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  • Décès de Philippe Foulquié, le fondateur de la Friche Belle de Mai à Marseille

    Décès de Philippe Foulquié, le fondateur de la Friche Belle de Mai à Marseille

    Jean-Marc Coppola, maire communiste des 15-16 et ancien adjoint au maire de Marseille chargé de la Culture, exprime sa «profonde tristesse » après le décès de Philippe Foulquié qu’il décrit comme un « visionnaire, qui a su transformer une friche industrielle en un haut lieu culturel, avec ses complices Alain Fourneau, Christian Poitevin et Jean Nouvel ».
    Ami de notre journal, Philippe Foulquié était un homme pour qui la diffusion de la Culture et des arts était l’engagement d’une vie.
    La Marseillaise présente à ses proches ses sincères condoléances.

    Plus d’informations dans La Marseillaise de ce vendredi.

  • Philippe Foulquié, fondateur de la Friche Belle de Mai, n’est plus

    Philippe Foulquié, fondateur de la Friche Belle de Mai, n’est plus

    Né en 1944, au Maroc, Philippe Foulquié a eu mille vies. Jeune homme, il prend la direction de Lyon pour des études de médecine militaire durant quatre années. Il croise la route de l’Unef.

    C’est au sein du syndicat étudiant qu’il vit son premier engagement. Pas à n’importe quelle période : mai 1968 survient. Passionné de théâtre, il rencontre Roger Planchon, directeur du théâtre de la Cité à Villeurbanne qui deviendra le Théâtre national populaire (TNP). C’est dans cette institution qu’est rédigé un manifeste, le 25 mai 1968 proclamant le rôle politique, au sens noble, des créateurs.

    La grande rupture de 1968 marque pour lui une bifurcation de son chemin de vie. On le retrouve dans la Drôme dans une ferme où il côtoie un paysan engagé au Mouvement de défense des exploitations familiales (Modef). Il adhère au PCF en 1969 où il milite jusqu’en 1979.

    La vie rurale n’est peut-être pas faite pour lui mais il faut surtout subvenir aux besoins de son premier enfant. Le voilà infirmier remplaçant, notamment à la prison de Fresnes. Toujours passionné de culture, il est sollicité à Paris par le théâtre de l’unité pour un projet sur l’esthétique du football et la fascination des supporters. 8 mois de spectacles s’ensuivent. Après cela, il travaille pour la Compagnie la Grenète à Villeurbanne : un théâtre de marionnettes.

    Une nouvelle expérience décisive qui le conduit à se lancer, à Marseille, dans la création du Massalia, nouveau théâtre de marionnettes. Un lieu très petit‚ chaleureux‚ en centre-ville‚ plein de possibilités‚ mais en même temps « très limité scénographiquement », concède-t-il des années plus tard. Un lieu chargé d’histoire aussi : il avait accueilli le Théâtre quotidien de Marseille et vu passer des personnalités comme Antoine Vitez.

    Dans une Marseille qui battait alors le record du plus bas budget dédié à la Culture des grandes villes de France. Un tournant, impulsé par le maire d’alors, Robert-Paul Vigouroux, et son adjoint à la Culture, Christian Poitevin alias Julien Blaine, prend forme.

    Philippe Foulquié participe au mouvement. En 1990, tandis que la crise économique et les délocalisations frappaient durement Marseille, germe l’idée folle d’une réappropriation culturelle des espaces industriels laissés en friche.

    « Une figure essentielle

    de la vie culturelle »

    En 1992, la Friche Belle de Mai voit le jour. Il s’agit de transformer une friche industrielle en un pôle culturel festif, un laboratoire artistique, un lieu d’initiation artistique et de formation permanente, un projet d’exportations et d’échanges de spectacles, d’œuvres, de projets culturels et artistiques en Méditerranée. Philippe Foulquié en est le directeur jusqu’à sa retraite. Il transforme le système associatif initial en système coopératif avec la création d’une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) regroupant des artistes-résidents. Son nom reste indissociable de ce lieu qu’il est parvenu à arracher durablement aux appétits des promoteurs.

    Dans un message d’hommage, Jean-Marc Coppola, maire communiste des 15-16 et ancien adjoint au maire de Marseille chargé de la Culture, exprimait ce mardi sa « profonde tristesse » après le décès d’un homme qu’il décrit comme un « visionnaire, qui a su transformer une friche industrielle en un haut lieu culturel, avec ses complices Alain Fourneau, Christian Poitevin et Jean Nouvel. […] Marseille perd une figure essentielle de sa vie culturelle. »

    Un soutien constant de notre journal

    Lors des difficultés que La Marseillaise a traversées, Philippe Foulquié s’est toujours tenu au côté de notre journal. « C’est simplement le meilleur des quotidiens régionaux en France. On y trouve de vraies enquêtes sur de vrais sujets. Il y a une question de déontologie des journalistes derrière cette volonté, mais pas seulement. On sent l’envie d’aller à la source pour livrer une information juste et la comprendre vraiment. Ils livrent une actualité dans laquelle ils s’engagent. Est-ce que La Marseillaise peut encore réveiller les consciences ? Je réponds «oui» », avait-il notamment déclaré. La Marseillaise présente à Nicole, sa compagne, à ses enfants et à ses proches, ses plus sincères condoléances. Elle s’associe à leur peine et exprime sa gratitude à l’égard d’un homme d’exception.

  • L’OM toujours piégé dans un tourbillon destructeur

    L’OM toujours piégé dans un tourbillon destructeur

    Quelles solutions ? Quels espoirs ? Habib Beye doit se gratter la barbe et se creuser les méninges pour savoir comment se sortir de ce bourbier. Arrivé il y a deux mois et quelques jours à la Commanderie, le Sénégalais vit des heures plus que compliquées depuis sa prise de fonction dans les Bouches-du-Rhône. Une situation délicate alors que le podium s’échappe et la Coupe de France n’est plus qu’un lointain souvenir. Samedi, après la débâcle à Lorient (0-2), sa colère était beaucoup plus froide que celle de Medhi Benatia. Il n’a tout de même pas manqué l’occasion de se montrer déçu du caractère affiché par ses joueurs : « On a des leaders qui doivent être des leaders positifs et constants. Ce qu’on n’a pas vu. »

    Le coach a également affirmé qu’il ne bouleverserait pas son équipe lors des quatre dernières journées de Ligue 1. Outre le jeu de sa formation, un autre point négatif vient s’ajouter : le sujet des blessures. Certains joueurs sont sur la corde raide physiquement après une saison éreintante, dans les jambes et dans les têtes. Nayef Aguerd ne devrait plus jouer, Kondogbia et Egan-Riley sont de nouveau hors-jeu, Tochukwu Nnadi est touché à un genou. Par ailleurs, Quinten Timber et Igor Paixao sont très incertains pour la réception de Nice, dimanche (20h45). Amine Gouiri n’est pas non plus sûr de figurer sur la feuille de match. Des éléments clés de l’effectif donc, alors que Mason Greenwood n’est pas encore revenu à 100% après la béquille reçue face à Lille, un mois auparavant. Seule bonne nouvelle : Facundo Medina revient de suspension et sera apte pour ce derby méditerranéen contre l’OGCN.

    Objectif Coupe d’Europe

    La satisfaction vient de l’intégration des jeunes. Ugo Lamare El-Kadmiri est entré en jeu à Lorient alors que Ange Lago, Hilan Hamzaoui et Nouhoum Kamissoko figuraient dans le groupe. Antoine Valero a aussi sa carte à jouer sur le mois à venir, tant l’attaquant a convaincu en U19 Nationaux, en Youth League ou avec la Pro 2. Justement, les U19 Nationaux de Grégory Auger pointent au 2e rang de la poule D, juste derrière l’AS Monaco. Une saison pleine, où de nombreux joueurs ont pu se mettre en avant comme Milan Leccese ou encore Said Remadnia. Certains de ces noms pourraient à nouveau apercevoir l’équipe première d’ici la dernière journée contre Rennes.

    Mais, pour Habib Beye, il faudra au moins sécuriser une place en Coupe d’Europe pour éviter la catastrophe industrielle. L’objectif fixé par le propriétaire Franck McCourt était un podium et la victoire en Coupe de France. Les deux buts sont en train d’échapper aux Olympiens, mais sauver une nouvelle aventure européenne serait déjà un moindre mal. Attention à ne pas se faire avoir non plus, car Strasbourg possède encore deux chances de jouer l’Europa League la saison prochaine, malgré sa 8e place en Ligue 1. Coupe de France ou Conference League, gagner l’une des compétitions assurerait aux Alsaciens la C3. L’OM se doit de finir le plus haut possible pour éviter un nouveau scénario improbable. Pour cela, il faudra être à la hauteur contre Nice, Nantes, Le Havre et Rennes.

    Une programmation de fin de saison chamboulée

    La fin de la saison 2025-2026 a subi quelques changements récemment. Dernièrement, la Ligue de football professionnel a décalé d’une journée le match entre Nantes et l’OM. Il passe du 1er au 2 mai, à 15 heures. La LFP a justifié cette modification par les nombreux rassemblements pour le 1er-Mai dans la ville de Nantes. Auparavant, les multiplex des 33e et 34e journées avaient aussi été décalés d’une journée, passant du samedi au dimanche soir.

    Par ailleurs, ce dimanche, la rencontre OM-Nice permettra une nouvelle fois d’entendre les discussions entre l’arbitre central et la VAR. Un test en place depuis deux journées sur différentes pelouses de Ligue 1.

  • La Poste de Gap réduit ses horaires au Carré Pro, les usagers protestent

    La Poste de Gap réduit ses horaires au Carré Pro, les usagers protestent

    Depuis près d’un mois, la direction du Carré Pro de La Poste de Gap a supprimé une heure de service sur la pause méridienne, entre 12h30 et 13h30. Depuis, le personnel reçoit des courriers de plainte de la part de clients habituels, en particulier des professionnels, pour qui la perte de ce créneau horaire nuit à leur activité.

    « Je suis venue un jour, comme souvent, livrer mes colis entre midi et deux. Et là je découvre que c’est fermé. Or c’était pratique parce que c’était un moment plus calme, où le guichet et plus accessible », rapporte Anne-Marie, gérante de la boutique de chaussettes Coccinelles à Gap, qui envoie régulièrement des commandes via ce service. « C’est dérangeant parce que ça n’aide vraiment pas à la fluidité des entreprises », estime-t-elle.

    Le créneau compris entre 12h et 14h était particulièrement apprécié des commerçants, comme Frédéric Morgan, gérant d’Optimum, une entreprise de support en publicité visuelle : « Ça me permettait de faire des opérations d’envois et retraits en dehors des horaires d’ouverture de notre commerce. Et je soutiens également, en particulier, les salariés à l’accueil du Carré Pro […]. J’ai pu constater qu’en rouvrant à 14h, ils faisaient face à une grande affluence, source de tensions. »

    « Nous restons

    un service public »

    Après plusieurs semaines de réception de courriers, la CGT Fapt des Hautes-Alpes a publié ce lundi un communiqué dénonçant une « décision mise en œuvre sans information préalable des usagers concernés, ni mise à jour des horaires en ligne, provoquant incompréhensions et déplacements inutiles ». Le syndicat dit avoir reçu entre vingt et trente courriers, principalement de professionnels, « exprimant leur incompréhension et leurs difficultés face à ces changements », et affirme que ces horaires ajoutent aux salariés des « contraintes supplémentaires dans des journées de travail déjà chargées ».

    « On nous a dit clairement que maintenir cet horaire, ce n’était pas rentable, rapporte Gilles Garcia, salarié syndiqué de La Poste. Mais nous, nous considérons que même si La Poste est devenue une entreprise privée, on rend toujours une mission de service public, surtout dans un territoire où ces services disparaissent comme neige au soleil. » Dans son communiqué, la CGT Fapt 05 dénonce par ailleurs une évolution qui « s’inscrit dans une dynamique plus large de réduction des services postaux sur le territoire, notamment pour les professionnels. À Tallard, Chorges ou encore Saint-Bonnet, les usagers entreprises doivent désormais réaliser eux-mêmes certaines opérations d’affranchissement. » Le syndicat estime que c’est en creux « la question du service public postal qui est posée ». Un service qui « ne peut pas être piloté uniquement par des logiques de rentabilité ».

    Contactée, la direction explique que sa décision « repose sur une analyse de la fréquentation, qui ne justifiait pas une ouverture en continu sur ce créneau ». Elle précise que l’espace pro reste toutefois « largement accessible », étant ouvert 8h30 par jour du lundi au vendredi et 4 heures le samedi matin. La direction assure également avoir informé les clients trois semaines avant l’entrée en vigueur des nouveaux horaires, « par voie d’affichage en salle et en direct par les chargés de clientèle ».

  • Les maires de la Métropole refusent de voter le budget

    Les maires de la Métropole refusent de voter le budget

    Le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan avait alerté, dès vendredi. « Si la deuxième Métropole de France était mise sous tutelle, cela pourrait déclencher une forme de fronde des élus locaux », assurait-il sur les ondes de France info (notre édition du 18/04). Le premier pas a été franchi ce mardi après-midi, lors de la première conférence métropolitaine des maires du mandat, qui a largement approuvé le fait de refuser de voter le budget de l’institution, lors du prochain conseil, le mardi 28 avril.

    « Les maires menacent de ne pas voter le budget métropolitain, annonçait par communiqué la Métropole, après un vote à main levée qui a donné une large majorité à cette option. Ils entendent ainsi protester contre l’insoutenabilité de la baisse continue des dotations de l’État qui les place dans l’impossibilité d’équilibrer le budget 2026. »

    Mais le vote était loin d’être gagné d’avance. Plusieurs maires avaient déjà averti des possibles conséquences dès la présentation des orientations budgétaires de la Métropole, le 16 avril dernier, avec la découverte d’un trou de 123 millions d’euros dans les finances.

    Un mur budgétaire attendu depuis 2023

    « Utiliser cette arme fatale risque de se retourner contre nous », alertait alors le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, craignant que l’État n’en profite pour sabrer les attributions de compensations reversées aux communes par la Métropole face à la perte de la taxe professionnelle. « La mise sous tutelle serait une erreur, la première chose que ferait l’État serait de réduire les attributions de compensations », dénonçait en arrivant, ce mardi, le maire (DVD) de Meyreuil Jean-Pascal Gournès, à la tête du deuxième groupe dans l’hémicycle, celui des Maires de Provence.

    Alors, en arrivant, le président (LR) de la Métropole, Nicolas Isnard, rappelait sa méthode : « Ce sont les maires qui, dès que nécessaire, seront ensemble pour décider des orientations. » Reconnaissant que « sur le fond, on aurait peut-être aimé ne pas se réunir aussi vite ».

    Plusieurs maires, pourtant, ont rappelé que cette situation n’était pas une surprise. « La découverte n’est pas une vraie découverte ! Les transports voulus et votés par tous doivent aujourd’hui être payés ! Il n’y a pas de trou juste des factures à payer », glissait-on dans l’entourage de l’ex-présidente (DVD) de l’institution, Martine Vassal. Le pacte financier et fiscal voté par tous, en 2023, prévoyait bien qu’« un abondement de ressources est à prévoir après 2026 ». Mais pas à un tel niveau, face aux coupes de l’État.

    Alors, trois options ont été posées sur la table, lors de cette conférence des maires. La hausse au maximum des impôts étant refusée par tous, restait le choix d’adopter un budget entre un « plan d’économies d’urgence » (à hauteur de 30 millions d’euros) laissant 90 millions à trouver notamment par la hausse des taxes, ou de refuser de voter le moindre budget face aux 120 millions d’euros de coupes budgétaires de l’État imposées en deux ans. Avec le président (SE) des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, ils étaient une douzaine à vouloir prendre la première voie. Le bras de fer avec l’État a finalement été choisi.

    « L’État renvoie ses difficultés vers les territoires et ce sont les territoires qui sont exsangues alors qu’ils n’y sont pour rien », accuse Nicolas Isnard, qui a défendu cette option avec les maires de Marseille et Aix. « Je ne suis pas satisfaite, partage l’édile aixoise (UDI) Sophie Joissains. C’est un appel à l’aide, pas autre chose. »

    Crainte pour la gratuité des transports

    « Maintenant, il faut prendre son courage à deux mains et dire que ça ne peut pas fonctionner, voir avec l’État quelles solutions nous pouvons trouver », défend Benoît Payan. Même si la crainte d’une tutelle de la préfecture, après les allers-retours réglementaires avec la chambre régionale des comptes, n’est pas loin, entre coupes de subventions et d’emplois contractuels et augmentations drastiques d’impôts. Avec des menaces sur le service rendu et les acquis gagnés. « Si la gratuité des transports était remise en cause, on se battrait », assure le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari, qui a adressé ce mardi une lettre aux maires du pays d’Aubagne afin de faire front commun. Avant ce « coup de semonce pour faire comprendre que nous sommes fatigués d’être tondus ».

  • Une tour à sécuriser et le projet de l’anse des Catalans à relancer

    Une tour à sécuriser et le projet de l’anse des Catalans à relancer

    Après des décennies d’abandon, la Tour Saint-Paul des Catalans subit des travaux en vue d’une sécurisation durable, préalable à sa restauration. Ce qui explique le report des fouilles archéologiques et son inscription attendue au titre des monuments historiques. La tour en lambeaux est le dernier témoin historique du second lazaret de Marseille qui s’installe en 1558.

    On sait désormais que l’édifice a été construit postérieurement, entre 1654 et 1664, par la ville sur des terrains de l’abbaye Saint-Victor. C’est le seul bâtiment subsistant de l’enceinte de ce lazaret dédié à l’accueil des équipages de navires de commerce entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Le premier lazaret se trouvait au Moyen Âge près de l’anse de l’Ours, après le Mucem. Par la suite, les « Vieilles Infirmeries » ont été déplacées en 1663 vers Arenc quand les capacités d’accueil des marins n’ont plus suffi. Une colonie de pêcheurs catalans a alors investi le site.

    Des chaînages par tirants

    La tour dont la base est semi-enterrée est affectée de désordres structurels : fissures, chutes de pierres, éclatements de pierre, érosion, corrosion des éléments métalliques, effondrement des planchers. Les récentes déposes d’enduits épais en ciment l’ont fragilisée. « La stabilisation provisoire de la tour en amont des travaux de restauration est prévue pour une durée de 5 ans » écrit la Ville dans sa déclaration préalable du 17 octobre dernier, la maîtrise d’œuvre étant confiée aux architectes Yvann Pluskwa et Sébastien Cord. Le confortement structurel des maçonneries à hauteur de 190 000 euros a démarré et doit s’achever en mai. Suite à une alerte sur une fissure, un périmètre de sécurité étendu avec pose de barriérage a été ordonné le 4 mars.

    Pour renforcer l’ouvrage, des chaînages par tirants ont été posés : deux câbles métalliques dit « de frettage » enserrent le premier niveau de la tour, le plus ancien, au droit des deux niveaux de plancher. Deux autres câbles doivent tenir la partie haute sous la corniche à consoles. La première phase de sécurisation doit consister à injecter du mortier de chaux, à mettre en place des étrésillons en bois dans les baies existantes, à déposer la sculpture d’angle dégradée, à reprendre et rejointer des maçonneries, etc.

    La seconde phase projette la sécurisation des planchers en bois pour assurer une intervention en toute sécurité des archéologues à l’intérieur de la tour. La couverture amiantée sera remplacée par une tôle en acier. Les reprises de maçonneries se feront en fonction des découvertes de l’Inrap. Un suivi des désordres par instrumentation laser est prévu. « Les travaux de sécurisation se poursuivent », confirme la Ville. « L’emprise de sécurité actuellement mise en place sera réduite dans les semaines à venir. Par la suite, des travaux à l’intérieur de la tour et sur sa façade seront finalisés en fin d’année, notamment les diagnostics archéologiques. »

    « La sécurisation a commencé. Elle ne menaçait pas de tomber, mais il faudra sans doute encore des expertises structurelles avant de pouvoir intervenir à l’intérieur » explique l’archéologue de l’INRAP, Benjamin Michaudel, responsable scientifique de la fouille interrompue. « Le socle est en place. C’est la partie la plus ancienne de la tour. La moitié supérieure de la tour, c’est du remontage du XIXe siècle. Il nous manque les observations de l’intérieur pour savoir s’il y avait des canonnières, des stands de tir pour caractériser les fonctions de cette tour, si elle était défensive ou une simple vigie. »

    À l’horizon 2028 ?

    À l’intersection d’enjeux publics et privés, de défis paysagers, patrimoniaux et financiers, le projet d’aménagement retenu en 2020 est en pause. Il a été soumis à l’été 2022 à la concertation des Marseillais. Des 12 millions d’euros initiaux, le projet global est déjà impacté par l’inflation du coût des matériaux. Le chantier pourrait débuter en 2028. « Nous finalisons actuellement le programme définitif des travaux, prenant en compte notamment les nouvelles contraintes opérationnelles et calendaires du chantier de la tour du Lazaret » répond la Ville. « Le programme intègre également les contraintes de sécurité et de stabilité des arcades, ainsi que les démarches environnementales. » Un planning sera « prochainement » dévoilé. Il précisera « les dates de démarrage des travaux et les arrêts du chantier en période estivale ».

  • Contre le déni, 111 ans de lutte arménienne

    Contre le déni, 111 ans de lutte arménienne

    Le 24 avril 1915, le régime ottoman entamait son entreprise génocidaire contre le peuple arménien. Sur les 2,5 millions d’Arméniens qui vivaient dans l’Empire, 1 500 000 ont été exterminés. Depuis, la diaspora n’a eu de cesse de réclamer la reconnaissance du premier génocide du XXe siècle, en premier lieu par la Turquie.

    Il aura fallu attendre 2001 pour que la France promulgue une loi afin de reconnaître publiquement le génocide arménien. Ce mardi, une banderole commémorative a été dévoilée par la présidente du département des Bouches-du-Rhône Martine Vassal (DVD), en présence d’Ara Mkrtchian, consul général d’Arménie à Marseille et des représentants du CCAF Sud (Conseil de coordination des Arméniens de France). « Nous refusons le négationnisme » a lancé Martine Vassal, évoquant « un passé douloureux et une plaie qui n’est pas refermée », et voyant dans l’entêtement des gouvernements turcs successifs, « un échec de leur part, puisque nos générations continuent de commémorer le génocide ».

    « L’union des Arméniens n’est pas un choix, mais une condition de survie », a souligné Azad Balalas-Kazandjian, co-président du CCAF Sud. En plus de la reconnaissance du génocide par l’État turc, les Arméniens doivent encore « continuer le combat. L’Artsakh est victime d’une nouvelle épuration ethnique ». En dépit de pourparlers entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, la guerre dans le Haut-Karabakh reste d’une actualité brûlante. Le consul général a salué « l’amitié franco arménienne » dans cette volonté « de refuser l’oubli et l’indifférence », tout en regrettant que « l’histoire semble condamnée à répéter les erreurs du passé ». La guerre a en effet réactivé les démons négationnistes. Au-delà d’une banderole, le Département a édité et affiché les portraits des 19 prisonniers arméniens toujours détenus en Azerbaïdjan et condamnés « à y mourir », craint Aurore Bruna, co-présidente du CCAF (Conseil de coordination des Arméniens de France) Sud, si la communauté internationale « continue à détourner le regard ».

    Le silence tue aussi

    « Le monde que nous voyons aujourd’hui nous fait peur, il n’a pas tiré de leçon des horreurs du XXe siècle », a encore estimé Aurore Bruna. Elle témoignait de la campagne de « déshumanisation, arménie-phobie et incitation à la haine » menée par le gouvernement de Bakou, d’un « musée de casques de soldats arméniens tués, de la rebaptisation par le président Ilham Alijyev de la rue principale de Stepanakert du nom d’Enver Pacha », en interrogeant le silence de la communauté internationale : « Que ferait le monde si une rue prenait le nom de Joseph Goebbels ? »

    Un devoir de mémoire essentiel jusqu’ici aussi. La mairie des 9e et 10e arrondissements de Marseille, qui a basculé dans les filets de l’extrême droite, organise un moment commémoratif. La mémoire et les idées courtes, le RN oublie qu’en 2012, le FN s’est inscrit contre la loi de pénalisation du négationnisme à l’égard des génocides et que Marine Le Pen, en 2019, s’est opposée à l’inscription officielle au calendrier républicain de la France du 24 avril comme journée officielle de commémoration du génocide. Les représentants du CCAF, Aurore Bruna et Azad Balalas-Kazandjian, également élu à la Ville de Marseille, ne participeront pas, cette année, à la cérémonie dans les 9-10.

    Ce sont près d’une centaine de communes, en France, qui organisent le 24 avril un moment républicain dédié à la mémoire du génocide arménien de 1915. En revanche, le CCAF n’organise plus le rassemblement marseillais qui a lieu chaque année devant le consulat de Turquie, dont un autre collectif d’associations s’est chargé . « Depuis quatre ans que le 24 avril est devenu journée nationale, cela permet à chacun de se rendre à la cérémonie dans son lieu de résidence et cette manifestation a de fait connu quelques déperditions de forces, explique Azad Balalas Kazandjian. Nous avons conservé le rendez-vous républicain du matin. » Aurore Bruna précise également qu’un colloque « réunissant plusieurs intellectuels sur la question du négationnisme était prévu, mais plusieurs de ces derniers s’étant désistés, nous avons reporté l’événement ».

    LES RENDEZ-VOUS COMMÉMORATIFS

    Marseille

    Ce mercredi 22 avril à partir de 19h30, une cérémonie d’illumination du Palais du Pharo aux couleurs du drapeau arménien est organisée en présence du maire, Benoît Payan.

    Un rassemblement est prévu le vendredi 24 avril à 17h aux abords du consulat de Turquie organisé par CPLM (Courir pour la Mémoire).

    Aubagne

    Une commémoration est organisée ce vendredi 24 avril au cimetière Fenestrelle, de 17h à 18h.

    Carry-le-Rouet

    Un hommage aux victimes du génocide arménien est organisé au Monument aux morts, le samedi 25 avril, de 11h à 12h.

    Simiane-Collongue

    Une commémoration du génocide arménien, suivie de l’inauguration du Square d’Arménie, aura lieu le vendredi 24 avril à 11h, en haut des Cours du Héros.

    Le Cannet

    Une cérémonie est organisée par la Ville, en coopération avec l’Union des Arméniens de Cannes et ses environs. L’événement se déroulera le vendredi 24 avril à 10h, devant le Monument aux Morts, Square Pietra-Santa.

    La Ciotat et Ceyreste

    Un hommage sera rendu le vendredi 24 avril à partir de 11h, avec un dépôt de gerbes suivi d’une prise de paroles des autorités, Avenue Louis-Crozet à La Ciotat, et face à l’école Jean-D’Ormesson, à Ceyreste.

    Cabriès-Calas

    Un hommage est organisé par la ville le dimanche 26 avril à partir de 11h30 sur la Place du 24-avril-1915, avec une cérémonie et un dépôt de gerbes.

  • [Entretien] Pascal Chamassian : « à la Turquie, à Bakou, nous demandons justice et réparation »

    [Entretien] Pascal Chamassian : « à la Turquie, à Bakou, nous demandons justice et réparation »

    Militant de la cause arménienne de longue date, Pascal Chamassian, secrétaire général et porte-parole du Mouvement Missak Manouchian, cumule également les fonctions de président de la JAF (Jeunesse arménienne de France), directeur artistique de l’ensemble Araxe-Sassoun, organisateur et président d’honneur de l’événement sportif Courir pour la mémoire.

    La Marseillaise : Vous invitez au recueillement. Mais aussi au rassemblement revendicatif, jusqu’alors porté par le CCAF (Conseil de coordination des organisations arméniennes de France). Pourquoi ?

    Pascal Chamassian : Le recueil est important, pour rendre hommage aux victimes qui n’ont pas de sépultures, tout autant que la revendication de la reconnaissance par l’État Turc du génocide et de ce crime qui reste impuni. Nous dénonçons un négationnisme toujours actuel. Nous sommes une quinzaine d’associations à être sorties du CCAF car nous considérons que la diaspora ne doit pas se mêler de la politique arménienne, qui doit être portée par ceux qui y vivent. Or, il était l’organisateur du traditionnel rendez-vous devant le consulat de Turquie, le 24 avril, et nous avons été surpris par sa suppression dans le programme de cette journée, par le CCAF. Comme cela était incompréhensible pour de nombreux Arméniens, nous sommes 21 associations marseillaises et bucco-rhodaniennes à l’avoir maintenu.

    Pourquoi, 111 ans après le génocide, l’exigence de vérité et de justice reste-t-elle une question brûlante ?

    P.C. : L’objet de cette revendication est historique. Il y a une fuite dans le temps. Elle a été réactivée en 2020, avec la guerre des 44 jours au Karabakh, qui a provoqué des milliers de morts et l’exode de 120 000 personnes, avec des images et scènes de vie qui ont rappelé celles de 1915. Cette revendication reste contemporaine. On dénonçait le génocide perpétré par les Turcs, aujourd’hui, on ajoute la dénonciation de l’Azerbaïdjan qui a envahi cette région, détruit les monuments, efface toutes traces de cultures arméniennes. Tuer, exécuter et effacer fait partie du processus négationniste. On est dans ce cas de figure avec 19 prisonniers, des anciens cadres politiques condamnés par Bakou à une peine incompressible, toujours détenus en Azerbaïdjan. Avec le sort des réfugiés qui ont dû fuir leurs villes et les villages et n’ont pas un statut reconnu par la communauté internationale. Sont-ils les nouveaux apatrides ? C’est une question que nous posons le 24 avril et demandons justice et réparation. Alors qu’une question n’a pas été réglée, une autre se pose. Tout cela relève de l’idée du panturkisme. L’Arménie est au Nord de l’Iran, à l’Ouest de la Turquie et à l’Est de l’Azerbaïdjan, au carrefour d’un monde en proie aux bouleversements. Nous ne pouvons qu’espérer la paix.

    Vous vous êtes rendu aux frontières de l’Artsakh (Haut-Karabakh). Qu’avez-vous observé ?

    P.C. : Depuis un an, après de multiples attaques, il y a un semblant de paix, que l’on sait fragile. Le cessez-le-feu de 2020 arrive à expiration. Il y a de nouveaux pourparlers entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, tout cela chapeauté par les États-Unis. Y aura-t-il une paix durable ou pas ? On ne peut évidemment pas être contre la paix. Nous sommes dans un moment crucial et on s’interroge sur le degré de confiance à accorder aux accords qui se jouent. Je me suis rendu à la frontière, il y a 15 jours, dans le cadre de mon titre de secrétaire général et porte-parole du Mouvement Missak Manouchian, avec une l’ONG Armenia Peace Initiative. Nous sommes allés auprès des villageois repoussés hors des frontières, car nous ne pouvons plus entrer sur le territoire occupé par les Azeris. Ils sont totalement démunis, à 2 000 m d’altitude et à 600 m de portée des fusils de l’armée ennemie. Nous nous sommes chargés de dispenser un apprentissage de gestes de premiers secours et d’apprendre aux femmes à faire des garrots en cas de reprise du conflit.

  • Au Mucem, avec Bonnes Mères, le public voit double

    Au Mucem, avec Bonnes Mères, le public voit double

    Oh, c’est la Vierge Marie ? », s’interrogent des touristes, smartphone en main, en découvrant la statue dorée au pied de la tour du Roi René. Bien sage, posée sur un socle et entourée d’un large périmètre interdit au public, elle attend d’être hissée sur le toit grâce à l’immense grue présente à cet effet.

    Réalisée par la maison Christofle, cette installation spectaculaire de 3 mètres de haut, incarne le pluriel de « Bonnes Mères », la toute nouvelle exposition proposée par le Mucem (18 mars- 31 août.) Jusqu’à la fin du mois de septembre, les deux figures de la Bonne Mère se feront ainsi face.

    Mère universelle et protectrice, figure qui s’adresse à tous, qui veille, rassure et rassemble : à Marseille, chacun peut s’adresser à la Bonne Mère, quelles que soient ses origines, croyant ou non. Les Marseillais n’hésitent pas à s’y rendre, quel que soit le motif. Les écharpes de l’OM déposées en offrande en témoignent.

    Pérennité des traditions

    Le Mucem invite à découvrir l’exposition « Bonnes Mères » puis à s’interroger : que représente la Bonne Mère et, plus largement, qu’est-ce qu’une bonne mère ? La maternité méditerranéenne y est abordée comme un objet de construction sociale, un enjeu politique et un sujet artistique.

    C’est la maison Christofle qui a réalisé la statue originelle dans ses ateliers en 1869, à l’aide de la galvanoplastie massive, avant une dorure à la feuille d’or une fois l’œuvre installée au sommet de la basilique. 157 ans plus tard, l’orfèvre signe cette réplique grâce à des procédés contemporains de modélisation en trois dimensions.

    Mucem, 7 promenade Robert-Laffont (esplanade du J4) Marseille (2e). Tous les jours sauf le mardi
    et le 1
    er mai de 10h à 18h. Tarif plein 11 euros (7, 50 euros réduit).

  • La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    On n’est pas contre la fusion, mais on veut que les salariés soient représentés. C’est pour eux notre combat aujourd’hui. » Au sortir de l’audience, ce mardi 21 avril, du recours en référé engagé par la CGT Telecoms, suivie de la fédération SUD Telecoms et de la CFDT S3C Provence Alpes, les représentants du CSE (comité social économique) de Certicall à Marseille, un des trois centres d’appels de Free, devenu marque du groupe Illiad, restent inquiets. Ils dénoncent la décision de leur direction de fusionner ces entités puis de les absorber dans une filiale, Protelco, renommée « Free assistance », au détriment du nombre de représentants du personnel.

    « Illiad a décidé de fusionner, c’est son droit. Mais le faire sans consultation du personnel, en affirmant que les mandats disparaissent… », argumente leur avocate, Mathilde Fruton-Létard. Et de dénoncer l’attitude de l’entreprise, qui fait « tout pour gagner du temps », alors que la fusion doit être effective début mai. L’audience devait se tenir la semaine dernière, mais la partie adverse a obtenu un renvoi. Pour l’avocate, la requête des syndicats est légitime quand la fusion va avoir « indéniablement des impacts au niveau local ».

    « Pas de magouille »

    Elle revient sur la position de la direction selon laquelle rien ne change pour les salariés. « Ce sont les mêmes effectifs, le même périmètre, alors pourquoi la représentation du personnel doit-elle changer ? » avance-t-elle. Elle s’interroge sur la démarche entamée, un prétexte à « se débarrasser des représentants du personnel », estime-t-elle, soutenue dans sa demande par l’avocate du syndicat SUD.

    Mais, pour la partie adverse, le recours est tardif. « La consultation a commencé le 18 décembre, l’ensemble des CSE ont reçu les informations et trois mois après, ils viennent plaider l’urgence. Il y a un délai pour agir », estime une des avocates de la direction. Quant à la caducité des mandats des représentants du personnel, « c’est un effet juridique automatique », assène-t-elle. Et le processus de fusion en deux temps, « ce n’est pas une fraude, mais c’est le Code du commerce, il n’y a pas de magouille », assène maître Pellequer, intervenant pour Protelco. Pour elle, vouloir bloquer la fusion est même « une atteinte à la liberté d’entreprendre des sociétés ».

    Un argumentaire qui agace les représentants des salariés. Ils dénoncent des conditions de travail déjà détériorées avec aussi la mise en place de mini-centres d’appels, les « Free proxi ». Des structures légères au plus près des clients, estime la direction. Un moyen d’isoler les salariés, rétorque la CGT, qui évoque de forts risques psychosociaux. Et le rachat de SFR par Bouygues, Orange et leur entreprise, annoncé le 17 avril, ne les rassurent pas franchement non plus.

    Délibéré les 28 et 29 avril.