Author: tecnavia

  • Déserts médicaux : 3 400 signatures pour l’accueil de médecins cubains en Cévennes, l’Élysée s’en mêle…

    Déserts médicaux : 3 400 signatures pour l’accueil de médecins cubains en Cévennes, l’Élysée s’en mêle…

    « La santé est une préoccupation prioritaire pour le Grand Alès » a insisté Paul Planque élu municipal à Alès et tête de liste du printemps alésien aux prochaines municipales. En précisant que « 16 000 habitants d’Alès Agglomération n’ont pas de médecin traitant [soit 12% de la population, Ndlr.] ? ». « Cela atteint des niveaux insupportables », il pointe du doigt une situation qui n’échappe à personne et qui occupe de plus en plus les conversations. C’est de cette réalité que s’est emparé depuis le début de l’année le Comité de défense et de promotion d’hôpital et de la santé dans le bassin cévenol présidé par docteur Leyssenne pour dégager des solutions visant à remédier à cette carence. Le recours à des personnels venus de pays hors UE a déjà lieu. Il s’avère insuffisant. La possibilité de requérir à l’expérience des médecins cubains, comme c’est encore le cas notamment en Italie (lire ci-contre) s’est alors imposée comme une évidence. Comme le rappelle Sylvain André maire de Cendras et président des maires ruraux du Gard, très impliqué sur ce dossier « d’un côté nous avons une population en manque de médecins et de l’autre Cuba dispose d’une grande ressource de praticiens compétents et disponibles. C’est une solution transitoire que nous n’avons pas le droit d’écarter », ajoute l’élu communiste.

    En janvier à l’Élysée

    Comme nous l’avions relaté la semaine dernière, accompagnée d’André Chassaigne ancien député et chargé de mission par l’Assemblée Nationale sur la question des Caraïbes, une délégation du comité de défense a été récemment reçue au ministère de la Santé « où nous avons rencontré la ministre Stéphanie Rist qui avait une excellente connaissance du dossier et semblait très favorable à cette proposition », a relaté Jean-Michel Suau membre du comité.

    Maintenant, il convient de franchir l’écueil diplomatique qui dépend en grande partie de la présidence de la République. L’espoir est permis. En effet, début janvier, rendez-vous a été fixé avec un conseiller de l’Élysée pour travailler cette question. « Il ne s’agit pas seulement de reconnaître une faiblesse mais uniquement de permettre de franchir le gué du manque de médecins né du numérus clausus dont les effets se feront ressentir encore une dizaine d’années malgré l’abandon récent de ce dernier » a expliqué Jean-Michel Suau.

    Le soutien de l’hôpital d’Alès prêt à accueillir ces médecins et même mettre des structures locales à disposition, l’appui de Filiéris, mutuelle de l’ancien régime minier également favorable à cette mesure pragmatique et transitoire cimentent cette ambition au point qu’Alès a rejoint Guingamp et les Hautes-Alpes pour servir de territoire pilote pour cette expérience.

    Mardi 16 décembre, une délégation d’élus et du comité de santé a remis au sous-préfet d’Alès Emile Soumbo, 3 400 signatures recueillies sur une pétition réclamant la venue des médecins cubains sur le territoire cévenol. La mobilisation ne devrait pas faiblir.

    Trois questions à Sylvain André maire de Cendras

    L’élu a conduit une délégation d’élus et de citoyens à déposer 3 400 signatures d’une pétition en faveur de l’accueil des médecins cubains en Cévennes

    La Marseillaise : Pourquoi vous êtes-vous inscrit dans ce mouvement revendicatif ?

    Sylvain André : Il me suffisait d’écouter les Cendrasiens qui avaient du mal à obtenir un rendez-vous chez un médecin quand ils en trouvaient un, pour mesurer l’ampleur du problème. Cette situation anxiogène pour nos administrés ne peut pas perdurer plus longtemps. Même transitoire, cette solution faisant appel à des médecins cubains me paraît la mieux adaptée.

    Comment les maires peuvent-ils intervenir ?

    S.A. : Nous avons su nous réunir à 36 maires mais aussi 3 conseillers départementaux, un conseiller régional et l’association des Maires ruraux du Gard pour nous mobiliser et mobiliser nos populations sur ce dossier capital.

    Et maintenant ?

    S.A. : Nous allons poursuivre la mobilisation avec les collectifs et le centre hospitalier pour rendre l’accueil des médecins cubains possible mais nous devrons aussi constituer un maillage homogène pour que leur action soit la plus efficace possible le plus vite possible.

  • Un Toulonnais traverse la Tunisie et la Suède… à pieds

    Un Toulonnais traverse la Tunisie et la Suède… à pieds

    Un homme, ses pieds et ses chiens. À 28 ans, Bacem Guizani, jeune aventurier et documentariste originaire de Toulon, voyage léger. Ce passionné de grands espaces et de philosophie, admirateur de Diogène, aspire à « se détacher de son confort. Ça ne m’attire pas de dormir dans un Airbnb, ce n’est pas une question d’ego ».

    Une soif de découverte née en 2022, lorsque le jeune homme traverse une partie de la Tunisie à pieds, avec ses deux chiens, Iggy et Dante, pour se recueillir sur la tombe de son père. « Je n’avais jamais vraiment voyagé. Ça m’a mis une claque et donné envie d’en voir davantage », décrit-il. Un mois après, en novembre, il part découvrir l’univers des chiens de traîneau, en Norvège, aux côtés d’un musher français, avec l’idée d’en faire un documentaire. Il y retourne un an plus tard, pour quelques semaines, avant de décider de passer une année entière en Scandinavie, en Suède cette fois, dès septembre 2024.

    Carnets de voyage

    Toujours avec sa caméra au poing, Bacem parcourt 200 km à pieds, direction la Laponie. L’aventure n’est pas sans accroc : il apprend le décès d’un ami qu’il tentait de faire venir en Suède en travaillant, en contrepartie, gratuitement chez une musheuse, qui l’exploite. Il s’enfuit alors, d’abord chez un autre musher, puis pour un nouveau périple, de 900 km, cette fois, à travers le pays. Juste avant de partir, l’un de ses chiens se blesse à la gorge sans être correctement soigné par les vétérinaires suédois, si bien qu’il lui faudra de longs mois et un retour en France pour guérir totalement. « Ça n’a pas été facile, notamment à cause du fait qu’il n’a pas fait nuit pendant deux mois », avoue-t-il.

    De ces aventures maghrébines et arctiques, Bacem Guizani veut tout raconter. Il le fait à travers des photos, des carnets de voyage, disponibles sur son site internet*, et via des documentaires, dans lesquels il met en scène ses chiens, fils rouges de ses expéditions : l’un consacré à son voyage en Tunisie, d’autres aux chiens de traîneau, donc, à l’Arctique Norvégien, à sa traversée de la Suède… Des projets en cours de réalisation, qui viennent s’ajouter à d’autres plus locaux, disponibles sur sa chaîne YouTube. Le dernier en date, soutenu par le Muséum départemental du Var, intitulé Le Las, un fleuve et des chiens, et que le documentariste projette de présenter en festival, nous emmène à la découverte de ce fleuve toulonnais aux multiples surprises. Car « avant de découvrir le monde, émerveillons-nous de ce qu’il y a autour de chez nous », soutient-il. Heureux qui comme Bacem…

    *Infos sur 2dogs1guy.com

  • Un refuge dédié aux écureuils à Lambesc

    Un refuge dédié aux écureuils à Lambesc

    Au détour des terrains boisés de la ville, il n’est pas rare de tomber sur de petits refuges en bois, des mangeoires ou encore des zones de « quiétude », ces espaces végétalisés laissés intacts. Sur neuf hectares, répartis entre le terrain de tennis et la piscine municipale, un parc aux écureuils, dans lequel déambulent habitants et visiteurs, a été minutieusement imaginé et créé par Laurent Cattanéo. Le septuagénaire, fraîchement arrivé sur Lambesc, avait remarqué l’absence d’animaux dans les environs – d’écureuils roux, surtout.

    Il se lance donc dans la création de l’association SOS Écureuils, saisit la municipalité sur la question et obtient l’autorisation de monter un vaste projet de reconstitution d’un habitat pour ces rongeurs appartenant à la famille des sciuridés. Labellisé par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), le projet a également reçu le soutien de la Région et du Département, permettant notamment, l’année dernière, la création d’un grand bassin d’eau et l’achat d’une vingtaine d’abreuvoirs de dix litres.

    Jusque dans les jardins…

    « Les écureuils se font régulièrement tuer par des chats domestiques, mais il y a d’autres facteurs qui expliquent qu’ils soient de moins en moins nombreux. Notamment la mortalité routière, l’urbanisation ou encore le débroussaillage, qui les empêche de trouver à manger… Au départ, c’était une forêt avec seulement des écureuils. Petit à petit, cela détruit son environnement », retrace Laurent Cattanéo.

    À l’entrée du parc, une immense fresque peinte par l’artiste Knop introduit la zone refuge, tandis qu’une sculpture monumentale, taillée dans une ancienne souche de pin, accueille les visiteurs dès le début du parcours. Esthétiques, peut être, mais pensées avant tout pour sensibiliser. Au long du parcours, régulièrement entretenu par les bénévoles de l’association, des panneaux informatifs guident le public. Pour les plus jeunes, notamment pour les classes de Lambesc, des ateliers sont régulièrement organisés au milieu de cet espace biodiversité, là où les écureuils circulent librement : plantations, fabrications de niches et abris, distribution de nourriture pour écureuils…

    L’initiative dépasse aujourd’hui les frontières du parc aux écureuils. Sur les devantures des habitations du lotissement, plusieurs grilles affichent l’image imprimée d’un de ces rongeurs roux : signe qu’ici, ils sont les bienvenus et nourris. Le plan « propriétaires engagés » est lancé. Le sujet s’invite dans les conversations entre les habitants du quartier et Laurent, surnommé aujourd’hui « Monsieur Écureuil ». « Ils participent à l’association, à la cause. Ils s’engagent chacun à s’occuper des écureuils, résume Laurent Cattanéo. Le premier à s’engager à même reçu un sac de noix. » Régulièrement, cet amoureux de la nature installe des caméras au sommet des abris qu’il a lui-même installés. Les images sont ensuite diffusées dans les maisons de retraites, comme dans les écoles, à des fins pédagogiques.

    S’il reste difficile pour l’association de mesurer précisément les bienfaits du parc, Laurent Cattanéo l’assure : « On les voit revenir. Ils s’approchent d’autant plus de nous depuis qu’on les nourrit. Même s’ils restent assez sauvages. »

  • [Série 3/3] Cancer du pancréas, une augmentation importante inexpliquée

    [Série 3/3] Cancer du pancréas, une augmentation importante inexpliquée

    Avec le docteur Brice Chanez, oncologue médical à l’Institut Paoli-Calmettes, spécialisé en oncologie digestive et chercheur au Centre de recherche en cancérologie de Marseille.

    Avec 16 000 nouveaux cas de cancer du pancréas par an en France pour 13 000 décès, cette maladie est en passe de devenir la deuxième cause de mortalité par cancer « si rien n’est fait pour endiguer l’augmentation de l’incidence ou améliorer les traitements ». « Ces trente dernières années, l’épidémiologie du cancer du pancréas a énormément changé. Ce cancer a beaucoup augmenté avec une multiplication par 3,5 voire 4 chez les deux sexes, dont une augmentation franche chez les jeunes et notamment les femmes, alors que jusqu’à présent, on avait des patients d’environ 70 ans », souligne le docteur Brice Chanez, chef de clinique à l’Institut Paoli-Calmettes, oncologue spécialisé dans l’oncologie digestive et travaillant principalement avec des patients ayant des cancers du pancréas et des voies biliaires.

    Une évolution qui reste encore un « mystère », mais dont les recherches actuelles pourraient établir un lien avec la pollution environnementale, un facteur non maîtrisable et subi.

    « Les facteurs de risques du cancer du pancréas ne sont pas tous encore très bien établis. Pour autant, on sait que le premier, c’est le tabagisme, qui explique environ un tiers de ces cancers avec 1,7 fois plus de chance de développer un cancer du pancréas quand on est fumeur. Ce risque perdure d’ailleurs 14 à 15 ans après l’arrêt de la cigarette, précise le spécialiste. Il y a également l’obésité et le diabète, deux épidémies qui sont en train d’exploser dans les pays occidentaux, dont la France. Ainsi que l’alcool ou dans de rares cas les maladies génétiques. »

    Des facteurs de risque environnementaux

    Et de poursuivre : « Le problème, c’est que tous ces facteurs de risque n’expliquent pas une si forte augmentation du cancer du pancréas. Quand on prend le tabac par exemple, il a tendance à diminuer auprès de la population et certains cancers qui y sont associés diminuent. » C’est à ce moment-là que les facteurs de risques environnementaux entrent en jeu. « Ce sont des facteurs que l’on ne maîtrise pas. Je pense notamment à la pollution », ajoute Brice Chanez. De nombreuses études ont donc été lancées en ce qui concerne les facteurs environnementaux.

    « Pour le moment, les données sont encore préliminaires et discordantes, mais il y a quand même de petites pistes intéressantes qui nous sont données par les épidémiologistes et qui doivent encore être creusées, souligne-t-il. Nous avons des pistes concernant les pesticides, dont les produits phytosanitaires qui sont des éléments incriminés puisque tout le monde est exposé avec notamment des produits retrouvés dans les sols qui sont interdits depuis de nombreuses années. » Sans compter « le cadmium, un métal lourd que l’on retrouve beaucoup dans les céréales et qui touche particulièrement les enfants, ou encore les polluants éternels très résistants qui ne se dégradent pas dans l’air… ».

  • Virus et antibiotiques : une alliance contre les bactéries résistantes

    Virus et antibiotiques : une alliance contre les bactéries résistantes

    Les bactéries aussi ont leurs virus. Mais ils ne provoquent pas chez elles un rhume : ils les dévorent. Et d’autant plus facilement avec une petite dose d’antibiotique. « Cette synergie entre antibiotiques et virus dits “bactériophages” est connue depuis les années 1970, reconnaît Mireille Ansaldi, directrice de recherche CNRS au Laboratoire de chimie bactérienne (Aix-Marseille Université/CNRS). Mais nous ignorions les mécanismes qui en sont à l’origine. » Dans une étude parue dans Plos Pathogens, la chercheuse et son équipe montrent que cette meilleure efficacité des bactériophages est due à la forme des bactéries, modifiée par l’antibiotique. « Cela aide à comprendre comment fonctionne cette combinaison de traitements prometteuse face à l’antibiorésistance », ajoute-t-elle.

    Car l’emploi massif d’antibiotiques a fait émerger des bactéries résistantes. « Les impasses thérapeutiques se multiplient », insiste Mireille Ansaldi. Certaines maladies infectieuses ne se soignent plus car les bactéries responsables résistent à tous les antibiotiques connus. « Des études de The Lancet estiment que, d’ici 2050, les maladies infectieuses causées par des bactéries résistantes causeront plus de morts que les cancers », ajoute-t-elle.

    Les virus bactériophages – combinés aux antibiotiques – regagnent donc en intérêt. Cette piste ancienne a été délaissée à l’arrivée des antibiotiques. « Pendant la guerre froide, l’URSS n’avait pas accès aux antibiotiques et a beaucoup travaillé sur les bactériophages, précise Mireille Ansaldi. Aujourd’hui, la Géorgie est toujours à la pointe. »

    Éponge à virus

    Certains antibiotiques rendent la bactérie plus allongée ou plus ronde. Or, une bactérie allongée est plus facilement infectée. « Elle est comme une éponge plus grosse, avec plus de récepteurs à sa surface, explique Mireille Ansaldi. À l’intérieur, le virus se réplique mieux car le cytoplasme est plus gros et il y a plus de ressources. » Pour expliquer la meilleure efficacité des virus sur des bactéries arrondies, les scientifiques n’ont que des hypothèses, admet la chercheuse : « Nous pensons que cela permet aux virus de mieux se diffuser et d’infecter plus d’hôtes. »

    Pour s’assurer que c’est bien la forme des bactéries qui facilite le travail des virus, les scientifiques l’ont modifiée génétiquement, sans antibiotique. « L’effet est le même, assure Mireille Ansaldi. Cela confirme l’importance de la forme, même s’il y a peut-être d’autres facteurs impliqués. »

    Un modèle mathématique a été mis au point pour prédire la meilleure association entre un antibiotique et un virus contre une bactérie. « Nous souhaitons aller plus loin en utilisant l’intelligence artificielle afin d’analyser toutes les données existantes et faire des prédictions et du conseil auprès des praticiens hospitaliers, indique la chercheuse. C’est l’étape ultime. Mais il y a encore du travail. »

    REPERES

    1917

    C’est la date à laquelle le biologiste canadien Félix D’Hérelle publie la première étude sur les virus bactériophages – mangeurs de bactéries. Utilisés à des fins thérapeutiques au XXe siècle, ils sont délaissés dans certains pays au profit des antibiotiques et connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt face à l’antibiorésistance.

    2

    C’est le nombre de virus bactériophages –T5 et T7, connus depuis longtemps– testés dans l’étude de Plos Pathogens pour lutter contre des bactéries E. coli, en association à cinq antibiotiques en quantité non-mortelle pour les bactéries.

    Plage de lyse

    C’est le nom de la tache blanche qui se forme dans le milieu de culture à l’endroit où les bactéries ont été tuées par les virus. Mesurer la surface de ces taches permet d’évaluer l’efficacité de l’association d’un virus et d’un antibiotique face à une bactérie.

  • Un trésor de 1460 fait son retour à Avignon

    Un trésor de 1460 fait son retour à Avignon

    « Livre d’heures d’Hélary-Laudun. » Sur le papier, ou plutôt le parchemin, le titre de cet ouvrage n’est pas très vendeur. Et pourtant, il s’est vendu 93 500 euros, financé à moitié par la Ville et l’État. Un prix hors norme pour un ouvrage qui l’est tout autant et qui vient d’enrichir le patrimoine avignonnais, en l’occurrence la bibliothèque Ceccano et ses 200 000 documents. Il s’agit d’un manuscrit médiéval, enluminé à Avignon autour de 1460, et dans un remarquable état de conservation. « Je suis trop contente », se réjouit Karine Klein, conservatrice des bibliothèques. « Depuis 13 ans que je suis là, c’est la plus belle acquisition », poursuit-elle. « Quand je l’ai reçu, j’ai appelé toute l’équipe pour qu’on le déballe ensemble », raconte la responsable des fonds patrimoniaux. D’une dimension de 180×127 mm, l’ouvrage de 460 pages est conservé dans un boîtier datant, lui, plutôt du XVIIIe siècle.

    Arrivé comme une lettre

    à La Poste

    Plus de 560 ans plus tard, le manuscrit retrouve donc sa terre natale et le giron public. Impossible de remonter la trace de son histoire au-delà de 1968. Le manuscrit était propriété d’une librairie spécialisée américaine à New-York. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il est arrivé à Avignon classiquement par La Poste… « On avait le stress en se disant, pourvu qu’il ne se perde pas », redoutait Karine Klein. Très régulièrement, la conservatrice scrute les catalogues de vente spécialisées ou les ventes aux enchères pour faire l’acquisition d’une dizaine de documents par an liés à l’histoire d’Avignon. « J’avais déjà fait d’autres dossiers qui n’ont pu être suivi financièrement mais la ténacité a payé », se réjouit-elle, saluant le geste du libraire : « Au départ le prix était de 120 000 dollars et il a fait un effort car le manuscrit revenait à Avignon. » Et la matière est potentiellement abondante, Avignon ayant été à partir du XVIe siècle un haut lieu d’imprimerie. Auparavant, « il y a eu tout autour de la cour pontificale des enlumineurs, des copistes qui a donné lieu à la naissance d’un courant d’enluminure, l’école d’Avignon, très peu conservé ici », retrace Karine Klein.

    Le fameux manuscrit nouvellement propriété de la Ville est un recueil « en latin de prières de dévotion féminine, on se demande si ce n’est pas la commanditaire, qui a elle-même choisi les prières et les a agencées », se questionne la responsable des fonds patrimoniaux. Les enluminures et feuilles d’or ont encore leurs couleurs éclatantes. « On est sur des pigments naturels et pas chimiques, qui se conservent très bien dans le temps », note-t-elle. Quelques rares historiens de l’art vont certainement se presser à la bibliothèque Ceccano pour enrichir les savoirs sur le rite cistercien ou l’école d’Avignon.

    Mais, reconnaît volontiers Karine Klein, « pour le grand public, ça n’a pas vraiment d’intérêt, ce qui est intéressant en revanche pour la ville d’Avignon, c’est l’histoire de l’objet plus que son contenu ». Le manuscrit pourrait être présenté au public l’an prochain au cours du rendez-vous « Admire ton patrimoine ». « Le public ne vient pas de lui même voir un manuscrit médiéval en latin, on monte des opérations de médiation pour valoriser ce patrimoine », projette Camille Espinasse, responsable de ce secteur.

  • La Coupe d’Afrique sera suivie d’un œil attentif à Marseille

    La Coupe d’Afrique sera suivie d’un œil attentif à Marseille

    Le compte à rebours est bientôt écoulé, la Coupe d’Afrique des nations débute, ce dimanche (20h), au Maroc. Le pays organisateur reçoit les Comores dans son flambant neuf stade du Prince Moulay-Abdellah à Rabat, inauguré il y a à peine trois mois.

    à Marseille, cité multiculturelle tournée vers le continent africain, l’excitation atteint également des sommets. Ils seront nombreux devant leur téléviseur à suivre leur nation d’origine et espérer un parcours doré. C’est le cas d’Idriss, Marseillais aux racines comoriennes. Ce dernier sera donc directement concerné par cette CAN 2025-2026 et souhaite voir les Comores tenir tête aux demi-finalistes de Coupe du monde qatarie : « En tant qu’homme lucide, je sais que l’on ne part pas favori. Déjà, faire bonne figure et perdre avec les honneurs serait une victoire. »

    Grand suiveur du football africain, il espère passer du temps devant les rencontres de la compétition. « Je vais essayer de regarder un peu tous les matches, même si plus particulièrement les Comores, surtout que l’on n’a pas souvent l’opportunité d’y être, à la CAN. Je vais aussi suivre l’Algérie, parce qu’on est à Marseille, j’en côtoie beaucoup. Ce sera intéressant de voir leur équipe et de les vanner s’ils perdent », termine-t-il dans un rire.

    Journaliste au Phocéen, Loïc liste également les nations intéressantes à suivre, comme l’Égypte, la Côte d’Ivoire ou le Nigeria. Mais il n’oublie pas les joueurs de l’OM engagés avec leurs nations. « Je vais aussi suivre les joueurs de l’OM Aubameyang (Gabon) et Aguerd (Maroc), ça va être bien de regarder leur parcours. Même d’anciens joueurs comme Ndiaye et Sarr (Sénégal). Il y a pas mal de curiosités dans cette CAN. »

    Vers une finale

    Maroc-Sénégal ?

    Marouane, d’origine marocaine, se montre confiant sur les capacités de son équipe : « Je les vois aller au bout ! Cette génération arrive en pleine confiance et avec une certaine expérience internationale. À domicile, on a toutes les armes pour l’emporter. »

    Tous sont d’accord sur l’affiche probable de la finale. Leur pronostic place les deux mastodontes, le Maroc et le Sénégal, face-à-face pour la victoire. « Ce sont les deux équipes les plus complètes », évoque Loïc. Idriss souligne également que les Sénégalais « n’ont pas de faiblesses. Surtout que c’est l’une des rares nations qui évite les “dramas” avec des problèmes de fédération ou des primes impayées ». Bref, la Coupe d’Afrique des nations va rythmer les fêtes de fin d’année et Marseille, comme d’autres villes, aura un œil passionné tourné vers le Maroc.

  • [On passe à table] Flan végétal à la cardamome et insert à la poire

    [On passe à table] Flan végétal à la cardamome et insert à la poire

    Cédric vous propose de réaliser à la maison un flan pâtissier maison version végan pour le plaisir de toute la famille.

    Des saveurs inégalées

    Un flan se réalise idéalement la veille pour être dégusté le lendemain. Commencez la recette en réalisant l’insert à la poire. Pour cela épluchez la poire, coupez-la en dés et déposez dans une casserole. Ajoutez-y 40g de sucre en poudre, l’extrait de vanille 10g de fécule de maïs et 30g d’eau. Faites chauffer à feu doux pendant une dizaine de minutes pour que le mélange épaississe un peu comme une compotée, la fécule faisant le liant.

    Quand votre insert est prêt, laissez refroidir à température ambiante puis au frais pendant une heure.

    La texture d’un flan

    Pendant ce temps, pour la crème versez 900ml de lait d’amande barista, si possible, dans une casserole puis 150ml de crème végétale riche, pour remplacer la crème fraîche. Dans un saladier versez 110g de fécule et une pointe de lait végétal pour faire le liant et éviter les grumeaux. Réservez. Coupez la gousse de vanille et versez les grains dans la casserole avec les liquides. Ajoutez 140g de sucre une cuillère à café de cardamome et mélangez. Faites infuser quelques minutes et laissez reposer 15 minutes à l’air. Versez la fécule et le liant dans le tout puis faites chauffer à feu doux ou moyen en surveillant régulièrement pour ne pas que ça accroche. Jusqu’à ce que vous obteniez une crème épaisse.

    Préparez votre moule en déposant au fond une feuille de papier cuisson. Versez la moitié de la crème épaisse puis ajoutez au centre l’insert à la poire. Recouvrez avec le reste de crème et préchauffer le four à 170°. Enfournez le tout pendant 50 à 60 minutes à chaleur tournante. Quand la cuisson est terminée, laissez refroidir et laissez-le dans l’idéal toute une nuit au frais pour qu’il ait une belle teneur à la découpe. Agrémentez en fonction de vos envies et régalez-vous !

    Les ingrédients

    Il vous faudra :

    – Une belle poire comice

    – 180g de sucre en poudre

    – 30g d’eau

    – 120g de fécule de maïs

    – De l’extrait de vanille et une gousse

    – De la cardamome en poudre

    – 900ml de lait végétal et 150 de crème

  • Aubagne en commun veut revitaliser le centre-ville

    Aubagne en commun veut revitaliser le centre-ville

    « Si nous arrivons à être aux manettes, amorce la tête de liste Jean-Pierre Squillari, nous espérons inverser la tendance, que les commerces rouvrent et que les gens vivent bien à Aubagne. » Il est entouré par 8 personnes de son équipe (gauche et citoyens, sans LFI). Le « dépérissement d’Aubagne n’est pas une fatalité. Le centre-ville ne manque ni de potentiel, ni d’atouts. Il manque une direction claire », estime la tête de liste. David Chiousse, directeur de campagne, observe : « Les commerces ne ferment pas s’il y a de la fréquentation. Un des enjeux est de redonner de l’attractivité au centre-ville. »

    « Ce sera financé »

    Parmi les leviers envisagés, la création d’une halle, « avec producteurs locaux, artisans, concerts (…) ». Elle pourrait être implantée cours Voltaire, là où reviendrait le marché, et où serait abandonnée la construction de l’Office de tourisme, dans le secteur Grimaud ou sur la friche du Palace. Pour Jean-Pierre Squillari, la halle, « locomotive économique et culturelle », sera un des moteurs pour l’attractivité du centre-ville. De même que le « parc urbain », qu’Aubagne en commun veut réaliser au Bras d’Or. Dans ce « poumon vert », l’équipe veut « reconstruire la piscine ». Elle serait non couverte, mais pourrait être chauffée. Pour Jean-Pierre Squillari, l’actuelle piscine Alain-Bernard, très utilisée par les écoles, offre peu de créneaux au grand public. L’équipe veut aussi une ville plus fraîche l’été, avec de l’ombre et de l’eau dans les fontaines. « Ce n’est pas un catalogue de promesses, ce sera financé », assure Jean-Pierre Squillari. Aubagne en commun propose en effet de renégocier la concession d’aménagement du centre-ville d’Aubagne par la Soleam (société publique locale d’équipement), pour laquelle « 10 millions d’euros ont déjà été versés ».

  • Kamel Fassatoui, l’humain pour horizon

    Kamel Fassatoui, l’humain pour horizon

    « Emmaüs a changé ma vie, et celle de mes enfants aussi », livre Kamel Fassatoui lors de son pot de départ. Force est de constater qu’il a aussi changé celle de la communauté de la Pointe-Rouge, nichée dans le 8e arrondissement. Vendredi, pour l’occasion, la salle en amont du réfectoire est bondée. Des compagnons actifs bien sûr, mais aussi les retraités, des responsables d’associations, les administratifs et des amitiés tissées au fil de sa route.

    Fils de diplomate tunisien, diplômé de Sciences Po’ Lyon, Kamel a très vite été élu par ses deux autres co-responsables « attaché de presse de la communauté », relate l’une d’entre eux, Nouara Bernou, en riant. Mais il est bien plus que ça. Militant, éminemment politique, toujours partant pour innover et faire bouger les lignes. « En juin 2003, j’arrive dans une communauté pépère avec 35 compagnons, autocentrée, sur le modèle des années 50 », observe Kamel. Et de poursuivre « en 2025, ils sont 58, la communauté est mixte, et il y a même des enfants. Nous avons deux boutiques en ville, et un camion dit du “Petit Déj” qui offre le café en ville durant toute la période hivernale. Ici, 20 nationalités se côtoient ».

    Jean-Pierre, bénévole de longue date, résume ainsi le personnage : « C’est un homme extraordinaire, très humain, très réfléchi. Pour moi, il a beaucoup de neurones connectés. Ne plus aller me disputer dans son bureau va beaucoup me manquer. » À ses cotés, sa compagne Christelle, a les yeux brillants : « Quelques semaines après mon arrivée je perdais mon papa. Ils m’ont aidé, acheté mon billet pour aller aux obsèques. Je n’oublierai jamais les manifs en ville avec lui, les grandes ventes… »

    Plus loin, devant les bureaux, un petit paquet dans les bras, Anna et Vitali sont venus lui dire au revoir : « Je suis restée 7 ans ici, il m’a aidée pour tout, même trouver un appartement. Maintenant, j’ai des papiers, et je travaille chez Leclerc », témoigne la jeune ukrainienne.

    Un long fleuve

    pas si tranquille

    « Nous avons été la première communauté à être perquisitionnée. Nous sommes des résistants. Une fois libéré, j’ai mesuré l’impact sur l’opinion publique. J’ai été appelé à témoigner à travers touts la France », se souvient Kamel. Le 17 février 2009, suite à un contrôle d’identité en ville d’un compagnon Hamid, Kamel est convoqué par la police. Sa garde à vue s’en suivra pour ne pas avoir donné la liste des sans-papiers de la communauté, avec une perquisition. L’année suivante le 19 février, la première communauté historique à s’être implantée 53 ans auparavant dans le sud, voit son grand hangar de la salle des ventes brûlé entièrement en pleine nuit. Avertis par les compagnons, les trois responsables se retrouvent effarés devant le tas de cendre fumant. Kamel témoigne : « Les compagnons étaient saufs, mais hébétés. J’ai tout de suite pensé, on y est, on y reste…et on est resté 4 ans sous des tentes provisoires à tout reconstruire. » François Lavaud et Nouara Bernou, les deux autres responsables relatent de concert des moments d’exaltation et d’énergie qui ont suivi. La viabilité de la communauté a été alors assurée grâce à la boutique ouverte rue Colbert, quelque temps, avant par Kamel : « J’avais eu le nez fin en créant la première boutique Emmaüs en ville. » En octobre 2011, Emmaüs continue de faire l’actu en organisant un grand repas de rue sous les fenêtres de l’ancien maire de Marseille, à l’origine de l’arrêté anti-mendicité. Éclats de rire à l’évocation de ce souvenir qui a pérenniser un repas de rue de fêtes pour les sans domicile. « On remercie encore M. le maire ! » Au rayon initiative, on retrouve Kamel avec les boutiques éphémères pour les fêtes, les actions pour les mineurs isolés, les migrants, les distributions de vivres pour les étudiants de Saint-Charles durant le Covid, le marché alimentaire tous les samedis pour permettre aux plus démunis de bien s’alimenter. Et en juillet 2024, le choc des révélations sur l’abbé Pierre,
    « la référence c’était lui, la personnalité préférée des Français », poursuit-il. Un constat sur cette société toujours plus difficile pour les plus pauvres, mais aussi l’espoir « même si ce n’est jamais neutre de comprendre la détresse des gens qui arrivent ici, on se doit de résister ». Et de conclure : « Le modèle d’Emmaus est une utopie, un modèle de vivre ensemble, loin du tumulte extérieur… »