Author: tecnavia

  • Une fête de la science à savourer dans toute la région Paca

    Une fête de la science à savourer dans toute la région Paca

    Un programme aux petits oignons pour la 35e édition de la fête de la science, notamment avec son thème « Saveurs savantes » qui fait la part belle au goût et à l’alimentation du vendredi 2 octobre au lundi 12 octobre.

    La présentation a été faite ce lundi 28 septembre au sein des locaux de l’Inrae Avignon. Pas moins de 917 actions dans 109 communes sont prévues en Paca. « On veut mieux faire comprendre les mécanismes scientifiques et on souhaite que de plus en plus de jeunes s’intéressent aux sciences et aux carrières scientifiques », résume Khaled Bouabdallah, recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et à l’innovation en Paca. « L’alimentation est au cœur d’importants enjeux de santé publique et soulève des questions environnementales majeures, de la résilience des systèmes agricoles à la préservation de la biodiversité », rappellent les organisateurs. Avec en point d’orgue de la dizaine, la nuit de la science avec une soirée spéciale prévue le vendredi 2 octobre dans 4 des 5 départements de Paca. Mais aussi les villages de la science disséminés un peu partout dans les communes de la région.

    Sept personnalités scientifiques ont été nommées ambassadeurs et ambassadrices pour cette édition. Avec des recherches en lien avec la thématique. Comme pour Guillaume Marchessaux, chargé de recherche en écologie marine et biodiversité à l’Institut de Recherche pour le Développement, à l’Institut Méditerranée d’Océanologie à Marseille, et ses travaux sur le crabe bleu. L’espèce, originaire de l’Amérique du Nord, est invasive et menace la biodiversité locale. « Une des pistes pour lutter est de le consommer. Les gros crustacés, ce n’est pas dans la culture du sud de la France, contrairement à la Bretagne. Changer cela, c’est manger local et responsable », assure-t-il. Mais aussi des secteurs qui peuvent sembler plus éloignés.

    Défiance

    Comme pour Guillaume Hébrard, astrophysicien à l’Observatoire de Haute-Provence à Saint-Michel-l’Observatoire dans les Alpes-de-Haute-Provence. « On développe des méthodes pour découvrir la vie sur des exoplanètes. Pourquoi pas découvrir un jour de la vie ailleurs. Imaginons qu’elle ait, comme nous, de la technologie avancée. Puis que nous pourrons communiquer et, si cela se passe bien, de partager un repas », lance-t-il avec un petit sourire en coin.

    Est programmée l’action « Sciences dans les classes » avec pas moins de 400 rencontres entre scientifiques dans les établissements scolaires afin de sensibiliser au monde scientifique. « Les jeunes ont besoin d’une science accessible. Et cet événement est une porte d’entrée », prône de son côté Mikael Akimowicz, enseignant-chercheur en économie à l’Université d’Aix-Marseille et ambassadeur de cette édition. Une problématique d’autant plus importante avec l’émergence de mouvements antisciences ou complotistes. « Ces courants se basent sur de fausses informations et nous devons faire un gros travail pour déconstruire. De rappeler que la réalité est tout autre, c’est extrêmement important », rappelle Khaled Bouabdallah.

    Toutes les informations
    et programme complet sur : www.fetedelascience.fr

  • [JO 2030] Les avis divergent sur les aménagements à Montgenèvre

    [JO 2030] Les avis divergent sur les aménagements à Montgenèvre

    Garantir un héritage durable » : l’expression est revenue plusieurs dizaines de fois lors de la réunion de clôture de la concertation publique sur l’aménagement du site de compétition de Montgenèvre, en vue des Jeux Olympiques 2030. Près de 80 personnes ont participé ce lundi à cette réunion publique organisée par la Solidéo, la société publique en charge de l’aménagement des jeux. L’objectif était de présenter une première synthèse des contributions recueillies dans le cadre de la concertation, qui se tient depuis le 17 août et s’achèvera le 2 octobre.

    Levier économique pour les uns, aberration sociale et environnementale pour les autres : les avis divergent. Mais la majorité d’entre eux sont défavorables à la tenue des Jeux sur le territoire. « Même si d’un point de vue quantitatif, ils ne représentent pas la réalité », a rappelé Diane Pouget, la directrice générale adjointe de la Solidéo. Il est prévu que la station accueille l’ensemble des épreuves de ski freestyle et du snowboard. Sont prévus des aménagements de pistes existantes, le remplacement du télésiège du Prarial ou encore le renforcement du réseau de production de neige. « Chaque euro investi l’est de façon durable et au bénéfice des territoires », a lancé Diane Pouget.

    « C’est une réunion

    de propagande »

    Du côté des personnes et institutions en faveur du projet, comme la CCI ou la Fédération française du bâtiment des Hautes-Alpes, on parle de retombées économiques, de création d’emplois, de modernisation de la station et d’augmentation de l’attractivité de Montgenèvre et de l’ensemble du département.

    Des promesses auxquelles ne semblent pas croire la plupart des participants à la concertation. « C’est une réunion de propagande », a dénoncé Stéphane Faure-Brac du Caojop, un collectif citoyen opposé à la tenue des JO sur le territoire. Des premiers questionnements ont été émis quant au choix de cette station en particulier. « Grâce à son altitude de plus de 1800 mètres et sa très bonne exposition au nord, la conservation de la neige sera très bonne, a justifié Nicolas Laurent-Brouty, directeur de la maîtrise d’ouvrage. La configuration permet d’accueillir plusieurs épreuves sur un périmètre compact, et est propice à l’accueil de spectateurs. »

    Autre inquiétude majeure : l’impact sur la biodiversité. Les opposants dénoncent le défrichage de 5,5 hectares de mélèzes qui sera nécessaire à l’aménagement. « Le tracé a déjà été ajusté pour réduire les impacts sur les zones boisées », a répondu la Solidéo. Le calendrier des travaux sera aussi adapté pour prendre compte « du calendrier écologique ». Des compensations devraient également être mises en place, comme la restauration de zones endommagées. « La meilleure compensation, c’est de s’abstenir », disait un avis, affiché lors de la réunion. Tout le monde ne croit pas non plus à aux retombées économiques. « Il y aura une perte d’attractivité lors des travaux, estime un représentant de l’association Mountain Wilderness 05. Lors des Jeux, il y aura une fuite de la clientèle habituelle. Et tout cela dans quel intérêt ? La station est pleine en hiver, il y a déjà le plein-emploi ! » Quant au coût du projet, qui suscite aussi des critiques, il est estimé à 26,8 millions d’euros. 80% seront pris en charge par l’État et la région Sud et 20% par les collectivités locales. « La majorité de ces aménagements de modernisation auraient de toute façon dû être faits dans les prochaines années », a précisé la Solidéo.

    « Vous vous rendez compte de tous les impacts pour 15 jours de festivités ? On dirait un projet des années 1970, mais on a changé de monde ! Est-ce qu’il y aura de la neige en 2030 ? Je suis terrorisé pour les générations futures », s’est exclamé un opposant. « Je partage votre angoisse, a répondu Elie Patrigeon, directeur Impact Héritage et Durabilité de la Solidéo. Mais je crois au pouvoir des Jeux pour rassembler ».

  • À Tarascon, une Alliance pour la relance de Fibre Excellence

    À Tarascon, une Alliance pour la relance de Fibre Excellence

    Un projet de relance, de diversification et de développement à long terme de l’activité papetière a d’ores et déjà été construit », indiquent les syndicats CGT Filpac et Fibre Excellence. Aux acteurs économiques de manifester leur intérêt.

    Alors que l’État a annoncé reprendre la main sur l’usine de pâte à papier, les syndicats entendent mettre à profit « ce temps relatif » pour « explorer ce que cet outil industriel pourrait devenir demain ». Car le temps presse avant que l’usine ne soit démantelée. Après le départ des anciens salariés du site, le vendredi 25 septembre, les liquidateurs étaient encore à l’œuvre sur le site. Dans un communiqué la LFI a alerté : « le site classé Seveso n’est plus actuellement en sécurité ». Les députés des Bouches-du-Rhône ont interpellé la préfecture pour « agir sans délai », afin de « permettre la reprise d’une activité essentielle à notre souveraineté ».

    Diversifier l’outil

    Convaincus qu’un avenir est possible, et au-delà du maintien de l’activité industrielle existante, les syndicats souhaitent faire « émerger les activités susceptibles de faire évoluer l’outil ». À savoir : « nouvelles productions papetières, valorisation de matières recyclées et de coproduits, production d’énergie, photovoltaïque, méthanisation, pyrogazéification, valorisation du CO2 biogénique… ». Autant de pistes qui demandent à être sérieusement étudiées. Des milliers d’emplois sont en jeu dans tout l’aval de la filière bois et forêts.

    À ce stade, « aucune prise d’engagement n’est demandée. L’objectif est d’identifier les intérêts existants et de faire émerger les possibilités économiques qui pourraient contribuer à l’évolution du site », précise le communiqué. Les entreprises et acteurs économiques concernés sont invités à se manifester « dans les meilleurs délais » à l’adresse : alliance.industries@mailo.com

  • [Sénatoriales] Dans le Vaucluse, Lucien Stanzione, fataliste mais combatif

    [Sénatoriales] Dans le Vaucluse, Lucien Stanzione, fataliste mais combatif

    La marche était cette fois trop haute. Élu sénateur il y a six ans, Lucien Stanzione (PS) n’a pu renouveler son bail au Palais du Luxembourg, cédant son siège au RN, Thierry D’Aigremont. Avec 198 voix (15%), il se classe 3e d’un scrutin où la droite (501 v.) maintient deux sénateurs (Jean-Baptiste Blanc et Dominique Santoni). Lucien Stanzione recule de 86 suffrages par rapport 2020. « Les pertes d’Avignon et Carpentras [aux municipales] c’est moins 130 voix, le handicap était trop fort même si on peut considérer que sans ces communes, j’ai progressé de 50 voix », analyse, ce lundi, Lucien Stanzione.

    « On ne peut pas être satisfait, sur le plan personnel et politique, mais, avec mes colistiers, on ne s’est pas dérobé », estime-t-il dans un contexte électoral guère porteur pour la gauche avec la percée du RN et ses 8 communes. « Je tiens à saluer la responsabilité des partis de gauche qui ont accepté la stratégie d’ancrage territorial, sans attache partisane, et non comme il y a six ans où chaque formation désignait quelqu’un pour être sur la liste », souligne le premier fédéral du PS. La présence d’une liste LFI menée par Julien Gautier (30 v.), très critique sur le bilan du sénateur de gauche, n’a pas été de nature à faire trébucher Lucien Stanzione.

    Celui-ci n’envisage pas pour autant une retraite politique. « Il va falloir reprendre la bataille sur le terrain : trois rendez-vous arrivent, les législatives [a priori en juin], les départementales et les régionales [mars 2028]. Je n’exclus rien pour l’avenir, où mon expérience de sénateur peut servir sur ces scrutins locaux, mais pas aux législatives. On a aussi des jeunes qui émergent qu’il faut pousser pour assurer la relève », se projette Lucien Stanzione.

    Fédération du parti communiste, Vaucluse

    « Ce résultat est la conséquence directe des élections municipales où l’extrême droite a progressé soit par des listes directes soit en faisant élire des personnes avançant masquées sous couvert d’apolitisme. Cela n’entame en rien la volonté des communistes à continuer le combat contre les idées nauséabondes propagées par les parlementaires d’extrême droite. Nous tenons à féliciter les quatre sénateurs communistes sortants réélus au niveau national qui continueront de défendre les intérêts de l’ensemble des travailleurs de ce pays face aux forces réactionnaires ».

    Pierre Bressieux,

    président de la fédération

    des Républicains 84

    « La fédération félicite chaleureusement Jean-Baptiste Blanc pour sa réélection et Dominique Santoni pour son élection.
    Le parti salue le travail accompli par le sénateur sortant et l’engagement de Dominique Santoni au service du Vaucluse et des collectivités ».

    Réactions

  • [Sénatoriales] Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la majorité départementale affaiblie par un faible score

    [Sénatoriales] Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la majorité départementale affaiblie par un faible score

    Le siège sénatorial des Alpes-de-Haute-Provence reste à gauche. Un succès pour Jean-Yves Roux, le parlementaire sortant apparenté Parti radical de gauche (PRG), qui marque aussi l’échec de sa principale adversaire, Stéphanie Colombero, candidate (DVD) de la majorité départementale. Bien en dessous des performances espérées, elle n’a finalement obtenu que 21,9% des voix, soit 122 voix contre 334 pour son adversaire élu. « Ce succès est aussi l’échec de la candidature de droite portée par la présidente du Conseil départemental [DVD], Éliane Bareille et par Camille Galtier, maire [DVD] de Manosque et président de Durance-Luberon-Verdon Agglomération, qui pensaient avec celle-ci contribuer à conforter la majorité sénatoriale (vraisemblablement fragilisée) de droite et du centre, partenaire du macronisme, au Palais du Luxembourg », note en ce sens Daniel Séjourné, responsable PRG des Alpes-de-Haute-Provence. Les communistes du département, qui assurent « saluer » cette réélection et l’accueillir comme un « soulagement (…) dans un contexte national et régional contrasté », disent aussi observer « un désaveu politique clair d’une partie importante des grands électeurs à l’égard des positions politiques portées ». « Nous y voyons notamment l’expression des difficultés et de la colère des élus locaux face aux politiques d’austérité qui frappent leurs collectivités, et dont cette candidate et certains de ses proches apparaissent comme l’un des relais », poursuit la fédération dans un communiqué. La présidente du Département s’est, elle, dispensée sur cette sous-performance : « Je félicite Jean-Yves Roux pour sa réélection et lui souhaite pleine réussite dans la poursuite de son mandat. Je salue le score de Stéphanie Colombero, qui arrive en deuxième position face à un candidat sortant très présent », a-t-elle sobrement commenté.

  • [Sénatoriales] La gauche promet d’entrer en résistance contre le RN

    [Sénatoriales] La gauche promet d’entrer en résistance contre le RN

    Avec 15 membres revendiqués dès dimanche soir après les élections sénatoriales, le parti lepéniste et ses alliés ciottistes de l’Union des droites pour la République (UDR) siégeront ensemble dans l’hémicycle. Même si elle quintuple son nombre d’élus, l’extrême droite restera très minoritaire à la chambre haute : les Républicains (LR) et leurs alliés centristes conservent une nette mainmise sur l’institution, avec respectivement environ 125 et 60 sénateurs (sur 348), en attendant les affiliations définitives au sein des groupes. Mais l’apparition de ce groupe parlementaire donnera au RN du temps de parole sanctuarisé sur chaque débat, des moyens financiers supplémentaires ou encore un espace réservé à ses textes. Le RN devrait également obtenir des postes clés au sein du bureau, la plus haute instance de la Haute assemblée, où la répartition dépend des rapports de force.

    Le président du Sénat Gérard Larcher a semblé fermer la porte à l’hypothèse de priver les élus d’extrême droite de postes clés, promettant de « permettre à chaque groupe d’exercer pleinement ses droits ». « Nous avons une certaine forme de responsabilité, donc il n’y aura pas de complaisance », a pour sa part prévenu le patron des centristes Hervé Marseille. À gauche, ce fait politique fait réagir : le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner a promis d’entrer « en résistance idéologique et politique ». Probable future présidente du groupe écologiste, Mélanie Vogel a, elle, appelé à l’instauration d’un « cordon sanitaire » vis-à-vis de ce groupe. « C’est le dernier moment pour créer un sursaut démocratique », s’alarme l’élue, appelant à « ne pas collaborer avec eux, ne pas voter pour eux, ne rien signer avec eux ». Dans un communiqué, la présidente du groupe communiste et ultramarin promet : « nous combattrons politiquement leurs choix. Face aux colères, au sentiment d’abandon et aux fractures qui traversent notre pays, notre responsabilité est de faire vivre une autre réponse : celle de l’égalité de la solidarité, des services publics et de la démocratie », pousse Cécile Cukierman.

    « Ma crainte, c’est que ce groupe tire la droite vers des positions d’extrême droite », s’inquiète l’écologiste Yannick Jadot. Patrick Kanner craint de voir LR « jouer la lepénisation des esprits ». Gérard Larcher a promis que le Sénat resterait « un contre-pouvoir indispensable en démocratie ». « Si Gérard Larcher prononce ce mot, c’est bien parce qu’une des hypothèses sera de devenir dans quelques mois un véritable contre-pouvoir » en cas d’élection de Marine Le Pen à l’Élysée, estime Claude Malhuret (Horizons).

  • [Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, Muselier cède la Région avec un goût amer

    [Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, Muselier cède la Région avec un goût amer

    Dimanche à 20h, dans la foulée de la validation du résultat de l’élection sénatoriale, Renaud Muselier a signé sa lettre de démission de la présidence de Région qu’il occupe depuis 2016. C’est Christian Estrosi qui assure l’intérim jusqu’à la plénière convoquée le 12 octobre pour élire le nouveau président et son exécutif.

    Son choix pour lui succéder est connu. Le désormais ex-président espère « donner les clés de cette honorable maison » à François De Canson « un maire respecté et un élu local reconnu qui sera un président compétent ». Lui, reste conseiller régional spécial avec des prérogatives sur les fonds européens, les JO d’hiver 2030 et le département des Bouches-du-Rhône.

    Mais Renaud Muselier a beau avoir le cuir politique cabossé par les campagnes électorales, « cette victoire » lui laisse « un goût amer dans la bouche ». Il s’en est fallu d’une trentaine de voix, celles qui ont manqué à la réélection du sénateur d’extrême droite, Stéphane Ravier, pour que le président de la Région passe à côté du Sénat.

    Si « la gauche et les écologistes sont redevenus la première force politique » en nombre de voix comme le rappelle la sénatrice sortante (PS) Marie-Arlette Carlotti réélue avec Jérémy Bacchi (PCF) et Guy Benarroche (EELV), le siège de Jean-Noël Guérini échu à Mireille Jouve après sa condamnation, est tombé dans les mains du Rassemblement national. Le parti d’extrême droite décroche deux sénateurs : Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi. Un siège revient à la sénatrice (LR) sortante Valérie Boyer, et deux à la Liste Devesa – Muselier qui portait les couleurs officielles de la droite et du centre droit.

    « Ce n’est pas à la hauteur de ce que nous espérions. Avec tout ce qu’on a pu faire pour l’aménagement de nos communes et de notre territoire, c’est intéressant comme renvoi d’ascenseur, ça mène à beaucoup d’humilité », ironise l’ex-président de région qui lors de son entrée en campagne début juillet tablait sur quatre sièges. « Sans la division organisée par Mme Boyer et M. Granier, on aurait gagné un siège supplémentaire, c’est bien dommage. Si il y a défaite, c’est la défaite de l’addition », regrette celui qui associe toutefois l’élection de la candidate LR dissidente à son bilan.

    L’inquiétude Retailleau

    « Les appartenances politiques ne s’effacent pas au soir d’une élection », ne tardera pas à lui répondre cette dernière rappelant qu’elle sera la seule à siéger au sein du groupe Les Républicains. « Présenter ce résultat comme l’élection de trois sénateurs de droite ne doit pas masquer une réalité. Renaud Muselier appartient à Renaissance, Brigitte Devésa à l’UDI et sont tous deux macronistes ».

    Ce résultat décevant, Renaud Muselier le met aussi sur le compte d’une campagne « violente » où rien ne lui a été épargné, évoquant des « fausses affaires » reprises avec « des titres à la une » par la presse, des « tracts anonymes », des « soi-disant menaces » et des « trahisons nationales ». Car la rancœur vis-à-vis de Bruno Retailleau, le président Les Républicains, pointe vite. « Vous avez un chef de parti qui part contre son parti, contre la décision de sa commission d’investiture, contre sa parole donnée… C’est pas banal pour quelqu’un qui veut être président de la République. Ça devient compliqué et ça m’inquiète », reprend le nouveau sénateur. « Nous étions partis avec trois sièges, nous les conservons malgré la division mais le total de voix est clair : unis nous avions ce 4e siège voilà pour la triste conclusion : la division a toujours un prix et ce prix est un sénateur RN de plus dans les Bouches-du-Rhône. »

    Au palais du Luxembourg où il siégera « dans la majorité sénatoriale » sans préciser quel groupe, Renaud Muselier promet d’être focus sur la métropole, la loi SRU, la fiscalité et les finances des collectivités, le budget du pays mettant sur la même ligne la reconnaissance faciale et la cyber sécurité, et l’unité à la présidentielle. « Uni, on gagne. On l’a prouvé aux Régionales et on vient de le prouver dans un sens comme dans l’autre aux Sénatoriales. La division entraîne la défaite ». Un défi pour 2027.

  • [Entretien] « La fin de la gratuité des transports est un contresens complet »

    [Entretien] « La fin de la gratuité des transports est un contresens complet »

    La Marseillaise : Comment avez-vous vécu l’annonce de Nicolas Isnard, président de la Métropole (LR), qui dit vouloir supprimer la gratuité des transports ?

    Erwann Bouisseren : Ça a été une surprise, qui s’est transformée en colère juste après. C’est inadmissible. C’est une décision complètement descendante de la part de Nicolas Isnard, le président (LR) de la métropole. Sur le coup, nous avons été abasourdis, surtout venant de quelqu’un qui disait vouloir une « Métropole des maires » [formule utilisée lors de son discours d’investiture le 7 avril dernier, ndlr]. Le conseil métropolitain doit encore voter le 15 octobre, mais reste qu’il prend cette décision tout seul, en amont. Ce n’est pas comme ça que ça doit fonctionner.

    Et il s’agit pour vous d’un choix qui relève du « non-sens »…

    E.B. : C’est un non-sens, en vue de la crise climatique, dont on a déjà constaté les effets. On sort d’une période caniculaire, avec des pompiers morts dans les mégafeux. On traverse maintenant une crise énergétique, avec le gasoil qui atteint bientôt les 2,50 euros le litre. Les gens vont devoir réutiliser leurs véhicules personnels, et on va réencombrer les routes et engendrer plus de pollution, c’est un non-sens complet. Ça va être un coût en plus pour toutes les familles qui vont devoir prévoir un budget en plus pour que les enfants puissent aller à l’école ou participer à des sorties extrascolaires. En période de crise énergétique, c’est inacceptable. C’est un contresens complet. Sachant qu’en plus, c’est un levier pour l’emploi dans un territoire (…) qui permet aux gens de se déplacer librement et d’aller au travail et de trouver un emploi. C’est aussi un levier économique pour tous les commerces. C’est complètement absurde…

    L’objectif affiché est de résorber le déficit budgétaire, que répondez-vous ?

    E.B. : Ils ne savent pas faire autrement que de faire des économies. Ils ne savent pas aller chercher les recettes. Pourtant, elles existent : il y a des compétences qu’on doit récupérer, comme le tunnel prado-carénage, les parkings, la redevance spéciale liée au traitement des déchets. On devrait aussi porter le versement mobilité [contribution financière payée par les employeurs publics ou privés pour financer les transports en commun, ndlr] à 3,2%, comme c’est le cas à Paris, alors que les transports ne sont pas gratuits. Sachant que ça peut aussi être intéressant pour les entreprises, qui lorsque la gratuité est effective, elles n’ont pas besoin de payer 50 à 70% des transports de leurs employés. (…)

    La mairie d’Aubagne a notamment créé une pétition d’opposition. Quelles sont les prochaines étapes ?

    E.B. : Des choses se dessinent. Pour l’instant nous informons les agents de la Métropole mais aussi les citoyens en général. Nous les invitons à signer la pétition mais aussi à interpeller leurs élus. C’est important. (…) Depuis 30 ans nous n’avons plus d’acquis sociaux : on sabre, on fait des économies. Ça devient insupportable.

  • À Marseille, les lycéens cultivent la mémoire de l’Arménie

    À Marseille, les lycéens cultivent la mémoire de l’Arménie

    L’Histoire est condamnée à se répéter si l’on ne retient pas les erreurs du passé », nous préviennent Youssef et Quentin, élèves en 1ère, qui tenaient à prononcer quelques mots à l’occasion d’une cérémonie visant à honorer la mémoire des victimes du génocide arménien. « Un outil face à l’oubli, face aux idées extrêmes, il s’agit d’accomplir notre devoir de citoyen », explique Youssef devant une assemblée franco-arménienne. Dans un climat fraternel, ils profitent également de l’occasion pour souhaiter la bienvenue aux lycéens d’Erevan, la capitale arménienne. « Rien de plus beau que deux peuples qui se rencontrent sans se craindre, rien de plus humain que le vivre-ensemble », se réjouit Quentin.

    La curiosité au cœur

    des échanges

    Concrétisé en 2024, ce programme d’échange franco-arménien représente une opportunité exceptionnelle pour ces lycéens. « Pour certains, c’est le voyage le plus important de leur vie, ils rencontrent des jeunes de leur âge mais avec une histoire différente, ça les touche beaucoup », rapporte Rose Guiragossian, professeure d’histoire-géographie au lycée Nelson-Mandela. Accompagnés par les lycéens marseillais, les élèves arméniens vont découvrir cette semaine le patrimoine culturel de la région.

  • À Marseille, le collège Chape devient le collège Aretha-Franklin

    À Marseille, le collège Chape devient le collège Aretha-Franklin

    Dans la lignée d’une vague de rebaptisations initiée en 2024 par le conseil départemental des Bouches-du-Rhône, le collège de la rue Chape prend le nom de « la Reine de la Soul » Aretha Franklin, figure féminine d’émancipation et de défense des droits. Auparavant nommé selon leur localisation, le Département veut personnifier les collèges. « Les quartiers évoluent, nous avons voulu mettre en avant des parcours de vie exemplaires » défend sa présidente (DVD) Martine Vassal, qui impulse une féminisation des noms d’établissements.

    Désormais, c’est l’hymne à la liberté et à l’égalité Respect qui rythme les interclasses. « Ce mot résonne tout particulièrement dans un collège », appuie Cécile Delboulbé, principale de l’établissement. Et de considérer le collège comme « une période de construction », qui doit se faire « dans le respect de soi, des autres, des différences ». La décision est revenue au conseil d’administration, qui s’est aligné sur la proposition d’une enseignante d’éducation musicale : « Aretha représente des valeurs artistiques auxquelles se mêlent de grands engagements civiques. C’est une voix qui porte, importante pour les adolescents », conclut la principale.