Author: tecnavia

  • Cruel scénario pour l’OM

    Cruel scénario pour l’OM

    Du spectacle, des buts et du suspense. Les ingrédients d’un grand match étaient réunis pour faire de ce classique délocalisé au Koweït un conte des Mille et une nuits.

    On le sait, il y a toujours une certaine cruauté dans ces belles histoires. Le scénario du duel n’a pas dérogé. Avec un OM obligé de courir après le score, après le but rapidement marqué par Ousmane Dembélé. Avec un PSG qui, pendant plus d’une heure, a donné le sentiment d’être comme un chat s’amusant avec sa proie. Donnant l’espoir aux Olympiens qu’ils pourraient renverser la situation. Lucas Chevalier prenait un malin plaisir à gagner ses duels. Alors que sur les contres, le champion d’Europe rappelait à tout moment qu’il pouvait faire la différence.

    Sauf que côté marseillais, Gerónimo Rulli était redevenu le gardien intraitable. Lui aussi a gagné des duels importants. Permettant ainsi aux Phocéens de rester dans le match. Et garder une carte majeure dans leur jeu. À savoir Pierre-Emerick Aubameyang. Après qu’Amine Gouiri lui ait préparé le terrain, le Gabonais a pu faire son show.

    En étant à l’origine de l’action amenant le penalty de l’égalisation, transformé par Mason Greenwood. Puis en poussant Pacho à marquer contre son camp. À trois minutes du coup de sifflet final, la messe semblait dite en faveur d’un OM qui pensait tenir son premier trophée de l’ère Roberto De Zerbi. Quatorze ans après la dernière coupe de la Ligue gagnée au Stade de France.

    Mais, comme tout bon conte, il y a toujours un rebondissement qui vient tout remettre en cause. Au bout du temps additionnel, c’est un autre entrant, Gonçalo Ramos, qui arrachait l’égalisation parisienne. Et avec elle une séance de tirs au but décisive. En 2010, à Radès, elle avait tourné en faveur des Olympiens. Dans la nuit koweïtienne, les djinns locaux en ont décidé autrement. Gerónimo Rulli flanchait au mauvais moment. Et avec lui Matt O’Riley et Hamed Traoré. Alors que les Parisiens faisaient un sans-faute. S’offrant le trophée, au bout du suspense.

    RESULTATS

    PSG 2 (1)

    OM 2 (1)

    Trophée des champions

    Stade Jaber al-Ahmad (52 251 spectateurs)

    Arbitre : T. Léonard.

    Buts : Dembélé (14e), Ramos (90e+5) pour le PSG, Greenwood (77e sp), Pacho (88e csc) pour l’OM.

    Le PSG vainqueur 4 – 1 aux tirs au but.

    Avertissements : Zaïre-Emery (63e) au PSG, Weah (48e), Höjbjerg (53e), Medina (85e), Aubameyang (89e) à l’OM.

    PSG : Chevalier – Zaïre-Emery (Mayulu, 89), Marquinhos ( c ), Pacho, Mendes – Ruiz (Ramos, 89), Vitinha, Neves – Kvaratshkhelia (Barcola, 72), Dembélé, Doué.

    Entraîneur : L. Enrique.

    OM : Rulli – Pavard, Balerdi (c), Medina, Emerson – Weah (Murillo, 77e), Höjbjerg, Kondogbia – Greenwood (O’Riley, 90e+2), Gouiri (Aubameyang (67e), Paixão (Traoré, 67e).

    Entraîneur : R. De Zerbi.

    Le fait de match

    Ils n’étaient pas aussi nombreux qu’au Vélodrome ou dans certains déplacements, mais ils ont eu le mérite d’être présents.

    Entre les expatriés vivant au Koweït, quelques locaux ayant attrapé le virus, et une belle délégation de l’OM Nation venue de Dubaï, près de trois cents supporters olympiens avaient transformé leur quart de virage du stade Jaber al-Ahmad en une annexe miniature du boulevard Michelet. Faisant entendre leurs voix et leurs chants dans la tiédeur de la nuit koweïtienne.

    Une douche écossaise qui fait mal aux Phocéens

    L’éloignement, le nombre limité de supporters des deux équipes, malgré un stade bien garni, et le calendrier de l’OM et du PSG auraient pu avoir raison du Trophée des champions.

    Mais, au regard des onze de départ concoctés par Roberto De Zerbi et Luis Enrique, on pouvait voir que chacun avait à cœur d’aller cueillir un titre. Le premier pour l’Olympien, le sixième en un an pour le Parisien. Et dès le coup d’envoi, les intentions de jeu étaient au rendez-vous. Avec, en première période, une accumulation de corners en faveur de l’OM.

    Malheureusement, malgré une tête bien placée de Leo Balerdi, puis un duel, perdu, par Amine Gouiri face à Lucas Chevalier, c’était bien le PSG qui faisait la bascule à la pause, avec un avantage d’un but au tableau d’affichage.

    Malgré son handicap, l’OM n’a pas baissé les bras. Bien au contraire, il y a eu un surcroît d’adrénaline positive après la pause. Et l’entrée en jeu de Pierre-Emerick Aubameyang a fait rêver jusqu’à la cinquième minute du temps additionnel. Jusqu’à une séance de tirs au but qui a assommé les Olympiens qui ont tutoyé les étoiles.

  • L’optimisme réaliste des communistes gardois

    L’optimisme réaliste des communistes gardois

    « Le bonheur reste une idée neuve ». Cette phrase, prononcée par le citoyen Saint Just devant la Convention en 1794, demeure plus que jamais d’actualité. Elle constitue encore aujourd’hui le projet politique des communistes du Gard, a insisté Murielle Blachère, responsable fédérale du parti, lors de la présentation de ses vœux samedi à Alès, au Prolé. Un objectif pleinement partagé par Romain La Sala, représentant le mouvement des jeunes communistes du département. Un but à atteindre au terme d’un chemin semé d’embûches, entravé par un système capitaliste fondamentalement inégalitaire. Une réalité décrite tour à tour par Giovanni Di Francesco d’Alès et par Jean Michel Suau, membre de la direction fédérale du parti. «Austérité, précarité et crainte du lendemain rythment trop souvent la vie d’une majorité de citoyens, tandis qu’une ultra-minorité s’enrichit à leurs dépens», ont-ils dénoncé. Une situation lourde de conséquences, qui nourrit le repli sur soi. «Rompre les isolements, redonner l’espoir en l’avenir et apporter des réponses concrètes aux problèmes des Gardois : telle est la tâche des communistes du département», a développé Michel Suau. Il a souligné que les élections municipales constituaient «une occasion majeure de porter ces ambitions et, au passage, de contrarier les projets de l’extrême droite, déterminée à faire main basse sur le département». Un objectif qui passe, selon lui, «par une gauche sociale, démocratique et écologique rassemblée», qu’il appelle de ses vœux « pour un retour du printemps. »

    A.C

  • L’art brut, verso du monde ordinaire

    L’art brut, verso du monde ordinaire

    Composée de 60 œuvres originales, mêlant des supports et des médiums variés, cette exposition donne à voir des univers singuliers et sans filtre : ceux d’ouvriers, comédiens et techniciens des Esat Ateliers Kennedy et La Bulle Bleue, structures où des personnes en situation de handicap travaillent dans un cadre protégé. Depuis 2021, ces travailleurs participent aux ateliers créatifs animés par l’artiste Mathieu Renault dans le cadre du dispositif de l’Adpep 34 (Association départementale des pupilles de l’enseignement public de l’Hérault). « On ne cherche pas une orthodoxie des gestes », assure l’artiste. Les œuvres exposées donnent accès à des univers intérieurs bruts, qui ne cherchent pas à rentrer dans des cases sociales ou académiques. L’exposition bouscule ainsi la hiérarchie implicite entre art « légitime » et création populaire, questionnant les normes qui définissent ce qui mérite ou non d’être exposé, ou ce qui relève du « monde ordinaire », ou non…

    À voir jusqu’au 12 février, à l’espace Saint-Ravy.

    Entrée libre.

  • Une nouvelle mosquée va être construite à Montpellier

    Une nouvelle mosquée va être construite à Montpellier

    C’est une initiative qui s’inscrit dans le grand projet de transformation du quartier de la Mosson. Début décembre, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, Cédric Grail, directeur général de la société d’aménagement de la Métropole SA3M et Ahmed Bouzaoui, président de l’association cultuelle de la Miséricorde (ACDM), qui gère la mosquée du même nom dans le quartier de la Mosson, ont procédé à la signature de deux promesses de vente.

    Une plus grande superficie

    La première va permettre à l’ACDM d’édifier une nouvelle mosquée avenue de Barcelone, sur le site de l’ancienne Tour Catalogne détruite il y a plus de 15 ans. La seconde permettra à la SA3M d’acquérir les locaux actuels de la mosquée, situés dans l’immeuble Font Del Rey. Cette copropriété de sinistre mémoire, qui doit être démolie en 2028, était devenue le symbole du logement indigne exploité par les marchands de sommeil. À l’automne 2023, la Ville de Montpellier s’était portée partie civile, aux côtés de la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-fondation abbé Pierre) et de l’association montpelliéraine Habiter Enfin, dans une procédure contre les anciens propriétaires de la résidence. Lesquels ont écopé, en première instance, de peines de prison de 12 et 6 mois avec sursis.

    D’une superficie de 1 000 m² contre 700 m² actuellement, la nouvelle mosquée, dont l’inauguration est prévue en 2028, pourra accueillir 800 personnes (contre 486 aujourd’hui). Elle sera édifiée face à un projet d’équipement de santé de proximité, actuellement en cours d’élaboration avec des professionnels de santé du territoire. « Je suis très engagé en faveur de la laïcité et très intransigeant quand le religieux veut imposer ses vues. Mais par contre, je suis très attaché à ce que chacun puisse être respecté dans sa foi. (…) Les fidèles doivent avoir des lieux de culte adaptés pour que chacun puisse vivre sa spiritualité », a réagi Michaël Delafosse.

  • [Méditerranée] Kallisté : omagiu à Dominique Bucchini

    [Méditerranée] Kallisté : omagiu à Dominique Bucchini

    Tous les hommages rendus après ton départ l’ont dit, chacun avec ses mots : tu étais un homme de parole, de celles qu’on tient. Ferme sans être dur, convaincu sans jamais écraser. Une présence calme, solide, respectée bien au-delà des clivages.

    Tu aimais la Corse d’un amour exigeant. Tu savais que le littoral n’était pas un décor, mais un bien commun, fragile et convoité. Tu l’as défendu bien avant que cela devienne un sujet à la mode, avec constance et sans jamais céder aux intérêts privés. Tu n’as jamais fermé les yeux sur la violence ni transigé avec les dérives mafieuses, les intimidations ou les silences complices. Tu savais que le silence protège toujours les mauvais combats. Tu as payé ta droiture cher, mais tu n’as jamais cédé.

    Tu aimais la Corse, profondément, et tu aimais aussi la France, comme une promesse d’égalité, de justice sociale et de bien commun. Pour toi, ces fidélités se complétaient. Tu savais aussi que la langue corse fait partie de ce patrimoine vivant à protéger, transmettre et faire vivre, sans l’opposer, mais en la partageant. Tu prenais le temps d’écouter, d’expliquer, de transmettre. C’est pour cela que tu étais venu à plusieurs reprises participer aux débats de l’association Kallisté, pour échanger, confronter les idées, faire vivre le débat et le respect.

    Aujourd’hui, Dominique, ton absence se fait sentir. Mais les hommages unanimes disent aussi autre chose : tu laisses une trace durable, celle d’un homme droit, d’un repère, d’une exigence morale qui continue de nous guider. À Kallisté, nous continuerons à faire vivre les débats, à croiser les regards, à transmettre l’histoire, la culture et la langue, à défendre une Corse ouverte, juste et fidèle à elle-même. Nous le ferons avec cette exigence que tu incarnas : ne jamais céder à la facilité, ni au silence, ni à la résignation.

    Car ton engagement nous oblige. Il nous rappelle que faire association, c’est faire société. Que protéger une terre, c’est aussi protéger ce qui la rend vivante. Et que l’on peut aimer profondément sans jamais renoncer à la dignité.

    Per tè, Dominique.

    È per a corsica di dumane. Audrey Cermolacce

  • Dans l’Hérault, pas de plan grand froid mais plus de moyens

    Dans l’Hérault, pas de plan grand froid mais plus de moyens

    Parfois, quand je tends un café chaud à un habitué de nos maraudes, que je discute avec lui cinq minutes, je me demande si ce n’est pas notre dernière conversation parce qu’il est annoncé des températures horribles la nuit. Il faut s’accrocher face à la détresse humaine qu’on croise », soupire Céline Bouloc. La présidente de l’association Action froid à Montpellier est plus qu’inquiète en ce qui concerne les personnes dormant à la rue. Voilà maintenant plusieurs jours qu’une vague de froid s’abat sur l’Hexagone et n’épargne pas Montpellier. Preuve en est, le mercure est négatif la nuit et le ressenti peut atteindre
    -6 °C. Le drame est arrivé le 30 décembre dernier à Montpellier : un jeune homme de 29 ans est décédé à cause du froid. La vague de froid perdurant, la préfecture a décidé d’agir. « Des moyens humains, des équipements spécifiques (sacs de couchage grand froid) et des capacités d’accueil ont été mobilisés en renfort, dès le 31 décembre », fait savoir la préfecture.

    70 places débloquées

    Aussi, avec la Ville de Montpellier, un accueil de nuit a été ouvert le 4 janvier. « Dès la fin de la matinée, le Samu et le SIAO nous avaient fait remonter que les conditions étaient difficiles, les gens étaient en souffrance. Le maire a donc discuté avec la préfète l’hébergement inconditionnel est une compétence de l’État afin d’ouvrir un lieu d’hébergement exceptionnel. Nous avons donc équipé le gymnase Emmanuel-Gambardella en 1 heure avec la Croix Rouge », détaille Michel Calvo, adjoint aux solidarités de la Ville de Montpellier. Le même dispositif avait été mis en place lors de l’épisode cévenol de la fin décembre. Ainsi, 33 personnes dont une femme ont été accueillies le premier soir sur une capacité de 70 places. À l’heure où La Marseillaise mettait sous presse, la mesure était maintenue a minima jusqu’au 8 janvier.

    Mais là où le bât blesse, c’est que la préfecture n’a pas déclenché le plan grand froid – la température doit être en dessous de zéro même en journée – au grand dam des associations. Pourtant, le plan aurait permis une mobilisation générale afin de trouver des places d’hébergement supplémentaires. « Ce qui m’inquiète, c’est qu’après le 8 janvier, on ne va pas retrouver des températures de 20 degrés, qu’est-ce qu’on va faire ? Comme on n’active pas le plan grand froid, en journée, les sans-abri n’ont pas de lieu de repli. Quand il fait 2 ou 3 degrés, nous, nous avons des vêtements chauds, un foyer avec un minimum de chauffage mais ce n’est pas leur cas », poursuit Céline Bouloc. Pour maintenir la pression et tirer la sonnette d’alarme, des rassemblements quotidiens sont organisés par plusieurs associations à 18h devant les grilles de la préf.

    En ligne de mire, l’objectif est de faire bouger les lignes. « On veut vraiment une municipalité, une préfecture qui s’engagent pour ouvrir un gymnase, mettre les moyens et faire en sorte que ça puisse être pérennisé sur une semaine ou plus en fonction des besoins », soutient la présidente d’Action froid de Montpellier. Une solution pour répondre à l’urgence, avant de mettre les bouchées doubles pour pallier la situation. « Il faut absolument qu’il y ait un peu plus de moyens financiers mis au service du secteur du social. Qu’il y ait plus d’éducateurs, qu’on puisse avoir plus de temps de prise en charge. Car on croise beaucoup de jeunes qui viennent de l’aide sociale à l’enfance. Passé 18 ans, on sait qu’ils sont foutus à la porte parce qu’il n’y a pas de solution pour la suite. Ces jeunes-là se retrouvent donc dans la rue et malheureusement, il n’y a pas de structure d’hébergement qui a la capacité de prendre du temps pour les écouter, pour les réinsérer. Or leurs parcours sont chaotiques : on croise des personnes en grande fragilité psychique, des gens en situation de handicap, en fauteuil roulant », se désole Céline Bouloc.

    Un travail effectué en majeure partie par des bénévoles qui manquent de bras. Un risque que la situation empire ?

  • [Travailleur de demain] Célian Bert, jeune soudeur prodige : « J’aime voir ce que je sors, ce que je crée, où ça va et à quoi ça sert »

    [Travailleur de demain] Célian Bert, jeune soudeur prodige : « J’aime voir ce que je sors, ce que je crée, où ça va et à quoi ça sert »

    Je veux tout essayer dans la soudure : le nucléaire, l’aéronautique ou la pétrochimie. » À 20 ans, Célian Bert, apprenti soudeur au CFAI Provence, centre de formation d’apprentis d’Istres et pôle de formation de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), voit grand. Médaillé d’excellence aux Worldskills, c’est pour lui la récompense d’un travail acharné et d’une quête permanente de « perfectionnement ». « On m’a dit que pour un soudeur et une première présentation aux Worldskills, faire médaille d’excellence c’est vraiment pas mal. Ça montre que je fais partie des meilleurs », explique-t-il, sans un brin de vantardise mais avec une fierté sincère.

    Et pour cause, le jeune homme est à sa cinquième année d’apprentissage dans le milieu du soudage, actuellement en train de faire un titre professionnel. Après un CAP, un brevet professionnel et une mention complémentaire, il est visiblement tombé amoureux du métier. « Ce n’est qu’à partir de la mention complémentaire que j’ai commencé le soudage, avant je faisais de la serrurerie-métallerie », se rappelle-t-il. Un début de formation où il a « appris les bases », après s’être rapidement dirigé vers un cursus scolaire professionnel : « Je savais que le cursus général n’était pas fait pour moi. Je suis passé de 9 de moyenne au collège à 18 en CAP, c’est là que j’ai trouvé ma voie. »

    Une voie qui lui réussit plus que bien et dans laquelle « il se donne à fond ». « Je ne suis jamais satisfait de ce que je fais. Je veux toujours faire mieux, en apprendre le plus possible », assume-t-il. Il faut dire que le milieu l’attire depuis un bout de temps. Né à Marseille, il a grandi en région Paca, alternant avec l’Ardèche, la Drôme et le Luberon et son idée originelle était d’allier sa passion de la plongée et le travail sur les métaux : « De base je voulais faire soudeur scaphandrier. Ça m’attirait car depuis tout petit je fais de la plongée. » Mais il a évolué avec le temps. « J’ai préféré me reporter sur le nucléaire, mais au final je regarde plutôt dans l’aéronautique. Je préfère les ateliers plutôt que les chantiers », développe-t-il. Des domaines d’activité qui collent avec ses qualités. Son métier demande en effet un certain sens de la précision, il faut travailler « la lecture de plan » et respecter les consignes au millimètre près : « Il ne faut pas d’erreur, sinon on doit tout reprendre. Une fuite dans la tuyauterie en pétrochimie, ça peut être très dangereux. » Pas naïf, il est bien conscient de la réalité des conditions de travail de sa profession et est attaché aux process de sécurité.

    Enfin, il met beaucoup de sens dans son métier : « J’aime voir ce que je sors, ce que je crée, où ça va et à quoi ça sert. » Et autant dire qu’il accorde une grande importance à la pratique. La preuve, il travaille actuellement à Socomelu à Pertuis, alternant généralement trois semaines en entreprise et une semaine de cours. Il habite à Ceyreste en Luberon, à 40 minutes de route de son boulot et une heure de plus pour aller au CFAI. Heureusement, sa grand-mère habite à Istres et il sait pouvoir compter sur le soutien inconditionnel de sa famille et de ses parents restaurateurs : « Ils m’ont toujours soutenu dans mes choix, ce sont mes plus grands fans. »

  • Avec les reptiles, un pas de plus vers l’origine du sommeil

    Avec les reptiles, un pas de plus vers l’origine du sommeil

    C’est un rythme cérébral qui était connu pendant le sommeil des humains et des souris : toutes les cinquante secondes environ, l’activité électrique des neurones marque un maximum. Mais personne ne l’avait encore observé chez les reptiles. C’est maintenant chose faite. Et pour sept espèces de lézards et un oiseau. Fruit de dix années de travail, ces résultats sont parus dans Nature neuroscience. « C’est intéressant de l’observer chez des reptiles car il s’agit d’espèces génétiquement éloignées des mammifères, souligne Paul-Antoine Libourel, chercheur CNRS au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier et dernier auteur de l’étude. Ce rythme, dit “ultra-lent”, semble donc être une propriété ancestrale et fondamentale partagée par toutes ces espèces. » Une propriété héritée de leur ancêtre commun qui a vécu il y a 300 millions d’années.

    Ces résultats confirment et complètent ce qu’esquissait déjà une étude de 2016 chez une espèce de lézard : le dragon barbu. « Les auteurs interprétaient cette oscillation comme une alternance entre deux états de sommeil ressemblant à du sommeil profond et du sommeil paradoxal, indique Paul-Antoine Libourel. Nous n’étions pas convaincus. Notre étude rapproche plutôt cela du rythme ultra-lent qui commence à être bien documenté chez les mammifères. »

    Cette oscillation de l’activité électrique des neurones pendant le sommeil est dite « ultra-lente » car sa période est plus longue que celle des oscillations les plus lentes déjà connues lors du sommeil profond des mammifères : les ondes « delta », qui atteignent un maximum chaque seconde environ. Chez les mammifères et les pigeons, les oscillations ultra-lentes atteignent un maximum toutes les cinquante secondes environ. Chez les reptiles, c’est toutes les cent secondes.

    Nettoyage ou défense ?

    En parallèle de l’activité électrique des neurones, d’autres paramètres physiologiques ont été enregistrés pendant le sommeil : respiration, rythme cardiaque, mouvements des yeux, activités musculaire et vasculaire-cérébrale. Et surprise : tout oscille en phase, avec cette même période d’environ cent secondes. Même la luminosité de la peau chez le caméléon.

    Pourquoi l’évolution aurait-elle conservé ce rythme chez toutes ces espèces si éloignées. Pour faciliter l’élimination des déchets métaboliques dans le cerveau pendant le sommeil ? C’est une hypothèse. « Cela fonctionnerait comme une pompe », illustre Paul-Antoine Libourel. D’autres pensent que cela permettrait d’assurer un certain niveau d’attention lors du sommeil profond. « Il a été observé que ce rythme était en phase avec des libérations de noradrénaline – un neurotransmetteur lié à la vigilance », précise le chercheur. Comme un mécanisme de défense pour ne pas trop baisser la garde face à d’éventuels prédateurs pendant le sommeil – qui reste une activité risquée. Mais cela est à confirmer.

  • [Méditerranée] Regard sur l’Espagne : l’inquiétante progression de l’extrême droite

    [Méditerranée] Regard sur l’Espagne : l’inquiétante progression de l’extrême droite

    Février 1936, « el Frente Popular » l’emportait en Espagne aux élections législatives, dans un contexte de montée du fascisme et du nazisme en Europe. 18 juillet 1936, la République espagnole était agressée par le capitalisme international avec son bras armé, le fascisme. L’enjeu ? Mettre un coup d’arrêt au progrès social, aux nouvelles libertés conquises, à l’émancipation des travailleurs et des peuples, aux droits des femmes, à la mise en place de coopératives et de collectivisations des terres et des moyens de production.

    90 ans plus tard, l’Espagne voit avec inquiétude la progression de l’extrême droite, qui fait l’apologie du franquisme et distille dans la société l’idée que c’était mieux du temps de Franco. L’Espagne, dont la transition démocratique « molle » qui a suivi la mort du dictateur, a rejeté dos à dos victimes et bourreaux du fait de la loi d’amnistie de 1977 avec en prime la mise en place par le système franquiste d’une monarchie constitutionnelle héritière du régime dictatorial, ce qui complique aujourd’hui les recherches des familles de dizaines de milliers de victimes dont les restes gisent dans près de 6 000 fosses répertoriées. L’Espagne baigne toujours dans les eaux nauséabondes d’un franquisme qui n’en finit pas de mourir.

    L’Espagne, qui ne s’est toujours pas débarrassée de ce passé en procédant à un nécessaire « Nuremberg » reste le pays d’Europe qui a le plus mis en place des politiques sociales depuis que la gauche est au pouvoir, et qui a le plus pris des positions internationales souvent à contre-courant, notamment en faveur du peuple palestinien et contre la violation par Trump du droit international au Venezuela. Malgré cela, la gauche recule dans la plupart des régions aux élections et voit son électorat fondre comme neige au soleil. Le PSOE est empêtré dans des affaires de corruption. La droite, qui n’a pas de leçons à donner dans ce domaine en profite pour se faire une virginité. L’atmosphère politique de plus en plus délétère dans le pays, a pour conséquence de mettre à l’arrière-plan les réformes sociales dont bénéficient les Espagnols, qui assistent dépités à des débats politiciens au ras des pâquerettes.

    Les communistes, Izquierda Unida, parties prenantes de Sumar partenaires du PSOE au gouvernement, ainsi que les groupes parlementaires de la majorité non représentés au gouvernement, tels Podemos ou encore Esquerra Republicana Catalana (ERC), s’inquiètent à juste titre de cette situation dans un contexte de trumpisation en Europe.

    Il est temps que des mesures courageuses et efficaces soient prises par le gouvernement afin que la gauche reprenne des couleurs. Même si le salaire minimum interprofessionnel (SMI) est passé de 735 euros mensuels à 1 221 euros entre 2018 et 2026, une progression spectaculaire de plus de 60%, la question du pouvoir d’achat reste essentielle, notamment à cause du prix élevé des produits de première nécessité. La question du logement exige aussi une politique à la hauteur des besoins ainsi que les services publics notamment la Santé et l’Enseignement. En clair, le gouvernement doit donner une impulsion significative pour que les politiques publiques continuent d’améliorer la vie des gens. La condition pour redonner confiance et barrer la route à la droite et l’extrême droite.

    Journaliste,

    président de l’Association pour le Souvenir

    de l’exil républicain espagnol

    (Aseref)

  • [Entretien] Paul-Antoine Libourel, chercheur CNRS : « Il faut nous décentrer de nous-mêmes pour comprendre le sommeil »

    [Entretien] Paul-Antoine Libourel, chercheur CNRS : « Il faut nous décentrer de nous-mêmes pour comprendre le sommeil »

    La Marseillaise : Vous montrez que reptiles et mammifères partagent un rythme ultra-lent – plusieurs dizaines de secondes de l’activité neuronale pendant qu’ils dorment. Ce rythme est présent pendant le sommeil profond des mammifères – pas pendant le sommeil paradoxal -, mais pendant tout le sommeil des reptiles. Ces derniers n’ont-ils donc pas de sommeil paradoxal ?

    Paul-Antoine Libourel : Nous ne pouvons pas conclure cela car les critères pour définir le sommeil paradoxal ont été établis en étudiant des mammifères – rongeurs et humains. Or ces critères ne peuvent être tous appliqués strictement aux reptiles. La majorité des études sur le sommeil ont été réalisées chez l’humain et les rongeurs. Il faut nous décentrer de nous-mêmes pour comprendre vraiment le sommeil et aller voir ce qu’il se passe chez d’autres espèces.

    Lesquelles ?

    P.-A.L. : Nous avons étudié les squamates – qui regroupent les lézards et les serpents. Mais il faudrait étudier la même chose chez les tortues, les crocodiles, les amphibiens, les poissons ou les invertébrés. Il faudrait remonter vers des groupes plus ancestraux pour voir si ce rythme est conservé et s’il était déjà présent bien plus tôt dans l’histoire de l’évolution.

    Pour remonter aux origines du sommeil… ?

    P.-A.L. : C’est ce qui nous intéresse. D’où viennent le sommeil et ses sous-états ? Pourquoi dort-on ? Pour cela, il faut l’étudier sous toutes ses formes, chez de multiples espèces. Car toutes les espèces enregistrées dorment. C’est fascinant. Mais beaucoup de questions restent en suspens.