouvelles mesures judiciaires et techniques d’enquête, avec une protection accrue des agents et des témoins.

    Un an après son application, les services de l’État dans le Var, réunis autour du préfet mardi, dressent un constat mitigé : loin d’avoir reculé, le narcotrafic a muté, et « les trafiquants se sont adaptés aux nouvelles modalités d’enquête », résume le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland. En conséquence, c’est « l’action de l’État qui a dû s’adapter » quand « le trafic se poursuit sous d’autres formes », reconnaît le préfet du Var, Simon Babre, qui observe ainsi « une uberisation du trafic et une forte régression des points de deal ». Sur les 35 sites considérés comme « historiques » par l’Office antistupéfiants (Ofast), seuls 13 sont encore actifs.

    Des saisies qui explosent

    Cette évolution s’appuie notamment sur les réseaux sociaux. Pour lutter contre ce phénomène, 28 enquêteurs ont été formés afin de démanteler les trafics en ligne, en recourant à des pseudonymes, comme le permet la loi « Narcotrafic ». Au total, depuis le début de l’année 2026, 37 enquêtes ont été menées, aboutissant à 43 interpellations, et contribuant à une évolution marquée des saisies : -6,75% de saisies par rapport aux cinq premiers mois de 2025 pour la cocaïne (77,3 kg saisis) et -89% pour les plants de cannabis (61 plants), mais +85% pour le cannabis lui-même (440 kg), +264% pour l’ecstasy (1 658 cachets) et, plus inquiétant encore, +355% pour l’héroïne (641 g). Ces chiffres peuvent toutefois être interprétés de différentes manières, illustrant à la fois la progression de la consommation et du trafic d’une part, et celle de la lutte d’autre part.

    La numérisation des pratiques a une autre conséquence. « Les usagers deviennent revendeurs car il est rentable d’acheter du produit et de le rapporter dans l’arrière-pays varois », analyse le commandant du groupement de gendarmerie du Var, Grégory Goumain, qui recense, sur sa zone, « 95 trafics démantelés dans 39 communes en 2025, 28 dans 20 communes en 2026 ». Les quantités transportées sont généralement plus faibles, une adaptation observée de manière assez générale, « car si on se fait attraper, le risque encouru est moins important », complète le procureur de la République de Toulon. Les services des douanes font le même constat, observant une « multiplication des petites saisies et une hausse significative des amendes », selon Myriam Soula, directrice interrégionale des Douanes. Est aussi observée une « fragmentation supposée de la livraison avec des envois postaux par exemple, ce qui est nouveau pour nous ».

    Logement et prestations sociales en ligne de mire

    Une des clés du trafic demeure le logement, avec l’utilisation d’appartements « nourrices », dont certains sont loués via Airbnb. La loi contre le narcotrafic a ainsi conduit à 24 demandes d’expulsion, dont deux ont été effectives. Par ailleurs, cinq fermetures de commerces et 124 interdictions de paraître ont été prononcées. Toujours dans le cadre de cette loi, et au titre de l’extension des prérogatives administratives locales, une convention nouée fin 2025 entre la CAF du Var et les services de l’État permet désormais de sanctionner les trafiquants bénéficiaires d’aides sociales. Plus de 50 signalements ont été réalisés, pour cinq mesures coercitives, tandis qu’une vingtaine de dossiers sont encore à l’étude.

    Sur la route, où 15% des accidents mortels (cinq décès depuis janvier, contre neuf sur les cinq premiers mois de 2025) sont liés aux stupéfiants en 2026, la multiplication des contrôles a permis de détecter davantage de conduites sous emprise (837 cas pour 7 727 contrôles au premier trimestre, contre 738 pour 8 312 sur la même période en 2025). Le taux de tests positifs reste similaire (12%), mais le nombre de suspensions de permis a augmenté de 42%, les stupéfiants en étant désormais la principale cause.

    Si, pour le procureur Raphaël Balland, « l’absence d’usagers assèche le trafic », la question de l’addiction n’a été que survolée par le préfet : « Il y a des mesures de prévention pour en sortir et montrer que la spirale du trafic expose à des représailles, des dettes. Nous appelons à la responsabilité collective. » Une responsabilité qui incombe aussi – et surtout – aux pouvoirs publics, les faits montrant que l’addiction se traite rarement par le seul levier coercitif, notamment lorsqu’elle est liée à des problématiques socio-économiques.

    DES PROCÈS MARQUANTS DANS LA RÉGION

    17 octobre 2025

    À Avignon, deux boss du Ponzo tombent

    Le tribunal correctionnel d’Avignon a condamné un des grands patrons du réseau du Ponzo au sud d’Avignon, Badr J., à dix ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants. Qualifiée de « directrice territoriale » du point de deal, Anaïs E. écope de 7 ans ferme. Ce point de deal, dans le quartier Monclar, rayonnait sur tout le département du Vaucluse, générant violences et règlements de comptes.

    14 avril 2026

    DZ Mafia : 25 ans contre Gabriel Ory

    La cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône jugeait six accusés, dont deux narcotrafiquants du haut du spectre présumés diriger la DZ Mafia. Elle a condamné Gabriel Ory à 25 ans de réclusion pour un double meurtre, en 2019, dans une chambre d’hôtel de Plan de Campagne. Elle a acquitté Amine Oualane, qui reste écroué dans le cadre d’autres dossiers. Gabriel Ory vient d’être mis en examen pour un projet d’évasion de la prison de Vendin-le-Vieil. D.C.

    14 mai 2026

    12 ans ferme contre le recruteur d’un ado tueur

    Hacène Larbi, alias « le H », 24 ans, est condamné à 12 ans de prison, à Paris, pour avoir recruté, depuis sa prison, un adolescent de 17 ans chargé de tuer une cible à Marseille. Lola D., 23 ans, qui avait acheminé une kalachnikov à l’adolescent tueur, est condamnée à cinq ans de prison. Surpris dans une impasse des quartiers nord par un passant qu’il a blessé à l’arme blanche, l’adolescent avait fui. Il doit être jugé, en juin, par le tribunal pour enfants.

    5 juin 2026

    Le clan Yoda condamné

    Félix Bingui, 35 ans, dit le chat, « chef incontestable » du clan Yoda, est condamné à 12 ans d’emprisonnement et 200 000 euros d’amende au terme de trois semaines de procès, à Marseille, aux côtés de 19 comparses, dont 4 ont été relaxés. Son bras droit, Mohamed Hussein Saleh, a écopé de 9 ans de prison. Toujours en fuite, Zine Eddine Belkaid, considéré comme le grand gérant des points de vente, a été condamné à 8 ans de prison. Dans la sanglante guerre territoriale, ce gang s’est effondré sous les assauts de la DZ Mafia.

    D.C.

  • [Exposition] Le Pont du Gard coloré par les enfants

    [Exposition] Le Pont du Gard coloré par les enfants

    Relier le passé, le présent et le futur. C’est l’objectif de la 11e édition de Pont du G’Art, qui met à l’honneur les enfants gardois et donc les citoyens de demain. Sur le thème « L’animal au carré », 47 classes de la région ont travaillé sur ce sujet et les œuvres des enfants seront donc exposées dans le bâtiment de la Rive Gauche pendant cinq jours, du 18 au 22 juin.

    Pour ce travail, les élèves ont été accompagnés par la photographe, écrivaine, reporter et vidéaste Anne-Lise Lepellec. Cette artiste au parcours étonnant, qui a d’abord suivi des études de philosophie avant de parcourir le monde pendant dix ans pour finir par devenir artiste de rue en Irlande, s’appuie sur la lumière, les mots et la matière des supports pour proposer des œuvres poétiques. En traitant de l’animal, l’objectif était d’interroger les élèves sur leur rapport à la faune entre peur, fascination, attirance ou révulsion et de questionner leur lien avec la nature.

    Mapping sur
    le Pont du Gard

    Au-delà de l’exposition, les élèves auront le privilège de voir leurs œuvres projetées sur le Pont du Gard. En effet, dès la nuit tombée (22h30), un mapping sera projeté sur le célèbre bâtiment antique. « L’objectif est de donner accès à la culture au plus grand nombre. Le point final de la démarche, après la découverte du processus créatif, est la visite sur site qui permet aux élèves non seulement de découvrir leurs œuvres exposées mais aussi d’avoir un contact avec un lieu patrimonial et historique », précise la collectivité.

    Une autre exposition de scolaires est prévue dans la foulée : du 24 au 29 juin, les élèves du collège Voltaire de Remoulins exposeront leur travail sur le thème « Tisser–Métisser », réalisé avec leur enseignant Julien Salmon et la plasticienne Margaux Fontaine. Un travail dans lequel ils ont entrelacé matières, images et histoires pour créer une œuvre singulière.

  • [Entretien] « Mon rôle sera d’exiger la transparence totale »

    [Entretien] « Mon rôle sera d’exiger la transparence totale »

    La Marseillaise : Quels seront vos principaux sujets de vigilance ?

    Antoine Bertrand : Cette commission des finances revient traditionnellement à l’opposition. Il n’y a donc aucune entente avec la majorité, contrairement à ce que certains essaient de faire croire. Mon rôle sera d’exiger la transparence la plus totale sur les comptes publics de la Ville. Michaël Delafosse présente des budgets à l’équilibre, mais quand on regarde les trajectoires budgétaires, il y a de vrais sujets d’inquiétude. Le contrôle financier ne doit pas être seulement dans les mains de l’exécutif municipal : il revient aussi au conseil municipal, qui représente le peuple. Cette fonction, je veux l’exercer avec sérieux, dans l’intérêt général des Montpelliérains.

    Vous critiquez notamment l’augmentation de la fiscalité. Pourquoi ?

    A.B. : Le problème est démocratique. Cette hausse des impôts était visiblement anticipée avant les élections, mais elle n’a pas été annoncée aux Montpelliérains pendant la campagne. Si Michaël Delafosse avait été honnête, il aurait permis un vrai débat budgétaire. Or cette hausse arrive quelques semaines après les municipales, dans les alcôves du conseil municipal et de la métropole. En plus, elle s’accompagne d’une baisse des investissements publics et des moyens pour les services publics : c’est un budget austéritaire. On ne peut pas augmenter la pression fiscale sans engager les investissements structurants dont la ville a besoin. Nous aurions fait d’autres choix : une régie publique de l’énergie, une politique volontariste du logement social et étudiant, ou encore la gratuité des cantines scolaires. L’alimentation n’est pas un bien marchand, c’est un bien commun.

    Vous mettez aussi en cause la responsabilité de l’État. Que lui reprochez-vous ?

    A.B. : Il y a un véritable hold-up de l’État sur les collectivités, commencé sous François Hollande et poursuivi depuis. Les dotations baissent ou stagnent, les fonds comme le fonds vert sont réduits, et les communes doivent chercher des subventions partout. L’État assèche les collectivités, tout en leur transférant toujours plus de charges. Cela réduit leur autonomie fiscale et abîme la démocratie locale. À Montpellier, où le taux de pauvreté est massif, autour de 24%, l’augmentation de la fiscalité est un double coup de massue, surtout avec le coût du logement.

  • Une plateforme face au manque de saisonniers dans le Gard

    Une plateforme face au manque de saisonniers dans le Gard

    Chaque été, le Gard remet les clés de son économie touristique entre les mains de milliers de saisonniers. Dans les cuisines, les hôtels, les campings, les bars du littoral ou les restaurants de Nîmes et de Camargue, ce sont eux qui tiennent la baraque quand la fréquentation grimpe avec le thermomètre. Mais depuis plusieurs années, les bras manquent, les professionnels du secteur peinent à boucler leurs équipes.

    Face à cette tension devenue structurelle, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) du Gard a annoncé qu’elle prolonge sa collaboration avec la plateforme Ohmyseason, spécialisée dans le recrutement saisonnier. Après une première expérimentation menée en 2025, l’Umih 30 veut désormais ancrer cette solution dans le paysage local. L’objectif est clair : aider les établissements à trouver plus vite des profils adaptés, tout en améliorant la présentation des offres.

    Repenser l’emploi saisonnier

    Car la crise du recrutement ne se résume pas à une simple question d’annonces. Elle dit aussi quelque chose de l’attractivité des métiers, des salaires, de la mobilité ou encore du logement, souvent casse-tête majeur pour les saisonniers. Ohmyseason mise justement sur une approche plus transparente : offres détaillées, mise en avant du cadre de vie et des solutions d’hébergement, mais surtout une communauté de plus de 250 000 saisonniers.

    Reste que l’outil numérique ne réglera pas tout. Dans un territoire où près de 200 000 postes saisonniers sont nécessaires chaque été à l’échelle de l’Occitanie, l’enjeu dépasse l’algorithme. Pour Pierre Porcher, cofondateur d’Ohmyseason, « l’an dernier a montré qu’il y avait une vraie attente des professionnels pour des solutions plus adaptées à la réalité du terrain ». Pour convaincre durablement, il faudra aussi rendre ces métiers plus vivables.