Author: tecnavia

  • [Grand entretien] Benoît Payan : « La bataille de Marseille pour 2026 sera contre le RN »

    [Grand entretien] Benoît Payan : « La bataille de Marseille pour 2026 sera contre le RN »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction à notre sondage qui vous place à égalité avec le RN au niveau des intentions de vote ?

    Benoît Payan : Quand il y a quelques mois, vous me posiez la question du RN, je vous disais que je le sentais très haut. Le sondage que vous avez publié acte un socle très haut du RN, ce qui fait que l’on va être dans le plus grand combat de l’histoire municipale. La bataille de Marseille pour 2026 va être une bataille contre le RN. Le rassemblement de toute la gauche, des écologistes, des humanistes, des citoyens d’un côté et le RN de l’autre. On est en train de vivre une période anxiogène, où les conflits, les guerres, où l’illibéralisme est en train de dominer dans de trop nombreux pays. Dans une ville comme Marseille, qui par essence, n’est pas une ville comme les autres mais une cité-État qui s’est stratifiée année après année par l’apport de gens venus d’ailleurs et qui ont systématiquement vécu le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, certains veulent encore et toujours trouver des boucs émissaires. On est dans une situation tellement inédite que Marseille doit montrer une forme de résistance à l’inclinaison que le pays est en train de prendre. Nous le Printemps marseillais, on a fait un travail considérable, on nous prédisait l’explosion en 6 mois et nous disposons aujourd’hui d’un socle avant d’entrer en campagne.

    Quels sont vos premiers retours des déploiements militants qui ont eu lieu à l’occasion de votre déclaration de candidature ?

    B.P. : Je vois beaucoup d’enthousiasme dans les rues, chez les gens et chez les militants. Il y a des gens qui viennent de beaucoup de partis, qui ont voté pour pleins de candidats différents dans d’autres élections, des gens qui n’ont jamais été encartés et des gens qui viennent spontanément pousser la porte du local pour demander comment aider : collage, réunion d’appartement, idée sur le programme… C’est quelque chose que l’on avait pas connu en 2020. Il a de l’espoir et de l’enthousiasme qui accompagne se lancement de candidature. L’exercice du pouvoir m’a appris l’humilité mais je sais que c’est un moment crucial parce qu’il dit quelque chose de nous. On est sortants, on a un bilan qui parle pour nous. Je suis fier que 10 000 petits Marseillais mangent gratuitement à la cantine, c’est parfois le seul repas chaud de la journée. Nous ferons passer ce chiffre à 15 000. Le kit de rentrée scolaire va passer à 150 euros. Je suis fier de dire qu’il y aura un commissariat de police municipale dans chaque arrondissement. Notre police municipale ressemble à la ville, elle est de proximité, regardez ce qui se passe à Noailles : elle a créé un contact humain, elle rassure, elle accompagne les gens aide les personnes âgées… On va la doubler. Nous avons fait du CCAS un lieu où on ne fait pas que des lotos. C’est bien mais aujourd’hui on porte pour plusieurs centaines de personnes âgées un repas chaud chaque jour. Là aussi on va faire plus. Dans cette campagne, on va développer une vision du quotidien et poser la question : comment sera Marseille dans 50 ans. Un maire a deux responsabilité : s’occuper de ses concitoyens au jour le jour et dire où il veut emmener la ville.

    Le deuxième volet de notre enquête d’opinion vous place en tête dans la réponse à la question « qui ferait un bon maire ? », Martine Vassal est deuxième et Franck Allisio, loin derrière.

    Comment analysez-vous ces chiffres ?

    B.P. : Un sondage reste un sondage même si je préfère être qu’en quatrième ou troisième. Je l’analyse avec beaucoup d’humilité comme un travail qu’on a fait correctement avec sérieux et enthousiasme au services des Marseillais. On a permis à des gens de vivre mieux de retrouver de la dignité même si je n’ai pas les pouvoirs que l’État peut avoir. Dans une ville aussi difficile que Marseille, avoir plus d’appréciations positives que négatives avant même qu’on entre en campagne, c’est encourageant. D’autant que nous avons été la cible de tirs croisés, et de nombreux mensonges. Je crains une campagne de caniveau. Je ne m’y abaisserai pas. Les Marseillais sont intelligents, quand on leur dit que les écoles, les policiers, les politiques sociales n’existent pas, ils restent insensibles à ce genre de mensonges.

    Ces chiffres mettent-ils un terme, pour vous, au procès en illégitimité dont vous êtes l’objet ?

    B.P. : Ça fait huit sondages que je suis devant eux. Pour quelqu’un d’illégitime ils devraient s’inquiéter pour leur propre légitimité. J’ajoute qu’en 2020, à la différence de M. Allisio ou de Mme Vassal, moi j’ai gagné les élections.

    Alors que 30% des personnes interrogées ont l’intention de voter Franck Allisio, il est 18 points plus bas que vous quand il s’agit de dire « qui ferait un bon maire ». Diriez-vous que c’est un vote dicté par des considérations nationales qui se porte sur lui ?

    B.P. : On est tôt dans la campagne et en effet les gens répondent aussi en fonction de l’actualité nationale. Plus on va approcher du scrutin, plus les gens répondront à la question « qui voulez-vous voir comme maire et comme équipe municipale ». Il y a aussi le fait que le candidat a décidé de quitter Marseille pour aller se faire élire ailleurs. Cela ne résume pas Franck Allisio mais cela dit des choses de lui.

    Quelle stratégie pour contrer la poussée du RN ?

    B.P. : D’abord, j’ai été et je serai le maire de toutes les Marseillaises et de tous les Marseillais. Je me mets à la place de quelqu’un qui regarde toute la journée des chaînes d’information en continu, qui prend peur, qui cherche un bouc émissaire, qui tombe dans la facilité du « le Rassemblement national, on n’a jamais essayé ». C’est vrai qu’on a jamais essayé de se jeter dans le feu mais je suis persuadé que si on le fait, on brûle. Je ne dirais jamais que les électeurs du RN sont des pestiférés. Il est bien de rappeler l’histoire, de se souvenir de qui a fondé ce parti, de son ADN. C’est l’anti-France de la Résistance. Je suis triste quand je vois que certains, se réclamant du gaullisme courent derrière ceux qui étaient de l’autre côté. Moi je crois qu’il faut parler à ces électeurs, les rassurer, on peut vivre bien dans cette ville qui nous appartient à tous, où nous avons chacun notre place. Si je suis né à Marseille, c’est le fruit de l’immigration parce que j’ai des arrière-grands parents qui ont fuit la misère, d’autres le fascisme, d’autres la guerre. Marseille a été pour nous tous un sanctuaire. J’ai envie de leur dire « n’ayez pas peur, bien sûr que tout ne va pas bien mais regardez votre ville comme elle s’est redressée, comme elle fait envie dans toute la France ». Bien sûr, jouer sur les peurs est facile or moi, j’ai envie de parler à l’intelligence des Marseillais.

    Peut-on répondre au problème du narcotrafic comme maire ?

    B.P. : Si demain un attentat se produisait à Marseille, j’ai des adversaires politiques qui me l’imputeraient. J’espère du plus profond de mon âme que ça n’arrivera jamais mais des villes ont connu ces tragédies. Je pense à Paris et à Nice, c’était une maire de gauche et un maire de droite. Leurs opposants ont eu la décence de ne pas confondre ce qui relève de l’État et de la municipalité. Néanmoins face au narcotrafic, il y a des réponses multiples à apporter. Nous avons un des meilleur procureur en France, une police judiciaire qui fait un travail exceptionnel, mais il faut plus de moyens. Il ne faut pas seulement couper les tentacules de la pieuvre mais sa tête. Aujourd’hui, les chefs ne sont plus à Marseille mais dans des pays où il n’y a pas d’extradition, ils continuent à commanditer des assassinats. D’autres l’on fait depuis les prisons françaises. Certain expliquent que c’est de la faute du maire de Marseille si une prison dans le Cher, le Loiret ou le Nord a laissé passer ses appels. Si mes adversaire en sont là, je préfère les laisser où ils sont. Ensuite, il y a eu une longue période qui a probablement commencé avant Jean-Claude Gaudin et qui s’est accéléré avec son équipe qui est encore là pour réclamer le pouvoir, durant laquelle on a fracturé la ville. Pas de transports, des écoles dans un état chaotique, pas d’accompagnement social… On connaît le résultat. Il faut marcher sur nos deux jambes. Il faut des services publics et du lien. Regardons le nombre d’associations abandonnées par le Département, la Métropole ou la Région. Pour faire quoi ? Un huitième rond-point dans un ville de 10 000 habitants ? L’humain il est où dans tout ça ? Quand j’ai vu les milliers d’enfants qu’on a envoyé en colo, ça m’a donné le sourire, ça doit être ça faire de la politique.

    Vous avez dit que votre objectif était « d’emporter la Métropole ». Êtes-vous candidats à sa présidence ?

    B.P. : Non, il ne faut pas être boulimique de pouvoir. Il faut beaucoup d’humilité. Quand on est maire de Marseille, il faut se consacrer à sa ville. Il y aurait là une forme d’absurdité et de trahison des Marseillais. Non, je ne peux pas m’occuper de Puyloubier, de Gemenos, de Saint-Mitre-les-Remparts, d’Aix-en-Provence. Ça n’est physiquement et intellectuellement ni possible ni souhaitable. Mais je ferais des propositions relevant des compétences métropolitaines. Par exemple, sur la propreté, je présenterai 10 points pour que les choses changent en un an. Pourquoi ? Parce que personne ne gagnera plus la Métropole sans Marseille. Celle ou celui qui sera à la présidence ne le sera que parce qu’on se sera entendu ensemble. La Métropole doit redevenir ce qu’elle n’aura jamais dû cessé d’être, c’est-à-dire une boîte à outils de services publics. Elle a été accaparée par un camp et par un clan qui avaient perdu les élections et pour déployer un programme que les Marseillais avaient désavoué.

    Cette présidence sera-t-elle issue de Marseille dans votre esprit ?

    B.P. : Il faudra regarder, personne ne peut prédire les résultats dans 92 communes. Mécaniquement, avec la réforme PLM, plus personne ne fera sans Marseille. Il n’y aura pas de président qui voudra faire un tramway sur la corniche ou pour aller au Frioul ou je ne sais quelle absurdité ressemblant plus à un poisson d’avril qu’à un travail sérieux.

    Allez-vous renouveler votre équipe ?

    B.P. : Oui, il y aura un vrai renouvellement. Il y a des gens qui veulent s’arrêter, d’autres veulent continuer, ils ont bien travaillé. Quand je regarde les collectivités autour de moi, elles sont dans le rouge. Nous avons redressé les comptes. Fitch ou Standard & Poor’s qui ne sont pas des succursales du Parti communiste français ont amélioré nos notes. Ça me permet d’emprunter moins cher, c’est plus d’argent pour le service public.

    Après la publication de notre sondage, Sébastien Delogu a appelé à faire front commun au second tour face à l’extrême droite. C’est trop tard ?

    B.P. : Dans la situation que nous vivons, son aventure personnelle, solitaire, pour ramener je ne sais quelle place au conseil municipal pour faire plaisir à Jean-Luc Mélenchon, n’a aucun sens. S’en prendre toute la journée à moi, me comparer à la droite, avoir dit que j’étais corrompu – même si dans sa bouche ces mots ne m’inquiètent pas – pour dire ensuite « je veux venir avec vous au second tour », il y a quelque chose qui ne colle pas dans cette affaire-là. Il a vite oublié qu’il avait été élu grâce au Nouveau front populaire. Je l’ai déjà dit, c’est au premier tour que tout ce joue. Quand on est candidat à devenir le maire de Marseille, on prend ses responsabilités. Il les a prises au premier tour, il devra les prendre au deuxième.

    Marine Le Pen est à Marseille vendredi pour soutenir son candidat, seulement trois jours après l’ouverture de son procès en appel. Ça vous étonne que les affaires n’aient plus d’incidence sur les intentions de vote ?

    B.P. : On vit dans un pays où l’état de droit est remis en cause par ceux qui sont censés le défendre. Quand un ministre de l’Intérieur dit qu’on peut remettre en cause l’état de droit. Ils n’est pas étonnant que les gens se disent qu’on peut ne pas tenir compte de la Justice. Quand des élus sont capables, toute honte bue, de frapper, d’insulter, de voler, que leurs actes, leur vocabulaire n’est pas en adéquation avec leurs fonctions qui exige de l’honneur, de la dignité et de l’humilité, quel exemple est envoyé ? Ça ne m’empêchera pas de faire signer à mes candidats une charte de probité.

    Vous dites ne pas croire à une dissolution, pourquoi ?

    B.P. : Non, les motions de censure RN ou LFI contre le Mercosur, contre un gouvernement qui a voté contre le Mercosur, relève de la schizophrénie donc elles ne seront pas votées. C’est une farce. Il n’y aura pas dissolution.

    Même sans budget ?

    B.P. : C’est une autre question. Même s’il y a eu des avancées, le budget présenté ne me convient pas. La justice sociale passe par la justice fiscale. Quand quelqu’un gagne plusieurs millions d’euros par an, comment s’offusquer de le mettre à contribution.

    Quand on est maire c’est difficile de bâtir un budget sans connaître les moyens alloués par l’État, quand on est candidat est-ce possible de bâtir un programme ?

    B.P. : Je trouve particulièrement injuste de faire des économies sur le dos des collectivités parce que c’est nous qui investissons et créons de l’emploi. Les logiques d’austérité doivent être remises en cause. Un étudiant en première année d’économie pourrait le constater.

    Le monde est secoué par les conflits. Depuis l’agression du Venezuela décidée par Donald Trump, y a-t-il encore un droit international ?

    B.P. : D’abord, je suis fondamentalement attaché au droit international, à ce qui a constitué, après la Seconde Guerre Mondiale, un socle qui nous a amené à une paix durable entre des puissances qui n’avaient rien à voir. Même au moment de la guerre froide, les institutions internationales permettaient une forme de régulation où l’intelligence, l’à-propos, le respect de la vie humaine prévalait. Depuis la guerre en Ukraine et le 7 octobre, nous vivons une accélération de l’histoire comme notre génération n’en a jamais connu. Nous avons des démocraties qui fonctionnaient qui deviennent illibérales, où des présidents, notamment le président américain, ne respectent plus rien sinon la force. Donald Trump s’est permis des interventions en dehors de tout cadre légal, il s’érige en président par intérim du Venezuela, il menace un pays de l’Otan, dans un silence que je trouve particulièrement assourdissant. Nous la France, qui avons un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU, nous devrions jouer notre rôle. Nous ne sommes pas un grand pays en matière de démographie mais un grand pays sur le plan de diplomatie, des idées et de la morale. Nous sommes le pays des Lumières, des Droits, de la Révolution sociale et de la diplomatie et nous voilà aphones. Souvenons-nous de Jacques Chirac à Jérusalem, de François Mitterrand à Sarajevo, de Dominique de Villepin à l’ONU, du général de Gaulle… La voix de la France comptait. Les peuples aspirent à la liberté, regardons ce qu’il se passe en République islamique d’Iran. Depuis 1979, les Mollah pillent le peuple, asservissent les femmes. Ils sont en train de tuer des jeunes par centaines, peut-être par milliers. Que dit-on ? Rien. On fait des mauvais communiqués. Le président américain dit qu’il veut prendre le Groenland par la force ou par l’argent. Que dit-on ? Rien. Vladimir Poutine qui est nostalgique de l’empire tsariste veut négocier des morceaux de l’Ukraine, ce sera quoi après ? La Pologne ? Qu’est-ce qu’on dira ?

    Qu’attendez-vous d’Emmanuel Macron qui vient présenter ses vœux aux armées à Istres ce jeudi ?

    B.P. : Je suis pro-européen. Je trouve que l’Europe est en train de se déconstruire. Et j’ai toujours été, c’est ma spécificité, défavorable à notre appartenance à l’Otan. La France, c’est la France. Elle a un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU. Elle a la dissuasion nucléaire, elle est pacifiste. En se mettant sous parapluie américain, nous nous sommes liés à un régime qui aujourd’hui nous met dans une position de ne pas pouvoir imposer la paix. Quand on est pacifiste et européen, on n’a rien à faire dans l’Otan. Je pense que Nicolas Sarkozy et tous les présidents derrière lui ont commis une faute majeure en nous faisant entrer dans le commandement intégré de l’Otan.

    Dans ce contexte quel rôle peut jouer Marseille à l’international ?

    B.P. : Que font les villes à leur niveau ? Elle continuent à discuter entre elle. Je continue à parler avec San Diego, notre ville jumelle, parce que beaucoup d’américains sont comme nous, inquiets de la dérive illibérale de leur président mais je ne veux pas les abandonner. Les israéliens, à Haïfa, sont pour beaucoup inquiets de la dérive de Netanyahu, mais je ne veux pas les abandonner non plus. C’est la même chose, partout. Je suis fier du jumelage avec Odessa, nous avons ce que nous avons pu, les Ukrainiens avaient besoin d’ambulances, de médicaments… Pareil pour les petits de Gaza.

  • Au Cratère, à Alès, les Sea Girls cassent les codes du music-hall

    Au Cratère, à Alès, les Sea Girls cassent les codes du music-hall

    Découvrir ou redécouvrir la comédie musicale depuis les coulisses. Un pari audacieux qu’ont accepté de relever les Sea Girls, trois comédiennes qui font du Music-hall depuis vingt ans, avec leur spectacle « Dérapage ». Mis en scène par Pierre Guillois, à qui on doit le succès du cabaret de carton « Les Gros patinent bien » la saison dernière, le spectacle revendique une écriture contemporaine légère, grave, sociétale et intime. Les Sea Girls y abordent, en musique et avec humour, les prises de tête en tournée, la fatigue et les discriminations liées à l’âge que subissent les comédiennes autour de 50 ans. Les deux représentations auront lieu samedi 17 janvier à 21h et dimanche 18 à 17h au théâtre éphémère le Cratère à la Prairie (Champ de foire) à Alès.

    « Le spectateur se retrouve derrière le rideau de fond de scène, plongé dans l’univers à la fois drôle, tendre et sensible des Sea Girls, détaille Olivier Lataste, le directeur du Cratère. On assiste à une fusion entre la comédie musicale et le burlesque. » Un mélange des genres qui pourrait expliquer le retour du music-hall sur le devant de la scène ces dernières années.

    Starmania, La la land ou Wicked, autant d’œuvres au succès fulgurant qui ont su capter l’attention d’un public qui boudait le genre depuis plusieurs années. « Les spectateurs ont toujours été adeptes de théâtre, de danse et de concerts. Mixer les trois, c’est apporter la légèreté et le divertissement dont ils ont besoin, notamment en ce début d’année difficile », estime le directeur.

    Si la liberté employée dans la scénographie des comédies musicales d’aujourd’hui joue un rôle majeur dans leur succès retrouvé, selon Olivier Lataste, une modernisation du genre restait essentielle. « Ce qui me frappe surtout, ce sont les moyens techniques colossaux employés. Le spectateur vit un moment féerique. »

    Du côté des Sea Girls, pas d’entracte pyrotechnique ou d’effets spéciaux de synthèse, mais un axe narratif moderne et multigénérationnel. « Un public plus âgé va venir voir le spectacle pour le côté cabaret et burlesque. Mais un public plus jeune trouvera tout autant son compte avec un côté débridé et des prises de position qui tendent vers le féminisme », explique le directeur. « C’est un mélange des genres mais aussi un croisement des générations et des milieux sociaux. »

    Et grâce à l’expertise du metteur en scène Pierre Guillois, les surprises fusent, le côté décalé l’emporte et on retrouve une dérision dominante, comme dans son dernier spectacle.

    « Leur prospérité s’apparente à un cycle »

    Si on y réfléchit bien, depuis leur apparition au début du XXe siècle, les comédies musicales n’ont jamais quitté les planches ou le grand écran. En témoigne le succès du Roi lion au théâtre Mogador, renouvelé de nombreuses fois depuis 2007 et encore joué aujourd’hui. Pour Olivier Lataste, leur prospérité s’apparente à un cycle. « Peut-être que l’enthousiasme du public va redescendre, mais les music-halls reviendront toujours. La chanson n’a jamais cessé d’être populaire. Ça ne s’arrêtera pas aujourd’hui. »

    Billetterie sur lecratere.fr. Si complet, contactez le théâtre au 04.66.52.52.64. Des places peuvent se libérer. 30€ plein tarif, 19 € réduit.

  • [Entretien] Valentin Porte : « C’est vraiment l’épreuve de vérité »

    [Entretien] Valentin Porte : « C’est vraiment l’épreuve de vérité »

    L’équipe de France s’apprête à défendre à partir du jeudi 15 janvier son titre européen lors de l’Euro de handball jeudi (15 janvier – 1er février) organisé par les trois pays nordiques : Danemark, Norvège et Suède. Il y a deux ans en Allemagne, juste avant les JO de Paris, la génération conduite par Nikola Karabatic, aujourd’hui retraité, avait dominé le Danemark. La nouvelle génération est-elle en mesure de préserver son titre ? Ancien international (195 sélections), le capitaine de Montpellier Valentin Porte définit ses chances.

    La Marseillaise : La France a t-elle toutes les cartes en main pour défendre son titre lors du prochain championnat d’Europe ?

    Valentin Porte : L’équipe de France, intrinsèquement, a toutes les cartes en main pour garder son titre mais il y en a d’autres qui ont aussi de belles cartes. Elle ne bouge pas trop, avec des joueurs qui gagnent en maturité et expérience d’année en année.

    A quel tournoi, doit-elle s’attendre ?

    V.P. : Ce tournoi va être un point de passage très important. Si on regarde la compétition, je pense qu’on n’est pas loin d’une des compétitions les plus dures que l’équipe de France a eu à jouer ou va avoir à jouer. Au-delà du premier tour, il y aura l’Espagne, l’Allemagne, le Danemark, le Portugal face à elle lors du second tour. Que des équipes au top niveau mondial avec des matchs tous les deux jours. On va savoir où l’équipe de France en est vraiment, si elle est au niveau de toutes ces équipes-là. C’est vraiment l’épreuve de vérité.

    Quelle équipe vous paraît la mieux armée aujourd’hui ?

    V.P. : Sans contestation, le Danemark. Depuis des années, elle est monstrueuse. Elle se renouvelle avec des joueurs top mondiaux à chaque poste. Et, avec un coach plein d’expérience. Elle est l’immense favori. Après, derrière, ça va être un peu la guerre. Franchement, en termes de qualité individuelle à chaque poste, la France est peut-être l’équipe la mieux armée derrière le Danemark. Les individualités ne font absolument pas tout dans un sport collectif. Si la France joue bien collectivement, elle peut vraiment inquiéter ou embêter le Danemark.

    Les JO ont marqué la fin d’une génération. Cette génération a t-elle besoin de se prouver qu’elle peut gagner des titres ?

    V.P. : Oui, bien sûr, et c’est normal. Ces mecs, que je connais bien, sont tous morts de faim, ont soif de titres, je ne vais pas dire de reconnaissance parce qu’ils en ont. Mais, si cette nouvelle génération a beaucoup de talent, il faut maintenant qu’elle le prouve avec des titres. Il y a eu un début avec le bronze l’an dernier [Mondial, Ndlr], où ils sont allés le chercher avec les crocs à la dernière seconde. Cela peut lui donner la confiance pour les prochaines compétitions.

    L’échec au JO à Paris a t-il laissé des séquelles ?

    V.P. : Inconsciemment, ce traumatisme rentre toujours un peu dans les têtes. Mais, si l’équipe de France n’est pas à son meilleur niveau, ce ne sera pas à cause de ça. Le staff a bien mis le doigt là-dessus pour clôturer le chapitre et tourner la page. On repart d’une page blanche et on réécrit l’histoire.

    L’équipe de France s’est bâtie depuis très longtemps, sur sa base défensive. Est-elle aussi fiable que par le passé ?

    V.P. : Complètement. Ce n’est vraiment pas le secteur de jeu qui me fait le plus peur. Karl Konan n’est pas loin d’être l’un des meilleurs, voire le meilleur défenseur du monde. Thibault Briet montre chaque week-end que sans lui, son équipe n’est pas vraiment la même, surtout défensivement. Ludovic Fabregas est au top de sa maturité et son niveau.

    A quelles conditions, la France aura t-elle réussi son tournoi ?

    V.P. : Si elle atteint le dernier carré, au vu du parcours qui se dessine, ça sera déjà un très bel objectif rempli. Peut-être le plus dur sera fait. A part le Danemark, promis à l’une des deux premières places, il reste une place à prendre entre Allemagne, Espagne, Norvège, France, Portugal. Bien malin qui peut sortir l’équipe qui peut se qualifier.

    Trois joueurs de Montpellier participent à ce tournoi. Est-ce que ça peut être le tournoi du jeune gardien Charles Bolzinger ?

    V.P. : Tout le monde attend son éclosion internationale, mais un gardien a toujours une maturité un peu plus tardive. Il a encore le temps et apprend encore son métier. Cette année, il a pris conscience de certaines choses. Il s’est servi des années précédentes, notamment l’an dernier, où c’était un peu plus dur pour lui. Il a pu comprendre ce qu’était le très haut niveau, le travail, la régularité… de répondre présent. Cette saison, il a été très bien là-dessus. Cela peut être une grosse compétition pour Charles. De par ce qu’il a prouvé depuis le début de l’année, de par sa forme du moment, de par son état d’esprit, je pense qu’il est dans les très bonnes conditions pour que ça ait lieu. En club, ça évolue bien. Maintenant, il a besoin vraiment de le prouver au niveau international. De le prouver, de valider ça, pour se libérer totalement et se dire qu’il est sur la bonne voie.

  • Quand Nîmes ralentit, Alès en plein boom

    Quand Nîmes ralentit, Alès en plein boom

    Si son évolution démographique est un peu moins forte que celle de l’Hérault, le Gard poursuit sa progression avec une population de 770 940 personnes en 2023, contre 744 178 au 1er janvier 2017, soit une augmentation totale de 3,6%.

    Première ville du Gard, la croissance démographique de Nîmes est néanmoins en perte de vitesse ces dernières années. Entre 2012 et 2017, elle augmentait à hauteur de 0,4% par an. Mais sur la période suivante, sa progression s’étiole, plafonnant à 0,1% d’habitants supplémentaires chaque année entre 2017 et 2023. Elle est donc passée de 150 610 à 151 839 habitants.

    Si elle est encore bien loin de détrôner la capitale départementale, la ville d’Alès affiche en revanche une dynamique inverse. Alors que la commune perdait des habitants dans la période précédente, elle présente désormais un taux de croissance annuel de 2,3%. La population de la capitale des Cévennes est donc passée de 40 219 à 46 125 résidents.

    Une santé de fer entièrement due au solde migratoire, mais qu’il faut analyser sur le temps long. Selon Katia Le Goaziou, de l’Insee, Alès serait en effet boostée par des effets de rattrapage, notamment à la faveur de programmes de construction de nouveaux logements après plusieurs décennies de stagnation (lire son entretien).

    De leur côté, les troisième et quatrième villes du Gard que sont Bagnols-sur-Cèze et Beaucaire ont plutôt tendance à perdre des citoyens ; tandis que les petites communes de Nages-et-Solorgues et Beauvoisin caracolent en tête des secteurs les plus attractifs, avec un taux de croissance démographique annuelle de 4,1% chacune.

  • [Entretien] Serge Zaka : « J’aimerais que la société civile considère mieux les agriculteurs »

    [Entretien] Serge Zaka : « J’aimerais que la société civile considère mieux les agriculteurs »

    La Marseillaise : Pour 2026, on peut souhaiter que le climat revienne sur le devant de la scène ?

    Serge Zaka : Oui c’est ça, en 2025, on a observé de très grosses régressions en termes de réflexions climatiques et environnementales. Et une politique mondiale – qui n’est pas que française – qui va vers d’autres préoccupations que celles du changement climatique et environnemental. On est vraiment dans une politique de confrontation entre les hommes alors qu’on devrait être dans une politique d’alliance entre humains pour pouvoir répondre à des problèmes climatiques mondiaux.

    Les aspects scientifiques du changement climatique sont niés. On se retrouve face à un discours climato-sceptique qui devient très présent en Amérique, et qui fait que le message de lutte contre le changement climatique est volontairement brouillé par un discours politique. Parce que les enjeux économiques qui en découlent sont trop importants pour certains pays. Donc, on a une dégradation globale – que ce soit politique ou scientifique – de la qualité des informations qu’on a sur le climat. Cela se voit dans les entreprises et les politiques, mais il ne faut pas que ça impacte le citoyen, qui lui, continue dans cette réflexion sur le climat. Ce qui serait inquiétant en 2026, c’est de voir les citoyens embarqués dans cette politique nauséabonde au niveau climatique.

    Comment expliquer cette dichotomie entre société civile et politiques ?

    S.Z. : Si l’on prend les États-Unis en exemple, Donald Trump a pris sa population en otage. Il impose sa vision qui n’est pas scientifique. C’est un discours basé sur l’émotion et l’opinion personnelle, et il fait comme si la population avait la même réflexion que lui. On a une politisation des discours scientifiques. C’est de là que vient cette différence avec la société civile. La société civile, elle, continue à suivre les chercheurs et à les relayer. L’opinion personnelle des politiques ne correspond pas à au consensus scientifique.

    Beaucoup opposent du coup l’agriculture et le climat. Or, il est quand même possible de lier les deux. Est-il encore nécessaire de le souhaiter pour 2026 ?

    S.Z. : Oui. Et dans l’autre sens, j’aimerais que la société civile aussi considère mieux ces agriculteurs. Parce qu’il faut savoir que déjà, l’agriculteur, on le voit comme une personne qui est là pour produire à manger. D’ailleurs, les populations sont de plus en plus urbaines, et elles sont complètement déconnectées de la réalité agricole. Ma génération est la première à ne pas avoir d’aïeul dans l’agriculture. Ça se voit à ce qu’on mange, de plus en plus de plats ultra transformés, certains ne savent même plus cuisiner. La place de la cuisine dans les appartements devient de plus en plus restreinte et ça ne devient plus un élément convivial de partage. Et au final, même si en France, on s’en sort mieux que certains pays – parce qu’on a quand même notre notion de terroir, de fromage, de vin, qu’on ne retrouve pas dans les autres pays du monde – notre pays reste quand même déconnecté du monde agricole. Ce que j’aimerais, en 2026, c’est d’arriver à faire comprendre que l’agriculteur n’est pas là juste pour nous faire à manger.

    Pour s’adapter au changement climatique, on a besoin des agriculteurs. Ce sont eux qui permettent de gérer aux mieux nos campagnes. L’agriculteur a un rôle dans la gestion des sols et des arbres – deux de nos alliés pour faire face au changement climatique – mais aussi dans la gestion de l’écoulement de l’eau, etc. J’aimerais bien qu’on comprenne qu’il est aussi là pour entretenir les paysages. Et en parallèle, en politique, j’aimerais bien qu’on comprenne que l’aide à la production agricole n’a plus à être pointée vers le tonnage de production, mais soit aussi orientée aussi vers la gestion des microclimats de la campagne et des écosystèmes, pour que ces discours aient un impact positif auprès des agriculteurs.

    Et j’aimerais bien en 2026 qu’on arrête d’opposer le consommateur et l’agriculteur. On a une espèce de vision médiatique qui oppose les gens, alors qu’en réalité, il faudrait réussir à travailler ensemble pour pouvoir avancer. Le fait d’opposer les gens, ça met des barrières aux constructions importantes pour faire face au changement climatique. Donc encore une fois, il faut s’unir pour faire face aux problèmes.

    Vous qui êtes chasseur d’orage, espérez-vous en voir des jolis dans l’Hérault pour les photographier ?

    S.Z. : Bien sûr. Comme tous les ans, j’espère que la saison orageuse sera esthétique, c’est-à-dire qu’elle permette de faire de belles photos, et généralement, esthétiques et violents ne vont pas ensemble. Parce que plus c’est violent, plus il y a de pluie, et moins il y a de situations intéressantes à prendre en photo. Généralement, les orages les plus secs et les moins violents sont les plus esthétiques. Et donc souhaiter avoir des orages esthétiques, ça ne veut pas forcément dire souhaiter voir les écosystèmes détruits par la grêle, je tiens à le préciser. Donc si on pouvait avoir des orages esthétiques sans qu’ils soient violents, ça peut être intéressant parce que j’ai encore pas mal de monuments et de paysages à mettre en valeur, un peu comme le Pic Saint-Loup. Dans mes photos, je veux mettre en avant nos terroirs dans des situations orageuses qu’on n’a pas l’habitude de voir sur les cartes postales.

    Une version enrichie de cet entretien
    est à retrouver sur le site internet
    de La Marseillaise.

  • Les Spartiates vainqueurs au bout du suspense

    Les Spartiates vainqueurs au bout du suspense

    Les Spartiates ont cruellement manqué de réussite tout au long de la partie, touchant même le poteau à trois reprises. Après les trois tiers-temps, cette rencontre s’est soldée par un
    0-0, extrêmement rare en hockey sur glace. Lors de la prolongation, les deux équipes n’ont pas non plus été en réussite et ce match est allé jusqu’aux tirs au but. Après deux penalties manqués sur chaque cage, Paul Joubert et Jan Dufek ont inscrit chacun un but et les Spartiates se sont donc imposés au bout du bout des tirs au but, lors de ce soir à suspense.

  • Le CIC Tour de La Provence voit grand en 2026

    Le CIC Tour de La Provence voit grand en 2026

    Le journal La Provence accueillait, ce mardi midi, la presse pour présenter le CIC Tour de la Provence 2026. Cette édition, prévue entre les 13 et 15 février, sera la 10e du nom. Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe, et Patrick Jammes, président du comité d’organisation, ont annoncé les détails de l’épreuve. Les deux hommes étaient accompagnés de Thomas Voeckler, 4e du Tour de France 2011, sélectionneur de l’équipe de France et désormais porte-parole de la course.

    Le premier cité a tout d’abord mis en perspective la valeur de cette épreuve : « C’est un événement important pour notre journal et cela nous permet de mettre en avant nos valeurs et être proche des gens, parce que c’est ce qu’est le cyclisme. » Jean-Louis Pelé s’est aussi félicité d’avoir obtenu la diffusion en direct, et donc en clair, de ce Tour de La Provence. La chaîne L’Équipe diffusera les trois journées sur le canal 21 de la TNT. Patrick Jammes appréciait, lui, la position de l’événement au sein du calendrier, favorisant la venue de grosses équipes. « Je suis heureux de voir que la course a repris toute sa place dans le calendrier du début de saison. Avec le Grand Prix de Marseille – La Marseillaise et l’Étoile de Bessèges, on se serre les coudes face notamment au Tour d’Oman », a-t-il confié.

    Beaucoup de pente

    pour le peloton

    Pour cette 10e édition, dix communes ont candidaté pour accueillir le départ ou l’arrivée d’une étape. Six ont été sélectionnées, dans trois départements différents. Le Tour de La Provence a révélé un parcours corsé, très loin du tracé sans relief, au sens propre du terme, de la saison dernière. Rebelote pour Marseille et Saint-Victoret, hôtes de l’étape inaugurale, comme en 2025. Le lieu du départ est on ne peut plus logique pour une épreuve cycliste, avec le Vélodrome en fond, derrière les coureurs. Ces derniers passeront ensuite le Pas de la Couelle et le col de Mazargues, les deux difficultés de la journée.

    Le deuxième jour peut être considéré comme l’étape reine. Pas moins de 3 251 mètres de dénivelé pour cette Saint-Valentin dans les Alpes-de-Haute-Provence. Les cyclistes partiront de Forcalquier pour rejoindre le sommet de la montagne de Lure, comme en 2023. Le dernier jour, les corps seront aussi mis à rude épreuve, pour un début de saison, avec 210 km entre Rognac et Arles. Thomas Voeckler a précisé que ce sera « plus dur pour les staffs d’aménager leurs effectifs avec ce type de parcours ».

    Au total, 16 équipes seront au départ, dont 5 du plus haut niveau mondial, le World Tour. La formation maison, Decathlon-CMA CGM, sera notamment en lice comme Groupama-FDJ, Ineos Grenadiers ou encore un autre géant, Lidl-Trek. Le sprinteur Mads Pedersen aura donc fort à faire pour défendre son titre dans le Sud de la France, avec ce profil de course. Les puncheurs-grimpeurs devraient se régaler sur un terrain de jeu plus à leur convenance que pour le champion du monde 2019.

    Le CIC Tour de La Provence se déroulera à peine plus d’une semaine après le Grand Prix cycliste de Marseille – La Marseillaise, dont la conférence de presse se tient ce jeudi, à 14h, au 17 cours Honoré d’Estienne d’Orves.

  • LFI porte un projet de « rupture » sans tout jeter de l’existant à Avignon

    LFI porte un projet de « rupture » sans tout jeter de l’existant à Avignon

    Plus de trois mois après avoir été désignée tête de liste de la France insoumise pour les municipales (15 et 22 mars), Mathilde Louvain a lancé officiellement sa campagne, ce mardi soir, dans un restaurant de l’intra muros. Entourée de plusieurs colistiers et militants, celle qui travaille dans une structure de théâtre avignonnaise a présenté la philosophie de son programme et quelques premières mesures. « C’est un projet de rupture et de radicalité concrète autour des biens communs et du vivre-ensemble », introduit la candidate.

    Par rupture, il ne faut pas y voir une opposition frontale au bilan des 12 années de la majorité sortante de Cécile Helle (PS). Mais plutôt sur les politiques nationales « et un budget aride avec moins de ressources alors que les besoins vitaux augmentent ». Contrairement aux candidats de droite et d’extrême droite qui brossent un portrait calamiteux et outrancier d’Avignon, Mathilde Louvain n’est pas là pour pointer des défaillances. Le nom de sa liste « Faire mieux pour Avignon » résonne aussi comme un message à l’adresse des partenaires de gauche. « Il y a déjà des choses qui se font », reconnaît sans fard la candidate, notamment sur le bâti scolaire quand LFI propose un plan pluriannuel sur le sujet.

    Une seule liste de gauche souhaitée au second tour

    Comme « base structurante », Mathilde Louvain parle de « démocratie locale » avec la proposition d’instaurer un référendum d’initiative citoyenne communale. Il est beaucoup question de logement comme « l’encadrement des loyers » ou la création d’une « brigade contre le logement insalubre ». « Nous souhaitons une régie publique de l’eau et la gratuité des 15 premiers m3 », revendique la candidate. Des prérogatives revenant au Grand Avignon, où « il faudra créer un rapport de force », admet-elle. Question tranquillité publique, LFI entend « revoir les missions de la police municipale qui ne doit pas être un supplétif de la nationale ». Médiation, proximité avec brigade à vélo sont prévues en répartissant mieux les effectifs.

    Créditée de 14% dans un sondage paru fin décembre dans La Provence, Mathilde Louvain garde « la porte ouverte » à d’éventuels renforts. « Les discussions vont bon train », confie-t-elle au sujet notamment du collectif Avignon citoyen. Les choix finaux de Génération.s et du PCF, dont les militants revotent ce mercredi, sont aussi attendus. Quant au second tour ? « On fera tout pour qu’il n’y ait qu’une seule liste. On prendra nos responsabilités face à l’extrême droite », assure Mathilde Louvain. « Si on est premiers, bien évidemment on ouvrira la discussion [avec la liste de David Fournier], s’il y a un autre scénario, ce n’est pas à nous de répondre… », complète Bruno Launay, un des colistiers. Bien d’autres questions vont animer les deux prochains mois.

  • Vaucluse : de nouveaux investissements après une année chargée chez les pompiers

    Vaucluse : de nouveaux investissements après une année chargée chez les pompiers

    Avec pas moins de 50 000 interventions en 2025 pour les pompiers de Vaucluse, « soit une en moyenne toutes les dix minutes » précise, ce mardi 13 janvier à l’occasion de la cérémonie des vœux, le colonel Christophe Paichoux, directeur du Service d’incendie et de secours de Vaucluse (Sdis), l’année a été particulièrement animée.

    Ce fut également le cas pour les feux de forêt, avec 476 départs recensés dans le département. « Des chiffres en hausse », confirme le préfet de Vaucluse Thierry Suquet. Qui en tire pourtant « un bilan positif », expliquant que les surfaces sont faibles, le plus gros incendie ayant brûlé 11 hectares de surface. Avant d’ajouter que l’utilisation d’hélicoptères, dans ces situations, a « été d’une grande aide », avec 184 largages d’eau pendant l’exercice.

    « J’ai cru comprendre que notre plan de charge pour 2026 sera aussi ambitieux », a lâché Christophe Paichoux. Une impression confirmée par Thierry Lagneau, président du conseil d’administration du Sdis de Vaucluse. Ce dernier confirme divers investissements et avancées. En commençant par l’acquisition de tablettes numériques « permettant la dématérialisation des bilans médicaux et garantissant un niveau d’intervention toujours plus performant ». Mais aussi de « multiparamètres » pour les véhicules d’intervention, comprenez des moniteurs qui regroupent défibrillateurs et fonctions de surveillance. Ainsi que la réalisation du plateau technique de formation pour les futurs pompiers.

  • La gauche invite les Hyérois à devenir acteurs du changement

    La gauche invite les Hyérois à devenir acteurs du changement

    « Forte de mes convictions et de tout ce que j’ai pu accomplir jusqu’à présent, je me sens prête pour attaquer, enfin, cette campagne des municipales 2026 », commence Caroline Moulin (Les Écologistes), « très fière » d’être tête de liste d’« Unis à gauche Ensemble pour un avenir social, démocratique et vertueux », qui rassemble, comme son nom l’indique, l’ensemble des forces progressistes de la cité des Palmiers.

    Sur son implication en politique, l’enseignante de sciences naturelles de 49 ans, en première ligne pour sensibiliser ses élèves au développement durable, explique « avoir cessé d’être inquiète pour l’avenir de [ses] enfants quand [elle a] décidé de passer à l’action ».

    Et de poursuivre : « Il n’est plus temps de laisser les “climato-dénialistes” décider de nos politiques, à l’échelle globale autant qu’à l’échelle locale. L’urgence climatique est là, les inégalités ne cessent de se creuser, l’extrême droite et le fascisme se banalisent. »

    Pour combattre ces dérives, la militante veut, avec ses colistiers, « proposer une autre politique et inciter les personnes qui ne croient plus en la politique à changer d’avis ».

    Passionnée et convaincue, Caroline Moulin se dit portée par les idéaux de solidarité dans lesquels elle s’est construite « grâce à un papa militant communiste » et « portée par [sa] propre expérience de la force collective positive des citoyens quand ils se mobilisent pour lutter ». Son premier combat remontant à la mobilisation de 1995 contre le plan Juppé.

    Et d’insister : « Nous savons que rien ne change sans celles et ceux qui travaillent et font vivre notre ville au quotidien. Hyères ne peut être une ville juste et solidaire si le travail est précarisé, mal reconnu et mal rémunéré. Le respect du travail et de la dignité des salariés sera un des piliers de notre action municipale. »

    Un logement accessible

    Avec un programme s’attaquant, pour commencer, à l’accessibilité au logement afin de permettre à tous de se loger au plus près de son lieu de travail. Mais, aussi, qui propose la mise en place de la gratuité des transports et des cantines scolaires. Sans oublier d’investir pour la culture dans les quartiers, avec également le soutien financier du seul cinéma de la ville, « qui grâce entre autres aux ciné-débats contribue intensément à la vie associative et citoyenne ».

    Il s’agit aussi, reprend Caroline Moulin, de répondre aux besoins des habitants en matière de santé, avec différentes propositions pour rendre les soins plus accessibles.

    Une aide à l’installation d’agriculteurs est également prévue afin de favoriser les circuits courts et d’approvisionner les cantines scolaires de la ville.

    Le tissu économique local fait également partie des préoccupations de l’équipe, avec des aides qui seront apportées aux entrepreneurs et artisans pour le dynamiser et donner les moyens aux acteurs locaux de faire face aux grands groupes.

    Les progressistes ont également travaillé sur une ville plus solidaire, avec des transports en commun adaptés aux besoins réels des habitants selon les quartiers, ainsi qu’une voirie où « les mobilités douces seraient privilégiées, à commencer par le vélo, qui mérite tellement mieux que les aménagements existants ».

    Démocratie vivante

    Un programme qui prévoit également de mieux encadrer le tourisme, qui est un secteur économique important, « pour le rendre plus soutenable et ne pas mettre en péril les ressources en eau et la qualité de vie pendant la haute saison ».

    Caroline Moulin poursuit : « Nous défendrons chaque fois que possible une gestion publique directe des services essentiels, comme l’eau, les transports ou la restauration scolaire, qui ne sont pas des marchandises, mais des biens communs. »

    Une gestion de la ville qui compte également s’appuyer sur une démocratie vivante tout au long du mandat, avec des conseils de quartier dotés de moyens réels, des budgets participatifs et un véritable droit d’interpellation citoyenne.

    Tout un programme.