Author: tecnavia

  • Quand la SNCF déraille, un film donne la voix aux cheminots

    Quand la SNCF déraille, un film donne la voix aux cheminots

    Le Casi des cheminots de Paca est à l’initiative de ce documentaire, réalisé en pleine ouverture du service public ferroviaire à la concurrence. Un film qui s’adresse au grand public. « Une occasion de porter un autre regard sur le monde cheminot face à ce bouleversement et de comprendre l’attachement de ces hommes et de ses femmes à leur entreprise et à leur mission de service public », présente Sébastien Gronnier, secrétaire du Casi.

    En proie à un démantèlement, la grande famille du rail se dit en souffrance. « La concurrence, la filialisation, les transferts de personnels, les horizons bouchés, les réorganisations, y compris dans des établissements qui ne sont pas soumis à des transferts, ce sont de vrais chocs pour les cheminots, a déclaré Romain Pitelet, secrétaire général adjoint de la CGT Cheminots. On en est à treize cas de suicide depuis quelques mois. » Une situation si préoccupante qu’elle a poussé les quatre syndicats de la SNCF à lancer, mercredi 6 mai dernier, un appel unitaire à la grève pour le mercredi 10 juin prochain afin d’exiger un moratoire.

    Le service public sacrifié

    à la rentabilité

    Les syndicats cheminots ont dénoncé le manque d’investissements dans l’outil ferroviaire depuis des années, de même que le découpage de la SNCF en plusieurs entités. Aujourd’hui, la vétusté des rails et des rames fait partie des arguments avancés par l’ex-Premier ministre Jean Castex, devenu PDG de la SNCF, et par Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud, pionnier de cette ouverture à la concurrence, tablant sur l’effet d’aubaine des Jeux olympiques d’hiver pour moderniser des lignes (lire notre édition du 7/05)… qui devront être rentables.

    Mais le service public échappe par définition à toute considération de rentabilité. Un moratoire serait donc l’occasion pour la population « d’avoir toutes les cartes en main pour se faire une opinion sur ce choix politique, précise le secrétaire du Casi. L’ouverture à la concurrence est une vraie bataille des idées. » L’organisation de cheminots a déjà publié une BD sur la privatisation de la SNCF, suivie d’un livre qui collecte des témoignages sur le passage au système concurrentiel. Dans la lignée, le film affiche cette visée didactique. Le grand public est la cible de ce documentaire, dont le parti pris est de focaliser sur le vécu humain et non l’aspect économique des réorganisations de la SNCF.

    On s’y écarte des prises de paroles syndicales pour se fixer sur « des témoignages de cheminots, des hommes et des femmes qui ont fait le train hier et qui le feront demain. Ce sont les mêmes, passés du public aux mains du privé, confrontés à un manque de moyens, une perte de sens. Car pour répondre à un appel d’offres, il faut baisser la facture, donc rogner sur la sécurité et les conditions de travail », résume Sébastien Gronnier. L’Angleterre en a déjà fait les frais. Ici, c’est le rapport de ces cheminots à leur travail qui est exploré, « comment ils vivent et ressentent ces bouleversements. Comment, au guichet, ce qui se faisait à deux est demandé à un seul… ». Dans la salle, le processus de libre concurrence trouve un autre éclairage : « Les gens réagissent et disent que ce schéma a conduit également à une baisse de qualité de service à La Poste ou à EDF. »

    Le documentaire continue son chemin à la rencontre du public. Draguignan était la douzième projection du film depuis le début de l’année. Sept autres suivront avant l’été et le documentaire sera disponible sur les plateformes après la période estivale.

    Prochaines séances : le 18 mai
    à Mandelieu-la-Napoule lors
    du festival Visions sociales (06),
    le 21
     mai à Tregunc (29), le 26 mai à Rouen (76) et à Chambéry (73), le 27 mai à Caen (14), le 10 juin
    à Lille (59) et le 12 juin
    à Annecy (74).

  • L’orgue de la Madeleine à son tour en voie de restauration

    L’orgue de la Madeleine à son tour en voie de restauration

    Sur la place des Prêcheurs, les portes imposantes de l’église de la Madeleine sont toujours fermées. Depuis 2006 « suite à de graves désordres structurels portant atteinte à la stabilité du bâtiment », puis la livraison d’un arrêté de péril, le monument n’ouvre qu’occasionnellement, pour une messe ou un événement culturel. Depuis 2025, une nouvelle cure de jouvence est lancée pour l’église dominicaine. Plusieurs phases de travaux se sont succédées depuis sa fermeture, la dernière ayant eu lieu entre 2019 et 2020. Dans cette nouvelle phase de travaux, concentrée sur la restauration des intérieurs de l’église, le grand orgue de tribune Isnard Moitessier fera lui aussi l’objet d’une longue restauration, minutieuse, et sur plusieurs années. La dernière tranche des travaux devrait prendre fin d’ici mai 2029, selon le marché de travaux public dédié. Pour la petite histoire, l’instrument, classé au titre des monuments historiques pour sa partie buffet (arrêté du 20 septembre 1910) et pour sa partie instrumentale (arrêté du 16 février 1984), avait été a « été livré en 1743 par Jean -Esprit Isnard », facteur d’orgues français.

    Quatre phases de travaux

    « Il s’agit d’une œuvre monumentale, orné de sculptures en bois, qui a conservé une partie de ses jeux d’origine », est-il indiqué dans le document officiel. Niché en fond de l’Église, il mesure plus de neuf mètres de haut, est composé de 249 tuyaux postés, de 14 pièces gravées.

    Cette restauration, d’ampleur, est divisée en diverses phases. En raison des travaux de restauration intérieure, la première étape consistera, toujours selon les termes du marché, de démonter la partie instrumentale de l’orgue d’ici le mois d’octobre 2026. Les buffets eux, resteront sur site. Leur « protection » au vu des poussières causées par les travaux de restauration devra être bouclée d’ici mars 2027. Est ensuite prévue une phase de restauration de ces éléments en atelier. « Cette phase est menée parallèlement avec les travaux intérieurs à l’édifice au cours desquels il ne sera pas possible de réaliser quoique ce soit sur le buffet d’orgue pendant cette période », est-il stipulé. Ce travail sera ensuite suivi du démontage des protections installées sur le buffet, une fois l’église accessible de nouveau, et la « restauration complète du buffet d’orgue ». La quatrième et dernière phase consistera à réassembler l’orgue, puis sa mise en service. Une phase qui s’achèvera d’ici mai 2029.

  • [Entretien] Jean-Sébastien Gros, président du GDSA 83 : « Le Plan Frelon, ce n’est que de la communication »

    [Entretien] Jean-Sébastien Gros, président du GDSA 83 : « Le Plan Frelon, ce n’est que de la communication »

    La Marseillaise : En quoi le frelon asiatique nuit-il à votre activité ?

    Jean-Sébastien Gros : Je veux d’abord dire que c’est un problème général, pas celui des apiculteurs. C’est comme le Covid : au départ, on nous disait de ne pas nous inquiéter, qu’il allait se réguler seul. Aujourd’hui, ce frelon décime la moitié des insectes du pays. Les apiculteurs sont les seuls à avoir porté l’alerte, alors qu’il se nourrit à 30% d’abeilles domestiques contre 70% de faune sauvage. Un seul individu peut manger 13 kg d’insectes en un an. Il y a des zones où ne peut plus travailler. J’ai installé des ruches dans l’Ain et l’Isère car, dans le sud, ça devient compliqué, mais le problème arrive aussi là-bas. On est capable de reconstituer nos cheptels, on multiplie les ruches. Mais on va en avoir 600 ou 700 pour produire la quantité de miel qu’on faisait avec 400. Pour nous, c’est comme le loup. Sauf que les éleveurs ont des aides, nous non.

    Observez-vous une recrudescence ?

    J.-S.G. : On parle de progression de sa zone géographique d’implantation. Je n’en ai pas plus que les autres années, mais c’est devenu invivable. On a eu un hiver très doux, donc la pression arrive plus tôt. Il y a cinq ans, on n’en avait que sur la côte. J’ai des ruchers à Canjuers, à 1 200m d’altitude, où il est désormais en permanence. Il est également très bien implanté à Gap et Sisteron. Ça commence dans l’Isère et l’Ain. Petit à petit, il va coloniser toute la France. Il est capable de monter à 2 500m d’altitude dans sa région d’origine.

    Les abeilles sont-elles capables
    de se défendre par elles-mêmes
     ?

    J.-S.G. : S’il y a un seul frelon, ça ne fait pas trop de dégâts. Elles peuvent le tuer, mais c’est anecdotique, et dès qu’il y en a plusieurs, ce n’est plus possible. Le problème, ce n’est pas que le frelon mange des abeilles, c’est qu’il empêche les abeilles de rentrer et sortir de la ruche. Ça les confine, elles ne peuvent plus aller chercher à manger, la reine arrête de pondre et la ruche s’effondre.

    Comment luttez-vous ?

    J.-S.G. : Le seul moyen efficace et légal, c’est de déplacer sa ruche ailleurs. Les moyens techniques ne donnent rien de flagrant. Le piégeage ne marche pas. La destruction de nids si, la pression baisse pendant un temps, mais d’autres frelons reprennent le territoire. Les harpes électriques, qu’on teste depuis deux ans, fonctionnent s’il y en a beaucoup. Mais on n’a aucune info sur le déplacement du frelon et on ne sait pas s’il ne va pas revenir quand les harpes ne seront plus là. Le frelon est très malin et s’adapte vite au problème.

    Êtes-vous en relation avec les pouvoirs publics à ce sujet ?

    J.-S.G. : Oui, mais le Plan Frelon [lancé par le ministère de la Transition écologique début 2026, Ndlr.], sur lequel on a travaillé depuis trois ou quatre ans, n’est doté d’aucun moyen. C’est de la com’ [sic]. On plaide pour un fonds de recherche, afin de trouver des solutions. Le problème, c’est que chacun bosse dans son coin. Par exemple, l’Inra [Institut national de la recherche agronomique], qui travaille sur de la détection de nids par drone, refuse d’échanger avec des sociétés liées à la défense avec qui on est en contact et qui ont des solutions plus performantes. Ce qui importe, c’est leur brevet. On a besoin de concertation et de moyens. On fait 25 fois les mêmes choses et rien n’avance.

  • Commémoration des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, l’autre 8 mai

    Commémoration des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, l’autre 8 mai

    « Le 8 mai 1945, la France a manqué à ses devoirs universels et a commis l’inexcusable. » C’est le ton grave qu’Anthony Krehmeier, maire (PS) des 2e et 3e arrondissements de Marseille, a lancé la cérémonie commémorative des massacres du 8 mai 1945, qui se déroulait, ce vendredi après-midi, à côté de la Porte d’Aix.

    Des massacres qui ont lieu à « Sétif, Guelma et Kherrata », comme le rappelle le maire de secteur, lors de manifestations qui font suite à la mort de Bouzid Saâl, jeune militant anticolonialiste qui défilait drapeau algérien à la main, tué par un policier français, le 8 mai. « Trop longtemps, après ces dizaines de milliers de morts, il y a eu le silence des vivants », dénonce Anthony Krehmeier, rappelant qu’une année auparavant, le maire (DVG) Benoît Payan a procédé à la pose d’une plaque commémorative.

    Devoir de mémoire

    « Il est de notre devoir d’entretenir cette mémoire. Cette histoire commune, c’est aussi ce qui lie nos deux rives, Marseille connaît mieux que quiconque la douleur de ceux qui ont subi la colonisation et ses crimes », martèle le maire des 2-3. Outre la pléiade d’élus de la Ville, le député insoumis Manuel Bompard ou le sénateur écologiste Guy Benarroche, de nombreux représentants de la communauté et diaspora algérienne à Marseille étaient présents pour l’occasion, dont le consul adjoint d’Algérie, Ahmed Si-Ahmed. Zoheir Sabri, futur président de l’espace Franco-Algérien, a également pris la parole pour rappeler que le lien entre « Marseille ville des exilés » et les victimes de ce massacre. « Des milliers d’Algériens qui marchaient pacifiquement pour la dignité et l’égalité ont été massacrés par l’armée coloniale. Parmi eux, se trouvaient des familles des mêmes tirailleurs algériens qui avaient versé leurs sangs pour libérer Marseille en août 1944 », lance-t-il.

    En parallèle de cette cérémonie, plusieurs associations et collectifs organisaient un rassemblement revendicatif pour une reconnaissance plus officielle de ces massacres.

  • Martigues n’oublie pas les massacres en Algérie

    Martigues n’oublie pas les massacres en Algérie

    Le 8 mai, la France célèbre la victoire contre le nazisme, le triomphe de la liberté sur la barbarie. Mais « cette date porte aussi une autre mémoire, note ce vendredi le maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF). Une mémoire plus douloureuse, plus longtemps tue, mais tout aussi essentielle à notre compréhension du passé. Tandis que l’Europe célébrait la paix retrouvée, de l’autre côté de la Méditerranée, une tragédie nouvelle débutait. »

    À Sétif, des milliers d’Algériens sont dans les rues pour fêter eux aussi la défaite du fascisme. Avant la bascule : Bouzid Saâl, jeune manifestant, est abattu, entraînant une spirale de violences qui embrase toute une région. Dans les jours qui suivent, 45 000 civils sont tués.

    « Longtemps, ces événements sont restés dans l’ombre, ils ont été portés dans l’intimité des mémoires, dans la douleur de l’absence de reconnaissance », souligne Gaby Charroux, qui met un point d’honneur à corriger cette faute en sanctuarisant cette commémoration dans le protocole municipal. « Assumer l’histoire dans toute sa complexité, dans toute sa vérité, c’est aussi la force et la dignité de la République. » Les associations Rebel 13 et Martégalités souhaitent aller plus loin. « On considère qu’il y a encore des démarches à faire, notamment sur le fait de nommer ces massacres qui sont des massacres coloniaux », explique Myriam Ghedjati.

  • Un moment fraternel pour le PCF d’Aix

    Un moment fraternel pour le PCF d’Aix

    Le 8-Mai « a une profonde importance pour nous, les communistes. Notre histoire est profondément liée à cette date », explique Sophie Rothon, secrétaire de section du PCF d’Aix. En cette journée de capitulation de l’Allemagne nazie, les communistes aixois ont rendu hommage aux martyrs de la Résistance comme Ernest Prados, fusillé pendant l’Occupation, à l’âge de 23 ans. Un pique-nique fraternel avec toutes les forces progressistes s’est ensuite tenu.

  • Le « courage » mis en avant à Septèmes

    Le « courage » mis en avant à Septèmes

     « Un mot caractérise ceux qui ont lutté contre cette idéologie nazie : le courage ! (…) En ces temps troublés, restons attentifs à ce que les idéaux nés du Conseil national de la Résistance tels que les services publics, la solidarité nationale, la Sécurité sociale (…) ne soient sacrifiés sur l’autel de la mondialisation, de l’indifférence et du renoncement au combat. »

  • À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    Un peu après 11h, le son des trompettes et des tambours remonte de l’avenue Pasteur. Le défilé termine sa course devant le Monument aux morts de la place du 8-Mai-1945. « Une date qui marque la victoire de la liberté sur la barbarie, la défaite du nazisme et le retour de l’espérance », rappelle le maire communiste, Gaby Charroux.

    Derrière la « joie légitime » des peuples meurtris après six ans de guerre « demeurait une réalité impossible à effacer : celle d’un continent dévasté et d’un bilan humain d’une ampleur vertigineuse », poursuit l’édile. Entre 1939 et 1945, la Seconde Guerre mondiale a engendré la mort de plus de 60 millions de personnes, dont la moitié de civils et plus de 6 millions de Juifs.

    « Ce qui distingue cette guerre des précédentes, c’est qu’elle fut aussi une guerre idéologique, une guerre pensée, organisée et conduite au nom d’une idéologie raciste, antisémite et profondément inégalitaire », appuie Gaby Charroux, évoquant les camps de la mort, les persécutions et exterminations visant les tsiganes, les opposants politiques, les résistants, les homosexuels et les handicapés.

    Que les jeunes participent

    Le maire s’interroge : « Comment la haine a-t-elle pu devenir un projet politique ? C’est une question essentielle pour comprendre le passé, mais aussi éclairer l’avenir. L’histoire nous enseigne que les grandes catastrophes humaines ne surgissent jamais brutalement. Elles s’installent progressivement à mesure que les discours de haine se banalisent, que les préjugés s’installent, que les discriminations deviennent tolérables et que l’indifférence remplace la vigilance. » À l’heure où l’extrême droite opère une montée dans l’opinion publique, le devoir de mémoire et la transmission sont plus que jamais essentiels.

    Jen-Luc Duthoit s’y emploie. Porte-drapeau depuis 28 ans après avoir fait une carrière militaire, il embarque dès qu’il peut son petit-fils de 12 ans, Nathan, dans les commémorations. « Il faut que les jeunes participent. J’essaie de lui rappeler les valeurs de paix pour préserver notre liberté. »

  • [Entretien] Jeannie Longo : « Un Tour de France ne s’invente pas, il se prépare »

    [Entretien] Jeannie Longo : « Un Tour de France ne s’invente pas, il se prépare »

    La Marseillaise : Que représente cette étape pour vous et que pensez-vous de ce parcours ?

    Jeannie Longo : C’est une étape assez prestigieuse. J’ai grimpé plusieurs fois le Mont Ventoux depuis Bédoin et c’est compliqué. Cela va dépendre des conditions climatiques parce qu’il peut faire très chaud en été ou il peut y avoir un orage. Donc il faut s’adapter. Et le résultat dépendra bien sûr de l’ordre d’arrivée au pied parce que la course va sûrement se faire avant. Ensuite, on monte d’abord tout droit dans la forêt et la chaleur. Et puis il y a le sommet depuis le chalet Reynard. Il y a beaucoup de mistral, donc on peut presque monter en bordure et faire une course en équipe.

    Qui voyez-vous comme favorite ?

    J.L. : Je pense que si Pauline Ferrand-Prévot se prépare aussi bien que l’an passé, elle a des chances de garder son maillot. L’année dernière, dès la première étape, j’ai vu qu’elle était en forme et après, je savais qu’elle avait fait du spécifique montagne. Un Tour de France ne s’invente pas. C’est-à-dire qu’il faut le préparer, il faut reconnaître les étapes les plus difficiles, là où il y a des pavés, là où il y a des cols. Mais c’est vrai qu’une Demi Vollering est aussi extrêmement forte. Aussi la Polonaise Katarzyna Niewiadoma-Phinney, qui est d’ailleurs la belle-fille de ma copine Connie Carpenter [première femme à remporter l’or en cyclisme féminin sur route aux JO de 1984, Ndlr.], car elle est très tonique et grimpe bien les cols. Disons que Pauline est moins juteuse. Et cette année, elle va être marquée tactiquement donc ce sera peut-être plus dur.

    Quels changements majeurs avez-vous constatés dans le cyclisme féminin ?

    J.L. : Des choses pas forcément positives. Aujourd’hui, cela court beaucoup, comment dire… de manière très professionnelle. C’est-à-dire que beaucoup d’équipières font le travail, quoi, et sont un peu sacrifiées. Cela m’ennuie un peu, ces techniques, car ce sont parfois des filles qui pourraient être devant. Ça a bien avancé bien sûr. Les gros groupes et équipes professionnelles masculines ont créé des sections féminines car ça faisait un peu désordre de ne pas en avoir. Donc les gros groupes sont un peu plus féminisés. Par contre, au niveau national et régional, c’est très pauvre, avec de petits moyens.

    Il y a plus de médiatisation qu’a votre époque aussi ?

    J.L. : J’ai été extrêmement médiatisée durant ma carrière. Même à ski avec un bonnet et des lunettes, on me reconnaît. Je pense que je l’ai été aussi car j’arrivais dans un milieu d’hommes et que j’étais une femme des années 80, où la femme était en train de sortir de terre. Nous étions quand même bien perçues. Le public était favorable, vraiment motivé. Mais je pense que les médias ne suivaient pas en général. Par exemple, quand la société du Tour de France a arrêté le Tour féminin en 1989, j’ai essayé de le relancer avec mon mari et l’aide du maire de Paris, Jacques Chirac. Et c’était difficile, on était à part.

    Et comment voyez-vous l’émergence de Paul Seixas ?

    J.L. : Oui, là, ça a été l’euphorie. Enfin, il est extrêmement doué. Mais il faut le préserver. Il a enchaîné les championnats du monde et d’Europe à 18 ans, avec plus de 270 kilomètres, ça me fait un peu peur. Pour le Tour de France, j’ai entendu Pierre Rolland dire qu’il ne fallait pas le lui faire faire. Il a peut-être raison. Après, pourquoi pas ? Je me rappelle, j’avais une équipière, une jeune de 17 ans. On lui a fait faire le Tour de l’Idaho : 15 jours avec de grandes étapes. Mais on ne lui demandait absolument rien. C’était une expérience. Alors que là, on va tout lui demander.

  • L’OM cherche son Havre de paix

    L’OM cherche son Havre de paix

    Mis à part quelques éclats de rire provoqués par Pierre-Emerick Aubameyang, ce vendredi, lors de l’entraînement collectif, les sourires se faisaient rares dans les rangs olympiens. Heurtés et touchés, les Marseillais traversent une fin de saison chaotique, à l’image de l’ensemble de leur exercice. Avec seulement quatre points pris lors des six dernières rencontres, les Phocéens ont décroché au classement de la Ligue 1 et occupent désormais la septième place. À deux journées de la fin, ils ne peuvent plus espérer retrouver la troisième place, directement qualificative pour la UEFA Champions League. « On est dans une situation difficile », reconnaît l’entraîneur de l’OM, Habib Beye.

    Le technicien franco-sénégalais a passé toute la semaine à La Commanderie avec son groupe, dans le cadre d’une mise au vert destinée à préparer « le mieux possible » le dernier déplacement de la saison, dimanche soir, au Havre. « Je fais un métier différent en ce moment », souffle-t-il, préférant toutefois concentrer son discours sur l’adversaire à venir. « Ce sera un match difficile face à une équipe de qualité, qui l’a encore démontré lors de ses dernières sorties », glisse-t-il, conscient que les Ciel et Marine restent sur une série de cinq matches nuls. « Il va falloir répondre à l’intensité qu’ils sont capables de mettre et surtout égaler leur envie. Quand vous recevez une équipe comme l’OM, il faut être immédiatement prêt, parce qu’on sait que l’entame sera très intense. C’est aussi une équipe qui, à mes yeux, dégage beaucoup de qualités techniques dans le jeu », poursuit Habib Beye, avant de saluer le travail de Didier Digard.

    Pour sauver leur saison, les Olympiens devront impérativement s’imposer au Havre. Une mission qui ne semble toutefois pas inquiéter le vestiaire marseillais. « Je ne pense pas qu’il y ait énormément de pression. C’est simplement la réalité de la situation. Il faut vivre les choses à fond, prendre du plaisir et continuer à travailler dur », insiste le milieu de terrain Tochukwu Nnadi.

    Arrivé cet hiver en provenance du SV Zulte Waregem, l’international nigérian de 22 ans, longtemps discret sous le maillot phocéen, bénéficie désormais d’un temps de jeu plus conséquent. « Je me sens bien et je joue, c’est le plus important pour moi. Je suis heureux d’être ici et reconnaissant pour toutes les opportunités que j’ai reçues », poursuit-il, avant d’affirmer son souhait de poursuivre l’aventure avec l’OM la saison prochaine. Les deux dernières rencontres, décisives pour l’avenir du club provençal, pourraient également avoir une influence directe sur le sien.

    REPÈRES

    Retour d’Abdelli et de Rulli dans le groupe

    Le milieu international algérien Himad Abdelli et le gardien international argentin Geronimo Rulli font leur retour dans le groupe olympien, en vue du déplacement au Havre. Le premier était écarté par Habib Beye, tandis que l’autre avait loupé le match à Nantes à cause d’un lumbago.

    Invaincu au Havre depuis 2001

    L’Olympique de Marseille reste sur une série de onze matches sans défaite consécutifs au Havre. Leur dernière défaite remonte au 6 janvier 2001,en 16e de finale de la Coupe de la Ligue. Par ailleurs, c’est au stade Océane quel ’OM a acquis, la saison passée, sa qualification pour la Ligue des Champions 2025-2026(victoire 3-1, le 10 mai2025).

    Habib Beye s’interroge sur la bonne formule

    En signant les pires débuts d’un entraîneur de l’OM depuis plus de quarante ans, Habib Beye cherche encore la formule pour relancer son équipe. Pour le technicien marseillais, le principal enjeu reste toutefois mental.

    « Pour être une équipe vivante, il faut aimer jouer au football et aimer jouer ensemble », souligne l’entraîneur olympien. « Aujourd’hui, la réalité, c’est qu’il n’y a pas de réponse sur le terrain dans les matches que nous disputons. La question est de comprendre pourquoi cette réponse n’existe pas », poursuit-il.

    Persuadé que son groupe traverse avant tout une crise de confiance, Habib Beye insiste sur la nécessité de retrouver de l’énergie et de la cohésion.

    « Cela nous demande beaucoup d’énergie de chercher des solutions aux problèmes que nous rencontrons. Mais, dimanche, nous aurons l’opportunité de mettre tout cela de côté et de montrer un autre visage. Il faudra être très différents de ce que nous avons montré contre Nantes », martèle l’ancien défenseur phocéen.