Author: tecnavia

  • Lecornu sur le fil du rasoir budgétaire

    Le calcul est simple : pour renverser le gouvernement de Sébastien Lecornu ce matin, la motion de censure déposée par les députés insoumis, communistes et écologistes doit recueillir 289 voix, soit la majorité absolue de l’Assemblée nationale. Si les députés RN et UDR la votent, le résultat sera de 265 voix. La motion sera rejetée et le sursis de Lecornu prolongé. Le groupe socialiste et ses 69 membres, qui a obtenu la suspension de la réforme des retraites contre une non-censure, devrait en effet manquer à l’appel. Sauf que des dissidences sont toujours possibles. Mais seuls trois députés socialistes sur 69, selon le patron du PS Olivier Faure, devraient voter la censure, malgré la consigne du parti, et répondre ainsi l’appel « à désobéir » lancé par le coordinateur de LFI Manuel Bompard. Y aura-t-il des dissidents chez les LR ? Même si le gouvernement compte six ex-membres LR (ils ont été exclus), Bruno Retailleau a dit que son parti se battra « pied à pied pour combattre » la suspension de la réforme des retraites.

    « Suspendre ce n’est pas renoncer »

    Aussi, sans surprise, l’accueil du Premier ministre mercredi au Sénat pour sa déclaration de politique générale a été glacial. Il a notamment proposé de confier la gestion du système de retraites aux syndicats et organisations patronales. Face à un hémicycle dominé par une alliance entre la droite et les centristes, où les macronistes sont très peu nombreux, Sébastien Lecornu a été très peu soutenu, applaudi seulement par une vingtaine de parlementaires. Sa proposition mardi de suspendre la réforme des retraites jusqu’à l’élection présidentielle a notamment fait grincer les sénateurs LR. Le Premier ministre a fait valoir que « suspendre, ce n’est pas renoncer » à la réforme et mis en avant la « stabilité » générée par cette initiative après des journées de crise politique arguant de la non-censure des socialistes. Le sénateur communiste Ian Brossat a fait part de sa crainte de voir la droite sénatoriale s’entendre avec les députés LR et macronistes pour enterrer la suspension. « La suspension de la réforme des retraites sera remise en cause en Commission mixte paritaire, où la droite est majoritaire » a déclaré sur X le porte-parole du PCF.

    Les petits calculs

    de l’extrême droite

    La présidente du groupe RN à l’Assemblée Marine Le Pen, qui a vu son recours contre sa peine d’inéligibilité rejeté hier par le Conseil d’État, estime que si le gouvernement ne tombe pas jeudi, il « ne tiendra pas sur la durée », prévoyant une dissolution « dans trois semaines ou dans trois mois ». L’extrême droite mise sur des législatives anticipées et des alliances avec la droite pour accéder au pouvoir, appliquer son programme xénophobe de « préférence nationale » et s’accorder surtout, en priorité, une amnistie judiciaire.

    Le Parlement va dans les prochains jours entrer en terrain inconnu avec la promesse du Premier ministre de lui laisser le dernier mot. « Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez », a-t-il répété aux parlementaires. Le Premier ministre s’est engagé à ne pas recourir à l’article 49.3 de la Constitution qui a permis l’adoption de tous les budgets sans vote depuis 2022.

    « Maintenant que la balle est dans le camp de l’Assemblée ce serait quand même assez abracadabrantesque qu’on ne puisse pas aller au vote de notre fait », a averti la présidente de la chambre basse Yaël Braun-Pivet. Les majorités risquent en outre d’être variables en fonction des sujets et de… l’assiduité des parlementaires. « Les semaines qui viennent vont être très dures, j’ai dit à mes députés qu’il faudra être là tout le temps », anticipe le patron du groupe PS Boris Vallaud. Déjà la suspension de la réforme des retraites n’est à ce stade qu’une annonce. Sébastien Lecornu s’est borné à assurer que le gouvernement la soumettrait « dès le mois de novembre » aux députés par un amendement au projet de budget de la Sécurité sociale (PLFSS). Face à l’opposition ou a minima l’abstention d’une large partie du socle commun – camp présidentiel et LR -, le RN et LFI n’ont pour l’instant pas confirmé qu’ils voteraient cette suspension alors qu’ils accusent les socialistes de « trahison » et qu’ils y voient un renoncement par rapport à l’abrogation qu’ils défendent. Pour Manuel Bompard, passer par un amendement veut dire que le PS devra voter le PLFSS « le plus brutal de ces 30 dernières années ». Le président LFI de la commission des Finances de l’Assemblée Éric Coquerel a lui demandé au gouvernement qu’il « s’engage sur une loi spécifique » si le PLFSS n’aboutissait pas. Mais pour les socialistes, « peu importe le véhicule », « sans suspension il n’y a pas de gouvernement », a prévenu Boris Vallaud.

    Au-delà de leur « victoire » revendiquée sur les retraites, les socialistes entendent mener bataille, vote par vote, contre le gel du barème de l’impôt sur le revenu, des prestations sociales ou encore le doublement des franchises médicales. Ces mesures font partie de l’effort budgétaire prévu par le gouvernement d’une trentaine de milliards d’euros, dont 14 milliards de nouveaux prélèvements obligatoires.

  • [Entretien] Michaël Zemmour : « On peut s’attendre à une augmentation de la pauvreté »

    [Entretien] Michaël Zemmour : « On peut s’attendre à une augmentation de la pauvreté »

    La Marseillaise : Quel effet aura la « suspension » de la réforme des retraites annoncée par le Premier ministre ?

    Michaël Zemmour : L’annonce a été détaillée par le Ministre du Travail. En fait, c’est un décalage du calendrier d’application de la réforme de 2023 qui reste fondamentalement la même. On part à la retraite à 64 ans avec 43 annuités de manière accélérée. Pour certaines générations, on va avoir un décalage de trois mois dans l’application du calendrier. Par exemple, les personnes qui devaient partir à 63 ans et 3 mois partiront à 63 ans. Cela concerne les personnes nées entre 1964 et 1968. Pour toutes les autres générations, la loi va conserver l’âge de 64 ans et 43 annuités.

    Cela peut être considéré comme une « victoire » ?

    M.Z. : Ça, c’est aux partis et aux syndicats d’en juger. Ce n’est pas un gros changement sur la réforme, ça n’en modifie ni les objectifs, ni les principes et ce n’est pas très cher pour le gouvernement. En réalité, c’est plutôt un décalage du calendrier de la même réforme. Une suspension, ça aurait été de dire : à partir de maintenant, on bloque les compteurs à 62 ans et 9 mois. Il faudra faire une nouvelle réforme pour repartir à la hausse ou à la baisse. Là, il n’y aura pas besoin de nouvelle réforme. Si on ne fait rien, on va à 64 ans, comme prévu, mais décalé d’une génération. C’est un bougé, ce n’est pas rien.

    Quand Sébastien Lecornu parle
    de «
     compenser » cette suspension, de quoi est-il question ?

    M.Z. : J’imagine qu’il parle de la question du financement. Pour financer ça, il faudrait moins de 0,3% de cotisations à partager entre employeurs et salariés. C’est vraiment peu à l’échelle du système de retraite. Dans le débat budgétaire qui s’annonce, il y a beaucoup de mesures plus importantes que ça. Le gouvernement prévoit par exemple de baisser la taxe exceptionnelle sur les grandes sociétés qui passera de 1 milliard à 4 milliards d’euros. Cette seule mesure représente un coût plus important que le décalage de la réforme de la retraite. Le budget sera « moins » dur à la fin qu’au début, c’est en tout cas ce qu’a annoncé le Premier ministre…

    Quelles sont ces autres mesures « plus importantes » auxquelles vous faites allusion ?

    M.Z. : Nous verrons dans quelle direction va le débat budgétaire, qui promet d’être sans doute un peu inédit, puisque le gouvernement s’apprête manifestement à faire bouger son texte dans des proportions importantes. Pour l’instant, dans ce budget il y a des mesures fortement antisociales, comme le gel des prestations familiales et des minima sociaux, qui, à ma connaissance, ne s’est jamais produit. Il y aura sans doute – parce que c’est très polémique – un débat sur la désindexation des retraites. Ainsi que des questions sur la fiscalité. Est-ce que, du côté de la droite, il n’y aura pas une volonté de bloquer une mesure fiscale ? On ne peut pas le dire à ce stade. Une des choses très inquiétantes, c’est le budget de l’État et des services publics, qui restent très très très serrés alors qu’on est au milieu d’une crise des services publics en général et de l’école en particulier. C’est un enjeu de lutte contre les inégalités. L’école peut être un outil de réduction des inégalités, mais il y a une fuite de celles et ceux qui ont les moyens vers l’école privée. C’est aussi un enjeu de préparation économique de l’avenir : les moyens qu’on ne met pas aujourd’hui dans l’école risquent de coûter en formation, au niveau de qualification, dans les années qui viennent.

    Quid du doublement des franchises médicales ?

    M.Z. : C’est une mesure budgétairement très importante qui représente de l’ordre de 2 milliards d’euros et qui va directement augmenter la facture pour les malades puisque c’est une dépense obligatoire. Soit les gens vont reporter leurs soins, ce qui est préoccupant en soi, soit ils vont se dire que c’est une dépense obligatoire et donc ça entamera leur pouvoir d’achat.

    Le PS prévoit de réintroduire la taxe Zucman, à travers un amendement, lors du débat à venir. Qu’en pensez-vous ?

    M.Z. : Pour l’instant, il n’y a pas dans ce budget de grosses mesures fiscales sur la taxation des hauts patrimoines. Je pense qu’il serait intéressant d’en avoir une, pas forcément avec un taux très élevé au départ, mais dont l’assiette prenne en compte l’ensemble du patrimoine. Aujourd’hui, le fisc connaît les revenus des ménages, le patrimoine immobilier, mais il ne connaît pas le patrimoine financier, y compris la détention d’actions de grandes sociétés. Donc il serait intéressant d’avoir une assiette qui permette de taxer ces patrimoines, peut-être progressivement, mais de manière plus importante dans le temps.

    Quelles seront à terme les conséquences de ce budget qui ressemble peu ou prou à celui présenté par François Bayrou ?

    M.Z. : Dans les grandes lignes, ça a l’air d’être le même, même si je n’ai jamais vu le budget de François Bayrou. Il y a aussi des modifications à la marge. Il y a des effets antisociaux assez nets. On voit le nombre de mesures inégalitaires. Il est prévu une austérité du côté des services publics. C’est un budget d’austérité, qui va à la fois avoir un effet de ralentissement de l’activité économique et avec des conséquences sociales assez directes. Par exemple, on peut s’attendre, dès qu’on aura l’échelle de la pauvreté, à une augmentation du taux de pauvreté en 2026. Quand vous ne revalorisez pas les minima sociaux et ni les prestations familiales, assez mécaniquement, vous avez une augmentation du taux de pauvreté.

  • [Entretien] Michaël Zemmour : « On peut s’attendre à une augmentation de la pauvreté »

    La Marseillaise : Quel effet aura la « suspension » de la réforme des retraites annoncée par le Premier ministre ?

    Michaël Zemmour : L’annonce a été détaillée par le Ministre du Travail. En fait, c’est un décalage du calendrier d’application de la réforme de 2023 qui reste fondamentalement la même. On part à la retraite à 64 ans avec 43 annuités de manière accélérée. Pour certaines générations, on va avoir un décalage de trois mois dans l’application du calendrier. Par exemple, les personnes qui devaient partir à 63 ans et 3 mois partiront à 63 ans. Cela concerne les personnes nées entre 1964 et 1968. Pour toutes les autres générations, la loi va conserver l’âge de 64 ans et 43 annuités.

    Cela peut être considéré comme une « victoire » ?

    M.Z. : Ça, c’est aux partis et aux syndicats d’en juger. Ce n’est pas un gros changement sur la réforme, ça n’en modifie ni les objectifs, ni les principes et ce n’est pas très cher pour le gouvernement. En réalité, c’est plutôt un décalage du calendrier de la même réforme. Une suspension, ça aurait été de dire : à partir de maintenant, on bloque les compteurs à 62 ans et 9 mois. Il faudra faire une nouvelle réforme pour repartir à la hausse ou à la baisse. Là, il n’y aura pas besoin de nouvelle réforme. Si on ne fait rien, on va à 64 ans, comme prévu, mais décalé d’une génération. C’est un bougé, ce n’est pas rien.

    Quand Sébastien Lecornu parle
    de «
     compenser » cette suspension, de quoi est-il question ?

    M.Z. : J’imagine qu’il parle de la question du financement. Pour financer ça, il faudrait moins de 0,3% de cotisations à partager entre employeurs et salariés. C’est vraiment peu à l’échelle du système de retraite. Dans le débat budgétaire qui s’annonce, il y a beaucoup de mesures plus importantes que ça. Le gouvernement prévoit par exemple de baisser la taxe exceptionnelle sur les grandes sociétés qui passera de 1 milliard à 4 milliards d’euros. Cette seule mesure représente un coût plus important que le décalage de la réforme de la retraite. Le budget sera « moins » dur à la fin qu’au début, c’est en tout cas ce qu’a annoncé le Premier ministre…

    Quelles sont ces autres mesures « plus importantes » auxquelles vous faites allusion ?

    M.Z. : Nous verrons dans quelle direction va le débat budgétaire, qui promet d’être sans doute un peu inédit, puisque le gouvernement s’apprête manifestement à faire bouger son texte dans des proportions importantes. Pour l’instant, dans ce budget il y a des mesures fortement antisociales, comme le gel des prestations familiales et des minima sociaux, qui, à ma connaissance, ne s’est jamais produit. Il y aura sans doute – parce que c’est très polémique – un débat sur la désindexation des retraites. Ainsi que des questions sur la fiscalité. Est-ce que, du côté de la droite, il n’y aura pas une volonté de bloquer une mesure fiscale ? On ne peut pas le dire à ce stade. Une des choses très inquiétantes, c’est le budget de l’État et des services publics, qui restent très très très serrés alors qu’on est au milieu d’une crise des services publics en général et de l’école en particulier. C’est un enjeu de lutte contre les inégalités. L’école peut être un outil de réduction des inégalités, mais il y a une fuite de celles et ceux qui ont les moyens vers l’école privée. C’est aussi un enjeu de préparation économique de l’avenir : les moyens qu’on ne met pas aujourd’hui dans l’école risquent de coûter en formation, au niveau de qualification, dans les années qui viennent.

    Quid du doublement des franchises médicales ?

    M.Z. : C’est une mesure budgétairement très importante qui représente de l’ordre de 2 milliards d’euros et qui va directement augmenter la facture pour les malades puisque c’est une dépense obligatoire. Soit les gens vont reporter leurs soins, ce qui est préoccupant en soi, soit ils vont se dire que c’est une dépense obligatoire et donc ça entamera leur pouvoir d’achat.

    Le PS prévoit de réintroduire la taxe Zucman, à travers un amendement, lors du débat à venir. Qu’en pensez-vous ?

    M.Z. : Pour l’instant, il n’y a pas dans ce budget de grosses mesures fiscales sur la taxation des hauts patrimoines. Je pense qu’il serait intéressant d’en avoir une, pas forcément avec un taux très élevé au départ, mais dont l’assiette prenne en compte l’ensemble du patrimoine. Aujourd’hui, le fisc connaît les revenus des ménages, le patrimoine immobilier, mais il ne connaît pas le patrimoine financier, y compris la détention d’actions de grandes sociétés. Donc il serait intéressant d’avoir une assiette qui permette de taxer ces patrimoines, peut-être progressivement, mais de manière plus importante dans le temps.

    Quelles seront à terme les conséquences de ce budget qui ressemble peu ou prou à celui présenté par François Bayrou ?

    M.Z. : Dans les grandes lignes, ça a l’air d’être le même, même si je n’ai jamais vu le budget de François Bayrou. Il y a aussi des modifications à la marge. Il y a des effets antisociaux assez nets. On voit le nombre de mesures inégalitaires. Il est prévu une austérité du côté des services publics. C’est un budget d’austérité, qui va à la fois avoir un effet de ralentissement de l’activité économique et avec des conséquences sociales assez directes. Par exemple, on peut s’attendre, dès qu’on aura l’échelle de la pauvreté, à une augmentation du taux de pauvreté en 2026. Quand vous ne revalorisez pas les minima sociaux et ni les prestations familiales, assez mécaniquement, vous avez une augmentation du taux de pauvreté.

  • Ne pas avaler la couleuvre macroniste

    Ne pas avaler la couleuvre macroniste

    « Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez. » La phrase de Sébastien Lecornu doit être prise au pied de la lettre car le premier acte proposé par ce très fragile exécutif est le projet de budget 2026 et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Leur contenu est à l’avenant de la copie de l’ex Premier ministre François Bayrou : des coupes budgétaires dans les services publics pourtant déjà à l’os et des reculs sociaux majeurs à l’instar du gel des pensions de retraite et de toutes les allocations. Débattre sur cette base-là, c’est déjà pour les oppositions, et singulièrement les gauches, partir avec un sérieux handicap à moins de tenir la tranchée sans aucun répit. Il faudra que le mouvement social au sens large se fasse entendre très fort, se mobilise encore plus fortement pour mettre une pression terrible sur ce gouvernement qui fait mine de lâcher sur la réforme honnie des retraites.

    Amplifier la pression

    Rien ne pourra advenir sans ces piliers de la démocratie que sont les syndicats, les associations, l’ensemble des acteurs de la vie sociale, culturelle, et sportive tant piétinés par le président Macron. L’abrogation de la retraite à 64 ans doit être arrachée. La macronie agonisante a plié mais n’est pas prête à rompre. Il faut l’aider en amplifiant la pression.

    Car en précisant que la suspension de la réforme des retraites ferait l’objet d’un simple amendement au budget de la Sécurité sociale, le Premier ministre fausse le grand débat qu’il appelle pourtant de ses vœux et faire avaler une couleuvre grosse comme un boa. Les citoyens sont déjà en pleine indigestion !

  • Ne pas avaler la couleuvre macroniste

    « Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez. » La phrase de Sébastien Lecornu doit être prise au pied de la lettre car le premier acte proposé par ce très fragile exécutif est le projet de budget 2026 et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Leur contenu est à l’avenant de la copie de l’ex Premier ministre François Bayrou : des coupes budgétaires dans les services publics pourtant déjà à l’os et des reculs sociaux majeurs à l’instar du gel des pensions de retraite et de toutes les allocations. Débattre sur cette base-là, c’est déjà pour les oppositions, et singulièrement les gauches, partir avec un sérieux handicap à moins de tenir la tranchée sans aucun répit. Il faudra que le mouvement social au sens large se fasse entendre très fort, se mobilise encore plus fortement pour mettre une pression terrible sur ce gouvernement qui fait mine de lâcher sur la réforme honnie des retraites.

    Amplifier la pression

    Rien ne pourra advenir sans ces piliers de la démocratie que sont les syndicats, les associations, l’ensemble des acteurs de la vie sociale, culturelle, et sportive tant piétinés par le président Macron. L’abrogation de la retraite à 64 ans doit être arrachée. La macronie agonisante a plié mais n’est pas prête à rompre. Il faut l’aider en amplifiant la pression.

    Car en précisant que la suspension de la réforme des retraites ferait l’objet d’un simple amendement au budget de la Sécurité sociale, le Premier ministre fausse le grand débat qu’il appelle pourtant de ses vœux et faire avaler une couleuvre grosse comme un boa. Les citoyens sont déjà en pleine indigestion !

  • Don Quichotte de passage sur le Vieux-Port

    Don Quichotte de passage sur le Vieux-Port

    Renseignement pris, ce serait plutôt son avatar le Centaure Manolo Bez accompagné de son fidèle Sancho Pança (alias Daniel Saïd) amaigri et sans son âne, remplacé par un scooter de livraison. Ayant échappés aux pales de la grande roue de Borely, et les deux comparses se dirigeaient vers le Mucem où l’exposition « Histoire de fou, histoire d’en rire » se tient d’aujourd’hui jusqu’au 30 mars.A noter, deux journées exceptionnelle, du 15 octobre avec visites libres et guidées gratuites, bal, concert et bar sur le toit terrasse. Et celle du 4 décembre avec une projection à l’auditorium du film «Je suis la nuit en plein midi.»

    Plus d’infos sur le site du Mucem

  • Quand l’éloquence rencontre l’écologie au lycée Marie-France de Toulon

    Quand l’éloquence rencontre l’écologie au lycée Marie-France de Toulon

    Favoriser l’éloquence des jeunes grâce à l’écologie : c’est le principe de la Fédération l’Air et Moi, programme pédagogique créé en 2009 et qui se targue d’avoir sensibilisé plus d’un million d’enfants à la question de la qualité de l’air. « On est parti du constat qu’on respire 15 000 litres d’air par jour et que la pollution de l’air provoque 9 millions de décès par an », pointe Victor Hugo Espinosa, concepteur et pilote du projet.

    Lundi, 90 élèves de terminale commerce, vente et STMG du lycée Marie-France de Toulon (qui avait déjà participé à AirLoquence en 2021) ont pu en bénéficier. à travers des échanges autour de l’éco-anxiété et de la qualité de l’air, encadrés par M. Espinosa, en s’appuyant notamment sur une exposition mobile, les élèves se sont entraînés à prendre la parole en public.

    Pour ce faire, ce dernier utilise « l’humour. On décale les choses par le rire. Ça a permis à certains de réussir à parler en public. Tous seront confrontés à des stages, à l’emploi, et ça peut leur porter préjudice. Tout le monde a appris de petites choses ». Une méthode qui porte ses fruits, si bien « qu’elle est reprise par d’autres structures. Les ressources sont disponibles sur notre site et notre exposition sera affichée dans d’autres établissements », se félicite le porteur du projet.

    Pourquoi lier éloquence et éco-anxiété ? « Car un jeune qui parle à d’autres aura plus d’impact qu’un adulte », affirme M. Espinosa. Mais aussi car le simple fait de parler soulage : « Avec le Covid, beaucoup de jeunes ont subi un choc. Il faut trouver un sens à sa vie et la transmission peut en être un. » En particulier à une époque dans laquelle l’enjeu climatique est clé : « On repart avec des idées sur ce qu’on peut faire au quotidien », avance Julie, une des élèves.

    Une vidéo pour la COP 30

    Pour Aurore Arnal, professeure de SVT à l’origine de la venue du projet, « les exercices ouvrent les consciences. L’air n’est pas au programme, mais ça permet de faire le lien avec la préservation des énergies ». « C’est bien de sortir de la salle de classe, de ne pas rester sur un secteur et de faire comprendre l’interdépendance des personnes avec leur environnement », complète le proviseur, Yann Deniau.

    Cette journée donnera lieu à une vidéo – complétée par une future intervention dans un lycée avignonnais – qui sera diffusée au pavillon Francophonie lors de la COP 30 au Brésil, en 2026. « Chaque année, je fais une vidéo lycée et une vidéo enfants. Il n’y a pas de COP sans action locale. Ce qu’on fait, c’est une petite bouteille à la mer », conclut Victor Hugo Espinosa.

  • Un grand rassemblement pour la Verrerie à Nîmes le 16 octobre

    Un grand rassemblement pour la Verrerie à Nîmes le 16 octobre

    Dans un contexte qui s’est à nouveau tendu ces dernières heures, plus de 150 personnes se sont rassemblées devant la Verrerie du Languedoc vendredi 10 octobre. Après les syndicats, plusieurs personnes ont pris la parole devant le site dont la maire (SE) de Vergèze, Pascale Fortunat-Deschamps, qui a renouvelé son appel à un grand rassemblement. À l’applaudimètre, la date du jeudi 16 octobre a été choisie pour se réunir sous les fenêtres de la préfecture du Gard à Nîmes (11h) où l’intersyndicale et les élus locaux espèrent être reçus par le préfet. Un appel a par la suite été envoyé à toutes les organisations syndicales du Gard et des départements voisins. « Les élus locaux répondront présents », a assuré Pascale Fortunat-Deschamps qui était déjà entouré par une bonne quinzaine d’élus. « Je demande à tout le monde de tout faire pour que l’on soit le plus nombreux possible jeudi », a martelé Yohan Goupille, le délégué syndical CGT. Toutes les organisations politiques présentes ont confirmé leur soutien et leur mobilisation jeudi. Une cantine solidaire sera même mise en place jeudi midi.

    Car la température est en effet remontée d’un coup jeudi 9 octobre sur le site de la Verrerie du Languedoc condamnée à la fermeture par son propriétaire américain Owens-Illinois (O-I). Après une salve de négociations qui a permis « des avancées » selon l’intersyndicale, la tension est repartie à la hausse sur les coups de 14 heures jeudi. La direction d’Owens Illinois a en effet envoyé un communiqué de presse (sans avertir l’intersyndicale de son contenu) pour annoncer la fermeture « dans les prochains jours » du four à cause de la mobilisation des salariés qui occupent l’entrée du site depuis une quinzaine de jours.

    « Il s’agit de la seule option permettant de rétablir la sécurité des personnes et des installations, tout en préservant l’intégrité du four », écrit la direction. L’intersyndicale, composée de la CGT, de la CFE-CGC et de FO, a immédiatement réagi en organisant un rassemblement avec les salariés et les élus locaux vendredi, accompagné d’un point presse, pour dénoncer « les mensonges de la direction d’OI ». « Ce sont des menteurs », a martelé Yohan Goupille, délégué syndical CGT.

    « Les prétextes cités ne sont pas justifiés. Pendant plus de dix jours, ce sont les salariés qui ont maintenu l’activité et la sécurité en l’absence totale de direction sur le site. C’est toujours OI qui met de l’huile sur le feu. Un accord de méthode a été signé stipulant la fin du PSE au 31 octobre. Pourquoi arrêter le four quinze jours avant ? OI sont des voyous », fustige Yohan Goupille qui confirme que si le four est arrêté, il ne pourra pas redémarrer.

    « Nous constatons une remise en cause du droit syndical par des pressions exercées sur notre Délégué Syndical Central CFE-CGC (Guillaume Boisson, Ndlr), également responsable maintenance, sommé d’organiser l’arrêt du four dans des délais intenables, alors qu’il est mobilisé depuis plusieurs semaines dans les négociations à Lyon. L’utilisation des heures de délégation ne peut être soumise à autorisation ni à contrôle préalable de l’employeur », ajoute l’intersyndicale.

    « Pour arrêter le four, il faut faire couler 400 tonnes de verre au sol. Ça ne se fait pas comme ça. La dernière fois qu’on l’a fait, on s’était préparé pendant trois semaines. On avait mis deux secours électriques, trois secours d’eau et louer deux chargeurs pour sortir le verre. Aujourd’hui, on n’a qu’un chargeur. S’il tombe en panne, c’est la catastrophe. On nous demande d’être prêts lundi matin (le 13 octobre). Mais nous sommes en sécurité avec le four qui fonctionne. Ça ne risque rien. Par contre, si on fait cette intervention rapidement, non organisée, on risque vraiment la catastrophe humaine et industrielle », précise Guillaume Boisson.

    « Toutes nos avancées négociées dans le cadre du PSE ont été conditionnées. S’il y a une destruction du stock, ou qu’une personne commet un acte qui ne va pas, on perd l’intégralité de ce qu’on a obtenu. On répète à nos salariés de rester calme. La frontière entre la négociation et le chantage est fine. Ils veulent que le personnel dégoupille pour justifier leurs actions sauf que le personnel reste très professionnel et ça ils ne l’avaient pas prévu », explique l’intersyndicale qui espère donc rassembler des centaines de personnes jeudi 16 octobre pour pousser l’État à intervenir contre cette fermeture jugée comme un non-sens « social, industriel, économique et environnemental ».

  • À Port-de-Bouc, le dossier du contournement passe une nouvelle étape

    À Port-de-Bouc, le dossier du contournement passe une nouvelle étape

    Conseil municipal extraordinaire, mais durée ordinaire. Ce mardi 14 octobre, malgré les 6 délibérations inscrites à l’ordre du jour, la séance aura occupé les élus près d’une heure et demie. En dépit de leur petit nombre, certains points méritaient qu’on s’y attarde, à commencer par l’avis favorable de la Ville à la demande d’autorisation environnementale soumise à l’enquête publique du contournement autoroutier de Martigues/Port-de-Bouc, qui s’achèvera le 29 octobre.

    Le maire (PCF) Laurent Belsola a salué une « étape historique » dans un « dossier qui traverse les décennies ». « Ce projet s’inscrit dans une histoire longue de plus de 50 ans, dès 1975 avec la municipalité de René Rieubond, la nécessité d’un contournement était clairement posée pour désengorger le centre-ville, améliorer la circulation et la sécurité, préserver la qualité de vie des habitants », a rappelé l’édile. Le 30 juin dernier, la signature du protocole de financement a enfin donné une « réalité concrète à ce que tant de générations espéraient ». Au total, 210,5 millions d’euros ont été débloqués par les pouvoirs publics. Depuis, la Métropole a lancé les études en requalification de la RN568 pour redéfinir l’entrée de ville de Port-de-Bouc.

    Un projet immobilier en question

    « Nous avons devant nous enfin un calendrier concret, s’est réjoui Laurent Belsola. Les dernières acquisitions foncières sont prévues pour le début de l’année prochaine, le début des travaux est envisagé pour 2027 et la mise en service pour 2030. » Une réunion publique aura lieu ce jeudi 16 octobre dans la salle des Aiguades pour apporter toutes les informations nécessaires à la population.

    Un autre dossier a animé les débats : la cession, pour 700 000 euros HT, d’un terrain communal situé avenue des Fabres « actuellement occupé par un ancien hangar vétuste et sans usage », a précisé Rosalba Cerboni, adjointe déléguée à l’habitat (PCF). Inova Promotion, l’acquéreur, prévoit la construction de deux ensembles : un petit collectif regroupant 26 logements intermédiaires et un second bâtiment comprenant six maisons de ville. La municipalité a annoncé vouloir engager une concertation sur l’environnement du quartier.

    La conseillère municipale d’opposition Virginie Pepe (DVD) s’est étonnée du tarif de ces logements intermédiaires « qui ne sont pas accessibles à tous » en prenant l’exemple de la nouvelle résidence de Caronte où le prix du T3 « avoisine les 900 euros ». « C’est du logement intermédiaire grand luxe, même si on n’a pas la maîtrise des
    loyers
    . » Laurent Belsola a expliqué : « Nous avions décidé de faire un parcours résidentiel sur la ville dès 2012 avec notre logement social, notre parc privé et nos lotissements communaux à 30% moins cher que le marché pour permettre aux gens d’accéder à la propriété. Ce logement intermédiaire nous manquait (…) et il permet de rentrer dans du neuf, même s’il est cher. »