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  • [Rétrospective justice 2025] Condamnations d’élus en série

    [Rétrospective justice 2025] Condamnations d’élus en série

    Trois affaires de « fausses procurations » jugées en 2024 ont retenti en ce début d’année 2025 avec le rendu le même jour des délibérés. Le 27 janvier, le tribunal correctionnel a fustigé une « vaste organisation de collecte et de confection artisanale » afin de booster les votes pour Martine Vassal dans les 6-8 avec 31 procurations et dans les 11-12 avec 163 procurations validées par un commissaire de police complaisant dont 51 provenant d’un Ehpad de Saint-Barnabé. Les juges ont relaxé Julien Ravier, l’ancien maire LR de secteur, que le Conseil d’État avait été démis de ses fonctions et ont condamné Yves Moraine, l’ancien maire LR des 6-8, à 6 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour « manœuvres frauduleuses tendant à l’exercice irrégulier d’un vote par procuration », fustigeant son « rôle d’impulsion déterminant dans le circuit illicite des procurations frauduleuses mis à jour ».À gauche dans les 15-16, des colistiers de l’équipe de Samia Ghali ont été condamnés pour une cinquantaine de procurations irrégulières validées par le biais d’un autre commissaire de police. Marguerite Pasquini (DVG) a écopé de 18 mois avec sursis et 3 ans d’inéligibilité. Roland Cazzola (PS) à 6 mois de prison avec sursis et 2 ans d’inéligibilité. Les deux élus ont rendu leurs délégations.À La Penne-sur-Huveaune, 19 procurations recueillies au domicile de mandants mais validées au commissariat hors leur présence ont entraîné la condamnation de l’ancienne maire Geneviève Donadini (PCF) à 10 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité. Sonia Riche, colistière de la candidate Christine Capedeville (PCF) et agent administrative au commissariat de police d’Aubagne, est condamnée à 6 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité.
    D.C

    14 février – Une amende pour Sébastien Delogu

    Le tribunal judiciaire de Marseille a condamné le député insoumis à une amende de 5 000 euros, pour des coups donnés à la conseillère d’éducation et au proviseur adjoint du lycée Saint-Exupéry, le 10 mars 2023, en marge d’un blocus lycéen pour les retraites. Contrairement à ce qu’il a annoncé, le désormais candidat aux municipales n’a pas fait appel de la décision.
    Y.S.

    13 février – Bazzuchi interdit de commune

    Nicolas Bazzuchi, le maire (DVD) de La Penne-sur-Huveaune, accusé de viols et violences conjugales et d’enregistrement d’images à caractère sexuel sans consentement, est libéré sous contrôle judiciaire. Il a notamment l’interdiction de paraître sur le sol de sa commune. Elle sera levée en septembre. Sa majorité implose et la préfecture prend la main sur un budget communal jugé insincère.
    Ch.C.

    3 juillet – Sébastien Jibrayel condamné

    La justice a reconnu l’adjoint aux sports et son père l’ex-député Henri Jibrayel coupables de violences en réunion à l’encontre de deux militants insoumis : ceux-ci avaient été agressés le 18 janvier alors qu’ils collaient par-dessus les affiches de l’adjoint socialiste. Sa délégation avait été retirée après sa mise en examen.

    Orange : Bompard inéligible ?
    Et aussi …

    Le 2 décembre. La chute de Rachline ?

    L’année a été pour le maire d’extrême droite de Fréjus David Rachline source de nombreux démêlés judiciaires. Déjà mis en cause dans deux enquêtes pour « prise illégale d’intérêts » et « corruption », l’ancien vice-président du RN est aujourd’hui poursuivi dans une nouvelle affaire de favoritisme, qui l’aurait contraint à démissionner de son poste de vice-président du RN, le 2 décembre. Pour l’héritier d’un parti qui se targuait d’avoir les mains propres et la tête haute, ça commence à faire beaucoup.

    8 avril. Perquisition à la mairie de La Valette-du-Var

    La mairie dirigée par Thierry Albertini (LR)et la Société publique locale Méditerranée, en charge de projets immobiliers sur la commune, sont perquisitionnées dansle cadre d’une enquête portant sur des soupçons de détournements de fonds, favoritisme et recel quant à l’attribution de certains marchés publics

    Le 16 mai. La maire de La Seyne démissionnée

    Nathalie Bicais (LR) a été condamnée le 16 mai par le tribunal correctionnel de Toulon à 18 mois de prison, cinq ans d’inéligibilité, l’interdiction d’exercer une fonction publique pendant deux ans et 20 000 euros d’amende. Avec exécution provisoire. Ce qui l’a obligéeà quitter son fauteuil de maire de La Seyne-sur-Mer.

    Le 28 mai. Hubert Falco définitivement condamné

    Très attendue dans le Port du Levant, la décision dela cour de cassation a clos un épisode judiciaire qui a secoué le landerneau politique. Le pourvoi en cassation d’Hubert Falco étant rejeté, l’ancien patron de la droite varoise se retrouve définitivement empêché de revenir à la tête de la ville de Toulon qu’il avait reprise au FN en 2001. Il est donc condamné à 18 mois d’emprisonnement avec sursis, 30 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité dans l’affaire dites du « frigo Falco ». Et est inéligible jusqu’en 2028.

    Le 1er juillet. Lansade n’est plus maire de Cogolin

    Le maire d’extrême droite de Cogolin perd ses mandats électoraux suite à une condamnation de la cour d’Appel d’Aix-en-Provence pour abus de faiblesse. La peine prononcée est entre autres de 3 ans d’inéligibilité assortie de l’exécution provisoire. L’ex-élu varois zemmouriste reste mis en examen dans d’autres affaires.

  • Une allocution courte et sans relief pour Emmanuel Macron

    Une allocution courte et sans relief pour Emmanuel Macron

    A l’issue d’une année politique désastreuse dont il a été le chef d’orchestre, le président de la République a adressé pour la neuvième et avant-dernière fois ses traditionnels vœux à la nation, ce 31 décembre 2025.

    Emmanuel Macron a assuré qu’il irait jusqu’au bout de son mandat et resterait « jusqu’à la dernière seconde au travail », alors que des voix se sont élevées jusqu’au sein du camp présidentiel pour réclamer une présidentielle anticipée. « Je serai jusqu’à la dernière seconde au travail, tâchant chaque jour d’être à la hauteur du mandat que vous m’avez confié », a déclaré le président.

    L’année 2026 « peut être et sera une année utile », a ajouté le chef de l’Etat, qui a promis de « veiller tout particulièrement à ce que plusieurs grands chantiers puissent aboutir » avant la fin de son second quinquennat.

    Il a évoqué « les premiers pas du service national pour l’engagement (des) jeunes », sur la base du volontariat à partir de septembre. Il a aussi promis de « protéger (les) enfants et (les) adolescents des réseaux sociaux et des écrans », via un projet de loi pour interdire les téléphones portables au lycée et l’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans. Enfin, Emmanuel Macron s’est engagé à aller « au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie », promise lors de sa réélection à l’Elysée en 2022. Le texte, voté à l’Assemblée nationale, doit encore être examiné au Sénat à partir du 20 janvier.

    Emmanuel Macron a aussi indiqué, lors de ses voeux aux Français mercredi soir, qu’il fera tout pour que la présidentielle de 2027 se déroule « à l’abri de toute ingérence étrangère » : « Je ferai tout pour que l’élection présidentielle se déroule le plus sereinement possible, en particulier à l’abri de toute ingérence étrangère ».

    Par ailleurs, toujours au sujet de la situation internationale, où « nous assistons au retour des empires et à la remise en cause de l’ordre international », Emmanuel Macron a souligné la défense de « notre indépendance et de nos libertés », plaidant pour l’accélération de « l’Europe de la défense ».

  • La circulation interdite sur le Vieux-Port pour la Coupe d’Afrique des nations

    La circulation interdite sur le Vieux-Port pour la Coupe d’Afrique des nations

    Par un arrêté pris ce mardi 30 décembre, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a décidé d’interdire la circulation de tous véhicules à moteur sur l’espace qui avoisine le Vieux-Port du 31 décembre à 18h jusqu’au 1er janvier à 2h. « Le résultat de certains matches engendre des réactions provoquant des rassemblements de plusieurs centaines de personnes notamment dans le centre-ville de Marseille », justifient les pouvoirs publics, alors qu’à 17h doit être donné le coup d’envoi du match Guinée Équatoriale – Algérie, à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations.

    « Ces rassemblements s’accompagnent de l’occupation des voies de circulation ainsi que d’usages d’artifices de divertissement et d’articles pyrotechniques, dont des mortiers notamment utilisés contre les forces de l’ordre », cible la préfecture de police qui a déjà interdit leur achat et leur transport pendant la période des fêtes. Les forces de l’ordre n’avaient ainsi pas anticipé la victoire de l’Algérie contre le Burkina Faso dimanche, fêtée par 800 personnes « nécessitant le déploiement inopiné d’un service d’ordre ».

    «La réouverture des axes routiers concernés sera effective si l’état des routes le permet et qu’aucun obstacle à la circulation n’y est présent», conclut l’arrêté préfectoral.

  • Ces incendies urbains qui font la bascule

    Ces incendies urbains qui font la bascule

    Novembre 2019. Les riverains se souviennent encore d’immenses flammes noires léchant les façades de la brasserie des 2G. Le fleuron touristique d’Aix, érigé sur le cours Mirabeau, vient de brûler. Six ans plus tard, la cause de cet incendie n’est toujours pas connue. L’enquête est toujours en cours. « Il y avait une histoire commerciale et politique à cette époque. Le fond de commerce avait été mis en liquidation, il y a eu une vente au tribunal de commerce, le procureur a fait appel de l’achat donc retour au tribunal de commerce… Tout cela, entre avril et novembre 2019 », retrace Éric Hampartzoumian, propriétaire des murs du bâtiment depuis la fin des années 1990. Si la cause du sinistre reste mystérieuse, la métamorphose du bâtiment, elle, avance. Là où autrefois se tenaient les salles ornées de la brasserie, animées du ballet incessant de serveurs et de clients et les étalages de spiritueux, Éric Hampartzoumian a l’image claire de ce à quoi ressemblera l’espace, une fois les restaurations bouclées. « J’ai lu et relu les plans tellement de fois, je les connais par cœur », plaisante-t-il.

    Pour ceux qui auraient moins étudié le dossier, difficile à ce stade de visualiser le devenir des 1 300m2 carrés de surface de plancher, occupés par les truelles, les bâches et les allers retours d’ouvriers affairés aux restaurations. Même si déjà, les premiers indices prennent vie : Un immense escalier monumental, reliant les trois salles historiques de la brasserie aux premier et dernier étage a été recréé. « On l’a refait, il n’existait pas. On a retrouvé des emmarchement et recréé l’escalier en pierres », précise Éric Hampartzoumian. Des fenêtres âgées d’une centaine d’années ont été retrouvées et réouvertes, la toiture vitrée, plus tard teintée de vitraux, a été rénovée et cet été, à l’occasion de l’année dédiée au peintre Cezanne, les échafaudages côté rue Fabrot ont été démontés, révélant une partie des murs aux soins des mains de l’Atelier Renaissance. Les mêmes en charge des finitions de la marquise, longue de quinze mètres. « Les trois salles historiques du bas, les façades, la marquise et la toiture sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques », précise Éric Hampartzoumian. Pour conserver l’authenticité du lieu
    – condition sine qua non pour celui qui prend en charge le gros œuvres des travaux – la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et les Architectes des bâtiments de France (ABF) ont leur mot à dire : notamment sur les choix de restaurations et d’agencements. Le devenir des pièces lui, n’est plus entre les mains d’Éric Hampartzoumian.

    L’âme restera conservée

    La raison ? La gérance sera attribuée au Château La Coste, dont le domaine viticole luxueux et centre d’art contemporain sont installés au Puy-Sainte-Réparade. « J’ai reçu plusieurs offres de grands groupes qui voulaient récupérer les lieux. Ils proposaient des prix colossaux mais qui n’ont rien à voir avec la restauration, retrace Éric Hampartzoumian. Je veux que ce lieu reste une brasserie. J’ai toujours connu les 2G et je ne me voyais pas la donner à n’importe qui. C’est devenu les Deux Garçons fin des années 1700. C’est une des plus vieilles brasseries de France. Tout le monde est passé par ici : de Cezanne à Belmondo. » Fin septembre 2023, Château La Coste se manifeste et après réunion « brève » avec son propriétaire, Paddy McKillen, la décision pour Éric Hampartzoumian est prise. « Ce qu’il m’a proposé me plait : une brasserie en bas, un restaurant au premier, six chambres de luxe au dernier étage, poursuit Éric Hampartzoumian. J’ai donné les plans de mon permis en 2023. Cette année au mois de juillet, ils m’ont expliqué déposer un permis modificatif. Il y a un mois, j’ai consulté leur avant projet définitif : c’est vrai que c’est très beau. » Le lieu revient de loin. Si aujourd’hui l’immeuble est sécurisé, que sa colonne vertébrale reprends vie, les quelques semaines après incendies ont été un bouleversement teinté de son « lot de surprises ». « Sur les deux étages de l’Hôtel de Gantès, on ne voyait rien de cassé. Mais au rez-de-chaussée et premier étage il fallait tout refaire, retrace le propriétaire. On a aussi découvert que le mur de refend, qui tient l’immeuble, s’est lui tassé de 15 centimètres à cause de la chaleur en emmenant avec lui les planchers, la toiture… ça a tordu tout l’immeuble, il fallait tout refaire. » Mi-2027 pourrait être une échéance de livraison plausible pour Éric Hampartzoumian. Pour Château La Coste, cela pourrait être encore plus tôt. Et si le doute planait toujours : la brasserie conservera évidemment le nom des 2G. « Je me suis battu pour ça je ne vous dis pas comment. Si on enlève le nom, ce n’est plus le même endroit, rapporte le propriétaire. En 1930, sur une photo de Henry Ely, le bar s’appelait le Grand Café des deux garçons. J’ai donc déposé le Grand café des deux garçons. » Pour l’anecdote.

    Eva Bonnet-Gonnet

    « Je ne me voyais pas la donner à n’importe qui. C’est une des plus vieilles brasseries de France. »

  • OM : Jean-Louis Gasset s’en est allé à l’âge de 72 ans

    OM : Jean-Louis Gasset s’en est allé à l’âge de 72 ans

    Un grand monsieur a rejoint le paradis du ballon rond. Jean-Louis Gasset, ancien joueur qui a passé la quasi-totalité de sa carrière à Montpellier, avant de se reconvertir comme entraîneur, est décédé ce vendredi matin à l’âge de 72 ans.

    « J’ai appris avec une grande tristesse le décès de Jean-Louis Gasset, ancien joueur et entraîneur du Montpellier Hérault Sport Club. Profondément amoureux « de la Paillade » que son père avait cofondé avec Louis Nicollin, il avait accepté de sortir de sa « retraite » il y a quelques mois encore pour reprendre place sur le banc de touche et tenter de sauver le club d’une relégation annoncée », indique Michaël Delafosse, le maire de Montpellier.

    Le club héraultais a rapidement confirmé le décès d’une de ses plus illustres figures. « Le MHSC a appris ce jour avec une immense tristesse la disparition de Jean-Louis Gasset. Fils de Bernard Gasset, l’un des membres fondateurs du club pailladin aux côtés du président Louis Nicollin, Jean-Louis a successivement été joueur, éducateur puis entraîneur de l’équipe à trois reprises, la dernière d’octobre 2024 à avril 2025. »

    De son côté, l’Olympique de Marseille a fait part de « sa grande tristesse » à l’annonce de la nouvelle : « Le club perd aujourd’hui bien plus qu’un entraîneur : il perd un homme de football respecté, un technicien d’expérience, et une figure profondément attachée aux valeurs humaines de ce sport », déclare le club en lui rendant un hommage très appuyé.

    Après avoir commencé sa carrière d’entraîneur à « La Paillade », Jean-Louis Gasset a été l’adjoint de Luis Fernandez à Istres, avant de collaborer avec Laurent Blanc aux Girondins de Bordeaux, au Paris Saint-Germain et en équipe de France. Avec le «Président», l’ancien milieu de terrain a réalisé à quatre reprise le triplé historique « Championnat de France, Coupe de la Ligue, Trophée des champions » (une fois avec Bordeaux en 2008-2009 et trois fois avec le PSG de 2014 à 2016).

    Après avoir obtenu son diplôme d’entraîneur professionnel en 2017, « Papy Gasset » a repris en main Montpellier, Saint-Etienne et Bordeaux en tant qu’entraîneur principal. Il n’est jamais resté plus de deux saisons dans l’un de ces trois clubs. Sa carrière d’entraîneur a connu un nouveau rebond en 2022, lorsqu’il devient le sélectionneur de la Côte d’Ivoire. Il a démissionné de son poste d’entraîneur au cours de la Coupe d’Afrique des Nations 2023, suite à des contre-performances face au Nigéria et à la Guinée Equatoriale, alors que les Éléphants ont fini par remporter la compétition.

    L’Olympique de Marseille lui met le grappin dessus dans la foulée, pour assurer l’intérim de Gennaro Gattuso lors de la deuxième partie de la saison 2023-2024, où il emmène les Olympiens jusqu’en demi-finale de la Ligue Europa à Bergame. Après avoir annoncé pour la deuxième fois de sa carrière sa retraite d’entraîneur, il a quand même fini par tenter de sauver son club de cœur, Montpellier, d’une descente quasi inévitable en Ligue 2. Il n’a finalement pas réussi sa mission, mais cette dernière aventure a démontré, si besoin, que Jean-Louis Gasset était un homme de défis.

  • [Vidéo] La toile de Pierre Ambrogiani, un trésor de « La Marseillaise » restauré

    [Vidéo] La toile de Pierre Ambrogiani, un trésor de « La Marseillaise » restauré

    C’est l’histoire d’une œuvre qui retrouve, 80 ans après, le lieu qui a inspiré son auteur.

    La toile monumentale offerte par le peintre Pierre Ambrogiani à notre journal en 1945 a suivi, avec quelques mois de décalage, le déménagement des services de La Marseillaise dans l’aile rénovée de notre siège historique. L’œuvre qui représente les ouvriers du livre de notre titre afférés autour des rotatives, a été exposée durant des décennies dans le bureau des directeurs qui se sont succédé à la tête de La Marseillaise, brièvement reconverti en salle du service des sports pendant les travaux.

    Comme une mise en abîme, la voilà désormais présentée en majesté entre deux colonnes, sous les arcades peintes par l’artiste sur le haut de sa toile.

    Mais avant cela, il a fallu lui redonner de l’éclat et la transporter. Une mission confiée à Tiphaine Vialle et Savana Tardy de l’atelier Lazulum à Marseille. Les deux restauratrices de tableaux se sont glissées au numéro 15 de la place du journal La Marseillaise vidée de ses occupants, mi-novembre, pour prendre soin de l’œuvre.

    « La première étape consiste à décrocher le tableau et de consolider la couche picturale », explique Tiphaine Vialle. « L’œuvre présente des soulèvements plutôt inquiétants, c’est-à-dire des endroits où la couche picturale s’est désolidarisée de la toile donc nous allons tout consolider pour éviter une perte de matière lors de son déplacement », complète-t-elle.

    Colle d’esturgeon et petit fer à repasser

    La toile couchée au sol, face vers le haut, est soigneusement réparée, écaille de peinture par écaille de peinture, avec une colle d’esturgeon spécialement adaptée pour la peinture à l’huile. Les deux restauratrices travaillent à genoux et consolident ainsi toutes les parties du tableau « à portée de bras ». Puis le tableau est relevé pour finir le travail dans les zones centrales.

    « Tout ce qui correspond à des craquelures d’âge, on laisse, simplement on les stabilise », commente Tiphaine Vialle en passant ses outils sur le visage d’un des ouvriers du livre peint en train de contrôler la qualité de l’impression du journal.

    « Notre déontologie veut que l’on applique d’abord les produits les plus naturels et les plus doux et si ça ne marche pas, alors on passe à des produits plus forts », précise-t-elle. En désignant du doigt une plaque de peinture orangée qui se détache de l’une des maisons représentées par l’artiste pour figurer Marseille à l’horizon, Tiphaine Vialle insiste : « Typiquement, il faut sécuriser cette partie car si on roule la toile en la laissant dans cet état, cela va faire craquer la peinture et on risque d’avoir une grosse lacune de couleur. »

    Une fois la colle protéique appliquée, les restauratrices passent un genre de petit fer à repasser séparé de la couche picturale par un film transparent afin de fixer chaque partie réparée.

    Délicatement roulée dans un cylindre argenté

    Au bout d’une journée de travail éprouvante la toile est enfin prête à sortir de la pièce qui l’abritait depuis 80 ans. Elle est délicatement roulée dans un cylindre argenté protecteur, direction l’aile rénovée de notre siège historique.

    Pour l’occasion les bureaux des secrétaires de rédaction sont déplacés. Objectif : dégager un espace suffisamment grand pour étendre une grande feuille de plastique au sol et dérouler la toile, face vers le bas.

    C’est maintenant l’heure de remonter l’immense châssis. « Nous avons numéroté chaque partie », rappelle Tiphaine Vialle. Ça y est, porté à bout de bras, le tableau qui a retrouvé toute sa jeunesse est accroché au mur de la nouvelle salle de rédaction qu’il illumine de ses couleurs vives.

    De quoi donner le sourire à Serge Baroni, le président des Amis de La Marseillaise qui ont financé l’opération. « C’est magnifique, il est vraiment à sa place ici. Nous avons bien fait de nous battre si fort pour conserver ce siège gagné par les armes par les résistants fondateurs du journal », souligne-t-il non sans émotion.

    Anne-Marie Thomazeau, fille de Marcel Thomazeau, dirigeant historique de La Marseillaise en témoigne aussi : « C’est incroyable, dans ce lieu qui a vraiment du sens, le tableau qui était dans le bureau de papa prend une dimension supplémentaire.»

  • Quand Noël fait flamber les portefeuilles

    Quand Noël fait flamber les portefeuilles

    A 11h, mercredi 23, veille de Noël, les rayons du Lidl du Centre Bourse (1er) sont pris d’assaut par les clients retardataires, venus complétés à la hâte leur panier de courses pour le réveillon. Bercés par le bruits des caisses enregistreuses, desquels émanent, presque sans interruption, le « bip » des articles scannés, les acheteurs oscillent de rayon en rayon, laissant souvent seul l’étal des produits de Noël. Agathe fait partie des rares clients qui, lors du passage de La Marseillaise, s’approche de la vitrine des fêtes. « Disons que j’ai reçu une petite pression familiale pour acheter du saumon, je suis donc venue le chercher, ironise-t-elle. Mais c’est vrai qu’avec la hausse des prix, j’achète moins de trucs festifs. Disons qu’avant je faisais attention à la qualité, maintenant plus à la quantité, ce qui me dirige vers des produits moins originaux. »

    À quelques mètres de là, Giovanna, maman célibataire, opte elle aussi pour la simplicité. Dans son chariot mercredi : pains briochés, steak haché et frites surgelées. « Je vais à la simplicité : demain ça sera burgers maisons. Mon fils adore, ça sera très bien, s’enthousiasme-t-elle. Les produits de luxe sont chers, je n’en achète pas. Et pour les aliments coûteux dont j’ai envie, comme le chocolat, je vise les enseignes bon marché. Je viens à Lidl parce que c’est plus accessible. Pour les sucreries, je vais chez Action. L’éternel système D. »

    Une stratégie « au rabais » donc, qui est aussi celle de Valérie, venu compléter ses courses avec sa fille. « Le gigot de demain soir m’est resté en travers de la gorge, le prix est passé du simple au double en un an, s’indigne-t-elle. Je m’adapte, soit je n’achète pas, soit je diminue les quantités. Et même avec la famille, on change les habitudes : cette année chez ma sœur, on opte pour un apéro dînatoire plutôt qu’un gros repas, ça fait des économies. » Jouer sur la quantité, c’est aussi la méthode d’Armelle qui, ex fidèle d’Auchan, favorise désormais Lidl pour ses produits à bas coût. « J’essaie toujours de consommer des bons produits, mais en me limitant, détaille-t-elle. Et pour les produits vraiment en augmentation, comme le chocolat, je vise les promotions. Dès que j’en vois une, même si c’est hors période, j’en profite : j’anticipe… »

    Explosion du cours du chocolat

    Grande star des fêtes de fin d’année, le chocolat est dans toutes les bouches, cité comme le produit phare de l’inflation cette année et pour cause : selon une étude Nielsen IQ pour Ici et France Info, son prix aurait augmenté de 55% par rapport à 2022. En cause : de très mauvaises récoltes en Afrique de l’Ouest, à l’origine de 70% de la production mondiale de fèves de cacao. Les prix devraient cependant de nouveau baisser en 2026, le cours du cacao étant en 2025 revenu à des taux moins élevés. Mais d’autres produits connaissent une hausse toute aussi particulière. Selon l’association de consommateurs UFC-que choisir, depuis janvier 2022, trois rayons de grande surface ont connu une forte augmentation : la crémerie, la boucherie et l’épicerie sucrée, accumulant respectivement une hausse de 28,6%, 27% et 26,3%.

    Toujours selon l’étude menée par Nielsen IQ pour ICI et France Info, le prix d’un panier de noël moyen serait en 2025, pour la deuxième année consécutive, en légère baisse, avec une diminution de 1,1% par rapport à 2024.

    Le coût des festivité s’allège ?

    Une situation probablement favorisée par la baisse des prix du foie gras, réduits de 9% par rapport à l’an passé – décrue possible grâce à un retour à la normale après plusieurs années de grippe aviaire – ou encore du saumon fumé, pour lequel on observe un recul de 4%. Côté dessert, les étiquettes réservent aussi de belles surprises : la bûche glacée de supermarché montre une baisse spectaculaire de 25%, toujours par rapport à 2024.

    Mais ces évolutions restent à mettre en perspective avec les très hauts taux d’inflation qu’a connu la France depuis 2022, avec des prix qui ont au global bondi de 12% sur trois ans. L’inflation ralentie donc, mais les montants des tickets de caisse restent très élevés par rapport à un passé récent.

    « Pour les aliments chers dont j’ai envie, je vise les enseignes bon marché. L’éternel système D… »

  • Les salariés d’Arkema votent en faveur de la reprise du travail

    Les salariés d’Arkema votent en faveur de la reprise du travail

    Le vote était serré, à 6 voix près, comme dans plusieurs autres sites du chimiste français qui étaient dans le mouvement social.

    Après avoir dénoncé des négociations annuelles obligatoires (NAO) « méprisantes », ils arrachent une hausse du talon, l’augmentation minimale, qui passe de 35 à 50 euros ainsi qu’une prime d’intéressement de 400 euros, contre 0 initialement. La coordination CGT des usines françaises d’Arkema se positionne en faveur de la suspension du mouvement.

  • Blachère, le roi des illuminations festives

    Blachère, le roi des illuminations festives

    Des zones « sensibles » ou « interdites d’accès » pour risque « d’espionnage industriel », on pourrait croire qu’on entre dans une base militaire ou un site nucléaire. Mais rien de tout ça à Apt : guirlandes et autres oursons et pères Noël illuminés et disséminés le long de la route dévoilent le pot aux roses. C’est l’entrée de Blachère Illumination, fleuron français et même mondial des illuminations de Noël, mais pas seulement.

    L’entreprise, fondée en 1973 par Jean-Paul Blachère en Vaucluse à Apt, capitale du Luberon, au sein de sa maison autour de laquelle s’est construit le désormais géant de l’illumination, éclaire aujourd’hui les plus belles avenues du monde. À commencer évidemment par les Champs-Élysées, véritable fierté pour tous les employés du site. Sans oublier d’autres axes et lieux phares des grandes et moins grandes villes françaises, comme la promenade des Anglais à Nice ou le Vieux-Port de Marseille. Mais aussi à l’international, avec par exemple les illuminations sur la 5e avenue de New York, du centre commercial The Palm à Dubaï ou encore du palace le Mandarin Oriental à Londres. En tout et pour tout, les illuminations issues des 28 filiales de Blachère se retrouvent dans 1 000 villes de 80 pays.

    Hiver comme été

    Et souvent, les décors sont personnalisés en créant « un projet unique, une scénographie », détaille Julie Taton, directrice artistique de l’entreprise. Les collectivités ont ainsi le choix de prendre des produits du catalogue, mais aussi de faire le choix du sur-mesure.

    Volontaire sur l’innovation, les avancées et investissements de ces dix dernières années ont également permis à Blachère Illumination d’être présent dans nos communes à d’autres périodes que celle des fêtes. Les décorations multicolores de l’Été Marseillais, qui ont enjolivé, entre autres, l’ombrière du Vieux-Port, ont par exemple été réalisées dans la capitale du Luberon.

    Des imprimantes 3D

    les plus grandes du monde

    Et précisément dans un grand local bien précis, « l’atelier print », comme on l’appelle sur place. En son sein tournent, en haute saison, soit les mois qui précèdent la période des fêtes, presque 24 heures sur 24, les sept imprimantes-robots 3D de presque 3 mètres de haut. « Des comme ça, il n’y en a que trois dans le reste du monde, et c’est tout », lance fièrement Franck Le Briquer, responsable de l’atelier print. En cette mi-décembre, seuls deux bras robotiques sont en marche en milieu de matinée. Des ornements dorés, destinés à décorer, sont réalisés à la chaîne en environ une dizaine de minutes par pièce d’un mètre de long.

    Et le tout à l’aide d’un plastique issu de bouteilles recyclées. Depuis la mise en place de ce système en 2016, plus de 4 millions de bouteilles ont été transformées en décors. Des installations « top secrètes », nous glisse-t-on, tout en nous enjoignant de ne pas les prendre en photo, par risque, comme évoqué précédemment, de copier le procédé, et donc de perdre l’avantage technologique sur la concurrence.

    Une grosse partie de l’espace occupé sert à recevoir les décors. Dans ce grand hangar, les employés, une douzaine en ce début de mois de décembre, car « ce sont les derniers à envoyer », glisse une « câbleuse », comme on les surnomme, s’activent à enrouler et dérouler des rennes et des ours polaires de dizaines de mètres de fils lumineux. « Ils sont testés et réparés un par un, à la main, avec minutie, selon des critères de réparation et de révision très pointilleux », assure-t-on du côté de la direction de Blachère Illumination. Magique !

    REPERES

    4 000 000

    de bouteilles plastiques transformées en décors

    35 000

    décors révisés chaque année au sein de l’entreprise

  • La folie du carnaval infuse à Martigues

    La folie du carnaval infuse à Martigues

    C’est une drôle de scène qui s’est déroulée sur le parvis du rond-point de l’hôtel de ville, jeudi 18 décembre. Debout sur une estrade montée devant l’espace Simone-Veil, trois honorables membres du jury carnavalesque jugent, chronomètre à la main, le record de lancer de ligne de pêche d’un champignon. Muni d’un panneau, un dinosaure passe sporadiquement, intimant au public tantôt d’applaudir, tantôt de se taire. Le moteur d’une moto retentit. Un homme débarque pour devenir à son tour officiellement le meilleur de son domaine : le plus long regard dans le vide, « sans penser à rien ».

    Si rien de tout ça n’est réel, une chose l’est bel et bien : l’inauguration du QG du carnaval de Martigues, qui se tiendra le 7 février 2026. L’événement a beau être festif et fantaisiste, la Ville prend son organisation très au sérieux. « C’est une tradition ancrée, un outil fort de la politique culturelle, explique Santillane Sabouret, en charge de son organisation. Le carnaval résulte chaque année d’un travail de concertation entre des compagnies d’art de rue et les habitants, c’est un temps de création collective et de transmission de savoir-faire. »

    Faire ensemble

    Cette année, c’est la compagnie Camélopard qui s’occupe de la direction artistique de la fête. L’association culturelle arlésienne avait déjà pris part à l’organisation en 2025 en menant des interventions dans les maisons de quartier et les centres sociaux « avec des ateliers sur le recyclage pour montrer comment on peut construire des triporteurs, des mini-chars ou des costumes à partir de matériaux déjà utilisés, dans une volonté de favoriser l’économie circulaire », explique Laura Pazzola, metteuse en scène et comédienne.

    « On va continuer avec cette philosophie mais cette fois, on a un lieu qui sera ouvert, tout le temps, pour que les habitants aient un endroit où se retrouver pour fabriquer leurs accessoires, échanger des idées ou juste boire un café », poursuit-elle.

    L’espace Simone-Veil sera tenu par la direction culturelle de la Ville du lundi au mercredi. Le vendredi, la couturière, le constructeur scénographe et la metteuse en scène de la compagnie Camélopard animeront l’espace de 11h à 20h. « On a du matériel de base pour le défilé, chacun pourra venir demander conseil et prendre part à l’écriture du carnaval en imaginant des tableaux tout le long du parcours », dont on sait déjà qu’il démarrera de la place des Martyrs, à Jonquières.

    Laura Pazzola est enthousiaste : « Le fait d’avoir un QG qui appartient à tout le monde va permettre d’embarquer les gens dans une aventure qui devient une expérience collective. (…) Pour nous, ce qui est important c’est certes la journée même, donc la déambulation, cet événement festif, mais le carnaval c’est aussi tout ce qui se passe avant, le fait de se retrouver, de tisser des liens, de rêver, de s’amuser ensemble. »

    Marceline Zéphir, conseillère municipale déléguée au carnaval (PCF), affirme : « C’est d’abord une fête populaire. » « Pour arriver à ça, la Ville met à disposition les moyens qu’il faut, avec un lieu dédié mais aussi une plus-value artistique. Non seulement ça fait travailler des compagnies et le milieu de la culture, mais ça donne une dynamique extraordinaire à cet événement qui se fera avec des gens ordinaires. »

    Pour l’élue, « vouloir faire la fête, vouloir le vivre-ensemble, vouloir préparer des choses collectivement, c’est encore plus important maintenant qu’avant ». « Dans le monde délétère qui se profile, le carnaval devient un acte de résistance », assure-t-elle. De résistance, mais aussi de liberté. « Juste un mot : le ridicule ne tue pas », lance Patrick Eleonore, un grand expert des carnavals selon Laura Pazzola, à l’assemblée. « On est là pour s’amuser, on souffre déjà assez le reste de l’année. »