Author: tecnavia

  • À Martigues, un tiers-lieu géré par et pour les personnes en souffrance psychique

    « Ici, les gens qui ont des problèmes psy sont accueillis par des gens qui en ont aussi », lance le président du Groupe d’entraide mutuelle de Martigues (GEM), Julien Dupré, à l’occasion des portes ouvertes, jeudi après-midi, de ce tiers-lieu autogéré, situé quai Kléber.

    L’objectif ? « Sortir les personnes handicapées ou malades au niveau psychologique de l’isolement, les ouvrir à l’extérieur, à la vie sociale, amener à l’autonomie en préservant le libre choix d’activité en fonction de ses capacités », résume-t-il.

    Cet adhérent qui franchit le pas de la porte en est un exemple. Fabien Burgio sort un jean neuf de son sac, tout juste venu du magasin, sous les félicitations de ses pairs. « Je vais voir mon beau-père demain, alors je me présente bien, c’est important », détaille-t-il. « Tout à l’heure, il était stressé, mais il y est arrivé », se réjouit le trésorier, Karim Daineche. Fabien Burgio confie avoir « du mal à sortir, à prendre le bus à cause de la foule et du regard des gens ». « Mais ça me fait du bien de venir ici depuis trois semaines, reconnaît-il. ça me permet de voir des gens qui me correspondent, avec qui je peux discuter », avec moins de difficulté.

    Principe de pair-aidance

    La particularité du GEM est de fonctionner selon le principe de la « pair-aidance », comme l’indique Julien Dupré. Un prisme militant assumé par le président, lui-même schizophrène : « Certains pensent qu’il n’y a rien à faire pour les personnes handicapées, que les malades mentaux ne sont que des bouches à médicaments. Nous, on pense que la vie sociale est nécessaire et qu’il faut donner aux gens le pouvoir et les outils pour se réaliser. »

    Des outils comme ceux dont dispose le GEM. Dans une salle dédiée, le trésorier a disposé une borne d’arcade et deux ordinateurs. « Chacun dispose de son dossier, il y a aussi un raccourci au site Coursinfo, pour apprendre à utiliser un ordinateur », détaille Karim Daineche.

    Parmi les activités du GEM, un atelier théâtre, un groupe de parole et des ateliers antigaspi en partenariat avec le Secours populaire de Martigues. Plus encore, « on a déjà fait de la plongée sous-marine, du paddle », rappelle le président, sans oublier le camping à La Couronne, l’an passé. « Au printemps prochain, on vise le Vaucluse », indique le trésorier.

    Mais une difficulté subsiste. Sonia Suez, coordinatrice, regrette ne pas disposer de véhicule. « On finit par tourner en rond, après 7 ans d’existence. On n’accueille pas des enfants, on ne peut pas forcer les gens à faire quelque chose, ni juste prendre des cafés. Nos subventions nous obligent à un résultat », mais ne suffisent plus à passer ce cap. Une demande a été adressée en ce sens à l’ARS, tutelle de l’association.

  • À Istres, le développement urbain cristallise les désaccords

    À Istres, le développement urbain cristallise les désaccords

    Comme il est de coutume à Istres, majorité et opposition se sont écharpées sur la gestion foncière lors du conseil municipal, ce jeudi 9 octobre. Au cœur des débats : la cession d’une parcelle de 55 m2 de la Ville au profit d’un projet immobilier porté par Cogedim, s’ajoutant à la vente de 43 369 m2 de l’ancienne propriété de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), située avenue Félix-Gouin, pour un montant total de 15,77 millions d’euros. Au total, près de 500 logements devraient être construits par le promoteur.

    Le conseiller d’opposition Robin Prétot (LR) explique : « Nous avions voté l’acquisition foncière de l’Afpa. après, il y a un projet de promotion immobilière et c’est là où on est plus en désaccord : on considère que ces projets sont souvent un peu démesurés, pas très esthétiques et ne correspondent pas au besoin et à la capacité de la ville d’en absorber les effets. J’entends, vous parlez de recette (…), mais moi, ce qui m’intéresse, c’est moins la recette que de savoir quelle ville on est en train de dessiner, de construire. (…) Ce n’est pas qu’on ne veut pas construire de logements, mais il y a un équilibre entre en construire 0 et 1 000 par an. »

    Le maire, François Bernardini (ex-PS), rappelle l’actualité du moment : la réindustrialisation et le « développement aéronautique ». « À un moment donné, on doit se poser la question : va-t-on laisser passer la situation de bien-être social de notre population avec les milliers d’emplois qu’on peut avoir ? »

    Dans la catégorie des projets qui avancent, notons également le futur Pôle social, avec la signature d’une convention de partenariat entre la commune et le Département pour une mise à disposition gratuite d’une partie des locaux, en vue d’y installer la Maison de la solidarité. Le bâtiment, qui est en fait l’ancienne maison de retraite Edylis, fait actuellement l’objet d’une réhabilitation subventionnée à hauteur de 2,2 millions d’euros par le Département. La première adjointe Nicole Joulia précise : « Il y aura également des logements d’urgence pour les jeunes à travers le Centre d’accueil de jour et les femmes seules en difficultés ou victimes de violences. »

    La décharge illégale d’Entressen

    Un autre dossier a pollué les débats : celui de la décharge illégale d’Entressen. Le 24 mai dernier, La Provence publiait une enquête dévoilant que, quelques jours après une rencontre entre l’édile et le propriétaire des lieux, le site avait été recouvert de terre qui « proviendrait de chantiers municipaux, notamment celui du théâtre de l’Olivier », officiellement pour limiter le risque incendie, alors que certaines entreprises délégataires de marchés publics seraient « soupçonnées de dépôts illégaux ».

    Robin Prétot interpelle le maire : « Je ne vous ai pas trouvé très dynamique sur ce combat-là. Vous nous avez répété que c’était un terrain privé et qu’on ne pouvait rien faire. » L’élu souhaite « à minima l’ouverture d’une enquête administrative interne ». François Bernardini se défend, affirmant avoir mené des actions « à caractère préventif, des discussions, des médiations ». Le maire accuse son adversaire aux élections municipales d’opportunisme : « Vous ne vous êtes pas intéressé au sujet au départ (…) et hop, vous avez saisi l’occasion de la polémique rendue possible par vos accointances particulières avec la représentante locale de La Provence. »

  • À Istres, le développement urbain cristallise les désaccords

    Comme il est de coutume à Istres, majorité et opposition se sont écharpées sur la gestion foncière lors du conseil municipal, ce jeudi 9 octobre. Au cœur des débats : la cession d’une parcelle de 55 m2 de la Ville au profit d’un projet immobilier porté par Cogedim, s’ajoutant à la vente de 43 369 m2 de l’ancienne propriété de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), située avenue Félix-Gouin, pour un montant total de 15,77 millions d’euros. Au total, près de 500 logements devraient être construits par le promoteur.

    Le conseiller d’opposition Robin Prétot (LR) explique : « Nous avions voté l’acquisition foncière de l’Afpa. après, il y a un projet de promotion immobilière et c’est là où on est plus en désaccord : on considère que ces projets sont souvent un peu démesurés, pas très esthétiques et ne correspondent pas au besoin et à la capacité de la ville d’en absorber les effets. J’entends, vous parlez de recette (…), mais moi, ce qui m’intéresse, c’est moins la recette que de savoir quelle ville on est en train de dessiner, de construire. (…) Ce n’est pas qu’on ne veut pas construire de logements, mais il y a un équilibre entre en construire 0 et 1 000 par an. »

    Le maire, François Bernardini (ex-PS), rappelle l’actualité du moment : la réindustrialisation et le « développement aéronautique ». « À un moment donné, on doit se poser la question : va-t-on laisser passer la situation de bien-être social de notre population avec les milliers d’emplois qu’on peut avoir ? »

    Dans la catégorie des projets qui avancent, notons également le futur Pôle social, avec la signature d’une convention de partenariat entre la commune et le Département pour une mise à disposition gratuite d’une partie des locaux, en vue d’y installer la Maison de la solidarité. Le bâtiment, qui est en fait l’ancienne maison de retraite Edylis, fait actuellement l’objet d’une réhabilitation subventionnée à hauteur de 2,2 millions d’euros par le Département. La première adjointe Nicole Joulia précise : « Il y aura également des logements d’urgence pour les jeunes à travers le Centre d’accueil de jour et les femmes seules en difficultés ou victimes de violences. »

    La décharge illégale d’Entressen

    Un autre dossier a pollué les débats : celui de la décharge illégale d’Entressen. Le 24 mai dernier, La Provence publiait une enquête dévoilant que, quelques jours après une rencontre entre l’édile et le propriétaire des lieux, le site avait été recouvert de terre qui « proviendrait de chantiers municipaux, notamment celui du théâtre de l’Olivier », officiellement pour limiter le risque incendie, alors que certaines entreprises délégataires de marchés publics seraient « soupçonnées de dépôts illégaux ».

    Robin Prétot interpelle le maire : « Je ne vous ai pas trouvé très dynamique sur ce combat-là. Vous nous avez répété que c’était un terrain privé et qu’on ne pouvait rien faire. » L’élu souhaite « à minima l’ouverture d’une enquête administrative interne ». François Bernardini se défend, affirmant avoir mené des actions « à caractère préventif, des discussions, des médiations ». Le maire accuse son adversaire aux élections municipales d’opportunisme : « Vous ne vous êtes pas intéressé au sujet au départ (…) et hop, vous avez saisi l’occasion de la polémique rendue possible par vos accointances particulières avec la représentante locale de La Provence. »

  • Une filière excellence toulonnaise pour les mineurs non accompagnés

    Une filière excellence toulonnaise pour les mineurs non accompagnés

    Délaissés, stigmatisés, victimes de violences symboliques : le parcours d’intégration des mineurs non accompagnés (MNA, mineurs réfugiés présents sur le territoire sans autorité parentale) est bien souvent semé d’embûches, notamment en ce qui concerne l’accès à l’éducation des non-francophones. C’est pourquoi l’Éducation nationale a mis en place, dans les années 1970, les Classes d’initiation pour non francophones (Clin), puis les classes d’accueil, regroupées en classes d’unité pédagogique pour élèves allophones arrivants (UPE2A), en 2012.

    Dans le Var, ce dispositif a été renforcé en 1996 au niveau 3e, avec des classes « passerelles », soutenues par l’Éducation nationale, l’ASE et les associations, intégrées au sein des lycées Cisson et Claret, pour offrir un cadre adapté à leur maturité aux bénéficiaires, âgés de 16 à 18 ans. Il prévoit des cours renforcés de français (18 heures par semaine) et donne accès à des diplômes (brevet des collèges, certifications de langue…), en vue d’une insertion dans une filière classique.

    Un concours et une expo pour valoriser les talents

    Cette année, un nouveau dispositif voit le jour : le Projet mérite nouveauté ambition « Parcours d’excellence pour les MNA ». Porté par deux associations (Femme dans la cité et En chemin), il permet, à travers des évaluations individuelles, des programmes de formation adaptés à leurs intérêts, du conseil à l’image et des partenariats avec des structures culturelles, sportives et éducatives, ou de bénéficier d’opportunités pour développer compétences et confiance en soi. Le projet prévoit également la valorisation de leurs réalisations, via une exposition, et l’organisation d’un concours annuel, permettant de récompenser et de favoriser l’insertion des meilleurs talents.

    Celle-ci est accessible à tous les élèves MNA du département, qui auront droit, pendant 3 heures chaque mercredi après-midi, au sein du lycée Bonaparte, à des séances d’aide pour approfondir leurs projets professionnels. « Cette idée a été inspirée par un jeune, qui a un projet dans le milieu de la couture. Il y a l’école, mais aussi d’autres talents à développer », conclut Jean-Marie Beitz, enseignant UPE2A au lycée Cisson et référent de l’association En chemin, et Samira Harmel, enseignante UPE2A au lycée Claret et référente Femmes dans la cité.

  • Une filière excellence toulonnaise pour les mineurs non accompagnés

    Délaissés, stigmatisés, victimes de violences symboliques : le parcours d’intégration des mineurs non accompagnés (MNA, mineurs réfugiés présents sur le territoire sans autorité parentale) est bien souvent semé d’embûches, notamment en ce qui concerne l’accès à l’éducation des non-francophones. C’est pourquoi l’Éducation nationale a mis en place, dans les années 1970, les Classes d’initiation pour non francophones (Clin), puis les classes d’accueil, regroupées en classes d’unité pédagogique pour élèves allophones arrivants (UPE2A), en 2012.

    Dans le Var, ce dispositif a été renforcé en 1996 au niveau 3e, avec des classes « passerelles », soutenues par l’Éducation nationale, l’ASE et les associations, intégrées au sein des lycées Cisson et Claret, pour offrir un cadre adapté à leur maturité aux bénéficiaires, âgés de 16 à 18 ans. Il prévoit des cours renforcés de français (18 heures par semaine) et donne accès à des diplômes (brevet des collèges, certifications de langue…), en vue d’une insertion dans une filière classique.

    Un concours et une expo pour valoriser les talents

    Cette année, un nouveau dispositif voit le jour : le Projet mérite nouveauté ambition « Parcours d’excellence pour les MNA ». Porté par deux associations (Femme dans la cité et En chemin), il permet, à travers des évaluations individuelles, des programmes de formation adaptés à leurs intérêts, du conseil à l’image et des partenariats avec des structures culturelles, sportives et éducatives, ou de bénéficier d’opportunités pour développer compétences et confiance en soi. Le projet prévoit également la valorisation de leurs réalisations, via une exposition, et l’organisation d’un concours annuel, permettant de récompenser et de favoriser l’insertion des meilleurs talents.

    Celle-ci est accessible à tous les élèves MNA du département, qui auront droit, pendant 3 heures chaque mercredi après-midi, au sein du lycée Bonaparte, à des séances d’aide pour approfondir leurs projets professionnels. « Cette idée a été inspirée par un jeune, qui a un projet dans le milieu de la couture. Il y a l’école, mais aussi d’autres talents à développer », conclut Jean-Marie Beitz, enseignant UPE2A au lycée Cisson et référent de l’association En chemin, et Samira Harmel, enseignante UPE2A au lycée Claret et référente Femmes dans la cité.

  • [Chronique corse] Isaline Choury, arrêtée par l’armée israélienne

    Isaline Choury, militante corse, nièce de la résistante Danielle Casanova, a été interpellée par l’armée israélienne alors qu’elle participait à une mission humanitaire à bord du bateau Conscience, l’un des navires de la Flottille de la Liberté pour Gaza.

    Membre du collectif Corsica Palestina, Isaline Choury participait à cette flottille civile qui avait pour but de briser le blocus imposé à la bande de Gaza et d’acheminer une aide humanitaire symbolique.

    Le Conscience a été intercepté le 8 octobre en mer Méditerranée par la marine israélienne. Un épisode qui, par la force du symbole, ravive l’écho d’un nom inscrit dans l’histoire de la Résistance.

    Car le nom d’Isaline Choury ne laisse pas indifférent. En tant que nièce de Danielle Casanova et fille du militant Maurice Choury, elle incarne une filiation militante qui traverse les générations.

    Lors de la rencontre organisée à Marseille le 14 mai dernier par le gouverneur militaire, La Marseillaise et notre association, consacrée à la mémoire de sa tante, nous avions pu mesurer combien cette héritière de la Résistance porte haut les valeurs de liberté et de solidarité.

    Solidarité entre les peuples

    Aujourd’hui, c’est au nom de ces mêmes valeurs qu’elle s’est engagée dans cette action humanitaire, convaincue que la solidarité ne s’arrête pas aux frontières et que la lutte contre l’oppression est universelle. « Ma tante est morte pour la liberté, disait-elle. Comment pourrais-je rester silencieuse face à l’injustice?»

    « Résister, c’est vivre » : la devise de Danielle Casanova semble aujourd’hui résonner jusque sur les flots de Méditerranée, où sa nièce, fidèle à cet héritage, continue d’affirmer qu’aucune mer, aucune frontière, ne saurait empêcher la solidarité entre les peuples.

  • #DisMoiPourquoi on a des os?

    #DisMoiPourquoi on a des os?

    Dans le règne animal, l’espèce humaine fait partie des vertébrés, c’est-à-dire d’animaux possédant un squelette interne composé d’un crâne et d’une colonne vertébrale. Chez les vertébrés terrestres, en permettant de supporter le poids du corps, le squelette osseux va faciliter une locomotion efficace, et l’évolution des espèces a sélectionné la formation de membres comportant des os. Dans le cas de l’espèce humaine, en sélectionnant une croissance particulière, unique parmi les mammifères, des os du bassin, l’évolution a, de plus, permis la bipédie et la posture verticale. Cet élargissement des os du bassin assure ainsi le soutien du poids du corps en position verticale. La fonction de soutien du poids du corps n’est pas la seule fonction assurée par nos os, mais, du point de vue médical, elle se traduit, lorsqu’elle est déficiente (vieillissement), par une plus grande susceptibilité aux fractures. »

    Bernard Binetruy. Directeur de recherche émérite à l’Inserm

  • #DisMoiPourquoi on a des os?

    Dans le règne animal, l’espèce humaine fait partie des vertébrés, c’est-à-dire d’animaux possédant un squelette interne composé d’un crâne et d’une colonne vertébrale. Chez les vertébrés terrestres, en permettant de supporter le poids du corps, le squelette osseux va faciliter une locomotion efficace, et l’évolution des espèces a sélectionné la formation de membres comportant des os. Dans le cas de l’espèce humaine, en sélectionnant une croissance particulière, unique parmi les mammifères, des os du bassin, l’évolution a, de plus, permis la bipédie et la posture verticale. Cet élargissement des os du bassin assure ainsi le soutien du poids du corps en position verticale. La fonction de soutien du poids du corps n’est pas la seule fonction assurée par nos os, mais, du point de vue médical, elle se traduit, lorsqu’elle est déficiente (vieillissement), par une plus grande susceptibilité aux fractures. »

    Bernard Binetruy. Directeur de recherche émérite à l’Inserm

  • Les associations, exsangues, dans la rue

    Les associations, exsangues, dans la rue

    « Vous êtes tous concernés ! » C’est à une véritable prise de conscience que Yannick Gallien, président du mouvement associatif régional, appelle. Pour la première fois, les associations vont manifester, ce samedi 11 octobre*. Parce que « ça ne tient plus ».

    « Nous savons que la situation politique et financière est compliquée, que l’actualité va occulter un peu notre mouvement, mais cela fait plusieurs années maintenant que nous ne sommes pas reconnus », déplore-t-il, « si on abandonne, c’est une sorte de capitulation ». Avec
    – 41% de subventions publiques, 186 000 emplois menacés, 31% d’associations qui ont une trésorerie à moins de trois mois, 70% des associations employeuses déclarant que le montant de leurs fonds propres reste fragile, égrène-t-il, l’heure est grave. Alors que les besoins en matière de solidarité, d’accompagnement, de culture ou de pratique sportive, autant de domaines où intervient le mouvement associatif, sont prégnants.

    « On nous dit que le modèle de la subvention, c’est fini, qu’il faut se tourner vers le mécénat, mais ce dernier a ses limites », estime Yannick Gallien. Or, de l’argent, il y en a « pour faire des ronds-points ou des ombrières », ironise-t-il, demandant à ce que les financements soient « fléchés ». Plus politiquement, il rappelle qu’il s’agit d’un choix de société. Les associations, en permettant une « rencontre entre des gens, des sensibilités, des cultures différentes » apportent une « respiration, un apaisement », considère-t-il.

    Et de demander au moins le maintien des subventions, la création de nouveaux emplois aidés ou encore de transformer la déductibilité des dons en crédits d’impôt.

    « Un manque de vision »

    À ses côtés, Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’économie sociale et solidaire (Cress), est venu en soutien.

    « L’économie sociale et solidaire est une économie à part entière, à laquelle les associations participent » pose-t-il, déplorant un « manque de vision » de l’État. Il s’appuie sur un rapport de la Cour des comptes, publié en mai 2021, qui dresse un état des lieux du soutien des pouvoirs publics au monde associatif. Où les magistrats soulignent « en particulier l’absence de stratégie et une coordination fragile » recommandant « un soutien modernisé du secteur ». Et de réaffirmer que le modèle associatif, établit en 1901, reste aussi le dépositaire de valeurs. « En tant qu’élu, on ne peut pas [se contenter de] poser pour la photo à côté d’une association parce qu’on est en campagne », mais « de se poser la question : dans quelle société voulons-nous vivre ? », assène Denis Philippe. Il prend l’exemple du Conseil national de la Résistance, où des choix sociétaux ont été faits. « On ne peut pas considérer que l’ESS et les associations sont quantités négligeables », tance-t-il. Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, on dénombre 140 000 associations pour 1,3 million de bénévoles et 150 000 salariés, soit 10% de l’emploi régional.

    * À 10h sous l’Ombrière du Vieux-Port

  • Les associations, exsangues, dans la rue

    « Vous êtes tous concernés ! » C’est à une véritable prise de conscience que Yannick Gallien, président du mouvement associatif régional, appelle. Pour la première fois, les associations vont manifester, ce samedi 11 octobre*. Parce que « ça ne tient plus ».

    « Nous savons que la situation politique et financière est compliquée, que l’actualité va occulter un peu notre mouvement, mais cela fait plusieurs années maintenant que nous ne sommes pas reconnus », déplore-t-il, « si on abandonne, c’est une sorte de capitulation ». Avec
    – 41% de subventions publiques, 186 000 emplois menacés, 31% d’associations qui ont une trésorerie à moins de trois mois, 70% des associations employeuses déclarant que le montant de leurs fonds propres reste fragile, égrène-t-il, l’heure est grave. Alors que les besoins en matière de solidarité, d’accompagnement, de culture ou de pratique sportive, autant de domaines où intervient le mouvement associatif, sont prégnants.

    « On nous dit que le modèle de la subvention, c’est fini, qu’il faut se tourner vers le mécénat, mais ce dernier a ses limites », estime Yannick Gallien. Or, de l’argent, il y en a « pour faire des ronds-points ou des ombrières », ironise-t-il, demandant à ce que les financements soient « fléchés ». Plus politiquement, il rappelle qu’il s’agit d’un choix de société. Les associations, en permettant une « rencontre entre des gens, des sensibilités, des cultures différentes » apportent une « respiration, un apaisement », considère-t-il.

    Et de demander au moins le maintien des subventions, la création de nouveaux emplois aidés ou encore de transformer la déductibilité des dons en crédits d’impôt.

    « Un manque de vision »

    À ses côtés, Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’économie sociale et solidaire (Cress), est venu en soutien.

    « L’économie sociale et solidaire est une économie à part entière, à laquelle les associations participent » pose-t-il, déplorant un « manque de vision » de l’État. Il s’appuie sur un rapport de la Cour des comptes, publié en mai 2021, qui dresse un état des lieux du soutien des pouvoirs publics au monde associatif. Où les magistrats soulignent « en particulier l’absence de stratégie et une coordination fragile » recommandant « un soutien modernisé du secteur ». Et de réaffirmer que le modèle associatif, établit en 1901, reste aussi le dépositaire de valeurs. « En tant qu’élu, on ne peut pas [se contenter de] poser pour la photo à côté d’une association parce qu’on est en campagne », mais « de se poser la question : dans quelle société voulons-nous vivre ? », assène Denis Philippe. Il prend l’exemple du Conseil national de la Résistance, où des choix sociétaux ont été faits. « On ne peut pas considérer que l’ESS et les associations sont quantités négligeables », tance-t-il. Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, on dénombre 140 000 associations pour 1,3 million de bénévoles et 150 000 salariés, soit 10% de l’emploi régional.

    * À 10h sous l’Ombrière du Vieux-Port