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  • La préfecture des Hautes-Alpes lève les restrictions d’irrigation

    La préfecture des Hautes-Alpes lève les restrictions d’irrigation

    Les restrictions d’irrigation qui touchaient les Hautes-Alpes depuis plus d’un mois ont été levées suite à la publication d’un arrêté préfectoral, mercredi. Les bassins-versants du Drac-Gapençais hors Avance et du Buëch, depuis plus d’un mois en niveau d’alerte, ont été placés en vigilance. Aucune restriction obligatoire ne s’applique. Les bassins-versants de la Souloise-Séveraisse, de la Haute-Romanche, de la Méouge et de l’Avance sont maintenus en situation de vigilance.

    « Les débits […] sont dans l’ensemble remontés », justifie l’arrêté, précisant que « plusieurs épisodes pluvio-orageux ont eu lieu au cours de la deuxième quinzaine du mois d’août sur le département, engendrant un cumul des précipitations dans les normales, voire excédentaire ». Il note également « la baisse significative des besoins pour l’agriculture dont la campagne d’irrigation touche à sa fin ».

    Une décision attendue

    C’est une « victoire syndicale », a réagi la Confédération paysanne des Hautes-Alpes. Très critique envers la gestion de la sécheresse par la préfecture, le syndicat agricole avait boycotté la réunion du comité sécheresse, mercredi matin. Elle demandait depuis plus de dix jours la levée des restrictions « suite aux pluies abondantes et généralisées depuis la mi-août », et considère par ailleurs les seuils de l’arrêté-cadre sécheresse « totalement infondés et malhonnêtes » et « faits pour impacter durement les irrigants, sans aucune efficacité sur la préservation du milieu naturel ». Le syndicat s’appuie sur les données de Météo France pour affirmer que « l’année climatique n’est pas spécialement sèche dans les Hautes-Alpes ».

    Agathe Di Lenardo

  • Les communistes tournés vers une année présidentielle

    Les communistes tournés vers une année présidentielle

    Face aux militants rassemblés ce jeudi soir, à la Maison des communistes, dans le 15e arrondissement de Marseille, Natacha Malet, membre de la direction départementale et nationale du PCF, le répète : « Nous sommes tous dans une volonté de conquête, dans une volonté de nous mettre en action pour mettre fin à dix ans de macronisme destructeur. » En ce mois de septembre, face à un calendrier de mobilisations déjà bien fourni et à la veille d’une année d’élection présidentielle, l’assemblée de rentrée de la fédération du PCF dans les Bouches-du-Rhône prenait un sens particulier.

    Après les vacances estivales, « nous sommes tous conscients des inégalités face au véritable droit aux congés, à ces millions d’enfants qui ne partent pas en vacances », soulignait la cheminote. Un droit entamé par la cherté de la vie, d’autant plus dans un département où la pauvreté touche 18,5% de la population – bien plus que la moyenne nationale – et concerne plus de 200 000 Marseillais. « Sans nul doute, nombreux sont les patrons qui aimeraient voir disparaître cette conquête sociale », pointe-t-elle. Pourtant, alors même que 46% des étudiants se privent de repas, les moyens ne manquent pas, explique la responsable politique. « La commission d’enquête parlementaire menée par le sénateur communiste Fabien Gay mettait en avant la niche fiscale dont bénéficie le groupe CMA-CGM, plus de 5 milliards d’euros. Cela prouve une fois de plus que nous pourrions mettre les plus grandes fortunes à contribution », défend Natacha Malet.

    Mobilisations sociales

    Face à la « boule puante » lancée sur le salaire des enseignants, « une manipulation politique d’une bassesse incroyable », elle alerte sur la réalité des rémunérations basses, des difficultés de la rentrée. « Quels constats faisons-nous ? Manque de classes, de professeurs, d’AESH, des écoles qui sont de vrais fours en période de canicule. » Et de refuser l’épouvantail de la dette dressé au moment où sont entamées les discussions budgétaires. « On devrait accepter le gel des salaires, des pensions, du point d’indice, pour préserver l’intérêt des plus riches, leur permettre de poursuivre l’assèchement des richesses de la planète ? », interpelle la responsable politique. En insistant sur les moyens nécessaires, d’autant plus face aux évènements climatiques extrêmes de l’été. « L’inaction a un prix, ceux qui le payent sont ceux qui travaillent dehors, ceux qui vivent dans des passoires thermiques », accuse-t-elle en rappelant le plan climat proposé par le PCF, conjugué à un pacte d’avenir de 500 milliards d’euros sur cinq ans pour financer une transition juste. Et de s’en prendre aux discours libéraux : « Ceux qui disent vouloir réindustrialiser la France ne sont même pas capables de protéger l’industrie qui existe ! » Elle prend l’exemple de la fermeture de Fibre Excellence à Tarascon, qui conduit à des risques environnementaux, et salue les mobilisations des salariés de Haribo pour leur salaire, de la centrale de Gardanne pour l’avenir du site : « L’action politique n’est rien sans la pression exercée par les travailleurs ».

    Alors elle dénonce la banalisation des discours de l’extrême droite, « qui prospèrent sur la colère sociale, mais la retournent contre les travailleurs eux-mêmes », et énumère les mobilisations annoncées en septembre. « Les communistes ne désertent aucun terrain, qu’il soit local ou au-delà de nos frontières. C’est dans cet esprit que la candidature de Fabien Roussel a été validée lors de notre dernier congrès », appuie Natacha Malet. En appelant les militants à se prononcer dans leurs sections, d’ici à dimanche soir.

    LES MILITANTS MOBILISÉS

    Hugo Honde, portuaire

    « Nous devons mobiliser les travailleurs sur les questions de l’emploi et de l’industrie, défendre les salaires. Nous sommes à la veille d’une élection présidentielle où il est important d’élever le rapport de force face aux enjeux futurs, d’autant plus dans un département de moins en moins industrialisé. »

    Ghislaine Cotelle, retraitée

    « On entend beaucoup parler de réarmement, mais face à des répartitions de budget inégales, c’est sur l’éducation, la santé, la petite enfance que nous devons mettre des moyens. Nous avons besoin de plus de justice sociale et de moins de guerre, et pour cela, il faut nous renforcer, faire entendre notre parole. »

    Patrick Magro, retraité

    « Ce n’est plus le moment d’opposer le social et l’écologie. Nous avons vécu un moment de bascule cet été, je me demande comment il est possible de rester climatosceptique. Mais 80% des efforts dépendent des grandes décisions politiques, la première restant la paix dans le monde. »

    Chloé Barbey, lycéenne

    « Les lycées doivent se mobiliser. Nous avons été fouillés à la rentrée, même les policiers ne voulaient pas être là ! Nous serons présents le 29 septembre pour soutenir nos professeurs, mais aussi toute la fonction publique. Et nous voulons lutter contre Parcoursup et le manque de sécurité des stages. »

  • L’OM passif en Ligue 1, mais s’active chez les jeunes

    L’OM passif en Ligue 1, mais s’active chez les jeunes

    Comme les travaux d’Héraclès, ils sont au nombre de douze.

    Edson Mbengi, Kiyan Martin, Leny Hassoumi, Issa Sidibé et Rémy Séry ont tout juste 15 ans. Milan – Sandro Cheval, Adam el Boughlamy, Kelian Magnagu Ngando, Wesley Boli, Josua Karoka et Samuel-Eddine Allaoui 17 ans et Osmane Ndiaye 18. Ils arrivent de Caen, Istres, Malpassé, du Burel ou de région parisienne.

    Ne les cherchez pas dans la liste des joueurs susceptibles de donner un coup de main au groupe de Bruno Genesio. Cette classe biberon est venue renforcer les équipes du centre de formation de l’OM. Un OM qui semble enfin miser sur la formation pour produire ses forces vives. Mais il faudra attendre avant de les voir en Ligue 1.

    Un par classe d’âge

    Le palmarès de la coupe Gambardella, qui est chez les jeunes l’équivalent de la Coupe de France, en est un des exemples. En 70 éditions, le club olympien n’en a gagné que deux (1979, 2024), soit autant que Bordeaux, le PSG, Lens ou Strasbourg. Le FC Martigues, a même devancé l’OM au palmarès, avec son sacre en 1968, à ce jour le seul d’un club amateur. Loin derrière Auxerre et 7 victoires, Monaco (5) ou Rennes et Lyon (4).

    Régulièrement, la question des jeunes et de leur gestion revient depuis la bascule dans les années 2000. Didier Deschamps affirmait sa réticence à les intégrer. Néanmoins, quelques-uns ont pu percer. Là où Lyon, Rennes, Lens ou Montpellier n’hésitent pas à faire « monter » plusieurs éléments d’une classe d’âge en professionnel, du côté de la Commanderie, à l’exception des frères André et Jordan Ayew (209 et 147 matches), il n’y en a qu’un à réellement percer par génération. Cédric Carrasso (85), Mathieu Flamini (24), Samir Nasri (166), Rafidine Abdullah (23) Maxime Lopez (150), Bouba Kamara (170) sont ceux qui ont eu du temps de jeu.

    Mais la majorité se sont contentées de bribes et de quelques titularisations, avant d’aller chercher ailleurs le temps de jeu que ne leur offraient pas les entraîneurs successifs. À l’image de Laurent Abergel, Chris Gadi, et plus récemment Darryl Bakola ou Robinio Vaz.

    Avec un effectif réduit, avec la blessure de longue durée de Tochukwu Nnadi et l’incertitude concernant Geoffrey Kondogbia, Bruno Genesio pourrait être contraint d’ouvrir largement son groupe. Ceux dont il dispose doivent avoir en tête ses propos, avant le fiasco de Monaco. « Nos jeunes ont des compétences et des qualités qu’ils se doivent de montrer à l’entraînement et saisir les opportunités quand ils sont amenés à jouer. »

    Il insiste sur la nécessité « de garder un niveau d’exigence et savoir gérer le mental quand ils sont sur le terrain ». Pour lui, le succès vient d’un savant mélange de « patience et d’indulgence ». Selon ses critères, Tadjidine Mmadi et Keyliane Abdallah ont marqué des points. Il leur faut maintenant s’ancrer dans la durée pour espérer plus de temps de jeu.

    Le club des chômeurs attend de nouveaux contrats

    Tout au long de l’été, l’Union nationale des footballeurs professionnels a cherché avec eux des solutions.

    Eux, ce sont les 192 joueurs du plus grand club de France, celui des chômeurs. Parmi eux, figurent des joueurs ayant une solide expérience en Ligue 1 et dont les noms étaient régulièrement cités lors des divers mercato. Mais actuellement, Youssef en Arabi, Benjamin Stambouli, Arnaud Souquet, Tanguy Ndombélé, Yann M’Vila, Aïssa Mandi ou les anciens Olympiens Romain Cagnon, Julien Fabri, Kélian le Pironnec, Jérémie Porsan-Clemente, Stéphane Sparagna et Chancel Mbemba, Ils peuvent être engagés à tout moment par les clubs.

    M.Ga.

  • Avignon cesse de financer l’aide à l’apprentissage de la lecture

    Avignon cesse de financer l’aide à l’apprentissage de la lecture

    Devant une centaine d’élèves de l’école des Grands Cyprès, à l’occasion de la rentrée, le maire (DVD) Olivier Galzi se réjouissait de la chorale qui chantait « Je veux apprendre ! ». Mais en parallèle, la municipalité de la Cité des Papes a décidé de ne pas reconduire un financement qui permettait aux écoliers en CP qui sont en difficulté d’apprentissage d’avoir des aides en lecture et en écriture dans les quartiers prioritaires de la ville.

    Le dispositif « Coup de pouce » était piloté par la Ligue de l’Enseignement mais financé par la mairie à hauteur d’un peu plus de 56 310 euros pour l’année scolaire 2025-2026. Organisés sous forme de clubs, ces moments permettaient à 55 enfants, dispatchés en 11 groupes de 5, d’avoir trois séances d’une heure et demie par semaine. La plupart des directeurs d’école en auraient été informés ce lundi. Contactée par La Marseillaise, la Ville d’Avignon explique que la décision « s’inscrit dans un contexte d’évolution des politiques publiques de soutien aux apprentissages fondamentaux » avec notamment « un retrait progressif des financements ». Et explique que l’an dernier, alors qu’elle amenait plus de 50 000 euros, l’État n’en amenait que 4 000. « La Ville a considéré qu’elle ne pouvait plus porter seule une action qui reposait historiquement sur une logique de coconstruction et de cofinancement entre plusieurs partenaires », poursuit-elle. Tout en assurant qu’elle « continuera ainsi d’agir concrètement pour favoriser le goût de la lecture, l’accès à la culture au bénéfice des jeunes Avignonnais ».

    Lutte contre les inégalités

    Contactée, la Ligue de l’Enseignement confirme mais ne souhaite pour l’heure pas commenter cette décision dont elle a été informée pendant l’été. Le contrat d’une dizaine d’animatrices en périscolaire dédiées à ces temps n’a donc pas été prolongé d’après les premiers échos.

    « Le dispositif permettait de lutter contre les inégalités scolaires. C’est hyper important, d’autant plus que les difficultés scolaires sont souvent liées aux difficultés sociales que l’on rencontre dans ces quartiers », regrette de son côté Nicolas Flavier, secrétaire départemental FSU-Snuipp. « Encore une double peine pour les enfants des quartiers populaires. Maîtriser la lecture en CP, c’est primordial pour la suite », souffle Khalid El Yousoufi, conseiller municipal (LFI) et enseignant à l’école des Grands Cyprès qui est concernée par cet arrêt.

  • Redécouvrir le comte Mirabeau, son histoire et son héritage

    Redécouvrir le comte Mirabeau, son histoire et son héritage

    Nombre sont les qualificatifs qui décrivent le comte Mirabeau (1749-1791). À la fois un « élu des cœurs et des peuples » et une « icône dont l’Académie souhaite perpétuer la mémoire » pour Christian Dureuil, membre de l’académie d’Aix et commissaire de l’exposition.

    Un « révolutionnaire convaincu mais conseiller, tout de même, de la famille royale », et un « sacré personnage » décrit la maire d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains, parmi les élus et figures locales présentes au lancement de l’exposition « Mirabeau à Aix », qui retrace l’histoire de ce comte. Et l’empreinte qu’il a laissée, à la fois politique, par de célèbres combats, notamment contre l’esclavagisme, mais aussi par son histoire sentimentale.

    L’exposition, marque l’anniversaire des 150 ans de la dénomination du Cours Mirabeau, nommé en 1876. Le nom, avait été proposé et poussé par le maire d’Aix-en-Provence de l’époque, Salomon Bédarrides. Une affaire politique complexe, puisqu’il fallait, en ces temps, un décret du président de la République pour faire approuver la décision de ce nom controversé, à la fois admiré et détesté. Il y a 150 ans également, la célèbre statue du comte, sculptée par Truphème, installée il y a un siècle seulement devant le Palais de Justice, après avoir été longtemps exposée dans la Cour de l’Hôtel de Ville, arrivait dans la capitale de Provence, elle aussi. « Nous avons la chance d’avoir une série de documents et le fonds le plus important de France de la famille Mirabeau. Ça nous a été donné par deux donateurs successifs (…) L’un, est la dernière petite nièce de Mirabeau, la dernière à porter le nom, qui nous a donné les tableaux. L’autre, est la famille Lucas de Montigny, dont le grand-père était le fils adoptif de Mirabeau. Il était d’ailleurs probablement son véritable fils », rappelle Jean-Yves Naudet, président de l’académie d’Aix. Le fonds, précieusement conservé par l’Académie, se compose de « milliers et de milliers de documents », présente-t-il.

    Des centaines

    de documents exposés

    Une petite partie, environ 300 documents seulement, est sortie pour le grand public, à l’académie d’Aix. Parmi les archives emblématiques, toutes les pièces autour des luttes de Mirabeau contre la « traite des noirs » et l’esclavagisme notamment. « Il y a le discours de Mirabeau sur l’esclavagisme et surtout, il était en contact avec un anglais qui était pour l’abolition de l’esclavage et on a les dessins originaux de ces horreurs qu’étaient les bateaux, ou les esclaves étaient entassés », précise Jean-Yves Naudet. L’exposition, est à voir dès ce jeudi 3 septembre et jusqu’au 27 mars pour (re)découvrir le parcours de ce personnage historique.

  • Marseille : face au narcotrafic, le modèle napolitain

    Marseille : face au narcotrafic, le modèle napolitain

    Face au fléau du narcotrafic, la Ville de Marseille, en quête de solutions, est allée voir durant l’été les projets menés du côté de Naples, sa ville jumelle, confrontée depuis des décennies à la criminalité organisée. À l’initiative de l’association Crim’HALT, avec l’appui d’Amine Kessaci, militant écologiste, mobilisé contre le narcotrafic après l’assassinat de deux de ses frères, aujourd’hui adjoint à la Jeunesse et à la Citoyenneté à la mairie de Marseille, une délégation est partie en Italie pour un partage de bonnes pratiques entre travailleurs sociaux européens (La Marseillaise du 21 août 2026).

    Une vingtaine de jeunes professionnels engagés dans la protection de la jeunesse s’y sont retrouvés, fin août, pour participer à un stage d’une semaine au sein de la coopérative sociale italienne « Al di là dei sogni », dans le cadre du projet européen LEGAL acronyme d’Apprentissage, éducation et bonnes pratiques pour une légalité active en anglais.

    Projets à vocation sociale

    « Ce séjour a permis de prendre connaissance de ce qui se fait en matière d’engagement social, notamment à travers l’usage de biens mis à disposition par l’État. Nous avons aussi pu échanger sur notre travail avec nos collègues lituaniens, roumains, serbes et bulgares », commente Mohamed Benmeddour, un médiateur social dans les quartiers nord qui a fait le déplacement (lire encadré).

    Partenaire de l’association Crim’HALT, cette coopérative, implantée sur un domaine agricole de 17 hectares confisqué à la Camorra près de Naples, a une forte dimension symbolique. La propriété qui porte le nom d’Alberto Varone, un entrepreneur local assassiné en 1991 pour avoir refusé de céder aux extorsions d’un clan mafieux, incarne à la fois la lutte contre la mafia et la capacité de la société civile à reconquérir des territoires marqués par le crime organisé, observe Fabrice Rizzoli, enseignant en géopolitique des criminalités, spécialiste des mafias et président de l’association Crim’HALT.

    Al di là sei sogni illustre le potentiel de la réutilisation des biens confisqués. Anciens détenus, personnes handicapées, travailleurs sociaux et habitants y construisent des projets communs à vocation sociale et culturelle : insertion par le travail, agriculture solidaire, accueil de publics fragiles, médias associatifs ou encore futurs espaces de restauration, de création musicale et d’animation locale. Dernièrement, c’est une villa, saisie à un proche de la Camorra, qui est en voie de transformation en futur lieu culturel et solidaire. Une démarche encore rare en France.

    Utilité collective

    des biens saisis

    Adoptée en avril 2021, la loi sur l’usage social des biens confisqués permet de récupérer des biens immobiliers saisis à la criminalité afin de les transformer en logements sociaux, structures d’insertion ou équipements d’intérêt général. Inspiré du modèle italien, ce dispositif vise à donner une utilité collective à des patrimoines issus d’activités illicites. Mais il demeure encore très peu utilisé.

    Si, depuis 2025, les collectivités ont la possibilité de solliciter directement l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc), le mécanisme reste méconnu et rarement mobilisé. À Marseille, la transformation, en 2023, d’une villa confisquée à un trafiquant de cocaïne des Aygalades en centre d’hébergement d’urgence fait figure d’exception. Pourtant, plusieurs biens pourraient être réaffectés. Crim’HALT relève par exemple l’immeuble de standing de la Corniche, le Carlton Palace, saisi dans l’affaire de la fraude à la taxe carbone, qui reste vacant après l’échec de sa vente aux enchères en 2025.

    Au-delà de l’échange de pratiques, cette immersion a également permis aux participants de mesurer l’importance du travail de terrain mené par les acteurs associatifs italiens auprès des jeunes exposés aux réseaux criminels, insiste Crim’HALT. Une expérience qui doit nourrir la réflexion marseillaise sur la prévention et l’accompagnement des publics vulnérables. Des projets que sont venus défendre, à leur retour d’Italie, les membres de la délégation française auprès d’Amine Kessaci.

    Un exemple italien à adapter

    « Je suis venu pour voir ce qui se fait et ce que l’on peut faire », explique Mohammed Benmeddour, un des trois éducateurs marseillais reçus à la coopérative « al di là deisogni ». Il revient sur ces maisons du bord de mer confisquées à la mafia, qu’il compare au Carlton Palace saisi sur la Corniche à Marseille, « mis à prix 4 millions d’euros et qui n’a pas trouvé preneur aux enchères ». « Ce qu’ils font à la coopérative peut être importé à Marseille. Sur la Corniche, on pourrait loger plusieurs associations » estime-t-il, déplorant qu’en France, on ait « que le modèle répressif. Même si la loi de 2021 permet de saisir les biens de la criminalité organisée, c’est nouveau ». Reste à prendre aussi en compte « une conjoncture et une criminalité différentes en France », nuance-t-il.

    M.R.

  • Tarascon : après des incidents à Fibre Excellence, le préfet exige le redémarrage de la station d’épuration

    Tarascon : après des incidents à Fibre Excellence, le préfet exige le redémarrage de la station d’épuration

    Liquidée en juillet dernier par le tribunal de commerce de Toulouse, l’entreprise a été placée sous la responsabilité de liquidateurs judiciaires. Ces derniers ont l’obligation d’assurer la surveillance et la mise en sécurité des installations du site.

    La CGT Fibre Excellence et l’Union départementale CGT dénonçaient depuis plusieurs semaines une mise en danger de l’environnement ainsi qu’un risque d’incendie si l’ensemble des mesures prévues dans le processus de mise à l’arrêt n’était pas respecté. Selon les salariés, ce dispositif nécessite la présence de 34 personnes pendant six mois. Leur proposition a toutefois été rejetée par le mandataire judiciaire, qui a préféré mettre en place une équipe mixte de neuf personnes.

    Le 2 septembre, trois incidents se sont produits sur le site à la suite de coupures opérées sur le réseau électrique et d’erreurs de manipulation.

    Dans son arrêté, le préfet confirme les alertes lancées par les salariés. À l’issue d’une inspection, il estime que « cette situation constitue un manquement aux obligations réglementaires ».

    Il met ainsi en demeure le liquidateur de « procéder immédiatement au redémarrage de la pomperie alimentant les hydratants du site (poteaux incendie, sprinklers, couronne d’arrosage) », ainsi que de la station d’épuration. Ces équipements ne pourront désormais « être arrêtés que sur demande justifiée et motivée, et après accord explicite de l’inspection des installations classées ».

  • À Marseille, l’école Sinoncelli n’a toujours pas assez de place

    À Marseille, l’école Sinoncelli n’a toujours pas assez de place

    Il nous faudrait six salles supplémentaires. » Rémi Segonds, instituteur dans l’école Sinoncelli (14e), à Marseille, est présent ce jeudi devant la direction départementale des services de l’éducation nationale (DSDEN) avec ses collègues. Ils sont venus sur la pause de midi alors que se tenait une réunion de la commission santé et sécurité au travail. Cellle-ci avait émis 23 avis après que l’école a lancé un signal social en mai 2025. Le corps enseignant exigent que ces avis soient pris en compte et réclament donc des salles supplémentaires, un plafonnement du nombre d’élèves, un accompagnement des élèves en difficulté et une aide à la direction.

    « Il ne nous restait que la grève. »

    « Les élèves que l’on accueille ont des difficultés, explique Géraldine Pauc, institutrice depuis 18 ans à Sinoncelli. Ils faut que l’on soit moins nombreux. On a 434 enfants, donc dans certaines classes, il y a 27 élèves », s’indigne-t-elle. « On a utilisé tous les moyens légaux, souffle l’institutrice. Il ne nous restait que la grève. »

    Ce mardi, à l’heure de la rentrée, tous les professeurs se sont mis en grève pour réclamer un algeco et le plafonnement du nombre des élèves. « Pendant qu’on était en grève, des élèves continuaient de s’inscrire », raconte Pierre Chausson, instituteur. Une action qui leur a permis d’obtenir une audience le jour même avec des élus municipaux et une représentante de l’éducation nationale. Le maire (DVG) de Marseille, Benoit Payan, avait toutefois ironisé le même jour, alors en déplacement à l’école voisine, Clair-Soleil, assurant qu’il « n’y a pas de supermarché d’Algeco. [Qu’il] ne peut pas en acheter comme ça ».

    « Une réponse pleine de mépris », pour les syndicalistes, qui rappellent que justement, ces équipements font l’objet d’un marché public. Par ailleurs, la Ville leur a affirmé l’arrivée d’un nouveau concierge, qui n’avait pas été remplacé depuis deux ans. La mairie de Marseille affirmait également dans nos colonnes « avoir bien pris en compte le besoin de plus d’espaces d’accueil pour les enfants. La municipalité s’est saisie de ce sujet et s’attelle à mettre en place des solutions. »

    Eva Janus
  • Gare de Nîmes : des quais enfin accessibles à tous

    Gare de Nîmes : des quais enfin accessibles à tous

    Pour certains voyageurs, prendre le train à Nîmes pouvait encore commencer par une série d’obstacles. Un quai trop bas, un cheminement difficile à suivre, une information peu accessible. Depuis ce jeudi 3 septembre, la SNCF présente une gare Nîmes-Centre remise à niveau, après près de deux ans de travaux consacrés à l’accessibilité de ses quais.

    Engagé en septembre 2024, le chantier a d’abord concerné les voies A, B et C, avant de se poursuivre sur le quai de la voie E, dont la rénovation vient achever l’opération. Au total, près de 7,7 millions d’euros ont été mobilisés, financés à parts égales par l’État et SNCF Gares & Connexions. Une transformation qui concerne directement les 4,5 millions de voyageurs fréquentant chaque année la gare.

    Le changement se voit d’abord sous les pieds. Les quais ont été rehaussés pour réduire l’écart avec les trains, leurs revêtements repris et les bandes podotactiles renforcées. Mais une partie essentielle du chantier se remarque moins : bandes de guidage pour les personnes déficientes visuelles, balises sonores déclenchables à l’aide d’une télécommande, éclairage et sonorisation modernisés.

    Le changement se voit d’abord sous les pieds. Les quais ont été rehaussés de 55 cm pour réduire l’écart avec les trains, leurs revêtements repris et les bandes podotactiles renforcées. Un travail mené en lien avec les associations d’usagers. « Dès le départ, nous avons été sollicités pour dresser un état des lieux de l’existant, avant de réfléchir de concert avec les décideurs aux pistes d’amélioration possibles », souligne Frédéric Barety, représentant de la Fédération des aveugles et amblyopes de France. Parmi les lacunes identifiées : des bandes de guidage insuffisantes pour les personnes déficientes visuelles. Car derrière les millions investis et les normes techniques se joue une question autrement plus concrète : celle de l’autonomie. Personnes en fauteuil, déficients visuels, personnes âgées, parents avec poussette ou voyageurs chargés de bagages profitent également de ces aménagements. « Loin d’être un confort supplémentaire, son accessibilité est un droit de chacun », a insisté le maire Vincent Bouget (PCF) lors de la présentation, aux côtés du vice-président de la Région, délégué aux transports, Jean-Luc Gibelin (PCF). La gare du XIXe siècle n’en a toutefois pas terminé avec les travaux. Une rénovation plus profonde de son vaste hall d’accueil est annoncée à l’horizon 2030.

  • À Nîmes, le premier train à batteries de France prend les rails

    À Nîmes, le premier train à batteries de France prend les rails

    Lundi 31 août, 12h52, voie E de la gare de Nîmes-Centre. Extérieurement, la rame rouge et grise qui s’apprête à partir vers Vauvert a tout d’un train liO ordinaire. Sous ses planchers, pourtant, une petite révolution ferroviaire est en marche. Pour la première fois en France, un TER dont les moteurs diesel ont été entièrement remplacés par des batteries prend son service commercial. « Nous écrivons aujourd’hui à Nîmes une nouvelle page du transport ferroviaire », résume Gaël Barbier, directeur régional de SNCF Voyageurs Occitanie.

    Une première française, donc, mais pas un train flambant neuf. C’est même tout l’intérêt du projet : cet Autorail grande capacité, âgé d’une vingtaine d’années, a été transformé plutôt que remplacé. Ses moteurs diesel ont laissé place à seize batteries lithium-ion, représentant environ huit tonnes. Rechargée en environ une heure sous les caténaires, notamment lors de ses passages en gare, la rame peut ensuite poursuivre sa route sur les portions non électrifiées. L’énergie produite au freinage est elle aussi récupérée et stockée.

    « C’est à l’État de suivre l’exemple »

    Résultat annoncé : plus de 80 kilomètres d’autonomie, jusqu’à 20% d’économies d’énergie et, sur les tronçons parcourus grâce aux batteries, ni émission directe de CO₂ ni particules fines liées à la combustion du diesel. Avec, en prime, moins de bruit pour les voyageurs et les riverains. « C’est une solution qui permet de nous affranchir petit à petit des énergies fossiles », souligne Olivier Delecroix, vice-président d’Alstom France.

    Entre Nîmes et Vauvert, le laboratoire grandeur nature durera au minimum deux ans. Sur cette ligne de 21 kilomètres, la rame effectuera trois allers-retours chaque jour en semaine. Son arrivée accompagne surtout deux allers-retours supplémentaires par rapport à septembre 2025, portant l’offre à onze trains liO quotidiens. Une manière, pour la Région, de lier transition écologique et renforcement du service public plutôt que d’opposer les deux.

    Avec cette rame, l’Occitanie pousse un peu plus loin sa stratégie de sortie du diesel. Après un Régiolis hybride expérimenté autour de Toulouse, elle doit également accueillir des trains à hydrogène sur la ligne Montréjeau-Luchon. Elle devient ainsi la seule Région française à tester simultanément hybride, batteries et hydrogène.

    Mais derrière la vitrine technologique se pose déjà la question du passage à l’échelle. Le programme national, associant cinq Régions, représente plus de 41 millions d’euros : 30 millions apportés par les collectivités régionales, 6 millions par SNCF Voyageurs et 5,5 millions par Alstom. Pour Jean-Luc Gibelin, vice-président régional chargé des mobilités, l’expérimentation ne peut cependant rester à la seule charge des territoires. « Nous faisons la démonstration que c’est possible. Désormais, c’est à l’État de suivre l’exemple et de prendre le relais pour lancer un grand plan de transformation du ferroviaire », interpelle l’élu communiste, estimant que le ministère de l’Industrie n’a jusqu’ici « pas été au rendez-vous ». « L’État doit aider concrètement ce genre de projet », insiste-t-il.

    Une revendication qui dépasse la seule rame inaugurée lundi. Car si la technologie fait ses preuves, l’élu imagine déjà son déploiement ailleurs en Occitanie. « Le Gardois que je suis pense à la ligne Nîmes-Alès », glisse-t-il.

    D’autres lignes non électrifiées pourraient suivre. Reste désormais à éprouver les batteries dans la durée : autonomie réelle, vieillissement, maintenance, contraintes d’exploitation. « Il s’agit d’une première génération et d’un fonctionnement nouveau pour tout le monde », rappelle Bogdan Vulturescu, chef de projet à la SNCF. Les deux prochaines années doivent fournir ce retour d’expérience.