Author: tecnavia

  • [Dossier extrême droite] À Béziers, les syndicats attaqués par Robert Ménard

    [Dossier extrême droite] À Béziers, les syndicats attaqués par Robert Ménard

    L’extrême droite n’aime pas les syndicats. À Béziers, Robert Ménard l’illustre parfaitement bien. Arrivé aux commandes de la cité de Riquet en 2014, l’édile d’extrême droite tente une première attaque dès 2017. Logés à la Bourse du travail, Robert Ménard tente par tous les moyens de les faire partir. « Il a essayé de nous faire payer les charges concernant le chauffage, l’électricité, le gaz – et l’entretien au motif que cela coûtait cher et que ce n’était pas à la collectivité de payer », décrit Patricia Barbazangue, secrétaire de l’Union locale de la CGT au moment des faits. Ce qui représente la bagatelle de 82 000 euros. « On n’a pas les moyens, nous n’aurions pas pu assumer. » Unie, l’intersyndicale -CGT, FO, CFDT, CFTC, CGC, Unsa, Solidaires- se lance alors dans une longue bataille et Robert Ménard finit par faire machine arrière en 2020.

    Mais c’était sans compter sur la hargne de l’adepte des plateaux télés qui décide de supprimer l’intégralité des subventions de fonctionnement aux syndicats. Soit près de 17 000 euros, selon les données que nous avons récoltées. « C’est une décision politique pas juste une question économique », soutient Patricia Barbazangue. Pour ne rien arranger, Ménard a également mis un terme à différents services. « Il a supprimé le gardiennage à la Bourse du travail. Or, c’était important pour nous car l’employé municipal filtrait les entrées, nous n’avons pas de vision sur les venues. Aussi, il effectuait une surveillance des locaux, détecter les fuites d’eau par exemple. Le ménage a aussi été supprimé. Il a fallu se débrouiller. C’est un coût pour la CGT, notre activité militante n’est pas de nettoyer les locaux, nous avons dû engager des frais pour le ménage », relate l’ancienne responsable syndicale. Contactée, la mairie de Béziers n’a pas donné suite à nos questions.

  • [Dossier extrême droite] À Marignane, les derniers échos de l’OAS

    [Dossier extrême droite] À Marignane, les derniers échos de l’OAS

    À l’entrée du cimetière Saint-Laurent-Imbert, en bordure des pistes de l’aéroport Marseille – Provence, se dresse toujours la stèle à l’« Algérie française », érigée en 2005 par le maire (ex-FN et MNR) Daniel Simonpieri. La justice, pourtant, avait ordonné dès 2008 son retrait. Mais deux ans après sa première élection, son successeur Eric le Dissès a fait voter son retour, avec la seule opposition de deux élues du PCF et du MRAP (mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples). Seules ont disparu du marbre les dates d’exécution de quatre membres de l’Organisation armée secrète (OAS), organisation terroriste de l’extrême droite pro-Algérie française, une « apologie de faits criminels » avait cinglé en 2011 le Conseil d’État. Suffisant pour passer sous les fourches caudines de la justice. « Le tribunal administratif de Marseille a estimé qu’elle était légale », justifie la municipalité, citant le jugement rendu en 2012.

    Le maire actuel s’était pourtant lancé en 2008 pour barrer la route à l’édile sortant issu des rangs du FN. Désormais, il est lui-même allié au député RN de la circonscription, Franck Allisio – aujourd’hui candidat à Marseille – et a cofondé avec lui, le RPR (Rassemblement pour la République) transformé en antichambre du parti lepéniste. Il arbore maintenant la croix de Lorraine, symbole du gaullisme, et ne manque pas une occasion de flatter à Marignane la nostalgie de l’Algérie française et la mémoire des rapatriés. Le général putschiste Raoul Salan, dirigeant de l’OAS, y avait déjà sa rue. « Elle fait partie de l’histoire de Marignane, en tant que ville qui a accueilli des milliers de Pieds-Noirs rejetés à la mer par Marseille », explique la municipalité qui a quant à elle inauguré en 2016 un rond-point pour commémorer les victimes d’Oran, le 5 juillet 1962.

    Instrumentalisation de l’histoire coloniale

    La ville est marquée par l’histoire coloniale. Sa population a presque doublé, entre 1962, date de l’indépendance de l’Algérie, et 1968. « À Marignane, vous avez un tiers de Marignanais d’origine, un tiers de pieds-noirs et un tiers de Siciliens », estime Maxime Aghemo, ancien candidat LR à la députation et descendant de pieds-noirs. « À Marignane, l’extrême droite ne concerne pas seulement les pieds-noirs », modère le président de l’Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA), Jacques Pradel. Et de rappeler : « La résurgence du passé colonial, la mise en scène de l’OAS font surtout partie de l’arsenal idéologique de l’extrême droite. »

    Au-delà de ces symboles, le maire subventionne aussi largement les associations d’anciens combattants. 6 000 euros ont été versés en 2024 à leur comité d’entente et de coordination, un montant bien plus important que dans des communes équivalentes : 2 210 euros à Salon-de-Provence, 2 855 euros à La Ciotat, 3 400 euros à Vitrolles. Seule Miramas, dont le budget associatif est deux fois plus important, fait mieux (9 320 euros). « Ce n’est ni plus ni moins que pour des buts électoralistes. Les anciens combattants ou leurs familles sont des électeurs pour lui, puisque pour la plupart ce sont des pieds-noirs », soupire l’ancien président de l’Union des anciens combattants de l’Indochine et des territoires d’Afrique du Nord (Unacita), Abdelhamid Dahoun. « Nous assumons soutenir et encourager l’engagement des anciens combattants marignanais dans la vie de la commune afin de transmettre les valeurs de paix, de patriotisme et l’histoire de France », se défend la Ville dans une réponse écrite.

    Mais ces orientations n’ont pas empêché la municipalité d’exclure en 2021 l’Association culturelle des Français d’Algérie, du Maroc et de Tunisie de sa maison des associations, estimant alors auprès de La Provence qu’elle faisait le travail d’une « agence de voyages ». « Il m’a mis dehors parce que je m’étais présenté sur une autre liste », défend son président Christian Venuti, ancien adjoint de l’ex-maire (ex-FN) Daniel Simonpieri. Mais même l’Amicale des Oraniens ne reçoit plus de subventions. « J’ai vraiment l’impression que c’est quelque chose qui est moribond », avance Jacques Pradel. « Il y a de moins en moins de pieds-noirs, et très peu de gens qui s’intéressent à l’histoire de leurs parents ou grands-parents », valide Maxime Aghemo. Déplorant que le maire « les a laissés tomber complètement  ». Peu importe : les générations passent, l’édile poursuit son travail idéologique, refusant les plats de substitution à la cantine, proposant d’armer les enseignants de lacrymogènes, faisant chanter la Marseillaise aux enfants. Un patriotisme bruyant qui ne l’empêche pas, selon nos sources, d’afficher un portrait de Vladimir Poutine dans son bureau, « simplement un cadeau de la délégation russe présente à l’inauguration du rond-point Normandie-Niemen » en 2018, justifie la municipalité. Ce qui n’empêche pas le maire de le décrocher lorsqu’il reçoit des visiteurs.

  • JO : l’argent du bonheur pour Romane Miradoli en ski alpin

    JO : l’argent du bonheur pour Romane Miradoli en ski alpin

    L’Italienne Federica Brignone a décroché à 35 ans son premier titre olympique en remportant le super-G à Cortina d’Ampezzo où Romane Miradoli a terminé en argent pour offrir au ski alpin français sa première médaille des JO-2026.

    Dix mois après une double fracture du tibia-péroné de la jambe gauche, Brignone a réussi un exploit immense en devançant Miradoli (+ 41/100e) et l’Autrichienne Cornelia Huetter (+ 52/100e). Il s’agit de la 8e médaille pour la délégation française aux JO de Milan Cortina.

    Dans des conditions pas idéales, avec du brouillard en haut de la piste Olimpia delle Tofane, Brignone a montré toute sa classe sur les skis, à l’attaque du début à la fin tout en restant précise dans les courbes piégeuses du tracé qui ont pourtant poussé beaucoup de skieuses à la faute.

    N.1 mondiale l’hiver dernier, sacrée championne du monde en géant, l’autoproclamée « Tigresse » a écrit jeudi l’une des plus belles pages de sa carrière déjà immense, dix mois après sa grave blessure à la jambe gauche.

    Brignone avait déjà réussi son pari en défilant le 6 février en tête de la délégation italienne lors de la cérémonie d’ouverture, quinze jours seulement après sa reprise de la compétition, avant de terminer 10e dimanche de la descente olympique.

    Cerutti dans le top 10

    du jour

    En franchissant la ligne d’arrivée en tête jeudi, Brignone a longuement salué le public local, aux anges, avant de s’installer avec émotion dans le « hot seat » de la leader provisoire. Si la course n’était alors pas encore gagnée, elle a ensuite vu toutes les grandes favorites partir à la faute.

    La médaillée d’or américaine de la descente Breezy Johnson, la médaillée d’argent allemande Emma Aicher et la médaillée de bronze italienne Sofia Goggia… toutes se sont fait piéger et ont été contraintes à l’abandon. De quoi laisser de la place aux solides outsiders, Romane Miradoli en tête, qui a réussi la course de sa vie jeudi.

    La skieuse de Flaine, 31 ans, savait depuis le début de l’hiver et sa 2e place à Saint-Moritz qu’elle pouvait rivaliser avec les meilleures en super-G, discipline où elle réussit mieux à laisser filer les skis qu’en descente (16e dimanche de la descente).

    Avec sa médaille d’argent, elle débloque le compteur de médailles pour le ski alpin français, au lendemain de la frustrante 4e place de Nils Allègre en super-G à Bormio, qui a échoué à trois centièmes du bronze. La passionnée de parapente n’était pas la seule Française dans le top 10, ce jeudi. La Marseillaise Camille Cerutti a réalisé le deuxième meilleur résultat de sa carrière à l’occasion de cette course. La skieuse de 27 ans a signé le 8e temps. « Ce matin [hier], je me suis levée avec une seule idée en tête : garder le sourire et skier à 100%. C’est chose faite », a-t-elle écrit sur Instagram.

    P.G. avec AFP

    Nouvelle pluie de médailles ?

    Le programme de ce vendredi est riche et pourrait sourire aux Bleus. Dès le matin, les fondeurs sont de retour pour l’individuel libre, où le Norvégien Johannes Klaebo n’est pas aussi maître. Le sprint hommes de biathlon a lieu à 14h, avec Éric Perrot parmi les favoris.

    La dense équipe de France de snowboardcross féminin joue les médailles dans la foulée, avec plusieurs cordes à son arc. Dans la soirée, Adam Siao Him Fa va jouer un podium olympique, après sa 3e place sur le programme court de patinage artistique.

  • Boxe : Sindy Saïd salue « la symbiose » qui lui a permis d’être championne de France

    Boxe : Sindy Saïd salue « la symbiose » qui lui a permis d’être championne de France

    Sindy Saïd se souviendra toute sa vie de son voyage à La Rochelle.

    « Je savoure cette victoire. Et, avec un peu de recul, je sentais que cette année était la bonne pour aller chercher la ceinture » confie la Marseillaise. Dans la salle Gaston Neveur, où avaient lieu les finales des championnats de France, Sindy Saïd avait soif de revanche. « C’était la troisième fois que j’étais en finale. Et je voulais montrer que mon échec en demi-finale l’an dernier, était une injustice. »

    Face à son adversaire, elle a donc déroulé sa boxe. Mis en pratique le travail en amont avec ses entraîneurs. « Nous étions en symbiose, mes entraîneurs Wissem Chahbi, Farid Ahamada et moi. Et la conquête de la ceinture, c’est le fruit du travail d’une équipe. »

    Pour Sindy Saïd, revenir de La Rochelle avec le titre de championne de France, c’est aussi « un moment charnière. Je termine mon parcours en amateur avec une ceinture. C’est un bon tremplin pour débuter chez les pro », reconnaît-elle.

    La Marseillaise remercie le Boxing club, qui lui a permis de franchir un palier important. « J’ai pu me préparer dans des conditions optimales », insiste-t-elle. Quant à savoir quels sont ses prochains objectifs ? « Je dois encore prouver que j’ai le potentiel pour continuer en pro, où les exigences sont plus contraignantes, les entraînements plus durs. Je veux faire mes preuves et attirer l’attention sur la boxe marseillaise, qui est un vivier de champions et replacer Marseille sur la carte de France de la boxe. » Sindy Saïd qui a coché la date du gala du Boxing club pour effectuer ses grands débuts en professionnels.

  • Provence Rugby face au défi Oyonnax pour la reprise

    Provence Rugby face au défi Oyonnax pour la reprise

    Voir grand, c’est ce que fait Provence Rugby ces deux dernières années et sans doute encore un peu plus depuis l’été dernier. L’arrivée de Philippe Saint-André, un effectif construit pour performer jusqu’au terme des play-offs… Des signes de bonne santé pour cette équipe qui n’a jamais goûté au Top 14. Un objectif important pour le projet et ce dernier tiers de la phase régulière permettra d’y voir plus clair quant aux ambitions de fin de saison.

    Ce vendredi soir (19h), au stade Maurice-David, les Provençaux accueillent une formation d’Oyonnax remontée au 5e rang de Pro D2. Les Aindinois affichent un bilan presque équilibré dans cet exercice 2025-2026, avec 10 succès pour 9 revers. Une équipe poil-à-gratter qui a fait vaciller Colomiers et Vannes, ne s’inclinant que dans les derniers instants face au 3e et au leader du championnat. À domicile, difficile de faire flancher « Oyo », mais ce sont bien les Aixois qui reçoivent pour ce lancement du mois de février. L’occasion de poursuivre leur excellente dynamique. En 2026, pas une seule défaite et seulement un point de bonus offensif échappé sur la pelouse de Carcassonne. « Sur 20 points possibles, on en prend 19, donc c’est un bloc plus que positif, l’année 2026 débute bien », assure Philippe Saint-André. Provence est dans le rythme et pourrait enchaîner ce vendredi.

    Se donner de l’espace

    au sommet de la Pro D2

    Déjà légèrement en délicatesse contre Aurillac, trois semaines en arrière, Provence Rugby ne s’est imposé que de quatre points à Carcassonne. Mais le manager de l’équipe a préféré tirer le positif : « Ils ont proposé un rugby de tranchée, il fallait être fort mentalement. Je crois que nous avons concédé 22 ou 23 pénalités et on a eu peu de ballons. Par contre, à chaque fois qu’on a eu des ballons, on a été efficace. »

    Les quinze jours de trêve en Pro D2 ont permis de reposer les corps et les esprits avant de s’attaquer à un nouveau bloc important. Oyonnax, Dax, Agen et Biarritz, quatre confrontations qui peuvent faire prendre de l’altitude aux Aixois. Toujours sous la menace de Colomiers pour le top 2, continuer de gagner pourrait offrir un bol d’air.

    PROVENCE – OYONNAX

    20e journée de Pro D2

    Stade Maurice-David (19h)

    Arbitre : Thomas Charabas

    Provence : Drouet – Lapegue, Bituniyata, Colombet, Tui – Muntz, Coville – Suta, Gambini, Piazzoli – Rodda, Van Eerten – Vernet, Pifeleti, Wegrzyn

    Oyonnax : Bogado – Reybier, Sawailau, Rabut, Qadiri – Bouraux, Solinas – Guilly, Hermet, Lebreton – Corso, Battye – Vaotoa, Couly, Bordenave

  • L’OM, maître incontesté de la valse des entraîneurs

    L’OM, maître incontesté de la valse des entraîneurs

    Alors que l’OM attend de connaître le successeur de Roberto De Zerbi, combien d’entraîneurs se sont assis sur le banc olympien depuis Didier Deschamps ?

    L’actuel sélectionneur de l’équipe de France est le dernier à avoir conduit l’OM vers des titres. Durant son mandat, qui a duré trois ans de 2009 à 2012, le club a récolté un titre de champion de France, trois coupes de la Ligue et deux Trophées des Champions. Depuis, le club a disputé, et perdu, une finale de Coupe de France (2016), une finale de Ligue Europa (2018) et deux matches de Trophée des Champions (2020, 2025).

    Mais, au-delà de ces rendez-vous ratés pour enrichir l’armoire à trophée, ce sont les mouvements d’entraîneurs qui ont été le plus marquants. Après Didier Deschamps, le club a enregistré seize changements de stratège. Avec une mention spéciale pour Franck Passi.

    Ce dernier a assuré l’intérim à trois reprises. En juillet 2012, entre le départ de Didier Deschamps et l’arrivée d’Elie Baup. En août 2015, lorsque Marcelo Bielsa a claqué la porte au soir de la première journée du championnat, jusqu’à ce que Michel débarque. Celui qui a été surnommé « el local » a ensuite assuré un dernier intérim, lorsque Michel a été remercié, le 18 avril 2016.

    Il sera l’entraîneur de la passation de pouvoirs entre Margarita Louis-Dreyfus et Frank McCourt, lorsque le boss de Boston a acheté le club. Avant de céder sa place à Rudi Garcia, qui, à ce jour, détient le record de longévité sur le banc marseillais, du 21 octobre 2016 au 30 juin 2019.

    Entre Didier Deschamps et Rudi Garcia, hors interlude Franck Passi, quatre entraîneurs se sont succédé. Elie Baup, José Anigo, Michel et Marcelo Bielsa. Elie Baup étant celui qui est resté le plus longtemps, du 5 juillet 2012 au 6 décembre 2013.

    Instabilité chronique

    Après le semblant de stabilité de la période Rudi Garcia, l’OM est retombé dans ses travers. Jusqu’à l’arrivée de Roberto De Zerbi, le 29 juin 2024, ils ont été sept, comme les mercenaires du film de John Sturges.

    Celui qui est resté le plus longtemps est André Villas-Boas. Le Portugais a pris le relais de Rudi Garcia, lors de la saison 2019-2020 tronquée par la crise sanitaire du Covid-19. Il repart pour un second exercice en août 2020, malgré des tensions internes, mais jette l’éponge le 2 février 2021 pour viser la présidence du FC Porto.Son départ a amené un certain flottement, avec un intérim d’un mois de Nasser Larguet. Avant que Pablo Longoria n’aille chercher Jorge Sampaoli, dont la vision du jeu aura dérouté. L’Argentin estimant que, pour lui, « la meilleure équipe se compose d’un gardien et de dix numéros 6 ». Il se permettra même de critiquer Arek Milik, le soir où le Polonais inscrivait le doublé du succès contre Qarabag (3-1), en Conférence européenne. « Ce n’était pas à lui de marquer ce soir », avait clamé l’Argentin.

    Lui aussi partira avant la fin de son contrat. Remplacé dans l’urgence par Igor Tudor, le 2 juillet 2022, alors que l’entraînement venait tout juste de reprendre. À ce moment-là, le Croate avait été préféré à un certain… Roberto De Zerbi. Il va craquer au soir d’un match à Lille, alors qu’il reste deux journées de championnat et que l’OM est encore en course pour la Ligue des Champions, laissant comprendre qu’il ne serait plus entraîneur de l’OM à la reprise.

    La saison suivante, ils seront quatre à occuper le banc. Marcelino, Pancho Abardonado, Gennaro Gattuso et Jean Louis Gasset. Pancho Abardonado qui fera l’intérim contre Strasbourg, samedi.

    Frank McCourt arrive à Marseille

    Le départ de Roberto De Zerbi étant effectif, l’OM est de nouveau en quête d’un entraîneur.

    Mais le nom de son successeur n’est toujours pas officialisé. C’est pour étudier les candidatures et donner le feu vert pour le recrutement que Frank McCourt fait le voyage à Marseille. Il va rencontrer Pablo Longoria, ainsi que Medhi Benatia (dont la démission du poste de directeur du football a, semble-t-il, été refusée par la direction olympienne), afin d’aborder le sujet, mais aussi évoquer les perspectives sportives et financières du club. Notamment comment éponger les pertes d’une élimination prématurée en Ligue des Champions.

    Le boss de Boston assistera au match contre Strasbourg. Il aura ainsi l’occasion de prendre le pouls du Vélodrome, qui risque de gronder contre les Phocéens.

    Et aussi

    Haise vers Rennes

    Libre depuis son départ de Nice, fin décembre, Franck Haise va rejoindre Rennes.

    Les discussions entre les deux parties ont bien avancé, sur la base d’un contrat de 18 mois. C’est pour lui un retour aux sources, puisqu’après y avoir été joueur, il a été à la tête du centre de formation du club breton pendant six ans, de 2006 à 2012.

    Le quiproquo Balerdi

    Averti dimanche face au PSG, Leo Balerdi aurait dû être suspendu pour un match, car il s’agissait de son cinquième carton jaune de la saison. Mais l’Argentin ne figurait pas dans la liste des joueurs punis, publiée par la Commission de discipline de la LFP, mercredi soir.

    En cause : la commission fédérale, qui n’a toujours pas officialisé l’avertissement du capitaine olympien en Coupe de France contre Rennes.

    Letexier au sifflet

    Samedi, l’OM retrouve le championnat, avec la réception de Strasbourg au Vélodrome, à partir de 17 heures. La LFP a désigné François Letexier pour l’arbitrer.

    Tottenham vire Thomas Frank

    Après moins de huit mois de service, Thomas Frank quitte ses fonctions à Tottenham. L’entraîneur Danois a été remercié par les dirigeants du club du nord de Londres. Pour lui succéder, ils songent à… Roberto De Zerbi.

    Libre depuis son départ de Nice, fin décembre, Franck Haise va rejoindre Rennes.

    Les discussions entre les deux parties ont bien avancé, sur la base d’un contrat de 18 mois. C’est pour lui un retour aux sources, puisqu’après y avoir été joueur, il a été à la tête du centre de formation du club breton pendant six ans, de 2006 à 2012.

    Le quiproquo Balerdi

    Averti dimanche face au PSG, Leo Balerdi aurait dû être suspendu pour un match, car il s’agissait de son cinquième carton jaune de la saison. Mais l’Argentin ne figurait pas dans la liste des joueurs punis, publiée par la Commission de discipline de la LFP, mercredi soir.

    En cause : la commission fédérale, qui n’a toujours pas officialisé l’avertissement du capitaine olympien en Coupe de France contre Rennes.

    Letexier au sifflet

    Samedi, l’OM retrouve le championnat, avec la réception de Strasbourg au Vélodrome, à partir de 17 heures. La LFP a désigné François Letexier pour l’arbitrer.

    Tottenham vire Thomas Frank

    Après moins de huit mois de service, Thomas Frank quitte ses fonctions à Tottenham. L’entraîneur Danois a été remercié par les dirigeants du club du nord de Londres. Pour lui succéder, ils songent à… Roberto De Zerbi.

  • La protection des lanceurs d’alerte étendue

    La protection des lanceurs d’alerte étendue

    C’est une victoire pour le groupe écologiste et social. À 123 voix pour et aucune contre, l’Assemblée nationale a adopté, jeudi, une proposition de loi améliorant la protection des personnes ciblées par les réseaux de criminalité organisée qui ne sont pas impliquées dans des procédures judiciaires.

    Ce texte a été déposé à la suite de l’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille, assassiné par un commando armé à moto. Il était le petit frère du militant anti narcotrafic Amine Kessaci, qui s’est engagé dans cette lutte après l’assassinat de son grand frère Brahim en 2020. « Malgré la loi du silence et le règne de la peur dans les lieux où le trafic prospère, il y a des personnes qui s’y opposent », tient à souligner Sandra Regol, députée écologiste, rapporteure de la proposition de loi. « Le courage qu’il faut pour dire non (…) pour s’opposer à des gens qui tuent et qui torturent quand on est sans aucune protection, en dehors des radars des autorités, devrait forcer le respect de toute notre Assemblée », insiste-t-elle en rendant hommage aux associations Conscience et Crim’halt, dont les membres ont assisté à la séance dans l’hémicycle.

    Marseille, Avignon, Toulon mais aussi Clermont-Ferrand, Dijon et Grenoble : le narcotrafic gangrène le pays. Aucun territoire n’est épargné. « Le narcotrafic est un système capitaliste et là où l’État recule, les réseaux criminels s’installent, prospèrent. Alors, s’acharner sur les consommateurs ou les petites mains du trafic n’a jamais affaibli le crime organisé, cela ne fait que criminaliser la pauvreté et déplacer les problèmes », cingle la députée PCF Elsa Faucillon. « Cette proposition de loi part d’un constat juste notre droit protège les hautes personnalités, les témoins et les repentis mais laisse trop souvent sans réponse celles et ceux qui sans statut particulier s’engagent en proximité contre la criminalité organisée et en paient le prix », pousse-t-elle. Un constat partagé par les députés de Liot. « Face à des réseaux toujours plus riches, toujours plus violents, toujours plus organisés, nous devons aller plus loin, encore plus loin et toujours plus loin », martèle Laurent Mazaury.

    « Mehdi est parti, pourtant ils le savaient tous »

    Dès lors, le texte proposé par le groupe écologiste et social dans sa niche parlementaire prévoit, par exemple, l’inscription d’un numéro de téléphone sur une liste prioritaire à l’attribution d’une identité d’emprunt, pour ne citer qu’elle. Des mesures mises en place par les services locaux de police et de gendarmerie, ainsi que la saisine d’un « service national » lorsque « le caractère sérieux de la menace le justifie ». « Pour être pleinement efficace, une telle réforme doit probablement être portée par le gouvernement, avec une étude d’impact », estime le député macroniste Vincent Caure. Si l’adoption du texte a été rendue possible grâce aux voix de la gauche, aucun groupe n’a fait d’obstruction. Le gouvernement s’y est opposé, estimant que « l’État garantit déjà la protection à toute personne effectivement menacée, (…) qu’elle soit ou non partie prenante à une procédure judiciaire », assure le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez. « La protection actuellement accordée à la famille Kessaci en est la preuve », justifie le premier flic de France.

    « La première fois qu’il [Amine] a eu des menaces, c’était au mois d’août, ils [les services de police] ont protégé Amine, ils nous ont laissé nous. On n’a pas eu de protection. Mehdi est parti comme ça, pourtant, ils le savaient tous », a déploré les larmes aux yeux Ouassila Kessaci, lors d’une conférence de presse après le vote, relaté par l’AFP.

  • Babel music XP: les musiques du monde transitent par Marseille

    Babel music XP: les musiques du monde transitent par Marseille

    « Babel music XP s’est réinstallé durablement comme une évidence dans l’agenda professionnel international par sa dimension de hub méditerranéen, son format hybride et la position géostratégique de Marseille. Il n’y a aucun autre équivalent dans le paysage euroméditerranéen », affirme d’emblée Olivier Rey.

    Plus de 2 000 professionnels de l’industrie musicale provenant de 72 pays, qu’ils soient producteurs, directeurs de festivals, programmateurs, artistes ou autres diffuseurs sont attendus au cours de la 4e édition de ce marché, salon et festival des musiques actuelles du monde dont il est le directeur. Une mouture conçue à nouveau comme une « itinérance » dans la ville, de la Friche Belle de Mai à la Cité de la Musique, en passant par l’Alcazar, l’Espace Julien, le Makeda et la Plateforme, situé à la place de l’ancien Dock des Suds. Il faut dire que cet événement à « échelle humaine » et aux valeurs humanistes détonne dans « un contexte de globalisation aux effets positifs mais aussi pervers comme l’uniformisation de certaines programmations guidées par le seul profit », rappelle-t-il.

    Faire autrement

    « Mais une autre manière de faire est possible », embraye Olivier Rey. Face aux « replis identitaires, au regain des populismes et des impérialismes », dans « ces moments où tout tangue », situe-t-il, Babel Musix XP célèbre la différence avec un succès toujours plus croissant. Cette « manifestation d’intérêt général au service des acteurs de la filière musicale » rayonnera cette année avec notamment la venue cette année d’une « forte délégation d’Asie », parmi laquelle le plus grand marché du continent avec le Bangkok music city, et « les deux plus gros festivals de jazz d’Indonésie ».

    Avec une cinquantaine de rencontres professionnelles, mais aussi tables rondes, masterclass et autres ateliers, Babel music XP s’impose comme le carrefour des musiques mondiales, le temps de trois jours et trois nuits. Ne cessant de mettre en relation tous les acteurs locaux comme internationaux de l’écosystème musical, cet événement instaure également trois « focus » dédiés à l’Estonie, au Portugal et au pays valencian, au Cabaret aléatoire de la Friche Belle de Mai.

    Hors des « radars

    des algorithmes »

    Son caractère atypique tout autant que nécessaire pour les acteurs de l’industrie, Babel Music XP le matérialise également auprès du grand public à travers une série de « showcases ». 31 groupes issus de 27 pays irriguent ainsi trois soirées. « Le premier critère de sélection, c’est l’artistique et non pas une réflexion en termes de chiffres et de statistiques. Avec une attention portée à l’émergence », campe le coordinateur artistique Frédéric André. Un « instantané de la création mondiale » représentant aussi bien les régions françaises, comme l’illustreront les chansons occitanes du duo Cocanha, ou le groupe de post-folk breton, Ducasse, jusqu’à des continents comme l’Asie ou l’Amérique du Sud.

    Au menu notamment, le trio de percussionnistes coréennes Groove&, la pop tropicale du Colombien Sonoras Mil, ou encore le son mongol de Tengerton. « On montre des artistes passés sous les radars des algorithmes des différentes plateformes », se réjouit Frédéric André à propos de cette affiche composée tout de même d’artistes en lien avec le bassin méditerranéen pour 45% : de « la nouvelle voix intense des traditions populaires italiennes » Lavinia Mancusi au pianiste et compositeur palestinien Isam Elias.

  • [Scène] « Une fille de l’industrie » remonte le fil de son histoire

    [Scène] « Une fille de l’industrie » remonte le fil de son histoire

    Depuis toute petite, la vie de Carole Thibaut a battu au rythme de la fonte du fer et de l’acier. Native en 1969 de Longwy et son bassin historique de la sidérurgie, son « père travaillait dans la vallée de la Chiers, à l’usine Aciéries. Là où déjà, mon grand-père et mon arrière grand-père travaillaient. Durant un siècle, les fils marchèrent sur les traces des pères. D’ouvriers à ingénieurs. La lente ascension sociale dans la gueule de l’enfer des Hauts fourneaux », retrace celle qui met en scène et incarne cette histoire familiale dans Longwy-Texas, seul en scène intime et politique à voir aux Salins vendredi. « Puis, l’usine ferma et fut démolie. Et avec elle, Longwy et toute la vallée qui ne vivaient que par elle », rembobine celle qui « marche sur les ruines de [ses] pères et de l’industrie ».

    Multiples cicatrices

    « Le spectacle traverse les ruines de l’industrie pour faire émerger une voix féminine longtemps restée en marge : celle d’une fille de l’industrie, témoin des espoirs, des combats et silences », résume le programme des Salins. Retissant le fil de ces luttes, mais aussi de ses désillusions, Carole Thibaut raconte les souvenirs de lutte de ses aïeux ayant imprégné l’histoire familiale, tout comme les soutiens dont les travailleurs de la sidérurgie lorraine furent témoins.

    « Le jour où on a abattu le premier Haut-fourneau, j’ai vu mon père pleurer », rappelle celle qui fut d’autant plus meurtrie, lorsque son paternel lui confia, « bien des années plus tard, la part active qu’il avait pris à la fermeture de l’usine, au démantèlement et aux licenciements ».

  • [Entretien] Charly Extra : « Le système de santé ne permet pas de répondre aux besoins »

    [Entretien] Charly Extra : « Le système de santé ne permet pas de répondre aux besoins »

    Charly Extra raconte à La Marseillaise son quotidien difficile de médecin de campagne, dans une zone très rurale, mais aussi les atouts de la vallée de la Blanche qui font qu’il a choisi de s’y installer et d’y rester.

    La Marseillaise : Comment vous êtes-vous installé en tant que médecin dans la vallée de la Blanche ?

    Charly Extra : J’ai fait tout mon secondaire et ma première année de médecine en Polynésie française, puis j’ai fait ma faculté à Bordeaux et mon internat à Marseille. Quand je suis arrivé ici, je connaissais très mal la ruralité et la vie à la montagne. Je suis arrivé à Seyne-les-Alpes par opportunité, à la fin de mon internat, en 2018, par jeu des connaissances : une médecin qui travaillait à Seyne cherchait des remplaçants. J’ai progressivement pris la suite d’un médecin qui partait à la retraite.

    Pourquoi avez-vous décidé de rester dans la vallée ?

    C.E. : J’ai aimé la pratique en milieu isolé, rural, parce que cela correspondait à l’image que je me faisais de la médecine générale, c’est-à-dire avoir un champ de compétences extrêmement large, de la pédiatrie jusqu’à la gériatrie, les imprévus, la traumatologie (une particularité liée à la montagne). Ce qui m’a fait rester, c’est le côté riche, humain de la pratique médicale ici, avec un contact proche avec les gens. C’est une petite communauté, on connaît presque tout le monde. J’ai aimé la qualité de vie, communautaire, avec les montagnes, la randonnée en itinérance. C’était un coup de cœur.

    Y a-t-il un manque cruel de médecin dans votre zone ?

    C.E. : Oui, il y a un cruel manque de médecins. Cela a récemment été reclassé en zone d’intervention prioritaire, ce qui n’était pas le cas quand je suis arrivé. Une médecin a quitté le cabinet, on n’est plus que deux, moi et mon collègue de 63 ans qui partira bientôt à la retraite, qui a des problèmes de santé et ne travaille plus avec la même intensité. C’est un désert médical, l’hôpital le plus proche est celui de Digne à 45km, c’est environ une heure en voiture. Je suis le seul médecin à faire des astreintes. Je dois avoir un grand niveau de disponibilité, la nuit comme le jour. On est très rapidement isolé. On doit pouvoir gérer des situations très graves seul, avec notre propre équipement.

    Devez-vous passer beaucoup de temps au volant dans le cadre de votre travail ?

    C.E. : Oui. Je travaille sur toute la vallée. On fait des visites à domicile une demi-journée par semaine. Le reste de la semaine, on reçoit au cabinet, en plus des visites imprévues après les journées de travail. On a 60% de programmé et 30% d’urgences. La zone est assez large, il y a beaucoup de route. On peut facilement faire entre 15 et 20 kilomètres pour une visite à domicile. En milieu urbain, je pense qu’ils ont des distances plus courtes.

    Comment peut-on attirer plus de médecins en milieu rural ?

    C.E. : Il faut que l’État investisse dans les services publics nécessaires en ruralité pour que les gens aient envie d’y vivre. Il faut des emplois pour les conjoints, des écoles pour les enfants. C’est très difficile de réussir à accéder aux médecins, il y a beaucoup d’intermédiaires avant. Pour attirer, il faut lutter contre le sentiment de solitude au travail, de se sentir facilement en danger car on se sent trop seul face à des problématiques importantes. Pouvoir faire appel à un confrère dont c’est le domaine lorsqu’on commence à être dépassé par la situation peut être une solution.

    Est-il compliqué pour vos patients de voir des médecins spécialistes ?

    C.E. : On fait partie des départements les moins peuplés de France, l’offre de spécialistes est plus faible qu’ailleurs, il y a des délais importants. Cela demande un dépassement de fonction, du temps de travail supplémentaire. Parfois, on doit demander à nos patients de parcourir de grandes distances, d’aller jusqu’à Marseille. La politique sur les transports liés à la santé n’est pas du tout adaptée aux particularités des territoires. Quand vous avez une vieille dame qui n’a pas de famille dans le coin et qui n’a pas le droit à une prise en charge de son transport alors qu’elle est presque aveugle et que c’est dangereux pour elle de prendre la route, on se retrouve à devoir trouver quelqu’un pour l’accompagner.