Author: tecnavia

  • Au lycée Raynouard, le non-remplacement d’une professeure absente suscite la colère

    Au lycée Raynouard, le non-remplacement d’une professeure absente suscite la colère

    Depuis la rentrée scolaire, les élèves de terminale ST2S1 du lycée Raynouard –dont les camarades de terminale ASSP avaient connu une situation similaire en fin d’année dernière– sont privés de leur enseignante de spécialité, en arrêt maladie jusqu’au 10 décembre (minimum). Depuis, malgré les relances incessantes des parents d’élèves, professeurs et du proviseur, aucune réaction du rectorat, alors que cette absence aurait pu être anticipée. « Le professeur en question a prévenu le rectorat au mois d’août, explique Sophie Zolla, déléguée FCPE et mère d’une élève. Ils n’ont réagi que quand on a menacé de contacter la presse. On nous a demandé un délai jusqu’au 10 novembre au soir. Nous n’avons rien eu. »

    « Il faut plus de places

    aux concours »

    Une situation difficile pour les élèves, privés de l’enseignement le plus important pour leur bac (coefficient 16, 8h/semaine), qui doivent aussi composer sans leur professeure de physique-chimie, en congé maternité : « Ça génère du stress car ils voient leurs camarades avancer sur le programme et pas eux. Ils ont peur de se planter », s’inquiète la déléguée FCPE, qui indique qu’une annonce pour trouver un remplaçant a été déposée sur les réseaux sociaux de la FCPE du lycée. « Ils sont tenaces, mais je les sens fatigués. Ils attendent toute la journée pour aller en cours et perdent du temps et leur motivation, même s’ils restent sérieux. Je suis optimiste, mais on craint la démotivation », met en garde Joël Beullier, leur professeur de philosophie.

    La professeure de spécialité de l’autre terminale ST2S prend le relais 2h par semaine, mais cela n’est pas suffisant : « Les élèves ont 50h et quatre chapitres de retard », déplore Sophie Zolla. « Ces remplacements courte durée (RCD) n’en sont plus. Ça ajoute du travail et cela dégrade nos conditions de travail », fustige Joël Beullier, qui pointe l’inaction du rectorat et des effectifs trop restreints pour assurer la continuité de l’enseignement : « Après avoir vécu ça l’an dernier, on est effaré de voir que ça se répète. C’est inquiétant car ça ramène à la crise du métier et de la vocation. On n’a plus assez de collègues. Tous les postes proposés sont pourvus, mais on n’a plus de titulaire en zone de remplacement. On est complètement à flux tendu sur ces disciplines. Il faut plus de places aux concours pour répondre à ces difficultés. »

    Contacté, le rectorat n’a pas pu être joint.

  • Le tennis, nouvel invité au pied des tours de la cité des Rosiers

    Le tennis, nouvel invité au pied des tours de la cité des Rosiers

    La cité des Rosiers a aussi le droit à ses cour(t)s de tennis hebdomadaires. Au pied des tours du quartier situé dans le 14e arrondissement, Guy Pinna, président de l’AS Time, a ouvert aux jeunes la possibilité de pratiquer le tennis. Dimanche 9 novembre, une première séance s’est tenue avec quelques habitants des environs et d’autres plus habitués à tâter la petite balle jaune.

    « Aux Rosiers, les gens n’ont pas de clubs de tennis autour. Les premiers sont à Saint-Jérôme ou à la Rose, mais ils sont chers. S’installer ici, c’était la priorité », décrit celui qui donne des cours dans les quartiers depuis la fin des années 1980. Frédéric Picarelli, adjoint à la maire des 13-14, était également présent pour afficher son soutien aux initiatives de Guy Pinna. « Je l’ai rencontré, un peu par hasard, il y a 3 ou 4 ans, et je me suis pris d’affection pour la personne. C’est formidable de donner un accès à ce type de sports dans des quartiers dits défavorisés. Il a tout notre soutien, ça fait plaisir de voir ce genre de projets. »

    De l’amusement

    à un prix inégalable

    Plusieurs familles ont répondu à l’appel, dont celle d’Adem Bakas, venue de la Viste. Ce jeune de 14 ans, maillot orange de l’OM sur les épaules, pratique le tennis depuis bientôt deux ans et va participer à l’Euro des quartiers, à Sarrebruck (Allemagne). Le départ pour la région de la Sarre est prévu le 4 décembre au soir. Cette petite délégation va traverser une bonne partie de la France en car pour participer à cet événement, organisé minutieusement par Guy Pinna et ses homologues d’outre-Rhin. Après ces 10 heures de trajet, place au jeu pour ces enfants ayant appris le tennis sur le tas. « Il a joué dans plusieurs clubs grâce à Guy, notamment à Gallia. Dans les quartiers, il y a du foot, du foot, du foot… C’est bien de voir autre chose », explique la mère d’Adem.

    Les installations des Rosiers sont sommaires. Les filets sont installés sur le city-stade placé derrière l’une des imposantes barres d’immeuble de la zone. L’un de ces filets est vieux, troué à de multiples endroits. Le second paraît sortir tout juste de l’usine. Il ressemble à l’un de ces modèles que l’on peut trouver chez une célèbre enseigne française d’équipements sportifs. Les terrains, eux, ne sont pas réellement délimités, l’objectif est déjà d’apprendre les bases aux enfants présents. Guy Pinna tente de montrer à une fillette de 9 ans comment taper dans la balle : « Fait rebondir la balle par terre et frappe devant toi », lui dit-il. Des échanges difficiles à lancer pour ces jeunes, mais de l’amusement et des sourires sur leurs visages poupons. Du 6e étage de la tour située au-dessus du court, une femme demande si son fils peut descendre jouer. Guy crie que « ce n’est que deux euros, qu’il vienne ! »

    Ces cours sont proposés à un prix défiant toute concurrence : 2 euros par séance pour les moins de 8 ans et 3 euros jusqu’à 16 ans. Une bouchée de pain par rapport aux tarifs pratiqués par un club de tennis plus traditionnel. Une habitante des Rosiers a, par exemple, inscrit son fils pour huit séances dominicales pour un total de 24 euros. Sans oublier que les balles et les raquettes sont prêtées. « Le Smuc m’a donné 200 balles. C’est vraiment énorme », souffle Guy Pinna.

    Entre les jeunes venus jouer au foot dans les cages jouxtant les filets et ceux raquettes en mains, ils étaient une dizaine présents pour cette première ensoleillée. Pas une ombre au bilan pour le coach de ces tennis (wo)men en herbe, qui espère voir les inscriptions grimper. « J’ai placardé des affiches un peu partout dans le quartier et je vais continuer à le faire près des écoles notamment. Puis, avec le bouche à oreille, d’autres parents vont bien venir me voir », espère l’entraîneur, casquette de la République tchèque vissée sur la tête. La prochaine évolution serait d’obtenir un court permanent. Guy Pinna n’a pas manqué de le signaler devant l’adjoint, Frédéric Picarelli.

    « Dans les quartiers, il y a du foot, du foot, du foot… C’est bien de voir autre chose »

  • Renversants, les Provençaux jubilent à Aurillac

    Renversants, les Provençaux jubilent à Aurillac

    Celle-ci, il a fallu aller chercher. Largement derrière après 60 minutes, Provence Rugby n’a jamais lâché l’affaire. Les hommes de Philippe Saint-André ont renversé Aurillac avec trois essais de suite pour l’emporter 32-31 en Auvergne.

    Cette fois, la pluie n’a pas été l’amie des Aixois. La première période fut compliquée, les éléments se déchaînant. L’indiscipline provençale s’est traduite par des pénalités converties par les locaux. Leur ligne de mire a été bonne avec une réussite totale au pied. La conquête a encore une fois été le point fort des Provençaux avec un ballon porté jusque dans l’en-but. Cet essai de Maohi Suta fut le seul en 40 minutes. Aurillac en mettra deux avant le retour aux vestiaires (21-7).

    Remontée incroyable

    Sans cet ovale glissant, le score aurait largement pu s’alourdir pour Provence Rugby. Le Stade Aurillacois a eu les opportunités pour se détacher d’une manière presque définitive. Leurs offensives se sont soldées par des pertes de balles, durant le carton jaune donné à Gambini.

    Les finisseurs provençaux ont ensuite offert un second souffle inespéré à leur formation. Coville, Pifeleti ou Julien ont notamment perforé la défense adverse pour revenir dans la partie. Mené 10-31, Aix-en-Provence a renversé Aurillac pour s’imposer 32-31 en Auvergne. Un match permettant de s’installer confortablement dans le top 4 de la Pro D2.

    11e journée de Pro D2

    Stade Jean-Alric

    Essais : Suta (20e), Julien (63e), Tui (67e), Drouet (78e) pour Provence, De Jong (33e), Delarue (39e), Coertzen (58e) pour Aurillac ; Pénalités : Salles (56e, 71e) pour Provence, Papunashvili (6e, 11e, 34e, 41e) pour Aurillac

  • Les Bleus face aux Fidji pour tenter d’effacer la claque des Boks

    Les Bleus face aux Fidji pour tenter d’effacer la claque des Boks

    Face aux Fidjiens, qui ne sont jamais un adversaire facile, la première mission du XV de France sera symbolique.

    À savoir éviter une cinquième défaite consécutive. Après avoir perdu le dernier match du Tournoi face au Pays de Galles (13 – 14), les hommes de Fabien Galthié ont enchaîné trois matches perdus contre la Nouvelle-Zélande, et un dernier revers, il y a tout juste une semaine, au Stade de France contre l’Afrique du Sud.

    Dans cette série, c’est sans doute la dernière défaite qui a été la plus dure moralement. Car concédée en supériorité numérique après avoir mené au score en première période. La réception des Fidjis est donc celle du rachat obligatoire. Fabien Galthié, le sélectionneur bleu, a mis ses joueurs en garde jeudi. Le défi face aux Fidjiens ne sera pas facile.

    « Nous sommes ambitieux. toujours ambitieux », a-t-il insisté devant la presse, « mais là, c’est une autre forme de joueurs de rugby, de grande qualité. Vous les avez en club, vous savez très bien quel est le niveau individuel de ces joueurs. Nous ne pouvons pas les sous-estimer. C’est une équipe à prendre très au sérieux ».

    Et Galthié de rappeler que si les Bleus les ont battus lors de leur dernier rendez-vous à Nantes avant le Mondial-2023 (34-17), « la dernière fois que les Fidji étaient venus au Stade de France, ils avaient gagné », en 2018 (21-14), pour la seule victoire des joueurs du Pacifique en onze duels face aux Bleus.

    Du XV de France titulaire samedi soir, seul le talonneur Julien Marchand était là lors de la défaite de 2018, entré à la 69e minute en remplacement de Guilhem Guirado. Et seuls huit seront reconduits après la claque contre les doubles champions du monde en titre sud-africains.

    Chamboulement

    Exit Fickou, le capitaine bleu contre les « Boks », remplacé dans ce rôle par le Rochelais Grégory Alldritt, à nouveau titulaire en 8. Nouvelle charnière, avec le Bordelais Lucu cette fois, pour accompagner le Toulousain Ntamack. Et nouvelle paire de centres donc, avec Barassi qui glisse en 12 au poste de Fickou pour céder son 13 à Nicolas Depoortere, aligné pour sa sixième sélection.

    Régis Montagne est maintenu au poste de pilier droit, le trident arrière Penaud – Ramos – Bielle-Biarrey est toujours là, mais la deuxième ligne a dû être chamboulée.

    Le vieux grognard toulonnais Charles Ollivon prendra place en deuxième ligne pour la première fois, en 4. Fabien Galthié a expliqué vouloir faire jouer « la compétition, la concurrence, l’émulation, sur le chemin qui va nous amener à la Coupe du monde 20275 » en Australie.

    France – Fidji

    2e test match d’automne.

    Stade Atlantique, samedi 21h10.

    Arbitre : Christophe Ridley.

    FRANCE : Ramos – Penaud, Depoortere, Barassi, Bielle-Biarrey – Ntamak ( o ), Lucu (m ) – Jégou, Alldritt ( c ), Jelonch – Méafou, Ollivon – Montagne, Marchand, Gros.

    Manager : F. Galthié.

    FIDJI : Rayassi – Ravutaumada, Ravouvou, Tuisova, Wainiqolo – Muntz ( o ), Kuruvoli ( m ) – Canakaïvata, Mata, Sowakula – Mayanavalua, Nasilasila – Doge, Ikanivere, Mawi.

    Manager : M. Byrne.

  • Carnoux a rendez-vous avec Piraé, l’ogre du Pacifique

    Carnoux a rendez-vous avec Piraé, l’ogre du Pacifique

    Le septième tour de la Coupe de France est une étape importante de la doyenne des compétitions françaises de football.

    C’est l’étape où les amateurs peuvent, enfin, se retrouver face à des professionnels, car la Ligue 2 fait son entrée dans la compétition. Mais c’est aussi le moment où sont intégrées les équipes des Ligues d’outre-mer. Pour cette édition, Carnoux a ainsi hérité d’un adversaire venu des îles, et quel adversaire, l’AS Piraé (ASP).

    Venue tout droit de Tahiti, cette formation, qui a vu passer dans ses équipes de jeunes l’ancien joueur professionnel Marama Vahirua, est l’ogre du football polynésien. Depuis 2020, l’ASP a engrangé quatre titres de champion de Tahiti, a participé à un Mondial des clubs à Abu Dhabi, en 2021.

    Il a aussi été demi-finaliste de la Ligue des champions d’Océanie en 2022 et finaliste de cette épreuve en 2024. En gagnant la Coupe de Tahiti cette année, l’AS Piraé va donc représenter l’archipel du Pacifique dans cette phase finale de la Coupe de France.

    Défense recomposée

    Côté Carnussien, c’est un peu un saut dans l’inconnu que s’apprêtent à effectuer les joueurs de Samir Tahrat. « Leur palmarès laisse à penser que c’est une équipe de qualité. C’est pourquoi nous abordons ce match avec une certaine humilité », confie l’entraîneur du CFC.

    Pour ce tour de Coupe, il a dû résoudre une équation à double inconnue. « J’ai deux suspendus et ce sont les gars qui composent ma charnière centrale habituelle », regrette-t-il. Sans Nasser Mbaé et Enzo Lanziani, « j’ai dû réfléchir à une nouvelle organisation. Et c’est le moment pour certains de se montrer », embraye-t-il.

    Les modifications de son axe défensif devraient être les seules retouches à son onze de départ habituel. « Nous avons la chance de jouer ce 7e tour chez nous. C’est, pour nous, l’occasion de faire aussi bien que l’an dernier, à savoir aller chercher un 8e tour. Et pourquoi pas, donner le coup d’envoi d’une belle épopée ? » Samir Tarhat aimerait bien que son groupe puisse ensuite croiser le fer avec une équipe professionnelle.

    Mais pour cela, il faut d’abord venir à bout d’une formation tahitienne qui reconnaît un handicap. « Votre vent ! Nous ne sommes pas habitués et il nous cause vraiment des problèmes. Si nous arrivons à nous adapter, je pense que nous pouvons réussir quelque chose, face à une très belle équipe de Nationale 3 », confesse Heimano Bourebare. Le capitaine de Piraé aimerait être celui qui qualifierait pour la première fois un club tahitien pour le 8e tour. « La pelouse est un vrai billard, cela pourrait aider à développer notre jeu. »

    Carnoux – Piraé

    7e tour de Coupe de France

    Samedi 19h

    Stade Marcel-Cerdan.

    Arbitre : Valentin Ougier.

    CARNOUX : le groupe : Koceilat, Jasserand (gardiens), Djamacouné, Sylva, Sahnoun, Touili, Coulomb, Lavigne, Bencheikh, Djourhi, Goguey, Benarbia, Vacher, Sahraoui, Gomis, Béhé, Mokhtari, Moirabou.

    Entraîneur : S. Tahrat.

    AS PIRAE : Teave, Courtois (gardiens), Avearii, Bennett, Salem, Tihoni, Tau, Pito, Teamotuautau, Barsinas, Bourebare, Tanetoa, Gitton, Labaste, Tave, Terai, Ka. Lenoir, Ke. Lenoir, Tepo, Diarra, Holozet.

    Entraîneur : V. Terai.

  • « Les politiques contre la drogue sont un échec total »

    « Les politiques contre la drogue sont un échec total »

    La Marseillaise : En tant que présidente de la LDH, vous avez choisi de venir à Avignon pour cette journée de débats. Cela montre-t-il que les politiques autour de la drogue sont un sujet qui vous tient
    à cœur
     ?

    Nathalie Tehio : C’est effectivement un sujet particulièrement important. On se rend compte qu’il y a un vrai problème de sécurité lié au trafic de drogue. Et particulièrement dans le Vaucluse, d’où le choix d’organiser cette journée ici. On me parlait de la fusillade qui a touché un tram et c’est particulièrement grave, car cela montre que cela peut toucher n’importe qui. Donc, il est important de se poser à un moment donné pour réfléchir de nouveau, puisque la seule solution qui est proposée, comme une sorte d’engrenage, est une solution sécuritaire. C’est-à-dire qu’on nous dit : « Puisque le principe est de chercher la sécurité, vous acceptez les mesures que le gouvernement et les exécutifs locaux vous proposent », y compris lorsqu’elles sont contraires aux droits et aux libertés.

    Cette politique est-elle un échec, selon vous ?

    N.T. : C’est un échec total. Il faut rappeler qu’en Europe, la France est à la fois le pays qui a la politique la plus répressive et celui avec la population la plus consommatrice de drogues. C’est quand même fou et ça montre bien qu’il faut changer de politiques.

    À quoi cet échec est-il dû ?

    N.T. : C’est le résultat de politiques néolibérales. La loi prévoit, par exemple, un plan quinquennal d’éradication de la pauvreté, dont le lien avec le trafic de drogues est prouvé. Or, depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir, il n’a pas été fait. On voit qu’éradiquer la pauvreté n’est pas une cause nationale. Tout comme le choix de la politique du chiffre mise en place lorsque Nicolas Sarkozy était au pouvoir. On demande des comptes aux policiers et les enquêtes pour faire tomber un réseau durent des mois et des mois. Donc, on s’attaque aux petites mains, au trafic de rue ou encore au consommateur, car ce sont des cas résolus souvent en cinq minutes. Il faut que l’on se concentre sur le haut du panier et pas l’inverse.

    Quelles solutions portez-vous justement ?

    N.T. : On prône, par exemple, la dépénalisation de l’usage de stupéfiants. C’est ce que prône également l’ONU. Pour la grande majorité de ceux qui consomment des drogues, l’usage est tout à fait contrôlé et raisonné. Tout en sachant qu’il peut y avoir des effets nocifs à l’égard d’autrui et il faut bien sûr en tenir compte.

    Quels sont vos leviers d’action ?

    N.T. : Tout d’abord à travers des journées comme celles-ci. Cette journée d’étude est nationale. Et on porte nos propositions au gouvernement avec le Collectif pour une nouvelle politique des drogues (CNPD). Dans ce cadre, nous avons rédigé clés en main une proposition de loi qui est sur la dépénalisation de l’usage de stupéfiants. Des propositions dont des députés et sénateurs se sont emparés. La sénatrice écologiste de Paris, Anne Souyris, a déposé une loi à ce propos, avec un texte largement inspiré de notre travail. On est toujours dans cette dynamique-là et on veut relancer d’autres sujets, comme celui des haltes soins addictions.

    L’événement se tient de 8h30 à 17h30, ce samedi, à la Scierie, 15, quai Saint-Lazare.

  • Choix de cœur ou politiques, EELV est en plein tourment

    Choix de cœur ou politiques, EELV est en plein tourment

    C’est comme si on me demande de choisir un de mes enfants. » Au téléphone, ce vendredi, Olivia Adolphe-Laroubi, co-cheffe de file des Écologistes pour les municipales de mars, a besoin de temps pour digérer les derniers rebondissements au sein de son parti. Après avoir soutenu en 2020 le maire Serge Andrieu (DVG), les Écologistes ont cette fois décidé « à 94% », lors d’un vote interne, de pas renouveler leur confiance au maire-candidat. « On nous demandait un soutien sans rien demander sur le programme », justifie Olivia Adolphe-Laroubi.

    Mais, là où la situation est pour le moins cocasse, c’est que la co-cheffe de file est l’épouse de Francis Adolphe. L’ancien maire (2008-2018) avait dû démissionner après avoir été condamné pour violences conjugales, le rendant inéligible. Un ex-édile de nouveau aujourd’hui candidat. Et dont les instances nationales ne veulent pas entendre parler. « Les Écologistes ne peuvent soutenir un candidat aux municipales condamné pour violences conjugales », indiquent dans un communiqué le bureau national, prévenant que « tout soutien à la candidature de Francis Adolphe par des membres de notre mouvement aurait pour conséquence une suspension ».

    Un réel cas de conscience, donc, pour Olivia Adolphe-Laroubi. « Je précise qu’en interne, il n’y a pas eu de demande de vote pour soutenir Francis Adolphe, nous avons répondu au national qu’il avait récupéré ses droits en 2021 », livre la co-cheffe de file. Et, comme si la situation n’était pas déjà assez confuse, voilà que ce jeudi, l’autre cheffe de file, Claire Bettembot-Treutenaere, s’est déclarée candidate. Cette dernière, en 2020, était seconde de liste du candidat divers centre-gauche Denis Morandeau (8,38% des voix).

    Ce jeudi soir, les Écologistes ont aussi participé à une réunion de lancement de pré-campagne des insoumis. « Je vais devoir réfléchir à mon positionnement », confesse Olivia Adolphe-Laroubi, écartelée entre un soutien à son mari à titre personnel ou la fidélité à son parti… « Mon mari respecte mes idées politiques, je n’ai pas de pression de sa part », poursuit-elle, en admettant évidemment « qu’elle ne fera pas campagne contre lui ». « Soit je me mets en retrait de toute campagne, soit je le soutiendrai, mais en dehors de mon parti », conclut l’écologiste, qui se décidera d’ici à la mi-décembre, lors d’une prochaine assemblée générale des Écologistes.

  • Stagiaires en chantier-école, ils redessinent leur avenir

    Stagiaires en chantier-école, ils redessinent leur avenir

    Les projets sont un support pédagogique, un prétexte pour remobiliser ces jeunes qui nous sont adressés par des missions locales, la PJJ ou l’Aide sociale à l’enfance », explique le directeur. Apprendre à façonner son avenir professionnel, comme on apprend à travailler le bois ou le métal. C’est le pari de Julien Acquaviva, à la tête de l’association Appel d’aire, depuis sa création en 1997.

    Localisé depuis 2002 sur le site de la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse) aux Chutes-Lavie, le chantier-école a dû déménager, en décembre 2021, à la Belle de Mai dans le 3e arrondissement. Une solution trouvée en urgence par la Ville au sein du Comptoir de la Victorine, dans des locaux qu’il a fallu aménager.

    Dans l’atelier bois, Oumar, 20 ans, s’applique à la découpe d’une planche sous l’œil de Virgil, son formateur. « Des décors pour l’événement des centres sociaux, explique le stagiaire, arrivé il y a deux mois, et comme on fait du réemploi de matériau, c’est compliqué. » Pour les meubles à roulettes conçus pour l’association des Frigos solidaires « on a utilisé des palettes. Il a fallu 5 semaines pour les démanteler, nettoyer, retirer les clous, tronçonner, raboter… », liste Mohamed, 21 ans, en stage depuis un an. « Et avec le métal il faut faire attention à ne pas se couper avec la bavure. C’est pour ça qu’il faut d’abord bien connaître les machines, perceuse à colonne, scie à ruban… »

    Un travail de patience qui offre une seconde vie aux objets et une satisfaction aux artisans. « Vous avez vu les bancs qu’on a fabriqués pour la Savine, c’est du travail de pro ! », s’enthousiasme Enzo, 18 ans. « Mais, pour les décors, c’est chaud, il nous reste que huit jours pour finir », s’inquiète un peu Oumar. Et ce jour-là, ils ne sont que trois à bosser. Deux des huit stagiaires actuels viennent de signer un contrat en alternance en entreprise, une est malade et deux autres sont en retard. « On va y arriver », assure le formateur.

    « La vérité, c’est pas facile au début pour ceux qui ont décroché de la vie normale, il faut se réhabituer aux horaires, aux efforts. C’est cool ici, mais faut être régulier », intervient Enzo. Il plaide en faveur de ses camarades en connaissance de cause : « J’étais placé depuis tout petit, j’ai pas arrêté de tourner dans les foyers, les familles. Après, c’est dur d’être stable. » Il entame là sa deuxième expérience, après un stage de 5 mois en décembre 2024. « J’avais arrêté. Mais en fait j’étais pas prêt, reconnaît-il. Et puis je me suis senti de repartir. Travailler avec des pros, ça m’a redonné envie d’apprendre. »

    « Notre seul luxe,

    c’est le temps »

    Pour Mohamed, la projection vers l’avenir, conditionnée à l’obtention de papiers français, est plus « compliquée », regrette-t-il. « Mais en attendant, avec ce stage, je progresse, j’apprends à mieux parler français et j’apprends un métier. Car c’est très différent la façon de travailler en Europe et en Afrique. » Le temps de la réalisation, comme celui des stagiaires passés au sein de l’association, n’est pas compté. « C’est notre seul luxe ici. Ils restent selon les besoins, qui varient en fonction de chacun », précise Julien Acquaviva.

    Livré fin septembre, le premier modèle de meuble à frigo trône dans le bar le Peinard. Le prototype a été personnalisé aux couleurs des Frigos solidaires, lors d’une démonstration de flocage et de technique de graff par l’artiste marseillais El Bazu. D’autres sont en cours de réalisation. Le 9 octobre, les stagiaires d’Appel d’aire ont livré une nouvelle série de créations : du mobilier destiné au Hameau, espace convivial de la résidence William-Booth de l’Armée du Salut. Après l’assèchement des subventions régionales, le chantier-école démultiplie les partenariats pour continuer à offrir un enseignement riche à ses stagiaires qui, une fois bien rodés, « deviennent tuteurs des nouveaux », peut claironner Enzo.

    « C’est cool, mais faut être régulier. On fait du travail de pro, ça m’a redonné envie d’apprendre »

  • Un marché immobilier en léger redressement grâce à l’ancien

    Un marché immobilier en léger redressement grâce à l’ancien

    Toujours très cher de louer un logement dans la métropole Aix-Marseille-Provence. Avec un niveau de loyer en 2024 qui s’établit à 13 euros /m², elle se situe en 4e position des métropoles les plus chères derrière Paris, Nice et Montpellier, alors même que le revenu médian est relativement faible, comme le note l’Agence départementale de l’Adil dans le baromètre de l’immobilier des Bouches-du-Rhône présenté, mercredi, à l’occasion de la présentation publique de l’Observatoire de l’immobilier de Provence (OIP).

    Si la production de logements neufs reste toujours très insuffisante, selon ces professionnels de la promotion immobilière, le marché repart légèrement à la hausse grâce aux transactions dans l’ancien, où les prix ont diminué de 0,3 à 6% dans les appartements et jusqu’à 10% pour les maisons.

    Un inversement de tendance dont les professionnels se réjouissent assez unanimement après plusieurs années de baisse à deux chiffres du nombre de transactions, dans l’ancien comme dans le neuf. « La tendance départementale est dans une phase moins négative, ce qui la rend… presque positive », veut même se réjouir la Chambre des notaires. Les professionnels de la construction restent très réservés sur la suite, notamment du fait de la période électorale.

    Enfin, si Grégoire Charpentier, président de l’OIP, regrette la faiblesse de la production de logements sociaux, il souligne « l’effort notable sur le logement des actifs avec 73,5 millions investis par Action logement en 2024 », soit une production de « 4 700 logements abordables sur notre département ».

  • La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    Après une grève massive, le 4 novembre, contre le licenciement « pour désorganisation » de Gaëtan, facteur du 5e arrondissement de Marseille, la CGT se remobilisait, ce vendredi, toujours en soutien au travailleur. Et l’organisation syndicale est venue avec un paquet d’arguments pour faire « reconnaître l’erreur » de l’entreprise, alors qu’un CSE se déroulait le jour même.

    Elle a notamment présenté une délibération « votée par l’ensemble des élus du CSE », qui réclame « une réintégration des agents licenciés pour le motif de désorganisation de service ». « On demande un plus strict contrôle et un regard des instances représentatives sur ces procédures », explique Karim Bouzana, délégué CGT AP 13.

    Pour rappel, Gaëtan, facteur aux 20 années de service à son compteur, a été licencié pour ce motif pour le moins étonnant. La CGT estime à plusieurs dizaines ce type de procédures dans la région. « On a aussi remis à la direction une partie des dizaines de pétitions signées par les personnels pour sa réintégration. Il y a aussi une cagnotte qui a été lancée par des usagers pour le soutenir », poursuit Éric Chenais, responsable CGT. Autant de points qui vont « à l’encontre des arguments de La Poste qui affirme qu’il est toujours malade et qu’il désorganise le service ». « Les usagers disent au contraire qu’ils étaient contents de son service et qu’ils le voyaient souvent », développe le responsable.

    Préavis de grève pour

    la semaine prochaine

    Sollicitée, La Poste maintient d’ailleurs la même position adoptée depuis le début de l’affaire : « Le licenciement pour désorganisation de l’entreprise est une procédure juridiquement encadrée. Un employeur peut procéder à un tel licenciement pour motif personnel non disciplinaire lorsque les absences, même justifiées par l’état de santé, désorganisent l’entreprise et imposent le recrutement définitif d’un remplaçant. »

    Chacun jugera de la pertinence de telles justifications pour le service public postal, au plus de 230 000 salariés dans le pays. Reste qu’elle affirme que « toute décision d’engager une procédure de licenciement est prise collégialement après un examen rigoureux des éléments objectifs qui fondent un licenciement sur une cause réelle et sérieuse et reste exceptionnelle ». Quoi qu’il en soit, la CGT a « demandé à ce qu’une délégation soit reçue » et a quitté le CSE suite au refus de la demande, de même que les élus de SUD PTT. Et a déposé un préavis de grève pour la semaine prochaine.