Author: tecnavia

  • Force Ouvrière motive ses troupes mais part divisé

    Force Ouvrière motive ses troupes mais part divisé

    Force ouvrière montre les muscles avant la journée de grève et d’actions de ce mardi 29 septembre. « Pour les secteurs comme les écoles, les crèches, les cimetières, les bureaux municipaux, la grève va être très suivie », se félicite Patrick Rué, l’indéboulonnable secrétaire général du syndicat FO des agents territoriaux de la Ville de Marseille et de la Métropole.

    Ce lundi, sur le parvis du Mucem, son syndicat entend faire une démonstration de force avec la visite spéciale d’un bus deux étages de la Fédération des services publics FO et la présence de son secrétaire général, Laurent Mateu. « Le bus est là dans le cadre d’un tour de France en vue des élections professionnelles mais aussi pour informer la population soit sensible aux problèmes des fonctionnaires », développe Patrick Rué. Son secrétaire général abonde : « On arrive dans une période où une grande partie des agents de la fonction publique territoriale touche moins que le Smic. Il est temps de bouger, le mécontentement doit se faire entendre. »

    Des tensions

    avant les élections

    Problème : Avant la visite au Mucem, ce bus FO a fait un tour auprès de Franck Bergamini, le secrétaire général de l’UD FO 13 (lire encadré ci-contre). Une UD qui ne reconnaît pas comme légitime le syndicat des territoriaux de la Ville de Marseille et de la Métropole tenu par Patrick Rué, depuis l’émergence d’un autre syndicat dissident, uniquement sur le champ métropolitain, dirigé par Carine Pinet (lire notre article du 06/03). En effet, Franck Bergamini jugeait le syndicat historique de Patrick Rué « en dehors des statuts confédéraux ». Et ce, alors que la fédération a pris parti pour Patrick Rué. En bref, des dissensions qui ressurgissent avant les élections professionnelles, en décembre prochain, où FO joue sa place de première organisation dans les deux collectivités. « On n’a pas reconnu le syndicat de Carine Pinet. Notre secrétaire confédéral, Frédéric Souillot, a préconisé une assemblée générale. Quoi qu’il arrive, il y aura des listes déposées, et l’on verra quelle liste sera retenue. Il faut gérer ça au mieux », explique Laurent Mateu. Cette espérance de résolution du conflit par le haut est partagée par Franck Bergamini, mais avec une nuance. Car dans le cas où deux listes seraient bien déposées, il prévient : « La confédération tranchera. » D’ici là, les territoriaux fidèles à Patrick Rué se rassemblent devant leur local du boulevard d’Athènes pour cette grève du 29.

  • Spartiates à l’accent suédois

    Spartiates à l’accent suédois

    Il y a quasiment deux fois plus de Suédois à avoir porté le maillot des Spartiates que celui de l’Olympique de Marseille. Avec l’arrivée en dernière minute d’Anton Gradin la semaine passée, survenue suite à la vague importante de blessures, notamment sur le secteur offensif marseillais, à l’image d’Adel Koudri, Oscar Gustafsson et Emil Tavernier, la formation marseillaise a attiré son treizième joueur en provenance du pays des Trois Couronnes. « Quand on regarde des profils et qu’on veut certains joueurs, on n’est pas forcément focus sur la nationalité. Ça vient un peu en deuxième temps. Maintenant, les Suédois, ils ont des bons joueurs », reconnaît Luc Tardif, l’entraîneur des Spartiates. Par ailleurs, son demi-frère Jonathan Zwikel, directeur général du club, et Damien Fleury, directeur du développement des jeunes au Marseille Hockey Club Amateur (MHCA), ont tous les deux déjà évolué dans le championnat suédois. Mais « il n’y a pas une filière en particulier », selon Luc Tardif, conscient que de plus étroites relations ont été tissées avec d’autres pays étrangers. Au classement historique des nationalités étrangères les plus représentées au sein de la structure marseillaise, la Suède n’arrive qu’en quatrième position. La République Tchèque arrive en tête avec 19 joueurs, suivie par le Canada (18) et la Finlande (16), mais devant les États-Unis (11) et la Russie (8).

    Philosophie adéquate

    Pour ce quatrième exercice en Ligue Magnus, les Spartiates comptent quatre Suédois dans leurs rangs : le défenseur Bobbo Petersson, puis les attaquants Albin Nilsson, Oscar Gustafsson et Anton Gradin. « C’est une bonne destination pour les Suédois, parce que je pense que nous sommes des joueurs assez durs. Ils travaillent fort et veulent performer en tant que membre à part entière de l’équipe. Ça correspond à la philosophie que le club met en place depuis plusieurs saisons maintenant. C’est un match parfait », lance David Åslin, pensionnaire du Palais Omnisports Marseille Grand-Est lors de la deuxième partie de saison 2023-2024. Comme Anton Gradin, et très probablement la future recrue qui devrait être annoncée prochainement selon une source proche du club, l’attaquant expérimenté de 37 ans avait débarqué dans la cité phocéenne en cours de saison comme renfort. Il a inscrit neuf buts et délivré treize passes décisives en seulement 31 rencontres de saison régulière. Lors de son départ à l’intersaison suivante, les Spartiates ont recruté trois autres Suédois : le gardien Stefan Steen, puis les défenseurs Viktor Björkung et Albin Lindgren. Le premier a été recruté comme « joker médical » afin de pallier la blessure du gardien titulaire à cette époque, Marek Ciliak, mais les deux autres se sont imposés comme des éléments forts de la défense marseillaise, surtout Björkung avec ses 7 buts et ses 30 passes décisives. Depuis Johan Hedberg, en 2012-2013, chaque hockeyeur suédois a, à sa manière, laissé son empreinte aux Spartiates de Marseille.

  • Imaginaires suspendus à un fil dans les Bouches-du-Rhône

    Imaginaires suspendus à un fil dans les Bouches-du-Rhône

    La marionnette et le théâtre d’objets permettent d’aborder tous les sujets, de traiter de choses parfois graves en mettant à distance et ralliant tous les âges », souligne Emilie Robert, directrice du Théâtre Massalia, à l’heure de présenter la programmation du festival En Ribambelle ! Illustration dès son ouverture le 10 octobre à la MAM (Maison des arts Marseille) avec Shabaab dont le titre « signifie jeunesse », plante Aurélie Noailly, membre de l’équipe du Théâtre Joliette. Portée par l’artiste palestinienne Samar Haddad King, une création « entre danse, théâtre et musique qui raconte une amitié masculine avec toutes les entraves impliquées par le fait de devenir un adolescent sur un terrain de guerre ».

    Mis sur pied en 2014 par la Criée et le Théâtre Massalia, premier lieu permanent dédié à la marionnette en France à la fin des années 1980, En Ribambelle! est le fruit de la synergie ainsi que de la passion commune d’une quinzaine de scènes des Bouches-du-Rhône pour le théâtre d’objets. Dernier venu cette année, le théâtre marseillais de l’Astronef. Cette salle établie au sein du Centre hospitalier Edouard Toulouse accueillera ainsi Les petites variations. Une création qui interroge, à travers « le médium de la carte postale, la transmission entre grands-parents et petits-enfants ». À voir aussi au Théâtre municipal de Fontblanche, à Vitrolles.

    Intergénérationnel

    Musée possédant « l’une des plus grandes collections de marionnettes d’Europe », le Mucem ouvrira pendant les vacances de la Toussaint « aux familles » les trésors de son Centre de conservation et de ressources, situé à la Belle de Mai, précise sa responsable du développement culturel, Cécile Dumoulin. Les jardins du musée de société établi au J4 accueilleront quant à eux Le grand Kami, « marionnette géante qui rappelle l’urgence climatique au cours d’une ode végétale ». Des spectateurs les plus petits aux plus aguerris, la vingtaine de spectacles d’En Ribambelle! saura réjouir tout son monde. Exemple éloquent avec Kosmos, « théâtre d’objet qui nous fait reparcourir la mythologie, pour ensuite devenir burlesque et déjanté », décrit Emilie Robert, qui le programme au Théâtre Massalia. Les publics du Théâtre de la Colonne, à Miramas, et du Sémaphore de Port-de-Bouc, auront, eux, l’occasion de contempler Marcher dans le vent. « Un travail sur ces moments où les enfants ne parlent pas encore, avec l’histoire de Camille qui construit des arbres dans sa chambre et va rendre la forêt vivante », explique Laurence Cabrol, directrice du Sémaphore.

    Clap de fin de la 13e édition d’En Ribambelle! prévue le 27 novembre aux Salins de Martigues, avec Vents contraires. « Une amitié dans une bibliothèque menacée de fermeture, où deux enfants vont découvrir le pouvoir des mots. »

  • Le Compost’Alpes reprend du service sur le territoire

    Le Compost’Alpes reprend du service sur le territoire

    Après une pause estivale, les bénévoles de la Société alpine de protection de la nature et France Nature Environnement (SAPN-FNE) à Gap reconduisent les collectes Compost’Alpes. Trois fois par semaine depuis six ans, un ou une bénévole enfourche un vélo électrique et fait la tournée de la dizaine de restaurateurs et boulangeries partenaires pour récupérer leurs déchets organiques. « Ils représentent environ un tiers des poubelles, explique Lucie Muller, en service civique auprès de l’association. Dans le département, on enfouit les déchets… On permet donc de les valoriser ! » Une fois récupérés, les épluchures, coquilles d’œufs et autres déchets organiques sont apportés sur des terrains mis à disposition de personnes volontaires. Il y en a deux actuellement, dont un dans les jardins partagés de Beauregard à Gap.

    La démarche est particulièrement pertinente à Gap, car la collecte des biodéchets par les services communaux n’est pas généralisée. Depuis 2024, les collectivités ont l’obligation de mettre à disposition des particuliers une solution pour trier leurs biodéchets. « L’agglomération propose bien aux habitants d’immeubles des composteurs, dit Lucie Muller. Mais dans les faits, cela ne cible qu’une partie de la population, il faut que les habitants se renseignent, que la co-propriété accepte, qu’il y ait une utilisation derrière… » En l’absence de véritable service de collecte de l’agglomération, FNE a choisi de cibler les gros producteurs : les professionnels. « On a régulièrement des habitants qui nous demandent s’il y a des collectes pour eux, poursuit Lucie Muller. Mais logistiquement, on a pas les moyens de faire évoluer le dispositif. Il nous faudrait plus de bénévoles et de terrains ! »

  • Le transport à la demande discuté avec des élus voisins

    Le transport à la demande discuté avec des élus voisins

    Le président de la communauté de communes Sud Luberon (Vaucluse) et cinq de ses vice-présidents se sont rendus lundi à Forcalquier pour découvrir le service de transport à la demande qui y est mis en place depuis le mois de février, à titre expérimental. Pensé pour les réalités d’un territoire rural, ce service contribue à préserver l’autonomie des personnes âgées ou à mobilité réduite et à lutter contre leur isolement. Il permet aux habitants concernés de rejoindre plus facilement les lieux de soins, les commerces et les services. En six mois, 150 personnes se sont inscrites et 611 réservations ont été effectuées, dont 454 pour des rendez-vous médicaux.

    Accueillie par David Gehant, président (DVD) de la communauté de communes Pays de Forcalquier Montagne de Lure, la délégation d’élus et de techniciens du Vaucluse a échangé sur le fonctionnement du service et les besoins auxquels il répond. Elle a ensuite emprunté le véhicule jusqu’au centre de soins Paul Nalin, que les élus ont également visité.

    Le service prend les usagers en charge à leur domicile et les conduit vers six points d’arrêt situés à Forcalquier et à Saint-Étienne-les-Orgues. Le tarif est de deux euros par trajet, quelle que soit la distance parcourue.

    Cette rencontre a permis de partager les premiers enseignements de l’expérimentation avec les élus de la communauté de communes vauclusienne, ainsi que les pistes étudiées pour faire évoluer le service.

    L’inscription et les réservations s’effectuent par téléphone
    au 04.72.93.36.18.

  • Des séniors aux minots, du sport pour tous à la Foire

    Des séniors aux minots, du sport pour tous à la Foire

    Le Village des Sports accueille, tout au long de la Foire, les visiteurs curieux de découvrir ou redécouvrir des sports comme le pickleball, le basket, ou du Handisport. Le tout est organisé et encadré par plusieurs associations sportives.

    Ce mardi est une journée dédiée aux femmes sur la Foire, pour qui l’entrée y est gratuite. À cette occasion, deux sportives de haut niveau seront présentes sur le Village. Une joueuse de flag football et prétendante à une sélection en équipe de France, et une joueuse de hockey sur glace, membre de l’équipe des Spartiates, répondront aux questions des visiteurs de 10h30 à 11h30, avant de passer à une démonstration de leur sport respectif. De plus, les joueurs du Marseille Provence Handball seront également présents ce mardi pour partager leur passion et leur expérience à travers divers ateliers et défis.

    Accueil des élèves

    en semaine

    « Pendant les jours de semaine on accueille surtout des classes d’école, et on leur fait découvrir les différents sports représentés sur le Village », précise Jean-Baptiste Bremond, responsable de la communication du Comité départemental olympique et sportif des Bouches-du-Rhône. Lundi après midi, c’est la classe de CM2 de l’école Pomme Sainte Madeleine, qui a pu en profiter. « Le Village est vraiment super cette année. L’an dernier on était dans un endroit bien moins adapté, mais cette année on nous a installés sur la grande esplanade rénovée », confie M. Guirado, leur enseignant. « Je trouve ça bien qu’ils découvrent d’autres sports. Y’a pas que le football dans la vie », poursuit-il avec le sourire. Au total, ce sont 28 élèves qui ont pu découvrir notamment le flag football et une déclinaison de hockey handisport pendant une après-midi. Malgré la quarantaine de minutes de transports en commun pour venir à la Foire et pour rentrer à l’école dans le 11e arrondissement en fin de journée, il trouve que ce déplacement « vaut le coup ».

    « C’est les encadrants du Comité olympique 13 qu’il faut saluer, c’est grâce à leur travail que tout ça a lieu », conclut-il avant de rejoindre ses élèves. Lui-même ravi de donner la possibilité aux minots d’avoir accès à ce type d’activités, et d’inciter ces collègues à faire de même : « Certains profs se plaignent que les élèves ne font pas assez de sport… mais il reste encore des créneaux libres pendant la Foire ! ».

    En plus de l’accueil des écoles, des activités douces liées au sport-santé étaient proposées, ce lundi, aux seniors, pour favoriser l’autonomie et profiter des bienfaits du mouvement.

  • Une voix collective dans la rue

    Une voix collective dans la rue

    À 48 heures de la présentation du budget où 54 milliards d’euros « d’effort » sont déjà annoncés via des coupes dans les dépenses qui vont toucher prioritairement les services publics mais aussi le possible gel du point d’indice des fonctionnaires, une large intersyndicale de la fonction publique appelle à manifester dans la rue.

    Pour faire entendre la voix de ceux qui font « fonctionner le pays », qui en sont l’épine dorsale collective comme on a pu le mesurer durant la pandémie ou les épisodes caniculaires et les incendies. La voix de ceux qui assurent au quotidien la réalité de l’égalité territoriale, qui permettent de se soigner, de se déplacer, de s’éduquer, qui s’occupent des enfants comme des personnes âgées, qui permettent aux salariés d’aller travailler.

    Argent public

    Face à ce modèle social construit après-guerre notamment par la création du statut de fonctionnaires par le ministre communiste Maurice Thorez et des trois versants de cette fonction publique par un autre communiste, Anicet Le Pors, cette journée est l’occasion de dire que la dérive libérale qui ne cesse de vouloir tout déléguer au privé qui coûte pourtant plus cher et d’exhorter à toujours faire plus avec moins, n’est plus possible. L’occasion de dire à ceux qui vont discuter le budget que non, l’aide publique aux entreprises ne peut pas être le troisième poste de dépense de l’État, que non des grandes entreprises ne peuvent pas engranger des milliards de bénéfices sur le dos des difficultés des citoyens comme TotalEnergies avec la nouvelle crise pétrolière sans qu’on ne leur demande rien.

    À quelques heures de la présentation du budget, cela revient in fine à poser une question simple : que veut-on faire de l’argent public. En l’occurrence, pas ce que prépare le gouvernement Lecornu.

  • Spectacle et culture font front commun

    Spectacle et culture font front commun

    Des financements publics en chute libre et un étau qui se resserre autour de la liberté d’expression. » À Marseille, à Avignon comme « partout où il y a des mobilisations », indique Ghislain Gauthier, secrétaire général de la CGT spectacle, les acteurs du monde culturel et du spectacle battront le pavé.

    De la lecture publique à l’audiovisuel, en passant par les écoles d’arts, les opéras, les musées ou les archives c’est un large secteur qui est soumis depuis plusieurs années à des attaques budgétaires. Et les annonces du gouvernement « sur des budgets encore en baisse dans la création et l’audiovisuel, nous font craindre le pire ». Après la crise Covid, après un été caniculaire où de nombreuses représentations ont été annulées, les emplois, notamment les plus précaires, sont à la peine et des structures mettent la clé sous la porte. « C’est sans compter les plans de licenciements invisibles dans le spectacle vivant en raison de créations qui ne se font pas », précise le syndicaliste.

    Face à des financements publics à la baisse, des collectivités se désengagent. « Les difficultés sont multiples. Dans ce contexte de crise budgétaire où nous sommes le premier secteur sur lequel on rogne, nous devons aussi faire face à des programmations annulées par certaines municipalités, d’extrême droite et autres, souligne le secrétaire général CGT spectacle. C’est la liberté de création que nous devons défendre. »

  • La fonction publique, ça se défend !

    La fonction publique, ça se défend !

    Une journée noire : c’est ce que promet l’intersyndicale CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC et FA-FP pour ce mardi 29 septembre. La grève nationale à laquelle ils appellent concerne les trois versants des services publics, soit la fonction publique d’État, territoriale et hospitalière. Et pour cause : pour la quatrième année consécutive, le gouvernement prépare un nouveau gel du point d’indice des fonctionnaires, visant une économie de 2 milliards d’euros sur le dos de ceux qui font fonctionner le pays. Un véritable coup de massue au moment où l’inflation ne cesse d’augmenter dans un contexte de hausse des prix des carburants. « Depuis 2017, les fonctionnaires ont déjà perdu plus de 16% de pouvoir d’achat », arguait la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, au lendemain de l’annonce du Premier ministre. C’est ainsi que partout en France, une journée noire se profile. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la CGT recense 174 rassemblements dans tout le pays.

    Preuve de la colère qui gronde, les dix syndicats de France Travail se joignent à la grève, une première depuis 2018. De leur côté, les sapeurs-pompiers, éreintés par une saison d’incendie inédite, poursuivent leur mobilisation. Les agents rejettent l’austérité promise par l’exécutif.

    54 milliards d’euros, l’austérité chiffrée

    Alors à deux jours de la présentation du budget, tous les yeux sont rivés sur le gouvernement. Dans l’entretien au Figaro du 18 septembre, le Premier ministre prépare les esprits : « Le projet de loi de finances que je propose contiendra un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros, dans la stabilité fiscale. » Et ce, afin de ramener le déficit public à 5% du PIB. Pire que les annonces formulées moins d’une semaine plus tôt par le ministre de l’Économie Roland Lescure, qui, au journal le Parisien, tablait sur un « effort » d’« au moins 30 milliards d’euros ». Si la macronie s’en prend une nouvelle fois aux services publics et ses agents, il réduit le rendement de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises de 8 à 5 milliards d’euros, et la limitant à celles qui réalisent plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires par an.

    De plus, le gouvernement prévoit, dans la même copie, d’augmenter de 6,4 milliards d’euros l’enveloppe dédiée aux Armées et de 800 millions d’euros celle de l’Éducation nationale. À croire que pour les macronistes, tous les services publics ne se valent pas.

    Les Sages planchent sur les non-remplacements

    Les attaques fusent de toutes parts. Dans une note publiée le 21 septembre, la Cour des comptes appelle à un « effort sur la masse salariale », préconisant notamment de ne pas remplacer les départs en retraite estimés à 408 000 entre 2026 et 2032. Seraient exclus de ce calcul des ministères dont des créations d’emplois sont prévus à travers les lois de programmation à savoir : justice, intérieur, armée et recherche. Et puis, tant pis pour l’hôpital et l’école !

    Dans ce contexte, la rue doit s’exprimer et faire basculer le rapport de force. La dernière mobilisation d’ampleur de la fonction publique remonte au 5 décembre 2024, au lendemain de la chute par la censure du gouvernement de Michel Barnier. Quelque 200 000 personnes s’étaient rassemblées partout en France. Cette journée a valeur de test avant la mobilisation nationale prévue le 17 octobre. Les organisations syndicales veulent maintenir la pression à six mois de l’élection présidentielle, alors que certains des candidats déclarés continuent à taper sur les fonctionnaires, les piliers de notre pays.

  • [Entretien] « La construction des services publics est un projet politique »

    [Entretien] « La construction des services publics est un projet politique »

    La Marseillaise : Vous évoquez dans votre ouvrage le flou qui entoure
    la notion de fonctionnaire. Alors, concrètement, de qui parle-t-on ?

    Émilien Ruiz : L’usage du mot « fonctionnaire » est, dans le langage courant, souvent une simplification pour dire agents publics ou personnes dans la fonction publique. Or, cette dernière est composée de plusieurs catégories d’agents qui ne sont pas tous fonctionnaires puisque certains et certaines sont, par exemple, contractuels. Mais de la simplification à la manipulation il n’y a parfois qu’un petit pas. Affirmer, à chaque fois que des données officielles sont publiées, que l’État emploierait toujours plus de fonctionnaires, c’est aussi une façon de ne pas mentionner la tendance lourde de ces 5 à 10 dernières années : la croissance du nombre et de la proportion des contractuels… Si l’on s’en tient à une définition stricte du fonctionnaire comme titulaire du statut, leur nombre a plutôt tendance à stagner et leur proportion à baisser.

    Comment expliquer la perception stigmatisante dont souffrent parfois les fonctionnaires ?

    E.R. : Cela fait partie de stéréotypes très ancrés dans les imaginaires depuis très longtemps. Au XIXe siècle, des Employés de Balzac à Messieurs les ronds-de-cuir de Courteline, toute une littérature satirique a installé dans nos représentations l’idée du fonctionnaire gratte-papier, dont l’objectif est d’en faire le moins possible. Ces stéréotypes sont repris sans discontinuer jusqu’à nos jours, il suffit de penser aux Municipaux des Chevaliers du fiel pour s’en faire une idée plus récente. Mais pour que ces caricatures qui se veulent humoristiques participent de la persistance de stéréotypes peu fondés, il faut ajouter que la population connaît très mal la fonction publique. Quand on parle de la fonction publique territoriale par exemple, beaucoup imaginent que cela correspond principalement à une bureaucratie d’agents du si décrié « mille-feuilles » administratif. Or, l’essentiel des agents territoriaux, vous les croisez dans la vie de tous les jours sans toujours savoir qu’ils sont fonctionnaires : c’est par exemple le cas des Atsem qui assistent les enseignantes et enseignants des écoles primaires, qui sont des fonctionnaires territoriaux.

    Le plan de finance 2027 prévoit
    un gel du point d’indice des fonctionnaires. En parallèle,
    la Cour des comptes suggère de réduire leurs effectifs. Ces attaques contre la fonction publique
    sont assez classiques en France…

    E.R. : On se trouve quasiment dans un réflexe pavlovien : équilibre budgétaire implique réduction des dépenses implique diminuer le nombre de fonctionnaires. Ces dernières années, tout cela a surtout servi à éviter un débat démocratique sur la question des recettes et de la justice fiscale. En 2025, toutes les grandes déclarations, gouvernementales notamment, autour de la nécessaire réduction des effectifs, des suppressions d’agences ont opportunément été concomitantes des discussions autour de la taxe Zucman [proposition de loi de taxation des grandes fortunes, Ndlr].

    Pourtant, ces politiques se soldent souvent par un échec…

    E.R. : Effectivement, mais pas que selon moi : des observateurs contemporains des politiques de réduction des effectifs, dans des milieux plutôt très favorables à la rigueur budgétaire comme l’inspection des finances ou la direction du budget par exemple, l’ont dit avant moi. Pour le dire de façon un peu rapide : faire mieux ou plus avec moins, c’est un bon slogan politique, mais cela n’a jamais fonctionné. Après chaque période de réductions importantes dans les effectifs de l’État, on a pu constater une telle désorganisation qu’il a fallu recruter de nouveau pour tenter de compenser un peu. Pour le dire autrement, il est facile pour le monde politique de s’attirer la sympathie de la population en tapant sur les fonctionnaires, tant qu’on reste flou et qu’on ne dit pas, par exemple, qu’il y a beaucoup trop de profs, beaucoup trop d’infirmiers ou de policiers.

    Plus largement, vous défendez
    que les débats sur le nombre de fonctionnaires relève moins d’un enjeu comptable que démocratique…

    E.R. : Tous les enjeux que nous évoquons impliquent de nous interroger collectivement sur le type de société que nous voulons construire. Comme Arnaud Bontemps, le co-fondateur du collectif Nos services publics l’explique régulièrement depuis la publication de son livre Service public ou barbarie, la construction des services publics, c’est un projet politique. L’histoire longue lui donne plus que raison : s’il y a tant d’agents publics en France, c’est parce que collectivement des choix ont été faits, par les sociétés qui nous ont précédés, de rendre l’école publique, laïque et gratuite par exemple. Un tel choix a bien sûr des conséquences budgétaires ; la question est d’abord politique. Tout le jeu des politiques sur le « nombre des fonctionnaires » que l’on veut réduire sans jamais dire où, c’est justement de dépolitiser cette question. Cela évite d’endosser le coût politique d’une attaque frontale des services publics, cela évite de mettre sur la table tous les éléments de l’équation, et notamment la question des recettes et de la justice fiscale, qui est indissociable de celle des dépenses publiques.