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  • Sophie Adenot, étoile française dans l’espace

    Sophie Adenot, étoile française dans l’espace

    Rencontre

    On se sent à la fois tout petit et vraiment connecté à la planète. On se dit qu’elle nous protège tous et qu’elle nous relie. » À plus de 414 km de la Terre, Sophie Adenot profite d’une vue imprenable sur notre planète bleue dans la Station spatiale internationale (ISS). Cela fait 202 jours et quelques heures, ce samedi, que l’ingénieure en aéronautique a la tête dans les étoiles et le corps en apesanteur au sein de l’ISS, devenant ainsi l’Européenne ayant réalisé la plus longue mission au sein de ce vaisseau. Le record était auparavant détenu par son homologue italien Luca Parmitano (201 jours).

    Les deux pieds dans le vide

    L’occasion pour la Française de dresser un bilan de sa mission, qui devrait s’achever mi-octobre, lors d’une conférence de presse ce mercredi, en direct de l’ISS. « Je pense que la plupart des objectifs ont été accomplis », confiait la spationaute. Des recherches et des activités multiples qui ont passionné la quadragénaire, bien qu’elle « doit avouer sincèrement que depuis qu’[elle a] effectué les sorties extravéhiculaires, c’est ça qu’[elle] préfère ».

    Au cours des deux dernières semaines, la Française a effectué trois sorties en scaphandre à l’extérieur de la station. Des sorties où l’« on n’a pas la sensation de sécurité que l’on a dans l’ISS », explique la colonelle de l’Armée de l’air. Car ces sorties extravéhiculaires sont très risquées et demandent un grand temps de préparation. « Cela veut dire ajuster la nutrition, s’assurer que le sommeil est vraiment bon et ensuite ajuster l’effort physique, détaille Sophie Adenot. Mais on est accompagnés par des nutritionnistes et des médecins pour s’adapter à nos besoins physiologiques. » Un « grand saut dans l’inconnu » pour Sophie Adenot, devenue donc la première femme française, dans le vide spatial, à « voir la Terre immense sous [ses] pieds ». Avec 19h41 de travail en scaphandre, elle est également devenue la compatriote ayant passé le plus de temps en sortie extravéhiculaire, derrière Thomas Pesquet.

    Lors de sa dernière sortie, c’est avec Jessica Meir, astronaute américaine et commandante de la mission, que la colonelle a pu réaliser différents travaux dans le vide spatial. Une sortie 100% féminine qui reste encore rare dans le secteur. Cette expédition 75 de l’ISS est d’ailleurs la première avec trois femmes à son bord.

    Trop peu de femmes

    Celles-ci restent encore trop peu nombreuses. Alors que 558 hommes se sont rendus dans l’espace, seules 85 homologues féminines ont vécu la même expérience. Elles ne représentent que 13% des astronautes, toutes nationalités confondues.

    Cette sous-représentation s’explique notamment par des stéréotypes de genre persistants et des biais sexistes qui conduisent encore de nombreuses jeunes filles à penser qu’elles sont moins à l’aise dans les disciplines scientifiques. Les sciences, en particulier les mathématiques et les sciences de la nature, demeurent souvent perçues comme des domaines masculins. Une tendance qui apparaît dès le choix des spécialités au baccalauréat, mais qui s’affirme surtout dans les études post-bac. Si elles représentent presque la moitié des effectifs dans les spécialités mathématiques ou physique-chimie au bac, elles ne sont plus qu’un cinquième dans les filières scientifiques des études supérieures.

    Face à ce constat, de plus en plus de femmes, d’universités ou d’écoles se mobilisent pour montrer que la science n’est pas une affaire d’hommes. La présence de modèles féminins comme Sophie Adenot permet de rappeler aux petites filles qu’elles, aussi, ont le droit de viser la lune.

    « C’est un grand saut dans l’inconnu,
    voir la Terre immense sous nos pieds »

  • Chaleur et climat apaisés à Jean-Aicard

    Chaleur et climat apaisés à Jean-Aicard

    Les minots de Jean-Aicard foulent de leurs pas une cour de récréation entièrement repensée et bientôt végétalisée. Le bitume ici aussi a laissé place à un sol désimperméabilisé et drainant. La maire de Toulon Josée Massi est venue vendredi inaugurer ce nouvel espace de vie, de partage et d’apprentissage fruit de travaux menés depuis 2025 et d’un investissement pour l’avenir de 1,1 million d’euros.

    Un aménagement qui a ici aussi été coconstruit avec les élèves consultés auxquels il avait été demandé de réfléchir, débattre et proposer ce qui était pour eux la cour de leur rêve. L’occasion de faire goûter aussi au plaisir de la démocratie participative à ces citoyens de demain. Ils ont pour cela été aidés par un paysagiste.

    Résultat, les enfants naviguent aujourd’hui à leur guise, selon leur sensibilité ou simplement l’envie du moment, sans assignation selon leur classe d’âge ou leur sexe, entre un îlot calme doté d’une cabane en bois pour les moments de repos et un îlot dynamique dans lequel ils vont retrouver à leur disposition de quoi grimper et se dépenser avec divers jeux et un plateau sportif modernisé.

    Cette réorganisation qui a été pensée pour offrir un cadre plus agréable, mais aussi plus stimulant et adapté à chacun, n’a non seulement entraîné aucun conflit d’usage mais au contraire permis d’apaiser encore davantage le climat, explique la directrice Marie-Agnès Vigiée.

    Désimperméabilisation

    et végétalisation

    Le premier objectif de ces travaux était « de faire baisser la température de la cour, qui était une vraie cour plancha », rappelle la maire de Toulon Josée Massi. En précisant que dans une autre école « les enfants avaient mesuré une température de 66 degrés sur le sol goudronné ».

    Une désimperméabilisation des sols qui permet également d’éviter les phénomènes d’inondation qui peuvent rendre les lieux impraticables.

    Une citerne de récupération des eaux de pluie a également été installée. Les enfants qui auront à charge l’entretien du jardin potager pédagogique auront à leur disposition deux robinets : un d’eau gratuite et un d’eau payante. Histoire de les sensibiliser aussi à la gestion de cette ressource précieuse.

    La végétalisation va se poursuivre lors des vacances de la Toussaint avec la plantation de 17 nouvelles essences d’arbres et la création de 390 m² de massifs arborés, qui apporteront à terme un ombrage naturel salutaire.

    Mais l’école Jean-Aicard est loin d’être un cas isolé. La Ville de Toulon a en effet engagé une politique volontariste de végétalisation de ses cours d’écoles, à un rythme de deux à trois établissements par an. Avec un investissement de plus de 11 millions d’euros, depuis le début de 2026. De l’argent public utilisé pour offrir aux petits Toulonnais des écoles plus sûres, plus vertes et mieux dotées, afin de favoriser leur réussite et leur épanouissement.

  • Dans les amphis aujourd’hui, devant les élèves demain

    Dans les amphis aujourd’hui, devant les élèves demain

    Né de la réforme de la formation des enseignants, le master Enseignement et éducation (M2E) accueille sa première promotion d’étudiants. Celui-ci permet notamment de faire passer les concours de l’enseignement en fin de licence, et plus seulement en deuxième année de master. Il s’adresse aux étudiants titulaires d’une licence et aux titulaires des concours de l’enseignement (élèves-fonctionnaires). Dans l’académie Aix-Marseille, ils sont « environ 1 000 », estime Pascale Brandt-Pomarès, directrice de l’Inspé (Institut national supérieur du professorat et de l’éducation).

    C’est dans l’un de ses amphithéâtres que les étudiants et élèves-fonctionnaires de cette première promotion, futurs enseignants et conseillers principaux d’éducation, ont été accueillis par le rectorat, les directions de l’Inspé et de l’université. Sur les campus de Digne, Marseille et Avignon, la cérémonie était retransmise en visio.

    « On a plus que jamais besoin de professeurs dans un monde qui change très vite », note, face aux étudiants, Benoit Delaunay, recteur de l’Académie. La réforme vise à attirer davantage les futurs enseignants et atténuer les tensions dans le secteur. Pascale Brandt-Pomarès salue « l’entrée progressive dans le métier. Ce qui est important, c’est que le temps est maintenant donné avec la réforme à la formation sur un continuum bac + 5 ».

    éric Berton, président de l’Université Aix-Marseille, dont l’Inspé fait partie, souligne, dans un premier temps, la variété de profils dans la promotion : « Le but est d’abord d’arriver à absorber la réforme. J’ai confiance en les capacités de l’Inspé, habitué à de multiples réformes et qui s’est toujours adaptée avec succès. Ce qui est intéressant aussi, c’est l’ancrage sur le terrain : ce sera un gage de réussite ». À cela s’ajoute, selon la direction de l’Inspé, un accompagnement « en fonction » du parcours des élèves.

  • Charlie-Camille Flores, directeur de la bibliothèque de l’Alcazar

    Charlie-Camille Flores, directeur de la bibliothèque de l’Alcazar

    Au risque de lasser, on mentionnera les rapides changements de braquet de ce jeune homme qui a vécu son adolescence dans un centre pénitentiaire dont son père était un officier. Il a travaillé à Toulon où il maraudait fréquemment avec la Fondation Agir contre l’exclusion (Face). Son premier poste de directeur de la Lecture publique l’envoya à Digne.

    Dis-moi les livres que tu aimes, je comprendrai qui tu es. Pour mieux saisir les engagements et les curiosités de ce citoyen du XXIe siècle, son tropisme du côté de l’Asie et de la Chine dont il continue d’apprendre la langue et l’écriture, on citera dans le pêle-mêle de ses auteurs préférés Kafka, Le Clezio, Ivo Andric, Haruki Murakami, Sei Shonagon, Michel Foucault et Luc Boltanski. Brassens reste son auteur-compositeur préféré. Quand il fait retour pendant ses fins de semaine à Digne, il retrouve les pensées de deux écrivaines de cet endroit, l’avant-gardiste Nathalie Quintane et la voyageuse Alexandra David-Néel.

    Un métier de contraintes et d’avancées

    Charlie-Camille Flores ne rédigera jamais la thèse de sociologie qu’il avait vaguement rêvée pendant ses études à Strasbourg, une ville qu’il aime parce qu’il rencontrait chez ses bouquinistes de quoi attiser ses appétits de lecteur. Les piles de livres qui s’accumulent sur son bureau de l’Alcazar l’attestent, sa passion pour le support papier ne s’attiédit pas. Le choix qu’il a fait d’une carrière dans les bibliothèques se situe au croisement de plusieurs options : axés sur les services publics, ce sont des lieux où toutes les strates d’une société se croisent, des espaces qui favorisent frictions et remises en question. Digne-les-Bains fut un champ d’expériences bien différent de la BMVR de l’Alcazar qui depuis son premier constructeur-directeur François Larbre, a connu toutes sortes de réussites et de mésaventures. En 2024, dans les Alpes-de-Haute-Provence, il fallait consolider les réseaux de l’intercommunalité Provence-Alpes Agglo, redéfinir le chantier d’un centre culturel en fonction de la diversité de ses usagers et du voisinage d’une bibliothèque, susciter une exposition de photographies autogérée par des demandeurs d’asile, obtenir les validations des élus politiques. À Marseille aussi, Charlie-Camille Flores ne brûle pas les étapes, préfère affiner les rouages de son établissement, les grands événements ne figurent pas dans sa stratégie.

    L’ouverture tellement souhaitable en soirée ou bien le dimanche de l’Alcazar n’est certes pas encore à l’ordre du jour. Du côté des effectifs du personnel, les progrès sont ténus. Les recrutements récents d’Anne-Sophie Lambert, responsable des Fonds patrimoniaux pour l’heure trop mal connus et peu visibles aux yeux du grand public, et de Marie-Noëlle Perrine à la tête du Département enfance et jeunesse, sont de bon augure. En contrepoint du fourmillement des ateliers, rencontres, débats ou projections de films (plus de 500 chaque année) on apprécie la récente rénovation des espaces Enfance et jeunesse : sans moyens nouveaux ni verticalité, l’équipe de ce département a fait preuve de rigueur et de créativité.

    Des projets qui auront besoin de solides financements se dessinent, par exemple, le développement principalement à propos du bassin méditerranéen d’achats de livres en « langues étrangères », une exposition autour des Cahiers du Sud. Des liens renouvelés, des synergies ont développé la programmation avec le CIPM (conférences d’Yves Di Manno et de Marielle Macé) l’Atlas des traducteurs d’Arles, le Festival Allez Savoir de l’Ehess, le musée Cantini, les Philosophes publics, Coudes à Coudes, le Comité du Vieux Marseille (hommage à Henri-Frédéric Blanc) La Marelle (rencontre avec Camille de Toledo et Kourkov), l’Association des Usagers de l’Alcazar de José Rose, les ateliers de parler marseillais de Médéric Gasquet-Cyrus et les colloques d’histoire de l’art de Jean-Noël Bret.

    Du côté des fonds de littérature contemporaine, on se réjouit de l’achat de la correspondance d’un ami de Pagnol, Marcel Gras et des donations effectuées autour de Claude Mc Kay, Jean de Maisonseul et Sébastien Japrisot. On saluera aussi une volonté d’accueil et de dialogue vis-à-vis des SDF qui dorment sous les arcades de l’Alcazar ainsi qu’un convivial couscous offert en soirée, le 1er septembre à 70 habitants de Belsunce. Dans ce registre, on retrouve l’inspiration de Livr’Exil dont Charlie-Camille Flores est l’un des animateurs, une association qui forme des migrants aux métiers d’un bibliothécaire français.

  • Enseignement supérieur et recherche : un front uni contre le sous-financement

    Enseignement supérieur et recherche : un front uni contre le sous-financement

    C’est une rentrée qui s’annonce offensive. À l’appel d’une très large intersyndicale, une journée de mobilisation nationale est organisée le 15 septembre pour dénoncer le sous-financement chronique qui tue, lentement mais sûrement, le service public de l’enseignement supérieur et la recherche (ESR).

    C’est le rapport issu des « Assises du financement des universités », publié en juin dernier, qui a mis le feu aux poudres. « Il acte le désengagement de l’État du service public de l’ESR », estime Romain Larive, enseignant-chercheur en biologie à l’Université de Montpellier et membre de la direction du Snesup FSU de l’établissement. « Face au sous-financement chronique de l’État, la seule proposition qui est faite est la diversification, par les établissements, de leurs ressources propres et notamment la multiplication par cinq des frais d’inscription pour tous les étudiants. Ce qui restreindrait l’accès à l’enseignement supérieur aux étudiants issus des classes populaires, sur le modèle anglo-saxon », dénonce le syndicaliste.

    « Depuis la mise en place de l’autonomie des universités par Valérie Pécresse en 2012, on a perdu l’automatisme de la subvention pour charge de service public, qui devrait être proportionnelle au nombre d’étudiants. Lequel ne cesse d’augmenter… », explique l’enseignant-chercheur. Les universités se retrouvent donc à gérer des budgets déficitaires. « Cette année, je crois que plus des trois quarts des universités étaient en déficit, malgré des mesures d’austérité déjà appliquées depuis de nombreuses années », déplore Romain Larive.

    12 000 titulaires et

    100 000 places en licence

    « À l’Université de Montpellier, par exemple, les postes qui doivent être ouverts au concours pour recruter des collègues suite à des départs à la retraite sont gelés pendant un an », illustre-t-il. « Et il y a quelques années, à la faculté des sciences, il y a eu une diminution de 10 % du volume horaire de tous les enseignements. » Des choix contraints qui dégradent les conditions de travail comme d’apprentissage. « C’est un peu comme si on était un corps humain et qu’il fallait choisir de couper un orteil, puis un pied… Sachant qu’il y a toujours plus d’étudiants et toujours moins de moyens, du coup ça s’accentue de plus en plus. » Les étudiants des classes préparatoires aux grandes écoles, eux, « sont jusqu’à trois fois plus financés que ceux qui viennent à la fac », relève le représentant du Snesup FSU. « Il faudrait que toutes les universités soient aussi bien dotées que ces classes préparatoires ». Selon le syndicat, « il manque 8 milliards d’euros pour l’enseignement supérieur et 8 milliards pour la recherche publique, soit une augmentation d’environ 50% du budget de l’ESR, qui est actuellement d’un peu moins de 30 milliards. Cet argent existe : on peut aller le chercher du côté du crédit impôt recherche versé aux entreprises… »

    Le manque de postes est également un gros sujet de préoccupation : « On fonctionne de plus en plus avec une part d’heures d’enseignement assurées par des collègues qui ne sont pas titulaires. On a une armée de précaires qui assurent entre un tiers et la moitié des enseignements, selon les universités », rapporte Romain Larive. Selon lui, « un plan massif de recrutement de 12 000 titulaires » serait nécessaire. Il faudrait également créer « 100 000 places en première année de licence » pour absorber l’augmentation du nombre d’étudiants dans l’ESR. « On a chiffré à plus de 150 000 le nombre de bacheliers inscrits sur Parcour’sup qui n’ont pas eu d’affectation début juillet », illustre l’enseignant-chercheur. « D’un côté on assèche les universités (sous-financement, sous-recrutement) et de l’autre on met en place une plateforme qui instaure une sélection n’ayant d’autre but que de masquer le manque de places. » Tout en foulant aux pieds le droit de poursuivre des études dans l’enseignement supérieur après le baccalauréat.

  • Pour ses 90 ans, le muscat s’offre un millésime de choix

    Pour ses 90 ans, le muscat s’offre un millésime de choix

    À Frontignan, le millésime 2026 aura le goût du paradoxe. Dans les vignes entre Méditerranée et Gardiole, les sécateurs ont travaillé plus tôt que jamais : la cave coopérative a ouvert dès le 29 juillet pour les vins secs, puis le 3 août pour le muscat doux. Au 18 août, tout était déjà rentré. Une vendange avancée de quinze jours sous l’effet des fortes chaleurs, signe d’un calendrier viticole toujours plus bousculé.

    Dans les cuves, pourtant, les premiers jus rassurent. Avec un degré moyen de 16,3°, le raisin atteint un niveau jugé optimal pour le vin doux naturel. Les arômes s’annoncent généreux, autour de la pêche, de l’abricot et des fleurs blanches. « Cette année, le muscat de Frontignan va être exceptionnel. Pour les 90 ans de l’appellation, on devrait être gâtés », se réjouit Christophe Sala, vigneron au Domaine de la Plaine, qui évoque des jus « très clairs, très parfumés » et un possible « grand millésime ».

    Moins de grappes,

    plus de promesses

    Le revers se lit sur la balance. La cave coopérative estime sa production à 12 500 hectolitres, contre 15 000 en 2025, soit près de 16% de moins. « Les raisins sont restés très gorgés de jus, mais les pieds étaient moins chargés en grappes », résume William Juan, président de la coopérative. La chaleur a aussi accéléré la fermentation, réduite de trois à cinq jours contre six à sept habituellement. Malgré ce recul, les deux millions de bouteilles devraient être assurées grâce au stock de sécurité.

    Cette récolte réduite tombe dans une année symbolique : l’appellation fête ses 90 ans et vient d’obtenir une évolution de son cahier des charges, avec notamment le retour du muscat rouge en AOP. Une manière de se renouveler alors que la filière affronte baisse de la consommation et dérèglement climatique.

  • Une action pour protéger le bois du Prarial

    Une action pour protéger le bois du Prarial

    À Montgenèvre, dans le Briançonnais, une forêt de mélèzes est au cœur des tensions. La station haut-alpine est destinée à accueillir les épreuves de halfpipe, de snowboard cross, de ski cross, de slalom géant parallèle et de slopestyle lors des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver d’Alpes 2030. Mais les travaux d’aménagements menacent le bois du Prarial.

    Environ 5,5 hectares de défrichement sont prévus d’après la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo). « Cette emprise officielle, équivalente à près de 8 terrains de football, pourrait être encore plus importante si l’on tient compte des terrassements, accès, réseaux et autres travaux annexes », estime dans un communiqué Stéphane Faure-Brac du Comité d’alerte sur l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 (Caojop 2030), un collectif qui s’oppose à la tenue de la manifestation sportive dans le Briançonnais. « Ce saccage programmé d’un mélézin en pleine forme abritant des espèces protégées et des zones humides précieuses est d’autant plus incompréhensible qu’il est en totale contradiction avec le contenu de la feuille de route environnementale élaborée par le Cojop Alpes 2030, qui priorise clairement la préservation de l’environnement et l’héritage d’une nature intacte », poursuit-il. Alors que près de 540 hectares de forêt ont récemment brûlé à L’Argentière-la-Bessée, le collectif estime qu’il est primordial de protéger les forêts alpines.

    De son côté, la Solideo affirme dans son support de concertation publique que « les tracés ont été ajustés pour réduire les impacts sur les zones boisées », et met en avant de futures compensations, comme la réalisation de plantations ou la restauration d’habitats et de zones endommagées. « Les réflexions et études sont en cours avec les acteurs locaux, souligne la société. L’objectif est de mettre en œuvre les actions les plus pertinentes pour le territoire de Montgenèvre et le Briançonnais. » Une première réunion publique, réunissant 150 personnes, était organisée le 28 août.

    Parrainage d’arbres

    Le Caojop 2030 organise sur la station dimanche 6 septembre à 10h30 « une action de résistance légale, et plutôt douce par rapport à l’avancée du projet ». L’objectif est de créer une « Réserve naturelle nationale d’enfance protégée » en permettant notamment aux enfants et aux jeunes de « parrainer un arbre ». « On veut faire en sorte que les arbres n’aient pas qu’une valeur marchande, précise Stéphane Faure-Brac. Les enfants protègent les arbres, les arbres protègent les enfants. » Il est également possible de devenir parrain ou marraine d’un arbre en passant par le site internet du Caojop 2030 : plus de 600 personnes l’ont déjà fait, selon le collectif.

  • Au PS, la ligne Delga plus suivie dans l’Hérault que dans le Gard

    Au PS, la ligne Delga plus suivie dans l’Hérault que dans le Gard

    C’est tout sauf une surprise et c’est désormais officiel : Carole Delga soutient Raphaël Glucksmann à la primaire (9-10 et 16-17 octobre) et surtout dans la course à l’Élysée. Jeudi 27 août sur TF1, la présidente de la Région Occitanie a officialisé son parti pris la veille de l’ouverture des universités d’été du parti à la rose (28-30 août).

    Pour elle, c’est clair : bien que dans le ventre mou des sondages actuels, le leader de Place publique est « le meilleur candidat à gauche ». R. Glucksmann a aussi l’atout d’être allergique à LFI de J-L. Mélenchon avec qui C. Delga, opposée à la Nupes dès 2022, refuse de s’allier.

    À l’exception de quelques réseaux militants et d’une poignée d’élus comme Loïc Linarès (Agglo de Sète), cette position semble largement partagée dans l’Hérault, du moins côté élus. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, incarne depuis 2020 la ligne des deux gauches irréconciliables avec des Insoumis qui ne le ménagent pas dans l’opposition municipale. Le sénateur Hussein Bourgi et, jusqu’à son départ du PS, le président héraultais Kléber Mesquida, incarnent aussi ce courant de « l’aile droite du PS ». Le patron du PS 34 est raccord. « Dans un monde aussi trouble, je veux avoir un interlocuteur fiable face à Poutine, Trump. Glucksmann parle de droits de l’Homme et de fin du mois. Il peut concilier les demandes des Français dans un monde dangereux où l’indépendance de la France pèsera lourd », synthétise Julien Pradel.

    Premier défi : la primaire

    Dans le Gard, la ligne politique est beaucoup moins tranchée. Contacté, le secrétaire fédéral Pierre Jaumain, de l’aile gauche du PS, nous a fait savoir qu’il n’a « pas encore pris de position ». Chloé Ridel ne cache pas qu’elle soutient toujours le premier secrétaire. « Faure, c’est la garantie d’une politique de gauche radicale, réformiste, de justice fiscale, de hausse des salaires sans baisse des cotisations et de réindustrialisation. J’attends toujours de voir ce que Glucksmann propose… », tranche l’eurodéputée qui n’a pas l’intention de se rallier à J-L. Mélenchon « dans l’incapacité de battre le RN ».

    Si elle promet de se ranger derrière le vainqueur de la primaire (PS/Place Publique, GRS), Chloé Ridel croit en O. Faure. « Les jeux ne sont pas faits ». Tout comme J. Pradel croit en Glucksmann. « L’accession au 2e tour se fera autour de 16%, un point de moins que notre score aux Européennes. Et sans faire campagne, on est à 10% », positive le fédéral héraultais. Pour chaque camp, il faudra déjà gagner une primaire indécise à laquelle pourraient aussi participer S. Royal, J. Guedj et P. Brun. F. Hollande a lui choisi de l’enjamber.

  • Objectif Mondial pour Le Rouet

    Objectif Mondial pour Le Rouet

    En juin dernier, une bande de copains ont placé le Rouet sur la carte de l’Europe du football.

    Pour sa première année d’existence, la sélection nationale de football avait réussi l’exploit de se qualifier pour la phase finale de l’Euro CONIFA, le championnat d’Europe des micro-nations. En Italie, les Rouégasques ont fait mieux que se défendre. Ils ont terminé cinquième de la compétition.

    Cet Euro n’est pas une fin en soi. Elle a ouvert les appétits sur la Côte Bleue. Car à présent, c’est à la Coupe du Monde que songent les joueurs au maillot ciel et or.

    Ils vont disputer leur premier match des éliminatoires à la maison. Samedi, au stade Michel-Hidalgo de Sausset-lès-Pins, ils accueillent la sélection du Khalistan. Une formation qui vient d’Inde et représente la communauté sikh, dont les règles de vie sont particulières (port permanent du turban, interdiction de se couper les cheveux et la barbe, régime sans viande, poisson, ni œufs).

    Un adversaire qui s’annonce coriace. Lors de leur premier match, en Irlande, le Khalistan a nettement dominé la sélection gaëllique (6-0). Pour le Rouet, ce sera un sacré test de niveau.

    Le Rouet – Khalistan

    Qualification pour la Coupe du Monde CONIFA

    Stade Michel Hidalgo.

    Samedi 17h45.

    Entrée gratuite.

  • Lumexplore, le grand rendez-vous des explorateurs

    Lumexplore, le grand rendez-vous des explorateurs

    « Le monde est encore un vaste champ de recherche : sous terre, dans les océans, dans l’espace. Nous voulons faire découvrir au grand public les innovations scientifiques et technologiques par le biais des expéditions archéologiques, océanographiques, spatiales… dans le respect des différentes cultures » expliquent les organisateurs de la manifestation, la Société des explorateurs français (SEF).

    Depuis 11 ans, le festival est soutenu par la fondation Iris, la Ville de La Ciotat et l’association Les Lumières de l’Eden. Outre les projections cinéma au sein de l’Eden, Lumexplore est aussi un festival pour tous en plein air et gratuit. À noter, la très belle exposition « Austral, les engagés pour l’Océan » dans la cour de l’Eden. Elle entraîne le public dans les entrailles de la recherche océanographique au large des Terres australes et antarctiques françaises.

    Réalisé à bord du Marion-Dufresne, navire français ravitailleur des Terres australes et antarctiques françaises du sud de l’océan Indien, cet essai photographique, réalisé par Franck Desplanques et Stéphanie Jacquet propose une autre manière de raconter l’océan.

    Une aventure sensible, poétique et profondément humaine dans les coulisses de la recherche en mer. Des expositions sont aussi visibles dans la chapelle des Pénitents, sur la place du 8-Mai et l’esplanade du berceau du cinéma.

    Des projections

    Enfin, à ne pas rater, la visite du bateau 7e continent amarré au port, en présence du chef d’expédition Patrick Deixonne et de son équipage. Animations, stands et visite des bateaux sont totalement gratuits.

    Une compétition est aussi prévue pour des livres, et des Bandes dessinées avec un jury de collégiens. Pas moins de 13 films seront projetés en compétition et 3 hors compétition lors de cette 11e édition. Un jury prestigieux les départagera lors de la soirée de clôture le samedi 12 septembre à 20h30. À noter, la catégorie nommée Lumexplore junior qui ouvre ses portes aux plus jeunes depuis la création de l’événement et c’est sans doute la grande originalité de ce festival. Il leur permet de participer en tant que réalisateurs avec des prix à gagner au même titre que les adultes.

    « Une façon de les sensibiliser et de mettre en avant leurs idées sur les thèmes de la science et de l’environnement. Nous souhaitons leur donner les outils pour mieux se protéger dans l’avenir en les informant des dernières techniques et de l’état de la planète, mais aussi écouter ce qu’ils ont à nous dire », détaille la SEF. Et d’alerter : « En inspirant les jeunes générations, nous plantons les graines de la curiosité et de l’innovation qui façonnent notre avenir. L’exploration n’est pas seulement l’apanage des grands explorateurs du passé. »

    La mémoire des figures emblématiques est entretenue, mais les moyens sont aussi donnés aux plus jeunes pour poursuivre des recherches et découvrir de nouveaux horizons. La fondation Iris, finance une expédition chaque année. Le résultat est présenté durant le festival, avec les intervenants.

    Projections à l’Eden du 9 au 13 septembre. Expositions, animations sur les stands et visites des bateaux : gratuites.