Author: tecnavia

  • Passage de l’art nouveau à l’art déco au Château Borély

    Passage de l’art nouveau à l’art déco au Château Borély

    Sitôt l’escalier monumental d’honneur du Château Borély gravi, deux portraits majestueux s’offrent à la vue des visiteurs. 11 années seulement les séparent mais ils témoignent pourtant de la transition de l’art nouveau à l’art déco. Peint par Antonio de La Gandara en 1901, l’un figure Madame Salvador, alanguie dans sa robe noire et dentelée aux courbes sinueuses. Imaginé en 1912, l’autre représente l’immense chanteuse de music-hall marseillaise Gaby Deslys, « pleine face, une coupe à la garçonne et des lignes beaucoup plus géométriques », détaille Marie-Josée Linou, directrice du Musée des arts décoratifs, de la faïence et de la mode, théâtre du 8 mai au 25 avril de l’exposition « Art nouveau – Art déco. Marseille au cœur des styles ». Marseille, justement, une ville qui « n’est pas un foyer des plus actifs du style art nouveau, mais où l’art déco prend ensuite plus d’importance », rappelle-t-elle, pointant entre autres un paravent « aux lignes très stylisées » issu du studio photo de Félix Nadar, installé sur la Canebière en 1897, ou encore une balustrade provenant d’un hôtel particulier marseillais marquée par des motifs d’ombelles. Une douce et lente transition de l’art nouveau à l’art déco, certaines œuvres de l’affichiste David Dellepiane en étant des exemples éloquents.

    Correspondances

    Impossible également de passer à côté de l’école de Nancy, « foyer d’art nouveau en France », indique Elise Vanriest, commissaire de l’exposition, « alliance provinciale des industries d’art qui se sont associées pour la production d’objets ». 300 œuvres jalonnent ce parcours dans lequel, fidèle aux styles concernés, « céramique, verrerie, mode et mobilier se répondent ». Illustration suprême dans la chambre d’apparat des Borély, datant du XVIIIe, où le mobilier réalisé par la manufacture des Gobelins et décoré par Jules Chéret fait correspondre les époques.

  • À l’Opéra de Marseille, une saison en attendant

    À l’Opéra de Marseille, une saison en attendant

    La nouvelle saison 2026/2027 de l’Opéra de Marseille a été officiellement annoncée mercredi 6 mai en conférence de presse par Maurice Xiberras, le directeur général de la maison, Michele Spotti, son directeur musical et Gwénaël Richerolle, délégué au patrimoine municipal et aux équipements culturels. Maurice Xiberras se félicite des sept productions d’opéras et cinq d’opérettes proposées pour la saison prochaine. Elle s’ouvrira le 2 octobre avec Don Giovanni de Mozart mis en scène par la comédienne Agnès Jaoui. La basse Nicolas Courjal sera le séducteur et la distribution alignera des valeurs à suivre. Lawrence Foster reviendra pour l’occasion dans la fosse.

    Très intéressant aussi, Le Villi (titre en italien) en novembre. C’est le premier opéra de Puccini. Les « Villi » sont des esprits rancuniers qui se vengent d’amants infidèles. Paolo Arrivabeni en assure la direction. L’œuvre très brève, mise en scène par Stefano Poda rassemblera Alexandra Marcellier, Thomas Bettinger et Marc Scoffoni.

    Les fêtes de fin d’année résonneront des couplets d’une Périchole prometteuse. Eléonore Pancrazi y fera une prise de rôle aux côtés de Marc Barrard et Kaëlig Boché. Février verra la reprise du Don Carlo de Verdi dans la production signée Charles Roubaud de 2022 avec Nino Machaidze, Elisabeth de Valois et Enea Scala, Carlo. Michele Spotti à la baguette laisse présager de grands moments lyriques.

    Aussi bien des valeurs sûres que des trouvailles

    Il en sera de même avec la version concertante de Maria Stuarda de Donizetti. En invitée de marque Jessica Pratt chantera la Reine d’Écosse aux côtés du ténor John Osborn. Mireille de Gounod apportera, en avril, sa touche de couleur locale. Charlotte Bonnet sera Mireille et Julien Dran, Vincent. Le ténor est aujourd’hui l’une des valeurs les plus sûres du chant français. Fin de saison en majesté avec la reprise de Turandot de 2019, mise en scène par l’incontournable Charles Roubaud. Csilla Boross chantera sous la baguette de Fedrico Tibone, pour la première fois la reine frigide et Vicenzo Costanzo sera son Calaf.

    Pour ce qui est du Théâtre de l’Odéon, outre quelques titres alléchants, comme La fille de madame Angot de Lecocq, La Vie Parisienne ou le Prince de Madrid de Lopez, on pourra s’attarder sur Toi c’est moi. Une œuvre de 1934 de Moisés Simon, dont l’air le plus fameux invite à nous prélasser sous les « palétuviers roses ».

    C’est un retour à l’original que proposera « La vie de bohème » en rapprochant le roman de Murger et la partition de Puccini, mise en scène par Olivier Desbordes. Une saison qui aligne donc trouvailles et valeurs sûres.

    Programme complet dévoilé au public samedi 9 mai et visites des lieux entre 9h15 et 17h.

    Travaux en suspens

    Si la nouvelle équipe municipale ne mégote pas son soutien à l’Opéra, Benoît Payan étant un vrai lyricomane, il reste que les travaux de restauration du bâtiment, devenus nécessaires, voire urgents, ne sont toujours pas actés à ce jour. Le temps presse car il faut ajouter au temps des travaux celui des prises de décisions administratives. Le classement du bâtiment aux monuments historiques oblige à la circonspection. « On ne peut pas changer un clou sans en référer à la Drac », ironise Maurice Xiberras. Le choix d’un lieu de repli n’est toujours pas envisagé. Quid de l’Opéra hors-les-murs ? Une salle pérenne ou un lieu provisoire ? Comment s’assurer que le public sera fidélisé avec un lieu éloigné du centre-ville. Et surtout faudra-t-il pour Maurice Xiberras surmonter les obstacles que présentent la constitution des coproductions à venir et l’engagement des artistes. Une saison se prépare trois ans à l’avance et la saison 27/28 est toujours dans les limbes. Il n’est donc pas envisageable de laisser la deuxième ville de France sans salle d’opéra, quel qu’en soit le délai. Dont acte !

  • Symphonique et danse au programme de l’Opéra de Marseille

    Symphonique et danse au programme de l’Opéra de Marseille

    Même si les chiffres sont froids, le fait que l’Opéra de Marseille, la plus grande salle d’opéra en région, affiche complet – voire refuse du monde – pour les concerts symphoniques est un très bon indice de satisfaction. Tout comme les chanteurs lyriques, les solistes et interprètes viennent et reviennent avec plaisir et sont impressionnés par la qualité de l’orchestre. Un beau résultat dû au travail patient et acharné de chefs comme Patrick Davin, Lawrence Foster et maintenant Michele Spotti.

    Cette saison, une trentaine de concerts symphoniques, récitals divers, musiques de chambre se partageront l’affiche avec des partenaires comme Marseille Concerts, Musicatreize ou le Gmem. Si les programmes font naturellement la part belle à Beethoven – bi centenaire oblige – Brahms (parfois programmé à l’Odéon pour retrouver une certaine tradition d’époque avec moins de musiciens), Schumann, Strauss, Mahler ou Haydn et Dukas ont leur place. Seuls les compositeurs Français sont oubliés (sans parler des compositrices…), mais ils se trouvent souvent dans les programmes de Musique de Chambre.

    Ouvertures

    Entre le 18 octobre et le 25 juin, Michele Spotti, largement plébiscité par le public, cédera aussi la baguette à des nouveaux venus, qu’ils soient chevronnés ou prometteurs. Ainsi on pourra découvrir Alpesh Chauhan, Satoshi Yoneda, Daniel Cohen ou notre talentueux Da-Min Kim dans la double performance de chef et violoniste. La danse aussi est à retrouver avec l’École nationale de danse de Marseille, surtout à l’occasion du centenaire de la naissance de Maurice Béjart et les 40 ans du Béjart Ballet Lausanne avec un extraordinaire programme Ravel et Stravinsky (Boléro – Oiseau de feu). L’Opéra municipal de Marseille, poursuivant sa politique d’ouverture aux plus larges publics, mène toujours des actions vers les jeunes, les publics empêchés ou les personnes en situation de handicap. Côté tarifaire, il ne change pas le prix des places tant pour les opéras que pour les concerts. Ouverture des abonnements dans quelques jours. L’Opéra de Marseille, s’il est parfois objet d’inquiétude, peut aussi être objet de fierté des Marseillais, tout comme le maire de Marseille.

  • [Entretien] Jean-Paul Delfino : « Suzanne Valadon était une femme qui a mis la liberté en action »

    [Entretien] Jean-Paul Delfino : « Suzanne Valadon était une femme qui a mis la liberté en action »

    Jean-Paul Delfino est un écrivain-voyageur passionné. D’abord par le Brésil et sa musique, ses premières amours après une interview de sept heures réalisée avec le guitariste Baden Powell. Mais surtout par la liberté. À travers ses romans, il raconte des vies passées. Sa conférence, donnée ce jeudi, portera sur la peintre Suzanne Valadon, figure malgré elle de la libération des femmes dans le Paris des Années folles. Rencontre avec un écrivain avide de voyages et de partage, citoyen du monde revendiqué.

    La Marseillaise : On vous surnomme « l’écrivain le plus Brésilien de France ». Quelle relation entretenez-vous avec ce pays ?

    Jean-Paul Delfino : Après ma rencontre avec Baden Powell, je suis allé une première fois à Rio de Janeiro. J’ai ressenti ce que j’appelle un « AVC amoureux » pour le pays. Difficile à croire, je sais, mais en une semaine, j’ai appris à parler la langue ! Le Brésil est un pays anthropophage : vous venez, il vous happe et vous en ressortez amoureux. C’était aussi une rencontre artistique avec la musique brésilienne. J’ai la chance d’avoir été ami, pendant trente ans, avec Pierre Barouh, grand musicien de bossa-nova. J’y ai aussi rencontré des artistes devenus des proches, comme João Gilberto ou Roberto Gil. Pierre avait une belle façon d’expliquer l’attachement que l’on peut ressentir instinctivement pour un endroit, une personne : les « rivières souterraines ». Elles nous lient ou nous éloignent de manière invisible, inexplicable.

    Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à la vie de l’artiste et muse Suzanne Valadon (1865-1938) ?

    J.-P. D. : J’ai reçu il y a quelques années un appel de Chiara Parisi, historienne de l’art et directrice du Centre Pompidou de Metz. Elle m’a demandé un travail biographique sur Suzanne Valadon, qui fut une peintre et une personnalité majeure du milieu de l’art, à Paris, dans les années vingt.

    Qu’est-ce qui, dans son parcours, vous a touché au point d’en faire le personnage principal de votre roman « L’Affranchie de Montmartre » ?

    J.-P. D. : Suzanne Valadon était une femme qui a mis la liberté en action. Elle était analphabète, alcoolique, issue d’un milieu prolétaire. Dans les années 1910, elle est devenue la modèle de peintre la plus connue de Paris. Puis elle a décidé de devenir peintre à son tour, alors que ça ne se faisait pas à l’époque. Elle n’a demandé de conseil à personne, bien que proche d’artistes comme Toulouse-Lautrec, Renoir, Degas… Elle a cassé les codes de la féminité traditionnelle, en aimant des hommes beaucoup plus vieux ou beaucoup plus jeunes, en vivant sa sexualité librement. Je suis tombé amoureux de son parcours.

    Vos romans relatent les histoires de personnalités libres, artistes, voyageuses. Quelle est la quête de votre travail littéraire ?

    J.-P. D. : Ce qui m’intéresse, ce sont les moments de rupture. La vie ne vaut d’être vécue sans risque. C’est ce que l’on retrouve dans le parcours de Suzanne Valadon, mais aussi de Paul Gauguin, qui a quitté sa femme et ses enfants pour vivre en Nouvelle-Calédonie. À 11 ans, j’ai fait un rêve étrange : je me suis vu à 50 ans, malheureux, enfermé, avec une vie sans saveur. Je fuis cela, grâce à l’écriture, au voyage. Je pense que les voyages devraient être remboursés par la Sécu ! (rires). Je réalise aussi mon intérêt pour raconter des événements passés. Je suis assez inadapté au monde actuel je crois !

    Vous exposerez vos récents ouvrages lors du Salon du livre de Gémenos, aux côtés de jeunes auteurs. Quel regard portez-vous sur l’avenir du monde du littéraire ?

    J.-P. D. : La littérature, c’est la liberté absolue. Aujourd’hui, le rachat de maisons d’édition par Bolloré, Kretinsky, c’est la fin de cette liberté. Pour les jeunes auteurs, il faut retrouver du sens pour écrire, du courage aussi. Car, comme disait Raymond Devos : « La liberté s’use quand on ne l’utilise pas. »

    La 5e édition du Salon du livre de Gémenos se déroule samedi 9 et dimanche 10 mai, de 10 à 19h, à la salle municipale Jean-Jaurès, place de la mairie. Entrée gratuite.

    Jean-Paul Delfino sera présent pour échanger avec le public et dédicacer ses ouvrages. Sa conférence est prévue dès ce jeudi 7 mai, à 18h30, à la médiathèque.

    « Ce qui m’intéresse, ce sont les moments de rupture. La vie ne vaut d’être vécue sans risque »

  • Alpes-de-Haute-Provence : des Escapades gratuites pour une programmation internationale

    Alpes-de-Haute-Provence : des Escapades gratuites pour une programmation internationale

    Le festival gratuit des Escapades revient en juin pour sa 16e édition, mais il durera, pour la première fois, trois jours au lieu des deux habituels. « On a fait le pari de programmer deux concerts chaque soir pendant trois jours plutôt que trois concerts par soir sur deux jours », explique Elodie Presles, la directrice du théâtre Durance, organisateur du festival. Pour le rendre encore plus accessible, l’équipe du théâtre a mis en place des gilets vibrants afin que les personnes sourdes, malentendantes ou atteintes de troubles autistiques puissent « écouter la musique autrement ». Une brigade verte a également été prévue pour veiller au bon recyclage des déchets.

    « Et demain ? »

    Au programme pour le premier soir de cette édition, la chanteuse Ala.ni, « choriste à la base » qui tient à venir avec son propre micro, et Mélissa Laveaux, canadienne et haïtienne. Elles laisseront la place à une artiste originaire des Hautes-Alpes, OTTiLiE [B], vendredi 19 juin, explique Elsa Gaubert, administratrice du théâtre en charge de la programmation. Le groupe Karma Sheen, qui a une « esthétique proche des Beatles et de Led Zeppelin », prendra sa suite sur scène. Ce sera le seul groupe exclusivement masculin du festival, les organisateurs prêtant une grande attention à la parité, avance Elsa Gaubert. « Le vendredi soir, c’est souvent un public de festivaliers qui viennent de loin, alors que le samedi, c’est plutôt des familles », remarque la directrice. La DJ franco-algérienne La Louuve clôturera cette soirée festive aux platines, avec ses inspirations raï et électro. « Elle s’est donnée comme défi de faire danser toutes les mamans », relate Elsa Gaubert. Le samedi, ce sera au tour de Sarab, groupe franco-syrien qui chante aussi bien en français qu’en arabe. Le groupe autrichien « 100% féminin » Friedberg jouera ensuite. « L’un de leurs morceaux a été utilisé pour la bande-annonce du jeu vidéo Fifa 2000 et pour celle de la série Normal People », se réjouit la programmatrice. « C’est une musique pop, envoûtante, qui donne envie de partir en road trip », décrit-elle. Entre chaque concert, deux DJ de Montpellier tiendront un « buffet sonore » et mixeront depuis leur « caravane rouge vintage repimpée ».

    La directrice du théâtre n’a pas caché ses inquiétudes « pour demain » : « notre exception culturelle française a du plomb dans l’aile en raison des baisses de subventions » a-t-elle souligné, évoquant une « guerre culturelle ».

  • Masters pétanque : une étape à Rognac

    Masters pétanque : une étape à Rognac

    Quarterback se retire et la société GDP Vendôme lui succède avec également à sa charge le Trophée des Villes.

    La Drôme ouvre le bal les 3 et 4 juin à Romans-sur-Isère avec une conclusion les 6 et 7 septembre pour le Final Four dans un lieu pas encore révélé. Les Masters feront étape à Rognac les 16 et 17 août. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

    Calendrier

    3 et 4 juin : Romans-sur-Isère

    24 et 25 juin : Saint-Gilles-Croix-de-Vie

    15 et 16 juillet : Montluçon

    22 et 23 juillet : Saint-Étienne

    4 et 5 août : Santa Susanna (Espagne)

    18 et 19 août : Rognac

    26 et 27 août : Nevers

    6 et 7 septembre : Final Four (lieu prochainement révélé)

  • Le Jeu provençal a-t-il perdu son identité ?

    Le Jeu provençal a-t-il perdu son identité ?

    Aujourd’hui, nous sommes loin des envolées des Lilou Maurin, Baldi. Locatelli, Benoît Gonin, Lovino, Griseri, Massoni avec parfois cette manière de valoriser le tir en claquant le troisième pas. C’est une époque révolue. Certes on retrouve quelques tireurs au style d’antan à l’image de Benmostefa mais ils se comptent sur les doigts d’une main. Essentiellement disputé dans le Sud pendant de longues décennies, le Jeu provençal s’est démocratisé il y a plus de 20 ans. Les titres nationaux en triplette ont toujours été l’apanage du Sud (Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Gard, Alpes, jusqu’en 2000 où trois gars du Rhône Besacier, Cazemajou, Chapeland triomphent). C’est le début de la démocratisation et de la transformation du Jeu provençal, jusqu’à « la déformation ». Entre-temps, une triplette de Gironde en 2016 avait suivi celle du Rhône (Bardolle, Sanchez, Grilleau) et celle des Pyrénées-Orientales avait carrément la main mise sur la France (Pedragosa, Pedragosa, Cazorla 2019/2021/2022).

    Pour Yves Rinck, président de Nyons de longue et champion de France doublette 1998 (avec Michel Lienard), « il va falloir que les deux fédérations se réunissent ». « Le Jeu Provençal de nos ancêtres a pris un coup dans l’aile », poursuit-il.

    « Samedi, j’ai passé la journée au boulodrome de Nyons où se déroulait le Championnat régional des clubs (CRC 1) au Jeu provençal je me suis régalé ! », nous raconte Yves Rinck avant d’analyser : « Force est de constater que dans la région Rhône-Alpes le Jeu provençal est devenu le Jeu lyonnais. Les nouveaux règlements de la FFPJP m’amènent à cette constatation. »

    « Le temps (1 mn 15) pour jouer la boule, la durée 2 h + 2 mènes, le cadre (lignes de pertes) , le tir (4 pas), on ne prend pas de temps à faire une donnée. La majorité des pointeurs sont sur le mauvais pied. Bref pour moi le Jeu provençal a perdu son identité », explicite-t-il.

    Mais le nouveau Jeu provençal, « lyonnais comme je me permets de l’appeler, est très attrayant et d’un très bon niveau ».

    À son avis il va falloir que les deux fédérations (boules et pétanque) s’entendent sur les dates des compétitions et que les joueurs de Lyonnaise puissent participer à toutes les rencontres fédérales de Jeu provençal. Selon lui, le jeu en sortira gagnant. « On a tout intérêt que tous ces talentueux joueurs du sport boules relèvent le niveau du Jeu provençal », conclut-il.

    « Le Jeu provençal évolue comme la société »

    Vincent Meger, responsable de la commission Jeu provençal dans le Gard, tient à souligner les efforts faits par la Fédération pour promouvoir le Jeu provençal. Pour ce passionné, « il faut trouver un compromis entre modernité et respect de la tradition ». « Il y a eu cette sélection de l’équipe de France, dans un premier temps, elle s’attache à être une locomotive, surtout auprès des jeunes. La Fédération donne de la visibilité en publiant beaucoup de vidéos », se félicite le passionné.

    Ce puriste à la belle plume cite volontiers Victor Hugo : « Soyez comme l’arbre. Changez vos feuilles mais jamais vos racines. »

    Quant à Pierre Dantin, vice-doyen sport de haut niveau de la Faculté des sciences du sport de Marseille, son regard est assez proche de ceux de Vincent Meger et Yves Rinck.

    « Le Jeu provençal évolue comme la société c’est implacable », campe ce féru de la longue distance. « Contrairement aux idées reçues je trouve un rajeunissement dans les pratiquants et surtout des jeunes très performants. Ils viennent avec leur culture, leur identité et dans une notion de véritable performance sportive », relativise-t-il. Même si « je suis nostalgique d’une certaine époque ». Malgré tout, il reconnaît : « Dans une société où tout va à 200 à l’heure, il est inconcevable aujourd’hui qu’une partie puisse durer 6h. Mettreun temps imparti de 2h est une bonne chose. » Pierre Dantin complète : « J’ai disputé sept championnats de France et les joueurs de grosses boules ont toujours été performants. Qu’ils arrivent en force aujourd’hui n’est pas une surprise mais une suite logique de leur incorporation. »

    Patrick Fara, président du Comité 13, est catégorique : « Non, le Jeu provençal n’a pas perdu son identité, il évolue avec son temps. » Il s’explique : « Les jeunes aujourd’hui apprennent avec les nouvelles règles, aux anciens de s’adapter. » Il semble évident pour le président que « la pratique est diversifiée avec des championnats des clubs pour lesquels il était obligatoire de mettre une limite de temps (2h+ 2 mènes) ».

    « Les règles sont appelées à évoluer comme dans tous les sports. Le plus préoccupant est la difficulté d’attirer les très jeunes vers cette discipline. Une dizaine sont recensés dans les Bouches-du-Rhône. C’est trop peu et inquiétant pour l’avenir », s’alarme Patrick Fara.

  • Micolau, Pagni et Batista signent le grand chelem…

    Micolau, Pagni et Batista signent le grand chelem…

    Les vainqueurs de l’édition 2025 ne sont plus là pour défendre leur titre. La bonne et simple raison vient du fait que De Ridder et Caumel se sont exilés, vers l’Île de Beauté justement. De ce fait, dans la course au titre la voie est bien libre pour les 207 équipes qui ont validé leur participation à ce championnat au concept triplettes mixtes.

    Ces participants répartis sur quatre sites : Gari Trencataïen (Arles), Boule Eygaliéroise (Eygalières) , Boule Amicale Eyraguaise (Eyrargues) et Boule libre Fontvieille (Fontvieille)

    C’est sur ce dernier site que se retrouvent lors du deuxième jour, les 16 triplettes qualifiées. à savoir, quatre sur les différents sites.

    Ces derniers assaillants vont aborder la dernière ligne droite. Celle qui mène sur la Côte d’Azur pour le trio qui sera champion départemental, ou qui conduira celui des vice-champions et des demi-finalistes vers les Alpes-de-Haute-Provence à Château-Arnoux précisément où aura lieu dans une dizaine de jours le Championnat régional.

    Ces donc répartis par poules que se poursuit l’épreuve. Quand, après avoir parcouru le listing des qualifiés, on découvre la composition des poules, on se dit qu’au pays du moulin de Daudet, un symbole à l’effigie de l’écrivain Alphonse Daudet, il va y avoir du sport ! De quoi écrire une belle histoire…

    La Boule aixoise en force !

    Premier constat, avec cinq triplettes toujours en course le groupe aixois semble bien solide à l’heure où la compétition entre dans sa phase active.

    Face aux Aixois qui sur le plan local, après s’être illustrés en individuel, en binômes et triplettes, et dont on peut se demander s’ils sont en passe de réussir le grand chelem ?

    Pour l’heure, ils sont onze à pouvoir et vouloir enfreindre cette possibilité… Une affaire qui ne s’annonce pas facile. À suivre donc !

    C’est le délégué David Tortil qui dirige la manœuvre avec l’arbitrage de Christophe Guyot.

    Dès l’entame de cette phase poules, on note dans la P 3, un forfait celui d’une des équipes aixoise justement. Seule présente Sylvie Balestrieri. Par la suite, les Ciotadens de Cassandra Dumas et les Bivérois de Stecy Cerrato vont laisser les locaux de Claude Joubert en cage.

    Dans la P1, la formation de Sénas pourtant solide, avec Virginie Bailly et Anthony Cortes, ne va pas trouver la bonne carburation. Quant aux Bivérois avec Marion Ferrero, ils vont s’incliner lors du barrage.

    Dans la P2, il y a là deux trios de la B. Aixoise. Un avec Mélissa Marsille se montre expéditif. À l’inverse Margaux Catti et ses partenaires n’évoluent pas au mieux de leur potentiel et ne peuvent s’en extraire.

    Les Berrois sous la conduite de Mireille Pellerin, après avoir vu passer la deuxième tornade aixoise, vont prendre la route des quarts en négociant parfaitement le barrage.

    Dans la P4, si Marylin Micolau et ses pairs passent sans coup férir, Lisa Cardoso-Barbosa et ses partenaires vont avoir recours au barrage pour passer et laisser à la porte des quarts Estelle Cros et les siens.

    Une imposante

    galerie au dernier acte

    Au stade des quarts et sans vouloir offenser les autres protagonistes, c’est le duel aixois entre Mélissa Marsille et Marylin Micolau qui impose que l’on s’y attarde. Si la première et ses potes « flingueurs » vont prendre le meilleur départ. On la voit même leur prêter mains fortes avec une frappe payante. Puis soudain la machine s’enraye, les tirs deviennent moins percutants et l’on voit les attardés reprendre du poil de la bête. À l’inverse, Pagny est plein bras, Batista fait du bon boulot et Marylin met la table et apporte le dessert. Du coup, le combat change d’âme. On voit alors ces derniers insérer le dernier carré. S’extraire de cette route des quarts sur laquelle les familles Blanche, Brocca et la formation de Beaudinard vont connaître la panne sèche.

    À partir de là, les derniers postulants à savoir les Biverois emmenés par Stecy Cerrato, les Berrois conduits par Murielle Pellegrin et les Ciotadens de la capitaine Cassandra Dumas sont eux sur la voie royale.

    Ces derniers vont être les premiers à sombrer. Plus indécise et accrochée sera l’autre demi-finale, avant que les Berrois ne baissent pavillon, sur une mauvaise séquence, eux qui jusqu’alors avaient déployé un jeu de belle qualité.

    C’est Gérard Garnier, le premier magistrat de la commune qui va lancer le bouchon de la finale. Un dernier acte qui se déroule devant une imposante galerie. Il va y avoir tout au long de ces 15 mènes dont deux nulles, chaque équipe cherchant et parvenant tour à tour à noyer le « but » devant des situations qui ne tournaient pas à leur avantage.

    Auteurs de la meilleure entame, les Aixois vont prendre un bel avantage, avant de voir leurs adversaires revenir et après une égalité à 9 au terme de la mène neuf. Il s’ensuit un mano à mano, au cours duquel chacun va sentir souffler le vent du boulet, avant donc d’expédier le but hors limites.

    Suite à deux belles approches de Micolau, qui désarme l’adversité et l’impérial Pagny qui fait l’essentiel, c’est sur une frappe de Batista, qui a ensuite une belle marge de manœuvre pour glisser le point gagnant que les Aixois signent le grand chelem. Bravo aux deux équipes pour le spectacle réalisé et offert à cette imposante galerie.

    Fiche Technique

    N’ont pu sortir de leur poule respective.

    Poule 1

    1) Virginie Bailly – Anthony Cortes –
    Eric Croce (B. Sénas)

    3) Marion Ferrero – Sébastien Aruanno – Dawson Nunes (B. Verte Biver)

    Poule 2

    1) Dominique Crabol – Didier Crabol- Julien Luis Gimenez (B. Carnussienne)

    3) Margaux Catti – Marc Gouast –
    Didier Asselineau (B. Aixoise)

    Poule 3

    1) Sylvie Balestrieri – Jacques Dubois – Dylan Cano (B. Aixoise) (Forfait)

    2) Claude Joubert – Youri Fabre –
    Jean-Noel Tonner (B.Libre Fontvieille)

    Poule 4

    1) Christine Fourre – Jean-Luc Torrecillas -Vincent Gzussen (B. Libre Fontvieille)

    2) Estelle Cros – Mathieu Silvente -Hervé Winaud (A. B. Eyguieres)

    Quarts de finale

    1) Marylin bat Mélissa Marsille- Jérémy Fernandez – Michel Hatchadourian (B. Aixoise) à 8

    2) Cassandra bat Amandine et Cyrille Blache – Erederick (B. des Canourgues)
    à 6

    3) Stecy Cerrato bat Lisa Cardoso-Barbosa – Yves Lebouc – Didier Ange Andrianambinin (B. de Beaudinard) à 8

    4) Murielle Pellegrin bat Éliane et René Brocca – Christophe Tola (B. Aixoise) à 5

    Demi-finales

    1) Marylin Micolau bat Murielle Pellegrin – David Ferrigno – Loïc Vaz Baïa (B.A. Berre) à 10

    2) Stecy Cerrato bat Cassandra Dumas – Jean-José Gimenez – Jean-Pierre Verakian (Boul. Ciotadens) à 2

    Finale

    Marylin Micolau – Stéphane Pagny – Sébastien Batista (B. Aixoise) battent Stecy Cerrato – Jean-Antoine Cano – Antoine Santiago (B. Verte Biver)

    Evol. Score :

    4-0 // 4-1 // 6-1 // 6-5 // 7-5 // 8-5 // 9-5 / /9-7 // 9-9 // 11-9 // 11-10 // N // 11-12 // N // 13-12

  • Résister face à la guerre culturelle du RN

    Résister face à la guerre culturelle du RN

    « Nous lancerons un festival apolitique du film et du livre, développerons la feria et ferons revivre nos traditions comme la fête du cochon de dame Carcas. Nous n’avons pas de temps à perdre. » Mardi 5 mai, le nouveau maire RN de Carcassonne (Aude), Christophe Barthès, a présenté « ses projets en matière de culture et d’événementiel » et sa vision très particulière, à l’extrême droite toute.

    Les choix du maire de Carcassonne cochent en effet toutes les cases de la vision ethnocentriste et identitaire, pour ne pas dire fantasmée, de la culture par l’extrême droite. En creux mais le message est limpide, son projet de « festival apolitique du film » est une réponse directe au Festival du film politique organisé chaque année par l’association CinéBastide. Ses membres ont annoncé le 15 avril qu’ils ne demanderaient pas de subventions à la mairie (10 000 euros par an, environ 5 % du budget) et se passeraient du prêt des locaux. Un geste de résistance au cœur de la cité fortifiée (lire page 6). D’ailleurs, les priorités de Christophe Barthès sont ailleurs : « Plus de sécurité, plus de propreté, plus de proximité. »

    Au-delà des coupes budgétaires pour les associations qui ne sont pas à son goût, l’extrême droite impose sa vision de la culture. C’est le cas depuis 2014 à Béziers, dirigé par Robert Ménard, explique Richard Vassakos, historien et auteur de l’ouvrage La Croisade de Robert Ménard : Une bataille culturelle d’extrême droite (éditions Libertalia, 2021). « Sur le fond, [Robert Ménard] a une vision réactionnaire, une sorte de national-catholicisme qui s’inscrit dans la longue tradition de l’extrême droite depuis Charles Maurras. Ménard a des usages de l’Histoire qui sont problématiques et idéologiques » (lire page 7).

    Une orientation que l’on constate aussi à Beaucaire dans le Gard, dirigée aussi par l’extrême droite depuis 2014. Par exemple, « à Beaucaire, on met en place ces fêtes américaines pour effacer le 1er mai des calendriers », confirme Jean Vanhaute, président de l’institut d’histoire sociale de la CGT du Gard. (lire Page 7). Drapeaux US en place de la fête internationale des travailleurs !

    Le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS), fustige ces attaques de l’extrême droite. Pour lui, le « premier acte de l’extrême droite gagnant une mairie » c’est « massacrer la culture » a-t-il déclaré au moment de l’annulation du Festival Jazz à Vauvert par la nouvelle mairie RN. A contrario, il rappelle que « dans un contexte financier pourtant très contraint, – baisse des dotations de l’État, explosion des coûts de l’énergie, hausse des taux d’intérêt – nous avons décidé de sanctuariser les moyens dédiés à la culture. C’est un choix politique clair. Un acte de résistance face à la montée des forces réactionnaires à l’œuvre partout dans le monde » (lire aussi page 8) Outre le festival de jazz la municipalité RN de Nicolas Meizonnet aurait deux autres associations dans le collimateur : les avocats du Diable et Atout philo. Benjamin Rouvière, fondateur de cette dernière, a été convoqué par le maire mais n’a pas souhaité se rendre au rendez-vous (lire page 6). Des subventions sont drastiquement baissées.

    Mais le RN ne se contente pas de supprimer. Il investit aussi le terrain des récits. Identité, patrimoine, roman national, histoire locale : tout devient matière à conquête idéologique. « Ils pratiquent le retournement », analyse l’adjoint à la culture de Nîmes, Denis Lanoy, étonné d’entendre des élus d’extrême droite citer Gramsci ou Walter Benjamin. « Ils ont très bien lu les auteurs marxistes et ils essayent d’en tirer profit, mais pas du tout pour l’émancipation. Pour imposer un autre récit » (lire page 9). Le milliardaire Vincent Bolloré l’a bien compris. Pour l’éditrice gardoise Marion Mazauric, cette prédation dans le milieu de l’édition, « est avant tout la conséquence du manque de régulation de la concentration industrielle sur ce marché, mais c’est aussi la conséquence de l’arrivée d’industriels qui investissent désormais dans la production des idées, pour prendre le contrôle de la fabrique des opinions et de l’idéologie du pays ». (lire ci-contre).

    Le politologue Emmanuel Négrier insiste non pas tant sur les budgets que sur le contenu de la politique culturelle de l’extrême droite. « L’offre continue d’exister, elle n’est plus tout à fait la même, et effectivement les nostalgies coloniales, discours contre-révolutionnaires et récits révisionnistes y ont une place de choix, tandis que les projets d’action culturelle dans les quartiers populaires y sont châtiés » (lire page 9).

  • Noa Nsonsa-Kitala à la découverte de l’Amérique

    Noa Nsonsa-Kitala à la découverte de l’Amérique

    De Marseille à l’Iowa, il n’y a finalement qu’un pas. Spartiate depuis deux années, Noa Nsonsa-Kitala, tout juste 19 piges, sera un aigle noir la saison prochaine. L’attaquant a été choisi, mardi soir, par les Waterloo Black Hawks, équipe concourant en USHL, une ligue américaine réservée aux moins de 21 ans. Le jeune Français a été « drafté » en 67e position par cette formation neuf fois championne. Il s’est montré heureux de ce nouveau palier dans sa carrière : « Je regardais la draft et je me suis dit que j’allais être drafté à peu près à ce moment. J’ai été très content dès que j’ai vu mon nom, ça m’a vraiment fait plaisir. »

    « L’intérêt de Noa était prioritaire »

    Noa Nsonsa-Kitala va donc découvrir un nouveau continent, une nouvelle équipe et une ligue qui a vu passer des joueurs talentueux. « C’est une très bonne ligue, beaucoup de joueurs NHL sont passés par là. Le plus récent, c’est Macklin Celebrini, un jeune de 19 ans, qui est l’un des meilleurs en NHL maintenant. Il jouait en USHL il y a deux ans », explique le futur élément de Waterloo.

    Son aventure américaine se dessinait déjà alors qu’il n’était encore qu’un lycéen. Ce championnat s’était déjà intéressé à lui lors des deux dernières années. « Oui, ça fait deux ans que l’on me demande. On parle avec les équipes, c’est aussi mon agent qui gère ça. J’ai fait une visio avec cette équipe, ça s’est super bien passé, les coaches étaient sympas, le manager général également. Franchement, je sentais une bonne alchimie », décrit-il.

    L’attaquant passé par les Brûleurs de Loups de Grenoble n’a désormais plus qu’un mot à la bouche : développement. Partir dans une ligue aussi compétitive doit lui permettre de passer plusieurs marches dans sa jeune carrière. Choisir les États-Unis était une suite logique, après avoir découvert le monde pro à Marseille. « Noa, c’est un super jeune, très facile à coacher, qui a envie d’apprendre. Il est assez mature pour son âge. C’est un super choix de partir maintenant. Nous on l’a même orienté vers ce choix, même si ce n’était pas dans notre intérêt. Mais c’était bien l’intérêt de Noa qui était prioritaire », souffle Luc Tardif, son entraîneur lors de son passage aux Spartiates.

    Noa Nsonsa-Kitala remercie grandement le club phocéen de l’écoute et des conseils prodigués. « Marseille, c’est une famille, c’est un club avec un grand cœur. Je leur ai direct expliqué. Ils ont pu m’aider, m’aiguiller sur ce que je devais faire. Ils ont pensé à mon développement et c’est quelque chose qui m’a beaucoup plu. » Son départ dans l’Iowa se fera en août avant d’attaquer une saison à rallonge. Un nouveau défi, mais une continuité pour cet espoir du hockey tricolore.