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  • À Marseille, la mairie des 15-16 veut fédérer les acteurs de l’éducation populaire

    À Marseille, la mairie des 15-16 veut fédérer les acteurs de l’éducation populaire

    « Résister face à la pédagogie du renoncement et s’assurer que les lumières ne s’éteignent pas dans l’esprit de nos jeunes » : telle est l’une des contributions majeures de l’éducation populaire, selon Jean-Marc Coppola, maire (PCF) des 15e et 16e arrondissements. L’élu est venu à la rencontre des acteurs associatifs du secteur, mardi matin, à l’occasion d’une réunion organisée par sa mairie. « L’éducation populaire est essentielle pour notre société. C’est un levier essentiel pour la démocratie, l’émancipation humaine, la citoyenneté et la transformation de la société, a-t-il poursuivi. Cette rencontre de nouvelle mandature doit permettre d’échanger nos expériences, mais surtout de construire ensemble des projets. Une association isolée peut faire de grandes choses, mais associée aux autres, elle peut se rendre beaucoup plus efficace. »

    C’était l’ambition de ce premier temps d’échanges entre associations, organisé à l’initiative de Lyèce Choulak, conseiller municipal délégué à l’éducation populaire et aux vacances pour tous dans les 15-16. « C’est l’occasion de rassembler toutes les forces vives de l’éducation populaire dans les 15-16, parmi lesquels on compte les associations de proximité et les centres sociaux, bien sûr. Mais aussi les institutions (Métropole, État) et les bailleurs, détaille-t-il. Je voudrais qu’on puisse aboutir sur un projet commun qui défende l’intérêt collectif ».

    Pour soutenir la démarche, Hassan Guenfici, adjoint au maire délégué aux centres sociaux et à l’éducation populaire, était présent pour représenter la mairie centrale.

    Un budget pour l’enfance ?

    Les difficultés financières des collectivités, limitant le niveau des subventions accordées aux différentes structures, n’ont pas manqué d’être évoquées. Dans ce contexte budgétaire serré, une idée a tout de même émergé : investir avantage dans l’enfance. « L’enfant pauvre des cités est souvent le secteur de l’enfance, note Nicolas Rett, directeur du centre social de la Bricarde (15e). C’est très difficile de déployer des actions, parce que nos moyens sont très limités. Il y a pas mal d’espaces jeunes sur le territoire, ce qui nous permet de capter les jeunes à partir de 11-12 ans. Mais les 5-10 ans qui ne sont pas inscrits au foot ou à l’aide au devoir, ce sont eux qui sont un peu à la rue entre 17h et 19h. Ça les rend vulnérables, notamment aux réseaux [de trafic de drogue] ».

    « La question de la protection de l’enfance et de l’accueil des mineurs est sur la table, le travail est entamé », a assuré Hassan Guenfici. Jean-Marc Coppola ajoute : « La Ville fait son possible, mais ne pourra pas se substituer à tout le monde. Les échéances électorales de l’an prochain doivent être l’occasion de décider dans quel type de société nous souhaitons vivre. »

  • Journée cruciale au tribunal pour Fibre Excellence

    Journée cruciale au tribunal pour Fibre Excellence

    « En quelques jours, chacun a accepté de faire évoluer sa position. Des investisseurs se sont engagés, d’autres sont en train de le faire. Les Régions se sont mobilisées. Les organisations syndicales ont contribué activement à la construction du projet », écrivent dans une lettre commune, adressée dimanche au ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, Matthieu Pigasse, les deux présidents des Régions Sud et Occitanie, et les responsables des syndicats CGT, CFDT et FO. Et de presser le gouvernement à prendre ses « responsabilités » avec « la mobilisation effective de tous les leviers dont dispose l’État afin de donner toutes les chances à ce projet désormais profondément consolidé ». Gouvernement qui reste pour l’heure dans l’attente d’un « projet crédible », répond-il.

    L’offre de reprise de l’entreprise Fibre Excellence et de ses deux usines, situées à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et à Tarascon, par l’homme d’affaires doit être déposée ce jeudi, au tribunal de commerce de Toulouse. L’audience pour l’examen de l’offre a été reportée au 6 juillet.

    Cette offre pourrait donner un second souffle au fabricant de pâte à papier et sauver les quelque 10 000 emplois directs et indirects que génère l’activité. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire, fin avril, tandis que son actionnaire indonésien, Jackson Wijaya, a refusé tout net de remettre de l’argent dans la société, qui souffre d’un déséquilibre structurel. Pour y remédier, outre l’apurement du passif, les salariés ont rappelé la nécessité d’un relèvement du tarif de rachat de l’électricité produite par l’usine. Une promesse du gouvernement.

  • Risque très sévère d’incendie sur tout l’arc méditerranéen

    Risque très sévère d’incendie sur tout l’arc méditerranéen

    Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, est attendu à 15h à Marseille, où il sera informé de la situation de la saison des feux en cours. Il présidera, à partir de 16h15, une cellule interministérielle de crise sur la canicule.

    Au sein de l’état-major des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône, l’heure est à la mise en garde. La phase est « inédite » si tôt dans l’été, assure le lieutenant-colonel Pascal Bergé, officier supérieur départemental au Sdis 13. En cause, des « conditions météorologiques assez complexes avec le Mistral qui va se lever en continu pendant 72 heures », signale-t-il, mercredi. Canicule, vent chaud, végétation asséchée, « on est en alerte maximale (…), tout l’arc méditerranéen est en vigilance, en risque très sévère », confirme le lieutenant-colonel, avec une attention particulière portée sur l’Étang de Berre.

    Dès lors, en plus des 500 pompiers de garde dans la caserne, 396 personnes supplémentaires ont été déployées, dans les 59 centres de secours du département des Bouches-du-Rhône. Un maillage qui sera maintenu tout l’été.

    À Bouc-Bel-Air, un dispositif préventif est mis en place dans le cadre « de la stratégie nationale et départementale d’attaque massive des feux naissants pour les éteindre dès les premières minutes », explique le commandant Arnaud Cambe. Le groupe de 18 pompiers dispose de cinq véhicules, dont quatre camions spécialisés dans la lutte contre les feux de forêt. Il est posté dans une zone « proche de l’interface habitat-forêt » et d’« un axe routier ». Ici, cours du Ferrage, le chef de groupe David Marin briefe l’équipe. Il s’assure que chacun dispose de suffisamment de ravitaillement. « Il va faire chaud, on prend soin les uns des autres, c’est le plus important », intime-t-il à la rangée qui se tient devant lui. « Pensez à vous hydrater et à vous préserver au maximum », renchérit Arnaud Cambe, la nuit s’annonçant longue.

    Le terrible incendie qui a ravagé Les Pennes-Mirabeau et l’Estaque, il y a un an, presque jour pour jour, a marqué les esprits. « La crainte n’est pas forcément d’avoir un grand feu, mais d’en avoir plusieurs. C’est la simultanéité des chantiers qui peut rendre compliquée la gestion d’une opération, on ne pourra pas mettre un camion derrière chaque maison », alertait dans la matinée le lieutenant-colonel Pascal Bergé. Face à cela, il appelle les habitants « au bon sens » : pas de feu, ni de barbecue et encore moins de mégots jetés par les fenêtres ; l’une des principales causes de départs de feux. Et surtout, « on écoute les consignes qui sont données par les autorités ».

  • [Entretien] Clément Beaune : « Je propose qu’on revienne à une forme de planification globale »

    [Entretien] Clément Beaune : « Je propose qu’on revienne à une forme de planification globale »

    La Marseillaise : Vous intervenez lors des rencontres économiques sur la question de la planification économique. Quelle est sa place dans le modèle français actuel ?

    Clément Beaune : On vit un paradoxe français : nous avons beaucoup de plans, de stratégies, dans beaucoup de domaines, pour les collectivités locales, comme pour l’État. On entend tous les jours parler de plan sur la santé et l’environnement, de plan bas carbone, de plan d’adaptation aux changements climatiques, de plan agricole… Ce mot revient souvent, mais on ne fait plus la planification comme ça a été le cas notamment pendant les trente glorieuses, c’est-à-dire avec un plan quinquennal, qui était certes indicatif, mais qui était débattu au Parlement, voté, discuté avec le patronat et les syndicats notamment et qui fixait, c’était son principal mérite, quelques priorités ainsi que leur financements. Ces priorités, une fois qu’elles étaient dans le plan quinquennal, étaient celles du gouvernement, pour 5 ans. Je ne dis pas que c’était idéal, mais il y avait une forme de stabilité et d’anticipation. Aujourd’hui, à part dans le domaine de la défense, où l’on a de nouvelles programmations militaires, on a beaucoup de mal à avoir un cap clair, débattu dans la société, au Parlement, et partagé, pour plusieurs années.

    Que proposez-vous ?

    C.B. : Il faut l’adapter, mais je propose qu’on revienne à une forme de planification globale. Qu’on se demande quelles sont les grandes priorités de l’État, pour les cinq ans qui viennent, qu’on en débatte au Parlement. Ça permettrait de parler démographie, immigration, gestion de l’eau… Tous ces sujets-là méritent du temps long, un débat large et des priorités stables. On le voit sur la question climatique, on a besoin d’avoir des investissements qui ne bougent pas d’une année sur l’autre, de choisir les priorités. Est-ce que la priorité est l’investissement dans les transports, plutôt dans l’énergie, plutôt dans l’agriculture ? Ce sont des choix politiques. Après, il y a des gens qui auront des préférences, mais au moins, c’est débattu, c’est connu de tous et c’est stable.

    Ce qu’apporte surtout la planification, c’est de la visibilité et de la stabilité. Pas des coups de stop and go, comme on dit, ou d’essuie-glaces, où on va un coup dans un sens, un coup dans un autre.

    Je pense aussi que parfois, sur le climat, la défense et d’autres enjeux du temps long, il faudrait avoir des budgets pluriannuels, qui s’imposerait au budget annuel.Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

    Un mot sur l’échéance de la présidentielle, au regard du bilan des deux quinquennats d’Emmanuel Macron et de l’influence qu’a depuis gagnée l’extrême droite ?

    C.B. : J’ai deux combats, qui sont identitaires pour moi : la lutte contre l’extrême droite et l’engagement pour l’Europe. Je me prononcerai à l’automne sur les candidatures, mais pour l’instant, je veux rester focalisé sur le Plan. Et proposer un certain nombre d’options qui peuvent être utiles dans le débat. Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra une stratégie de rassemblement et de responsabilité, peut-être au-delà des familles politiques traditionnelles, pour battre l’extrême droite.

    Entretien réalisé par Margot Milhaud.

  • Le coach immobilier dit avoir cédé à l’appât du gain

    Le coach immobilier dit avoir cédé à l’appât du gain

    Au lendemain de la condamnation à une amende civile record de 100 000 euros d’un multipropriétaire parisien en infraction sur un meublé touristique rue Dragon, la Ville de Marseille est venue réclamer, mercredi, devant ce même juge des référés, le prononcé de 1,5 million d’euros d’amendes civiles à l’encontre des quatre sociétés d’un investisseur et influenceur immobilier. Celui-ci contournait la réglementation sur la location de six meublés touristiques de courte durée.

    Attendu par une dizaine de militants d’un collectif anti-Airbnb qui avaient déployé une banderole « Rends tous les logements ! Airbnb casse-toi ! Marseille n’est pas à toi ! », Florent Richard, 37 ans, ne s’est pas présenté à l’audience, laissant son avocat faire amende honorable à sa place. « Il a eu peur pour sa sécurité car il n’est pas le bienvenu à Marseille. Son portrait est affiché sur des murs. Ce n’est pas normal, ce n’est pas M. Pelicot ! Effectivement, il a eu un temps un appât du gain sur quelque chose de facile, mais il a compris, il a appris et il veut tourner la page », a plaidé Me Martin Guerin pour cet affairiste immobilier qui se vantait, sur YouTube, de s’être constitué avec 44 logements à Bordeaux, Paris et Marseille, un patrimoine de 3 millions d’euros en trois ans.

    à Marseille, ses sociétés exploitaient sans autorisation de changement d’usage et sans avoir réalisé les compensations obligatoires exigées, quatre meublés touristiques au 9 rue des Honneurs, un immeuble du Panier (qui pour l’anecdote avait appartenu à Marseille Habitat de 1997 à 2016), ainsi que deux locations saisonnières dans un grand appartement qu’il a divisé, au 16 rue Colbert. « L’étreinte de la Ville s’est resserrée sur lui en octobre 2025. Il a immédiatement retiré tous ses appartements des plateformes et s’est dirigé vers des locations en baux mobilité », a expliqué Me Guerin, qui a prié le tribunal de trouver « un juste équilibre dans le combat légitime de la Ville et ses demandes d’amendes qui sont complètement disproportionnées ».

    « On peut comprendre la colère des collectifs, a dénoncé Me Jorge Mendes Constante, conseil de la Ville. Marseille ne veut pas de ce genre d’investisseur qui dit faire du “coaching immobilier” en exprimant sur Youtube ce genre de slogans, Un million d’euros en quatre ans grâce à la location courte durée” ou Ici on fait du business, pas de la charité”. Il a mis en place un système. L’influenceur locatif s’est vanté d’avoir un taux d’occupation de ses locations à Marseille de 98% et d’avoir tiré 1 318 000 euros de chiffre d’affaires en 3 ans sur ces deux adresses ! »

    L’avocat a réclamé pour la Ville la condamnation de chacune des quatre sociétés que Florent Richard gère – deux SCI propriétaires, une société chargée des locations et une pour la conciergerie – à l’amende maximum de 100 000 euros prévue en cas de changement illicite d’usage, multipliée par le nombre d’appartements qu’il a ainsi soustrait au marché de la location classique, soit un moment total d’1,5 million d’euros.

    Délibéré le 23 septembre.

    « Nous serons intransigeants »

    « La Ville ne laissera rien passer. On attaquera systématiquement. Nous serons intransigeants. Les prochaines assignations concerneront des conciergeries qui participent à des locations sans autorisation », déclare Audrey Garino, l’adjointe au logement, présente mercredi devant le tribunal. L’élue PCF observe que l’engagement de la Ville a déjà entraîné « une baisse de 16% des meublés saisonniers sur la ville ».

    D.C.

  • Bruno Genesio signe un bail de deux ans à l’OM

    Bruno Genesio signe un bail de deux ans à l’OM

    L’OM tient enfin ses têtes sportives, avec l’arrivée de Bruno Genesio.

    Les dirigeants marseillais attendaient la décision finale de la DNCG concernant les finances. Le gendarme financier de la Ligue 1 ayant été relativement clément, celui qui a permis à Lille de terminer sur le podium du dernier championnat aura donc la lourde tâche de reconstruire une équipe, après le fiasco sportif de la saison qui vient de s’achever.

    « Le choix de Bruno Genesio s’est imposé naturellement au cours de nos échanges », a confié Grégory Lorenzi. Le directeur sportif marseillais a détaillé les raisons qui ont poussé le club à recruter l’ancien milieu défensif, formé à Lyon et passé notamment par le FC Martigues. « Son expérience, sa connaissance du haut niveau et sa capacité à construire des équipes compétitives correspondent pleinement à l’ambition que nous portons pour l’Olympique de Marseille. »

    L’intéressé quant à lui est impatient de débuter sa nouvelle mission. Lui qui a su redynamiser Rennes et Lille, entre autres, et réveiller Lyon, a déjà une idée de ce qu’il compte faire sur le banc marseillais. « J’ai choisi de rejoindre l’Olympique de Marseille parce que j’ai été séduit par le défi qui m’a été présenté… Je suis impatient de commencer le travail avec l’ensemble des équipes du club et les joueurs afin de construire un groupe à la hauteur des ambitions de l’Olympique de Marseille. »

    Grégory Lorenzi estime de son côté que Bruno Genesio est l’homme de la situation : « Nous partageons une vision commune du football, du développement des joueurs et de la construction d’un effectif performant dans la durée. Nous allons travailler en étroite collaboration afin de bâtir un groupe capable de répondre aux exigences de ce club et aux attentes de ses supporters. »

    Contraintes budgétaires

    Comme lorsqu’il était à Brest, Grégory Lorenzi sait qu’il ne pourra pas se lancer dans une campagne de recrutement onéreuse. La DNCG a donné son feu vert pour une continuation en Ligue 1 avec un encadrement de la masse salariale. Alors que l’UEFA a donné un an aux dirigeants olympiens pour sortir les comptes de la zone rouge.

    Stéphane Richard ne doute pas du potentiel de son nouvel entraîneur à s’adapter aux contraintes qui lui seront imposées. « Son expérience, son exigence et sa vision du jeu correspondent pleinement à ce que nous recherchions pour ouvrir cette nouvelle étape. Au-delà de son parcours, nous avons été convaincus par son adhésion à notre projet, sa volonté de construire dans la durée et son enthousiasme », confie le nouveau président de l’OM.

    Le club possède donc une tête solide, à laquelle il faut signaler le retour de Nicolas Dehon en tant qu’entraîneur des gardiens. Le moment va donc venir de passer à l’étape de donner des jambes à un staff qui donne rendez-vous le 6 juillet à ses joueurs non concernés par la Coupe du monde pour la reprise générale. Dans un premier temps à la Commanderie. Puis pour un stage en Côte d’Ivoire.

    La Cepac va accoler son nom à celui du Vélodrome

    La prise de fonction de Stéphane Richard à la présidence de l’OM, ce jeudi, coïncide avec un changement symbolique.

    Celui qui succède à Pablo Longoria était à la tête d’Orange lorsque le partenariat entre le club et le géant des télécommunications lançait l’enceinte du boulevard Michelet dans l’ère du naming.

    Le contrat avec Orange étant arrivé à son terme, c’est une autre entreprise qui va prendre le relais. Stéphane Richard, en tant que président de l’OM, et Christine Fabresse, directrice du directoire de la Caisse d’épargne Cepac vont officialiser le partenariat entre les deux parties.

    La signature aura lieu à 12h, au stade Vélodrome.

    M.Ga.

  • [Entretien] Elke Kahr : « La gauche doit réapprendre à s’adresser aux gens »

    [Entretien] Elke Kahr : « La gauche doit réapprendre à s’adresser aux gens »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction après votre réélection à la tête de la ville de Graz ?

    Elke Kahr : Je suis à la fois soulagée et heureuse de constater un soutien aussi net à la ligne que nous avons adoptée en 2021. Je n’agis pas seule, je fais partie d’un collectif qui œuvre avec constance et dynamisme pour les habitants de Graz depuis des décennies, s’attirant ainsi une grande confiance.

    À quoi attribuez-vous ce succès ?

    E.K. : Mon parti, le Parti communiste autrichien (KPÖ), ne cherche pas à séduire les gens avec des promesses d’un monde meilleur pour un avenir lointain ; nous visons plutôt à obtenir des améliorations concrètes pour les travailleurs. Nous avons remporté de nombreux succès à cet égard, qu’ils soient grands ou petits. Il est réjouissant de voir qu’autant d’habitants de notre ville le reconnaissent.

    Sur quels thèmes avez-vous mené campagne ?

    E.K. : Notre programme se résume facilement. Nous défendons ce dont chacun a besoin au quotidien : des logements abordables, des écoles, des services de soins et de santé, l’accès à l’eau, à l’énergie et au chauffage, les transports en commun, les espaces verts et les parcs, ainsi que des lieux dédiés au sport, aux loisirs et à la détente. Nous voulons maintenir tous ces services dans le domaine public et garantir qu’ils soient accessibles à tous, sans barrières financières. L’intérêt général doit primer : c’est ce que nous avons clairement affirmé, alors que les partis conservateurs et libéraux ne cessaient de prôner la hausse des loyers et la privatisation du logement.

    Comment vous êtes-vous adressée au monde du travail ?

    E.K. : Je suis une militante active de la vie politique locale depuis 1993 : d’abord comme conseillère municipale, puis comme présidente du groupe communiste au sein du conseil municipal et depuis 2021, en tant que maire. Au fil de ces décennies, je ne me suis jamais retranchée dans des bureaux ou au siège de mon parti. Les habitants de ma ville savent comment me joindre. Il est essentiel que nous, en tant que parti comme à titre individuel, gardions toujours nos portes ouvertes à quiconque a besoin de soutien ou souhaite proposer des solutions. Aucun problème n’est insignifiant : le monde du travail regorge de difficultés, et pourtant, peu de gens interviennent réellement pour aider lorsque la situation se corse. Il est crucial d’avoir un bon réseau et de savoir où trouver des solutions à des problèmes précis, plutôt que de simplement faire tourner les gens en rond. Les citoyens apprécient vraiment cette approche. Cela n’est possible que si l’on s’intéresse sincèrement aux autres.

    Quelle sera votre première mesure de ce nouveau mandat ?

    E.K. : La situation économique à laquelle sont confrontées les villes et les collectivités de toute l’Autriche est loin d’être idéale. Les crises multiples de notre époque et les conséquences des politiques néolibérales se font sentir. C’est pourquoi, durant la campagne électorale, nous avons évité de faire des annonces grandiloquentes ou de présenter des « visions » -comme les médias dominants ne cessaient de l’exiger- pour privilégier une approche axée entièrement sur la sécurisation et l’amélioration des infrastructures de la ville. Graz est une ville qui fonctionne bien, et pourtant, beaucoup d’habitants y rencontrent des difficultés. Notre engagement consiste donc à tout mettre en œuvre pour que la ville continue de bien servir ses résidents et pour préserver au mieux la cohésion sociale. Nous avons mis en place de nombreux dispositifs à cette fin et nous comptons encore les améliorer. L’abonnement annuel aux transports en commun de Graz, proposé à 60 euros aux personnes sans revenus ou à faibles revenus, en est un exemple.

    Quel message adressez-vous aux forces progressistes confrontées dans toute l’Europe à la montée de l’extrême droite ?

    E.K. : L’extrême droite prétend défendre les gens ordinaires -les travailleurs, qu’ils soient cols-bleus ou cols blancs- et représenter leurs intérêts. En réalité, ces partis méprisent la classe ouvrière et le monde du travail dans son ensemble. Ils misent sur l’exclusion et la division, sur le racisme et une rhétorique incendiaire. Pourtant, ils répondent aux peurs et aux préoccupations qui touchent véritablement la majorité de la majorité. La gauche a tendance à se focaliser sur des détails abstraits et utilise souvent un langage que la plupart des gens ne comprennent pas. Les forces progressistes doivent réapprendre à s’adresser aux gens et à prendre leurs préoccupations au sérieux, même lorsque celles-ci ne cadrent pas avec leur propre vision du monde. C’est la seule façon de convaincre la population. Nous devons nous battre pour chaque individu et nous attaquer à chaque petit problème du quotidien si nous voulons parvenir à nouveau à rassembler pour obtenir des changements majeurs.

    Bio express

    1961 naissance à Graz deuxième ville d’Autriche et capitale de la Styrie

    1964 adoptée à l’âge de trois ans par les époux Kahr, un serrurier et une vendeuse

    1979 employée de banque

    1983 adhésion au Parti communiste autrichien (KPÖ)

    1993 élue conseillère municipale de Graz

    2003 élue vice-présidente fédérale du KPÖ.

    2021 élue maire de Graz

    2023 élue meilleure maire du monde par la City Mayors Foundation, « pour son dévouement et son altruisme au service de sa ville et de ses citoyens »

    2026 réélue maire de Graz

  • Nouvelles arrestations dans l’affaire Kessaci

    Nouvelles arrestations dans l’affaire Kessaci

    Quatre autres suspects ont été interpellés, ce mardi 30 juin, dans l’enquête sur l’assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, 20 ans, dont le frère Amine est une figure de la lutte contre le narcotrafic, ont indiqué, mercredi, une source policière et une autre source proche du dossier, confirmant une information du Parisien.

    Fin mars, six personnes, cinq hommes et une femme, avaient déjà été mises en examen dans l’enquête sur la mort du jeune homme de 20 ans, totalement étranger au trafic et inconnu de la police comme de la justice, tué de plusieurs balles, en plein après-midi à Marseille, le 13 novembre 2025.

    Trois des suspects sont soupçonnés d’avoir joué un rôle dans la logistique, en ayant participé à l’organisation ou aux actes commis après les faits, selon la source proche.

    Le quatrième, d’après la même source, aurait été engagé comme tireur pour une opération la veille, qui n’a finalement pas eu lieu. Ce dernier est présenté comme un exécutant de la DZ Mafia, précise Le Parisien.

    L’assassinat de Mehdi Kessaci avait provoqué une onde de choc, le ministre de l’intérieur, Laurent Nunez, évoquant d’emblée un meurtre « d’avertissement ». S’en était suivie une vaste marche blanche d’hommage au jeune homme, à Marseille et un peu partout en France, à l’appel de l’association Conscience, fondée par Amine Kessaci, pour venir en aide aux familles victimes du narcotrafic.

    Une exécution menée

    par la DZ Mafia ?

    Les enquêteurs de la police judiciaire et de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO), qui voient dans ce meurtre la main de la DZ Mafia, gang marseillais de narcotrafiquants, sont parvenus à déterminer que les tueurs s’étaient « trompés de cible » et qu’ils visaient Amine Kessaci.

    Militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic, Amine Kessaci (EELV) est devenu depuis 4e adjoint au maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), à l’issue des élections municipales fin mars.

    L’information judiciaire sur la mort de Mehdi Kessaci a été confiée à des juges d’instruction parisiens et suivie par le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco).

    Le narcobanditisme a coûté la vie à 17 personnes en 2025 à Marseille, selon les autorités, un chiffre en baisse par rapport aux précédentes années (24 morts en 2024 après le record de 2023 avec 49 morts liés à une guerre des gangs pour le contrôle des points de deal dans les Bouches-du-Rhône).

    Pour Amine Kessaci, le combat continue. « Je pense que ce vécu, cette histoire personnelle, viennent raconter que dans ce pays, on a voulu regarder ailleurs. On a regardé ce qu’il se passait au Mexique, en Italie et pendant ce temps-là, on n’a pas vu que le monstre était en train de s’éveiller et de grossir dans notre pays », indiquait le jeune élu dans nos colonnes, fin mai. Favorable aux prisons de sécurité mises en place par Gérald Darmanin, ministre de la Justice, il s’est aussi engagé à travailler en profondeur sur la prévention avec la Ville, et également à apporter un soutien aux familles de victimes, dans le cadre d’un comité inter-bailleurs, en tant que président de Marseille Habitat, pour les reloger.

    « Au-delà de nous voler nos vies, les narcotrafiquants viennent voler un des pouvoirs de l’école de la République : faire rêver, dessiner des perspectives d’avenir », estimait Amine Kessaci, bien décidé à agir pour y parvenir.

  • Des rencontres économiques très politiques

    Des rencontres économiques très politiques

    « Naviguer dans un monde sans repères. » C’est le thème de l’édition 2026 des rencontres économiques d’Aix-en-Provence qui se tient du 2 au 4 juillet. Avec le conflit au Moyen-Orient « qui sera très présent » et au sortir d’un épisode caniculaire historique en France, « la multiplication des tensions, des complexités du monde rend ces Rencontres d’Aix assez exceptionnelles », a estimé Jean-Hervé Lorenzi, président de ce forum organisé par le Cercle des économistes.

    Pourtant la boussole de la plupart des 400 intervenants et 8 000 participants attendus, du patron de Total Énergie, Carrefour, Veolia à celui de Suez, la boussole est claire : celle du profit. Au fil des débats, ce rendez-vous sera l’occasion notamment pour Patrick Martin, président du Medef, de reposer les bases : remettre la pression sur la réforme des retraites en remettant les 60-65 ans au boulot et démonter notre système de protection sociale en allégeant les cotisations patronales, explique-t-il à nos confrères de la Provence ce mardi 30 juin.

    Le monde de la finance ne manquerait évidemment cette sauterie pour rien au monde avec la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, une fidèle, le nouveau gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin ou le président de l’Eurogroupe et ministre des Finances grec Kyriakos Pierrakakis. Le secteur bancaire et financier sera aussi très présent représenté notamment par Daniel Baal (Crédit Mutuel/CIC), Slawomir Krupa (Société Générale), Thomas Buberl (AXA) ou Nicolas Namias (BPCE).

    En face, les représentants de trois centrales syndicales, Sophie Binet pour la CGT, Caroline Chevé pour la FSU et Frédéric Souillot pour Force ouvrière, tenteront de remettre le concept du droit au travail et de dialogue social au cœur des débats. La première participera à une plénière sur le thème « produire français, gage de souveraineté » face à Patrick Martin, la deuxième interviendra sur « formation et révolution des métiers » et le dernier défendra le rôle des corps intermédiaires… savamment sapé par les quinquennats d’Emmanuel Macron. À moins d’un an de la présidentielle, justement, nombre de personnalités politiques et candidats, déclarés ou non, seront présentes dans ce temple du libéralisme.

    Hollande, Philippe

    et Tondelier de la partie

    On retrouve là le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, et son concurrent Édouard Philippe (Horizons), ou Marine Tondelier (Les Écologistes) et Dominique de Villepin, qui ne s’est pas encore déclaré mais regorge néanmoins d’idées sur un potentiel programme économique pour le pays. L’ex-président socialiste François Hollande, l’ex-Première ministre Élisabeth Borne, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, ou encore la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, seront également de la partie.

    Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, est lui attendu jeudi, quelques jours avant une réunion ou plutôt « un comité d’alerte » qu’il présidera le 7 juillet, pour faire un point d’étape, avec l’annonce attendue de nouvelles économies, avant la présentation à la mi-juillet des grandes lignes du budget 2027.

    « On a mis un énorme effort sur deux sujets, l’international, puisque nous avons 55 think tanks qui viennent du monde entier, et sur la jeunesse », avec plusieurs sessions qui lui seront consacrées, précise Jean-Hervé Lorenzi. Une jeunesse dont ce forum économique entend « mettre en lumière les attentes, les fragilités et aspirations », bien conscient qu’il va falloir « intégrer ceux qui seront les acteurs de demain » pour faire perdurer le système… Quelque 250 jeunes lanceront aussi une initiative, « Jeunesse 2027 », avec l’université d’Aix-Marseille, pour élaborer des propositions qu’ils souhaiteraient voir émerger dans le débat de la présidentielle (lire également ci-contre).

    En parallèle, dans la ville, se tiendront plus de 45 événements et ateliers couvrant toute une programmation pédagogique et culturelle (ciné-débats, expositions, représentations théâtrales) dans divers lieux d’Aix. L’objectif affiché : « faire descendre l’économie dans la rue ». En 2025, l’événement avait attiré près de 8 700 participants.

  • Grand Avignon : un énarque nommé directeur de cabinet d’Olivier Galzi

    Grand Avignon : un énarque nommé directeur de cabinet d’Olivier Galzi

    Il y a deux mois, Olivier Galzi indiquait avoir confié le recrutement de son directeur de cabinet au Grand Avignon à un cabinet extérieur, ouvrant la voie à un profil technique pas forcément issu du sérail local.

    C’est chose faite depuis ce mercredi 1er juillet : Alexandre Planquette a pris ses fonctions. Agé de 40 ans, il arrive des Vosges, où il exerçait le poste de sous-préfet de Saint-Dié. Il avait été mis fin à ses fonctions, « à sa demande », par un décret du 10 juin. Cet énarque, passé par les préfectures de la Somme ou de la Haute-Loire, a déjà une expérience en cabinet politique : il a été conseiller en affaires régaliennes auprès de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.

    Par ailleurs, un jeu de chaises musicales s’est opéré dans les cabinets d’Olivier Galzi. Comme nous le révélions (notre édition du 10 juin), la Ville d’Avignon a confirmé, ce mercredi, la nomination de Romain Lautier comme directeur de cabinet en mairie. Directeur de campagne lors des municipales, il était ensuite devenu chef de cabinet au Grand Avignon. Proche de l’ex-maire (UMP) Marie-Josée Roig, dont il fut chef de cabinet lors de son dernier mandat (2008-2014), il a aussi occupé ce poste auprès du président du conseil départemental Maurice Chabertc puis a pris la direction de Bollène comme dir’ cab’ d’Anthony Zilio de 2020 à 2025.