Author: tecnavia

  • « La musique blues m’a aidée à guérir mes blessures »

    « La musique blues m’a aidée à guérir mes blessures »

    Entretien

    Pour rallier les ghettos de Lagos, dans son Nigeria natal, aux scènes européennes, où sa voix résonne désormais avec une puissance jubilatoire, Justina Ogunlolu, alias Justina Lee Brown, en a parcouru, du chemin. Confrontée à l’extrême pauvreté et à des abus ayant fauché son enfance, cette chanteuse, qui se propulse avec une énergie aussi bien soul que rock, comme le prouve son album Lost Child, incarne à elle seule l’essence du blues : surmonter ses pires traumatismes pour en faire belle œuvre.

    La Marseillaise : Au cours de votre enfance dans les ghettos de Lagos, votre mère vendait des sachets d’eau dans la rue. Pendant qu’elle travaillait, vous tapiez sur une bassine avec un bâton pour vous exercer à chanter. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

    Justina Lee Brown : Je garde de beaux souvenirs de ma jeunesse innocente. Petite, j’étais peu conscience de l’insécurité qui m’entourait. Pourtant, nous étions constamment affamés avec ma mère, c’était très dur de se nourrir. Sans compter l’absence d’un foyer stable, avec des déplacements constants. Mais l’amour m’a permis de surmonter tout cela. J’étais heureuse car les rues regorgeaient de divertissements.

    Qu’est-ce que cela vous a appris sur vous-même ?

    J.L.B. : Cela m’a appris à ne jamais abandonner, à attendre toujours des jours meilleurs.

    Votre chanson « Billiki » raconte l’histoire d’une jeune fille qui disparaît après que sa mère lui demande d’aller chercher de l’eau au ruisseau. À quel point est-ce inspiré de votre vie ?

    J.L.B. : « Billiki » parle surtout de l’ironie du sort qui touche de nombreuses filles dans la société. L’insécurité est pesante et nous n’avons ni le gouvernement, ni le système nécessaire pour protéger les jeunes qui grandissent dans mon pays. Énormément de jeunes filles disparaissent, avant d’être violées et maltraitées. Mais le gouvernement ne fait rien. En ce qui me concerne, avoir été maltraitée à l’âge de 6 ans à peine m’a laissée avec une grande souffrance que seul dieu peut guérir. Pour éviter que les prochaines générations aient à endurer cela, je me dois de sensibiliser les gens à ce phénomène. J’espère qu’un changement pourra advenir. Parce que, quand un enfant est brisé, il n’y a pas de réparation possible.

    Le blues est une musique afro-américaine créée dans les champs de coton par des personnes qui ont subi la ségrégation raciale, aussi bien pour exprimer leurs peines que leurs espoirs. Joue-t-il le même rôle dans votre vie ?

    J.L.B. : Le blues que je joue est un son d’espoir et de guérison car quelque chose était brisé en mon for intérieur. Et en dehors de cela, en tant qu’Africains, nous sommes remplis de tant de joie et d’amour : le blues est donc pour nous un cri de bonheur et d’enthousiasme gospel. À bien des égards, la musique m’a sauvé la vie, mais aussi celle de ma famille. Je suis donc reconnaissante envers la musique, et plus particulièrement le blues. Le blues m’a aidée à guérir de mes blessures.

    Vous avez également créé la JLB Care Foundation pour venir en aide aux enfants maltraités au Nigeria. Comment parvenez-vous à leur apporter du soutien ?

    J.L.B. : Ce qui m’a inspirée pour créer cette fondation, c’est que la situation à laquelle j’ai moi-même été confrontée il y a de nombreuses années, perdure. Énormément d’enfants des rues souffrent de la faim et aucun enfant ne mérite de vivre ainsi. Mon objectif est d’essayer de préserver autant que possible les enfants avec lesquels je suis en contact : les aider à accéder à un toit, leur donner de quoi manger, une bonne santé et une éducation adéquate pour qu’ils puissent se débrouiller seuls plus tard. On essaie de briser le cercle vicieux de la pauvreté.

  • L’interdiction des poids lourds sur la rocade se précise

    L’interdiction des poids lourds sur la rocade se précise

    La municipalité d’Avignon maintient son choix d’exclure les poids lourds de plus de 38 tonnes de la Rocade Charles-de-Gaulle.

    En effet, celui-ci a été confirmé lors d’une réunion de présentation, en présence de représentants des services de l’état en Vaucluse. Ces véhicules seront ainsi interdits, à partir d’une date qui n’a pas encore été communiquée, de 7 heures à 19 heures tous les jours, sur la section du boulevard Charles-de-Gaulle comprise entre le carrefour de l’avenue de Tarascon et l’avenue Pierre-Sémard. Et ce afin de « dégager de la fluidité sur la rocade aux heures de pointe, de sécuriser les piétons et les vélos tout au long de la journée, d’améliorer la qualité de l’air ainsi que la qualité sonore, de faciliter la circulation des transports en commun et des véhicules de secours. » La première année servira d’expérimentation. Un nouveau comité de suivi réunissant les acteurs territoriaux et économiques est prévu le 17 septembre prochain.

    Un projet déjà défendu lors du dernier conseil municipal, le jeudi 26 juin, où la première édile de la Cité des Papes, Cécile Helle (PS), poussait encore pour la mise en place de cet arrêté « parce qu’il en va d’un enjeu de santé publique aujourd’hui pour tous les habitants ». Elle dénonçait également les remarques d’élus du nord du département des Bouches-du-Rhône qui sont contre cette interdiction, car elle déporterait le trafic sur leur territoire.

    Ceux-ci poussent pour la poursuite de la Liaison Est-Ouest (LEO), aujourd’hui au point mort, car le Grand Avignon et Avignon s’y opposent, avancée comme une solution par Marcel Martel, maire (DVD) de Châteaurenard. Mais les échéances électorales à venir, avec les municipales de l’an prochain, bloquent le dossier au moins pour les prochains mois. Une mesure qui n’est pas non plus complètement nouvelle. Dès 2022, la municipalité souhaitait interdire les poids lourds sur ce même axe routier, très fréquenté aux heures de pointe. Mais sa mise en place n’avait alors pas pu se faire, notamment à cause d’une mobilisation des entreprises de transport.

    Péril économique

    « On peut entendre la question de la santé de la population, mais il aurait fallu faire les choses dans l’ordre et commencer par une concertation », regrette de son côté Stéphane Paglia, président de la CCI d’Arles, dont un collaborateur a assisté à la réunion de présentation de l’arrêté. « Tout le monde a dit non autour de la table. Il faut trouver une solution intelligente. Déplacer le problème de quelques kilomètres n’en est pas une. D’autant que les trajets vont s’allonger alors que le but est d’économiser des kilomètres. Malgré les frontières administratives, on vit tous sur le même territoire, car cette décision est un non-sens économique », ajoute-t-il.

    Les organisations syndicales de transporteurs s’opposent aussi à nouveau au projet. « Fermer la rocade ne supprime pas ces flux, cela détourne près de 600 camions quotidiens vers les communes voisines, allongeant les distances parcourues, générant plus de rejets d’émissions de CO2 et de risques routiers », assurent-ils, ajoutant que « la rocade constitue aujourd’hui la voie la plus adaptée pour concilier circulation des marchandises, sécurité routière et qualité de vie des habitants. » Pour eux, cette décision « met en péril les entreprises locales par des surcoûts logistiques », « déplace la circulation vers de nouveaux habitants et sature des axes secondaires moins adaptés ». Elle remettrait aussi en cause le report modal, car « 450 camions/jour qui circulent aujourd’hui par le rail reviendraient sur la route, compromettant l’avenir du terminal de Courtine, une centaine d’emplois et 90 000 tonnes de CO2₂ économisées chaque année », complètent-ils, les conteneurs étant chargés sur des trains à la plateforme rail-route en zone Courtine, à Avignon.

    La décision ne pourra être validée qu’avec l’accord du préfet, car la rocade dépend de l’état.

  • La maire de Toulon (SE) Josée Massi bien placée

    La maire de Toulon (SE) Josée Massi bien placée

    Beaucoup pensent que le mauvais feuilleton n’a que trop duré face au risque de voir l’extrême droite reprendre la Ville qu’elle était parvenue à rafler, en 1995, la laissant exsangue cinq ans plus tard. Autant dire que les intrigues, les fâcheries, et autres vexations ne vont pas tarder à fatiguer l’électorat de la majorité municipale.

    D’autant plus que tout paraissait réglé dès le 16 juin, date à laquelle, en primeur dans La Marseillaise, Hubert Falco annonçait apporter tout son « soutien » à la maire sortante Josée Massi, en expliquant avoir « confiance » en elle pour 2026, et la désignant comme « l’avenir », « entourée d’une équipe solide et expérimentée, mais aussi d’une nouvelle génération de jeunes élus ».

    Avec le soutien d’Hubert Falco

    Or, depuis cet été, on traîne les pieds lorsqu’on ne se fait pas carrément de croche-pattes. Pendant ce temps, le député (Ren.) Yannick Chenevard crie à qui veut l’entendre (pas grand monde) qu’il faudra compter sur lui pour les municipales. Le sénateur (LR) Michel Bonnus, très proche du très droitier Bruno Retailleau, jure s’être réconcilié avec Hubert Falco, avec qui, pourtant, il n’a pas été très tendre lorsqu’il était à terre. Et ce dernier, fâché, nous jure en marge d’une manifestation : « Je ne soutiens plus personne ! », laissant planer le doute sur ses intentions.

    Josée Massi, quant à elle, s’affiche comme la plus constante. Forte de sa légitimité et de son positionnement modéré, elle pourrait bien s’imposer face à des rivaux peu enclins à reconnaître son poids politique.

    Pour pousser l’analyse sur les chances des uns et des autres de l’emporter, en se limitant ici au camp de la majorité municipale, nous nous sommes procuré l’intégralité du sondage Elab, réalisé au mois de mars, dont une partie seulement avait été commentée, à l’époque. Des résultats à prendre avec beaucoup de pincettes, même s’ils dessinent de grandes tendances exprimées à un moment donné.

    Il en ressort que Josée Massi, à qui ses détracteurs reprochent un manque de popularité, arrivait devant en termes de bonnes opinions et d’intention de vote, devançant Michel Bonnus de 3 points. Ce n’est certes pas énorme, mais ça compte. Ceci dans le cadre d’un scénario où la majorité municipale part unie derrière un seul candidat.

    En revanche, et cela est passé inaperçu à l’époque, dans l’hypothèse de plus en plus probable où plusieurs candidats s’affronteraient au premier tour, faisant alors en quelque sorte office de primaires, les résultats sont encore nettement plus favorables à Josée Massi. La maire sortante, toujours selon ce sondage, collecterait 35% des voix contre seulement 9% pour Michel Bonnus, la plaçant en très bonne place pour affronter la candidate d’extrême droite Laure Lavalette, estimée dans ce cas-là à 38%. Le report des voix de la gauche assurant son échec.

    Encore faut-il que la raison l’emporte sur les ambitions personnelles et la colère. Et qu’Hubert Falco reste fidèle à ses engagements. Rien d’insurmontable, donc. Pour ce qui est de l’ambiance, rien n’a filtré de la réunion de majorité, qui s’est déroulée lundi après-midi.

  • La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    Je l’inscris à la MJC car il baigne dedans depuis qu’il est petit », confesse Marilyne Pellegrino aux inscriptions de rentrée de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Martigues mardi dernier. Son fils Hugo vient y découvrir le théâtre, « car je veux devenir Youtubeur et tourner dans un film » argue le jeune garçon en CM2 à La Couronne.

    Un rêve Parmi d’autres, au milieu des dizaines de parents, enfants et autres intéressés par les activités de la MJC. Avec comme nouveauté cette année l’atelier musical des minots, Qui permet à des enfants n’ayant jamais fait de musique de découvrir plusieurs instruments. « On a eu besoin de trouver un moyen pour désengorger les cours de musique qui sont pleins chaque année » indique Elsa Ferrier, chargée de la communication de la MJC. Une nouveauté complétée par un atelier de percussion africaines et de rythmes du monde par Jean-Christophe Herrmann.

    Avec plus de 990 adhérents l’année dernière, la MJC se donne pour « objectif d’atteindre le même nombre cette année » projette Elsa Ferrier, alors qu’ « entre 250 et 300 personnes étaient déjà réinscrites en fin de saison dernière » et que « le temps fort de l’inscription dure jusqu’à la Toussaint ».

    Un ancrage local

    Cette affluence à l’inscription s’explique entre autres par la présence et l’historique de la MJC de Martigues. « On vient voir des pièces de théâtre depuis très longtemps » reprend Marilyne Pellegrino. « Je suis déjà venu voir des spectacles de ma grand-mère » abonde son fils Hugo. Le large éventail d’activités permet d’ailleurs de s’y retrouver à tous ces âges. Comme le dit la mère de Nils Fruit, « il faisait du saxophone avant. Je voulais qu’il fasse une autre activité culturelle alors je l’ai inscrit au théâtre car j’en ai moi-même fait avant ». « Car c’est un sacré comédien » complète-t-elle sur le ton de l’humour.

    Et ces activités ne sont pas que pour remplir le mercredi. « il voulait continuer le saxo mais son ancien professeur arrêtait, alors on est venu ici » conclut la mère de Nils Fruit. On retrouve cette « connaissance intergénérationnelle des habitants », souligne le directeur Isidore Gomis, qui insiste sur « le renouvellement du package, issu chaque année des discussions avec les adhérents sur ce qu’ils ont envie de faire ». Cette liberté est rendue possible par « l’engagement constant de la Ville sans laquelle on fermerait nos portes » indique le directeur, qui revendique l’« équipement le mieux doté dans les Bouches-du-Rhône. Quand je discute avec d’autres collègues je vois qu’ils ne sont pas soutenus comme nous » en comparaison avec les autres structures analogues.

    À noter, le prochain temps fort qu’est la soirée Kanaky le 4 octobre.

  • Fleurs et chants sur le canal de Martigues

    Fleurs et chants sur le canal de Martigues

    Les violences lesbophobes isolent et tuent » martèle Fabienne Baroni, de la FSU de Martigues, face aux participantes – et quelques participants – au rassemblement en hommage – ou « femmage » – à Caroline Grandjean-Paccoud, directrice d’école du Cantal s’étant suicidée, le 1er septembre.

    « Elle a été poussée au suicide après des mois de harcèlement lesbophobe débutés en 2023 par des insultes et des menaces sur les murs de l’école où elle exerçait son métier » relate la militante, qui rappelle que Caroline Grandjean-Paccoud « avait alerté l’Éducation nationale qui, en ne proposant rien d’autre qu’un changement d’affectation ». « Elle n’a pas été écoutée. Ce drame témoigne de la persistance silencieuse de la lesbophobie dans notre société. Car être lesbienne en France en 2025, c’est encore être en danger. Les violences lesbophobes isolent et tuent. Le silence et l’inaction des institutions y contribuent largement » juge Fabienne Baroni, rappelant à la mémoire le suicide de Dinah, lycéenne de 14 ans, « après des mois de harcèlement, de menaces de mort et d’insultes racistes et homophobes » en octobre 2021

    La chorale féministe des Meutes rieuses entonne « À la gloire des femmes en deuil » puis l’hymne du MLF, pendant que des fleurs sont jetées dans le canal Baussengue. « Nous exigeons que l’État protège et accompagne les élèves et les personnels contre la lesbophobie et toutes formes de discriminations » conclut Fabienne Baroni.

  • « Nous allons recentrer le débat à Marseille, sortir des invectives »

    « Nous allons recentrer le débat à Marseille, sortir des invectives »

    La Marseillaise : Quel est le sens de cette charte et de ses 26 propositions ?

    Maxime Boudet : On veut respecter toutes les sensibilités de Renaissance et notre ADN, qui est un socle solide autour du « en même temps ». On défend ces valeurs au national avec un renouvellement des visages. Localement, Renaud Muselier pilote les échanges avec les autres partis, mais on voulait montrer que pendant ce temps, nous bossons. On a donc travaillé avec l’ensemble des présidents de comités signataires du document et nos 250 adhérents sur Marseille, sur ce qu’on veut défendre : la laïcité, l’humanisme, le progrès, la modernité, le dépassement, l’écologie pragmatique…

    Il y a des propositions qu’on peut mettre en avant ?

    M.B. : Dans ce qui me parle le plus, il y a la citoyenneté. La République est en pleine turbulence, mais les élections municipales vont redonner envie aux gens de s’engager. On propose aussi des mesures sociales comme la création d’un droit opposable à la garde des enfants pour les mères isolées. Il y en a sur la santé aussi, sujet d’actualité avec les derniers événements à Belsunce…

    C’est bien de l’aborder ainsi.

    M.B. : Et c’est ce qu’on est censé défendre, on doit regarder les faits en face. D’accord, l’immigration irrégulière est un vrai problème, mais quand la personne est en situation régulière, il y a d’autres problèmes de fond qu’il faut traiter. Là, le monsieur avait des problèmes psychiatriques et c’est un vrai sujet à Marseille. Ça fait deux ans que le CMP du 1er et du 2e arrondissements est fermé. On voit bien les gens qui errent dans la rue, sans soins, en rupture sociale totale, sans accompagnement. Il faudrait négocier un vrai partenariat Ville – Aphm comme il existe des partenariats Ville – Port. Laisser les gens sans soins, on voit là ce que ça donne : une personne qui a une errance médicale, qui ne prend plus de traitement, qui se réfugie dans des produits stupéfiants… Certes, le monsieur était Tunisien, mais il avait surtout un gros problème psychiatrique. Et qu’est-ce qu’on en a fait ? On l’a ignoré.

    La charte s’inscrit dans une démarche « centriste, humaniste et progressiste ». C’est un message aux Républicains qui courent après l’extrême droite ?

    M.B. : On veut être droit dans nos bottes et le garant de ces valeurs fondamentales dans la coalition. On ne veut pas se renier. On dit à la droite républicaine, attention, on doit défendre ce côté humaniste. Et des Républicains le font très bien, comme les UDI ou le Modem. On est sur cette ligne. Mais aussi, on veut chercher les centres gauches, les sociaux-démocrates modérés. Il faut vraiment se rassembler. En fait, on ne peut pas pactiser ni avec la LFI, ni avec le RN. Marseille n’a vraiment pas besoin de ça, surtout en ce moment.

    Vous n’avez pas le sentiment que cette alliance tire à droite ?

    M.B. : Je suis persuadé que beaucoup vont nous rejoindre parce que nous allons recentrer le débat, et sortir des invectives et de la surenchère. Rien n’est figé. Plus on sera nombreux dans cette alliance, mieux ce sera pour gagner la ville en 2026.

  • En assemblée générale, la CGT prépare une mobilisation du 10 offensive

    En assemblée générale, la CGT prépare une mobilisation du 10 offensive

    Camarades, on se serre dans la salle. S’il y a du monde en cette rentrée sociale agitée, tant mieux ! ». Devant une salle comble, Jessica Jadé, secrétaire de l’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône, lance l’assemblée générale du syndicat, ce lundi midi.

    Une assemblée à laquelle ont répondu présent massivement les organisations du département. Travailleurs du port, de l’énergie, cheminots, salariés de petites entreprises, soignants ou enseignants, tous ont en tête la chute annoncée du Premier ministre et les mobilisations prévues dans la foulée. « François Bayrou est utilisé comme fusible pour poursuivre les mêmes politiques, chaque remaniement a laissé la place à de nouvelles attaques qui vont plus loin dans la casse sociale », campe Jessica Jadé. Avant de planter les objectifs des débats à venir : « Nous devons mettre les conditions pour qu’un remaniement ou une dissolution ne soit pas un frein au mouvement social, mais que ça pousse à la montée du rapport de force. L’enjeu est d’articuler le 10 et le 18 ».

    Ça tombe bien, tous s’accordent sur le fait que « les piquets commencent à se préparer ». « À Airbus, on appelle le 10 et le 18. Il faut aller à la grève, on fait des assemblées de secteur dans l’usine. […] La CGT doit contribuer à la construction d’un mouvement par en bas », plaide François Roche, pour le site d’Airbus Marignane. Si certains notent que les mots d’ordre au lancement du 10 « étaient un peu flous », beaucoup insistent sur la nécessité d’une présence syndicale massive à cette date. « Aux finances publiques, on ne croit pas à la convergence des colères, mais celle des luttes. Derrière le 10, il y avait le risque que l’extrême droite s’empare du mouvement. Mais heureusement, le 10 s’est transformé. On va sur des valeurs de progrès social », analyse Frédéric Larrivée, secrétaire général de la CGT Finances publiques du département. Raisonnement similaire pour Jean-Marie Battini, militant CGT à l’Union locale de l’Huveaune : « Les mouvements comme celui-ci ciblent les gouvernements, l’État. Et ils oublient que le donneur d’ordre, c’est le patronat. La CGT rejoint le mouvement sur ses revendications, afin de montrer qui est l’ennemi de classe ». En clair, il invite ses homologues à préparer une grève franche : « Bloquer des ronds-points ne bloque pas la bourse ! »

    Une vraie effervescence ?

    En tout cas, plusieurs militants font part d’une vraie effervescence dans les entreprises et collectivités pour cette date de mobilisation. « Au conseil départemental, tout le monde est sur le 10. Il faut l’investir à la manière de la CGT : on a l’habitude de mener des combats, on est là pour prendre part », relève Valérie Marques. Faouzi Jacquot, pour la CGT Croix-Rouge, résume finalement le ressenti de bon nombre de syndicalistes : « Pour la première fois, je n’ai pas eu besoin d’aller vers les salariés pour leur parler de cette date. Ce sont eux qui sont venus à moi. Il faut se saisir de ça ! ». Même retour pour les travailleurs de la Caisse primaire d’assurance maladie. « On a lancé le préavis, les agents viennent nous voir aussi. La volonté, c’est plus d’écoles, plus d’hôpitaux, plus de salaires. On doit organiser une convergence », explique Sébastien Kassapian, secrétaire de la CGT CPAM 13.

    Justement, la question de la grève est bien le nerf de la guerre pour les militants. Préavis de six mois pour les cheminots, un autre à l’AP-HM, appel et préavis pour la RTM, piquet à venir à l’usine Arkema à Marseille… À deux jours de cette première étape de la riposte sociale, les retours semblent plutôt positifs. D’autant que la journée intersyndicale du 18 est aussi dans le viseur. Avec le flou persistant sur l’avenir politique du pays. « La réussite de ces dates n’est pas une fin en soi, l’échec ne sonnerait pas le glas non plus. Faisons tout pour mobiliser, mais ne nous arrêtons pas là », conclut Marc Pietrosino, pour l’UL CGT Huveaune. En clair, un combat au long cours qui débute ce mercredi.

  • Le plein d’énergie des travailleurs en lutte

    Le plein d’énergie des travailleurs en lutte

    Des palettes pour le feu le soir, des hamacs, des lits de camp et des matelas gonflables, un barbecue et même un écran télé « pour suivre le départ du Premier ministre, indique un gréviste d’Engie, avec une bonne dose d’ironie. On n’en attend pas grand-chose, vu que c’est plus un souci de fond que de forme qu’on a avec ce gouvernement, comme avec nos directions. C’est un tout, on a beau militer au sein d’un syndicat, on est tous tributaires de la politique de ce pays ».

    « Bayrou casse-toi et emmène Macron avec toi » affiche un panneau CGT devant l’entrée bardée de pneus sur le site du boulevard Gueidon, dans le 13e arrondissement. Leur mouvement pour la revalorisation des salaires et contre la hausse des factures de l’énergie ne fait qu’un avec la colère sociale et populaire qui s’exprimera mercredi dans la rue. Avec 30 000 agents en grève reconductible depuis le 2 septembre en France, les énergéticiens ont entamé une action de longue haleine, destinée à rebattre les cartes pour les prochaines négociations annuelles obligatoires (NAO). En se battant pour les salariés et pour les usagers, le secteur se positionne en fer de lance d’un mouvement social qui grondera encore le 18 septembre.

    Devant le tableau des astreintes, où chacun vient s’inscrire pour assurer un tour de garde permanente, Géraldine, électricienne, explique : « Nos secrétaires généraux font le point quotidiennement sur les suites de l’action. Mais on est encore nombreux à vouloir tenir et les soutiens arrivent tous les jours. » Retraité des IEG, Bernard confirme : « les anciens, les jeunes, les portuaires, les cheminots, toutes les sections locales de la CGT s’organisent pour assurer l’intendance. C’est cette solidarité qui fait notre force ». Et le soir même, c’est la section PCF du 13e qui s’y colle volontiers. « Ils offrent l’aïoli », annonce Michel Pruvost, militant CGT énergie, « pour fêter le départ, mais surtout pour organiser la suite », précise-t-il, convaincu « qu’un changement politique profond doit avoir lieu pour permettre aux forces les plus progressistes de prendre la main ».

    Agrégat de colères

    Un besoin s’intensifie au sein des entreprises, pour ceux qui produisent les richesses, étranglés par un pouvoir d’achat en chute libre, de reprendre le gouvernail pour fixer un autre cap. « Travailleur, rejoins la lutte » ou encore « tu es une force pas un coût ». Partout autour du piquet, les pancartes engagent à l’action. « Pour beaucoup de salariés, nous savons qu’il est difficile de faire grève. Il y a cet étranglement financier, avec les salaires qui n’évoluent pas et le coût de la vie qui s’envole, les emprunts à payer… », reconnaît Frédéric Gonnella. Le secrétaire général CGT Ufict des Alpes-de-Haute-Provence se montre cependant optimiste : « quand on fait le tour des sites, on entend bien la colère. Et on touche aussi les usagers. Il y a eu quelques chefs d’entreprise qui sont venus s’intéresser à nos revendications ». à ses côtés, un agent ajoute : « Même l’huissier qui est venu sur le site a semblé réceptif… ».

    Les restrictions budgétaires sur le dos des travailleurs sont de plus en plus difficiles à justifier pour le gouvernement, au regard des profits redistribués aux actionnaires qui ont encore progressé de 40% entre 2021 et 2024. « Les discours du gouvernement sont hors-sol », assure Bernard. Plus de 12 millions de foyers sont en situation de précarité énergétique. Et « l’année noire » annoncée passe encore par une hausse de facture : jusqu’à maintenant, la France pratiquait une TVA réduite à 5,5% sur l’abonnement et une TVA à 20% sur la consommation. La loi de finances 2025 a fait sauter ce plafond à compter du 1er aoûtdernier. « Comment, dans ces conditions, exiger des 68% des ménages qui ont restreint leur chauffage faute de pouvoir payer leur facture, de payer la note ? », s’indigne Frédéric Gonnella. La Fédération CGT des mines et de l’énergie (FNME) revendique la baisse de cette TVA sur l’abonnement et sur la consommation. Elle soutient à ce titre la proposition de loi présentée au Sénat, le 16 juillet, par Fabrien Gay pour le groupe communiste.

    En soutien, Nicolas Guglielmacci, pour la CGT CPMM, voit dans le mouvement social qui se prépare « une agglomération des colères, sociale, politique et citoyenne » et appelle à participer. Cheminote, Charlotte assure également : « Le secrétaire général CGT des cheminots de Marseille sera présent ce mardi sur le piquet. Nous aussi, nous mettons la pression sur les 10 et 18 septembre ». Dans l’ouverture à la concurrence du service public ferroviaire qui se joue sur nos lignes, les cheminots refusent de voir leurs accords se faire lessiver.

  • La clef

    La clef

    La chute du gouvernement Bayrou était certaine, mais le refus de lui accorder
    la confiance a été encore plus large que prévu.

    Des députés indépendants et non-inscrits se sont joints aux oppositions clairement identifiées. Camouflet pour le président des LR, Bruno Retailleau, seuls 27 députés de son parti sur 49 ont voté pour
    la confiance au gouvernement auquel
    il appartient.

    Le niveau de crise politique est encore monté d’une marche. Dans le même temps,
    le président de
    la République annonce qu’il nommera « dans
    les tout prochains
    jours » le nouveau Premier ministre.

    Difficile de l’imaginer appeler à Matignon une personnalité qui ne serait pas issue d’un « socle commun » de plus en plus rabougri. Et pourtant, depuis
    la dissolution qu’il a lui-même décidée, c’est le Nouveau front populaire qui a remporté le plus grand nombre de sièges.

    Objectifs simples et clairs

    Les blocages,
    les hésitations,
    les divisions des gauches ne se résoudront pas
    en chambre.

    La clef réside dans
    la capacité du monde
    du travail à se mettre
    en mouvement sur
    des objectifs simples
    et clairs : le refus
    d’un budget d’austérité, l’abrogation de
    la réforme des retraites, la hausse des salaires et des pensions, la justice fiscale et le renouveau industriel.

    La journée de mobilisation du 10 septembre puis celle qui est initiée par l’intersyndicale le 18 septembre doivent être des grands moments de convergence populaire pour construire un rapport de force qui rende inéluctable un changement de politique.

  • Une chute célébrée à Avignon

    Une chute célébrée à Avignon

    Face à la mairie d’Avignon, ce lundi 8 septembre, un peu plus de 150 personnes se sont rassemblées lors du « pot de départ du Premier ministre » François Bayrou, suite à la chute de son gouvernement. À 18h59, un grand hourra et des applaudissements ont rempli la place de l’Horloge, suivis des airs de « Bella Ciao » joués par des musiciens, à côté d’une corde à linge décorée de messages hostiles à la politique du gouvernement.

    « Bayrou, c’est fini. Maintenant, c’est Macron qu’on va chercher », lance avec vigueur au micro Rolland Gontard, figure des gilets jaunes, qui fut le premier à prendre la parole en souhaitant « rassembler des citoyens de tous bords et de toutes convictions » pour « arrêter la machine à cash. » Et ce devant une foule sans appartenance visible à un syndicat ou à un parti politique, même si plusieurs membres locaux de partis de gauche étaient présents, dont les chefs de file LFI pour les municipales à Avignon, Mathilde Louvain et Farid Farissy. Un premier discours coupé tout de même par les « siamo tutti antifascisti » scandés par une bonne partie des manifestants.

    Ce fut ensuite au tour du collectif, qui se veut apolitique, Indignons-Nous, en partie organisateur du mouvement, d’appeler à se mobiliser « contre la destruction de nos acquis sociaux », peut-on lire sur le tract distribué aux manifestants.

    « Pendant qu’eux accumulent les privilèges, nous disons non aux successifs programmes de rigueur. Nous dénonçons les tentatives des Bolloré, Retailleau ou encore Wauquiez de porter la responsabilité sur ceux et celles qui galèrent. Nous ne sommes pas dupes de leur mépris de classe », confie l’une de ses membres, Manon Barba.