Author: tecnavia

  • Yann Bompard, assistant fictif d’une députée sous emprise

    Yann Bompard, assistant fictif d’une députée sous emprise

    Au premier jour du procès à Marseille de Yann Bompard, 39 ans, le maire Ligue du Sud d’Orange, accusé d’avoir perçu 42 000 euros nets pour 15 mois d’emploi présumé fictif d’assistant parlementaire, l’audience a plongé dans le vif avec la diffusion de l’écoute où la députée de la 4e circonscription du Vaucluse, Marie-France Lorho, apprenant le 5 septembre 2023 que la PJ perquisitionne sa permanence, demande à un assistant de mentir aux enquêteurs sur la réalité des 208 heures forfaitaires par an effectués par Yann Bompard pourtant élu maire d’Orange en novembre 2021, conseiller départemental et président de la communauté d’agglomérations. Un grand moment d’audience.

    « C’est la merde. On a une enquête pour prise illégale d’intérêts », s’affole la députée. « Et bien voilà… Je suis censé dire quoi ? » dit, pas surpris, Jean-Baptiste Rolland, un de ses quatre collaborateurs parlementaires. « Qu’il faisait des discours, qu’il travaillait sinon on va être dans la merde », lance Marie-France Lorho à qui Jacques Bompard, ex-maire d’Orange condamné et inéligible, a cédé son siège en 2017. « C’est quand même chaud de me demander de mentir », maugrée le collab. « Moi aussi je vais mentir », l’amadoue la députée. « Vous couvrir, c’est une chose mais me demander de mentir c’est une autre. Y a rien, aucune trace d’un travail de sa part. Faire une fausse déclaration là-dessus, heu… », freine l’assistant.

    « Un ignoble petit merdeux d’une famille de tarés »

    Rolland la met en garde : « Quand bien même je mentirais, il n’y a aucune trace matérielle pour corroborer nos dires. Pas une photo en 5 ans où il nous accompagne sur un événement. Il n’y a rien, rien, rien. Pour le journal, il a appelé La Poste c’est tout. Il était là les huit premiers mois mais ça s’est arrêté là. Je m’étonne que ça ne nous soit pas tombé dessus plus tôt. »

    D’autres écoutes frappent encore quand ce même collaborateur narre à un proche son audition par les enquêteurs : « Ils ont compris que c’est un ignoble petit merdeux d’une famille de tarés. (…) C’est un branleur, c’est fictif, fictif, il fait comme Pénélope [Fillon]. » Des élus peuvent témoigner pour Yann, « ils sont choisis génétiquement pour leur soumission ». De sa patronne il dit qu’« elle est con comme c’est pas permis. Elle a une culture nulle. C’est juste une bourge qui a l’entregent des bourgeois, sinon c’est une cruche absolue ». Léopoldine, autre collaboratrice sur écoute, plombe la députée : « Je l’avais mise en garde une trentaine de fois. Elle s’est autopersuadée qu’il travaillait. »

    À la barre, la députée réélue en 2022, qui s’est affranchie de l’emprise des Bompard en passant au Rassemblement national, nie tout détournement, réfute même la subornation de témoin. « J’étais perdue ce jour-là. Jamais, j’aurais menti. Le travail de Yann était là », chouine Mme Lorho qui dit sa crainte du clan Bompard qui l’insulte, lui fait des bras d’honneur sur les marchés. « Je m’en veux de ne pas avoir été plus rigoureuse sur le temps partiel. Mais je peux vous assurer que Yann Bompard a rédigé des discours, fait des courriers aux administrés. Je ne les ai pas gardés car je jetais tout. »

    « Elle travaillait de son côté et moi du mien. On avait peu d’échanges », se défend Yann Bompard qui risque l’inéligibilité. « Je n’ai jamais eu la sensation de voler de l’argent à qui que ce soit. Oui la double rémunération pour le travail de maire et celui de collaborateur parlementaire était complètement justifiée. » Pour lui, toutes ses missions se confondent. « Comme maire, je promeus l’action de la députée les jours de marché. L’attaché parlementaire, c’est comme un couteau suisse. Le maire n’agit que très peu finalement, l’administration sert à ça. » Les juges apprécieront. Les électeurs aussi de ce Dallas provençal.

    Réquisitoire aujourd’hui.

  • Avant sa dernière séance, Cécile Helle livre ses conseils

    Avant sa dernière séance, Cécile Helle livre ses conseils

    Le der des der. Selon notre décompte, hors conseils municipaux d’installation, Cécile Helle vivra ce samedi son 94e et dernier conseil municipal en tant que maire d’Avignon. La première magistrate a reçu, ce mercredi, La Marseillaise pour un bilan de cet exercice spécifique du rôle de maire, mené pendant deux mandats.

    La préparation

    d’un conseil municipal

    « Une séance rythme l’engagement de la vue de maire. Lors du premier mandat, je m’étais calée sur les pratiques de Mme Roig [prédécesseure] avec un conseil par mois le soir à 18h. Mais le rythme était trop lourd, pour les services aussi. Là, on est à une séance tous les deux mois, c’est mieux. Le fait de les tenir le matin, on est globalement moins fatigués et les débats sont plus apaisés. A priori, le temps de préparation d’un conseil, c’est l’équivalent de la durée du conseil. C’est ma façon de travailler si vous souhaitez maîtriser tous les sujets. En général, j’analyse les rapports toujours dans la semaine qui précède, tout un après-midi ou toute une matinée pour me permettre de bien me les réapproprier, même si je connais la plupart d’entre eux. Cela me permet de bien relire, de vérifier qu’il n’y a pas d’erreurs, ou de poser des questions aux services pour me retrouver en situation, au moment de la séance, d’avoir la réponse à toutes les questions possibles. Présider un conseil, c’est aussi une épreuve physique. J’ai un tempérament de sportive. Donc la veille, j’allège le programme en soirée, je prends un bon dîner et petit déjeuner pour éviter les fringales. Je ne sors quasiment jamais de la séance. Il faut être attentive du début jusqu’à la fin, parce qu’il suffit d’un moment où vous pouvez laisser votre esprit un peu vagabonder pour que d’un seul coup, il se passe quelque chose. Au bout de 5 heures ou 6 heures, vous en sortez bien fatiguée, physiquement mais aussi intellectuellement. Ce n’est pas un exercice qui risque de me manquer. »

    L’état d’esprit pour cette dernière

    « C’est un conseil comme un autre, important avec notamment le vote du budget. Je ne me projette pas sur des choses particulières, comme ça, je serais peut-être surprise. En général, à la fin du conseil de décembre, je remercie les services pour l’ensemble du travail fait sur l’année, donc là, simplement, je dirais peut-être la même chose, mais pour les 12 ans d’exercice. »

    La délibération qui rend le plus fier

    « C’est toujours difficile de répondre à ce genre de questions, parce que ça veut dire qu’on va citer un projet plutôt qu’un autre. S’il y avait peut-être une délibération à sortir, c’est celle sur la remunicipalisation des cantines scolaires. Elle a été prise au tout début du précédent mandat, où on m’a dit clairement dans les services, que ça ne pourrait pas se faire. Donc il fallait une vraie force et conviction politique pour porter à bout de bras et à marche forcée ce projet dans un timing très court. L’objectif était qu’au 1er septembre 2015, il fallait qu’on soit en capacité de confectionner des repas pour les enfants des cantines. On a réussi à relever le défi, ce qui a permis après aussi d’enclencher la baisse des tarifs sur l’autre mandat. »

    Le moment le plus dur

    à gérer

    « Je retiendrai le contexte lié à la crise sanitaire, ce n’était pas évident. Les assemblées délibérantes ont été bousculées dans leur fonctionnement habituel. Si on m’avait dit en 2014 qu’un jour je présiderais un conseil municipal en visioconférence, je ne l’aurais pas cru. Il y avait des difficultés techniques, des questions de sécurité sur les votes… Cela a été un début de mandat particulier, c’était compliqué aussi, du coup, de créer de la cohésion de groupe. »

    Rires et émotions

    « On peut avoir des fous rires, parfois en fin de séance, lors des questions orales. Mais les conseils d’installations restent symboliquement forts. Il faut profiter de cet instant, où on est encore dans la dynamique de la campagne, du succès, souvent avec des proches dans le public. Mais l’instant est très éphémère parce qu’après, on met les mains dans le cambouis et on est vite rattrapés par la réalité de la fonction municipale. »

    Conseils au successeur

    « L’une des règles, c’est de vraiment faire vivre la démocratie locale : être respectueux de tous les élus, de faire en sorte que quand il y a du débat, y compris contradictoire, ça se fasse dans le respect dû à chacun. Je n’aime pas les attaques personnelles, ce n’est pas comme ça qu’on combat des adversaires politiques, mais sur leurs idées, sur leurs convictions. Je me suis beaucoup inspirée de l’expérience que j’avais eue en tant qu’élue municipale d’opposition, où j’ai siégé pendant 7 ans face à Mme Roig. J’ai été plusieurs fois malmenée, y compris par des attaques personnelles dures. J’ai toujours essayé de me rappeler de ces moments-là et faire en sorte de garantir un vrai débat démocratique. »

  • « Notre salon Entrepreneur 13 propose des solutions concrètes »

    « Notre salon Entrepreneur 13 propose des solutions concrètes »

    La Marseillaise : Vous organisez ce salon alors que les entrepreneurs pointent l’instabilité politique. Quelles solutions proposez-vous ?

    Corinne Innesti : Bien sûr, les entrepreneurs sont inquiets. Personne n’aime travailler quand on ne sait pas à quelle sauce on risque d’être mangé. Quand des choses qui sont acquises changent de régime. Malgré tout, le milieu des entrepreneurs que nous représentons, notamment les TPE et PME, ne se laisse pas abattre dans tous les cas. Il faut qu’on leur montre, selon les thématiques, qu’il y a des solutions. C’est notre but : les accompagner, ne jamais les laisser seuls.

    Et dans quels domaines ?

    C.I. : Le sujet majeur du salon, ce sont les transitions. Demain, il y a la facture électronique qui arrive. Personne ne sait encore à ce jour, véritablement, comment ça va avoir un impact sur le quotidien du chef d’entreprise. Même principe pour l’intelligence artificielle : Comment la voir plutôt comme une opportunité et accompagner pour ne pas être en retard, pour anticiper plutôt que de le subir. Voilà, notre salon, c’est des solutions concrètes.

    Quels temps forts pour ce salon ?

    C.I. : On a des moments phares, on a une plénière et des ateliers qui rythment la journée. On a des « pitch party » où les gens, adhérents ou non adhérents à la CPME, vont venir se présenter, travailler ensemble, expliquer ce qu’ils font. Et au-delà de ça, on convie les écoles, les personnes même sans emploi, on a mis en place aussi un espace dédié aux associations, indépendamment de tout le reste. On montre des valeurs de cohésion. Moi, je crois beaucoup à la cohésion sociale, je pense qu’on doit pouvoir travailler tous ensemble. C’est ouvert vraiment à tout le monde. Notre force, c’est qu’on n’isole pas le monde de l’entreprise.

  • La Région promet 500 millions pour la Défense et la sécurité

    La Région promet 500 millions pour la Défense et la sécurité

    En partenariat avec le ministère des Armées et des anciens combattant, la Région Sud a lancé mardi en grande pompe l’Opération d’intérêt régional (OIR) Défense et Sécurité. Celle-ci s’articule autour de 7 priorités et de 50 actions déjà identifiées, qui doivent être rendues possible grâce à la mobilisation de 500 millions d’euros d’ici la fin du mandat.

    Une initiative qui s’inscrit dans la dynamique sécuritaire et militariste de la collectivité, entamée le 27 mars par Renaud Muselier (Ren.), président de la Région Sud, qui organisait alors une « agora de l’économie de défense ». « Avec cette OIR, la Région ne change pas de cadre, elle accélère. Elle met de la méthode, des moyens, de la clarté politique au service de la défense nationale, au service de la sécurité française, au service de la souveraineté de notre territoire et de la France », a lancé mardi Renaud Muselier, après avoir rappelé la place de choix qu’occupe Paca dans l’écosystème de la défense nationale, identifié comme « la première région militaire de France ». Yves Metayer, officier général de la zone de défense et de sécurité Sud, a quant à lui vivement soutenu la démarche initiée par la collectivité, la qualifiant de « formidable opportunité » pour « capitaliser sur les atouts de la Région Sud, terre de défense historique ».

    Géopolitique instable

    Renaud Muselier s’inscrit dans la ligne d’Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui le 4 mars a lancé le plan ReArm Europe, promettant la mobilisation de 800 milliards d’euros dans les prochaines années pour renforcer la structure de défense européenne. Et dans celle du président de la République qui promet à la France « une économie de guerre ». Yves Metayer voit ces investissements militaires massifs de la Région comme une indispensable réponse au « contexte géopolitique instable ».

    « À l’heure où l’évolution du contexte stratégique impose d’accélérer la transformation de nos armées et notre industrie de Défense afin de les préparer aux engagements les plus durs, la synergie entre les différents acteurs conditionne directement le succès », a-t-il assuré.

    Alors, pour se préparer à toute éventualité, y compris à un potentiel « retour de la guerre », la Région entend, par cette OIR, soutenir la production d’équipement de défense, le développement de grandes infrastructures industrielles et d’entraînement des forces, l’innovation et la recherche, l’emploi dans le secteur mais aussi améliorer les moyens logistiques, de santé et de transport, augmenter les capacités de logement pour les forces et, enfin, permettre un « renforcement de l’esprit de défense ». Tout un programme.

  • Martine Vassal veut rassurer la communauté juive

    Martine Vassal veut rassurer la communauté juive

    Elle l’avait annoncé en conseil métropolitain lors de l’hommage aux victimes de la fusillade de Bondi à Sydney. Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, a présenté mercredi une série de mesures programmatiques pour lutter contre l’antisémitisme. « Au moment où la communauté juive subit des attaques aux quatre coins du monde », la candidate à la mairie de Marseille estime que cette lutte doit être « une cause majeure pour une municipalité ».

    Référents, charte et tolérance zéro

    Annonçant qu’elle prendra la présidence de Marseille espérance si elle est élue, Martine Vassal promet de mettre tout en œuvre pour y faire revenir le grand rabbin de Marseille qui a quitté cette association créée en 1990 pour œuvrer au dialogue interreligieux, depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

    Le plan d’action en lui-même se décline en quatre volets : éducatif, administratif, sécuritaire et culturel. Pour les élèves du primaire, elle propose des partenariats avec des associations, des visites du Camp des Milles et la mise en place de « référents antisémitisme ». Le référent laïcité n’a qu’à bien se tenir.

    Elle plaide aussi pour une « administration exemplaire » en proposant une sanction immédiate pour tous propos et soutiens à des actes terroristes, et le contrôle stricte des subventions. Martine Vassal met aussi sur la table la signature par chaque agent et élu municipal d’une charte contre l’antisémitisme. Et qu’importe si pour l’heure un tel document n’existe pas dans la collectivité départementale qu’elle préside.

    Côté sécurité, c’est « tolérance zéro » contre les « tagueurs antisémites » avec des travaux d’intérêt général pour leur apprendre l’histoire de la Shoah, et le renforcement des contrôles et de la police autour des écoles. Rayon culture, elle veut redonner un élan au Mémorial de la déportation, « délaissé par l’équipe municipale actuelle », pour en faire un lieu qui vive et fasse vivre la mémoire, et lancer un grand cycle culturel festif israélite, dans le cadre du jumelage avec Haïfa.

    « Il faut que la communauté juive retrouve sa place dans la 2e ville de France », martèle Martine Vassal. « Ce plan a un sens politique », glisse le macroniste Romain Simmarano arguant que le Printemps marseillais n’a pas acté qu’il ne ferait pas d’alliance avec LFI au 2e tour des municipales. Pour la droite locale, surtout, il a d’autant plus de sens que le vote RN n’a jamais autant séduit la communauté juive.

  • Entendre la jeunesse des foyers sociaux

    Entendre la jeunesse des foyers sociaux

    L’aide sociale à l’enfance est en souffrance. Cela ne concerne pas uniquement le département des Bouches-du-Rhône mais l’ensemble du territoire national. Les métiers liés à la prise en charge des enfants en danger subissent une telle crise de recrutement que le turnover des éducateurs et des personnels est massif. Comment, dans ces conditions, assurer la stabilité à des enfants, des adolescents et des jeunes adultes aux vies déjà fracassées par les violences, l’abandon ? Comment se reconstruire si l’aide à l’enfance vacille ? Réinvestir massivement dans ces métiers, revaloriser ses fonctions c’est prévenir les insupportables dérives, heureusement minoritaires, qui ont lieu dans les maisons d’accueil.

    Protéger

    Le premier impératif est de protéger les enfants et, dans le même temps, de respecter leurs droits absolus à être bien traités, entourés, aimés, accompagnés. Cela vaut pour tous les enfants et plus encore pour ceux qui sont placés par la justice et donc confiés à la collectivité. Les jeunes adultes et adolescents de Bois Fleuri prennent aujourd’hui la parole pour être considérés, écoutés, respectés. Leur force collective fait avancer les choses et le dialogue est désormais ouvert entre eux et le Département avec un rendez-vous important vendredi 19 décembre. Leur désir est de ne plus être ballottés, de pouvoir tracer leur avenir, s’émanciper en dépit des obstacles, des carences affectives, est d’une énergie remarquable.

    L’aide à l’enfance mérite toute notre attention car son niveau de qualité est le baromètre d’une société qui fait le choix de la solidarité, de la protection des plus fragiles et de l’inclusion de toutes et tous.

  • Une nuit au plus près des démunis et sans-abri

    Une nuit au plus près des démunis et sans-abri

    C’est tout sauf une opération de communication ! » Au sein de La Grande Maison dans le 3e arrondissement de Marseille, un centre d’hébergement d’urgence géré par le CCAS (centre communal d’action social) et plusieurs associations, la Ville et l’État ont présenté les grandes lignes de la prochaine nuit de la solidarité. Cet événement, qui rassemble 1 000 bénévoles, a pour objectif de « mesurer les besoins des personnes sans-abri à un instant T » et se tiendra le 22 janvier prochain, de 17h à 23h. « À travers un questionnaire anonyme, on essaie d’identifier les urgences auxquelles ils et elles sont confrontés », rappelle Audrey Garino (PCF), adjointe au maire de Marseille, en charge des affaires sociales et de la solidarité. « Ces données permettent de qualifier les urgences sur notre territoire. Et de pouvoir déployer des dispositifs pour y répondre », développe l’adjointe communiste. L’opération est d’ampleur : « Elle agrège un très large réseau d’acteurs de la solidarité », avec une dizaine d’associations parties prenantes. Le tout, dans un cadre national puisque se déroulant sur plusieurs communes simultanément.

    Une dimension scientifique et humaine

    Mais forcément, elle a une résonance particulière dans la cité phocéenne. « Notre ville souffre d’un taux de pauvreté conséquent, plus que la moyenne nationale. Ce taux ne fait qu’augmenter et tous les chiffres locaux en attestent », déplore Audrey Garino. « On n’a jamais eu autant de places d’hébergement mais il n’y a jamais eu autant de personnes dans la rue », abonde Léopold Carbonnel, directeur adjoint de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS).

    Ce dernier pointe l’importance d’un tel événement : « Il y a aussi une dimension scientifique car nous sommes sur des phénomènes qui ne sont pas simples à mesurer. La grande précarité est souvent invisible et il y a un vrai enjeu à mieux l’appréhender. » Pour cette 5e édition, l’opération a évolué : Elle prendra la forme de maraudes dans certains arrondissements. La Ville prévoit aussi la distribution de produits pour lutter contre le froid grâce à une grande collecte menée depuis plusieurs semaines. Et des formations sont prévues pour les bénévoles qui participeront à l’opération, délivrées par l’association La Cloche. « Plus de 700 et 800 Marseillais ont été formés sur les premières éditions à l’aller vers, c’est-à-dire la déconstruction des clichés », explique Pauline Deluca, responsable de l’association. Elle insiste sur ce volet humain « pour mieux comprendre la grande exclusion ». D’où un site internet* pour les inscriptions des volontaires. « Il y a besoin de bénévoles, sans eux cette opération n’est pas réalisable », martèle Audrey Garino. Avant de rappeler que cette nuit est « un point d’appui indispensable pour engager des politiques publiques ».

    *nuit-solidarite.marseille.fr

    « Un point d’appui indispensable pour engager des politiques »

  • Mobilisés devant Bois Fleuri, ils obtiennent une audience

    Mobilisés devant Bois Fleuri, ils obtiennent une audience

    Le constat était alarmant. Des faits graves mettaient les enfants en danger. Je suis ici depuis un mois dans un esprit de dialogue, je vérifie le nombre de personnels, le niveau des diplômes et le respect des conditions de travail », s’est adressé Philippe Houbart, administrateur mandaté par le Conseil départemental 13, au comité de soutien. Et de préciser : « C’est une suspension d’un mois, renouvelable, non une fermeture. ».

    « Que vont devenir les jeunes et les salariés ? », a interrogé Bernard Cresta, délégué syndical central des établissements médico-sociaux. Le président de l’association Bois Fleuri, qui l’accompagnait, s’est simplement rangé « du côté de l’administrateur », regrettant une mobilisation, le jour du Noël des enfants. Mais si l’heure est à la réflexion pour l’institution, elle est à l’urgence pour les jeunes, car les appartements doivent être libérés le 22 décembre. « Nous ne sommes pas manipulés, nous sommes adultes, nous avons juste demandé un soutien. Et des réponses claires car on y a droit », a clarifié Shayma. « Soyons réalistes, c’est pour un mois ou pour toujours ? » a insisté Mascillia. Également déterminée, Abygaël a souligné : « Ma colloc et moi, on n’a toujours aucune solution, c’est lundi le 22 ! »

    Faire remonter

    les demandes

    « Le problème de la Mecs a été signalé il y a déjà des mois… » reproche encore une éducatrice. « C’est bien plus qu’une histoire de logement. Vous réalisez ça ? », embraye un autre salarié. « On a pas reçu les 400 euros de budget du mois. On va le toucher ? », s’inquiète encore Shayma. Les nouvelles structures d’accueil prendront le relais. Sur les 26 jeunes et enfants placés concernés par la fermeture provisoire des deux unités, « il ne reste que six cas à régler », a indiqué Philippe Houbart. « On vous le dit, on ne bougera pas si les solutions sont intenables », ont assuré les jeunes. Devant leur ténacité, avant de repartir partager « les crêpes avec les enfants », l’administrateur n’a pu que convenir : « Je vais faire remonter vos questions. Voir s’il est possible de garder ouverts les appartements… » Les lignes semblent bouger et les lettres et les appels à l’aide ont commencé à porter leurs fruits. « On a rendez-vous vendredi au Département », confiait Shayma.

    Pour leur part, l’adjointe au maire en charge de la place de l’enfant dans la ville, Sophie Guerard et Christophe Hugon, conseiller municipal délégué au numérique, venu sur le rassemblement, déclarent qu’« il est urgent de suspendre cette suspension et de trouver une solution plus humaine ».

  • La CGT, qualifiée de « mafia des dockers », porte plainte

    La CGT, qualifiée de « mafia des dockers », porte plainte

    Dans un communiqué commun diffusé ce mercredi, la CGT des dockers et portuaires de Fos, les dockers CGT de Marseille, le syndicat CGT du Grand Port maritime et de Fluxel, ainsi que la fédération nationale CGT des ports et dock, ont annoncé qu’ils allaient déposer plainte suite à des « propos mensongers et insultants », tenus par le chroniqueur de l’émission « Les Grandes Gueules », Jean-Loup Bonnamy, sur les ondes de RMC ce mardi.

    « Les dockers de la CGT ont complètement détruit l’activité du port de Marseille, les bateaux préfèrent aller à Gênes, où c’est bien tenu, plutôt qu’à Marseille, où c’est complètement tenu par la mafia des dockers. Ils jouent un rôle dans le narcotrafic », osait le normalien, dans la foulée d’une visite à Marseille sans annonces concrètes d’Emmanuel Macron.

    « Les ouvriers dockers et travailleurs portuaires sont les premières victimes de ce narcotrafic et nos camarades du Havre en ont payé un lourd tribu avec l’assassinat d’un des leurs », rappellent les organisations syndicales, cinq ans après l’assassinat d’un docker CGT par des trafiquants dans le port normand. « Comment peut-on affirmer que les marchés sont détournés vers Gênes, “mieux organisé”, alors que la réalité est très différente avec une précarisation des emplois et des problématiques justement d’organisation qui amènent régulièrement à des tensions sociales en Italie ? », interpellent aussi les signataires du communiqué, soulignant que, au contraire, les propositions formulées par leurs organisations « ont été partagées par de nombreux acteurs économiques et politiques et plus particulièrement du port de Marseille – Fos ».

    « Ce genre de dénigrement nous conforte dans nos valeurs d’unité, de solidarité et de lutte des classes pour améliorer nos acquis sociaux, nos emplois et développer nos activités de nos ports », écrivent-ils. Des actions sont envisagées pour obtenir des excuses du chroniqueur, mais aussi de la chaîne et de ses propriétaires, la CMA CGM.

    De son côté, le sénateur PCF Jérémy Bacchi a aussi apporté une condamnation immédiate des propos. « Laisser entendre qu’ils seraient complices est grave, faux et irresponsable », appuie-t-il, rappelant qu’ils sont « des travailleurs essentiels qui défendent leurs droits et un outil stratégique pour le pays ».

  • Municipales : les écolos de Vitrolles en soutien de Loïc Gachon

    Municipales : les écolos de Vitrolles en soutien de Loïc Gachon

    Le maire de Vitrolles Loïc Gachon (PS) a le soutien des Écologistes. Réunis en assemblée générale stratégique, les adhérents ont acté leur appui à la future candidature de l’édile.

    « Aujourd’hui, on ne peut que saluer toutes les positions prises par la Ville sur les sujets écologiques », affirme Frédéric Izacard, représentant du groupe local de Vitrolles, Rognac et Cabriès depuis 2024. Parmi les projets plébiscités : la communauté d’énergie citoyenne, qui permet aux particuliers de s’associer à la municipalité pour produire et consommer une électricité locale, d’origine renouvelable, en installant des panneaux solaires sur les bâtiments, le renouvellement du chauffage du centre urbain par des systèmes décarbonés ou encore le plan d’alimentation territorial. « Ce ne sont pas des positions programmatiques, ce sont des choses qui sont lancées, qui sont déjà en cours », constate Frédéric Izacard.

    Rassembler la gauche

    Avec ce soutien, le groupe local s’inscrit dans la ligne nationale des Écologistes. « On est souverain, on n’a pas de consigne mais les grandes orientations privilégient les rassemblements de gauche, ce qui explique le choix fait sur Vitrolles », explique le représentant.

    Loïc Gachon affrontera Damien Bravi, directeur de cabinet du maire de Rognac Christophe Gonzalez, investi par le Rassemblement national. Le groupe local des Écologistes dit ne pas avoir de « peur particulière par rapport à cette candidature-là », bien qu’elle soit « agressive et professionnelle », le délégué général du label d’extrême droite « La Provence qu’on aime » étant expérimenté. « La menace du RN est un sujet d’actualité puisqu’on a une dynamique assez forte au niveau national, on la suit avec beaucoup d’attention, mais Vitrolles fait partie des villes qui ont connu l’extrême droite et, aujourd’hui, la politique locale contribue à éviter ce risque, analyse Frédéric Izacard. Le travail de fond est fait. »